BOTANIQUE CRYPTOGAMIOUE VHIS IMF, SIMO!» RAÇON 11 COUP.. HUE D EBFÏKTH, 1. BOTANIQUE CRYPTOGAMIQUE HISTOIRE DES FAMILLES NATURELLES DES PLANTES INFERIEURES J. PAYER PRUFESSEI R A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE PARIS ET A l' ÉCOLE NORMALE MEMBRE DE L'iNSTITUT DEUXIEME EDITION, REVUE ET ANNOTEE II. BAILLON PROFESSEUR DMIST01RF. NATURELLE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS IVSC l.ilM FIGURES REPRÉSENTANT LES PRINCIPAUX CARACTERES DES GENRES LIBRARY NEW YORK BOTAN1CAL ÛARDEN. PARIS F. S A Y Y, LIBRAIRE-ÉDITEUR tj i.i i ii m i 1 1 1 1 ii 1 1 près le boulevard SainL-fî^rmaîn 1868 fous droits réseï vés .fM AVERTISSEMENT L1BRARY NEW YORK BOTANtCAL ÛAKDEM. Comme c'est surtout à sa forme que cet ouvrage a dû son succès , nous nous sommes bien gardé de la modifier. Ce livre, que Fauteur avait, comme il nous l'apprend, écrit pour ses élèves, pour des commençants, nous n'avons pas essayé de le rendre moins élémentaire et plus savant. Aussi le texte en a été entièrement respecté. Des annotations, aussi peu nom- breuses que possible, mais rendues nécessaires par les progrès récents de la science; plusieurs renvois à des genres nouveaux dont l'importance est incontestable; quelques appréciations et corrections écrites en marge d'un exemplaire par le savant cryptogamiste Montagne, et l'indication, à la fin de chaque famille, des principaux travaux dont elle a été l'objet dans ces derniers temps, telles sont les additions j'aites au texte primitif. On y a intercalé nu petit nombre de gravures nouvelles, tout en regrettant de ne pouvoir en reproduire plusieurs qui ont été malheureusement égarées depuis l'impression de la première édition. \ous désirons surtout qu'un sache combien peu nous avons fait pour celle-ci, voulant laisser sou carac- tère à l'œuvre d'un maître dont, aujourd'hui plus que jamais, nous déplorons la perte. II. I! A 11. ION. \ la Faculté de médecine, le ."I janvier 1868. I in UJ PREFACE Chargé, il y a près de dix ans, de renseignement de la botanique à l'École nor- male et à laSorbonne, j'étais fort embarrassé chaque fois qu'un élève me consultait sur le livre qu'il devait lire pour étudier la Cryptogamie. Je pouvais bien lui indi- quer quelques mémoires où la structure intime des Algues, leur origine et les phases diverses de leur développement, sont exposées avec méthode et clarté ; d'autres remplis d'aperçus nouveaux sur le mode si singulier de formation des organes reproducteurs des Champignons, leur manière de vivre, le rôle important qu'ils jouent dans les grands phénomènes de la nature; d'autres, où les caractères distinctifsdes Mousses sont décrits et figurés avec une précision extrêmement remar- quable, etc. Mais comment supposer qu'un élève puisse lire avec fruit ces différents travaux, les apprécier, ou extraire ce qu'il lui est utile de savoir et laisser le reste de côté, en un mot, n'attacher à chaque chose que son importance réelle dans l'ensemble des découvertes de la science? Comment ne pas craindre qu'il ne s'é- gare au milieu de ces détails dans lesquels se complaît parfois l'auteur d'un mémoire spécial, et que. découragé dès l'abord, il n'abandonne pour toujours l'étude d'une science cependant si attrayante? Non, il faut un guide à tout homme qui entre dans une voie nouvelle ; il lui faut un ouvrage qui recueille toutes ces riches- ses scientifiques disséminées dans tous ces mémoires et les coordonne de façon à faire ressortir tout ce qui est saillant. Cet ouvrage n'existait pas ; je formai dès lin s le projet de le composer. Mais avant d'exposer la marche que j'ai suivie et les difficultés innombrables que j'ai eu à surmonter pour mettre de l'unité dans ce travail, il est nécessaire d'indiquer en peu de mots ce que les botanistes appellent Cryptogamie, et (nulle place elle occupe dans la classification générale. On .1 imaginé bien (1rs systèmes pour classer les plantes. Le meilleur à mou avis, consiste à les distribuer sur une sphère en réunissant sur une même terre ferme celles qui ont entre elles le plus d'affinité, et en séparant par des mers celles entre lesquelles il n'y a point d'intermédiaires qui conduisent des unes aux autres. On a de celte façon une sorte de mappemonde végétale, analogue à la mappemonde terrestre et sur laquelle on distingue au premier abord deux grands continents et un groupe d'îles, sorte d'Océanie végétale iv PREFACE. L'un de ces continents qu'un peut comparer à l'ancien continent du globe terres- tre, est occupé par les plantes les plus élevées du Règne végétal, celles dont l'or- ganisation est la plus compliquée, telles que les Renoncules, les Œillets, c'est le continent des Dicolylédonées. Il est partagé par M. de Jussieu en trois parties aux- quelles il a donné le nom de Polypétales, Monopétales, Apétales. Chacune de ces parties qui sont, en quelque sorte, l'Europe, l'Asie, l'Afrique, de notre mappemonde végétale, se divise à son tour en royaumes ou États, que l'on appelle Classes; ces royaumes en provinces que l'on appelle à tort Familles ; ces provinces en départements, que l'on appelle Tribus, enfin, les départements en com- munes, que l'on appelle Genres. Cette comparaison du globe végétal, s'il m'est permis dem'exprimer ainsi, avec le globe terrestre, peut se continuer jusque dans les moindres détails et faciliter l'intel- ligence des questions les plus graves de la classification des plantes. Ainsi, il y a des classes dont toutes les familles ont entre elles les plus grands rapports, et il serait im- possible de séparer l'une d'elles pour la placer dans une autre classe sans rompre toutes les affinités naturelles , comme il y a des royaumes dont on rencontre dans toutes les provinces les mêmes mœurs, les mêmes lois, la même langue. Il y a d'autres classes, au contraire, dont les familles n'ont entre elles que les relations assez éloignées et dont on pourrait facilement détacher quelques-unes pour les ranger dans une classe voisine sans inconvénient, comme il y a des royaumes, l'empire d'Autriche, par exemple, dont les provinces sont tellement différentes par leurs caractères, leurs mœurs, leur origine, leur langage, qu'on pourrait facile- ment en distraire quelques-unes pour les réunir à celle d'un royaume voisin. H résulte de là que dans les Classes de la seconde sorte et qu'on appelle Classes poty- types ou par enchaînement, par opposition aux classes de la première sorte qu'on appelé Classes monotypes, il y a des familles qui ressemblent davantage à des familles d'une classe voisine qu'à certaines familles de la même classe, mais situées à une autre extrémité ; comme il est vrai de dire qu'il y a plus de ressemblance entre l'Alsace, par exemple, et les provinces allemandes des bords du Rhin, qu'en- tre l'Alsace et le Languedoc ou la Gascogne. Poursuivons. Sur la carte géographique, la commune se compose d'un certain nombre d'habitants qui sont, tantôt agglomérés de manière à former un village, tantôt dispersés par petits groupes, qu'on désigne sous le nom de hameaux. Dans le premier cas, lorsque la commune est très-considérable, on la décompose en sec- tions qui sont alors nécessairement arbitraires, comme, par exemple, la division de Paris en douze arrondissements. Dans le second cas, au contraire, la division est oute faite, elle est naturelle ; chaque section est un hameau. Et comme aux époques diverses de notre histoire, l'opinion a varié sur l'importance de la commune, il est arrivé souvent qu'une de ces sections naturelles a été distraite de sa (1111111111111' pour être élevée elle-même au rang de commune, ou, au contraire, qu'une com- mune est devenue une section d'une commune voisine à laquelle on l'avait an- nexée . Dans le inonde végétal, la commune, avons-nous dit, c'est le genre, dont les habitants sont les Espèces. Or, le plus ordinairement, toutes les espèces d'un même genre sont rapprochées entre elles de façon qu'on ne peut \ tracer que des sections PREFACE. > arbitraires. Cependant quelquefois elles sont groupées par petites sections naturel- les, sortes de petits hameaux végétaux qui n'ont point de liens très-étroits qui les rattachent les uns aux autres. Dans ce cas, il n'est pas rare de voir certains bota- nistes faire des genres de chacune de ces sections, tandis que d'autres, opérant en sens contraire, réunissent plusieurs groupes pour n'en former que des sections d'un seul et même genre. Cela dépend uniquement du point de vue où l'on se place, et la comparaison que je viens d'établir aura, je l'espère du moins, l'avan- tage de montrer combien peu ont de valeur les discussions auxquelles parfois se livrent les botanistes au sujet de l'établissement d'un genre nouveau. 11 arrive, quoique assez rarement, qu'une commune prend un tel accroissement, que la distance qui la séparait de ses voisines, diminuant toujours, finit par dispa- raître et qu'elle les englobe entièrement. C'est ce qui a lieu dans la commune de Paris, qui, en s 'agrandissant, a fini par comprendre et confondre avec elle les com- munes de Vaugirard, R ornai nville, Montmartre, etc.; la même chose s'observe sur la carte botanique. 11 y a des genres qui, par les espèces nombreuses qu'on a dé- couvertes depuis cinquante ans, ont englobé tous les genres voisins, et, bon gré mal gré, les botanistes sont forcés de réunir plusieurs genres en un seul. Enfin, les communes végétales ou genres n'ont point toutes la même importance : telle compte jusqu'à trois cents habitations ou espèces, lorsque telle autre n'eu compte que trois ou quatre ; telle mérite tout notre intérêt à cause des nombreux produits qu'elle fournit aux arts et à l'industrie, tandis que telle autre ne doit fixer que l'attention des botanistes. C'est en ayant égard à cette importance de nature diverse qu'on a donné à une commune spéciale le titre de capitale ou de chef-lieu, si je puis m' exprimer ainsi, pour en former ensuite le nom de la province végétale ou famille. La famille des Renoncu lacées, par exemple, tire son nom du genre Ranunculus, le plus nombreux en espèces ; la famille des Rubiacées du genre Rubia, dont la racine produit cette substance si connue dans le commerce sous le nom de Garance. L'autre continent, le continent des Monocijlédonees, qu'on pourrait appeler Amé- rique végétale, renferme des plantes dont l'organisation est très-différente et beau- coup moins compliquée ; mi y remarque des divisions analogues à celles que je viens d'indiquer dans le continent des Dicotylédonées, et il est inutile d'y revenir. Enfin, l'Océanie végétale, que les botanistes désignent sous le nom de Cryptogamie, est un groupe d'iles occupées par les plantes les plus simples, telles que les Algues, les Champignons, les Lichens, les Mousses, etc.; chaque île forme un royaume ou classe parfaitement indépendant de ses voisins, elle a sa structure in- time, ses formes extérieures, sa manière d'être ou de se reproduire, ses propriétés, sioi histoire: elle a sou rôle à pari dans les grands phénomènes de la nature. Aussi est-ce par l'exposition de ces caractères que j'ai commencé l'étude de chaque classe. J'ai ensuite indiqué les subdivisions qu'on peut y établir en plaçant toujours en tête de chacune de ces subdivisions des généralités sur l'ensemble. Ces subdivi- sions sont les mêmes que celles que .i'.ii indiquées dans le continent des Dicotylé- donées. .l'en ai seulement ajouté deux nouvelles que j'ai crues nécessaires pour faci- liter l'élude de ces plantes ; l'une est intermédiaire à la classe et aux ramilles, l'autre i la tribu el aux genres ; la première csl la division de la classe en ordres, vi PRÉFACE. la seconde est la division de La tribu en sous-tribus, et s il m'était permis d'em- ployer encore des termes pris dans la carie de France, je dirais que l'ordre est l'analogue de ce que les géographes appellenl région :u leurs détritus, ne peut nourrir que d'autres Cryp- togames d'une organisation un peu plus complexe. Celles-ci, à leur tour, se détruisenl bientôt ; des plantes moins inférieures encore les remplacent, et cette gradation se continue jusqu'à ce qu'enfin ce sol si ingrat dans l'origine se revête annuellement d'une végétation luxuriante et puisse être habité. Des Lichens crustacés, des Lichens foliacés, des Mousses, des Fougères, enfin des Phanérogames; telle est la série des végétaux dont se recouvre successi- vement toute terre d'abord stérile ou toute lie qui sort du sein des eaux. Cette mission de préparer ainsi l'avenir des plantes supérieures et d'assurer leur entier développement n'a été départie aux Cryptogames qu'à deux conditions, l'une d'accomplir les phases diverses de leur existence le plus promptement possible, l'autre de se multiplier en quelque sorte à l'infini, afin de suppléer par le nombre à leur extrême petitesse. Aussi pour beaucoup d'entre elles les heures sont des saisons, et les jours des années. La rapidité avec laquelle croissent les Champignons est devenue proverbiale, et des calculs de Kieser démon- trent que dans une minute un tissu peut augmenter de soixante millions d'utricules, c'est- à-dire de trois à quatre milliards par heure. D'un autre côté, les organes analogues aux graines des Phanérogames, les spores, sont innombrables chez la plupart. Dans les Mucédinées, par exemple, elles sont renfermées par milliers dans de petites outres ou utricules dont il fau- drait de même plusieurs milliers pour égaler en grosseur une tête d'épingle ; leur ténuité est telle qu'elles flottent librement dans l'air qui en est toujours en quelque sorte saturé. Voilà pourquoi ces plantes microscopiques se développent partout sans qu'on puisse dire d'où elles proviennent; voilà pourquoi jusqu'à l'époque où les instruments grossissants ont été perfec- tionnés et ont permis de constater dans l'atmosphère l'existence de ces germes ou spores, on a cru à ce qu'on appelait leur génération spontanée. Les végétaux les plus élevés apparaissent donc sur les ruines des plus infimes et profitent de leurs dépouilles; mais tôt ou tard la mort les surprend et les Cryptogames reprennent alors leur empire; elles assiègent leurs troncs immenses, s'y multiplient rapidement, et décompo- sent à l'envi ces géants de l'organisation végétale. Quelques années leur suffisent pour les réduire en poudre et rendre ainsi à la terre les matériaux qu'ils lui avaient empruntés. Qui ne connaît ce Merulius destruens qui, sous le nom de Champignon de cave, s'étend en lames minces à la surface des poutres de nos lieux humides, enfonce- son thalle dans le tissu du bois, le désagrège, et finit bientôt par le détruire entièrement pour se mettre à sa place. Vers la fin du siècle dernier, un de nos plus beaux bâtiments de guerre, te Foudroyant, a peine construit, devint la proie d'une autre espèce de Champignons qui le dévasta complète- ment malgré tous les efforts tentés pour arrêter ses ravages. A peu près à la même époque, le navire, la Reine-Charlotte , cul le même sort en Angleterre. Mais qu'est-il besoin de ces exemples heureusement assez rares. Ne voyons-nous pas chaque année une saison suffire aux Moisissures pour faire disparaître les feuilles qui revêtent en automne le sol de nos forêts, et protègent contre les rigueurs de l'hiver les plantes qu'il renferme ? Les Cryptogames poursui- vent leur action désorganisatrice partout, et les ouvrages des hommes n'en sont pas plus à l'abri que les œuvres de la nature. Les édifices les p'us solides, lorsqu'ils sont abandonnés à eux-mêmes, se couvrent d'une végétation inférieure qui parvient, tôt ou tard, aies faire tomber en ruines. Si donc, comme nous l'avons démontré, toute végétation commence par 1rs Crypto- games, il est vrai de dire aussi que toute végétation finit par elles. Toutes les Phanérogames offrent le même type d'organisation ; leurs différences sont extrê- mement légères, et quelques auteurs ont pu, sans nuire au succès de leurs classifications, placer au commencement telles plantes que d'autres rangeaient au milieu ou à la fin. 11 n'en esl pas de^mêmé des Cryptogames : entre le l'rotococcus, simple utricule à parois minces, transparentes et incolores, et les Marsilea, végétaux à tiges et feuilles bien caractérisées, il y a une distance immense qui est comblée par des plantes d'une structure intermédiaire. Or, l'étude de ces plantes d'une organisation intermédiaire est devenue d'un grand intérêt, depuis que la théorie de l'emboîtement des germes a été universellement abandonnée et que, grâce à d'excellents microscopes, on a pu rechercher avec certitude les diverses phases par ORGANES DE VÉGÉTATION. - TBALLE, MYCELIUM. 7, lesquelles passe un être supérieur pour, de simple utricule qu'il est dans l'origine, parfaire son développement et atteindre son degré normal de complication. Car, en comparant la série des états transitoires que présentent successivement les végétaux supérieurs dans leur période fœtale avec ta série des organisations intermédiaires aux Protococcus et aux Marsilea, ouest arrivé à ce résultat remarquable que ces deux séries sont analogues, et que la seule différence ne consiste souvent qu'en ce que l'organisation permanente de telle ou telle Cryptogame n'est présentée que transitoirement et passagèrement par les plantes supérieures. 1 . No.'.loc commune. . Clavaria crîspula ' f'ainulia parîetina. V. Jiinyermanma albicans. 5. Marchantia polyinorpha. fi. l'iiyscomitiium acuminalum. tiium lunaria. 3. Lycopodium apodum. 9 Equiseium arvense. 10. Uarsilea quadrifolia. Dans les Cryptogames inférieures, les organes de la reproduction el les organes de la végé 1 La plante représentée lans cette ligure ne paraii Clavaria crispula. 4 CRYPTOGAMES. lation sont les mêmes. Chacune des utricules dont elles sont composées, s'agrandit, se con- serve, puis se multiplie ; mais dans les Cryptogames supérieures comme dans les Phanéro- games, il y a une partie exclusivement réservée à la conservation de l'individu, une autre a la conservation de l'espèce, c'est-à-dire que les organes de la reproduction et ceux de la végé- tation sont distincts. Par suite, leur structure est très-différente, et leur a mérilé des noms particuliers. Les Marsiléacées, les Lycopodiacées, les Équisétacées, les Fougères, les Mousses et la plupart des Hépatiques offrent des tiges et des feuilles comme les Phanérogames. Les autres Crypto- games, au contraire, n'en présentent point ; le système végétatif consiste tantôt dans des filaments déliés continus dans toute leur étendue ou cloisonnés de distance en distance, tantôt dans des membranes celluleuses, entières ou plus ou moins découpées ; on donne le nom de thalle aux filaments ou aux membranes dont les utricules renferment de Fendochrome comme dans les Algues et les Hépatiques, et on réserve le nom de mycélium aux filaments dont les utricules ne renferment pas d'endochrome comme dans les Champignons. Quelques auteurs ont adopté l'expression de fronde (frons) pour le thalle des Algues et des Hépatiques ; mais comme cette expression a été employée également pour désigner les feuilles des Fougères, nous avons cru devoir la rejeter. La couleur du l halle est extrêmement variée. D'un beau rouge lie de vin dans presque toutes les Floridées, il est d'un vert dont les nuances sont très-diverses dans les autres Algues et dans les Hépatiques. Par la dessiccation cette couleur varie également. L'organisation du thalle n'est point non plus la môme. Homogène dans toutes les parties chez les Algues inférieures, et quelques autres plantes analogues, il offre dans les Algues supérieures et dans les Hépatiques une hétérogénéité très-grande, en sorte qu'on a souvent été obligé d'y distinguer des parties extérieures ou corticales, des parties intérieures ou mé- dullaires, et des parties intermédiaires ou sous-corticales. Nous aurons occasion de donner plus de développement à cette question lorsque nous exposerons la structure du thalle des Floridées et des Hépatiques. Nous ferons seulement remarquer ici que ces expressions corti- cales, sous-corticales, médullaires, ne doivent rappeler à l'esprit d'autre analogie que celle de portion extérieure, intermédiaire ou centrale ; car, entre les tissus de ces diverses parties et les tissus de celles qu'on désigne par les noms d'écorce, de bois et de moelle dans les Pha- nérogames, il n'y a aucune ressemblance. Pour éviter toute confusion à cet égard, nous nous servirons le moins possible de ces mots qui tendent à induire en erreur. Les Phanérogames se reproduisent de deux manières différentes, par graines et par bour- geons. Le mode de reproduction par graines est général; le mode de reproduction par bour- geons est accidentel dans la nature, et n'a pris une grande extension que dans la culture. La graine résultant toujours dans les plantes dioiques, souvent dans les plantes monoïques ou her- maphrodites du concours de deux individualités distinctes et plus ou moins différentes, donne naissance nécessairement à une troisième individualité qui participe de l'une et de Faillie. Le bourgeon, au contraire, ne tirant son origine que d'une seule individualité, la reproduit dans sa ureté complète, de manière que l'on peut dire véritablement qu'il la continue dans l'espace et dans le temps. Aussi emploie-t-on les graines d'une plante dont on désire avoir des variétés, c'est-à-dire des individualités différentes, tandis qu'on multiplie par bourgeons toutes celles que l'on veut conserver avec toutes les modifications les plus légères qu'elles présentent. Les pépins de la Pomme de reinette pourront donner naissance à des Pommiers très-différents, tandis que les bourgeons greffés reproduiront exactement le caractère spécial de cette variété de pomme. Dans les Cryptogames, il y a également plusieurs espèces de corps reproducteurs, les spores, les innovations, les sporules, etc. Toutes les Cryptogames se reproduisent par des spores comme toutes les Phanérogames par des graines, et c'est sans doute par suite de ce caractère commun de généralité que quelques botanistes ont appelé les spores les graines de Crypto- S a s - Mais là se borne l'analogie entre les spores et les graines ; leur mode de formation et de développement est extrêmement différent, et si plusieurs auteurs ont cru pouvoir avancer que la naissance des spores exige le concours de deux ordres d'organes comme celle des graines, il faut convenir que c'est encore un problème, et que jusqu'à ce qu'il soit compléte- ment résolu, cette espèce de fécondation sera mise en doute par le naturaliste circonspect qui NATURE ET DÉVELOPPEMENT DES SPORES. 5 ne reconnaît pour vrais que les faits rigoureusement démontrés 1 . Les innovations comme les bourgeons ne se rencontrent qu'accidentellement ; comme les bourgeons, ce sont des portions du système végétatif qui, au lieu de rester adhérentes à la plante mère, s'en détachent pour constituer autant de colonies en quelque sorte à coté de la métropole principale. Quant aux sporules qui ne se rencontrent que dans quelques plantes et qui ont une origine toute parti- culière, nous en parlerons plus tard à l'occasidn de celles que l'on trouve abondamment sur les thalles des Floridées et sur ceux du Marchanda*, dont M. de Mirbel a étudié le développe- ment. Les spores des Cryptogames peuvent donner naissance à des individus assez différents de ceux qui les ont produits, mais cette faculté ne tient point à ce qu'elles seraient le résultat du concours de deux individualités distinctes comme pour les graines des Phanérogames, car les soboles et les sporules en jouissent également. Cette polymorphie dans l'aspect et le port de ces plantes inférieures est une conséquence de leur infériorité même; plus on descend la série des êtres, moins on trouve de constance dans leurs formes. Aussi que de fois les bota- nistes se sont-ils mépris en considérant des individus résultant de spores d'une même plante, ma.is d'aspect varié, comme des espèces différentes. Les spores sont simples ou composées, c'est-à-dire qu'elles sont formées par une oh plusieurs utricules. Quand il y a plusieurs utricules, ou ces utricules sont placées bout à bout les unes â la suite des autres et les spores sont dites septées [sporse septatse), ou elles sont accumulées sans ordre déterminé de façon à produire une petite masse utriculaire, auquel cas les spores sont dites celluleuses (sporx cellu fosse). Quant les spores sont simples, la paroi de l'utricule qui les constitue peut être unique ou double. Dans les Bolrylis. par exemple, il n'y a qu'une membrane, tandis que dans les Fougères il y en a deux: ce sont en quelque sorte deux utii- cules emboîtées l'une dans l'autre. Du reste, qu'il n'y ait qu'une seule membrane ou qu'il y en ait deux, la surface de la spore peut être lisse ou rugueuse, en un mot, présenter une foule de particularités organographiques sur lesquelles nous ne pouvons pas insister ici. Le développement des spores est extrêmement varié dans les diverses familles des Crypto- games. On peut cependant établir deux divisions principales suivant que les spores se déve- loppent à l'intérieur ou à l'extérieur de l'utricule qui leur donne naissance, et par conséquent partager les Cryptogames sous ce point de vue en deux grandes classes, les Endosporées et les Exosporées. Les Endosporées se rencontrent dans plusieurs familles très-différentes et offrent quatre modifications principales : 11. I rolococcus rirîdis. 13. Spennatochnus Adrialicus. . Pulmella cruenla. Dans les Protococcées, les Minorées, par exemple, les spores se développent en très-grand nombre et sont accumulées sans ordre à l'intérieur de l'utricule mère qui est plus ou moins sphérique. A une certaine époque, ces spores grossissent, rompent celte utricule qui ne peut plus les contenir et vont constituer ailleurs autant d'individualités distinctes. Dans les Pezizées, lesLichens, etc., les spores se forment a l'intérieur de l'utricule mère, non plus en très-grand nombre, mais par quatre, six ou huit au plus, et ees spores loin d'être disposées au hasard sont toujours rangées les unes au-dessus dis autres dans l'utricule niere qui est très-allongée. 1 Celle proposition serait actuellement lieaurnup trop absolue. Les résultats positifs des licites recherche* dans ces derniers temps par MM. Thuret, Derbès el Solier, île Bary, Tulasne, Pringsl A. Brauu, Thwaites, eti . eti . non* forceront de modifier celle manière de voir, alors que non. nous occuperons du mode de reproduction propre à chaque classe de Cryptogames. i Ce sonl des germes qui ^oni contenus dans les corbeilles du Mnrckintin. CRYPTOGAMES. bans les Vauchériêes, etc., il ne se produit qu'une seule spore au sein de l'utricule mère qui se rompt bientôt pour la laisser échapper. Enfin, dans les Dlvacées, les Fucacées, les Hépatiques, les Mousses, les Fougères, la matière qui remplit l'utricule mère ou Vendochrome se divise en quatre parties dont chacune devienl par la suite une spore, et ce mode de formation très-commun dans les Cryptogames, rappelle beaucoup celui des grains de pollen dans les Phanérogames. L'utricule mère, à l'intérieur de laquelle se développent un grand nombre de spores dans les Mucorées, huit dans la plupart des Pezizées, quatre dans les Dlvacées et une seule dans les Vauchériêes; nous l'avons désignée sous le nom de llicque, généralisant ainsi une expres- sion déjà employée par les Cryptogamistes pour indiquer précisément cette utricule mère dans les Lichens et les Champignons. Les spores des Exosporées se développent de cinq manières différentes : 13. Goiuilorrhodum speciosum. 1C. Ilotrytis erylliropus. 17. Polyaclïs Mucedo. Agaricus lacliflut s piperalus Les Torula, les Aspergiltus, les Pénicillium, etc., ont des filaments très-allongés, et com- posés d'une série d'utricules placées bout à bout. A l'époque de la maturité, ces utricules se désarticulent, et chacune d'elles devient une spore. Les Bolrylh, les Verlicillium, les Percnospora, etc., présentent .aussi des filaments très- allongés, formés, soit par une seule utricule simple ou rameuse, soit par plusieurs utricules rangées l'une à la suite de l'autre. Dans le premier cas, l'utricule unique s'étrangle à son sommet et donne par suite naissance à une spore qui s'en détache bientôt. Dans le deuxième cas, l'utricule qui termine le filament se désarticule et se transforme en spore. Le filament continu ou cloisonné, c'est-à-dire formé d'une seule utricule allongée ou de plusieurs utricules réunies en chapelet, n'offre jamais dans les Bolrylh, les Tricothecium 1 , etc., qu'une seule spore à son extrémité. Dans les Polyactidées, au contraire, il y en a toujours un très-grand nombre. Que ces spores, au lieu d'être solitaires sur chaque filament comme dans les Botry.tis, ou d'être groupées sans ordre comme dans les Polyactidées, soient toujours au nombre de deux, quatre ou six au plus et disposées, d'après certaines règles, sur les utricules modifiées qui leur donnent naissance, ou en d'autres termes que ces utricules mères produisent sur certains points déterminés de leur surface quatre petites saillies qui s'allongent, s'étranglent à leur extrémité et forment ainsi chacune une spore, en sorte que chaque utricule mère en fournit quatre, nous aurons ce qui s'observe chez les Champignons les plus connus, les Agarics, les Bolets, les Lycoperdons, etc. Enfin, les Salviniées qui sont de toutes les Cryptogames celles qui se rapprochent le plus des Phanérogames, par leurs organes de végétation, n'en sont point non plus très-éloignées par leur mode de reproduction. La spore assez compliquée, et par suite assez analogue à la grai les piaules supérieures, liait comme elle sur une espèce de placenta auquel elle est attachée par une sorte de limicule. L'utricule mère, à l'extérieur de laquelle se développenl quatre spores dans les Agarics, 1 1 l.i m éi km de préférence ïrichothecium deux dans baside. IIYMEMOM, STRATUM, RÉCEPTACLE, CONCEPTACLE. Cantharellus, une seule dans les Isaria el les Botrylis, M, Léveillé rappel 19. Salvhiia nalans. 20. Bovisla plumbea. 21. Spathulea flavida. iffecter des formes très-diverses. Le mode de jonction des utricules mères, soit entre elles, soit avec le reste du tissu, varie beaucoup aussi. Dans les Agarics, les Bolets, etc., les utricules mères ou basidcs portant quatre spores ordinairement à leur extrémité, sont sériées les unes contre les autres et forment un tissu qui se distingue nettement du tissu sous-jacent, c'est Vhymenium. Pans les Lichens, les Sphseriacées, les Pezizées, etc., les utricules mères ou théques qui contiennent quatre, six ou huit spores placées le plus généralement les unes au-dessus des autres à leur intérieur, sont souvent séparées par des filaments particuliers, cloisonnés ou non, et qu'on désigne sous le nom de paraphyses. L'ensemble de cesthèques et de ces paraphyses c'est encore Vhymenium. Vhymenium est donc la couche formée par les organes reproducteurs, que ces organes soient des bas'ides, des théques, des chapelets de spores ou des spores pédicellées; car les spores rangées en chapelet et leS spores' pédicellées peuvent être rapprochées et serrées les unes contre les autres de façon à produire une espèce de tissu, comme les basides et les théques. Souvent l'hymenium repose immédiatement sur le tissu de la plante, soit le cortical, soit h' médullaire, et alors on se sert des expressions hymenium strato maintien i, corlicali impo- sition. Mais souvent aussi il repose sur un tissu spécial '. el ou indique cette particularité par les expressions hymenium strato proprio imposilum . Que ce stralum soit cortical, médullaire ou spécial, il Ainsi dans les L'snea il est plat dans son milieu ellégèrement relevé sur ses bonis comme une soucoupe. Dans la Peziza gemmata, il constitue une coupe pro- fonde mais sessile; ailleurs, comme dans la Peziza abietina, cette coupe prend un pied. Toutes les fois que le stratum constitue ainsi une coupe plus ou moins évasée, il prend le nom de réceptacle. Mais il arrive dans nombre de plantes que ce réceptacle se creuse tellement en coupe que ses bords se rapprochent el ne laissent qu'une très-petite ouverture, un véri- table pore, qui même quelquefois disparaît. Dans ce cas, On a alors une cavité close ou presque close de toutes paris, ne communiquant à l'extérieur que par ce pore (ostiolum) quand il existe. C'est un conceplable. Les Cryptogamistes ont cru devoir donner des noms différents pour ces diverses formes de réceptacle dans les Lichens et les Champignons. Ainsi ils appellenl excipulum ce que nous appelons stralum, apolhecium ce que nous appelons réceptacle, et perithecivm ce que nous ap- pelons conceptacle. Ces expressions sonl essentiellement vicieuses, car les réceptacles peuvenj 1 Dan- les I " i as, Y hymenium se nomme encore divjue ou lame proli 1ère, suri ml dans les Lii liens gymnocar- p.'-s. Dan- ce groupe, le tissu spéi ial donl il est ii i question, prend le n un i'hypotheemm; expressions nu il esl in dispensable dec innaitre pourl'inlelligcn e <1 i ce ' lins ouvrages ïernes Pezizfl abielinii. 8 CRYPTOGAMES supporter des chapelets de spores (ex. Coremium), des spores pédicellées (ex. Coryneum), des Lhèques (ex. Leotia) ou des basides (ex. Merulius). De même tous les conceptables ne renferment pas des tlièques comme dans les Sphatria; dans quelquesjplantes, ils confie ni au lieu de thèques des chapelets de spores (ex. Phragmotricum) ou des spores pédicellées (ex. Sphseronema) ou des basides (ex. Trichoderma). Plusieurs réceptacles peuvent se toucher, se souder et donner naissance à une cupule générale, creusée de cupules particulières comme le réceptacle commun d'une plante de la famille des Synanthérées (ex. Cladonia). De même plusieurs conceptacles peuvent s'unir plus ou moins complètement, soit par leur base, soit par leur sommet, de manière à présenter les apparences les plus diverses. D'un autre côté, ces conceptacles libres ou soudés peuvent être enveloppés par une mem- brane générale ; que cette membrane générale soit due à la condensation et au défaut de déve- loppement des conceptacles extérieurs comme dans les Polysaccum ou qu'elle ait une tout autre origine, on l'a désignée sous le nom de peridium, et la masse des conceptacles qui y sont renfermés libres du reste ou soudés, sous celui de gleba. *., 2C. Peziza turfuracea. 1. Sphœronpma vei rncosum. 28,29. Splineria converp'ns. 30. Sphsria qualeroata. 51, 52 Cyathus slriatus. 5i Polysaccum crassipes. 55. Secoliimi ei ylhri)ce|ilialum. Quelquefois, comme dans les Nidularinées, les conceptacles sont distincts les uns de's autres et plongés dans un mucilage contenu dans leperidium; aune certaine époque, ce peridium d'abord parfaitement clos se déchire au sommet, le mucilage se dessèche et leseonceptacles s'échappent. Dans les Hysterangium , les conceptacles sont très-rapprochés mais non sondés. Enfin, cette soudure apparaît dans les Polysaccum et les Hymenangivm ; seulement, dans les PoLysaccum , la trace de cette soudure est encore visible, tandis qu'elle a disparu complè- tement dans les Hymenangium, et que l'ensemble des conceptacles ne forme plus avec le peridium qu'une seule niasse divisée en cellules plus ou moins régulières, plus ou moins sinueuses. A la maturité des peridium, lorsque les conceptacles ont chacun une ouverture, et que loutes ces ouvertures communiquent avec celle qui existe au peridium, les spores s'échappeiil par ces ouvertures. Mais lorsque les conceptacles sont tellement unis qu'ils ne forment avec le peridium qu'une seule masse alvéolée (gleba), ou toule cette masse se détruit et s'échappe sous forme de poussière par une ouverture du peridium qui persiste, ou bien le tout se détruit en même temps, et peridium et gleba. Lorsque le peridium persiste et s'ouvre au sommet. les détritus de la gleba constituent ce qu'on appelle le capillitium. Le peridium n'est pas toujours une membrane unique ou plusieurs membranes soudées intimement de manière à simuler une membrane simple. Dans les Géastridées, par exemple, il est formé par deux membranes distinctes, complètement closes, et s 'emboîtant parfaitement PERIDIUM, GLEBA, CHAPEAU, VOI.VA. COLLET, STICHIDIE. il dans l'origine 1 . En se développant, la membrane externe (peridium exlernum) se déchire en lanières plus ou moins profondes qui si 1 réfléchissent vers la terre el forment une espèce de base étoilée à la membrane" interne [pe- ridium intemum) qui ne s'ouvre à son sommet qu'à la maturité pour laisser échapper le capillitium et les spores. Les peridium, quelle que soit leur <' j ' ^_j> organisation intérieure, peuvent être sessilesou pédieellés. Ainsi, tandis qu'ils sont immédiatement appuyés sur le my- célium dans les Lycoperdons, ils en sont séparés au contraire dans les Polysac- rum parmi pied assez considérable. Ce pied, qui se montre dans ces exem- ''' "' 7 ' 58 - Gêutridëes, pies au dehors de la membrane externe du peridium et qui n'en est en quelque sorte que la continuation à la partie inférieure, peut se développer au dedans de cette membrane, c'est-à- dire entre le peridium interne et le peridium externe ; c'est ce qui a lieu dans les Tulostoma dont le peridium offre deux enveloppes s'emboitant l'une dans l'autre, et un pied qui se forme à la base entre elles deux. Tant que ce pied est peu allongé, le peridium externe peut con- tenir le peridium interne avec le pied. Mais lorsqu'il acquiert des dimensions plus considé- rables, il soulève le peridium interne; celui-ci presse sur le peridium externe, qui finit par se déchirer en deux parties; l'une qui reste à la base du pied et l'enveloppe comme une es- pèce de gaine, l'autre qui persiste à la face supérieure du peridium interne ou qui n'y forme que des écailles plu-, ou moins écartées. Polysaccum crassipi - in W. i-2 Tulostoma mammosum. '■'•■ • ■. >'• Gyrophragmium Delilei. l7 , iH :t. Agaric a divers étals de développement. Lutin, i e pie l qui se développe à l'extérieur dans les Polysaccum, entre le- deux peridium le peridium esl triple dans une espèce de-Grastei de Batavia, te G tripla Josgh lu CRYPTOGAMES. interne et externe dans les Tulostoma, peut apparaître égale ni à l'intérieur de ces deux peridiinn; prend-il peu d'accroissement pendant toute l'existence de la piaule, les deux petidiurp interne el externe, soit libres, soi) intimemenl unis, ne sont pas déchirés, et ce pied forme une espèce de colonne à l'intérieur, ainsi qu'on le remarque dans le Cycloderma. S'allonge-t-il au contraire, comme dans un nouveau genre (onde par M. Montagne, le Gyro- phragmium, les deux peridium avec la gleba qu'ils renferment se divisent en deux parties, l'une inférieure, qui persiste à la base du pied, l'autre supérieure, qui se trouve portée à son sommet et lui forme une espèce de chapeau. Du Gyrophragmium aux Agarics et aux Bolets il n'y a plus qu'un pas, el la transition esl facile. Les Agarics et les Bolets présentent en effet, dans leur jeunesse, une cavité close de toutes parts, un véritable peridium double qui se crève bientôt pour laisser passer un pied analogue à celui du Gyrophragmium. Seulement, la substance fructifère ou la gleba, au lieu de se partager en deux parties dont la supérieure seule soit soulevée par le sommet du pied, est emportée en totalité et forme alors à l'extrémité supérieure de ce pied ce qu'on appelle le chapeau (pileus). De plus, tandis que dans le Gyrophragmium les deux peridium se lacèrent en même temps, dans les Agarics le peridium externe seul s'ouvre d'abord pour laisser passer le pied portant le peridium interne et constituer à sa base une espèce de gaine, une volva tout à l'ait analogue à celle du Tulostoma. Ce n'est que beaucoup plus tard que le peridium interne ou se détache .du pied auquel il adhérait en y laissant une espèce de collerette que les botanistes nomment collet, ou se déchire incomplètement ça et là de façon à présenter l'aspect d'une toile d'araignée. Quelques botanistes ont donné le nom (Panneau à cette colle- rette qui se rabat sur le pied, et que nous appelons collet. Nous l'avons rejeté parce que nous le réservons pour désigner dans la famille des Mousses cette série simple ou double d'utricules qui sépare l'opercule de l'urne. Nous venons de voir qu'entre la forme des Usnca et celle de Agarics il existait une série d'intermédiaires, et que, par suite, il était possible de donner, de tous les organes de ces Champignons, une nomenclature rationnelle : nous pouvons aller plus loin, et montrer également qu'entre la forme des Usnea el celle des Torula et des Péni- cillium toutes les transitions s'observent dans la nature, de sorte qu'on peut dire que foutes les formes des Champignons sont comprises dans une série dont les extrémités seraient d'une part les Pénicillium et de l'autre les Agarics. 50. F.i-yum cœspitictum (anneau double i'i cellules composées). 51. lUiodocephalus candidu v. ! ; v,i Slysanus caput Medus 53. Coremium iiiveiun. Imaginons, en effet, que le réceptacle presque plat des Usnea se bombe dans son milieu, ce sera un Coryneum (lig. 356); qu'il si: bombe encore davantage el qu'il forme, mai plus une sorte d hémisphère, niais une espèce de colonnei ce sera un Coremium (lig. . : >5): enfin, SPORANGE, COLUMELLE, SPOROCARPE, &PORULES, BULJULLKS, PROPAGULES. Il de ces derniers aux Pénicillium la transition est facile, car ils peuvent être considérés comm e des Pénicillium soudés outre eux '. Y a-t-il une relation intime entre le mode de formation des spores et les diverses formes de réceptacles que nous venons d'indiquer? Cette question est importante; mais nous croyons qu'elle est mieux placée < l.ni> nos généralités sur les Champignons (voy. page 65). Les Cryptogames, dont les spores se développent à l'extérieur de Putricule qui les produit, sont des Champignons ou des Rhizocarpées, et nous venons d'étudier toutes les modifications que ce mode de formation présente; examinons maintenant quelles sont les Cryptogames dont les spores se développent à l'intérieur de Putricule qui les produit, et voyons comment sont distribués leurs quatre modes de formation. Les Cryptogames, dont les spores se forment en grand nombre à l'intérieur de Putricule mère, sont ou des Confervoïdées ou des Champignons. Dans le premier cas, ce sont ou des utriçules isolées, comme dans le Protocorcus, ou des ulricules allongées placées bouta bout, de façon à produire un filament cloisonné comme dans les Conferva. Du reste, chaque utri- cule, libre ou soudée, renferme des spores. Dans le second cas, ce- sont des filaments cloi- sonnés s'élevanl sur un thalle horizontal, et portant à leur extrémité une utricule de forme très-variable et qui seule renferme des spores (ex. Mucoi'). Les Algues de l'ordre desPhycées comprennent toutes les Cryptogames dont les organes de reproduction consistent dans des thèques qui ne renferment qu'une spore, et qu'on appelle, pour cette raison, rnonoxporecs. La position de ces thèques varie beaucoup suivant les genres; nous n'en parlerons qu'en traitant de cet ordre d'une manière plus spéciale. Le développement des spores par quatre, à l'intérieur d'une utricule mère, se rencontre au contraire dans un grand nombre de familles, c'est-à-dire dans les Algues, les Hépatiques, les Mousses, les Fougères, etc.; mais avec des modifications très -nombreuses qui reposent principalement sur la forme des organes qui les renferment el sur la position de ces organes par rapport aux autres parties de la plante. linsi, tandis que dans les Ulvacées ces ulricules tétrasporées constituent en entier le tissu il. la plante, en suite qu'on n'y trouve pas une utricule qui tôt ou tard ne contienne quatre spores, dans beaucoup de Kloridéos elles sont, en petit nombre, dis- séminées çà et là sans ordre au milieu du tissu (ex. Halymenia), ou enfin rangées avec régularité dans une portion du thalle qui, par suite, se modifie et que l'on désigne sous le nom de slicltidie (ex. Dasya). Ailleurs, comme dans les Peyssonnelia et les Hildenbrand- lia, elles sont distinctes du reste de la plante ; seulement, dans les Peyssonnelia, elles sont plongées au milieu iVnne masse de para- physes, et forment de petits groupes à la surface du thalle, tandis que dans les Hildenbrandtia elles tapissent les parois de cavités creusées dans la substance même de ce thalle. • '" '■■• Kuelxingiana 55. Bildenbrandlia sanguinea. 56. Aulrocephalus Nepalensis Cnr.iniii in; l'Ji.mi ioïdes, Les organes de reproduction des Hépatiques inférieures qui onl un thalle mbraneux pour systè végétatif, sonl tantôt entièrement plongés dans la substance de ce thalle, tantôt portés sur une espèce de pied dont l'origine el la nature varient beaucoup. Dans tous les cas cepen- dant, ce sonl toujours des corps celluleux. Au début, le- utriçules qui les constituent sonl, toutes homogènes; mais bientôt relies qui sont au centre éprouvent des modifications impor- tantes : des gr d.s s'accumulent à leur intérieur et forment dans chac Telles un globule •ilïlc qu'en Ihc m e de la dilféren m titre le.* modes de li 'i « t. h nation. Il y a ta quelque i li"-' de fori > 12 CRYPTOGAMES. qu'on appelle létraspore, parce qu'il se divise plus tard en quatre autres plus petits qui de- viendront quatre spores. Rien de semblable dans les utricules du pourtour. Aussi persistent- elles quand les utricules du centre se détruisent pour délivrer les spores qu'elles ont pro- duites, et forment-elles les parois d'une cavité qui retient quelque temps ces spores. Cette cavité, les Cryptogamistes l'appellent sporange. Les Hépatiques supérieures, les S'ousses, les Fougères se reproduisent à peu près de la même manière : deux différences principales sont néanmoins à noter. La première, c'est que, ces plantes ayant des feuilles et des axes Lien caractérisés, la position des sporanges n'est pins la même. Dans les .Mousses et les Hépatiques supérieures, ils naissent soit à l'extrémité des tiges, soit à l'aisselle des feuilles, et sont par conséquent terminaux ou axillaires. Dans les Fougères, au contraire, ils se développent à la surface des feuilles, et la manière dont ils sont groupés sert à distinguer la plupart des genres. La seconde différence consiste en ce que dans la plupart des Mousses il n'j a que les utricules qui sont entre le centre et la périphérie qui donnent naissance a des spores; celles qui occupent le centre, restant stériles, persistent et forment une colonne cellulaire centrale au milieu du sporange; cette colonne centrale s,. nomme columellë. 58. ! elrodontmim Urownijnun. " I lea Alïu.'in.i 60. Asjik'iiiinn tteul niiiii. Cl. Salvinia naUms. A l'époque de la maturation complète des sports, le sporange, traversé ou non par uni' columellë, s'ouvre, niais de manières très-diverses, suivant les familles et trop différentes même les unes des autres pour qu'il ne convienne pas de renvoyer à l'étude spéciale de chaque famille les particular.tés qu'offre cette déhiscence. Enfin, lorsque les spores sont fixées à nu placenta par l'intermédiaire d'une sorte de cordon ombilical, et renfermées dans une cavité formée par le tissu de la plante, comme on en voit des exemples dans les Salvinia, cette espèce de capsule, analogue jusqu'à un certain point à la capsule dis Phanérogames, prend le nom de sporocarpe. Toutes les Cryptogames sans exception se reproduisent de l'une des neuf manières que nous avons indiquées. Mais quelques-unes peuvent en outre se multiplier d'une autre façon, par sporules : ce sont principalement les Floridées et les Marchanlia; ou par propagules, comme certaines Algues il plusieurs Mousses. Que l'on examine, en effet, un grand nombre d'individus d'une même espère de Floridées, on en observera beaucoup qui présenteront la fructification tétrasporée dont nous avons parlé; mais quelques autres offriront généralement, a la place où devraient naître les thêques téirasporées,àes corps de forme varie I renfei niant dans leur intérieur, soit libres, soit fixées à nue espèce de placenta, une multitude de petites utricules assez analogues aux spores et qui jouiront comme elL s de la facuLé de reproduire 1 1 piaule. Pour indiquer cette analogie de fonction, nous avons désigné ces spores particulières sons le nom de sporules. De même dans le Marchanda, on aperçoit souvent sur la fronde de petites corbeilles dentelées loi I élégantes et remplies d'une quantité considérable de petits corps lenticulaires qui, placés dans des circonstances favorables, peuvent, ainsi que I a cou staté M. de Mirbel, donner naissance à de nouveaux Marchanlia; ce sont encore pour nous des sporules; car nous réservons le nom de bulbilles ou de sobolcs à ces extrémités de thalle dans 1rs Ugues nu ii ces petits I ourgeons dans les Mousses qui, au lieu de rester toujours PHYT0Z0A1RKS, ZOOTHÈQOES. — GEUMINATION, CLASSIFICATION. 13 adhérents à la piaule mère, s'en détachent à une certaine époque et constituent à côté d'elle des individualités distinctes. La grande différence que nous apercevons entre les sporules et les bulbilles, c'est que les sporules naissent dans des or- /-"?"' ■-■■" ganismes spéciaux, tandis que les bulbilles ressemblent tota- '^'ï-U^ .-.-• lement aux bourgeons d'autres Mousses par exemple, ou aux \> ' extrémités du thalle d'autres Algues, qui ne se séparent ,^, j :. Marchanlia polymorphr i i Hypoglossum Woodwardfi. On rencontre parfois sur les feuilles de Mousses des filaments plus ou moins allongés, formés par une série de cellules placées bout à bout. Lorsque les circonstances sont favora- bles, ces filaments se détaillent, tombent à terre et jouissent de la propriété de continuer à se développer, el même de produire une Mousse tout à fait semblable à celle qui leur a donné naissance. Ces filaments que nous nommons encore sporules, M. Schimper les appelle pro- pagules. Tous les botanistes sont d'accord que les sporules, pour reproduire la plante, n'ont pas plus besoin délie fécondées que. les bourgeons et les bulbilles des Phanérogames. Mais il n'en esl plus de même lorsqu'il s'agit des spores. Ignorant com- plètement la structure et le mode de développement de ces organes reproducteurs, et par suite ne pouvant soupçonner leur analogie avec les grains de pollen, quelques observateurs, et entre autres Schmiedel et Iledwig, ont comparé les spores aux graines, et l'organe qui les ren'érme, ils l'ont appelé organe femelle. Quant à l'organe mâle, ils ont cru le trouver dans un petit corps généralement ovoïde que l'on observe dans les Mousses, les Hépatiques, les Lycopodes, et que M. Oecaisne a récemment découvert dans les Ftiuts. Ce peti! corps, formé par une membrane celluleuse assez mince, renferme dans son intérieur un liquide au milieu duquel flottent, dans les Mousses par exemple, nue multitude de petits filaments doués de n \ nts particuliers qu'on a désignés, à l'époque où on ne les avait remarqués que dans celle famille, sous le nom de bryozoaires, mais que nous appe- lons, maintenant qu'on lésa retrouvés dans presque toutes les Cryptogames, phytozoaires'. Milieu et Linné, au contraire, considéraient connue organes mâles les sporanges, el comme organes femelles ces petits corps ovoïdes que nous nommons, pour éviter toute analogie trompeuse, zoolhéques. Qui avait raison de Mille le Micheli, de Linné ou d'Hedwig? A cette époque, nul ne pouvail le due, car aucune expérience directe sur l'action réciproque de ces deux ordres d'organes, aucune observation précise sur leur organisai] l'avaient été faites. Nous devons l'avouer, néanmoins, l'opinion de Schmiedel el d'Hedwig était le plus généralement accréditée, tant esl juste la réfle.xi le Fontenelle, que quand il y a deux manières d'expliquer un phénomène, c'est la vraie qui parait la moins vraisemblable. Aujourd'hui que les recherches de M. de Hirbel sur le Murchanlia polymorpha el sur les GS. Orlliotriclium Lvellii. ' On les appel!* plus souvent encore ri? nos jours Anthé 14 CRYPTOGAMES. anthères ilu Cncurbila Pepo, et de M. Hugo MohI sur la nature dos sporanges, recherches successivement confirmées par un grand nombre de travaux sur des sujets semblables, oui démontré l'extrême analogie des sporanges et des anthères, l'identité de développement des spores et des grains de pollen, la formation dans l'un et l'autre cas d'utricules en filaments spirales destinées à chasser au dehors, soit les spores, soit les grains de pollen, et qu'on appelle, pour eette raison, élalères, il est impossible de se refuser à adopter l'opinion de Linné, et à considérer les sporanges connue les analogues des anthères des Phanérogames. 6fl. Bryum nutans. 67. Phytozoaîres de Mousses. 68. Lunularia heinisplisrîca. 63. Zootlièque île Fucu Mais, objectera-t-on, les fonctions des spores et des grains de pollen sont très-différentes ; les spores reproduisent la plante, et tout le inonde sait qu'il n'en est point de môme des grains de pollen. Dans la théorie de la fécondation généralement admise, sans aucun doute les fonctions des spores et des grains de pollen ne sont point identiques; mais ce n'est pas une raison pour méconnaître leurs rapports. Ne voyons-nous pas tous les jours des organes remplir des fonctions très-différentes, et cependant être toujours considérés comme analogues? D'ailleurs admettons pour un instant la théorie de M. Schleiden sur la fécondation, et cette prétendue difficulté disparaît. Les spores'se développent comme les grains de pollen ; ils sont identiques dans leur origine comme dans leur structure; ce sont, les uns et les autres, des germes ou embryons. Mais, dans les Cryptogames, ces spores s'échappent de l'organe qui les contenait, tombent sur la terre et y germent ; toutes leurs évolutions sont extérieures. Dans les Phanérogames, au contraire, les grains de pollen jetés sur le sol, au sortir de l'anthère, ne germent point ; il faut que préalablement ils soient reçus dans des organes spéciaux, les ovules, et qu'ils y subissent une espèce d'incubation pendant laquelle ils accomplissent leurs premiers développements, ceux qu'on appelle proembryonnaires. La différence que l'on observe entre la germination des Cryptogames et celle des Phanérogames est donc plus apparente que réelle; elle repose uniquement sur ce que, des deux phases que l'une et l'autre présentent, une seule se passe au dehors dans les Phanérogames. Ces ovules sont-ils simplement des or- ganes prolecteurs, ou bien le liquide qu'ils renferment fécoride-t-il ce grain de pollen qui les pénétre, comme on suppose que les zoothèques fécondent les spores? Cette question a quelque importance, car, dans le cas de l'affirmative, les zoothèques seraient les analogues du sac embryonnaire, les sporanges, ceux de l'anthère; mais elle n'est point encore résolue. La plupart des botanistes croient que les zoothèques sont nécessaires pour que les spores puissent reproduire la plante ; ils ne sont en discussion que sur le rôle mâle ou femelle qu'il fuit leur attribuer. Tant qu'on n'aura pas cependant démontré par des expériences précises cette prétendue fécondation, nous nous garderons bien de l'admettre sans réserve, d'autant plus que des observations récentes de M. Nagrli ' ont montré ces organes dans de jeunes Fou- gères en germination, et par conséquent loin encore de leur puberté. Toutefois, cette théorie ayant prévalu dans la science, on a donné le nom de dioïques aux Cryptogames qui présentent des zoothèques sur un individu et des sporanges sur un autre. La spore une fois sortie du sein de l'organe qui la renfermait, germe au bout d'un temps en général assez court. Ses premières évolutions sont très-diverses suivant la plante à laquelle elle appartient; nous les indiquerons en traitant de chaque famille en particulier. .Nous insis- terons seulement sur un fait qui domine toute la germination des Cryptogames el qui consiste en ce qu'une espèce quelconque présente toujours dans sa jeunesse l'aspect d'une espèce inférieure; de sorte qu'on ne peut pas souvent les distinguer et s'assurer si c'est l'état adulte de l'une, ou fétat proembryonnairc de l'autre. Ainsi, toutes les Mousses, en germant, se mon- 1 riulnt Kxgeli ou Nàgett DIVISION EN CLASSES. 1"> lient sous la forme de filaments très-allongés, verdâtres, analogues on tous points aux Con- ferves; ce n'est que beaucoup plus tard que se développent sur ces Qlaments les tiges et les feuilles qui caractérisent ces plantes. De même toutes les Fougères dans leur enfance ressem- blent complètement à des Hépatiques adultes. Elles ont comme elles des thalles verdâtres et membraneux qui s'étalent à la surface de la terre- et y enfoncent de petites racines. Mais en un point déterminé de ce thalle, s'élève plus tard une petite tige en tout semblable à celle delà Fougère adulte qui lui a donné naissance. Les Fougères commencent donc en quelque sorti- par être Hépatiques sous le point de vue îles organes de la végétation ; mais ce thalle membraneux et vert qui esl un état permanent des Hépatiques, n'est qu'un étal transitoire pour les Fougères. L'embranchement des Cryptogames se partage naturellement en cinq classes : 1' Les Algues : il n'y a point de liges ni de feuilles ; les organes de la végétation sont repré- sentés par un thalle filamenteux ou membraneux dont les utricules renferment de l'endo- chrome. Les organes de reproduction qui sont peu distincts des organes de végétation ne sont jamais des sporanges ni des sporocarpes ; 2° Les Champignons : il n'y a point de tiges ni de feuilles ; les organes de la végétation sont, représentés par un mycélium filamenteux dont les utricules ne renferment pas d'endochrome. Les organes de reproduction qui sont très- distincts des organes de végétation ne sont jamais des sporanges ni des sporocarpes ; 5° Les Muscinées : il y a le plus souvent des tiges et des feuilles; parfois cependant les organes de la végétation ne consistent qu'en un thalle dont les utricules renferment de l'en- dochrome. Les organes de reproduction sont toujours des sporanges qui naissent soit à l'ex- trémité des tiges ou des rameaux dans les Muscinées foliacées, soit à la surface du thalle dans les Muscinées membraneuses ; 4° Les Filicixées : il y a toujours des tiges et des feuilles. Les organes de reproduction sont toujours des sporanges qui naissent sur les feuilles; 5° Les Riiizocarpées : il y a toujours des tiges et des feuilles. Les organes de reproduction sont des sporocarpes. 1" Classe. — ALGUES. La classe des Algues se compose d'une multitude de piaules diverses qui croissent dans les marais, les lacs, les ruisseaux, les fleuves, les sources thermales, les mers. Leur structure est telle qu'elles ne peuvent se développer que dans l'eau ; exposées à l'air, elles cessent de végéter et se dessèchent. Cette circonstance, du reste, est une conséquence nécessaire de leur simplicité d'organisation un de leur infériorité; elle ne surprend nullement quiconque s'est occupé de l'étude du Règne animal où les êtres les plus inférieurs de chaque groupe, de chaque embranchement, sonl toujours aquatiques: les cétacés, dois la classe des mammi- fères, les annélidesdans celle des articulés, les poissons dans l'embranchement des vertébrés, les polypiers dans celui des invertébrés, en sont des exemples fini remarquables. Ln séjour habituel au milieu des eaux imprime toujours aux êtres une forme spéciale, fresque tous les animaux aquatiques sont allongés, et les exceptions bien étudiées, on peut le dire ici, confirment la règle. Les organes foliacés des plantes supérieures qui croissent dans l'eau se modifient de quatre manières différentes qui s'observent également dans les Algues. Aiii-i, 1 • la forme rubanée des feuilles submergées de la Sagittaire se rencontre dans les l'ives, les Laminaires, les Varechs, etc., et c'est même une des plus fréquentes ; 2 n la forme déliée des feuilles du Ranunculus aquatilis qui se sont développées sous l'eau se présente dans les Conferves, les Vaucli'-rin et un grand nombre d'autres Algues; ô° la forme étalée des feuilles inférieures du .Nénuphar se retrouve dans les Porphyra, certaines Iridea, etc.; 1 enfin VVlva fenestrata ne doit s 10m qu'à la forme cancellée qui caractérise parmi les plantes supérieures les feuilles de VHyérogeton fenestralïs. Comme toutes les plantes de ce sous-embranchement, les Algues n'ont ni feuilles ni axe bien déterminés ; les unes ne sont que des filaments d'égales dimensions dans toute leur étendue ; les autres, plus ou moins élargies à leur partie supérieure el plus ou moins décou- |(j CRYPTOGAMES. pées, se resserrent eh une sorte de lige à la partie inférieure el se terminenl à la base en une espèce de grille ou d'empâtement au moyen duquel elles s'amarrent et se cramponnent sur les corps solides. Ces expansions, qui constituent à elles seules presque tonte la plante et qu'on appelle 1 thalles, sont rouges, ,j ai s, luîmes ou vertes, selon les espèces; elles ont souvent des nervures qui partent de cette sorte de tige, et bien que, pour cette raison, quel- ques auteurs les aient assimilées aux feuilles des végétaux terrestres, elles ont un tout autre aspect que les parties herbacées qui végètent à l'air ; la différence se sent mieux qu'elle ne s'exprime, el!e n'est pas tant dans les formes que dans la substance. On serait tenté de com- parer les thalles à des cartilages, à des morceaux de parchemin, à des lames de corne très- minces, ii des membranes animales, découpées en lobes, en lanières ou en feuilles. "£# r 70. CiiiI.iki dithultma. 71 Asperococcus bullosus. 72- Balrachospermummoiiiliioime. 75. Spermalorhnus Adriatiens, n connaît actuellement un grand nombre de rails analogues el des plus intéressants, observés principal) ment par MM. Thuret, de Bary, Pringsbeim, etc.; el l'on trouvera une sorte de programme de cette question dans la li' i de urs que nous avons publiée en 1856, sous ce litre Des mouvements don 1rs organes sexuels des vèuetaux ri dans hs produits tir ces organes. 1" ORDRE. — CONFERVOIDÉES. 10 ornées. Ainsi, tandis que les Vaucheria en présentent une couronne, on n'en trouve que quatre chez le Chœtophora elegans, que deux chez le Conferva glomerata. Les spores ne se meuvenl que pendant un temps limité : deux heures au plus ; après quoi elles redeviennent inertes ; il y a des Algues, au contraire, qui se meuvent toute leur vie; on les a nommées avec raison des Oscillaires. Chacune de ces petites plantes est un tube simple, creux dans toute son étendue; tantôt elles sont isolées les unes des autres, tantôt elles sortent par un bout d'une gaine commune. Dans ce dernier cas, le plus fréquent du reste, l'extrémité libre présente des mouvements très-curieux, variables suivant les espèces, mais constants dans la même. Les unes, en effet, oscillent de chaque côté de la verticale comme le ferait une verge métallique fixée par une de ses extrémités; d'autres, d'abord droites, se contournent en hélice, puis redeviennent droites pour recommencer sans cesse ce double mouvement. C'est à Adanson que l'on doit la découverte de ce singulier phénomène. La lumière a une grande influence sur les Algues et en particulier sur les Oscillaires. L'expérience suivante, faite pour la première fois par Cor^, le démontre de la manière la plus complète. Ayant mis, en effet, une certaine quantité de ces filaments dans un vase en verre enveloppé par un étui opaque de couleur noire et percé seulement d'un petit trou, il vit le sixième jour qu'il n'y avait plus d'Oscillaires ailleurs qu'à l'endroit correspondant au petit trou et par où seulement la lumière pouvait pénétrer dans l'intérieur. 11 bouleversa le tout deux ou trois fois et toujours les mêmes phénomènes se reproduisirent. Les habitants des côtes de l'Irlande, de l'Ecosse et de la Norwége se nourrissent, pendant la saison où la pèche est impossible ou infructueuse, de diverses Algues marines et notamment des lira umbilicata, purpurea, Lactuca, lanceolata, ciliata, palmata, edidis. D'autres Algues, jointes aux précédentes, sont recherchées des animaux domestiques et peuvent au besoin servir de fourrages; ce sont les Laminaria saccharina, crispata, digitata, bullosa. Les nids des salanganes que l'on trouve sur les rochers baignés par la mer et qui font les délices des Chinois, sont composés de Gelidium que ces oiseaux vont recueillir à la surface des eaux'. Les Fucus saccharinus et siliquosus, lavés à l'eau douce et desséchés, se couvrent d'une efflo- rescence blanchâtre analogue au sucre cristallisé de la manne. Dans certaines contrées, sur les côtes de France, on récolle les Varechs pour amender les terres; cette récolte se fait deux fois par an a des époques déterminées et suivant des règles établies d'après le mode de végétation et le mode d'accroissement de ces plantes. On les recueille également pour en obtenir la soude et pour en extraire l'iode. Nous diviserons avec la plupart des botanistes les Algues en trois ordres : les Confervoïdées, les Phycées et les Floridées. Dans les Confervoïdées, les organes de la génération et les organes de la nutrition sont con- fondus. Chaque utricule, après avoir été pendant quelque temps un organe de végétation devient un organe de reproduction. Dans les Piiïcées et les Floridées, les organes de la génération et ceux de la nutrition sont distincts: ces deux fonctions, pour me servir de l'expression propre, sont localisées. Mais les Phyi ils ne présentent jamais qu'un seul mode de génération pour une même espèce, tandis que les Floridées en olfrent toujours deux pour chaque espèce, el portés par des individus différents, c'est-à-dire la reproduction par spores et la reproduction parsporules. r Ohdre. — CONFERVOIDÉES. Le caractère essentiel des Confervoïdées est que toutes les utricules qui les censtituenl remplissent successive ni les fonctions de la végétation et celles de la reproduction. Toutes, après avoir nourri la plante, d lenl naissance à des spores qui la reproduisent. Seulement, le développement di- ces spores n'est poinl le même partout, el a permis de diviser cei ordre en six familles principales : 1° Les utricules des.CosFERVACÉES, par exemple, à l'époque de la fructification, se remplis- ' On saii maintenant que le* nids de Salangi s, formés principalement d'un produit animal, ne sonl pa réel lemenl toujours composés de Gelidium, et qu'il j en a certainement qui ne renferment aucune trace de celte M -. p 1 1 • ou d'autres. '20 CRYPTOGAMES. sent d'un grand nombre de spores disposées sans ordre et qui en vieillissant les déchirent, s'en échappent, et vont constituer ailleurs autant d'individualités distinctes. 2° Le nombre des spores, au contraire, dans les Civacées, n'est point indéterminé ; il est toujours de deux ou de quatre ; la matière renfermée dans chaque ulricule s'agglomère en une petite masse, puis se partage en quatre corps qui deviennent chacun une spore. 5° Hans les Hyûromctïons, chaque utricule ne doi jamais naissance qu'à un seul indi- vidu ; mais cet individu, au lieu d'èlre une spore, c'est-à-dire une utricule à parois membra- neuses, minces, transparentes et incolores, est un sac celluleux en tout point semblable à celui d'où il provient, de façon qu'il n'a plus qu'à grandir pour lui ressembler complè- tement. 88. I'iotococcus viridis- 91. N'OStoc verrucosuin. 89. Palmella cruent3. 90 Hydrodictyon utriculatum. 92. Zygnema cruciata. 93. Staurocarpus gracilis. 4° Les .Nostochinées sont des filaments composés d'utricules placées bout à bout. A l'époque de 1 la maturité, chaque utricule se divise en deux par une cloison longitudinale double, en sorte que le filament offre deux séries d'utricules au lieu d'une. Mais bientôt ces deux séries se séparent et constituent chacune un nouvel individu. 5° Les Zygnenées sont également des tubes cloisonnés remplis de matière verte. Lorsqu'elles sont pour se reproduire, deux de ces tubes se rapprochent ; chacune des utricules de l'un s'unit à l'utricule correspondante de l'autre par un canal de communication ; les matières que renfermaient ces deux utricules se mélangent, s'accumulent et forment un globule qui devient une spore. 6° La seule différence, que les Tuwaitésiées présentent avec les Zvgnemées, c'est que le glo- bule qui résulte de l'accouplement de deux utricules, au heu de rester simple et de produire mu' seule spore, se partage en quatre comme dans les llvacées. 1" Famille. COM-ERVACÉES. De toutes les plantes du règne végétal, la plus simple sans contredit est celle qu'on a dési- gnée sous le nom de Protococcus; elle ne consiste qu'en une seule ulricule, c'esUà-dire en une petite sphère creuse, à parois membraneuses, minces, transparentes el incolores, dont l'intérieur est rempli de matière colorante ordinairement verle etappelée endochrome. A une certaine époque de l'année, cette utricule présente dans son sein plusieurs petites utricules toutes semblables à elle, qui, en grossissant. Unissent par la crever, s'en échappent alors et vont constituer chacune isolément autant d'individus qui se comporteront à leur tour comme celle (Tout ils ont pris naissance. Si l'on rapproche de ces faits les expériences île MM Treviranus et de Mirbel, qui ont démontré que tous les tissus des plantes supérieures, quelque variés qu'ils soient, ligneux, celluleux ou vasculaires, ont commencé par être de simples utricules à parois également membraneuses, minces, transparentes et incolores, en un mol, identiques pour les yeux avec celle qui forme le ProUicoccus, lesquelles se sont juxtaposées et unies les unes aux 1" FAMILLE. — CONFERVACÉES. '21 autres, puis se sont modifiées dans leur forme et dans leur épaisseur, on sera frappé de voir que le point de départ des développements successifs par lesquels passe un être supérieur est le même que celui de la série de ces êtres, de façon que l'on peut dire jusqu'à un certain degré avec raison que le Prolococcus est un arrêt de développement des plantes plus élevées. 11 faut noter toutefois cette différence fondamentale entre l'utricule du Prolococcus et les utricules élémentaires des autres végétaux : c'est que l'une jouit de la propriété de se con- server seule au milieu des circonstances extérieures qui tendent à la détruire, tandis que les autres, au contraire, ne peuvent leur résister qu'autant qu'elles se trouvent agglomérées : comme si la puissance de vivre, concentrée tout entière dans l'utricule du Protococcus, n'exis- tait que par partie dans chaque utricule des plantes supérieures ; comme si l'utricule, en se multipliant pour former les tissus de ces plantes supérieures, perdait d'autant de son énergie vitale. M. de Mirbel a fait voir en outre, dans ses recherches sur les divers modes d'accroissement des tissus, que parfois certaines utricules se remplissent d'une matière particulière qu'il a désignée, avec Grew, sous le nom de cambium ; cette matière s'organise et donne naissance à une multitude de petites utricules qui, d'abord libres et sphériques, se rapprochent en s'ac- croissant, se pressent, se soudent et prennent la forme polyédrique ; l'utricule dans laquelle elles se sont ainsi développées ne peut plus les contenir, elle se rompt, se résorbe, et le nou- veau tissu formé dans son intérieur, se trouvant alors en contact avec l'ancien, s'y unit étroi- tement et l'augmente d'autant. En comparant ce mode de développement des tissus, que M. de Mirbel a nommé formation intra-utriculaire, avec le mode de reproduction du Proto- coccus, l'analogie est évidente ; la seule différence, c'est que, dans le Protococcus, les jeunes utricules ne se soudent pas les unes aux autres et peuvent reproduire la plante mère. Le mot de Bulïon, que la génération est un mode particulier de nutrition, n'est donc point un para- doxe comme on l'a cru pendant longtemps. Dans le Protococcus, l'individualité est nettement définie; chaque utricule est un individu complet, puisqu'elle vit et se reproduit indépendamment de toute autre. Il n'en est plus de même des Coccochloris, qui présentent un degré un peu plus élevé d'organisation. Ce sont bien encore, en effet, des utricules, toutes semblables à celles des Prolococcus, se reproduisant de la même manière ; mais au lieu d'être libres et indépendantes les unes des autres, elles sont réunies en plus ou moins grand nombre par une matière gélatineuse; en sorte que l'individu n'est plus dans chaque utricule, mais dans leur agglomération. Cette individualité spéciale, résultant ainsi de la réunion de plusieurs individualités distinctes, forme l'individualité agrégée. D'un autre côté, les Coccochloris correspondent aussi à un état transitoire des plantes supérieures, puisque les utricules qui composent ces dernières d'abord isolées, se soudent les unes aux autres au moyen également d'une matière mucilagineuse que les anatomistes appellent matière inter-utriculaire. Cette matière gélatineuse des Coccochloris étant très-abondante, les utricules sont disséminées au milieu d'elles sans ordre apparent; mais ailleurs elles sont beaucoup plus rapprochées et ressemblent assez au tissu des végétaux plus élevés. Cette individualité agrégée des Coccochloris comprend d'abord quelques utricules; puis leur nombre augmente peu à peu et devient souvent très-considérable. Comment s'opère cet accroissement? les nouvelles utricules ne seraient-elles que les spores des anciennes, lesquelles, au lieu de s'échapper complètement, se trouveraient arrêtées par la matière gélatineuse qui enveloppe leurs mères, de façon que l'individualité agrégée ne serait que l'agglomération des générations successives d'une même famille? Cela est très-probable d'après ce qu'on a observé dans les polypiers, mais cela n'a point encore été démontré. Jusqu'ici nous n'avons cité que des exemples de modification dans le mode de réunion des utricules; quant à leur for die était toujours sphérique. Mais cette forme peut aussi beau- coup si' modifier et elle se modifie beaucoup en effet. Les Oscillaria, par exemple, ne sont que des utricules allongées et distinctes l'une de l'autre; ce sent, en quelque sorte, des Pro- lococcus dn ut les utricules sont de sphériques devenues linéaires et tubuliformes. Dans les Lyngbia, ce sont également des lubes; seulement ces tubes, au lieu d'être libres, sont au contraire réunis par une matière gélatineuse. Il v a donc entre les Oscillaria et les Lyngbya la même relation qu'entre les Protococcus et les Coccochloris. 22 CRYPTOGAMES. Ces tubes, simples ou raineux, libres ou réunis par un mucilage, sont dits continus, parce qu'ils ne présentent qu'une seule cavité, qui s'étend dans toute leur longueur. Les tubes des Confervées, au contraire, formés d'utricules placées bout à bout,- offrent une cavité divisée de distance en distance par autant de cloisons qu'il entre d'utricules dans leur composition, et sont dits cloisonnés. Seulement, les Conferva, les Hormiscia et les Nodularia sont des tubes simples ; les Draparnaldia, des tubes ramifiés ; les Hormiscia, Nodularia, sont plongés dans un mucilage ; les Conferva, Draparnaldia en sont totalement dépourvus. Sous le point de vue de la classification, le principe des séries parallèles proposé par M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire se manifeste ici de la manière la plus nette et la plus précise. Ce sont les mêmes modifications subies par les tubes continus et par les tubes cloisonnés, comme ce sont les mêmes formes avec ou sans mucilage, c'est-à-dire à l'éat d'individualité distincte ou à l'élat d'individualité agrégée. 9 i. Protococcus 95. Calolhrix 96. T.ivularia lobala. 97. Nodularia spumigera. viridis. tomasiniana. . 99. Drapai ii ildia glomerata Sous le point de vue de la génération, cette petite famille ne présente pas moins d'intérêt. Dans le Protococcus, en effet, les jeunes individus, au moment où ils sortent du sein de leur mère, sont semblables à ce qu'ils seront plus tard ; pour devenir des individus complets et aptes à se reproduire, ils n'ont qu'à s'étendre dans toutes leurs parties ; ils étaient spbériques, ils resteront toujours spbériques; seulement, c'étaient de petites sphères à leur naissance, elles augmenteront du double ou du triple, voilà tout. Dans les Lymjbia et les Oscillaria, il y a quelque chose de plus ; les jeunes individus en naissant sont spbériques, comme toutes les spores ; les individus qui leur ont donné naissance avaient, au contraire, des formes très- variées et très-allongées ; pour grandir, pour être à leur tour capables de reproduire, il faut donc non-seulement que de petits ils deviennent grands, mais encore qu'ils modifient leur forme, que de spbériques ils deviennent tubuliformes, de simples souvent, rameux, etc. Enfin, dans les Confervées, il y a encore pour l'individu des phases plus nombreuses à parcourir, depuis le moment de la naissance jusqu'à l'âge adulte. En naissant, il n'est formé que d'une seule utncule, comme le Protococcus, comme le Lyngbia; à l'âge adulte il est composé de plusieurs. Il faut par suite que, dans sa jeunesse, l'utricule primitive ou la spore se multiplie, d'unique devienne double, triple, etc... Comment se phénomène se passe-t-il? l'ulicule primitive s'allonge comme pour former un Lyngtria ou un Oscillaria; mais loin de s'arrêter là elle s'étrangle dans son milieu, et par suite il y a deux utricules placées l'une au bout de l'autre. L'utricule terminale s'allonge à son tour, puis s'étrangle de même, et ainsi de suite, de façon que le filament va continuellement en s'allongeant par une extrémité et en s utriculisant, si je puis me servir de celte expression. Il y a donc ici non-seulement dévelop- pement des parties préexistantes, niais encore formation de nouvelles parties, et formation telle toutefois, que ces nouvelles parties restent accolées aux anciennes et ne constituent avec 1" FAMILLE. - CONFERVACÉES'. 25 elles qu'un seul être; il y a, eu un mot, génération dans l'organisation, sans génération dans l'individualité. Les Protococcus sont des utricules spbénques, les Lyngbia des utricules allongées ; soudons parla pensée un Lyngbia à un Protococcus et nous aurons un Rivularia, c'est-à-dire une Confervacée composée de deux utricules, l'une sphérique et l'autre très-allongée et tubuliforme ; enfin, plusieurs Lyngbia, placés les uns à la suite des autres, constitueront des Conferva, des Draparnaldia, etc., c'est-à-dire des tubes cloisonnés simples ou ruineux. Tribus 1. PROTOCOCCE/E. Utriculx subglobosx, liberx et plus minus discretx, vel substrato mucoso in thallum collectée. PROTOCOCCUS, AG. l'triculœ globosce libéra; et I COCCOCHLORIS , SPRENG. Utricula; globosa; plus niinusve discrelœ. substrato mucoso in thallum collecte '. Tribus II. OSCILLARIEjE. Tubuli cylindrici, liberi vel in thallum contexti. OSCILLARIA, BOSC. Tubuli simplices, muco com- muni matricali involuti, rigide elasticï, trans- yersim parallèle striati. MlCROCOLEUS DESMAZ. Tubuli simplices, li- beri, c vaghns membranaceis fascieulatim prore- pentes, transversim lineolali, tandem contexli. CALOTHRIX AG. Tubuli simplices, muco matri- cali destituti, affixi. rigidiusculi, stricli, intus anmilati. LYNGBYA, AG. Tubuli simplices, muco ma- Tr.ir.cs III. RIVULAR1EJE. Tubuli simplices geminatimve egredientes, substrato GLOIOTRICHIA J. AG. Tubuli obclavato-subu- lati, ex utricula globosa singillatim egredien- tes, enAchromate basi subconlinuo, superae annulai" farcti, sine ordine in substrato mucoso' nidulantes. RIVULARIA, IÏ0TH. Tubuli fusiformi-cylindrici, ex utricula globosa singillatim egredientes, endo- ebromate subregnlariter annulato farcti, e centro conimuni radiantes et fastigiatim sine ordine ap- posili, in thallum gelatinosum suhglobosum dense constipa ti. tricali destituti, libère nalantes, flexiles, intus annulati. SCYTONEMA, AG. Tubuli ramosi, muco niatri- cali destituti, coriacei, intus annulati. SPHJEROPLEA. AG. Tubuli simplices, liberi glo- bulis lï'le coloratis farcti. BEGGIATOA, TREV. Tubuli simplices, muco ob- voluti, liberi, elasticï, rigidi, punctis asterisci- formibus, primum in fascias dispositis, deinde inordinatis, notati-. ex utricula globosa byalina singillatim gelatinoso in thallum conjuncti. ZONOTRICHIA, ./, AG. Tubuli subfusiformi-cy- lindrici, ex utricula globosa singillatim egre- dientes, endochromate subregulariter annulato farcti, e communi centro radiantes, zonatim ap- positi, in thallum gelatinosum, compaetum, iinil- tizonatum densissime constipati. DIPLOTRICHIA ./. AG. Tubuli endochromate annulato farcti, ex utricula plobosa geniinatim egredientes, e strato meilullari radiantes, sacculo mucilaginoso basi cincti, in thallum gelatinosum ssepe demum inflatum laxe dispositi. Tribus IV. CONFERVE/E. Utriculx tulmliformes, extremitatibus truncatis in floccos simplices vel ramosos, liberos coalitx. myxonema. /•"/.'. Flocci adnati, muco involuti, endochromate intra articulos in fascias transver- sales ili<|«i-iiH CONFERVA, /Y,'. Flocci adnati vel c punclo cen- trali radiantes, discreli, endochromate intra ar- ticulos soluto longitudinaliter clïuso. HORMISCIA. /■'/;. Flocci adnati. articulis tur- gidis moniliformes , endochromate in globulos ooipacto. nodularia MERT. Flocci membranaci i. arach- noidei, mucosi, articulorum geniculis tumido- globulosis nodulosi. TIRESIAS. BORY. Flocci liberi, membranacei squales, endochromate intra articulos in globu- lum compacto. * DRAPARNALDIA, BORY. Flocci ramosi. cylin- drici, articulatî, articulis zonatis, ramulos ex- serenlibus lasc ici lato- peu ici llatos, granuliferos, articulo estn uio selil'ormi. •J FAMILLE. LLVACEES. Le mode de formation des spores est le seul caractère qui distingue celle famille de la précédente; car, à l'exception de quelques formes incompatibles avec ce mode de formation, nous retrouvons ici toutes celles que nous avons exposées eu parlant des Confervacées, quel- quefois même d'une manière m complète, qu'avant la reproduction il est impossible de dire a laquelle des deux familles, les Confervacéei vu les Ulvacées, la plante appartient. C'est ainsi que les Pleurococcus corresp lenl exactemenl aux Protococcus, les Palmellaaux Coccoehloris. ' A. h/ n, t>7. — Chlkcmoblaslus Kz esl postérieui .'i Hicro 24 CRYPTOGAMES. Les Confervacées les plus élevées, qui se composent d'utricules allongées placées boni à bout, de manière à former des filaments cloisonnés de distance en distance, n'ont point leurs analogues parmi les L'Ivacées, car la forme allongée des utricules ne peut concorder avec le développement quaternaire des spores. 11 n'existe point, par conséquent, dans cette famille, de plantes dont les formes rappellent les Oscitlaria, les Rivularia ou les Conferva. Mais l'on y observe des Algues composées d'utricules polyédriques plus ou moins régulières qui s'unis- sent les unes aux autres, de façon à constituer des lames celluleuses souvent fort étendues. Ces lames celluleuses, on les appelle membranes, et quand elles sont à elles seules tout le thalle, il est dit membraneux . Il y a donc en botanique deux sortes de membranes : l'une qui forme les parois des utri- cules, et ne présente aucune apparence d'organisation; l'autre, au contraire, comme nous venons de le dire, composée d'utricules soudées. La première est toujours très-mince, trans- parente, incolore ; la deuxième est plus ou moins épaisse, suivant les dimensions des utri- cules, et a une couleur qui varie avec l'endochrome que ces utricules renferment. Dans toutes les Ulvacées, l'endochrome, qui existe disséminé dans chaque utricule, s'agglo- mère et forme un noyau; puis ce noyau, appelé tétraspore, se divise en quatre parties qui sont autant de spores, c'est-à-dire de corps capables de reproduire la plante. 100. loi. Hormospoia Iransversalis. almella cruenln. 04. Iîiingia velutina. Tribus I. PALMELLErE. Vtriculse subglobosse, Uberx cl plus minus discrets vel substitua mucoso in lliallum collectas. PLEUBOCOCCtis MEHEGH. Utriculœ liberœ et plus minus discrète. falmella. l.YSCB. Utricute substrato mucoso m thallum membranosum collecte. horiyiospora BliEBISSOPi. Utriculœ substrato lliuiDMj in tlnilliuu flucTosiini collecta''. Trimjs II. ULVEM. ThoUus planus vel càvus ex utriculis constans apposilis. TF.TRASPORA, DESV. Thallus gelatinosus luliri- riis, tubulosus vel bullàtim inflatus, tandem ex- planatus. bangia. LYNGB. Tlinllus n branaceus capil- laris, planus aut tubulosus, areolalus, areolis longitudinahlcr uni-plunserialis. STIGONEMA AG. Thallus membranaceus capil- laris. planus, areolatus, areolis zonas transversas forniantibus. ZIGNOA, TREVIS. Thallus membranaceus capil- laris, planus aut tubulosus, areolatus, areolis subquadratis tongitudinaliter pluriseriatis. ulva AG. Thallus membranaceus late expansus, planus et scepe umbilicatus vel tubulosus, areo- latus areolis innrdinatis forma indefinitis porphira, AG. Thallus membranaceus linearis vel Uile expansus, umbilicatus planus, areolalus, areolis inordinatis, forma indelinilis. 5" Famille. — UYDRODICTYCOiS. Dans les classifications artificielles, le but qu'on se propose avant tout étant d'arriver au nom de la plante, le moyen le plus sûr et le plus prompt pour l'atteindre, c'est déclasser de manière que chaque division, chaque ordre, etc., renferme un nombre à peu -près égal de plantes; et une division, un ordre qui ne renfermerait qu'une seule plante, celle plante, du 1 Ail.l. Glseocapsa l\z, Pkyc. t 1m. — Le genre Prolococcus .1. AG. — Kz, S/i., Coccorhloris Spive.nc, sont placés pai beaucoup d'auteurs parmi les PalmeUex. 196 (ini'l. Ilsemntocoeco) <'t la HÏDRODICTYONS, NOSTOCHINEES. 25 reste, s'éloignàt-elle de toutes les autres par son organisation, serait considérée comme faisant partie d'une mauvaise classification. Au contraire, dans les classifications naturelles, on se propose tout autre chose. On veut montrer non-seulement, comme on l'a dit, les ressemblances des êtres les uns avec les autres, mais aussi leurs différences, et cela dans leurs relations exactes, c'est-à-dire en proportionnant les coupes aux distances plus ou moins grandes qui séparent les animaux ou les plantes, et sans se préoccuper si la famille que l'on crée renferme un plus ou moins grand nombre d'êtres. On a souvent comparé avec raison une classification naturelle à une carte géographique. Or, dans une carte géographique, n'est-ce pas seulement la largeur des mers, c'est-à-dire des lignes de séparation, qui fait les continents, et non la population de ces mêmes continents 7 Nous devons donc, dès qu'une organisation est très-différente de toutes celles que nous connaissons, en faire une famille, un ordre, ou même une classe, sans nous préoccuper du nombre de plantes qui la présentent. Ces considérations sont nécessaires pour justifier l'établissement de. la famille des Hydrodictyons, dont la structure et le mode de reproduction méritent toute l'attention des phycolojistes. Ces végétaux, en effet, qui naissent dans les eaux douces, sont des sacs allongés, d'une belle cou- leur verte et formés par des réseaux à mailles pentagones. Au bout d'un certain temps, les -cinq filaments qui composent chaque pentagone et qui sont constitués chacun par une utricule, présentent un mouvement parti- culier de fourmillement dans l'endochrome qu'ils renferment à leur inté- rieur. Cet endochrome s'organise en petites utricules qui s'agencent entre elles de façon à donner naissance, dans chaque filament, à un sac réti- eulé tout semblable au réseau général. Les filaments se détachent en- suite, se séparent les uns des autres, se renflent, se déchirent et laissent sortir le petit sac réticulé qu'ils contenaient. Ces nouveaux sacs, à leur tour, grandissent et se multiplient de la même manière, et c'est ainsi que l'espèce se conserve. Deux faits caractérisent donc nettement cette famille : le concours de plusieurs utricules distinctes et contemporaines pour former le jeune individu, et le développement de cet indi- vidu au sein du filament qui lui a donné naissance, c'est-à-dire sa viviparité. Nous avons, en effet, déjà rencontré des Algues composées d'un grand nombre d'utricules ; mais toujours toutes ces utricules avaient été successivement produites par une utricule primitive qui, ser- vant en quelque sorte de point central, avait groupé autour d'elle ou à sa suite ses diverses générations. Dans VHydrodictijon, rien de semblable; toutes les utricules qui le constituent sont contemporaines, toutes sont primitives, toutes ont été formées isolément aux dépens de l'endochrome contenu dans le filament pentagonal. La viviparité de cette plante, c'est-à-dire l'accomplissement au sein de l'utricule mère de toutes les évolutions par lesquelles elle doit passer pour constituer, sauf la dimension, un indi- vida parfait, est un phénomène que nous n'avons observé que dans les plantes les plus simples, dans le Proloroccus, par exemple; à peine nous sommes-nous élevés aux Lyngbia et aux Oscillaria, que nous avons trouvé déjà des modifications nombreuses entre la forme de la spore au moment de sa naissance et celle qu'elle prend plus tard lorsqu'elle est devenue une véritable plante. TALARODICTYON i:\DI.. Thallus umhilicalus, aftixus, srsHli*. subgloboso-bullatus , saccatus , e lilis Conflatus septalis, reticulatim clalbratim- que anastomosantibus, supcrne prope tballi mar- ginem tascias Ibrmanlibus lineares, erectas, apice in ansam simplicem vef niultibrachiatam (militas. 105. Hydrodiityon ulriculaliun. hydrodictyon WTH. Tl.nllus libère natans saccatus, e tubulis brevibus in rete polygone areolatum conjunctis compositas. microdictyon . DNE. Thallus umbilicatus , affims, subsessilis , plairas, sinuosus, rigidiu- sculus, ■• tubulis brevibus in rele coadunatis posilus. 1 Famille. N'OSTOCHLNÉES. \ ers la lin de I année, en au! ne. dans les jours humides, on rencontre dans les allées des jardins ou sur le bord des chemins de petites masses gélatineuses n'offrant au premier abord aucune apparence d'organisation et par suite aucune forme déterminée. Quelques rayons k 2(i CRYPTOGAMES de soleil les dissipent, mais l'humidité de la nuil les fail bientôt reparaître. Ces petites masses gélatineuses sont des Algues; c'est le Nostoc commun qui sert de type à relie famille et donl l'étude présente un grand intérêt. 106. Nosloc coroi 107. .Nostoc cœruleum. 108.109. Nostoc verrucosuro. 11.0. Aohallin Frédéric*. l'Iacée, en effet, sur le porte objet d'un microscope, cette petite plante offre, disséminés au milieu d'une masse gélatineuse très- abondante, des filaments nombreux composés d'utricules sphériques placées bout à bout comme les grains d'un chapelet. A l'époque de la multiplica- tion, suivant M. Thuret, chaque filament se dédouble dans toute son étendue, et chacune des moitiés devient un individu parfait. Ce mode de reproduction des Nostocs a donc quelque analogie avec celui des Hydrodictyons, en ce sens que le jeune Nostoc est formé dès l'origine de plusieurs utricules contemporaines ; il en diffère en ce que chaque utricule du filament principal ne fournit pas un individu tout entier, mais seulement concourt à la production de I individu unique qui prend naissance, et eu ce que l'individu principal ne meurt pas, comme cela a lieu pour VHydrodictyon '. ANHALTIA, SCHWAB. Utriculœ snbglobosa> in fila dichotoma, monitiformia, muco indetcrminato conjuncta concatenatie, superiores sensim mino- res, terminales elongato-tililbrmes 2 . NOSTOC. VAUCHER. Utriculœ subglobosa; in fila simplicia, monitiformia. inuco indeterminato conjuncta concatenaltr. nonnullic majores, gra- milis farclse. ù° Famille. ZYGNEMEES. Les raisons qui nous ont fait élever au rang de famille VHydrodictyon et les quelques genres voisins doivent également prévaloir lorsqu'il s'agit des Zygnema. Ces plantes, en effet, dont nous devons la connaissance exacte aux travaux de Vaucher, Coquebert, Dilvvin, sont formées de tubes qui ne se ramifient jamais; elles sont cloisonnées comme les Confervées, et contien- nent de petits grains d'endoebrome, disposés le plus ordinairement en double spirale croisée. Dans plusieurs espèces cependant ces grains sont disséminés çà et là, ou agglomérés en deux masses principales. Quand ces tubes sont isolés, ils végètent sans se multiplier ; mais quand ils sont très-rapprochés les uns des autres, ils s'unissent par un véritable accouplement, et donnent naissance à des spores. Voici comment le phénomène a lieu : les loges des tubes développent chacune latéralement une excroissance creuse et transparente comme les tubes eux-mêmes; les excroissances produites par deux loges correspondantes s'allongent, se ren- contrent, se soudent bout à bout, et forment un canal de communication; à la laveur de ce canal, les grains d'une loge passent dans l'autre, et se mêlent à ceux qui y sont déjà ; tous ces grains se réunissent en une petite masse arrondie ou ovale; les parois de la loge se déchirent, et cette petite masse devenue libre constitue la spore. Les loges d'un même tube s'accouplent indifféremment à droite ou à gauche; il arrive donc quelquefois que trois tubes sont réunis parallèlement. Chaque tube donne ou reçoit des grains. et souvent, tandis. qu'une loge s'emplit, la loge contiguë se vide. Un tube, plié en deux de façon que les moitiés soient voisines, agit sur lui- même comme deux tubes distincts. ' Il parait qu'il 3 a deux modes de reproduction chez les \. II, "lu. t. 9) el Montagne (Comptes mitlus deVAc. des sciences, .lu 28 avril 1856). I e fjenre ffortnosiphon Kz est un démembrement du Nostoc. Sero-t-il conservé? s Add. Trichodesmium l\iiiii\n. Voir le travail -ih* M. Montagne, intitulé : Sur le phénomène de l* coloration des tav • de la mer Rouge, I" à l'Acadén les si iences le i:> juillet i8it [Ann se. nul., sér. ".. Il, 332) ZYGNEMÉES, THWÀITESIÉES. 11 A ne regarder que la structure, les Zygnemées ne doivent pas être séparées des Confervées; mais leur accouplement est un phén.omème tellement extraordinaire qu'il n'a d'analogie que dans des êtres appelés Closteries, considérés par quelques auteurs comme des animaux, mais placés par plusieurs botanistes, à cause de cette similitude de reproduction, à côté des Zyg- nema, et il justifie, nous le croyons du moins, l'élévation de ce genre au rang de famille. Cette manière de voir, du reste, est partagée par beaucoup de Cryptogamistes, et M. Decaisne a même été plus loin encore, en créant pour ces plantes la classe des Synsporées. lll. Zygneim cruciata. !!2. Mougeotia genullex. î 15. Spirogyra qumina. MOUGEOTIA AG. Flocci geniculati in geniculis sese copulanlcs. Endochromatis globuli in nias- sam gromosam, floccos repl entes coadunati. zygnema. AG Flocci recti juxla articulorum eitremilatem superiorera sese copulantes. En- dochromatis globuli in duas stellas ordi- nati. SPIROGYRA. I.ISK. Flocci recti, in moiliis arti- culis sese copulantes. Endochromatis globuli in spiras 1-3 disposîti. (i* Famille. THWAITESIEES. M. Montagne a écrit dernièrement à l'Académie des sciences de Paris, pour lui annoncer qu'il avait trouvé parmi les plantes d'Algérie une espèce ressemblant beaucoup aux Zygnemées par les organes de la végétation, qui s'accouplait de nu nie, mais dont le résultat de l'accouple- ment étail fort différent; l'endocbrome, au lieu de produire une seule spore susceptible de ger- mer, s'accumulait en une masse qui se divisait en quatre spores, comme dans les Ulvacées. Depuis, M. Tbwaites a observé le même phénomène dans deux autres genres, le Mesocarpus et le Stanro- carpus. Comme nous avons séparé les Ulvacées des Coii- fervacées, uniquement à cause de cette différence dans le mode de formation des spores, nous de- vions également, pour être conséquents avec nous-mêmes, Former une petite famille de la plante que M. Montagne a désignée sous le nom de Tkwaitesia Duriei, et des deux nouveaux genres, Mesocarpus et Slaurocarpus. bans le Tkwaitesia comme dans les Zygnemées, l'endocbrome passe de l'article de l'un des filaments dans l'article de l'autre, avec lequel il est en communication, et, se mêlant à l'endo- cbrome qui y existe, forme une masse assez considérable qu'on appelle tetraspore, parce qu'il se divise bientôt en quatre spores parfaitement distinctes. Dans les Mesocarpus ri Slauro- carpus, au contraire, les endochromes des deux arlicles qui sont en conjugaison se réunis- sent au milieu du tube de communication, el c'est là ques'opère la division quaternaire. lobosae m medio transversali tubo in- LHj 111. Mesocarpus scalari thwaitesia. MONT. Flocci Bexuosi m mediis articulis sese copulantes. Endochromatis globuli in stellam singul; lisposili. Telrasporœ m medio Iransversali tubo non inclusa? mesocarpus. // I ss Flocci recti in mediis h- i ipulantes. Endocbr atis glo- buli ni r.pirani txmtractam dispoMti Mi sporae cîusa?. STAUROCARPUS. BASS. Flocci (lexuosi in mc- . diis articulis sese copulantes. Endochromatis globuli m massam grumosam (loccos replenles lâdui reti i pora in medio transversali loi»" inclusse. 28 CRYPTOGA.MKS. 2" Ordre. — PHYCEES. Dans les Confervoïdées, les organes de la végétation et ceux de la fructification sont con- fondus ; chaque utricule est à la fois un organe de nutrition et un organe de reproduction ; l'endochrome, après avoir nourri la plante, se transforme en spores. Dans les Phycées, au contraire, il y a localisation de fonctions, c'est-à-dire qu'il y a des organes distincts pour la génération et pour la végétation. Les spores n'apparaissent plus dans toutes les utricules, mais seulement dans quelques-unes qui occupent une position déterminée, et qu'on appelle thèques. Cet ordre est donc plus élevé que le précédent, et on doit y trouver moins de simplicité dans la plante la plus simple, et plus de complication dans la plante la plus compliquée. A part ce caractère essentiel qui distingue au premier abord les Phycées, nous retrouvons dans les plantes de cet ordre presque toutes les modifications de structure que nous avons rencontrées dans les Confervoïdées, à tel point même que souvent il est impossible au plus habile phycologue de décider, quand les organes de la reproduction ne se sont pas encore déve- loppés, si telle Algue appartient à l'un ou à l'autre de ces deux premiers ordres. Les transitions, que nous avons indiquées entre le Prolococcus, simple utricule à parois minces, transpa- rentes et incolores, et les Vlva, les Bangia, lames membraneuses très-étendues et formées d'utricules intimement unies, s'observent également, (tomme nous le montrerons avec plus de détails en parlant de la famille des Vaucheriacées, entre VHydrogastrum, utricule légèrement rameuse à sa partie inférieure, mais à parois minces, transparentes et incolores, et les Lami- naria, les Durvillea, végétaux gigantesques, atteignant parfois une longueur de plusieurs milliers de mètres, et entièrement composés, néanmoins, d'utricules juxtaposées. Cette répétition des mêmes types d'organisation suffirait déjà, à elle seule, pour faire des Confervoïdées et des Phycées deux séries parallèles, et cependant l'analogie des plantes de ces deux ordres-ne se borne pas aux organes de végétation, et par conséquent à la structure du thalle. Lorsqu'on recherche comment les spores se développent à l'intérieur de ces utri- cules spéciales ou thèques, dans les Phycées, on remarque des différences notables, qui mit cela de particulier qu'elles correspondent à des différences analogues dans les Confervoïdées. Pour n'en citer qu'un exemple, les thèques des Fucacées et des Corallines renferment, dans leur intérieur, des granules qui s'accumulent bientôt en une masse, comme dans les utri- cules des Ulvacées et des Thwaitesiées, et qu'on appelle de même tétras-pore, parce qu'elle se subdivise en quatre autres plus petites qui sont des spores. Seulement, tandis que. dans les Ulvacées et les Thwaitesiées cette division est en croix (cruciatim), comme disent les botanistes, c'est-à-dire s'opère de façon que les quatre spores qui en résultent soient placées deux par deux dans l'utricule mère; dans les Corallines elle est 'parallèle (zonatim), c'est- à-dire que les quatre spores sont empilées les unes sur les autres. Quel que soit, du reste, leur mode de formation, les spores des Phycées se développent toujours à l'intérieur d'utricules spéciales ou de thèques ; mais la position de ces thèques varie beaucoup. Dans les Vaucheria elles sont solitaires et situées sur le coté du thalle ; dans les Laminaria elles sont réunies par petits groupes, sores, et ces groupes sont eux-mêmes dissé- minés çà et là à la surface, ou disposés d'une manière régulière; ailleurs, le thalle se creuse et forme une cavité dont les parois sont tapissées de ces thèques mêlées à des filaments cloi- sonnés ou paraphyses (ex. Fucus): ailleurs encore, ces cavités sont complètement dépourvues de ces paraphyses (ex. Corallina) ; enfin, dans les Cliara, la thèque est enveloppée par des filaments contournés en spirale, et qui, en se soudant entre eux, lui forment une espèce de tunique celluleuse qui la recouvre de toutes parts. D'après ce que nous venons de dire, cet ordre se divise naturellement en quatre familles principales, savoir : 1° Les Vauchekiacées : les thèques sont toujours situées sur les côtés du thalle et ne ren- ferment jamais qu'une seule spore; '2° Les Characses : les thèques sont également situées sur les côtés du thalle et ne renfer- ment jamais qu'une seule spore-, mais chacune d'elles est enveloppée par cinq filaments qui PHYCÉES, VAUCHER1ACÊES 2» s'enroulent en spirale autour d'elle, se soudent entre eux et constituent une espèce de tuni- que au sein de laquelle elle est renfermée ; 5° Les Focacées : les théques tapissent les parois de cavités creusées dans la substance du thalle; elles offrent toujours à leur intérieur deux, quatre ou huit spores; un grand nombre de paraphyses les accompagnent ; 116. Spennalochnus adriaticus. 117. Chara fœliiia. 118. Fucus canaliculalus. 119- 120. Corallina oflicinalis. \" Les Corallixes : les théques s'insèrent sur le fond d'une cavité creusée dans la substance du thalle; le corps qu'elles renferment se divise en quatre spores placées l'une au-dessus de l'autre (zonatim), et on n'aperçoit jamais de paraphyses au milieu d'elles. 7" Famille. - VAUCHERIACEES. La plante la plus simple de cette famille est VHydrogastrum. Elle consiste en une seule utricule, gonflée en forme de ballon à l'une de ses extrémités, présentant à l'autre de nom- breuses ramifications, de manière cependant que sa cavité soit continue dans toute son éten- due. A une certaine époque, une des ramifications s'étrangle légèrement; Fendochrome se concentre davantage dans cette partie étranglée, forme une petite masse qui se trouve recou- verte, lorsque l'étranglement est complet, par une membrane propre, Vépispore crève la loge qui la contient ou sa thèque, et constitue une spore proprement dite. mm& i«i. HydrojNsirumjr.iiiul.iiii m. 12». Vauchena Dillwjnii. 123. Valonia intricata. 124. Eclocarpus verminosus. Hue l'utriculede ['Hydrogaslrum, au lieu d'être globuleuse à l'une de ses extrémités, s'al- longe considérablement en tube, il en résultera des Vaucheria, des Bryopsis ou des Valoriia; des Vaucheria si le tube est quelque peu i .mieux, des Bryopsis si les rameaux sont nombreux el pennés, des Valonia s'ils sont verticillés, et le tube légèremenl étranglé de distance en distance. Los Hydrogaslrum, les Vaucheria, etc., sont continus dans toute leur étendue, et, par conséquent, sonl . dans l'ordre des Phjcées, les analogues des Protococcus el des Oscillaria dans l'ordre des Confenroïdées. De même les Idtocarpus corresporidenl aux Conferva; ce sont, en effet, des tubes allongés ei cloisonnés, semblables à ceux des Conferves, à tel poml qu'avant la formation de leurs spores il serait impossible de les en distinguer. 50 - CRYPTOGAMES. Les Dasycladées offrent une structure un peu plus compliquée. Ce sont des tubes continus dans toute leur longueur comme chez les Vaucheria; mais ces tubes sont couronnés à leur sommet ou environnés, dans tout leur pourtour, d'un ou plusieurs verticilles de rameaux articulés, dont le dernier'article renferme la spore. Les Cymopulia, les Acctabularia, etc., ne sont que des Dasycladées dont le tube principal, an lieu d'être continu, est articulé, et dont les rameaux qui couronnent le sommet, libres dans le Polypliysa comme dans les Dasycladées, se trouvent extrêmement rapprochés et unis dans VAcetabularia et le Rhipidosiphon. L'organisation des Caulerpées, qui a beaucoup occupé les Algologues, peut s'exprimer en disant que ce sont des Dasycladées dont les ramifications se sont développées à l'intérieur du tube au lieu d'apparaître à l'extérieur. Plaçons les uns à côté des autres plusieurs Hydrogastrum, nous aurons un Codium ; faisons de même de plusieurs Vaucheriées, il en résultera des Udotea et des Avrainvillea. De même quelques Ectocarpées, lâchement rapprochées par une matière inter-utriculaire abondante, nous donneront des llalymedées, et l'.l nadyomcne n'est évidemment formé que de tubes arti- culés, à ramification palmée, qui se sont anastomosés les uns avec les autres, de manière a donner naissance à une membrane plus ou moins étendue. . S M ' 125. Codium tùmentosum. 126. Udotea cyathiformis. 127. Anadyomene stellata. Les Batrachospermées présentent clans l'origine, comme les Ectocarpées, un tube principal formé par des utricules allongées en forme de fuseau, et placées bout à bout de façon à pré- senter, de distance en distance, des articulations. De chacune de ces articulations part un verticille de rameaux alternativement plus petits et plus grands, et tellement rapprochés qu'ils cachent, en grande partie, la ligne de jonction des utricules qui constituent le tube principal. rw\ \ 138. m. 130, lr,l. Catracliospermum inoniliforme. A mesure que ces rameaux se développent, on voit descendre de leur base de nombreux Qiaments qui s'appliquent contre le tube principal et l'entourent comme une espèce de gaine. Il en résulte que le thalle d'un Batrachospermum, complètement développé, présente au centre un tube principal articulé de distance en distance, et à la circonférence un cercle de tubes beaucoup plus petits, mais articulés à la même hauteur que ce tube principal. Toutes le- fois VAUCHERIAtÉES. 31 qu'il en est ainsi, le thalle esl dit polysiphonié, par opposition au thalle mottosiphonié, c'est- à-dire composé d'une seule série d'utricules, comme dans les Eclocarpées. l'uni' i|\i'nn tlialle soit polysiphonié, il n'est pas nécessaire qu'il y ait un tube central : .il suflit qu'il soit composé de plusieurs séries d'utricules placées les unes à côté des autres, mais toujours de. telle sorte que les articulations des unes correspondent aux articulations des autres. Les Sphacelariées ' ', par exemple, ont un thalle polysiphonié sans tube principal, el M. Decaisne, qui a étudié son mode de développement, a montré qu'il se forme tout différem- ment (pie celui du Batrachospermum, Le thalle en effet ne se compose d'abord que d'une seule série d'utricules placées boni à bout, comme dans les Ectocarpées. Mais bientôt ces ulricules se gonflent, se divisent chacune en deux autres par une cloison longitudinale, de façon à présenter alors deux séries au lieu d'une. Ces utricules nouvelles se subdivisant à leur tour de la même manière, le thalle se compose de quatre séries. Ce mode de multiplication se continue ainsi jusqu'à ce que le thalle ait acquis tout son développement. Ce mode de multiplication du (balle des Sphacelariées rappelle, à -beaucoup d'égards, le mode de reproduction des Nostochinées. Dans l'un comme dans l'autre, une seule série d'utri- cules se divise, par une cloison longitudinale, pour en former deux. Mais, dans les Sphacela- riées, ces deux séries restent adhérentes l'une à l'autre, tandis que dans les Nostochinées elles se séparent et constituent deux filaments distincts. Dans le Cladostephus myriophyllum, également étudié par M. Decaisne, le développement du thalle est encore un peu plus compliqué. Indépendamment de la cloison longitudinale qui divise chaque ulricule en deux autres placées l'une à côté de l'autre, il se forme une cloison transversale qui partage chacune des deux utricules en deux autres situées l'une au-dessus de l'autre, de façon qu'à la place de chaque utricule primitive on en trouve quatre. Quand nous avons étudié le mode de reproduction des Plcurococcns et des Palmella, nous avons vu une utricule se diviser également en quatre autres qui, au lieu de rester adhérentes entre elles comme dans le thalle du Cladostephus, se séparaient et devenaient libres et indé- pendantes. A l'occasion du Protococcus, nous avons fait remarquer l'analogie qui existe entre le développement de leurs spores et la formation des tissus que M. de Mirbel appelle formation inter-vtriculaire. Enfin l'étude des Nostocs nous a montré la plus grande ressembance entré leur mode de reproduction et le mode de multiplication du thalle des Sphacelariées. Que con- clure, si ce n'est, qu'entre les deux fonctions de reproduction et de nutrition, la différence n'est point aussi considérable qu'on pourrait le supposer au premier abord, surtout dans les plantes inférieures. L'organisation des Liagorées, quoique tout autre, n'est pas moins facile à comprendre. Leur lhalle se compose de plusieurs tubes articulés, inégaux, réunis entre eux par la base, libres dans leur partie supérieure. Par Oifflljfil , ..... , ... • -- < ] ' i : " . Dans les Asperococcées et dans les Lemanées le thalle esl , ~ -., \C.-v" lubuleux; les utricules qui forment la partie exiérieure sont " .._, "■"-- f- petites el Irès-serrées les unes contre les autres ; celles qui sont inle îdiaires sont grandes el làchemenl réunies; lecentreesl is«- Mesogioia Tarmieuiaris. toujours vide; seulement, dans les isperococcées, les thèques monosporées se développent par petits groupes ou sons à l'extérieur du thalle, tandis que dans les Lemanea, elles se montrent à I intérieur. Il v a donc entre b'> Asperococcées et les Lemanea la même différence qu'entre les Dasycladus et les Cattlerpa. Nous avons placé \eCutpleria à côté des Asperococcus, bien qu'au premier abord il pa- 1 Les rameau* îles Sphai elai iées - nt li i minés pai une utricule cylindracce totalement remplie dcj matière verte • >u olivâtre, dont l'opacité ou la teinte noirâtre el j. Siiermatocbnus Vdrialicus 156. i 57. 158. Siriai i > altenuala. ASPEROCOCCUS, I.AMX. Thallus lubulosus vel bullatus, simplei, reticulatim areolatus. Thecœ ' ! " mai ulaeibrmes, pei lotum thallum sparsos formantes. striaria GREV. Thallus lubulosus, pinnatim ramosus. Theca? soros macuïteformes, m lineas transversas dispositos formantes. cuttleria, GREV. Thallus lubulosus vage Ds- i.i Sperinatoclmus Adrialicus. sus, vel dichotomc ramosus. Thece pedicellate transversim septatx cum floccis articulatis soros parvos formantes. SPERMATOCHNUS KUTZ. Thallus lubulosus, dichotome ramosus, ramis floccorum'penicillo co ronatis, Thecae soros verrucœ formes, per loi Ilialliim sparsos formantes. lubolosus. l'hecx non in soros Tkibos XIII. SCYT0S1PH0MEM. Thallus cartilagineus colli ctse. SCYTOSIPHON AG. Thallus filiformis, lubulo- I dictyosiphon, GREV. Thallus filiforuiis, tu- sus, simplex, tubo intus transversim sept to bulosus, vage ramosissi s. Theca: per lotum Theca: lotum thallum vestiente lhallum sparsae Tribus XIV. LEMANEA?. Thallus mbcoriaceus , tuba 1 ,' us, Thecas intra tubulum in sortis aggregalx. LEMANEA, BOUY Thallus lubulosus; ccllula Iate coalitae vesicaeformes, inanes, iensiminfloi corticale i ti njuncta , intermedia ma medull ticulatos ramosos transeunles. 56 CRYPTOGAMES Tribus XV. DICTYOTEjE. Tliallus membranaceus planusplus minusve divisus. Thecse in soros aggregalse. 160. Halyseris (lj polypoides, 161. Zonaria plantaginea. halyseris TARG. Tliallus linearis, membra- naceus, stipitatus, costatus, oblique reticulalus. Thecse in soros lineares, Costa? ulrinque vel mai - gini approximalos dispositae. DICTYOTA. LA MX. Tliallus planus, membrana- ceus, ecoslatus, reticulatus, dichotome vol irre- gulariler lissus. Thecae in soros subrotundos sparsos vel lineas transversales formantes col- lecta;. 162. Zonaria padina. 163. Blacrocyslis angustifolia. ZOBARIA AU. Tliallus llabelliformis, subcori- sceus, integer vel flabellatim divisus, segmentis ssepe intus percursis, e cellulis superficialibus ||uulernatim approximalis subradiatim zonatus. I liera- soros macuheformes, e slrato epidermatico esurgentes formantes. PUNCTARIA, GHEV. Tballus planus, membra- naceus, simple*. Tbec;e soros punctiformes per omnem thallum dispersos formantes. Tribus XVI. LAM1SAIUE.E. Tliallus coriaceus, caulescens. Stipes sursum in laminam plus minusve divisant dilatatus. Thecx in maculas abnormes dense aggregatx. lj i 164. Laminai ia digilala. 165. Capea hirtincitiala. l<'fl. Asaruoi Guielitii. lessonia, BOftV. Stipes solidus interdumosseus, inlus fascia longitudinali dimidiatus, ramosus dichotomus, laminam explicans planam, eeosta- lam, evesiculosam, a basi sursum divisam. MACROCYSTIS, AG. Stipes solidus, inlus fascia longitudinali colorata dimidiatus, ramos emit- lens solidos , pralongos, in laminam abeuntes pi'imum unilateralem, planam, simplicem , inox a basi vesiculoso-inflata sursum lissam in lacinias tandem penitus discrctas, et stipitis torsione di- slichas. NEREOCYSTIS POST. et RL'PPR. Slipes fislulo- sus, inferne filiformis, sursum incrassatus, apice in vesicam inllalam, inflatus, emittentem stipel- los. Slipelli 4-S fasciculati in laminam planam, elongatam, membranaceam, a basi sursum fissam abeuntes. , laminarïa. /..I.l/.V. Stipes simplcx et inlerdum Gstulosus, vel bifidus et solidus, abiens in lami- nam smiplicem planam, ecoslatam, indivisam vel Iblirll.ihni |i:i!iii;ilnii\r lissalll CAPEA, MONT. Stipes simplcx, solidus, abiens in du mieux llaliseris, couinir Ha lui' ra m. CHARAGNES. 57 taminam plauam . ecostatam . primo simpliccm lanceolatam, disco et margine spinulis obsitani, mox spmularum marginalium evolutione piima- tim decompositam, pinnis patentibus vel de- curris. HALIGENIA. DtîE. Slip.-- -impies, basi inflatus in vesicam verruculosam, rbizoma eoncelantom, superne planus, utrinque folîaceo alato-margi- natus, desinens in laminam enerveni. planam. digilato-fissam. ALARIA, GREV. Slipes simples, solidus, apice eompressus, emitlens pinnulas distichas, planas, énerves, superne laminam terminaient, integer- rimam vel transversakter fissam, cosla sulida seu inflala medio percurrens. THALASSIOPHYLLUM POST.ft RUPPR. Sti- pesramosus, solidus, demum subtuberosus, lami- nam. reniformem, ecoslatam, indivisam, cribroso- foraminulosam spiraliter evolvens. AGARUM, GREV. Stipes simples, brevis, solidus laminam eordato-ovatam, indivisam, cribroso- loraminulosam medio percurrens. COSTARIA, GREV. Stipes simples, brevis, soli- dus, laminam ovatam aut elliptico-lanceolatam, non sparsim perforatam, costis tribus aut quin- que parallelis percurrens. 8' Famille. — CHARAGNES. •Les Charagnes, comme toutes les Algues, végètent et fructifient au milieu de l'eau ; leur thalle se compose, dans la plupart des espèces, d'une seule série d'utricules allongées placées bout à bout, de façon à constituer un tube principal articulé de dislance en distance, ou, en d'autres termes, ce que les botanistes appellent un thalle monosiphonié. De chacune des arti- culations nait un verticille de rameaux composés comme le tube principal, et qui se ramitienl à leur tour de la même manière. Dans d'autres espèces, le thalle, au lieu d'être monosipho- nié, est polysiphonié, c'est-à-dire que le tube principal est entouré d'un étui, formé par des tubes articulés à la même hauteur, mais d'un calibre beaucoup plus petit. Cette différence de structure dans le thalle de ces plantes en amène dans leur forme extérieure et dans leur con- sistance. Le thalle monosiphonié est lisse, l'autre est couvert de stries longitudinales ou can- nelures ; il y a beaucoup plus de flexibilité, de mollesse dans le premier, beaucoup plus de fermeté dans le second. 168. 169. 170. Uiara falida. Cli.ira transluci'iis. 17j Circulation intra-iiCriculaîre du diara. Du reste, que le thalle soit monosiphonié ou polysiphonié, la structure du tube principal es) touj - la même ; chaque utricule qui le c pose présente, à sa surface interne, quatre bandes longitudinales à peu prés d'égale largeur ; deux de ces bandes sont incolores, les deux autres quiallei lient sonl verdàlre-; le premières n'iiffrenl rien de remarquable ; les secondes sont formées par des séries longitudinale: de granule verts, placés | e s uns à la suite des 58 CRYPTOGAMES. autres et collés à la paroi. Quelquefois, ces quatre bandes, toujours parallèles entre elles, le sont aussi à l'axe du tube ; le plus souvent elles lui sont obliques, comme si l'utricule s'était tordue sur elle-même. L'intérieur de iliaque utricule est rempli d'un liquide aqueux, incolore, au milieu duquel flottent des granules d'un vert pâle. Si l'on examine avec attention ces granules, on voit qu'ils se déplacent, et cela d'après certaines règles qui ont montré à Corti, qui fit le premier cette observation, que ce mouvement était un mouvement vital, une véritable circulation. Seule- ment, pour la distinguer de celle qui a lieu dans les tiges des Pbanérogames, on l'a appelée circulation intra-utriculaire. Elle a été signalée depuis dans les utricules de beaucoup d'organes différents des plantes, mais elle a toujours été étudiée de préférence sur les Cha- ragnes où elle se montre avec une constance et sur une échelle qui en rendent l'observation plus facile. On peut, en effet, constater qu'il y a un courant continu descendant, par exemple, le long d'une des parois couverte de granules, et remontant en sens inverse le long de la paroi opposée, également couverte de granules, après avoir passé d'une paroi à l'autre en se réfléchissant aux bouts de l'utricule qui correspondent aux articulations de la tige. Jamais le mouvement n'a lieu ni dans un sens ni dans l'autre le long des bandes dépourvues de gra- nules, et quand un de ces granules flottants qui font apercevoir le mouvement du liquide y est porté accidentellement, il reste stationnaire ou, se rapprochant insensiblement de l'un ou de l'autre des courants, il est bientôt entraîné par lui. Ces courants ayant toujours lieu pa- rallèlement aux séries de globules sont plus ou moins obliques par rapport à l'axe du tube, suivant que ces séries elles-mêmes le sont plus ou moins par rapport à cet axe. Cette disposition singulière de granules adhérents aux parois des tubes, et le mouvement du liquide intérieur chargé lui-même de granules mobiles, s'observent également dans les petits tubes qui enveloppent dans certaines espèces le tube principal. Mais par suite de leur petitesse même, la circulation y est plus difficile à examiner que dans le tube principal dé- pouillé de ces petits tubes qui l'entourent, et c'est aussi dans ce tube principal ainsi isolé que ce phénomène a été surtout étudié. Les Charagnes, si remarquables par leurs organes de végétation, n'offrent pas moins d'inté- rêt au botaniste par leurs organes de reproduction. Ces organes, en effet, sont des corps ovoïdes ou oblongs, recouverts de deux enveloppes : l'externe molle se compose de cinq tubes membraneux contournés en spirale et formant au sommet une couronneà cinq dents, l'interne crustacée est simple, car les lignes spiralées qu'on aperçoit quelquefois à sa surface ne sont que les impressions de la soudure des tubes de l'enveloppe externe. C'est un phénomène ana- logue à celui que présente l'épidémie des plantes supérieures sur lequel les traces du tissu sous-jacent sont souvent tellement marquées que de Saussure les avait prises pour desvais- seaux. Lorsqu'un de ces corps ovoïdes ou spores est placé au milieu de circonstances conve- nables pour germer, il déchire le tégument crustacéqui le contient ou sa thèque, écarte le sommet des cinq tubes qui enveloppent cette thèque et se produit au dehors. Cette structure des organes de reproduction des Charagnes parait, au premier abord, très- différente de celles que nous avons examinées jusqu'à présent; aussi, quelques observateurs ont-ils cru devoir placer cette famille ailleurs ; cependant, ces différences sont plus appa- rentes que réelles. La spore, en effet, se développe solitaire à l'intérieur d'une thèque comme dans les Vauchériacées ; seulement, tandis que dans cette famille, la thèque généralement membraneuse est rompue facilement par la spore qui s'en échappe, dans les Charagnes, au contraire, la thèque est crustacée, et dès lors la spore ne peut sortir avant la germination; dans les Vauchériacées, la thèque est déhiscente, si je puis m'exprimer ainsi, et persiste sur la plante après la sortie de la spore ; dans les Chara, la thèque est indéhiscente et se sépare de la plante avec la spore qu'elle renferme. 11 y a donc là une différence analogue à celle qui existe entre les Amarantus et les Gomphrena dans la famille des Amaranthacées. bans les Amarantus, comme dans les Gomphrena, il n'y a qu'une seule graine dans le fruit ; mais dans les Amarantus le péricarpe s'ouvre et la graine tombe, tandis que dans les Gom- phrena, le péricarpe est indéhiscent • il tombe avec la graine et ne s'ouvre que lorsqu'elle germe. Mais l'enveloppe externe composée de cinq filaments, qu'est-ce donc? ce sont cinq rameaux qui, au lieu de rester libres et distincts le= uns de - - autres, se soudent entre eux et avec la CHARAGÎŒS. 39 thèque, et par suite, tombent avec elle au moment de la maturation. Ne voyons-nous point parfois, dans les plantes Phanérogames, les enveloppes florales entourer le fruit, le protéger el tomber avec lui. La Belle-de-Nuit (Mirabilis Jalapa) est un des exemples les plus curieux que l'on puisse citer; car la graine est enveloppée, non-seulement par le fruit qui est indé- hiscent, mais encore par la base de la corolle qui forme cette enveloppe noirâtre, si caracté- ristique. Ailleurs ce sont des bractées ipii. en s'unissant intimement, constituent une cupule solide qui renferme plus ou moins complètement le fruit, comme dans le Chêne, la Noi- sette, etc. Ces organes qui accompagnent ainsi le fruit el qui tombent avec lui à l'époque de la maturité, on les appelle des induvies. Les cinq rameaux soudés qui embrassent la thèque dans les Charognes seront donc pour nous des organes analogues. Enfin, nous trouvons dans les Gharagnes, placés en général immédiatement au-dessous de ces thèques induviées, des globules parfaitement sphériques, rouges ou orangés ; beaucoup plus gros que les thèques dans leur jeunesse, ils cessent bientôt de s'accroitre, tandis que les thèques, avec leur espèce d'induvie, augmentent et deviennent bientôt égales ou plus grosses qu'eux. A une certaine époque, ils se déchirent, quelquefois avec une certaine régularité, et finissent par disparaître avant la maturité complète des thèques qui les accompagnent ; ces globules sont des zoothèques. Ils sont composés d'un tégument extérieur, lisse, incolore, transparent, assez épais, au-dessous duquel se trouve un second tégument plus solide, coloré en rouge et formé de six à huit plaques triangulaires à bords crénelés. Ces plaques, appliquées les unes contre les autres et engrenées comme les os du crâne, sont formées par des cellules oblongues, cunéiformes, qui aboutissent à un centre commun et sont remplies de granules rouges. Du milieu delà face interne de' chaque plaque naît une utricule oblongue, transpa- rente, également remplie de granules rouges, qui se dirige vers l'intérieur de cette espèce de Imite formée par ces plaques réunies; là elle rencontre celles qui parlent du milieu des autres plaques, s'y soude par l'intermédiaire d'une petite masse celluleuse, de laquelle s'échappent, dans tous les sens, des filaments nombreux ou tubes sinueux, simples, cloisonnés, qui remplissent tout le reste de la cavité. Chacun des articles de ces filaments, contient, lorsqu'ils sont parvenus à leur état adulte, un petit corps filiforme replié en spirale. Quand les filaments sont plongés dans l'eau, ces sortes de petits filets se mettent bientôt en mouve- ment, s'agitent et semblent chercher à s'échapper de leur prison : ils y parviennent prompte- nient. au moins dans la plupart des cas, sans qu'on distingue l'ouverture par laquelle ils sont Sortis, et continuent à se mouvoir dan- l'eau avec plus ou moins de rapidité, suivant la tempé- rature. ne. ZooUiHque^ el phytozoaires du Chara vulgaris fies lails, dit M. Adolphe Brongniart, d'abord aperçus par Bischoff, mieux observés par Meyer, onl été l'objet de recherches très-étendues de la part de M. Thurel qui a fait connaître le de de formation et la forme remarquable de ces petits animalcules végétaux ou phyto- I mi effet, un examen très-attentif avec un excellent microscope et un éclairage con- venable (car la ténuité de ces animalcules filiformes exige la réunion de tous les moyens propres ii rendre la vision plus nette) montre que ces phytozoaii es ne sont pas d'une structure aussi simple qu'on L'avait cru ; leur corps est -filiforme, grêle, diversement contourné en spi- rale, formant en général trois à cinq tours de spire; prés d'une de leurs extrémités naissent deux filaments d'une ténuité extrême, fixés au même point de l'animalcule, eu égalant ou en dépassant le corps en longueur ; ils se remuent dans l'eau avec une felle rapidité qu'on ne peu! 40 CRYPTOGAMES. les observer parfaitement que lorsque leurs mouvements se ralentissent, soit par l'évapora- lion du liquide, soit par quelque autre circonstance, ou lorsqu'ils cessent complètement par l'addition dans ce liquide d'un peu d'iode. L'extrémité près de laquelle ils s'insèrent est tou- jours celle qui se dirige en avant dans le mouvement des animalcules, et ils s'agitent alors comme les tentacules d'animaux plus parfaits. Quelques auteurs avaient divisé les Charagnes en deux genres, les Chara et les Nitella ; les premiers offrant un thalle polysiphonié et des zoothèques placées au-dessous des thèques, les autres ayant un thalle monosiphonié et les zoothèques séparées des thèques sur des rameaux ou même sur des individus différents. Mais ces deux caractères ne sont pas toujours réunis; M. Alexandre Braun, qui a fait une étude approfondie de cette famille, cite des espèces qui ont la position des zoothèques des Chara et la tige des Nitella, et considère toutes les Charagnes comme ne devant former qu'un seul et même genre pour lequel il conserve le nom de Chara'. 9" Famille. FUCACÉES. Les thèques des Vauchériacées, qu'elles soient solitaires ou groupées plusieurs ensemble, sont toujours extérieures, c'est-à-dire placées à la surface du thalle ; celles des Fucacées, au contraire, tapissent les parois de cavités creusées dans la substance même du thalle, et sont par conséquent intérieures. Ces cavités, les botanistes les ont dési- gnées sous le nom de conceptacles ; et c'est d'après leur disposition sur une partie ou sur la totalité de la plante qu'ils ont classé les différents genres appartenant à cette famille. Une autre différence entre les Vauché- riacées et les Fucacées repose sur le mode de formation des spores : l'endochrome qui remplit les thèques des Vauchériacées ne produit jamais qu'une seule spore, tandis que dans les Fucacées il se partage toujours en deux, quatre ou huit parties qui se revêtent chacune d'une membrane et constituent autant de spores. Cette différence est importante à noter, car nous l'avons déjà rencontrée dans l'ordre des Confervoïdées entre les Zygnemées et les Confervées d'une part, les Thwaitesiées et les Ulvacées de l'autre. 178. Fucus canaliculalus. M 179 à 183. Germinalion des spores de Fucus seri atus. iSi. 18b. Zoothèques ei phytozoaires de Fucus serratus. Enfin, l'on doit à MM. Decaisne et Thuret d'avoir démontré, récemment, l'existence dans 1rs Fucacées seulement, et c'est là encore un fait qui les distingue des Vauchériacées, de ces corps que nous avons appelés zoothèques ; ce sont des vésicules ovoïdes contenant une masse blanchâtre parsemée de granules rouges. Tantôt elles se trouvent dans le même conceptacle (pie les thèques, tantôt elles sonl renfermées dans des conceptacles particuliers qu'il est alors 1 Aux indications qui précèdent, il est indispensable (l'ajouter, sur les organes reproducteurs mâles des Characées, ce qu'a dit SI. Thuret, dans ses Recherches sur les antkéridics des Cryptogames (Ann. se. nul., sér. 3, XVI, 18, l - N, ;| > . el , e qu'a ùcrit M. Slonlagnc sur la Multiplication des Charagnes par division [Ami. se. hit., sér. 5, WIII, t;;,, i. 2). FUCÉES. il facile de reconnaître à leur teinte orangée; les conceptacles i|iii ne renferment que les spores étant toujours d'une couleur olivâtre. Lorsque les portions du thalle dans lesquelles se trou- vent ces conceptacles orangés sont exposées quelque temps au contact de l'air, on voit les zoothêques, expulsées en niasse par l'orifice des conceptacles, former sur le t Italie de petits amas d'un rouge orange. Des extrémités de ces zoothêques s'échappent de nombreux cor- ' puscules transparents ayant à peu prés la forme d'une bouteille et qui s'agitent avec une extrême vivacité. Ces corpuscules ou phylozoaires renferment chacun un granule rouge qui semble former une protubérance sur le côté ; mis en contact avec l'ammoniaque, ils se dis- solvent à l'exception de ce granule rouge qui persiste. Leurs organes locomoteurs consistent en deux cils très-ténus et de longueur inégale, le plus court parait inséré vers l'extrémité la plus étroite du corpuscule: l'autre, beaucoup plus long, émane du granule rouge; le premier est toujours en avant, le second toujours en arriére. Les conceptacles qui renferment les thèques se distinguent par leur couleur olivâtre; si on les examine au moment où le reflux de la mer laisse la plante à sec, on voit sortir brusque- ment de petits corps qui ne sont autre chose que la masse endochromatique renfermée dans chaque thèque et former à l'orifice des conceptacles de petits amas qui ne tardent pas à tomber sur les corps environnants auxquels ils demeurent attachés. A cette époque, cette masse endochromatique est encore simple, quoiqu'elle offre déjà des traces bien marquées de sa division prochaine. La membrane dont elle est revêtue, d'abord mince et réfringente se dilate bientôt, se recouvre de cils comme l'épispore des Vaucheria ; mais MM. Decaisne et Thuret n'ont jamais vu cette masse endochromatique se mouvoir. C'est alors, disent ces botanistes, que se manifeste un phénomène extrêmement remar- quable qui, dans les Fucus serrattts et vesiculosus et les nombreuses variétés que l'on y rap- porte, se présente à l'observateur de la manière suivante': les traces de division qui sillonnent la masse endochromatique deviennent de plus en plus marquées, au point de simuler de véritables cloisons : cette masse endochromatique se trouve alors partagée en huit autres qui s'isolent peu à peu et finissent par former autant de spores parfaitement lisses et sphériques. Le mucilage qui enveloppe les spores et les agglutine favorise aussi leur développement. Lamouroux l'a prouvé par une expérience simple et curieuse. L'eau douce a la propriété de dissoudre ce mucilage : l'eau salée n'a aucune action sur lui. Lamouroux lava des spores séparément dans de l'eau douce et dans de l'eau salée ; les unes perdirent leur propriété germinative, les autres ne subirent aucune altération nuisible et se développèrent sous ses yeux. Les organes de végétation des Fucacées sont analogues à ceux des Laminaires : ce sont des thalles membraneux de dimensions assez considérables, mais toujours moindres cependant cpie celles de ces Durvillea utilis et de ces Laminaria buccinalis si remarquables à tant d'égards; plusieurs portent des ampoules, espèces de lacunes gonflées d'air qui diminuent la pesanteur spécifique du thalle et l'aident à surnager. Des filaments entrelacés, contenus dans ces sortes de vessies natatoires, filaments qui sont sans doute les débris d'un tissu utriculaire interne, furent pris pour des étamines par Linné, qui voulait trouver ces organes partout. La famille des Fucacées se divise naturellement en deux tribus, selon que les conceptacles sont situés dans le thalle lui-même ou dans des ramifications de ce thalle légèrement modi- fiées i CCI effel et que nous appelons sporothalks. Tribus I. FUCEjE. Conceptacula in sporothallis haud collecta. HIMANTHALIA . LY1SGB. Tliallus' orbicularis, peltatus, pezizseformis, e. centre ramos tamittens lineares, elongatos, dichotomos. Conceptacula per ramos thalli ^>;irsa. XIPHOPHORA MONT. Thallus compresso-pla- nus, repetito-dichotome ramosus, flexuosus. Rami apice incurvo xiphodei, conceptaculis consiti SFLACHNIDIUM QREV. Tliallus cylindraceus. tubulusQS, distiche pinnalim ramosus. Concepta- cula per totum Lballuin sparsa. durvillea, BOliY. Thallus planus, irregula- FUCUS , /./.YY. Thallus planus, c pressus vel rvlinih uns. dichotome ramosus , ssepe resiculis ;ili* rannitus. Conceptacula juxta apicem ra- morum aggregata lhallo innata. CARPODEsmiA, i;i;i;v I hallus planus, linearis, dichol ramosus. Conceptacula juxta basim ramornm thnllo innata. MYRIODESMA ' . DiVE. Thallus ïamosns, ramis foliiformibus pinaatis, inciso-serralis. Concepta- cula jnxta coslas ramorum utri&que longitudi- naliter uniscriata. 1 L^ez Myriadenia nm, Ann. Se. nul., sér. ■>, XVII, ",:ji i'a pas te pie en général de cette correction ei ce doil cire à lorl rjue G Igardh <■< mi MyriodPtma. riter palmatiiissus, segmentis elongatis, subula- lis, intus celluloso-lacunosis, exlus mucosis. Con- ceptacula per totum thallum sparsa. hormosiba, ENDL. Thallus filiformis, ramo- CRVTTOGAMES. sus, ii lus ii, nodos tumens monUiformi-concatc- natos, conceptaculis "I s<>ssos ECKLONIA HOM. Thallus simplex, sùperne hstulosus, apice in vesicam inflatus. Concepta- cula m thallo marginalia, alternatim biseriafia isc. Myriodesma* serrulata. 187. llimanlhrtlu Lprea 188. Hormosira Banksii. Tunis II. (ASTOSElIiE/E. Conceptacula in sporothallis collecta. 189.1 occophort Lançsdorlii 191. Cystocira barbala. 11)2 Sargassum capillifolium. COCCOPHORA, GREV. Thallus filiformi-cylin- dricus, ramulis filiformibus, lanceolato-tubulatis, ampleclentibus . imbricalis, tectus. Sporothalli rac moso-tcrminales, conceptaculis osliolo hian- tihus. Vesiculœ nulla?. halidrys LYKGB. Thallusplnnus, linearis di sliclie pinnalim ramosus, ramisinferne vesiculas superne sporothallos gerentibus, pedunculatos, compresso-lanccolntos, conceptacdlis ostiolohian- tibus, Vesieulœ pedunculatx, iuius mulliseptata;, lolîac o-mucronal blossevillea, DNE. Thallus planus pinnatim ramosus, ramis c basi deflexa horizontalibus vel nscendentihus. Sporothalli terminales, torulosi, conceptaculis biscriatis, ostiolo hiantihus. CYSTOSEIRA. AG. Thallus ramosus, ramis infe- rioribus saepe foliiformibus, superioribus iilifor- mihus Sporothalli ramos vesiculiferos vel ra- mulos filiformes terminantes, conceptaculis inordinate confertis, ostiolo hiantihus. Vesicula 1 concatenataî. SARGASSUM. RUMPH. TballllS ramosus, ramis filiformibus, pinnatifidisve. Sporothalli racemosi, conceptaculis operculo conico, deciduo apertis, Vesiculx stipitatœ. TURBINARIA, IIOHY. Thallus ramosus, ramis pcltalis, turbinato-vesiculosis, triquetris, angulis loliaceo-marginalis, denliculatis. Sporothalli coa- cervato-racemusi terctes, conceptaculis longitu- dinaliter multiseriatis, osliolo hiantihus 1 LUez Myi'ititteniit CORALLINES. CARPACANTHUS. KUTZ. Thallus ramosus, ramis petiolato-tbliïfonnibus, indivisis pinnatili lisve. Sporolhalli in ramorum stiptibus solitarii velag- . ii. turbinato tri-tetraquetri, ad angulosalati etspinoso-dentati, faciebus conceptaculorum lon- gitudinaliler nniseriatorum oftiolis notati. PHVLLOSFORA AG. Thallus ramosus, ramis foliilbrmibus dislinctis, basi vesiculoso-inflatis, tandem longïtudinaliter rugosis, rugis concepta- cula, unisëriata, ostiolo hîantia gerentibus. CARPOPHYLLDM, GREV. Thallus distiche ra- mosus, ramis foluTormibus. Sporotballi juxta ra- morum marginem racemosi, conceptaculis irre- frulariter congestis, ostiolo hiantibus. niARGiNARiA A. R1CH. Thallus sursum Oabel- lato-pinnatus, pinnis spinuloso-dcntatis, e mar- gine superiorc vesiculas et sporothallos gen n- tibus. Sporothalli juxta pinnularam marginem ircteriorem seriatim stipati. conceptaculis sini- strorsuin spiralitcr ordinatis, ostiolo hiantibus. SCYTOTHALIA. GREV. Thallus pinnatifidus, pinnis i>l>tn-i> mdivisis pinnatifidisve. Sporo- thalli, juxta pinnarum marginem solitarii vclag- gregaii, conceptaculis longïtudinaliter plûriseria- ti>. ostiolo hiantibus. SEIROCOCCUS. GREV. Thallus dichotomus. Sporolhalli juxta internum dichotomiarum mar- ginem stipilati. monilirormi-articulati, ârticulis globosis. conceptaculorum ostiolis pertusis. POLYPHALUM. AG. Thallus dichotomus vel pin natim ramosus. remis faliiformibus srcpe proli feris, verrucis stipilatis spinulosis obsitis. Spo- rolhalli in apicibus ramorum l'asciculalim : ;i gati siliquœlormes. 195 I arpophyllum mnscliolocarpum. 10k Seirococcus axillaris. ' ' . ' I : . r : i „ I . i HI Famille. CORALLINES. I es Corallines ressemblent beaucoup aux Fucacées par leurs organes de fructification, bien qu'elles m diffèrent complètement par leurs organes de végétation. Ellesont, en effet, comme b'-. Kncacées, des utricules sporifèresou lliéques renfermées à l'intérieur de cavités creu ées dans la substance du thalle, el ces cavités qui sont tantôt en grand nombre les unes à côté des autres, tantôt an contraire solitaires el terminales, mi! toujours au sommet une ouverture pin- laquelle s'échappent les spores. Hais, tandis que dans les Fucacées les thèques -mil attachées sur toute la paroi de la cavité au milieu d'une multitude de paraphyses, et que l.i division des spores a l'intérieur de ers thèques s'opère toujours en croix [cruciatim) on on triangle [triangulatim), dans les Corallines, an contraire, les thèques ne s'insèrenl que sur li- fond de la cavité : aucunes paraphyses or les accompagnent, et la division des -pures .'i l'intérieur de- thèques est toujours parallèle i tonaCim > . \ l'oc is les Vdotea >'t des Petiicillus dan- les Vauchériacées, is avons parlé {]<• la singulière propriété qu'ont ces plantes d'être pénétrées de substance calcaire au point de devenir dures, cassantes, el d'avoir l'api arence il'- véritables c étions pierreuses. Toute les Corallines offrent également celle particularité, el c'esl même pour cette seule rais me ■'. Pcnicillus, etc., avaienl été réunis a ceux qui constituent aujourd'hui la famille des Corallines, quoiqu'ils soient aussi différents par la structure de leur thalle que par relie île loin - 01 .an.- île fructification. Toutes les Corallines non foliacées qui comprennent les g< n Imphiora >'i -ln- nia onl tin lhalle étranglé de dislance en distance, el par consèquenl divisé en on cerlain nombre d'articles. Chaque article »■-! incrusté le calcain ; les élrangl ints qui l'ormeni ''"lorn- mtanl di charnières ni lesonlpoinl Vussi lem structure intii -I elle différente 14 CRYPTOGAMES. Les articles sont composés de bandes transversales, d'utricules allongées, placées les unes au- dessus des autres de manière à simuler un thalle polysiphonié sans tube principal. Des utri- cules qui sont au pourtour, s'en échappent d'autres qui se dirigent obliquement vers la circonférence; elles portent à leur extrémité de petits bouquets d'utricules arrondies, pressées les unes contre les autres et formant pour ainsi dire la surface épidermoïde, bien que le tout soit recouvert d'une couche assez épaisse de mucilage. Cette structure interne ne se l'ait bien voir que quand la plante est dépouillée du carbonate de chaux qui l'imprègne. On remarque en outre alors, sur chaque article, des zones transversales plus ou moins opaques qui correspondent exactement aux lignes de réu- nion de deux bandes d'utricules superposées. M. Decaisne, qui s'est occupé de la structure des Corallines, affirme que ces zones trans- versales sont formées par la matière endochromatique qui s'accu- mule aux extrémités des utricules lorsque le calcaire pénètre à leur intérieur. Les charnières toujours dépourvues de calcaire sont des fibres verticales fermes et rési- stantes, constituant une sorte de cylindre coriace, jaunâtre, dont les extrémités se trouvent engagées dans la patrie moyenne des deux articles superposés. Malgré leur continuité parfaite avec celles qui occupent le milieu des tiges, ces libres s'en distinguent au premier aspect par leur coloration jaunâtre et leur épaisseur assez notable. Les Corallines foliacées qui, d'après M. Decaisne appartiennent toutes au genre Melobesîa, sont de très-petites plaques à bord sinueux ou des expansions plus ou moins profondément lobées et encroûtées, composées, sans exception, d'utricules simples oblongues contenant un endochrome rose ou vineux, rarement verdàtre, si ce n'est par suite d'altération, et conser- vant leur couleur longtemps après la dessiccation. On n'y aperçoit aucun indice de nervure ou d'axe principal. Sur toute leur surface apparaissent de petits mamelons percés au sommet et au fond desquels naissent verticalement les thèques. 197. Sania ruhens. 198. Amphiroa corymbosa. 199. alelobesia verrucat 00 Ampliiroa Char;i 201. 202. Corallina officinalis. conALLiNA TOURN. Thallus articnlatus, irre- gulariter ramosus. Cuiiceptacuhi turbinala, sae- pius terminalia. jania LAMX. Thallus articulalus, dicholomus. Concptacula turbinatn axillnria vel lormi- nalia. amphiroa. LAMX. Thallus articulatus, articulïs ancipitibus sou obcordato-alatis. Conceptacula conica. in mediis articulïs silo. MELOBESIA. LAMX. Thallus continuus, orbicu- laris Conco|ilacula conica, pcr totum thallum sparsa*, immersa. .">'' (Iiiini-: 11. OU IDÉES. A mesure qu'on s'élève dans la série des êtres, les formes les plus simples disparaissent pour faire place à d'autres plus c pliquées. Seulement, comme si la nature craignait de passer trop brusquement d'un ordre à un autre, et voulait ménager les transitions, les plantes les plus inférieures dans chaque ordre présentenl toujours une organisation qui rappelle celle des piaules supérieures de l'ordre qui les précède immédiatement. Ainsi, bien que les Phyeées comprennent un grand nombre d'Algues qui, comme les Dictyoln. les Laminaria, les Fu- cus, etc., sont formées par des utricules diverses constituant un véritable ti--su analogue à FLORIDÉES. -iâ celui des végétaux Phanérogames, cependant elles en comptent également quelques-unes qui, comme les Yaucheria et les Ectocarpus, ressemblent beaucoup par leurs organes de végéta- tion à la plupart des Confervoïdées et en particulier aux Conferves proprement dites. L'ordre des Mondées offre de même un petit nombre de [liantes dont le thalle se rapproche beaucoup de celui des Conferves dans les Confervoïdées ou des Ectocarpus et des Vaucheria dans lesPhycées; elles sont toutefois très-peu nombreuses. On y observe, mais aussi par exception, cette structure si particulière que nous avons décrite à l'occasion des Sphacélariées et que nous avons appelée polysiphoniee (ex. Polysiphonia). La forme la plus générale est celle que nous avons indiquée déjà dans les Laminaria et les Fucus, celle qui fait donner aux thalles qui la présentent le nom de thalles membraneux. La plupart des Confervoïdées et des Phycées sont vertes sous l'eau : lorsqu'on les en tire, elles se décolorent très-souvent et deviennent complètement blanches. Presque toutes les Floridées, au contraire, sont d'une belle couleur rouge, aussi brillante souvent que celle des fleurs les plus éclatantes des Phanérogames. Mais ce caractère est loin d'être absolu. Quelques Floridées sont vertes comme les Confervoïdes et les Phycées ; toutes le déviennent quand elles sont exposées à l'air. D'un autre côté, les Bangia parmi les Confervoïdées, les Mesogloia parmi les Phycées sont d'une couleur rouge aussi foncée qu'un grand nombre de Floridées, et partant pourraient, au premier abord, être confondues avec elles. Le mode de reproduction des Floridées est le même que celui des Ulvacées à deux différences près, qui tiennent à leur position plus élevée dans la série des végétaux ; la première c'est qu'il n'y a qu'un certain nombre d'utricules placées dans une position déterminée qui jouis- sent de cette propriété si singulière de donner naissance à des tétraspores ; la deuxième, c'est que la division de la masse endochromatique en quatre spores, au lieu de se faire toujours de la même manière, peut avoir lieu de trois façons différentes. Les tétraspores sont parfois de petites sphères qui se partagent en quatre corps cunéiformes à base convexe (fig. 205) et disposés de façon à représenter un tétraèdre dont trois forment la base, et le quatrième le sommet (nucleo Iriangulatim quadridiviso). Dans d'autres plantes (fig. 212) ils sont ovoïdes et se divisent par trois sections parallèles en quatre corps repré- sentant assez bien quatre rondelles empilées les unes sur les autres (nucleo zonatim quadri- diviso); ailleurs enfin (fig. 214), ce sont également des corps ovoïdes qui se découpent par deux sections perpendiculaires l'une à l'autre en quatre autres corps qui, vus de face, ont assez l'apparence de quatre cases d'un damier (nucleo crucialim quadridiviso). La position des thèques ou utricules mères des tétraspores sur le thalle est extrêmement variée, et c'est le caractère que nous avons préféré pour classer nos familles et nos tribus. Isolées et nues le long des rameaux dans les Callithamnion, elles sont réunies en plus ou moins grand nombre et enveloppées par un verticille de rameaux dans les Griffilhsia ou nichées entre des filaments cloisonnés claviformes, rayonnant d'un point de la superficie du thalle et constituant des sortes de verrues hémisphériques dans les Peyssonnelia. D'autres fois, au lieu d'être extérieures, elles font partie de la couche sous-superficielle du tissu des Flori- dées à thalles membraneux, et là elles peuvent être irrégulièrement éparses, comme dansles Halymenia, ou réunies dans un espace circonscrit du thalle (ex. Aglaophyllum), ou placées sur des portions de ce thalle légèrement modifiées (ex. Delesseria). Ces portions du thalle légèrement modifiées et dans lesquelles les thèques sont le plus souvent disposées sur deux séries parallèles de façon à ce que leur développement s'accomplit de la base au sommet, sont désignées par la plupart des botanistes sous le nom de stichvMes. A ce mode de reproduction commun à toutes les Floridées s'en joint un autre non moins général, mais sur la signification duquel les botanistes sont loin d'être d'accord. Lorsqu on examine, en effet, un grand nombre d'individus d'uni 1 même espèce, on trouve sur quelques- uns, presque toujours à la place où naissent ordinairement les thèques, on trouve, dis-je, soit épars au milieu du tissu, soit renfermés dans une cavilé ouverte à l'extérieur ou complè- tement close, de petits corps ovoïdes en plus ou moins grand nombre. Ces petits corps, croissant le plus souvent sur une espèce de placenta filiforme, jouenl le même rôle que les spores, c'est-à-dire germenl el reproduisent la plante mère ; nous 1rs avons nommés sporules pour rappeler en même temps, et leur analogie avei les spores el leur différence, et nous avons donné le nom de COCCÎdie à la cavité qui les renferme. ir> CRYPTOGAMES. La position des coccidies est aussi variée que celle des thèques, et il suffit de jeter un coup d'oeil sur les ligures qui accompagnent ce texte pour s'apercevoir qu'elles diffèrent également entre elles, 4° par la structure des parois simplement membraneuses dans les Spyridia, cellu- leuse dans la plupart des autres Floridées ; 2° par la forme de ces espèces de placentas aux- quels sont attachées les sporules; 5" enfin, par l'absence de toute communication avec l'ex- térieur dans les unes et la présence, au contraire, d'une ouverture assez grande au sommet dans les autres. C'est d'après loutes ces considérations que nous avons partagé l'ordre des Floridées en six familles, en attachant toutefois plus d'importance à la position des thèques sur la plante et aux différentes modifications qu'elles présentent qu'à celle des coccidies. 1° Les Callithamniées, dans lesquelles les thèques sont placées à l'extérieur du thalle qui, en général, est monosiphonié. 2° Les IIïpoglossées, dans lesquelles les thèques sont au milieu du tissu dans îles points plus ou moins nettement déterminés. 5° Les Rhynchococcées, qui présentent comme les Hypoglossées des thèques disséminées au milieu du tissu, mais qui s'en distinguent par la nature de leurs sporules qui sont toujours doubles. Ce caractère, du reste, ne se rencontre que dans cette petite famille et la séparenette- ment de toutes les autres. 4° Les Gigartinées, dont les thèques se montrent au milieu de filaments cloisonnés, rayon- nant d'un point de la superficie du thalle ou de toute son étendue, et qui par suite sont immergées, comme disent les botanistes. 5° Les Lomentariées, dans lesquelles les portions du thalle qui renferment les thèques à leur intérieur sont différentes de celles qui sont stériles, et ont mérité le nom de stichidies. 6° Enfin, les Claudéées, qui se distinguent de toutes les autres Floridées par la position de leurs thèques au milieu d'un thalle réticulé. Il' Famille. - CALLITHAMNIEES. Par leurs organes de reproduction, les Callithamniées appartiennent aux Floridées: ils ont à la fois des thèques contenant des (étraspores et des coccidies renfermant des sporules. Par leurs organes de la végétation ils servent de transition aux Phycées et aux Conlervoides ; car, si les Plilola et les Aglaophylliim, etc., ont des thalles membraneux comme la plupart des plantes de ce troisième ordre, les Callithamnion, les Grifpthsia, les Ceramium, etc., ne sont que des filaments cloisonnés, c'est-à-dire composés d'une seule série d'utricules placées bout à bout et par conséquent tout à fait analogues aux Conferves et aux Vaitchcria. Quant aux coccidies, elles sont dans cette petite famille de deux natures bien différentes. Dans les Cal- lithamnion, les Griffitlisia, les Ceranium, etc., elles sont membraneuses et renferment à leur intérieur un grand nombre de sporules accumulées sans aucun placenta ; dans les Aglaophyl- lum, les Inochorion, etc., au conlraire, ce sont des cavités celluleuses ouvertes à leur sommet et dans lesquelles les sporules sont attachées à un placenta plus ou moins ramifié el qu'on appelle par celte raison dendroïde. Trois petites tribus constituent cette famille : 1° les Algues de la première ont des coccidies remplies de sporules snns placenta, et leurs organes de la végétation sont des filaments cloi- sonnés analogues à ceux des Conferves ; ce sont les Céramiêes ; 2° desoccidies également rem- plies de sporules sans placenta, mais des thalles membraneux analogues à ceux des Phycées les plus élevées sont les caractères des Callithamniées de la deuxième tribu, c'est-à-dire des Ptilotées ; 5" enfin, les Agi.aophvllées ont en même temps que des thalles membraneux comme les Ptilotées, des coccidies celluleuses, ouveites à leur sommet et renfermant des sporules attachées à un placenta ramifié. CERAMIÉES, PT1L0TÉES, M.l.AOl'in LLEES. 17 Tribus I. CERAMIEJE. Thallus articulatus, monosiphonius, ramosissimus. Thecxper thallum sparsse. Coccidia membranacea, gelitiea, sporulis globosis arcte conglobatis farda. Placenta rntlla. 20S. Spyridia filamentosa. CALLITHAMNION /.VA*./;. Thallus articulatus. monosiphonius. ramosissimus. Thecse subvaga 1 . latérales, ramis insidenles. GRIFFITHSIA AG. Tliallus articulatus, monosi- phonius, ramosissimus. Thee;e numerosas in ra- cemulos aggregatos, flocus involucrum sisten- tibus insertos consociata' WRANGELIA, AG. Tliallus articulatus, monosi- phonius, ramosissimus. Thecse juxta ramulorum 201. Griflilhsia spliœrica. 205. Ceramium Deloncliampii. lalus internum ponc basim solitaritc vol pauea\ sessiles, uniseriatœ. SPYRIDIA, HAI'iV. Tliallus erliculatus, monosi- phonius, ramosissimus. Thecœ juxta ramulorum latus internum ponc basim aggregata?, sessiles. GERANIUM, AG. Tliallus articulatus, monosi- phonius, ramosissimus, ad genicula ccllulis irrc- gularibus ornatus. Theee in cellulis geniculorum ïmumeseentibus n'ululantes, ad genicula singula transversaliter numerosa?. Tmbds II. PT1L0TE£. Tliallus (iliformis, peclinato-pinnalus. Thecx extersax ex pinnula- rum apicibus oriundx. Coccidia gelinea, sporulis globosis arcte conglobatis farda. Pla- centa nulla. -\ 1 — 11 2 6. Plilota plumosa. PTILOTA. AG. Tliallus (iliformis, pectinatp-pin- 207. Inochorion a^l lopliylluin. natus. Thectc ex pinnularum apicibus oriunda libéra:, exserla;. Tribus III. AGLAOPHYLLE.E. Tliallus filiformis et fistulosus, vel foliaceus. Thecx externx sparsse vel in soros collectée. Coccidia cellulosa sportilas ad placenlam plus minusve den- droideam afflxas includenlia. % 1 . Thalins foliaceus, sxpe pinnatus. Coccidia clama. AGLAOPHYLLDM. KOA'T. Tliallus tenuissimc nirrubi anat eus. 1 eticulatus . ecostatus. Coccidia immersa, sporulas in flocci articulati Iongiusculi articulo extremo orlas includentia. Thecx in punctiformes consociatœ, per thallum s pal s inochorion KUTZ. Thalluseven lus. Coccidia lateralia. sporulis in loculamentis amplioribus en (ibris laxe lextis nidulantibus fania TheCŒ ii'nut.i*. PHYCODRYS, KUTZ. Thallus venosus, costalus. C lia externa, sporulis majoribus, globoso- angulatis, Liberis, in placenta sub5trata convexa larda. Thecaî, nunc in soris oblongis marginali bus, nunc in ciliis marginibus distinctis. 18 i RYPTOGAMES. Thallus filiformis, ftstiilosiis. Coccidia aime regulariter uperla CHONDROTHAMNION, KVTZ. Thallus a basi usque ad apicem cavus, sine diaphragmatibûs ccl- lulosis, ramosus. Goccidia sporulis ad placentam dendroideam af'fixis larda. Thecœ in ranns i'a- mulisque sparsa?. 12° Famille. 1IYP0GLOSSEES. Toutes les llypoglossées oui un lhalle membraneux ; elles sont donc plus élevées que les Callithamniées ; toutes ont les utricules qui produisent les tétraspores entièrement confondues avec celles qui constituent le thalle lui-même. Ce caractère est le plus essentiel et, l'on peut ajouter, le seul qui les distingue nettement; caries coccidies sont très-variées et offrent toutes les formes que nous avons observées dans les Algues de la famille précédente ; à tel point qu'à l'exception des Ceramium qui, par la simplicité de leur organisation n'ont point d'ana- logues, toutes les autres Callithamniées peuvent être comparées aux Hypoglossées non-seule- ment tribu à tribu, mais je dirai presque, genre à genre. Ainsi, eu égard à leurs organes de végétation et à la nature de leurs coccidies, les Microcladia correspondent aux Ptilola, les Chandrbsiphon aux Chondrothamnion, les Hypoglossum aux Aglaophylkim. :-.■?.-, -20». 208. Hypoglossum Noodwardil. 210. Cliondrosiplion medilei i is g 1. Coccidia rjelinea, sporulus globosis arcte conglubatis farda- Clacenta imlla. MICROCLADIA, GHEV. Thallus filiformis, com- I Thecae apicibus ramulotum immersce. pressus, irregulariter ramosus, ramis distichis. ] g 2. Coccidia cellulosa sporulas ad placent am dendrodeam affixas incliidentia A. Thallus foliaceus, sœpe pinnatus. Coccidia clausa. HYPOGLOSSUM, KVTZ. Thallus lenerrimus, evenosus. costatus. Coccidia Costa? ïnsidentia, clausa, sporulis subscriatis placenta? centrnli den- droideœ floccosrc affixis farda. Thecte aggregata- lliallo immersœ. B. Thallus filiformis, fistulosus. Coccidia apice regulariter aperla. CHONDROSIPHON, EUTZ . Thallus a basi usque ad apicem cavus, sine diaphragmatibûs CGllulosis ramosus. Coccidia sporulis ad placentam dendroi- ileam allixis fauta. Thecœ in cavernulis ramorum sidiinllatoi uni dense aggregatie. 15' Famille. RHYNCHOCOCCEES. Celte petite famille se compose des genres Bhynchococcus et Calliblepharis, qui tous deux ont leurs tétraspores développés à l'intérieur il'utriculrs semblables en tout point à celles du tissu du thalle au milieu duquel elles sont plongées. Leurs coccidies sont celluleuses et ouvertes à leur sommet: l'espèce de placenta qui supporte les sporules est ramifié; mais chaque branche de ce placenta, au lieu de ne porter qu'une seule sporule à son extrémité GIGARTINÉES. 49 comme dans toutes les autres Floiïdées, en présente deux disposées l'une au-dessus de l'autre. Ces deux sporules ne sont-elles qu'une sporule primitive divisée en deux autres? C'est là une question qui, si elle était résolue affirmativement, tendrait à montrer de nouvelles analogies entre les deux modes de reproduction des Floridées, par conséquent entre les spores el les sporules. 211. Rhynchococcus coronopifolius. RHYNCHOCOCCUS KUTZ. Thallus basl tercs, snrstim complanatus, inferne subcoslatus, pin- nato-ramosus, situs. ex stratis tribus diversis compo- SSSjï 212- Calliblepbaris cilîalus. CALLIBLEFHARIS KUTZ. Thallns membrana- ceus, ecostalus, marjiine ciliatus vel fimbriatus, ex stratis duobus composilus. 14' Famille. GIGARTINÉES. Un thalle membraneux, comprimé ou cylindrique, mais offrant toujours à sa surface, soit dans toute son étendue, soit seulement à son extrémité ou çà et là de distance en distance, des filaments cloisonnés, réunis entre eux par une matière gélatineuse et au milieu desquels se développent les thèques ou utricules qui donnent naissance aux tétraspores, tels sont les caractères principaux de cette famille; la forme des coccidies, leur position plus ou moins externe au milieu de cette substance, la nature des placentas ne sont que des caractères se- condaires qui varient beaucoup et permettent de distinguer les genres les uns des autres. Ces filaments cloisonnés, au milieu desquels naissent les thèques, nous les avons appelés, avec Kùtzing, des paraphyses, pour montrer leur analogie avec ceux qui accompagnent ordi- nairement les thèques des Lichens; car nos efforts constanls auront toujours pour but défaire disparaître toutes ces prétendues différences absolues entre les organes des diverses familles des Cryptogames, et par conséquent à détruire tous ces noms qui n'ont été inventés pour exprimer des choses qui cependant se ressemblent beaucoup, que parce que leurs auteurs, s'ils connaissaient bien l'une de ces familles, ignoraient complètement toutes les autres. Deux tribus, les Iridœées et les Peyssonneliées, composent cette famille. Dans les Peysson- neliées, le thalle offre deux faces bien distinctes, une inférieure qui donne naissance à des espèces de racines, et une supérieure sur laquelle s'insèrent les thèques et les paraphyses ; dans les h idarr-, le thalle est toujours plus ou moins arrondi. De plus, dans les Peyssonneliées, ces thèques et ces paraphyses ne se rencontrent que çà et là à la face supérieure du thalle, tandis que, dans les Iridaeées, toute la surface du thalle en est recouverte. Tribus I . ÎP.ID.EE.T.. Thallus non horizontaliter explanalus. Tkecse vnter parapkysas nidn- lantes, tolum thallum ve%tientes. g. 1. Thallus gelalinoso-lubricu», fdis periphsericis mtmiliformibus, liberis vel mur» laxe conxren- tibus. Coccidia immerta, ex glomerulis sporarum, substantia gelinea et fuis periphxricis involutis COnstilUtl I li,i;r imiiins.r. neiïialion UÎG. Tballus e Glis longitudinal i- l.iiv in columnam denstssi inlricalis versus y riphaeriam in fila horizontalia moniliformilcr articulata arcuatim aheuntibus 50 NACCARIA ENDI. l'hallus cellulosus, en ramis |nini.i us Mih-tanlia gelinea involutus, in ramii- Hs medio subfusiformi-mflatis, fil is monililonni- bus, articulatis, dichotomis. liberis, laxe. paten- tibus nndifjiie vestitus. CRYPTOGAMES. GYMNOPHLŒA, KVTZ. Thallus cellulosus, filis moniliformibus, dichotomis, in ramis ramulisque nndique vestitus. .1 .pistillala. §. '2. Thallus gelatinoso-membrdnaceus. cellulis periphsericis in stratum compactum coalescentibus. Coccidia immersa, prominula, poro perlusa, sporulis in placenta dendroidea conglomérai is farda. Thecœ immersa:. DUMONTIA, /„4JI/A\ Thallus clongatus, suheavus, intus laxe fibrosus, extus cellulis rotundatis com- positus; fila medullaria longitudinalia , anasto- mosantia, periphœriam versus ramos laxe dicho- tomos stratum intermedium formantes emitlen- tia. Thecae in thallo subcorticali sparsae. HALYMENIA. M. Thallus plenus ex stralis duo- bus distinctis compositus ; exteriore simplicis- simo ex cellulis obiongis axim versus perpendi- cularihus, interiore libroso ex cellulis elon- galis formato. sparsa?. gelidiuth Theca? in thallo subcorticali LA MX. Thallus pinnato-ramosus, complanatus, ex stratis tribus distinctis forma- tas ; corticali tenuissimo. cellulis minutissimis, rotundis ; subcorticali, cellulis majoribus, rotun- datis; medullari maximo, longitudinaliter libroso ex cellulis elongatis, utrinque attenuatis, libris transversalibus intertextis, composito. Theca? in soros aggregata?. §. 5. Thallus inembranaceo-corneus, cellulis vel filis periphsericis in stratum densiim coalescentibus. Coccidia sporulis globosis placenta reticulatim interte.rla vel loculata insertis farcla. Theca: im- merste. IRIDJEA, BORY. Thallus simplex, foliaceus, basi stipitatus, ex stratis duobus distinctis forniatus. Coccidia immersa, numerosissima, per totuin thallum dense sparsa, papillata, poro pertusa. Thecae subcorticales, in soros macubeformes dense aggregata?. GRATELOUPIA, AG. Thallus ramosus, compla- natus, ramellis l'oliaceis marginalibus vestitus. ex stratis tribus distinctis forniatus. Coccidia immersa, verruciformia, poro pertusa. Theca; so- litaria 1 , sparsae. MASTOCARPUS, KVTZ. Thallus plerumque di- visus, basi stipitatus, sursum plus ininusve dila- tatus , ex stratis tribus distinctis forniatus. Coccidia exserta, clausa. Theca? in soros aggre- gatae. KALLYMENIA, ./. AG . Thallus plerumque divi- sus, basi stipitatus, sursum foliaceus, ex tribus stratis formalus. Coccidia semi-iminersa. Theca- in exteriore ccllularum strato aggregata?. GIGARTINA, LAMX. Thallus lïliformis, ramosus, ramellis spinescentihus, ex duobus stralis ior- niatus. Coccidia exserta, in ramollis spinescen- libus mine axillaria, iiunc terminal ia, poro per- tusa. Theca? subcorticales in ramis ultimis tunii- dis aggregatie. CHONDRUS. 6'I)£K. Thallus dichotomus, ex stra- tis duobus distinctis lbrmatus. Coccidia immersa, clausa. Theca? subcorticales in soros aggregata? SPH7EROCOCCUS. GIIEV. Thallus complanatus snb|iinnatim ramosissîmus, ex stratis duobus di- >limlis forniatus. Coccidia immersa, clausa. The- ca. subcorticales, solitarise. Tribus 11. PEYi>SONELIE/E. Thallus membranaceus , horizontal/ter explanatns, inferion pagina radieux s. Thecse inler paraphysas nidulantes, per thallum in soros aggregatie. HILDENDR NDTIA KVTZ. Theca' inter para- physas simpliees nidulantes, loculamcntis distin- ctis, poro pertusis. insertss, pyriformes. PEYSSONNELIA, DA"£. Thecœ inter paraphysas sursum dilatatas nidulantes. in pulvillos super- (iciales aggregatie. LOMtîSTAKlACÉKS 51 216. Hildenbrandlia sanguinea. YT1 mnr X \ -t. lia. reyssoimclia sTiiainusn 15" Famille. LOMENTARIACEES. Dans toutes les plantes de cette famille, les portions du thalle qui donnent naissance aux théques sont tellement modifiées qu'elles se distinguent au premier abord de toutes les autres et ont dû prendre un nom spécial, celui de stichidie. Le plus ordinairement les théques sont disposées sur deux rangs dans chaque stichidie, les plus âgées à la base, les plus jeunes au sommet. II y a quelques genres cependant, dans lesquels elles sont sur une seule série (ex. Polysiphonia), ou sur plus de deux (ex. Chondria). Les organes de la reproduction et ceux de la végétation sont confondus dans les Confer- voidées ; chaque utricule, comme nous l'avons observé, s'accroît, se conserve, puis se mul- tiplie : mais, dans les Phycées, il n'en est plus de même. Bien que toutes les parties du thalle se ressemblent encore complètement, on rencontre néanmoins çà et là des utricules unique- ment destinées à reproduire la plante, placées à coté d'autres qui ne jouiront jamais de celte faculté. Enfin, dans les Lomentariacées, la localisation des fonctions est encore plus complète. Les utricules qui donnent naissance aux spores, au lieu d'être disséminées au milieu du thalle ou sur ses côtés, sont groupées dans un certain ordre dans des stichidies. La séparation des organes de la végétation et de ceux de la reproduction est donc complète. Aussi, cette famille est-elle plus élevée, et n'y rencontre-t-on plus pour les organes de la végétation cette simpli- cité d'organisation qui rappelle les Algues inférieures; tous les thalles sont membraneux. Quant aux coccidies, elles présentent toutes une espèce de placenta dendroïde auquel son! attachées les sporules. Seulement, elles sont ouvertes ou fermées, et ce caractère, joint au nombre des séries de tétraspores dans chaque stichidie et à la forme du thalle, a permis de diviser cette petite famille en quatre tribus parallèles. 219. Lomenlana squarrosa. 510. Ml. Champia lumhiicalis. 2:>2. 225. Calfcnella Opuntia. I' Les Lomentariées dont le thalle est filiforme et fistuleux , les coccidies ouvertes au sommet : 2° Les Polysiphoniées dont le thalle est également filiforme, mais plein, les coccidies ouvertes au sommet ; .V Les Rvtiphleées dont le thalle est foliacé et pinnatifide, les coccidies ouvertes; '.- Les Delesseriée^ dont le thalle est foliacé pt pinnatifide. mais les coccidies fermée.;. 52 CHYPTOGAMES. Tribus I. LOMENTAUIEjE. Thallus filiformis, intus fistulosus. Coccidia ventricosa, apice regu- lariter aperta, sp'orulis subrotundis ad placenta/m demlroideam primum affi.ris farda. CHAMPIA, AG. Thallus intus cavus, diaphragma- tibus celltilosis in locumenta separatus, obsolète articulatus, ramosus. Thecœ in stichidiis di- stinctis fasciculatis sparsa?. LOMENTARIA IYNGB, Tliallus inlus cavus, diaphragmatibus cellulosis in locumenta sepa- ratus, articulatus, ramosus. Thecœ in stichidis oppositis, verticillatisve sparsai. CATENELLA, GREV . Tliallus intus cavus, dia- phragmatihus cellulosis in locumenta non sepa- ratus, nec articulatus, ramosus. Thecœ in stichi- diis vage sparsis. Tribus II. P0L\'^ll'I10!SIE/E. Thallus filiformis, intus plenus. Coccidia ventricosa, apice regulariter aperta, sporulis pyriformibUs ad placenlam centraient àfftxis farcta. Wlmmiï 22*. Alsidium tenuissimimi. 225. l'oljsiphonia lasiq tricha. Î26. Chondria dasyphylla. 227. Dasya hutzingiaua 228. Lophura gracilis 229. I'olysiphonia nîgrescenSi 30. Alsidium tenuissimuin . DASYA, AG. Thallus continuus, ramosus, ramis articulatis. Thecœ in stichidiis distinctissimis, lanceolato-linearihus, non articulatis, stipitatis, multiseriabe. lophura KUTZ. Thallus continuus, ramosissi- inus, ramis continuis. Thecœ in stichidiis di- stinctis, lanceolato-linearihus, non articulatis, sessilibus, biseriatœ. CHONDRIA, HUTZ. Thallus continuus, ramosus, ramis continuis. Thecœ in stichidiis, distinclis, elavatis vel pyrilbrmibus apice ohtusis, non ar- ticulatis, stipitatis, multisenatœ. ACANTHOPHORA, l.AMX. Thallus continuus. spinulis pyramidatis cchinatus, ramosus, ramis continuis. Thecœ in stichidiis distinctis, e spi- nulis transformais ortis, non articulatis, sessili- bus. biseriatœ. TRICHOTHAMNION. KUTZ. Thallus articula- tus, ramosus, ramis articulatis. Thecœ in stichi iliis distinctissimis, ovato-lanceolatis, articulatis, sessilibus, mùltiseriatœ. POL,YSlPHONiA,(,7,7;r. Thallus articulatus, ra- mosus, ramis articulatis. Thecœ in stichidiis linearibus, sessilibus, moniJiformitcr imise- riatœ. ALSIDIUM. AG Thallus inlus articulatus r.i- RYTIPHLEÉES, DELESSERIEES. niosus, ramis arttcuiatis. Tbecte in stichidiis lan- ceolato-linearibus , apice breviter penicillatis, articulatis, stipitalis, biseriatse. PHYSCOPHORA, KUTZ*. Tliallus aiïieulalus, 55 ramosus, leviter spiralis ad arigulos dense spino- sus. Tbecte in stichidiis distinctissimis, glome- ratis, elongatis, gibbosis, basi ramosis, axillis spinarum insidcntibus. uniseriatte. Cette petite tribu présente un exemple fort remarquable des séries parallèles : les quatre derniers genres, à fronde continue, répètent les formes des quatre premiers à fronde arti- culée. Ainsi le Trichothamnion correspond au Dasya.lePolysiphoniamLophura, VAlsidium au Chondria, et le Physcopkora kYÀcanthophora. Quant aux caractères distinctifs des genres, ils reposent principalement sur la forme des stichidies, leur disposition et le nombre des séries de tétraspores qu'elles renferment. Tribus 111. HYTIPIILE.E. Thallus foliaceus vel complanatus, pinnatus. Coccidia subglobosa, apice regulariter aperta, sporulis pyriformibus adpldcentam centralem affixis fureta. ODONTHAL1A LY!\GD. Thallus complanatus, corlicatus, costatus; cellulae interiores longitu- dinaliter ordinata!. Tbecœ intni >h< Tiidia, lomcn- tacea, fasciculata, petiolala. biseriatse. DICTYOMENIA , GREV. Thallus complanatus, corlicatus, costatus ; cellulx 1 interiores in zonas parallelas transversales ordinata;. Thecai intra sti- cbidia e spinulis transfonnatis orta, biseriata?. nYTU'HL^EA AU. Thallus complanatus, corli- catus, ecostatus ; cellulae interiores in zonas pa- rallelas transversales ordinata 1 . Tbecse intra sti- chidia e pinnulis ultimis intumescentihus for- mata, sa?pe circinnatim involuta, biseriatae. AMANSIA. I.AM.X. Thallus foliaceus, nudus, cos- tatus ; cellulœ in zonas parallelas curvatas ordi- nata 1 . Thecœ intra stichidia ramulosa c margine thalli orta beteroiuorpha, uniseriatœ. POLYZONIA, SUHR. Thallus foliaceus, nudus; cellulae in zonas parallelas curvatas ordinata:. Thccaî intra stichidia in pinnularum axillis so- litaria, thallo continua, demuin circinnatim in- voluta, uniseriataï. Tribus IV. DELESSERIEjE. Thallus foliaceus, stepe pinnatus. Coccidia subglobosa, clausa, sporulis ad placentam dendroideam affixis farda. 252. Dclesseria sanguinea. 2: ' Physcophora n'a été aldopti | u aui un auteur. Kûtzing lui-même semble l'avoir rejeté. S m est remplacé par l<- synonyme flltiothfimiwtm Kg. •Cette figure représente un Leveillea, genre adopté pai quelques auteurs En supposant qu'on le rejette, il faut rapporter l'espèce in représentée au genre le plus voisin, qui est le Polysonia. 54 CRYPTOCAMES. g. 1. Cet lulx interiores minutie. Thecx nucleo triangulatim quadridiviso. DELESSERIA KVTZ. Tliallus costatus, costa ra- mis delicatulis parallelis instruela. Coccidia late- ralia, sporulis in radios excentricos disposais, singularibus libris intertextis farda. Thecas in stichidiis distinctissimis, loliaceis, petiolatis. §. 2. Cellulx interiores ma.ores inanes longitudinaliter ordinalx. Thecx nucleo zonatim quadridiviso. PLOCAIMUm, GREV. Thallus ecostatus, pinna- | THAHNOPHORA, AG. Thallus ecostatns, pinna- tus. Coccidia sessilia, sporulas c iilorum arlicu- ! tus. Coccidia sessilia, sporulas c iilorum articu- latorum articulis extremis ortas includcntia. The- j latorum articulis extremis ortas includentia. cœ in stichidiis lateralibus biseriatse. Thecœ in stichidiis ramujosis subbiseriatae. 16' Famille. CLAL'DEEES. Cinq genres constituent cette petite famille : le Claudea, le Martensia, le Thuretia, l'Halo- jrfegma et le Dictyurus. Les trois premiers sont parfaitement connus et ont leurs organes de reproduction placés au milieu d'un thalle réticulé dont les mailles varient beaucoup par leurs formes et leurs dimensions. Les deux autres ont été établis sur des échantillons sansfructitica- tion et ne sont rangés ici que par analogie, leur thalle étant percé à jour comme celui des Claudea, des Martensia et des Thuretia. La structure de ces thalles et par suite la manière dont se forment ces réseaux est extrêmement différente. Dans les Claudea, par exemple, le thalle est découpé en nombreuses lames, toutes percées à jour, semblables, dit M. de Mirbel, à de petites pièces de dentelle montées latéralement sur des fils de laiton, courbées en arc. Ses stichidies, allongées en fuseau et d'un rouge de corail, sont attachées par leurs extrémités aux nervures parallèles de ces lames foliacées. Elles contiennent chacune plusieurs thèques tétrasporées. Le thalle du Martensia est.au contraire, une expansion membraneuse, d'abord complètement entière et non réticulée. Sa forme est celle d'un demi-cercle. Ce n'est que plus tard que sur ses contours arrondis se développe une espèce de bordure percée à jour, qui donne à toute la plante l'aspect d'un mantelet garni de dentelles et au milieu de laquelle les thèques tétrasporées sont éparses. Dans le Thuretia, le thalle a l'aspect d'une feuille dont le parenchyme serait détruit ; une nervure principale le parcourt dans toute son étendue, donnant naissance des deux côtés à des nervures secondaires. Lorsqu'on examine ce thalle au micro- scope, on trouve deux réseaux à mailles composées de tubes placés bout à bout et compa- rables à ceux de V Rydrodictyon. Ces deux réseaux superposés sont maintenus par les nervures secondaires qui sont formées de tubes parallèles serrés les uns contre les autres, et produisant à droite et à gauche alternativement des mamelons celluleux dans lesquels sont enchâssées les thèques. 234. 235. Martensia elegans. 236. 257. Claudea elegans. Le Dictyurus a'été établi par Bory {Voy. de. Bélanger) a cause de la structure toute particu- lière de son thalle. C'est une membrane celluleuse et à jour qui se contourne en hélice et s'élève autour d'une nervure centrale verticale à laquelle elle est fixée. EnïinY Haloplegnw. de M. Montagne est une Algue spongieuse sans nervure médiane aucune, et dont le thalle est plu? ou moins divisé et formé par un réseau de cellules intimement unies. HIST0RIQ1 E DE LA CLASSE DES ALGUES. 55 Quant aux coccidies. ce sont des tubercules assez gros qui renferment un placenta chargé de sporules et s'insèrent sur le réseau qui borde le thalle dans les Martensia, ou à la base de^ ramifications dans le Claudea. CI.AUDEA, /..4.V.Ï. Thallus ramosus; rami altérai, I diis luberculosis, cellulosis. nervis secundaris ad reticulum sistentes e nervis articulatis compo- ! loborum thalli apicem utroquc latere alternatim situm, a costa falcata (initie, revoluta) unilate- ' alïixis, immersee. raliler egredientibus. pniallelis, aequidistanli- MARTENSIA, HEIÏiyG. Thallus planus, avenius, bus, jugis transversis per totam longitudinem margine fenestratus. Thecïe longitudinaliter in connexis; thecse in stichidiis foliaceis, ellipli- reticulo série simplici dispositœ. cis, jugamento septato média percussis et ulni- flLOPLEGMA' MGNE. Thallus spongiformis, que extremitate ad nervos aflixis, primum lilis ; avenius, reliculatus e floccis articulatis reticula- reticulatis inter se connexis, demum liberis di- , tim connexis, versus superficiem liberis compo- sposit*. situs. 7HURETIA DNE. Thallus foliaceus, margine i DICTYURUS, BO/iV. Thallus foliaceus costam dentalus, dein lobatus vel ramosus, reticulatus. centraient circa spiraliter crebro-convolutus, re- reticulo nervis venisque affixo. Thecae in stichi- liculato-cribrosus. MSTOlîIQUE DE LA CLASSE DES ALGIES. Linné, dans ses Fragmenta Methodi naturalis, admet une classe des Algues composée de douze genres: Marchanda. Jungermannia. Anthoceros, Blusia, Biccia, Lichen, Spongia, Vlva, Tremella, Conferva, Chara et Fucus. Les six premiers font partie de notre Ordre des Hépatiques, le Lichen appartient à la Classe des Champignons, le Spongia au Régne animal, les cinq derniers seuls sont véritablement des Algues. Bernard de Jussieu, en 1759, dans son Catalogue des plantes du jardin de Trianon, con- serva dans son Ordre des Algues tous les genres de Linné. Il y ajouta le Byssus qui était placé par le botaniste suédois dans les Champignons, l'Equisetum et le Marsilea qui taisaient partie des Incertsc sedis. Cette addition n'est point heureuse, ces deux derniers genres ayant une organisation et une manière de vivre toutes différentes de celles des Algues. A la même époque, Adanson, dans ses Familles naturelles des Plantes, exposait nettement les caractères de ces végétaux. Il formait une famille distincte sous le nom tfHépathiques, des Marchanda, Jungermannia , Anthoceros, Blasia, Biccia, replaçait les Lichens avec les Champignons à côté des Pezizes, réunissait le Spongia aux animaux, et groupait les Byssus, les Tremelles, les Conferves, les Fucus et les Dlves en deux familles: l'une, celle des Byssus, comprenant les Byssus, les Tremelles et les Conferves; l'autre les Fucus, les Ulves, et quelques genres qu'il en avait détachés, tels que Padina, Ceramium, Yirsoides, etc.... 11 classait, en outre, dans ses Byssus, deux genres de MicheM, VAspergillus et le Botrytis, que Bernard de Jussieu n'avait point inscrits dans son catalogue , et bien qu'il soit démontré actuellement que ces deux genres sont des Champignons et non des Algues, ce rapproche- ment n'a rien de surprenant pour ceux qui savent que ces moisissures se composent d'utri- cules disposées en chapelet, comme les N'ostocs. En 1789, Antoine Laurent de Jussieu, dans son Gênera Plantarum, suivit les errements de son oncle. Il mit de côté également les Aspergillus et les botrytis, ne tint aucun compte des nouveaux genres d'Adanson, et divisa son Ordre naturel des Algues en trois sections: la première, les Byssi, comprend les genres Byssus, Conferva et Tremella; la seconde, les Fuci, le genre Fucus et les Llves; la troisième, sous le nom de Lichenes, les Cyathus, Hypoxylum, Sphssria, Lichen. Les deux premières sont, comme on le voit, les deux familles d'Adanson , moins les genres nouveaux établis par lui : elles portent les mêmes noms. Quanta la troisième, on ne comprend pas trop pourquoi Antoine Laurent de Jussieu a placé dans les Algues, à côté des Fucus, les quatre genres qui la constituent et qu'Adanson avait rangés parmi les Champignons. Depuis le commencement de ce siècle, un grand nombre de travaux ont été laits sur celle classe; nous citerons seulement les principaux: Diliwis, 1.. W. Synopsis of the British Confervse. 1802, in-4. Tirsek. Synopsis of the Britisli l'uci. 1802, in-4. Agabdh, C. A. Synopsis Algarum Scandinavie. 1x17, in-*. — Dissertatio de metamorphosi Algarum. tx-jo in-8. ' Ou plutôt ifjtop' 56 CRYPTOGAMES. LjuioimoDx. lissai sur les Thalassiophyles non articulés. Ann. Muséum. 1813-1821). Lyngdif.. Tentamen hydrophytologize Danicx. 1819, in-4. Vadcher. Histoire des Conferves d'eau douce. 1830, in-4. riuTBociiET. Observai ions sur la circulation du Chara fragilis. K. Ann. Se. fiai., 1838, vol. X. Montagne. Considérations générales sur les Phycées ou Algues submergées. Hist. pliys. de l'île de Cuba, 1838-1842, i.i-8. Decaisne. Essai sur une classi/ication des Algues et des Polypiers calcifères de Lamouroux. IV. Ann. Se. Nat. 1842, vol. XVII. — Mémoire sur les Corallines. N. Ann. Se. Nat., 1842, vol. XVIII. — et TimnET. Recherches sur les antht'ridies et les spores de quelques Fucus. A". Ann. Se. Aat . 5 e série, vol . 1 . KiiTziNo. Phycologia generalis. 1843". II e Classe. — CHAMPIGNONS. Les Champignons, comme les Algues, ne présentent jamais de feuilles, de tiges ni de racines; mais l'on y observe toujours, même dans les espèces les plus simples, des organes distincts pour la végétation et la reproduction. Un mycélium composé de filaments blanchâtres qui, s'enchevélrant les uns avec les autres, constituent une sorte de feutre au milieu de la sub- stance sur laquelle ils se développent ; de différents points de ce mycélium d'autres filaments ou des corps semblables à des globes, à des massues, à des mitres, à des coupes, à des branches de corail, etc...., qui s'en élèvent et portent à leur sommet ou dans leur intérieur les organes reproducteurs, telle est l'organisation générale des Champignons. Le mycélium , c'est le système végétatif ; il est peu apparent et a été longtemps méconnu. Les corps qui se déve- loppent à sa surface, c'est l'appareil de la reproduction ; ils sont toujours très-considérables relativement aux organes de la végétation, tellement considérables même que jusque dans ces derniers temps, on a cru qu'ils constituaient ù eux seuls toule la plante. La localisation des deux fonctions principales des végétaux est donc complète dans les Champignons. C'est le contraire dans les Algues, et dès lors la distinction entre ces deux classes et la su- prématie de l'une sur l'autre dans la série des végétaux est évidente. La plante, en eflet, dans les Algues les plus simples, ne consiste que dans un thalle dont toutes les utricules, après avoir végété quelque temps, donnent naissance à des spores. La localisation des fonc- tions est nulle, puisqu'elles sont accomplies successivement par les mêmes organes. Dans d'autres Algues plus élevées, la plante n'offre encore qu'un thalle celluleux; mais toutes les utricules ne se remplissent pas de spores; il n'y en a qu'un petit nombre qui jouissent de cette prérogative. Du reste, nul ne saurait dire pourquoi celles-là plutôt que celles qui les avoisinent, tant la ressemblance est grande, tant il serait difficile de les distinguer dans leur jeunesse. Enfin, dans les Algues les plus élevées, le thalle présente quelques rameaux dont la forme et la structure différent un peu de celles des autres ; c'est précisément sur ces rameaux A ces travaux il convient d'ajouter la citation des publications, presque toutes plu> récentes, qu'il faudra consulter pour se [aire une idée plus exacte des derniers progrès de VAlgolôgie. Acatidii (T.), Species, Gene.ru et Ordines Muni uni. I.und, 1S4S. — Cheville, Algse britannieas. Edinburgh, 1S30. — Harvey, Phycologia britannica. Londres, 1846 ; Nereis australis. Londres, 1847; Munuul of British Algx. Londres, 1846. — A. Biutrcr, Algar. unicellul. non. non.; Ueber Ctirytridium. Berlin, is.')t;. — Tiiwaites, On Le- î/itnu'ii fluviatilis (in Liun. Trans., XX, 399) ; Sur la conjug. dus Diatomées (Ann. su. mil., sér. ~>, VII, "i ; 1\, tilt; XII, '■>.) — Ralfs, lintisli Desmidiacex. 1 Ires, 1848. — Zanarmni, Saggio di Classff. Alg. Venise, 1845. — Itzigsohn, Vcb. die Mânnl bei Spirogyra \lSut. /cit. is:»r», 201). — PniNGsnEiM, Vntersuck. fib. Befruckt., etc. Berlin, '1850; Uel/cr die Befruckt. il. AU) en. Berlin, 1833 ; Entwickel. der Achlya proliféra (in Act. Ac. Leop. Cses., XXlll, 1 ; et tous les articles relatifs aux Algues publiés dans son Journal spécial). — Kutzing, Tabulas phycplo- gicx. iXordbauscn, 1841). — iN.egi:u, Die Neuern Algensyst. Zurich, l s 17 , Gattung. Einzcll. Algen. Zurich, isiï'. — TnunET, Rctlt. sur tes Zoos/nues îles Algues [Ann. se. nul., sér. III, XIV, 214 ; XVI, 3 ; et ses autres mémoires insérés dans le même recueil). — Deriiès ei Solieiî, Mém. sur les org. reprod. des Algues (Ann. se. nul., sér. 111, XIV, 261). — Montagne, Sijlhujr gêner, spee. que Cryptogam. Paris, 1856, pp. 383-474. — Berkeley, tntrod. lu Crupt. Bot. Londres, 1857, pp. SI 254. Pour les Algues parasites de l'homme cl des animaux, voir le traite spécial thi prof. Ch. Robin : Bistoii e na- turelle des végétaux parasites, etc. Paris, 1855, pp. 290-40"; cl, pour les caractères généraux des Algues qu'il importe au médecin de connaître, noire article U-gui s du Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, lomcll, Paris, 1865, p 781 CHAMPIGNONS. GÉNÉRALITÉS. 57 modifiés que se trouvent les utricules qui renferment les spores. La localisation des fonctions tend donc à devenir de plus en plus grande dans les Algues. Nulle d'abord, elle s'élablil dans les utricules et enfin dans les différentes parties du tlialle ; mais qu'est-ce que cette loca- lisation quand on la compare à celle des Champignons où les organes de la végétation et ceux de la reproduction sont si distincts par leurs formes, leur structure et leur direction ? Le mode de végétation des Champignons est par suite également tout autre que celui des Algues. Toujours leur mycélium se développe sous la terre ou à l'intérieur du corps sur lequel ils naissent, tandis que leurs organes de reproduction viennent s'épanouir au dehors. Ordi- nairement ce sont des filaments blanchâtres qui s'anastomosent les uns avec les autres, ou qui s'écartent en rayonnant d'un centre commun. Ces filaments sont composés d'utricules allongées placées bout à bout, et complètement dépourvues d'endochronie. C'est le blanc de Champignon des horticulteurs. Il y a loin de là au thalle des Algues qui renferme toujours de l'endochrome, et qui le plus souvent s'étend en membrane'. Â/.r?s?N -. ta I M •■ euums de Clavana. ilO. Pisomyxa racodioides. Cette structure du mycélium des Champignons est presque générale. Dans quelques plantes de l'ordre des Myxosporées cependant, ces filaments anastomosés ou réunis en membrane sont plus mous, plus charnus. Examinés au microscope, ils n'offrent pas d'organisation bien distincte. Les utricules qui les composent ne sont point allongées, mais irrégulières et peu adhérentes entre elles. Comme il arrive parfois que la plante reste longtemps dans cet état de mycélium, par suite des circonstances peu favorables à la fructification , quelques botanistes ont pris ces portions de Champignons pour des Champignons tout entiers, et en ont fait les genres Xylostroma, Rhacodium, Phlebomorpha et Mesenterica. Mais que les circonstances deviennent plus pro- pices et bientôt apparaissent a la surface de ces prétendus Champignons les organes de repro- duction des Agarics et des Bolets pour les Xylostroma et les Rhacodium, des Physaria et des Trichia pour les Phlebomorpha et les Mesenterica. Ces organes de la reproduction se développent toujours sur différents points du mycélium, tantôt solitaires, tantôt plusieurs ensemble. Ce sont d'abord des tubercules peu considérables, entièrement composés d'utricules très-petites et hexagonales. Ces tubercules grossissent et des phénomènes très-divers se passent dans leur intérieur, suivant l'espèce à laquelle ils appar- tiennent. Est-ce un /Eyerita? le tubercule, après avoir acquis tout son développement, se recouvrira de filaments portant chacun une spore à leur extrémité. Est-ce une Pezize? il se creusera en une coupe plus ou moins profonde dont l'intérieur sera tapissé de théques. Est- ce un Agaric? une espèce de chapeau porté sur un long pédicelle sortira du sein de ce tuber- cule et viendra fructifier au dehors. Est-ce un Lycoperdon ? il se formera dans son tissu une multitude de lacunes, et du pourtour de chacune d'elles naîtront des utricules allongées por- tant quatre spores à leur surface. 1 lorsqu'on place sur du sable mouille et mieux encore sur des lames minces de verre, ,1,- spores que l'on re- couvre d'à loche, on rail, quand la température atmosphérique est modérée ou chaude, on voit„dis-je, au bout de quelques jour-, naître des filaments d'un, deux ou trois points de leur surface. Ces filaments sonl ram- pants, se divisent, s'anastomosent et finissent par forme) un tissu |ilus ou moins épais. C'est ce tissu que l'on désigne sous le nom de mycélium, de blanc Je Champignon, etc. Les expériences que nous pouvons faire sur les grandes espèces de Champignons ne nous donnenl Jamais d'autre» résultats ; mais si nous venons 5 agir sur des moisissures, alors il non» e-i possible de suivre le mycélium jusqu'à la fructification et de re| luire en qui Ique sorte à volonté ces petits végétaux. On voit de distance en distance des renflements, di - nœuds se manifi tel il en naît des filaments droits, simples ou rameux qui portent des spores. Il n'j a pas d'espèce qui se prête plu facilement à cette expérience que VAscophora llucedo. Un i ceau de pain chargé de cette moisissure, mis dans une assiette de pou , , . lames de verre ça et là et recouvert d'une cloche, laisse voir, < J ii troisième au sixième jour, tout aces recouvertes de nouveaux individus. Comme son mycélium est non, il se dessine lui-même sur le Idanc de l'assiette et en portant les lames de verre sous le mil roscope, on en observe les phas is de Léveii i i:, lit. ; s \ rticle M 58 CRYPTOGAMES. Tant que la chaleur et l'humidité ne sont pas suffisantes, aucune modification ne se mani- feste à l'intérieur de ces tubercules ; ils restent entièrement celluleux. Les botanistes qui con- sidéraient les mycéliums stériles comme des plantes distinctes et en avaient formé des genres, ayant observé ces corps sans en suivre le développement, s'imaginèrent que c'était également des espèces particulières de Champignons, et leur donnèrent le nom générique de Sclerotium, qui du reste s'applique à beaucoup d'autres corps de nature et d'origine très-diverses. Comme ces tubercules naissent immédiatement sur le mycélium, ils sont toujours cachés dans la terre, sous l'épiderme des feuilles ou sous l'écorce des arbres, et y subissent le plus grand nombre de leurs transformations. Ordinairement rien n'accuse leur présence à l'exté- rieur. Mais que les circonstances deviennent propices, ils sortent par une espèce de dilatation de leur tissu, et apparaissent aux yeux étonnés de ne point les avoir aperçus peu de temps auparavant. La rapidité avec laquelle ce phénomène se produit semble tenir du pqpdige : des lieux où l'on a passé la veille sans rien observer, sont couverts le lendemain d'une multitude de ces organes que tout le monde appelle Champignons, mais qui ne doivent être considérés que comme les organes reproducteurs d'une plante souterraine. C'est un phénomène sem- blable à celui qu'on observe dans les Crocus. Lorsqu'on examine ces plantes en automne, on remarque, à l'intérieur des bulbes cachés sous la terre, des fleurs déjà complètement formées, mais très-petites encore. Pendant l'hiver, aucun changement ne se manifeste ; elles restent dans cet état de miniatures. Mais à peine les premiers beaux jours viennent-ils échauffer la terre, qu'on les voit poindre hors du sol, et bientôt après s'épanouir. La comparaison peut même se soutenir davantage. Dans les Crocus, comme nous le montrerons pour les Agarics, l'inflorescence est enveloppée par une membrane, une espèce de volva qu'elle déchire pour apparaître à l'air et qui, persistant à sa base, lui forme une gaine spéciale. Si les organes reproducteurs des Champignons ne se développent pas aussi rapidement qu'on pourrait le croire au premier abord, les organes de la végétation, au contraire, se propagent quelquefois avec une promptitude extraordinaire. Une expérience facile à répéter le démontre. 11 existe un mycélium membraneux de Trichia ou d'un genre voisin qu'on a dé- signé sous le nom de Phlebomorpha rufa, à l'époque où l'on croyait que c'était une plante tout entière. Lorsqu'on met dans un verre d'eau un fragment, môme très-petit, de ce mycélium , il se précipite, et le lendemain ou le surlendemain on est surpris de voir un magnifique réseau ou une membrane mésentériforme au fond du vase. M. Léveillé assure avoir répété cette expérience avec des échantillons de Phlebomorpha rufa qu'il conservait depuis plus de vingt-cinq ans dans son herbier ; comme, d'un autre côté, le blanc de Champignon que vendent les horticulteurs n'est autre que le mycélium desséché du Champignon de couche, on peut généraliser ces faits remarquables, et dire que le mycélium des Champignons jouit de la singulière propriété de pouvoir se dessécher complètement sans perdre la faculté de se développer lorsqu'il sera placé dans une atmosphère humide et chaude, et de donner naissance aux organes delà reproduction. C'est un phénomène tout à fait ana- logue à celui que Spallanzani le premier a observé dans ces petits habitants des gouttières des toits, dans ces animaux rotifères qui reprennent et quittent la vie selon que le temps leur apporte la pluie ou le soleil. Quelques Champignons végètent sous la terre et viennent fructifier à sa surface comme les Agarics, mais c'est le petit nombre ; la plupart sont parasites, c'est-à-dire se développent sur d'autres corps organisés, que ces corps soient vivants ou qu'ils soient morts depuis plus ou moins longtemps. Les Uredo, les jEcidium, les Ustilago croissent sur les feuilles des plantes vivantes et leur occasionnent des maladies quelquefois bénignes, souvent graves et même mortelles. Leur mycélium se multiplie entre l'épiderme et le parenchyme, et constitue, par- exemple, les petites taches blanchâtres qu'on aperçoit très-nettement sur les feuilles des Chèvre- feuilles. Comment les spores qui ont donné naissanceàce mycélium ont-elles pénétré sous l'épi- derme? .Nul ne saurait le dire Toujours est-il que, quand ce mycélium s'est répandu et propagé, sur différents points de son étendue apparaissent de petits tubercules qui, en grossissant, sou- lèvent l'épiderme et se produisent au dehors tous forme de corbeilles plus ou moins élégantes. Le charbon, la rouille et la carie, qui font périr tant de plantes, sont des maladies occa- sionnées par la présence de Champignons, ainsi que l'ont démontré dernièrement encore MM. Tulasne. Quant à l'ergot du seigle, M. Léveillé a l'ail voir que ce n'était qu'une mons- CHAMPIGNONS. GENERALITES. 59 truosité, un état pathologique du grain causé par le développement d'un Champignon para- site qu'il a désigné sous le nom de Sphaeelia. « Les pieds sur lesquels ce Champignon prend naissance, dit-il, ne différent pas des autres le plus souvent en taille et en vigueur, quoi qu'en disent tous les auteurs ; seulement les épis sont sales et visqueux dans un ou plusieurs points; les mouches et beaucoup d'autres insectes s'y reposent, sans doute pour se nourrir de ce suc visqueux qui a une saveur légèrement mielleuse et qui répand une odeur comparable à celle des os récemment râpés. J) 5 241. Isaria crassa. . Sphajria Robertsîi. 244. Ustilago. 245. Sphaeelia 1 . 248. Bovisla plumbea. Les Champignons dont les spores sont en chapelet, comme dans les Rhodoceplialus, consti- tuent notre premier ordre, l'ordre des Arthrosporées ; ceux dont les spores se développent, comme dans les Botrytis, à l'extrémité d'un filament plus ou moins allongé, notre deuxième ordre, l'ordre des Trichosporées ; ceux dont les spores apparaissent par quatre sur chaque utrieule, comme dans les Agarics, notre quatrième ordre, l'ordre des Basidiosporées. Deux modifications principales s'observent également dans les Champignons dont les spores naissent à l'intérieur d'une utrieule, et qui forment notre troisième ordre, l'ordre des Tiiéca- sporées. La thèque, en effet, peut être globuleuse et contenir un assez grand nombre de spores disposées sans ordre (ex. Ascopkora Mucedo), ou être ovoïde et n'en renfermer que quatre, six ou huit placées l'une au-dessus de l'autre (ex. Pex-iza abietina). s» -<:■ 250. Triphragmiiiiu Ulmariae. 251. l'yroiieim mai lainiin. ' Le B. nutans est une espèce au moin> forl douteuse (?) 252. Rhizopogmi hl.tk'il itlltii CHAMPIGNONS. GENERALITES. les Mïïosporbes sont notre cinquième ordre. D'après 65 Enfin les .Mïxosporées sont notre cinquième ordre. D'après les observations récentes de MM. Tulasne, leurs spores se développent au milieu d'une masse mucilagineuse qui parfois se dessèche et forme une espèce de sac d'où elles s'échappent à la maturité. La structure des spores n'est pas moins différente que leur origine. Le plus ordinairement eMes sont simples, c'est-ii-dire formées par une seule utriculc à parois minces, transparentes et incolores (ex. Botrytia), et dont la forme est très-variée; souvent globuleuse, elle est par- fois tout à fait semblable à un fuseau. Ailleurs les spores sont celluleuses, et dans ce cas, quelquefois les utricules sont placées bout à bout, tandis que d'autres fois elles sont serrées sans ordre apparent, et constituent une masse celluleuse. Enfin elles peuvent être lisses ou hérissées, et même dans quelques genres présenter des appendices d'aspects très-divers. J5-.. Milbospora. macrospernu. 251. Dictyosporium elegans. 255. Dilophospora grannnis. 25fi. Fusiditlrn. clandestjnum. 557. Fusoma glandarium. Les thèques, comme les basides monosporées ou tétrasporées, comme les chapelets de spo- res, peuvent être portées sur des filaments isolés, ou bien serrées les unes contre les autres de façon à former une sorte de tissu. Dans ce dernier cas, on aperçoit souvent entre ces thèques, ces basides ou ces chapelets despores, des filaments simples ou rameux, continus ou cloisonnés qu'on appelle paraphyses. L'ensemble de ces thèques, basides ou chapelets de spores el des paraphyses, quand elles existent, prend le nom d'hymenium. Ces organes de reproduction, thèques ou basides, reposent sur un réceptacle qui varie beau- coup par sa forme et sa structure. Ainsi, dans \esBotrytis, les Ascophora et les Pénicillium, etc., ce -"lit des filaments analogues à ceux qui forment le mycélium. Au lieu d'être couchés à la surface du corps sur lequel ils se développent, ils sont le plus ordinairement dressés et por- tent à leur extrémité chacun une spore (ex. Botrytis nutans), ou une thèque (ex. Ascophora Mucedo), ou un chapelet de spores (ex. Rhodocephaliis candidus}. Dans les Stilbum, \esCore- mium, ce sont encore des filaments terminés chacun par une spore ou un chapelet despores; mais ces filaments, soudés entre eux par la base et libres au sommet, forment une espèce de gerbe de spores solitaires ou de chapelets de spores. Dans les /Egerita, les Agyrium, les Tubercularia, c'est une masse tuberculeuse formée d'utri- cules hexagonalesintimement unies, à la surface de laquelle sont placées les basides, les thèques ou les chapelets de spores. Cette masse utricu- lain peut présenter une sur- fier plane et même se creu- sei de façon à offrir la forme d'une coupe au fond de la- quelle se trouventles organes de la reproduction, des basides, par exemple, dans les Excipula, îles thèques dans les l'ezizes. Enfin cettei oupe peut s'évaser davantage encore, et sis bords se rapprocher tellement qu'il en résulte un corps sphérique tapissé à l'intérieur par des thèques ou des basides, et ouvert seulement au - met par une fente ou par un petit trou en forme de papille, et que les cryptogamistes appellent ex. Sphxronema, Sphxria). Plusieurs noms ont élé propi ses pour désigner ci s différentes formes du réceptacle. Nous 64 CRYPTOGAMES. les avons tous rejetés à l'exception d'un seul, celui de conceptaele, que M. Léveillé applique à cette forme spéciale qui caractérise les Sphssronema et les Sphseria. Cette expression de con- ceptacle, dont nous nous sommes déjà servis à l'occasion des Fucus, indique donc un récep- tacle tellement évasé que ces bords se sont rapprochés et forment une cavité ouverte seule- ment par une fente ou un ostiole. Pour justifier ce rejet, il nous suffira de rappeler que dans les fleurs des Phanérogames, et en particulier dans la famille des Rosacées, l'axe qui supporte les organes de la fructification, et qu'on nomme de même réceptacle, varie également à l'infini sans qu'on ait jamais songé à désigner toutes ces modifications par des noms spéciaux. Ainsi, conique dans la Fraise, il est plat dans la Ronce, concave dans quelques Potentilles et se creuse tellement dans la Rose, qu'il forme une cavité au fond de laquelle sont insérés les organes de la reproduction, et qui n'offre à son sommet qu'une très-petite ouverture. 2i'G. Spliœria bellula. C& 267. Sphœria l'ini. 568. SphariaLaburn - aPiSS'J *j 271. 272. Hypoxylon sphœrii *. 269. 270. Hypoxylon gramineum =. 273. 27t. Cordierilcs Guianensis. 27S. 276. Tympanis lonspeisa. Ces diverses espèces de réceptacles et de conceptacles, quelle que soit la nature des organes qu'ils renferment, ne sont point toujours portées immédiatement par le mycélium. Souventil y a un corps intermédiaire qui peut également présenter les formes les plus diverses. Il est claviforme dans V Hypoxylon gramineum 7 ' , rameux dans le Cordierites, tuberculeux et fen- dillé dans le Tympanis, plane dans une multitude d'espèces de Sphseria, concavedans d'autres. Ce corps intermédiaire qui supporte ainsi plusieurs réceptacles ou plusieurs conceptacles, nous le désignons sous le nom de réceptacle commun. Dans un grand nombre de Champignons, ce réceptacle commun forme une cavité ouverte à son sommet ou entièrement close, et dans l'intérieur de laquelle sont accumulés des con- ceptacles complètement libres (ex. Cyathus), ou plus ou moins intimement soudés (ex. l'ohj- saccum, Lycoperdon, etc.). Nous l'avons nommé alors, avec la plupart des cryptogamistes, peridimn, et la masse des conceptacles qu'il renferme est la gleba. 1 Xylaria Guianensis. - Camillea Leprieurii. z Vov. la note 1. CHAMPIGNONS. GENERALITES. liô Il v a 'lune outre le réceptacle commun et le peridium une différence analogue à celle qui existe entre le réceptacle el le conceptacle. Les Phanérogames ont également un réceptacle commun avec dos apparences aussi variées. Dans les Zinnia, l'axe sur lequel s'insèrent les fleurs est allongé. Ailleurs (ex. Anthémis no- bilis) il se raccourcit beaucoup; ailleurs encore il devient plat (ex. Helianthus minuits) ou con- cave comme dans l'Artichaut. Enfin, dans la Figue, il se creuse tellement qu'il en résulte une cavité ouverte seulement au sommet, et dont l'intérieur est tapissé de fleurs. Cet axe qui sup- porte ainsi plusieurs fleurs et partant plusieurs réceptacles, quelle que soit du reste sa forme, porte toujours le nom de réceptacle commun. ST7. Î78. Cyathus striatus S79. 280. Polysacuum crassipi-s !3l. Seeoli efylhroceplialilm Le peridium des Cyathus est simple; à un« certaine époque de son développement, il se déchire assez régulièrement et offre l'aspect d'une coupe plus ou moins évasée au fond de la- quelle on aperçoit des conceplacles complètement libres les uns des autres. 11 est également simple dans les Hysterangium, les Polysaccum et les Lycoperdon. Mais les conceptacles qui -mil encore distincts quoique très-rapprochés dans les Hysterangium, sont soudés entre eux dans les autres, avec cette différence que la trace de cette soudure est visible dans les Poly- saccum, tandis qu'elle a complètement disparu dans les Lycoperdon ; l'intérieur du peridium n'est plus qu'une masse partagée en alvéoles et qu'on désigne sous le nom de gleba. A la ma- turité, le peridium s'ouvre au sommet, celte gleba se détruit et l'ensemble de ses détritus ou le capillitium s'échappe avec les spores. !8î. Hyriostoma conforme. 583. Plecostomn lornicaluin. ISt Cwislur SchiiiiiMii Le peridium desGeasler, au contraire, est double; l'externe (peridium exlernum) sedéiruil le premier en plusieurs lanières qui se réfléchissenl vers la terre el forment une espèce de baseétoilée au peridium interne (peridium internum) qui ne s'ouvre que beaucoup plus tard au sommet, pour laisser sortir le capillitium ef le- spores. Il existr également dans les Tulostoma deux peridium contenus l'un dans l'autre à leur ori- gine ; mais bientôt le peridium externe se fend plus ou moins régulièrement el le peridium interne s'élève porté sur un pied allongé à la base duquel le peridium externe for une espèce de gaine, une volva. Au lieu de se développer entre les <\ru\ peridium interne el externe, ce pied apparaît à l'intérieur du peridium interne dan- les Cycloderma et les Gyrophragmium. Seulement dans les Cycloderma il prend peu d'accroissemenl : les peridium interne el externe, entièrement 'i 6C CRYPTOGAMES. soudés, ne se percent au sommet que très-tard, pour donner issue au capillitium et aux spo- res. Dans le Gyrophragmium, au contraire, il s'allonge et, pressant sur la partie supérieure et interne des peridium soudés, il les force à se rompre à peu près circulairement en deu\ parties dont l'une persiste à la base de ce pied, tandis que l'autre couronne son sommet et forme ce qu'on appelle un chapeau (pileus). le chapeau dans les Gyrophragmium est donc formé par la partie supérieure de la gleba el des deux peridium intimement soudés. Il n'en est pas tout à fait de même dans la plupart des Agarics et des Bolets. Les deux peridium sont distincts et contenus l'un dans l'autre à l'origine ; bientôt le peridium externe se rompt comme dans les Tulostoma pour laisser sortir un pied qui porte à son extrémité le peridium interne, et former à sa base une espèce de gaine, une volva. Mais tandis que dans les Tulostoma, le peridium interne ne s'ouvre au sommet que très-tard pour donner issue aux spores, dans les Agarics et les Bolets, au contraire, ce peridium interne se déchire de bonne heure à sa partie inférieure, s'étale en parasol, et laisse sur le pied une espèce de collerette que les botanistes appellent anneau. Le chapeau des Agarics et des Bolets ne renferme donc dans sa composition que le peridium interne el la gleba. Enfin dans les Phalloïdées le phénomène se passe encore d'une manière un peu diffé- rente; les deux peridium plus ou moins soudés se crèvent, et du sein de cette espèce d'enve- loppe s'élève un pied qui soutient toute la gleba. Ce pied a la forme d'une massue dans les Phallus, et la gleba est répandue à sa surface ; il est rameux dans les Clalhrus, et des rameaux anastomosés forment une sorte de cage qui contient la gleba; enfin dans les Lysurus il a l'aspect d'une coupe dont les bords sont divisés profondément en lanières, et au fond de laquelle se trouve la gleba. JïMSte 2. 1 -:. Polysaccum crassîpes 286. 287. 288 Tiilosloma mammosum 290. 291. 29-2. Gyrophragmium Delilei. 293. 291. 295. Agaric à divers États de développement. I.a gleba mûrit donc tantôt à l'intérieur du peridium, comme dans les Lycoperdons, les Truffes, tantôt à l'extérieur, comme dans les Agarics; mais elle se compose toujours d'une trame d'un tissu particulier, identique avec celui ilu pied quand il existe, et que quelques mycologues ont nommée tissu hyménial, parce que c'est dans les mailles de cette trame que se trouve Vliymeuiinu. Du reste, la forme de ces mailles varie beaucoup selon que la gleba reste au sein du peridium ou qu'elle vient au dehors, bans le premier cas, ce sont des cavités CHAMPIGNONS. GÉNÉRALITÉS. 07 labyrinthiformes qui n'ont la plupart du temps aucune communication entre elles. Dans le second, au contraire, ce sont ou des tuyaux qui viennent s'ouvrir à l'extérieur (ex. Boletus), ou des sillons plus ou mains profonds séparés par des lames minces (ex. Cyclomyces, Agaricus). Parmi toutes ces formes de réceptacle, y en a-t-il quelques-unes qui soient plus fréquentes que les autres? Les mêmes formes contiennent-elles toujours les mêmes organes de reproduc- tion, ou bien au contraire se répètent-elles dans les Champignons exosporés comme dans les endosporés ? Dans le premier ordre, les Arthrosporées, les réceptacles floconneux sont très-nombreux et aussi variés que possible ; les réceptacles tuberculeux sont en petit nombre, les conceptacles en nombre moindre encore. Dans le deuxième ordre, les Triciiospoiïéks, les réceptacles flo- conneux sont nombreux, mais moins cependant à proportion que dans le premier ; les récep- tacles tuberculeux se rencontrent dans la majeure partie des genres, et enfin on y observe aussi quelques conceptacles. Dans le troisième ordre, les Tiiécasporées, les réceptacles flo- conneux, quoique assez fréquents, le sont beaucoup moins que dans les ordres précédents ; les réceptacles tuberculeux s'observent aussi dans beaucoup de genres, mais la forme qui domine dans la plupart c'est celle des Sph'seria, c'ést-à-dire le conceptacle. De plus, dans le troisième ordre apparaissent quelques peridium dont nous n'avons eu aucune trace dans les deux premiers. Dans le quatrième ordre, les Basidiosporées, quelques exemples de concep- tacle floconneux (ex. Polyactis), de réceptacle tuberculeux (ex. Cyphella) et de conceptacles (ex. Trichoderma), mais des peridium en grand nombre, que ces peridium du reste soient toujours clos ou qu'ils s'ouvrent à une certaine époque pour laisser sortir la gleba. Enfin, dans le cinquième ordre, les IIyxosporées, aucun réceptacle floconneux ; trois familles seulement dont la première, les Ustilaginées, offre un réceptacle tuberculeux; la deuxième, les Trichia- cées, un conceptacle ; et la troisième, les Spumariées, un peridium. Comme conséquence nécessaire de cette prédominance d'une forme spéciale de réceptacle dans chaque ordre, il résulte que toutes les modifications que peut offrir cette forme spéciale de réceptacle se rencontreront précisément dans l'ordre de Champignons où elle est observée le plus souvent. Ainsi, l'ordre des Arthrosporées présente toutes les sortes possibles de réceptacle floconneux, tandis qu'on n'y distingue guère que deux espèces de réceptacle tuberculeux et de conceptacle. L'ordre des Trichosporées renferme toutes les modifications possibles des réceptacles tuberculeux, quelques-unes seulement des conceptacles; l'ordre des Thécasporées, au contraire, beaucoup de conceptacles de nature diverse ; les uns s'ouvrent par une fente longitudinale (ex. Hysterium), les autres par plusieurs l'entes parallèles (ex. Cliostomum), quelques-uns par des fentes qui vont en divergeant d'un centre commun (ex. Actidium), d'autres par une espèce de pore, un ostiole. Quant aux peridium ils sont tous indéhiscents (ex. Tuber. Genea). Enfin, l'ordre des Basidiosporées se compose, en grande partie, de genres qui ont des peridium. Seulement ces peridium sont simples et se déchirent au sommet pour laisser échapper le capillitium et les spores (ex. Lycoperdon), ou se crèvent avant la maturation pour laisser sortir la gleba qui fructifie au dehors (ex. Agaricus). Outre cette relation de la forme du réceptacle avec, le mode de formation des spores, il en existe une autre beaucoup plus intime, puisqu'elle souffre à peine quelques exceptions entre cette même forme et la station que présentent les Champignons. Voilà pourquoi les classifi- cations fondées soit sur cette forme, soit sur la manière de vivre concordaient entre elles. Toutes les plantes dont les réceptacles sont floconneux, comme les Pénicillium, les Ascopliora, les Botrylis, se développent sur les substances qui moisissent, telles que les confitures, le pain, etc. ; les réceptacles tuberculeux, sous les écorces des arbres qu'il-- crèvenl pour appa- raître au dehurs : 1rs i're'ln, lr> .Kridium s'observent sur les feuilles vivantes, tandis que 1rs Igarics, les Lycoperdons, etc , se développent à l'extérieur sur les arbres, à la surface du sol ou dans la lerre. Quelques Champignons onl la propriété de changer de couleur au contael de l'air lorsqu'on les déi luie, de passer du blanc ou jaunâtre, par exemple, au bleu de Prusse : d'autres sont phosphorescents. Ce phénomène observé pour la première fqisà Vmboine par Rumphius sur une espèce d' agaric qu'il appelle Fungus ignt us. l'a été depuis au Brésil sur V Agaricus Gard- neri, et dans le midi de la France sur V Agaricus qlearius. o8 CRYPTOGAMES. Il ii j a guère que l'ergot du Seigle, l'Agaric des pharmaciens (Polyporus officimlis), et I Vgaric des chirurgiens (Boletus fomentarius) qui soient d'usage en médecine. Mais il en est un grand nombre employés dans l'économie domestique comme substances alimentaires, et beaucoup sont très-estimés des gourmets. Nous citerons entre autres les Truffes, les Oronges, les Ceps, les Morilles. Toutefois, de grandes précautions sont à prendre dans le choix de quelques-uns, et peut-être vaudrait-il mieux s'en abstenir, selon le précepte de Sénéque, que de s'exposer à ces accidents graves dont on rapporte chaque année de nombreux exem- ples. A coté d'espèces très-innocentes et d'un goût très-délicat, s'en trouvent d'autres qu'on ne peut souvent distinguer, et qui au contraire sont des poisons très-violents. 11 y a plus : quelques observateurs pensent que la même espèce peut, suivant les climats, les saisons et même l'âge, être nuisible ou inoffensive, parce que le principe délétère ne se développe que dans certaines circonstances. Cette opinion, accréditée par un grand nombre de faits à l'appui, nous explique pourquoi, dans les Champignons les plus dangereux, le principe vénéneux disparaît toujours quand on les plonge dans du vinaigre, quelquefois lorsqu'on les fait cuire ou sécher. C'est avec le polypore amadouvier (Polyporiis igniarius) qui vient sur les Hêtres languis- sants et acquiert souvent des dimensions considérables, que l'on prépare l'amadou. L'opéra- lion est très-simple: on sépare les tuyaux sporifères et l'on fait ramollir la substance fon- gueuse qui reste; ou l'imprègne ensuite d'une matière susceptible de donner plus d'activité au feu quand on l'allume ; les Tatars, suivant M. Léveillé, se contentent de diviser en mor- ceaux le Uolet amadouvier sans enlever les tuyaux ni la couche presque ligneuse qui recouvre la parlie supérieure du Champignon ; ils forment un chapelet de ces morceaux, les trempent dans une solution de salpêtre et les font sécher. Ce procédé grossier e*st préférable à celui que les paysans des Vosges emploient, et qui consiste à mettre en terre la partie fongueuse du Champignon coupée par tranches, et à l'arroser de temps en temps avec de l'urine. Dans quelques contrées de la France, et notamment en Picardie, comme aussi en Hongrie et en Valachie, on se sert de bois pourri en place d'amadou. Ce bois, décomposé par l'humi- dité, conserve sa forme et son aspect ligneux; les zones concentriques n'ont point disparu ; il est d'une couleur blanche ou fauve, se laisse déchirer facilement. Si on l'examine avec attention on voit, au rapport de M. Léveillé, qu'il a changé de nature; sa substance, considé- rablement raréfiée, a été remplacée par un tissu filamenteux, byssoïde, blanc ou roux, et qui n'est que le mycélium de quelque espèce de Champignon. Ce bois ainsi métamorphosé, trempé dans une solution de nitrate de potasse, et séché, remplace l'amadou dans les usages domes- tiques, mais il n'en a jamais la légèreté et la souplesse. Ainsi que nous l'avons dit précédemment, nous diviserons les Champignons en cinq ordres: I" Les Arihikisporées dans lesquelles plusieurs articles d'un filament se désagrègent pour formel' autant de spores distinctes; 2° Les TnicHospoHÉES dans lesquelles le dernier article d'un filament se désarticule seul pour constituer une spore ; 5° Les Tiiécasporées dans lesquelles les spores se développent à l'intérieur d'une utricule spéciale qu'on a désignée sous le nom de thèque; A" Les Basidiosporées dans lesquelles quatre petites proéminences apparaissent sur l'utricule appelée baside; ces petites proéminences s'allongent, s'étranglent et lorment autan! le spores; 5° Les Mïxosporées dans lesquelles les spores naissent au milieu d'un mucilage qui bientôt se dessèche. 1 e1 ' Ordre. - ARTIIHOSPORÉES. Le mode de reproduction est h •me dans toutes les plantes de cet ordre. Ce sont toujours des filaments composés d'utricules placées bout à bout. A la maturité, ces utricules se sépa- rent et constituent autant de spores. Mais la disposition de ces espèces de chapelets, la struc- ture «les corps qui les supportent, la nature des spores, leurs relations avec le mijceliam sont extrêmement variées et servent de base pour la distinction des genres et leur groupement en trois familles principales nettement caractérisées ARTHROSPORÉES. 69 ' Dans les Bispora et quelques espèces de Torula, L'organisation esl La plus simple possible. La plante tout entière consiste en une série d'utricules qui forment, dans l'origine, un fila- ment plus ou moins allongé. Lorsque l'époque de la reproduction est arrivée, ce filament se désarticule et chaque utricule devient une spore, sauf, toutefois, celle qui sert de base au fila- ment et qui représente à elle seule le mycélium. Ailleurs (ex. Torula plantaginis) le mycélium est plus développé; il est tonné par un grand nombre de filaments qui s'étalent à la surface des corps sur lesquels apparaissent ces Champignons, et s'enchevêtrent les uns dans les autres. Ce sont toujours des utricules placées bout à bout qui constituent ces filaments, mais jamais elles ne se transforment en spores. Enfin dans les Pénicillium, les Aspergillus, etc., les cha- pelets de spores ne s'insèrent point directement sur le mycélium ; il y a des filaments inter- médiaires, de façon que l'on distingue dans ces plantes trois sortes de filaments : ceux qui se désarticulent en spores, ceux qui les supportent et ceux qui constituent le mycélium. Ces filaments intermédiaires qui s'élèvent du mycélium et donnent naissance aux chapelets de spores dans les Pénicillium et les Aspergillus, sont toujours formés, ou par une utricule extrêmement allongée, ou par un seul rang d'utricules placées bout i\ bout. Si nous donnons le nom dé réceptacle à tout corps qui se développe sur le mycélium et supporte les organes de la reproduction, nous dirons que dans les Bispora il n'y a point de réceptacle et que dans les Pénicillium et les Aspergillus, le réceptacle est floconneux. L'absence de réceptacle ou, lorsqu'il existe, sa nature floconneuse, sont donc les caractères distinctifs de la famille des Torulacées. Soudons par la pensée plusieurs de ces filaments de Pénicillium, il en résultera une co- lonne au sommet de laquelle flotteront des chapelets de spores, une espèce de gerbe, un ré- ceptacle composé de séries d'utricules soudées, en un mot le réceptacle celluleux cylindrique du Stysanus ou du Coremium ; de là au réceptacle celluleux et hémisphérique du Tubercula- ria, la transition est facile. Aussi avons-nous réuni dans cette petite famille des Corémiacées toutes les Arthrosporées dont le réceptacle est celluleux et porte à l'extérieur les chapelets de spores. Que ce réceptacle, au lieu de s'élever en colonne ou de s'arrondir en tubercule, devienne concave et se creuse en coupe, les chapelets de spores, au lieu de flotter dans l'atmosphère, tapisseront au contraire l'intérieur de cette coupe ; c'est ce qu'on observe dans les Champignons de la troisième famille des Arthrosporées, dans le Phragmotrichum, par exemple, où le récep- tacle ainsi modifié prend le nom de conceptacle. Lorsque nous nous sommes occupés des Algues, nous avons fait observer que dans l'ordre le plus inférieur, dans les Confervoidées, la plupart des plantes avaient une organisation très- simple, et qu'on n'y rencontrait que peu de formes compliquées ; tandis que dans l'ordre le plus élevé, dans les Floridées, il se trouvait à peine quelques genres, tels que Ceramium, Grijfahsia, qui fussent composés d'utricules allongées placées bout à bout comme la plupart des algues du premier ordre. La même observation peut se faire également ici: le nombre des genres de la première famille des Arthrosporées est beaucoup plus considérable que celui des deux autres fa- milles dont l'organisation un peu plus développée rappelle, comme nous le verrons bientôt, celle des Champignons d'un ordre plus élevé. 11 existe, nous l'avons démontré, une ralation assez in- time entre les formes des organes de la végétation des Champignons et les corps sur lesquels ils se développent. Les trois familles que nous avons établies dans l'ordre des Arthrosporées, d'après la considération de ces formes, doi- vent aussi avoir des habitudes, je dirai presque des mœurs différentes, et c'est en effet ce qui a lieu. Toutes les Torulacées prennent naissance sur les végétaux qui pourrissent, et le plus ordinairement sur 1rs partie herbacées de ces végétaux. Ainsi le Torula herbarum, comme son nom spécifique l'indique, se rencontre partout sur les tiges i tes îles plantes herbacée; : le Torula graminis, sur les feuilles de graminées desséchées; le Pénicillium 290. Dor.itomyces •■ m 297.208. Haplolrichium niseiim. 70 CRYPTOGAMES. roseum, sur les fanes flétries de pommes de terre ; les Aspergillus glaucus et clavatus, sur les substances végétales en décomposition. Les Coremium, dans la famille des Corémiacées, ont un réceptacle cylindrique qui semble n'être que la réunion de plusieurs filaments de Torulacées; ils végètent sur des fruits qui pourrissent, tandis que les Tubercularia, dont le réceptacle est une masse celluleuse assez compacte, apparaissent sur les brandies morles des arbres; le Tubercularia mlgaris, par exemple, sur celles du Groseiller ; le Tubercularia granulata, sur celles du Sycomore et des Saules ; le Tubercularia indurata, sur les troncs de Chêne dénudés d'écorce et indurés ii l'air. Enfin les .Ecidiam, dont le conceptacle n'est point coriace comme celui du Phragmotrichum et surtout des Sphsena, dans l'ordre des Thécasporées, croissent sur les feuilles vivantes des arbres ou des herbes, et y constituent des espèces de cancers. V/Ecidium canccllatum se dé- veloppe sur les feuilles des Poiriers dans les jardins ; Ï/Etidium laceratum, sur les feuilles de l'Aubépine; YJEcidium cornutum, sur les feuilles du Sorbier des oiseaux ; VdLcidium Ber- beridis, sur celles de l'Epine-vinette, etc. Le Phragmotrichum Chailletii se trouve sur les écailles des cônes de la Pesse. L'ordre des Arthrosporées se divise par suite tout naturellement en trois familles : les Toru- lacées, les Corémiacées et les Phragmotrichacées. Les Torulacées n'ont point de réceptacle ou en ont un filamenteux ; elles se développent toujours sur les substances qui moisissent. Les Corémiacées ont le réceptacle tuberculeux et croissent sur l'écorce des arbres ; enfin les Phragmotrichacées ont un conceptacle qui prend naissance sous l'épidémie des feuilles, le soulève et bientôt apparaît à l'extérieur. 17" Famille. TORULACEES. Les spores dans cette famille sont de deux natures: ou elles sont simples, c'est-à-dire for- mées par une seule utricule (ex. Pénicillium, Aspergillus, etc.), ou elles sont composées, c'est-à-dire formées de plusieurs utricules, soit placées bout à bout (ex. Septonema viride, Phragmidum), soit accumulées sans ordre (ex. Alternaria tenuis). De là deux tribus qui offrent cette singularité, qu'à part cette différence dans les organes de la reproduction, les genres de Tune ressemblent presque complètement aux genres de l'autre. Quant aux caractères distinctifs de ces genres, ils sont fondés sur le dévelop- pement du mycélium, la nature du filament qui supporte les chapelets de spores et qui peut être formé d'une seule utricule allongée, simple ou rameuse, ou de plusieurs utricules placées bout à bout, enfin sur la forme et le nombre d'utricules qui consti- tuent les spores. 599. Phragmidiuiu. Tribus I. ASPERG1LLE.E. Sporas simplices. 300. Torula sacclian. torula l'EliS. Sporîu in tloccos moniliformes concatenatse, denium secedentes. SPEIRA. CORDA. Sporse in tloccos concentriez connatse, in laminam soleœ ferresesimilem, dein secedentes. 305. Rliodoceuhalus candidus. GYROCERUS. COUDA. Sporx in Doccos spirali- ter tortuosus connatse. dein secedentes RHODOCEPHALUS. CORDA. Receptaculum floc- cosum erectum, continuum, non septatûm, apice in ramulos simplices , capituluni formantes di- TORULACËES. 71 visum. Flocci sporarum apicibusramulorumsin- gulatini innati. PENICILLIUM. l.iyK. Receptaculum Doccosum erectuin. septatum, supra pcnieillato-ramosuni, ramis ramulisque septatis. Flocci sporarum api- cibus ramorum innati. BRIAREA. CIIHHA. Ilcveplaeulum tloccosmu cnr- tum, septatum. simples; (locci sporarum apice penicillalim innati. ASPERGILLUS. M1CII. Receptaculnm doccosum erectum, continuum, simplex, apice in capi- tulum inflotuiu. Flocci sporarum capitulum te- gentes. con atorrhoduiu . CORDA . lieceptaculiim floccosuni erectum, septatum, nodulosum ; ramu- lis sporomorpbis minutis, verticillalim congestis, septatis, nodulis adfixïs, apice sporas concatena- tas gerentibus. m -.Oi. PenicilJiuin brevipes. 305. Briarea elegars. ^06. Aspcrgillus glanais. 30". Conalorrhodum speciosum. Tribus II. BISPOREiï. Spom cellulosae. 308. Bispora Menielii. 30». Septonema viride 3l<). Septonema dendroides. 3)1. Triimnatostroma salicis* 3 LS tennis. 513. Cladotrichum porom. ",i i. Daclylium rumo! 515, Dendryphium alrum. bispora. CORDA. Sporac didymae in Hoccos mo- n informes concatenatà, demum secedentes. septonema. CORD I Spone Iransverse septn- i;c m llr.riip- iiuiiiilifonnc"- rniM.ii. niit;c, rlemum secedentes TRIMMATOSTROMA. CORDA- SpOHE plus mi- 72 CRYPTOGAMES. nus curvatai, polyseplaur. ni lloo .<>- umuilitormes concatenatœ, demum secedentes. ALTERNARIA, M'.ES. Spora; lageniformes, infra cellulosa 1 , supra in collum continuuni heteroge- neum attenuaUe, in fioccos concatenata.', demum secedentes. DENDRYPHIUM II Mil. Receptaculum flocco- sum erectum, septatum, supra ramosum. Flocci •sporarum seplatorum singulatim geminatimve apicibus ramulnrum innati. dactylium SEES. Receptaculum floccosum erectum. septatum, non ramosum. Flocci spora- rum apice penicillatim innati. CLADOTRICHURI. COUDA. Receptaculum llocco- sniii erectum, septatum. ramosum; ramis ramii tis- i|ue apice lloccos sporarum didymanimgerentibus. 18« Famille. — CORE.MIACEES. Ce qui caractérise essentiellement cette famille, c'esl la présence d'un réceptacle celluleux, cylindrique ou hémisphérique, naissant du mycélium, et supportant à son extrémité les cha- pelets des spores. Comparé à celui de la famille précédente, le nombre des genres, qui n'est que de cinq, paraîtra peu considérable. Mais si l'on se rappelle que le réceptacle tuberculeux est la forme prédominante dans le second ordre, comme le conceptacle est celle qui se rencontre le plus souvent dans le troisième, on comprendra qu'il doit en être ainsi. 516. Coremium. COREBIIUM , LISE. Receptaculum stiptit'orme erectum, e lloceis ramosis compositum, supra ca- pitulum tloccoso-penicillatum formans; n'occis septatis fertilibus verticillato-ramosis. sterilibus simplicibusque mixtis. STYSANUS. CORDA. Receptaculum stipliforme fîbrosum vel carnoso-cellulosum, apice incras- satum . capitulum bemispheericum vel cylin- dricum verrucosum gerens. Flocci sporarum sim- plicinm verrucis capituli (fibrarum apicibus sin- •rulatim innati. m- Slysanus capul Medusœ. TUEERCULARtA TODE. Receptaculum verruci- lorme globosum vel stipitalum. carnoso-flocco- sum, floccis conlinuis fertilibus lililormibus ste- rilibus (parapbysibus) mixtis. PERIOLA, FUIES. Receptaculum cellulosum ses- sile. Flocci fertiles abbreviati, torulosi , floccis sterilibus seplalis, Iaxis mixti. DACRYOMYCES, NEEù. Receptaculum gelatino- sum, innatum, sessile, inlus floccis assurgenti- bus, septatis supra sporodiferis toto repletum. 10" Famille. l'HRAGMOTRICHACEES. Deux genres constituent cette petite famille: V/Ecidium et \ePhragmotrichum. L'un et l'au- tre ont des spores disposées en chapelets et tapissent le fond d'un conceptacle. Mais les spo- res de VJEcidhim sont simples; celles du Phragmotrickum sont composées. Il y a des para- physesdans les Phragmotrichum, tandis que les Mciàium en sont dépourvues. bans l'ordre des Arthrosporées ce sont les seuls genres qui aient un conceptacle, celte forme spéciale du réceptacle qui se rencontre au contraire d'une manière prédominante dans un ordre beaucoup plus élevé, dans l'ordre des Thécasporées, et par conséquent cette famille esl bien distincte des deux autres. CRlCUOSt'ORËES PHRAGMOTRICHUM Kl NZE. Coneeptaculum eorneo-carbonaceum, erumpens, clausum, dcin ! h .itudinaliter fissum; flocci fertiles pa r a phy si- bus contînuîs intertexti. Sponc concatenatœ, com- posite. /ecidiuitï . PERS Conceutaculum membi ana- ceum semi- immers» m, supra dehiscens, orestcl- latovel dentato dein poculiforme. Sponc coni i lenaUi'. simplices ^20. /Ecidiuni Tussilaginis SI. Phrajrmotrichnm ChaiUelii. ■ï Ordre. - TRICHOSPORÉES. L'ordre des Trichosporées se divise, comme le précédent, en trois familles qui ont pour caractère commun des spores placées à l'extrémité de filaments simples, continus ou cloi- sonnés, et pour caractère distinctifla l'orme diverse des réceptacles sur lesquels s'insèrent les filaments. Dans les Botrytis, par exemple, la plante tout entière ne consiste qu'en des filaments dont leb uns, couchés à la surface du corps sur lequel elle se développe, forment Je mycélium, el dont les autres, dressés, portent les spores à leur extrémité. Dans les Stilbum, il y a un peu plus de complication : le mycélium, est toujours filament eux; mais de divers points de ce mycélium s'élèvent non plus un seul filament, mais plusieurs qui, soudés à la base, deviennent libres à une certaine hauteur et portent chacun une spore. Ailleurs, dans les Mgerila, au lieu de former une espèce de gerbe, le réceptacle est hémisphé- rique; les utriculesqui le composent sont hexagonales, et c'est à la surface de cette espèce de tubercule que naissent les filaments qui supportent les spores. Ailleurs encore (ex. Exidia), le réceptacle, de convexe devient concave et forme une coupe dont l'intérieur est tapissé de spores. Que cette coupe se creuse davantage, que ses bords se rapprochent de manière à for- mer une cavité close de toutes parts ou ne communiquant ;'i l'extérieur que par un pore, nous aurons un conceptaclc qui renferme des spores portées chacune sur un filament (ex. S/ ' nema). Les trois familles que comprend l'ordre des Trichosporées sonl donc nettement caractérisées: les Botrylidées par leur réceptacle toujours floconneux : les /Egéritées par leur réceptacle tuberculeux ou cupuliforme, 1 1 les Sphxronémées par leur conceptacle. Ces différences dans la forme des réceptacles en entrainenl nécessairement dans le mode de végétation de ces plantes, comme nous avons déjà eu l'occasion de le rappeler en parlant des Ai iluosporées. Tons les Botrytis, en effet, prennent naissance sur les corps en putréfaction les Botrytis agaricina et cinerea, par exemple, sur les Champignons qui moisissent; le Bv- IrytU (alla > sur les feuilles et les tiges des Pommes de terre qui pourrissent; les JEgerila sur les écorces et les épidémies des feuilles mortes : le Sphxronema cladoniscum >m le bois de Sapin mort; les Phoma Spirese, Hederx, Phaseoli, Tami, etc., sur les figes mortes de la Spirée, du Lierre, du Haricot, du Tamus; I" Pfti n a amarorum sui les samares du Frêne : \eMeU bicolor sur les bi tortesdu Bouleau el du Chai : le ilelanconiwn sphxroUleum sur les I èi lies île la Bourdaine. lu 71 CRYPTOGAMES. Saul'le mode de formation des spores, il y a dont une grande analogie entre les différentes familles de l'ordre des Artlirosporées el celles de Tordre des Trichosporées. On peut même aller plus loin, descendre dans les détails sans que cette analogie disparaisse. La première famille îles Artlirosporées nous a offert des genres à spores simples (ex. Aspergillus) et d'au- Iresà spores cloisonnées (ex. Septonema): nous y avons observé des filaments continus (ex. Rhodocephalus) ou cloisonnés (ex. Briarea), portant à leur extrémité un chapelet de spores (ex. Tomla) ou un bouquet de ces chapelets de spores (ex. Pénicillium). De même on trouve dans la première famille des Trichosporées des genres à spores simples (ex. Botrytis) et d'au- tres à spores cloisonnées (ex. Helicotrichum), des filaments continus (ex. Peronosjiura) ou cloisonnés (ex. Verticillium), portant à leur extrémité une spore (ex. Acremonium) ou une multitude de spores (ex. Polyactis). Dans la deuxième famille des Artlirosporées, nous avons remarqué des Coremium dont le réceptacle allongé est évidemment formé de filaments placés les uns à côté des autres et sou- dés à la base, et des Tubercularia dont le réceptacle est hémisphérique et composé d'utri- cules hexagonales intimement unies. La deuxième famille des Trichosporées nous offre égale- ment des Stilbum dont le réceptacle est entièrement semblable à celui des Coremium et des Egerita qui rappellent les Tubercularia. Seulement comme le nombre des genres à récepta- i le celluleux est beaucoup plus considérable dans l'ordre des Trichosporées que dans l'ordre «les Artlirosporées, comme cette forme de réceptacle est même la forme prédominante de ce deuxième ordre, nous y trouvons des modifications beaucoup plus nombreuses et plus variées. Nous y observons en particulier cette modification que présentent les Exidia et dont nous n'avons aucun exemple dans les Artlirosporées. Dans la troisième famille des Artlirosporées, nous n'avons indiqué que deux genres: VJEci- dium qui se développe sous l'épidémie des feuilles, le soulève et vient former à l'extérieur une corbeille élégante au fond de laquelle se trouvent les chapelets de spores; le Phragmo- trichum qui naît sur lesécorces et s'ouvre à son sommet par une fente longitudinale. Ces deux formes et par conséquent ces deux modes de végétation se rencontrent également dans les Trichosporées. Les Vredo se comportent exactement comme les /Ecidium, et les Labrella comme les Phragmolrichum. Tout est semblable saul'le mode de formation des spores. Knliu les Trichosporées renferment des plantes avec conceptacle et ostiole, ce qui n'existe point dans les Artlirosporées et qui est un signe de plus de la supériorité de l'ordre des Tri- chosporées sur l'ordre des Artlirosporées. 20 e Famille. — UOTRYTIDEES. Cette famille se divise naturellement en deux tribus: ou les spores sont solitaires à l'ex- trémité des filaments, ou elles sont accumulées en plus ou moins grand nombre autour d'une ulricule qui est le plus souvent terminale. Chacune de ces tribus se subdivise à son tour, selon que les spores sont continues ou cloisonnées. Un coup d'oeil jeté sur la liste des genres et sur les figures qui les accompagnent suffira pour montrer cpie les caractéristiques de ces genres reposent principalement sur la direction horizontale ou verticale des filaments qui supportent les spores, sur leur continuité ou leur cloisonnement, leur simplicité ou leur ramification, enfin sur la forme et la structure des spores. Tribus I. UOTRYTJDEM. Sporse apicibus floccorum solitarix. g I. Spor-e simplices. scptali, sepluti, BOTRYTIS, UNK. Flocci crecli, iimiis ramulisque septatis. VERTICILLIUM. NEES. Flocci erecti, verticillato-ramosi. PERONOSFORA, COUDA. t'Inni ererti, ciliilinili supra raniosi. CHJFTOPSIS, GUEV verticillalo-ramosi , gellifoi meV t loc: i ; rs( ti sept ill mil l mpra simplicissimi et (la nematogonuiyi, DESMAZ. Flocci erecti, sim- plices vel snbramosi, scptali et articulati, arti- çulis remolis, inflatis. AMPHIBLISTRUIVI COUDA. Flocci repentes, septati, ramcR-i, vc.miris iiiiiuilissiiiiis irrcgulari- Ler positis, sporas ferenfibus obsiti ramulARIA, I SC Flocci repentes, continui, simplices, enlophylli dein erumpenles. BOTRYTWÉES. 7.', CAPILLARIA PERS. Flocci repentes, continoi, ramosi. acremonium IINK. Flocci repentes, septati, ramosi, ramulis subulatis armati. zygodesmus CORDA. Flocci repentes, seplati, ramosi, ramulis subulatis non armati. CIRCINOTRICHUM, .\££".S. Flocci repentes continui, simplices, circinnato-intricati. 25. reronospora Rumicis. 526.327 324. Chstopsis WaUChîî. 329. Acremonium fiiscum. 330. Zygodesmus fuscus. si. Nemat t m f tri 11 §. '2. Sporx composite. 333. Mystrosporium stemphyliuiii. 33i. Blastotrichum confervoïdes. 332. Di maria Untferi. -W 335. Bactridiurn candidum. pTV 337. Delîcotrichum pulvinatum. 358. Triposporium elegans- 33G. Leptotric ViO.Trichothecium candidu 340 Septosponum bulbotrichum. 76 CRYPTOGAMES. TRICHOTHECIUM, UNK. Flocci repentes, sep- tuti, ramosi, ramis ramulisque septatis. Spora; oblongœ, transverse septata'. HELICOTRICHUM, NEES. Flocci repentes, ra- mosi, apicibus tant u m septati, Spone spiraliter involutse, subseptigerse. BACTRIDIUM, KUNZE. Flocci repentes, ramosi, toti septati. Spora 1 extremitatibus liyalinis ine- dlo materia grumosa referto. DIDYIUARIA. COUDA. Flocci repentes, simpli- ces, continui, entopliylli, dein erumpenles. Spo- lie didymae. HELICOSPORIUM NEES. Flocci erecti, snbu- lati, arcte septati, apice continui, diaphani. Spo- ra' filiformes, septata, spiraliter involutaî, dein sese elastice expandentes. THlPOSPORlum. CORDA. Flocci erecti, septati, stériles ramis solitariis plus minus patentions, l'ertilibus brevioribus apice sporam solitariam, stellulatum, dein plerumque brevissime pedicella- tum gerentibus, BLASTOTRICHUM, CORDA. Flocci adscenden- tes vel fluitantes, ramosissimi, continui. Sporœ oblonga;, transverse septatœ. LEPTOTRICHUM, CORDA. Flocci erecti, sim- plices, continui. Spora' iliclyma?. HELMINTHOSPORIUM, JJNK. Flocci erecti, simplices, septati. Spora- transverse septata;. POLYTHRINCIUM, KUNZE. Flocci erecti. sim- plices, septati, moniliformes. .Spora' didymse. DIPLOSPORIUM. 1ANK. Flocci erecti , ramosi, toti septati. Spone didymae. MYSTROSPORIUM, COUDA. Flocci erecti, sim- plicissimi, septati. Spora 1 cellulosai, terminales. SEPTOSPORIUM, CORDA. Flocci erecti, ramosi, pauco-septati. Sporaj celluloses, pedicellatœ. Tbibls II. STACHYOBOTRIDEJE. Spone apicibus floccorvm congestse. % 1. Sporx simplices. ".15. Acrostalagmus persistens. 6. 347. Cer.itOL'ladium microspeimum. ôt8. Tericonia Imlbosa. PERICONIA. l'I'.DS Flocci erecti, septati, sim- plices, apice non infiati. Spora: in acervulos colr lecta'. PHYSCOMYCES, KUNZE. Flocci erecti. conti- nui, s:i;ipln::: ;ij:iu ni v.esitulam puiliumeni inflati. Spora; in acervulos collecta;. STILBINUM. TORE, Flocci erecti , septati, sim- plices apice in vesiculain clavatam vel capitatam inflati. Spone in acervulos collecta?. ACROSTALAGMUS,f.0/(/J.l. Flocci erecti, SCp- i.ili. ramis ramulisque verticillatis apicibus glo- hulis çporarum ornatis. SCEPTROMYCES, CORDA. Flocci erecti, geni- culati, verticillalo-ramosi, ramis brevissimis, ra- cemosis. Spora' in racemos glomerulatos accu- mulai;!'. MYXOTRICHUM, KUNZE. Flocci repentes, sep- tati, ramis ferlilibus globulis sporarum conglu- tinarutn heterogenearum coronatis. GAMPTOUM LINK. Flocci erecti, septati ; arti- culis altérais aigris opacibus tumidis et albisdia- pbanis. Spor.T navicutefornies apicibus floccorum innatae. RHOPALOMYCES CORDA. Flocci erecti. con- linui, simplices, supra capitulo liomogeneo glo- boso, celluloso ornati ; cellulis sexangulanbus medio cupulalim depressis et apiciilovei'rucîeformi sporidïferd instructis. ceratocladium CORDA. Flocci erecli, sep- tati, ramosi, infra cornei, ramulis lageniformi- bus, sporam simpliceni baculiformem gerentibus EXOSPOlilÉES. 77 amicti. supra ramosissiini ; ramis, ràmulisque pellucidis, nudis, septatis, plus minus tortuosis vel spiraliter involutis. GYROTHRIX, COUDA. Flou i erecti, continui, ramosi; infra cornei, supra in ramos cirrhatos siepius inter se confluentes pellucidos divisi. Spo- r;e fusiformcs, continua 1 . g '2. Spor.r compositx. BRACHYCLADIUM CORDA. Flocci supra ramu- losi. seplato-monilioïdei; ramis ràmulisque ca- pitulum sporidiferum formantibus. S para 1 trans- verse septata\ stachyobotrys CORDA. Flocci ramosi, sep- tati. ramis apice ramulis verticillatis mamillari- bus brevissimis, capitulum formantibus coronatis. Sporse didymaî. IIELICOMYCES I.ISK. Flocci crei li. septati. simplices, apice septatae, lielicomorplue, dein ex- pansée, lateraliter innatae. IV Famille. — EXIDIÉES OU EXOSPORIÉES. Les plantes de cette famille ont toutes un réceptacle celluleux dont la surface est recouverte en totalité ou en partie par des filaments terminés chacun par une spore. Mais elles diffèrent par la forme de ce réceptacle, par sa consistance, par leur mode de végétation et les sub- stances sur lesquelles elles se développent : de là leur groupement en quatre tribus qui pré- sentent cette particularité remarquable que chacune se distingue des autres par plusieurs caractères. Ainsi, les Isariées ont toutes un réceptacle formé de filaments rapprochés et sou- dés ; seulement dans les Stilbum, la soudure n'a lieu qu'à la base, et la plante offre l'aspect d'une gerbe couronnée par des spores, tandis que dans les Isaria la soudure s'étend dans toute la longueur, et il en résulte un réceptacle allongé composé de cellules cylindriques pla- cées les unes au bout des autres. Toutes également végètent sur les débris d'animaux ou de champignons; jamais on n'en rencontre sur lesécorces ou les bois morts. lo sitaveulens 'sporesj. Vii. Credo su iveolens (spores germant). • i n-rlo flubornm (spores). \n contraire, les Egéritées naissenl sur les troncs d'arbres ou sur les feuilles coriaces comme celles du buis '-> aBuxi) Leiu réceplacli est touj s tuberculeu 78 CRYPTOGAMES. les cellules qui le composent sont hexagonales et intimement unies. Les spores sont de deux natures: ou elles sont simples comme dans les Crocysporium, JEgerila, etc., ou elles sont composées comme dans les Exosporium, Selenosporium, etc. ; de là deux séries de genres dont quelques-uns se correspondent. 556. 557. liredo Ruboruin (cellules diaphanes entourant les groupes de spores). 558. Uredo Ruborum (spores) Le réceptacle des Tremelles a des formes très-diverses : indéterminé dans les Hyperomyxa, il s'élève en massue dans les Coryne et s'évase en coupe dans lès Exidia ; mais ses spores sont toujours simples et sa consistance gélatineuse. Le mode de végétation des Tremelles, du reste, est uniforme: toutes croissent sur les bois qui pourrissent, et leur volume est toujours assez considérable. Enfin les Psiloniées sont de petits champignons qui se développent sous l'épiderme des feuilles ou des rameaux, le soulèvent, le déchirent et s'épanouissent au dehors ; leur récepta- cle est membraneux, étalé, disciforme, quelquefois complètement entouré d'une sorte de haie de filets stériles. C'est de la surface de ce réceptacle que s'élèvent les filaments qui sup- portent chacun une spore à leur extrémité 1 . Tribus 1. 1SARIE/E. Receptaculum clavato-ramosum, vel verruciforme carnosum, et floccis compositum. 559. 560. Isaria citrina. 561. Isaria crassa. 562. 565. Podisoma Juniperi. 1 Dans VUredo de lu Ronce commune (Uredo Ruborutn) le réceptacle porte une multitude de tubes droits, dressés, hyalins, presque vides de matières solides, offrant deux à trois branches vers la base et quelques cloisons mlé- rieures. Chacun de ces tubes et de leurs rameaux est terminé par une cellule obovale dont la paroi est simple, mince, lisse et incolore. Les matières grumeuses qu'elle contient augmentent de quantité à mesure qu'elle grossit ; puis (elle cellule devenue spore parfaite se détache de son support sans y conserver de vestige, et sa surface es alors chargée de petites ponctuations saillantes. (Tulasne, N. Ann. Se. Nat., 1847.) IS.UUEES, TKEMtLI.KKS. 7y . 561. Coryneum' disciforme. . SporiHesiiiium paradoxuni. r.r.T. Selenosporium hei baium. g 1. Sporx simplices. isaria PERS. Receptaculum clavato-ramosum, e floccis dense intrieatis coalitum vel eelluloso- carnosum. Sporce basidiis simplicibus undique nascentibus suffulta;. ANTHINA. FH. Receptaculura clavato-ramosum, e floccis parallèle eonstipalis, laxe contextum. Spore basidiis simplicibus apice nascentibus suf- ralte. PERIBOTRYON. FR. Receptaculum rotundato- lobatmn. e floccis ramosis laxe intrieatis forma- tum. Spora 1 basidiis ramosis undique nascenti- bus suffulta;, racemoso-congesta:. PERICONIA, PERS. Receptaculum basi stipila- lum. apice clavatum vel capitatum, e floccis pa- rallèle constipatis dense coalitum, vel celluloso- carnosum. Spora? basidiis simplicibus capilulo nascentibus congestoc. STILBUM, TODE. Receptaculum basi stipitatum, apice clavatum vel capitatum, e floccis parallèle constipatis dense coalitum. Spora; apicibus flocco- rum bberis singulatim innatse. CROCYSPORIUM.CO/ID.l Receptaculum verni- rilbrme, e floccis septatis simplicibus radiantibus compositum. Spora' apicibus lloccorum liberis singulatim innaUe. g 2. Spores composite. PODISOMA. I.ISK. Receptaculum verruciforme, e floccis continuis simplicibus fasciculatim junctjs compositum. Spora! didymas, apicibus lloccorum lihri is singulatim innaue. Tribus II. /EGER1TE/E. Receptaculum verruciforme, cellulosum. §1. Sporx simplices. ^egerita 1AXK. Receptaculum verruciforme, cellulosum. Spora; floccis continuis undique na- scentibus suffulta'. CHïTOSTROMA CORDA. Receptaculum verru- ciforme. cellulosum. setis rigidis iongis ornatnm. Spora; flocci* conl is undique nascentibus suf- fulta'. EPICOCCUM, /./.VA'. Receptaculum verruciforme, cellulosum, macula- effusse plerumque insidens. Sporae floccis continuis brevissiniis singulatim innati', letnedicœ, ccllulosœ. SPHACELIA. I.EV. Receptaculum verruciforme, gelalinosum, lohatum , gyrosum , erumpens. Spone sessiles. g •!. Sporx composite. CORYNEUM. At'ES. Receptaculum verruciforme, cellulosum, erumpens vel superficiale. Sporse fusifonnes, multiseptatœ vel cellulosa;, floccis continuis \*-\ septatis undique nascentibus suf- fultœ. EXOSPORIUM, I.ISK. Receptaculum verruci- forme; snbeorneum, superficiale, setis paraphy- somorphis, rigidis, septatis, corneis teclum. Spo- ra' clavataj, multiseptata;, floccis septatis Iongis undique nascentibus suffultse. SEX.ENOSPORn>n,C0AD^. Receptaculum verru- ciforme, carnosum, immersum, erumpens. Sporœ fiisifnnitcs . septala-, floccis bievibus undique nascentibus sultultte. 1 1 . 1 1 ; i - III. TREMELLE.E. Receptaculum clavatum, cupulalum vel indcteriuntuium, gelalinoso-cellulosum. coryne, M.'/.'.s. Receptaculum basi stipitatum, supra clavatum, undique floccis ramosis tectum. Sporse apicibus floccot nm paraphysibus mixtorum singulatim innautc tremella PERS. Receptaculum indéterminé Mini, undique floccis simplicibus tectum. Spora apicibus floccorum paraphysibus non mixtorum smgulalim innata: hyperomyxa, CORDA. Receptaculum indeter minatmn undique floccis ramosis lectum. Spora; apicibus incrassatis floccorum, parapbysibus non mixtorum congesuc, exidia, Fil Receptaculum cupuliforme, plica- tiim. infusflocci9 simplicibus tectum. Sporajapi' cibus floccorum paraphysibus non mixtorum sin- gulatim innata;. Sfl i RYPTOGAMES Trihcs IV. PSILONIE^E. Receplaculum diseiforme, membranaceum, cellulosum. MYBOTHECIUM TODK. Receptaculum disei- forme, membranaceum, sessile, margine lloccis Iaxis continuis dense intertextis cinctum. Spora cylindriese. PSILONIA FR. Receptaculum diseiforme, mem- branaceum , -essile . margine floccis Iaxis septatis dense intertextis cinctum. Sporœ ovatse. n ymentjl A /•'/?. Receptaculum diseiforme, mem- branaceum, sessile, margine Boccis la\is conti- nuis dense intertextis non cinctum. Spora? cylin- dricœ. UREDO PERS. Receptaculum diseiforme, gru- mosum, sessile, margine floccis septatis ramosis cinctum. Sporœ ovatse. SPORIDESmiUM, /./.VA'. Receptaculum disei- forme, grumosum, sessile margine floccis non cinctum. ^porîe cellulosae. FUSIDIUM. I.1SK. Receptaculum diseiforme, gru- mosum, sessile, margine floccis non cinctum. Sporœ fusiformes. 22 e Famille. — SPOROCADEES. Un conceptacle dont toutes les parois intérieures sont tapissées de filaments plus ou moins allongés et portant chacun une spore à son extrémité, tel est le caractère des plantes de cette famille qui est une des plus nombreuses en genres et en espèces et que nous avons divisée en sept tribus, en ayant surtout égard au mode de débiscence du conceptacle et à la manière dont les spores s'en échappent. 72. An<;iopom.'i cdmpanulalum ô75. Microtlieciurn Zob lu. ",. Sphœronema verrucosum. 575. Sporocadus maculons. 576. Proslliemium beluliiium. .--.'■ :'-«:■; -So-. Les Excipulées ressemblent beaucoup à des excréments d'insectes; ce sont de petits con- ceptacles noirs, distincts, quoique formanl des groupes nombreux, dispersés sur la face supé- rieure des feuilles. Dans quelques espèces, ils sont hérissés de poils (ex. Polynema ornata) qu'on n'aperçoil bien qu'avec une loupe; dans d'autres il- sonl mis (ex. Excip'ula 'il' Sl'OKOCADÉKSJ M L'ouverture de ces conceptacles, d'abord petite, arrondie; se dilate plus tard el livre passage à un globule noir composé de spores agglutinées par la matière gélatineuse des filaments qui les supportaient ; ces spores varient beaucoup suivant les genres ; elles sont longues, fusi- formes et arquées dans les Excipida, cylindriques et terminées brusquement à chaque bout par un filament trés-délié dans les Dinemasporium, claviformes et couronner- de quatresoies (lui- Ifs Polynema. Les Mélanconiées se développent sous l'épiderme des feuilles et des ëcorces ; ce sont d'abord de petits tubercules placés a la surface d'un mycélium blanchâtre, el sur lesquels ou ne dis- tingue aucune ouverture ; mais plus tard, leur centre se creuse et devient charnu ; l'intérieur de la cavité se couvre de filaments terminés chacun par une spore. En même temps que ces modifications s'opèrent dans chaque tubercule, leur volume augmente, l'épiderme est soulevé, déchiré et laisse apercevoir une multitude de petits conceptacles dont les ouvertures irrégu- lières viennent aboutir au dehors. Ces conceptacles sont très- rapprochés et forment une tache noirâtre à la surlace de l'écorceou des feuilles ; la maturation continue, les filaments devien- nent gélatineux et forment avec les spores une masse qui sort en fils ou en rubans. Ces spo- res sont également très-diverses suivant les genres; oblongues et simples dans les Melanco- nium, elles sont ovales et cloisonnées dans les Stegonosporium, composées d'utricules coniques et rayonnant d'un point central, de façonàoffrir Paspectd'une étoile, dan- l'Asterosporium.etc. Une particularité remarquable s'observe dans deux genres de cette tribu, les Melanconiuvi et les Stegonosporium. Le fond du conceptacle, au lieu de former une surlare plane, se sou- lève comme le fond d'une bouteille et constitue au milieu du conceptacle une espèce de co- lonne centrale de laquelle partent des cloisons qui se dirigent vers les parois et divisent in- conîplétement l'intérieur en un certain nombre de loges ou de compartiments. Les Microthéciées ne comprennent qu'un seul genre, le Mierothecium, mais leur mode de végétation est extrêmement remarquable. Prenons un exemple. Au milieu du tissu cellulaire et ebarnu de l'espèce de Truffe appelée Rhixopogon ulbus, on voit souvent apparaître une ca- vité ; petite dans l'origine, elle grandit peu à peu, se tapisse d'une membrane propre, et à la surface de cette membrane se développent des filaments terminés chacun par une spore. Cette membrane, recouverte ainsi de ces filaments, c'est une plante parasite, le Mierothecium Zo- belii ; c'est un conceptacle qui ne communique point à l'extérieur, et la dissémination des spores n'a lieu qu'à l'époque de la destruction complète de la Truffe. Les Microthéciées sont donc des plantes parasites au milieu même des tissus organisés, c'est-à-dire endophytes. Les Endotrichées, les Pilidiées et les Actinothyriées ont entre elles la même manière de vivre; toutes croissent sur les écorces des arbres, les chaumes desgraminées ondes roseaux, parfois la surface des feuilles ou des tiges herbacées plus ou moins desséchées: dans aucune, les spores ne sortent en globules ou en rubans gélatineux ; mais dans les Endotrichées le con- ceptacle s'ouvre par une fente qui s'étend dans toute sa longueur, tandis que dans les Pili- diées la déhiscencea lieu par plusieurs fentes d'étendue différente et qui vont en divergeanl a partir d'un point central. Dans les Actinothyriées, le phénomène est encore plus remar- quable: la partie supérieure du conceptacle se sépare de la partie inférieure smis forme d'il aille et met à nu les filaments et les spores qu'ils supportent. Les S|,ha'ronémées végêtenl comme les Endotrichées, les Pilidiées et les Actinothyriées ; mai- le- conceptacles s'ouvrent par un pore, un ostiolr, et le- spore- .puis renferment fer- ment avec la substance des filaments, à l'époque de la maturation, i masse gélatineuse qui -eii comme dans les Mélanconiées sous forme de globules ou de rubans. Ces conceptacles sont le plus souvent distincts, quoique réunis en groupes assez nombreux ; cependant dans quel- ques genres ils sont enchâssés dans un réceptacle commun, a la surface duquel ils viennent s'ouvrir. La forme, la nature et la consistance de ce réceptacle -ont très-diverses. Imaginons plusieurs de ces conceptacles rapprochés de façon a se souder ; supposons que les ouvertures de ces conceptacles se confondent en une seule, n'en résullera-t-il pas un Nxmaspora, c'esi- à-direnn conceptacle en apparence unique, partagé en autant de loges qu'il entre de inii- eeptacles dans -a composition et communiquant à l'extérieur par nu ostiole commun ? 82 CI.Yl'TOUAMKS. Tribus 1. EXCIl'ULE/E. Receptaculum cupulatum, membranaceum. Sporse tandem in globum gelatinosum coagidalx erumpenles. POLYNEMA , LEV. Receptaculum cupulatum, nieinbi'anareimi, sessile, nndique setis longiiisrii- lis confertis obsitum. Sporœ elongalœ, subcla- vatie, sursum obtusœ, setulis 4 pellucidis coro- lialir. DINEMASPORIUM, l.EV. Receptaculum cupula- tum, membranaceum, sessile, villis clausum, tan- dem laie apertum. Sporœ elongatœ, cylindricœ, abrupte liliformes. excipula FR. Receptaculum cupulatum, mem- branaceum, sessile, nudum. Sporœ fusi- formes. Tribus II. MICROTHECIEjE. Conceptaculam indekiscens. MICROTIIEClOM.CORD/l.Conceptacukimniem- i branaceum, immersum , endophytum. Spor: | simplices. Tribus III. ENDOTRICHEsE. Conceptaculum rima longitudivali dehiscens. Sporse in globum gelatinosum non erumpentes. ENDOTRICHOM, CORDA. Conceptaculum inna- liim vel immersum, rima longitudinal debiscens Sporœ globo:œ, simplices. SCHIZOTHECIUM. COUDA, Conceptaculum su- perficiale, rima longitudinnli lateraliter dehiscens. Sporœ globosœ, simplices. LABRELLA, FR. Conceptaculum innatum, rima longitudinali dehiscens. Spor,T> fusiformes, sim- plices. Tri rus IV PILIDIE/E. Conceptaculum rimis stellalis dehiscens. Sporse in globum gelatinosum non erumpentes. pilidium, KZE. Conceptaculum simplex, sessile, I Minas plures dehiscens Sporœ fusiformes, sim- rotundatum, a centro versus marginem in la- ' plices. Tribus V. ACTINOTII\'R!E.E. Conceptaculum operculatum. Sporx in globum gelatinosum non erumpentes. ACTINOTHYRIUM, KZE. Conceptaculum iuna- tnin, sculiforme, radiato-iibrosum. Sporaj fusi- formi s. simplices. EEPTOTHYRIUM, KZE. Conceptaculum inna- tum, scutiforme, non radiato-hhrosum. Sporœ fusiformes. simplices. CONIOTHYRIUM, CORDA. Conceptaculum lilic- iiiiii, rotundatum. Sporse ovatx, simplices. Angiopoma. LEV. Conceptaculum liberum, cya- Ihiforme, orc circulari dehiscens, epiphragmate fugaci tectum. Sporœ oblongœ, transverse sep- tatœ. parsiularia t.F.Y. Conceptacula globosa, im- mersa in receptaculo communi adnata m liicnlai i, applanato. Sporœ elliptico-lineai'es, simplices. PIPTOSTomUM. LEV. Conceptaculum globosnm subcorneum adnalum. Sporœ ellipticœ sim-- Tribus VI. MELA1SC0MEA1. Conceptaculum supra irrégularité)' ruptum. Sporœ tandem in globum gelatinosum c'oagulatx erumpentes. g 1. Conceptaculum membranaceum, rentra columnse heterogenex percursum et supra irrégulari- té r apertum. MELANCONIUM. LINK. SpOrSD "val:: a 1 , slm- STEGONOSPORIUIVI CORDA. Sporœ oblongic, Iransverse scpLntœ. £ '2. Conceptaculum membranaceum., centro columnx heterogenx niai psrcursum et supra irregu- lariter apertum. myXOSPORIUM. LINK. Sporœ ovatœ, simplices. CRYPTOSPORIUM. KZE. Sporœ fusiformes, simplices. fusicoccum, CORDA. Sporœ fusiformes, trans- verse septatœ. STILBOSPORA. PERS. Sporo iblongœ, trans- verse septatœ. DICTYOSPORIUM,r(;/,7).l.Spniaj|ingua'lormes, reticulato-cellulosœ. DIDYMOSPORIUM, CORDA. Sporœ ovala\ .Il ASTEROSPORIUM, KZE. Sporœ slellalaj, sep- I lia; THËCASPOREES. 85 Tribus VII. SPHMRONEMEM. Conceptacuium ostiolatum. Sporse in glohum gelatinosum erumpentes. A. Sporse appendicibus fitiformibus inslruche. DILOPHOSPORA, DESM 1/ Conceptacuium ro- tuudatum, superficiale, ostiolo perforatum. Spo- rse cylindricse, utrinque appendicibus fiiiformi- lms radiatis coronatae. DISCOSIA, L1BERT. Conceptacuium scutiforme, innatum, ostiolo perforatum. Sporse fusifor- mes, utrinque m productionem filiformem pro- tensse. pestalozzia. DESM. Conceptacuium rotunda- tum, immersum T ostiolo perforatum Sporœ trans- verse septatse, cuspidibus ternis subulalis termi- nalibus ornatse. Ii. Sporse appendicibus Cliformibus non instructse. SPHŒRONEMA, Fil. Conceptacuium corncum, innato-superllciale, in collum plus minus pro- diiL'tuin, ostiolo simplici. Sporse oblongse, sim- 1 5. SCOPINELLA LEV. Conccplacultiiu sphsericum innatum, in tiibuiu elongatum Gliformem apice (imhriato-lacerum desinens. Sp irse quadratse. HERCOSPORA, FR. Conceptacuium corneum, innato-immersum. rotundatum, ostiolo simplici. Sporas oblonsrse, simplices. SEPTORIA. FI;. Conceptacuium corneum, innato- immersum, rotundatum. ostiolo simplici. Sporse cylindricse, septatse, PHONA Fi',. Conceptacuium tenuissimum, innato- immersum, rotundatum, osliolo simplici. Sporse oblongse, simplices. PROSTHEM1UK, KZE. Conceptacuium corneum, immersum, ostiolo simplici. Sporse transverse septatse, apice flocci verticillatse. SPOROCADUS. CORDA. Conceptacuium corneo- coriaceum, immersum vel superficiale, ostiolo simplici. Sporse transverse septatse, apice tlocci solitarise. MELASMIA, I.EV. Conceptacuium încmbranaceum, superficiale, tumidulum, demum depressum, ostiolo simplici. Sporse sublineares, simplices. STIGMELLA I.F.\ . Conceptacuium tenuissimum. globosum, innatum, ostiolo simplici. Sporsedissi- miles, varie septatse HENDERSONIA, BERK. Conceptacuium cor- neum, innatum, osliolo simplici. Sporse elonga- tse 2-3-septatse. ACROSPERMUM , TODE. Conceptacuium evtus coriaceum, intus carnosum , elongato-clava- tum, ostiolo simplici. Sporse baculiformes, sim- plices. MICROPERA. I.EV. Conceptacuium membrana- ceum, innatum, ovato-elbngatum, ostiolo sim- plici. Sporse lineares, curvatse, simplices. CEUTHOSPORA. GREV. Conceptacuium mem- branaceurn, in receptaculo communi extra corneo, intus carnoso solitarium, immersum, ostiolo sim- plici. Spoi'se ovatse, simplices. SJTEMASPORA PERS. Conceplacula memhrana- cea, receptaculo communi grumoso immersa circa columnam beterogeneamcircinantia, apice juncta, in tubo communi dchiscentia, undeostiolum soli- tarium. Spôrae fusiformes, simplices. phylacia EEV. Conceptacula slongala, paral- lela, obtecta, in receptaculo communi carbonaceo fragili insculpla. Sporse ovatse, simplices. 5 e OitDitE. -- THÉCASPORÉES. Toutes les plantes de cet ordre ont les spores renfermées dans des utricules spéciales qui portent le nom de thèques- C'esl là leur seul caractère commun; car la forme de ces thèques et des corps qui les supportent ou les contiennent, l'origine et le nombre de spores dans cha- cune d'elles, la nature et la consistance du mycélium, les lieux 011 il se développe de préfé- rence, tout varie suivant les genres. Ces variations, toutefois, se produisent de telle façon qu'à certaines modifications de struc- ture dans les organes de la reproduction correspondent toujours certains modes particuliers de végétation. Dans la distinction des familles, il est donc indifférent de prendre pour base l'une ou l'autre de ces deux séries de caractères ; toutes deux conduisent aux mêmes résultats. Les klucprs, par exemple, végètent tous sur les corps qui moisissent; tous aussi sont for- mes de lilaments dont les uns, couchés à la surface des substances sur lesquelles ils se déve- l"|i|M'ni, constituent leur mycélium, et les autres s'élèvent et portent à leur extrémité une théque remplie de spores. I h caractère tout à fait spécial et qui rappelle le mode de végétation des Algues, nommées Zygnema, distingue les Syzygites de toutes les autres Thécasporées. l-es filaments dichotomes qui 1rs constituent se réunissent par leurs extrémités, s'accouplent en quelque sorte, el à leur point de conjugaison se (orme thèque qui renfer les spores. Imaginons plusieurs filaments soudés entre eux H terminés chacun par une thèque allongée contenant huit spores placées les unes au-dessus îles autres, is aurons un réceptacle cellu- leux : sa forme ressemblera pins ou moins à celle d' massue el sa surface sera recouverte Ni CRYPTOGAMES. de ihéques: ce sera un GeogloHStim. De ce genre à VÂgyrium, dont le réceptacle est celluleux el tuberculeux, et île VAgyrium aux Volutella, dont le réceptacle est celluleux et creusé en coupe, la transition est facile. Dans les Geoglossum, les Agyrium et les Volutella qui forment la famille des Pezizes, le ré- qeptacle, toujours celluleux et charnu, se développe le plus souvent immédiatement à la sur- face du mycélium ; quelquefois cependant il va un corps intermédiaire, un réceptacle com- mun, simple (ex. Cytlaria) ou rameux (ex. Cordieriles) . Dans les Lichens, le réceptacle, tou- jours celluleux et crustacé, se développe le plus souvent à la surface d'un réceptacle commun dont les formes soûl très-diverses. Par le Cordierites, dont le réceptacle commun, rameux et presque crustacé supporte à chaque extrémité un réceptacle particulier, la famille des Pezizes conduit à celle des Lichens ; par le genre Cenangium qui dans l'origine est à peu prés complètement clos et ne s'ouvre que beaucoup plus tard pour s'évaser en coupe, elle mène à celle des llypoxylons dont le réceptacle, toujours clos ou déchiré plus ou moins régulièrement à son sommet, forme un véritable conceptacle. Ces conceptacles des llypoxylons sont parfois solitaires à la surface des corps sur lesquels ils ^r développent : d'autres fois, ils sont en petits groupes ; d'autres fois encore, ils sont por- tés sur un réceptacle commun. Dans tous les cas, leur consistance est assez dure et leur my- cclium disparait bientôt. Les conceptacles des Erysiphe, au contraire, sont membraneux et leur mycélium très-développé et formé de filaments qui rayonnent le plus souvent d'un centre commun, persiste pendant toute la durée de la plante. Dans les Onygena, les organes de la reproduction sont encore des conceptacles ; mais ces conceptacles sont membraneux et portés, non sur un mycélium persistant et rayonné , mais sur un réceptacle commun allongé et formant une espèce de colonnette. De plus, ces petits champignons croissent sur les débris des animaux, et ces différences dans le mode de végéta- lion et dans la structure des organes reproducteurs suffisent pour faire des Onygena une petite famille. Enfin, que ce réceptacle commun soit globuleux, que les conceptacles y soient complète- ment immergés et serrés les uns contre les autres de taçon à se souder en une masse charnue divisée en autant de compartiments qu'il existe de conceptacles, le réceptacle commun pren- dra le nom as peridium et la masse des conceptacles celui degleba. Toutes les Truffes ont un peridium dont les cavités de la gleba sont tapissées par des théques; dès lors cette famille est très-distincte de toutes les autres par ses organes de reproduction; elle ne l'est pas moins par son mode de végétation, car toutes végètent sous la terre et ne viennent jamais fructifier à l'extérieur. Cet ordre comprend donc huit familles: 1" Les Mucors: le réceptacle est floconneux et les thèques renferment un grand nombre de spores disposées sans ordre ; 2° Les Syzvgiiées : le réceptacle est floconneux et les thèques renferment un grand nombre de spores disposées sans ordre ; mais chaque thèque fertile résulte de l'accouplement de deux antres ; 3° Les Pezizes: le réceptacle est celluleux; ses formes sont très-variées; mais les thèques sont toujours à la surface; elles sont allongées et ne contiennent que huit spores placées les unes au-dessus des autres ; 4° Les Lichens: le réceptacle et les thèques sont comrne dans les Pezizes; la principale différence consiste dans la présence d'un réceptacle commun de nature caractéristique ; .">" Les Hïpoxïlons : les thèques sont allongées, S-sporées comme dans les Pezizes et les Li- chens ; mais elles sont fixées aux parois internes d'un conceptacle. Le mycélium est très-fugace; 6° Les Érïsiphées : ce sont des llypoxylons placés sur un mycélium persistant; 7° Les OfiYGÉNÉES : les thèques sont à l'extrémité de filaments allongés et inégaux qui rem- plissent la cavité de conceptacles globuleux placés au sommet de petites colonnettes blan- hâtres; S' Les fRUFFf le thèques tapissent les cavités d'un véritable peridium. MUCORS, SYZYGITÉES. S5 25° Famille. HUCORS. ^W Les Mucors sont dans l'ordre des Thécasporées les analogues des Botrytidées et des Torula- cées dans les ordres des Trichosporées et des Arthrosporées. Comme elles, ils sont formés exclusivement de filaments de couleur variée, dont les uns i ;ini|ient à la surface des corps sur lesquels ils se dévelop- pent pour donner naissance à un mycélium, et les autres s'élèvent plus ou moins perpendiculairement pour sup- porter les organes de la reproduction. Mais tandis que dans les Botrytis, les tilaments dressés s'étranglent à leur extrémité puni' produire une spore, dans les Mucors, au contraire, cette extrémité se renfle considérablement et forme une vésicule qui donne à la plante l'aspect d'une épingle. Dans l'origine, la cavité de cette vésicule com- munique avec celle du filament ; mais bientôt une cloison m' développe et intercepte cette communication. Celte cloison est plane dans quelques espèces: ailleurs elle s'é- largit, se bombe à l'intérieur de la vésicule comme le fond d'une bouteille et y produit une colonne centrale hémi- sphérique ou cylindrique. En même temps que cette cloison se soulève dans la vé- sicule, celle-ci se remplit île spores et se déchire ensuite irrégulièrement pour les laisser sortir. Cette vésicule est donc une thèque polysporée. La manière dont cette tbèque s'ouvre et la forme de la colonne centrale sont extrêmement variées et servent à caractériser les genres. Ainsi, dans les Ascophora et les Hydroplwra, la déhiscence est irrégulière : mais dans les Ascophora, il y a une colonne centrale, tandis qu'il n'y en a pas dans les Hydrophora. De même dans les Mticor et les Diamphora, la thèque se déchire circulairement de façon à représenter une cupule dont le couvercle serait tombé ; mais il n'y a pas de colonne centrale dans le Diamphora, tandis qu'il en existe une dans les Mucor. 578, 579, 580, 581, Ascophora Mucedo. ASCOPHORA, TODE. Flocci crecti, simplices, con- linui, apice thecam, subglobosam irregulariter ruptam gérantes. Columna sphœrica vcl hemi- sphaerica. Sporse simplices. hydrophora TODE. Flocci erecti, simplices, continui, apicc thecam subglobosam, irregulari- ter ruplam gerentes. Columna nulla. Spora sim- plices. THELACTIS. MARTIOS. Flocci crecti, superne simplices et thecam subglobosam irregulariter ruptain gerentes, ad basim ramis verticillatis the- a- inanibus et sterilibus terminatis ornati. Co- lumna sphserica. Spora? simplices. HELICOSTYLUM. COUDA. Flocci spiraliter in- curvi simplices, continui, apice thecam subglo- bosani irregulariter apertani gerentes. Columna nulla. Sporse simplices. raucoR. UlCHELI. Flocci erecti, simplices, con- tinui, apicc thecam subglobosam, < vathu-laceram Le Thelaclis offre une particularité remarquab renfermant un grand nombre de spores ; mais verlicillés dont l'utricule terminale, au lieu de sance à des spores comme le filament principal, i gerentes. Columna cylindrica vel ovata. Sporse simplices. DIDYMOCRATER. MARTIUS. Flocci erecti, sim- plices, septati, apice thecas gemmatas cyathi- ï'ormes gerentes. Columna nulla. Sporse sim- plices. DIAMPHORA. MARTIUS. Flocci erecti, apice hi- liili, septati, in utroque apicc thecam oper- culatam gerentes. Columna nulla. Sporu: sim- plices. pilobolus TODE. Flocci erecti, simplices, con- tinui, apice thecam heterogeneam superlicialem innatam demum elastice explosam gerentes. Co- lumna nulla. Spor.e simplices. CAULOGASTER, COUDA Flocci erecti, simpli- ces, continui, thecas latérales irregulariter adna- las. extus echinatc— pilosas gerentes. Columna nulla. Sporse simplices. e : chaque filament se termine par une thèque à sa base, il donne naissance à des rameaux se transformer en thèque et de donner nais- este au contraire stérile. •il- Famille. — SYZYGITÉES. Nous devons fi M. Ehrenbi rg merle du mode de repro ludion du Syzygites mégalo - : rpus, qui i ippelle jusqu'à un certain poinl i elui des Zygnemées el des Thwaitésiées. Ce mode 86 CRYPTOGAMES. de reproduction consiste, en effet, dans nue espèce de conjugaison : les sommets de deux ra- meaux d'un même iwlividu~.se rapprochent, se joignent et donnent naissance dans leur point de jonction à une thèque verruqueuse qui renferme un grand nombre de spores. . Il y a donc ici accouplement comme dans les Zygnema et les Thwaitcsia ; mais tandis que dans les Zygnema et les Thwaitcsia ce sont des individus dilférents qui s'ac- couplent, dans les Syzygites ce sont des rameaux d'un même individu. La plante est monoïque, si l'on peut se servir de cette expression empruntée à la Phanérogamie; les Zygnema et les Thwaitesia sont dioïques. Une autre différence, c'est que dans les Zygnema et les Thwaitesia la thèque ne renferme jamais qu'une spore ou tout au plus quatre, tandis que dans les Syzygites on en compte un très-grand nombre. Pour employer encore lies termes connus, les Zygnema et les Thwaitesia son 1 monosporées outétrasporées, et les Syzygites polysporées. Enfin dans les Zygnema et les Thwaitesia, tous les articles des filaments se conjugent ; dans les Syzygitées, quelques-uns seulement. Il y a donc uniformité de fonctions pour tous les articles des premiers, localisation de fonctions pour les articles du second. Les Zygnémées et les Thwaitésiées sont des plantes dont les organes de la végétation sont très-simples ; de môme les filaments des Syzygitées ne peuvent guère être comparés qu'à ceux des champignons les plus inférieurs, les Mucor dans les Thécasporées, les Botrytis dans les Trichosporées, les Tornla dans les Arthrosporées. 582. Syzygites megalocarpus. SYZYGITES, EHRENB. Floccus erectus, sim- plex, supra ramosissimus, ramis ramulisque di- vel trienotomis; ramis tertilibus foreipatis, ra- mulos binos internos cppositos, clavatos geren- tibus, deîn in unum coaiesceiites. 25° Famille. PEZIZES. Cette famille correspond exactement à celle des Exosporiées de l'ordre des Trichosporées ; les quatre formes principales de réceptacle que nous avons observées dans les Stilbutn, les JEgéri- te'es, les Exidia et les Uredo se présentent également dans les Geoglossum, les Agyrium, les Peziza et les Puccinia. Seulement, comme le réceptacle charnu et tuberculeux est la forme dominante des Trichosporées, nous l'avons rencontrée dans un grand nombre de genres et sous les aspects les plus variés. Dans les Thécasporées, au contraire, c'est le réceptacle charnu et cupuliforme qui a la prépondérance ; aussi l'observons-nous dans la plupart des genres de cette famille des Pezizes et avec toutes les modifications qu'il comporte. Dans les Exosporiées, le réceptacle cupuliforme des Exidia, sessile ou pédicellé, repose toujours sur le mycélium ; dans la famille des Pezizes, il n'en est point de même ; souvent il y a un corps intermédiaire, un réceptacle commun qui peut affecter des formes très-diverses. Ainsi, il est très-ramifié dans le Cordierites, et chaque rameau est terminé parmi réceptacle particulier cupuliforme; il l'est beaucoup moins dans le Tympanis. Ailleurs (ex. Cyttaria), c'est une masse générale creusée de cupules particulières comme le réceptacle commun d'une plante de la famille des Composées (ex. Helianthus annuus) ; ailleurs encore, c'est une espèce de chapeau dont tout le pourtour est comme alvéolé, parce que les cupules particulières qui sont à sa surface sont rapprochées les unes des autres (ex. Morchella). Que ces alvéoles deviennent moins profondes, que tous ces réceptacles particuliers de cupu- liformes deviennent plans, nous aurons un réceptacle commun à surface unie comme dans les Verpa. Mais là se présente une difficulté : au lieu d'admettre que le chapeau d'un Verpa n'est autre chose que le chapeau d'une Morclielle dont les sinuosités ont disparu, n'est-il pas plus rationnel de supposer que c'est la coupe d'une Pezize pédicellée qui s'est réfléchie sur son pédicellé? Dans le premier cas, ce sera un réceptacle commun ; dans le second, un récep- tacle particulier. L'une ou l'autre supposition peut être admise, et nous montre que dans la PEZ1ZES. 87 nature rien n'est tranché, el qu'entre le réceptacle commun el le réceptacle particulier on observe toutes les transitions. La Morille comestible (Morchella esculenta) croit au printemps sur la terre, dans les lieux abrités: le Verpa digitaliformis, parmi les graminées, sur les coteaux ou les vieux murs; le- Leotia entre les mousses des forêts de sapin (es. Leotia lubrica) ou dans les lieux humides de ces forêts (ex. Leotia alwvirens). L'Helvelle comestible (Helvella escidenta) est surtout très-abondante sur l'ancien emplacement des fours à chaux et vers le mois d'avril. Enfin les Geoglossum uiride et glutinosum se rencontrent souvent dans les champs de Genêts et dans les bois où l'herbe est haute et touffue. Sous diviserons cette famille en six tribus, d'après la forme du réceptacle qui est adné et horizontal dans les Pijronema, claviforme dans les Geoglossum, hémisphérique dans les Agy- rium, cupuliforme et placé immédiatement sur le mycélium dans les Peziza, ou enchâssé dans un réceptacle commun dans le Cyttaria disciforme et se réduisant en poussière dans les Puccinia. Tbibds I. PYUONEME/E. Hymenium supra tegens, receptaculum horizontalité!- expansum. PYRONEMA, CARVS. Receptaculum indetermi- CRYPTOMYCES, GREV. Receptaculum eflusum, natnm, sessile,«ceraceuin. Sporae simplices. immersum, dein erumpens, carnosum. Spora; ' simplices. TuiBrs 11. AGYRIEjE. Hymenium undique tegens receptaculum verruciforme. AGYRium FRIES. Receplaculum verruciforme | sessilc carnosum, superlicie hymenio undique Icctum. Sporae simplices. Tbibls III. GEOGLOSSE&. Hymenium supra tegeus receptaculum clavatum vel capital mu, slipitatum. len flavide 58" Geoglossum viride. g I. Sporse simplices. VIBRISSEA //;. Receplaculum capitatum vel ■m -uji, i le. nio vestitum, margine primo undique stipil i adnato. mox libero. spathulea. PERS. Receptaculum clavato-spa- thulatum, supra hymenio veslil , latereutrin- que m stîpitem decurn us. LEOTIA. PEliS. Receptaculum capitatum supra hymenio vestitum stîpitem arcte ambiens. § 2. Spur.r septatx GEOGLOSSUM. PERS. Receptaculum clavato- capitatum, subcompressum, supra hymenio vesli- iiiin. in stîpitem attenualum. Tbibds IV. HELVELLEjE. Hymenium supra tegens receptaculum milratum vclcam- panulalum. verpa. Ml \l;i/ Receplaculum campanulalum helvella, GLED Receptaculum milneformi laevi .l.ilniiMi. inteexum, supra undique livmr- i sinuosum, detlexurn, plerumquc lobatum, supra nin vestil infra lib« r undique hymenio vestitum, înfra libemm SX CRYPTOGAMES. biorcïiella 1)11. 1. Keceptaculum campanula- lum, costato-reticulalum, reticulis celluloso-la- ennnsis, supra undique liymenio vesliliini, tnluin ailnalum. eromitra. EE\ . Receptaculum campaoulatum, costato-reticulatum , reticulis celluloso-lacuno- sis, supra undique hymenio vestitum, infra li- berum. n *,"\ "ait 590. 391 . Mon litll.i p] ii 352 39r,. Ilelvelld Tribus V. PEZIZE/E. Hymenium supra tegens receptaculum cupulatum. S I. Sporx simplices. STICTIS, PERS. f.upula apcrta, immersa, lim- liata, oblongata. Thecœ tubulosœ, parapbysîbus filiformibus immixta*. Sporœ globosœ. PROPOLIS. CORDA. Cupuia aperla, immersa, immarginata , disciformis. Thecœ clavatœ, paraphysibus filiformibus immixta'. Sporœ ovatœ. volutella TODE. Cupuia apcrta, stipitata, hypocrateriformis. Thecœ tuhulosa-, paraphysibus filiformibus non immixta-. Sporœ. . . . TYMPANIS. TODE. Cupulœ api-: ta' receptaculi communis ramis sessilibus insidentes. Thecœ tu- bulosœ, paraphysibus filiformibus non immixlœ. Sporœ. . . . -.'..-„,L. 1 39i. 595 596. I>7. Propolis pliacidioïdes CORDIERITES, MGSE. Cupulœ apertœ, recepta- culo ramosissimo insidentes, Thecœ.... CYTTARIA. BERK. Cupuia- primum clausa>, dé- muni epidermide rupta apertœ, receptaculo com- mun i subgloboso. hasi stiptiformi immersœ. The- cœ tubulosœ, paraphysibus filiformibus immixta 1 . Sporœ. . . PEZIZA, ])\\,].. Cupuia primum clausa, dein on- circulari aperla, sessilis vi 1 stipitata. Thecœ tu- bulosœ. paraphysibus filiformibus immixlœ. Spo- rœ ovata-. CENANGIUM. ER. Cupuia primum clausa, dein ore oblongd aperta, sessilis vel stipitata. Thecœ tubulosœ, paraphysibus filiformibus immixtœ Spor vatsè. 598. 599. 409. Sliclis viTMColor, S 2. Sporx seplalx. cryptodiscus, (.(>/(/). I. Cupuia immersa, dein erumpens. Thecœ clavatœ, paraphysibus continuis mixlœ. Sporœ transverse septatœ. mellitosporiuri CORDA. Cupuia immersa, dein erumpens continuis mixtœ naliter septatœ. Thecœ clavatœ , paraphysibus Sporœ transverse <-t longitudi- LICHENS. so 401. Peziza aliietina. 402. 403. 404. C<'nan<ïiiiin rerrugineum. 405. 406. Tympanis conspersi. 107. 408. Cordieriles guianensis Tribus VI. PVCCINlE.t.. Hymcmum supra tcgens receptaculum disciforme, membranaceum, endophytum. FUCCINIA. PERS. Theca» endophytœ, bispora, slipitatae. Sporœ iongitudinaliter dispositœ. PHRAGMIDIUM, /./.VA'. Thecœ endophytx, mul- ti'spora, stipilalte. Spora Iongitudinaliter cli-|m- TRIPHRAGMIUM, UNE. Thecœ endophybe, tri- spone, sfîpîtatae. Spora; triangulation disposita?. 26' Famille. - LICHENS. Comme les Pezizes, tous les Lichens ont des thèques pour organes de reproduction, el le plus souvent ces thèques sont accompagnées de paraphyses. La nature des spores contenues dans ces thèques n'est point facile à observer, et les détails connus jusqu'à présent sur ce su- jet n'ont point encore un caractère suffisant de généralité pour trouver place ici. Tout ceque nous pouvons dire, c'est que dans quelques genres les spores sont simples, c'est-à-dire for- mées d'une seule utricuie, tandis qu'elles sont dans beaucoup d'autres (ex. Parmelia) com- posées de plusieurs utricules placées bout à bout et par conséquent cloisonnées (septatse), sui- vant l'expression des Cryptogamistes. Ces thèques et ces paraphyses sont placées sur un réceptacle qui présente généralement la forme d'une coupe ou d'un globe. Cette coupe peut être évasée dès l'origine icx. Evernia) ou offrir d'abord l'aspect d'une sphère ouverte seulement à son sommet par un pore qui s'élar- git peu à peu (ex. Parmelia); elle peut être crénelée sur les bords (ex. Vsnea barbata) o» n'être entourée que d'un bourrelet entièrement uni (ex. Ramalinà). De même ce réceptacle cupuliforme ou globuleux est le plus ordinairement sessileà la sur- race d'un réceptacle commun qui affecte les for s les plus diverses. Ce réceptacle ci iun, en effet, puait tantôt comme une poussière extrêmement Une ou comme une croûte lépreuse mi farineuse; tantôt comme une expansion foliacée, aplatie ou redressée; tantôt sousl'aspecl de cornes, de Blets, d'entonnoirs, de petits arbustes plus ou moins ramifiés; tantôt comme une masse gélatineuse sans formes bien arrêtées el ressemblant au premier abord complète- ment à un Nostoc (ex. Collema). A la face inférieure de ce réceptacle c i on aperçoit des filaments blanchâtres qui si- mulent parfois des racines, mais qui le plus souvent s'anastomosent de façon à constituerune espèce de feutre cotoi u\. C'est le mycélium qui existe d'abord dans tous les Lichens comme dans tous les Champignons, mais qui disparaît bientôt. La spore en germant donne toujours 90 CRÏPTOGAMES. naissance à ces lilaments blanchâtres qui, en s'enchevètrant, Cormenl une membrane dans laquelle la loupe perinei de dis) ni^ucr des niiii Iles d'un 1 issu très-serré. Celle membrane res- semble beaucoup au mycélium des Trichia el étail placée comme lui par les anciens myco- logues dans lé genre Mesenterica. III. CUlunia i-ornul i".. spjj.i-t i.jiImh un cor.iltoïde!». Au lieu de persister pendant toute la durée de la plante, comme dans la plupart des Cham- pignons, et de favoriser son développement par les sues qu'il absorbe, le mycélium des Lichens se détruit presque toujours au bout de peu de temps. La croûte granuleuse ou l'expansion fo- liacée qui a pris naissance à sa surface et qui n'est que le réceptacle commun acquiert un accroissement considérable et se substitue au mycélium dans les fonctions de végétation. C'est un phénomène analogue à celui qu'on observe dans les Opuntia de la famille des Cactus où 1rs feuilles avortent presque complètement et sont remplacées dans leurs fonctions de respi- ration par les rameaux qui s'aplatissent et prennent la couleur verte. Puisque ce réceptacle commun doit nourrir la plante et qu'il esl toujours placé à la sur- face du corps sur lequel il s'est développé, e'esl à l'atmosphère surtout qu'il empruntera ses principes nutritifs. Voilà pourquoi, sans doute, on observe dans 1 intérieur de plusieurs <\c ses ulrieules celle matière verte que l'on rencontre en si grande abondance chez les plantes supérieures partout où l'air doit être absorbé et respiré. Voilà pourquoi, placés sous l'eau et à la lumière, ils dégagent de l'oxygène comme les feuilles des plantes supérieures. Voilà pour- quoi, enfin, lorsqu'on les déchire , leur substance, de blanchâtre qu'elle était, devient verte. Les Lichens ne tirant point leur nourriture de la substance sur laquelle ils naissent, mie même espèce peut en général se retrouver sur des'corps très-différents. Cependant il y a des Lichens qui ne croissent que sur les arbres, d'autres qui y végètent ordinairement, mais qu'on observe accidentellement ailleurs. L'Usnea barbata, YEverniaprwiastri, etc., apparaissent le plus souvent sur les arbres, niais se développent parfois sur la terre el sur les rochers, tan- dis que les Cladonia et les Pelligera sont habituellement terrestres. In fait particulier qui prouve que les Lichens ne recherchent point spécialement lesarbres, la terre, les rochers ou les murs pour y puiser leur nourriture, niais bien seulement pour y trouver les circonstances climatologiques convenables, c'est que telle espèce qui végète ordi- nairemenl sur les arbres dans telle région, se rencontre au contraire sur les rochers ou sur la terre dans telle autre région. Ainsi le Pavmelia subfusca, qui ne croil que sur les écorces dans cerlains pays, s'étend très-fréquemment sur les rochers dans les champs delà Scanieet LICHENS. 91 même à la surface du sol dans les Hautes-Alpes. Les Parmelia ahuris, parellx, VEvernia prunastri, qui son! essentiellement corticales dans l'intérieur des continents, végètent sur les rochers au bord de la mer. L;i nature physique du sol exerce également son influence sur la station des Lichens. Le Lecanora decipiens, qu'on observe partout dans le midi de la France, ne se retrouve dans le Nord que sur les terrains calcaires. La raison en est simple : les terrains calcaires s'échaut'fenl plus vite que tous les autres, d'où le nom de terres chaudes que les agriculteurs leur oui ilonné par opposition ;'i celui de terres froides qu'ils ont appliqué aux terres argileuses. Ils peuvent donc offrir, sous une latitude déterminée, une chaleur encore suffisante pour la végé- tation de certaines plantes plus méridionales, alors que les terres argileuses ont perdu depuis longtemps cette température limite. T'ot pour la même raison que dans les régions froides, la plupart des espèces végètent sur les rochers qui absorbent la chaleur des rayons du soleil et peuvent communiquer à ces piau- les la température qui leur est nécessaire, tandis que sous les tropiques le plus grand nombre des Lichens croissent sur les écorces où l'ardeur d'un soleil brûlant est tempéré par l'ombre des branches et des feuilles. Cette variété dans la station de certaines espèces imprime à la forme de leur réceptacle commun un cachet particulier qui permet de reconnaître immédiatement où on les a recueil- lies, et cela se comprend d'autant mieux que les Lichens n'offrent rien d'arrêté et sont par conséquent susceptibles de recevoir l'influence des circonstances extérieures. Le Parmelia varia, par exemple, a été ainsi nommé à cause des mille formes qu'il présente, suivant les lieux qu'il habite. C'est un véritable protée végétal. Elle n'influe pas moins sur le développement de leurs organes de reproduction que sur la forme de leur réceptacle commun. Iles Lichens qui croissent indifféremment sur les arbres et sur les rochers n'offrent souvent de réceptacles particuliers que dans cette dernière station i Parmelia caperata, ]>> rlata, etc.). Le contraire s'observe aussi pour d'antres espèces. bien que le sol sur lequel naissent les Lichens ne fournisse point les aliments nécessaires à leurs évolutions, c'est-à-dire le carbone, l'hydrogène et l'oxygène, cependant il leur procure ces matières plus ou moins accessoires qui, incrustant leur tissu, leur donnent cet aspect granuleux et ces couleurs souvent si vives et si brillantes. La nature chimique du sol, à ce point de vue, doit donc avoir quelque influence, et en effet elle en a beaucoup sur la couleur du réceptacle commun. Le sol, par exemple, renlerme-t-il des oxydes de fer? le réceptacle commun sera rouge, ocracé, ferrugineux; des oxydes de manganèse? il sera rose ou pourpre; du carbonate de chaux? il sera crétacé, blanchâtre. La lumière n'a pas moins d'influence sur les couleurs du réceptacle commun; mais un n'a poinl encore pu expliquer comment cette influence agit en sens contraire sur des Lichens différents. Ainsi certaines espèces, telles que Parmelia chrysophthalma, chlofophana, palis- sent à la lumière, tandis que d'autres, telles que Parmelia parieima, murorum, si' foncent davantage. LeCalicium trachelinum est très-coloré quoique venant dans des lieux retirés el froids, tandis que quelques espèces des tropiques le sont très-faiblement. Si les Lichens végètent indifféremment pour la plupart sur toute espèce de substance, 0)1 les observe également dans toutes les régions de la terre, depuisles tropiques jusqu'aux pôles, et à toutes les hauteurs, dans les plaines, les vallées, les tourbières commesur le sommet des montagnes les plus élevées. Ici même nous constatons, pour la première lois, d'une manière ires-nette quelques-unes des luis fondamentales de la distribution géographique des plantes à la surface du globe. Pour les Lichens, en effet, comme pour toutes les plantes terrestres, les mêmes changements se manifestent de la même manière dans le nombre et la variété des espèces, que l'un s'avance de l'eipialoiir aux pôles ou que l'on s'élève sur une montagne des tropiques suffisait) ut haute. Au sommet des montagnes, près de la limite des neiges éter- nelles, comme vers le- pôles, près des rs de glace, des Lichens végètenl encore en grande quantité, alors que depuis longtemps déjà toutes les autres plantes mil disparu. Il \ a donc mu somme! des montagnes comme vers les pôles région 'les Lichens. D'une autre cuti'', a mesure qu'on Se doue de l'équateur vers les pilles ou :' 'sure qu'un gravil la pente d'une montagne, ou observe que le noml ipèces diminue, tandis que le nom] les indivi- dus des pspèce 'pu persistent augmente Enfin, de i pèces dites méridionales se renconlrenl U2 CRYPTOGAMES. encore sur le bord occidental de la mer jusqu'en Laponie, lorsque depuis longtemps elles n'existent plus à l'intérieur du continent où l'été est plus sec et l'hiver plus froid. Tous les physiologistes savent que la plupart dos graines des plantes supérieures peuvent être soumises à une assez grande chaleur sans perdre leur propriété germinative, c'est-à-dire que placées ensuite dans des circonstances favorables, elles germent bientôt et donnent nais- sance à des individus semblables à ceux dont elles proviennent. Cette propriété d'être ainsi soumis a une grande sécheresse sans perdre la vie se retrouve non-seulement dans ces graines avant toute germination, mais encore quelque temps après cette germination. Ainsi des grains de blé qui ont germé depuis quelques jours peuvent être complètement desséchés, puis re- placés (huis des circonstances favorables, absorber l'eau dont ils avaient été dépouillés et re- coramencer a vivre. Toutefois cette propriété ne s'étend qu'aux premiers développements de la plante. Aussitôt qu'elle a grandi, le desséchemeut c'est la mort. Tour le mycélium des Champignons, nous avons observé le même phénomène: desséché et conservé depuis long- temps en herbier, il peut reprendre la vie et recommencer à végéter lorsqu'on le replace dans un verre rempli d'eau. De même pour le réceptacle commun des Lichens : sur les écorces ou sur les rochers, aux ardeurs du soleil, il devient friable et se réduit en poudre par le moindre frottement ; mais la pluie, lui rend bientôt la vie en même temps que la souplesse et la fraîcheur. Le tissu du réceptacle commun se compose ordinairement de deux sortes d'utricules : des utricules cylindriques et des utricules sphériques. Quand le réceptacle commun s'étend à la surface des corps, les utricules cylindriques occupent la face inférieure, et les utricules sphé- riques la face supérieure. Quand il est vertical, les utricules sphériques forment une espèce d'écorce au centre de laquelle sont les utricules cylindriques. Dans les Lichens dont le réceptacle commun est horizontal, les utricules sphériques sont- elles très-nombreuses proportionnellement aux utricules cylindriques? le réceptacle commun est crustacé ; est-ce le contraire qui a lieu ? le réceptacle commun est foliacé. Toutefois entre le réceptacle commun crustacé et le réceptacle commun foliacé, il y a tous les intermédiaires, et dans l'application on est souvent fort embarrassé sur la question de savoir laquelle de ces deux expressions doit être employée. Quand les utricules cylindriques existent seules, le ré- ceptacle commun est dit stuppeus. Les utricules sphériques sont ordinairement remplies de matière verte ; elles peuvent, dans certaines circonstances, se dissocier et reproduire chacune le Lichen à la manière des spores et des sporules; aussi quelques Cryptogamistes ont-ils cru devoir leur donner le nom spécial de gonidies et appeler la couche utriculaire qu'elles forment couche gonimique. Lorsque cette désagrégation des utricules sphériques a lieu, c'est toujours vers le centre qu'elle commence. Il en résulte d'abord un Lichen pulvérulent dans son milieu et foliacé ou crustacé sur ses bords. Puis la désagrégation gagnant toujours, le Lichen finit par n'être plus qu'une masse de poussière verdàtre ou jaunâtre selon les espèces. Les anciens botanistes qui ignoraient ces métamorphoses considéraient ces diverses formes, non pas comme des états différents d'un même Lichen, mais comme appartenant à des êtres très-distincts. De là leurs genres Lepra et Variolaria. Quelques Lichens sont employés eu médecine, d'autres dans l'économie domestique, d'autres encore dans la teinture. Le Lichen d'Islande (Cetraria islandica), par exemple, est un médi- cament précieux dont les effets ne sont plus contestés ; on en prépare des décoctions, des pâtes, des gelées, des pastilles, un chocolat, et sous toutes les formes son administration a été suivie d'heureux résultats. En Sibérie, la Pulmonaire du chêne (Sticta pulmonacea) sert de succédanée au houblon pour la fabrication de la bière, et les habitants préparent avec le Ce- traria islandica une farine qu'ils appellent fixllgrœs 1 . Le Cladonia rangi fera est un pâturage 1 « Des journaux ont annoncé que dans le district de Jenischehir, dans la petite Asie, au mois de janvier, il est tombé du ciel une si grande quantité de manne en morceaux de la grosseur d'une noisette, que la terre en a été couverte dans une épaisseur de trois ou quatre pouces, et que les habitants s'en sont nourris pendant plusieurs jours. Cetle substance a fourni une farine très-blanche^ mais le pain, très-beau du reste, qu'on on a lait était insipide. I.e même phénomène s'était dé,à présenté dans le même lieu en 1841. « Tout étrange que paraisse ce l'ait, il n'en est pas moins explicable et facile à ramener à des causes purement naturelles. Les exemples d'uni tière comeslible paraissant tomber de l'atmosphère, et transportée, en effet, par elle, -,,u en isie, soi! même en Europe, ne soûl |'as très-rares. Toutes les fois qu'on a pu observer celte sub- lance a reconnu que ce n'esl autre chose qu'un Lichen; I'- l'nrmrhii escvlcntti, dont le lissu est tt'ès-succu- ISiNÉES. PARMÉLICÉES. 95 excellent dans les parties les plus septentrionales de l'Europe pour les rennes qui savent le découvrir sous la neige. Enfin la Parelle ou l'orseille d'Auvergne, orseille de terre, s'obtient du Parmclia pallescens qu'on détache de la surface des rochers et que Ton traite par les alcalis. 11 en est de même de l'orseille d'herbe qui est fournie par le Rocella tincloria. Tribus I. VSNE.E. Receptaculum partiale peltatum vel scutclli forme, primitus apertum. Receptaculum commune ramosum bubverlicale. 414. Cl idoni i retipora. ilo. Usnea bailjala. 416. I'.amaluia fraxinea. USNEA, HOFFM. Receptaculi communis stratum verticale crustaceum, a medullari tilamentoso solulum. Receptacula partialia terminalia, pel- tala. llynieniuni strato medullari tilamentoso im- positum. evernia ACII. Receptaculum commune stup- peum fistulosum aut strato medullari floccoso contiguo farctum. Receptacula partialia margi- ualia, scutelliformia. llynieniuni strato medullari floccoso inipositmn. RAIHALINA, ACH. Receptaculum commune sub- cartîiagineum, intus cellulosum. Receptacula par- tialia, utrintjue sparsa. scutelliformia. Hymemum strato propno viridi impositum. roccella DC. Receptaculum commune subcar- tilagineum, intus cellulosum. Receptacula par- tialia, latéral ia, scutelliformia. Hymenium strato proprio carbonaceo impositum. cetraria At'.tl. Receptaculum commune car- tilagineo-membranaceum, intus stuppeum. Re- ceptacula partialia terminalia, oblique affixa, peltata. Hymenium strato medullari impo- sition. THYSANOTHECIUM, MGNE et BEllK. Recep- taculum commune verrucis sparsisa cjuibus sur- gunt lamellœ verticales, tereti-compressïe, ra- moso-plicata', solide?, intus filamentosœ. Recepta- cula partialia, primo orliicularia, margine si- nuoso, deinuni Nahellari expansa, obliqua, lobata, lobis oblongis. Hymenium strato proprio viridi impositum. Tribus II. PARMELŒ.'E. Receptaculum partiale peltatum vel scutelli forme, primum clausum, iemum apertum. Receptaculum commune plano-expanmm, foliaceum cet crustaceum. PARMELIA, FI!. Receptaculum commune folia ceum, coriaceum, e centro expansum. Recepta- cula partialia scutelliformia, receptaeulo com- iniini sequalîter marginata. LECANORA ACH. Receptaculum commune crus- taceum, e centro expansum. Receptacula par- tialia scutelliformia, receptaeulo communi ;equa- liter marginata. gyalecta ACH. Receptaculum commune cru- staceum, 'e centro non expansum. Receptacula partialia urceolata, receptaeulo communi vix mar- ginata.. STICTA. SCHREB. Receptaculum commune lo- liaceum, coriaceum, e centro expansum, ssepius cum cyphellis. Receptacula partialia scutelli- formia," receptaeulo communi oblique margi- nata . peltigeba W'U.l). Receptaculum commune lent, <-t qui, par suite, peut être mangé par les hommes et par les animaux. Pendant son voyage en Crimée M. Léveillé l'a observé en grande quantité à la surface du sol sur divers points, et là il se présentait avec une cou- leur grisâtre et formant des sortes de petits amas comparables au\ petils monticules de terre que rejettent les lombrics. En observant un grand nombre d'espèces de ce singulier végétal, il les a toujours trouvées entièrement libres et déia, bée- du sol, ai jamais il n'a pu y reconnaître de points d'attache d'aucune sorte. Auclier Eloy, dans son voyage en Perse, a également vu et mentionné un fait du même genre. I "lin lis journaux nous ont appris que lors de l'expédition du shah de l'erse contre Hérat, les habitants de cette ville avaient trouvé et recueilli en grande quantité, sur la surface du sol, une substance entièrement semblable qui leur servit de nourriture pendant plusieurs jours, et qu'ils s'étaient décidés a manger envoyant les chèvres s'en nourrir avec avidité. Dans ces diffé- rents exemples, comme aussi dans le lait récemment observé i Jenischehir, la merveilleuse manne n'est donc pas autre chose que le Parmelia esculenta, que lis hhk emportent en très-grande masse pour la déposer ensuite à une distance plus ou moins considérable. [RevM botfinirinc, ' 1, p, i" 1 ' ' U4 CRYPTOGAMES. loHaceum, coriaceum, c cent ru expan*um, icpius vcnosum. ftccptacula partialia peltata, rccep- taculi coi unis lobis uiarginalibus innaln. dirina, lll. Ucceptaculum commune crusta< eum, e centro expausum. Receptacula parlialia scutelli- formia, propria, cornea, receptaculo commun i ;ri|ii;ilii>T margïnata. ii7. Pelligera resupinala ils. Ilymeniuiii de Parmelia. ti> Parmelia cilîaris. i , 'j. Dit ina Cei al œ Tribus III. LECIDEM. Receptaculum partiale primilus apertum, demum cephaloïdeum . Receptaculum commune crustaceum plano-expansum saepitts in stipites abiens. i2v. (.ecidea cinerea 425. Stereotanlon ramulosum. I: i iiii\ ces ri 1-2IÎ. Cladonia licllulilloi :i. STEREOCAULON, SC// /î£B.Iiecq>l;\nilmn .om- nium: horizontale subgranulosum, verticale in stipites solidos, intus filamentosos abiens. Recep- tacula parlialia cephaloïdea, terminalia, immar- ginata. Hymenium strato proprio impositum- cladonia HOFFM. Receptaculum commune ho- rizontale, crustaceum v. squaniuloso-foliaceum verticale in stipites fistulosos abiens. Recepta- cula parlialia cephaloïdea, terminalia, immargi- nata. llymeniuni strato proprio impositum. BYSSACÉES. — Pries a réuni, sous le nom de Bvssacées, quelques genres dont l'organisation est très-singulière, et n'a point encore été suffisamment étudiée dans ses développements successifs, pour, qu'on puisse leur assigner une place précise dans la classification des Cryptogames. Par leurs organes de la reproduction, ils ressemblenl complètement aux Lichens. Ce -oui des thèques allongée-. ïerrées les unes contre le.- autres, H disposées -in un réceptacle qui a l'aspi cl d'i coupe plus on moins évasée BŒOMYCES. l'KHS. Receptaculum commune horizontale, crustaceum, verticale in stipitesso- lidos abiens. Réceptacula parlialia cephaloïdea, terminalia, immarginala. Hymenium slralo pro- prio non impositum. lecidea. ACH. Receptaculum c mue hori- zontale crustaceum, verticale obliteratum. Re- ceptacula parlialia haemispherica, iuimarginata. Hymenium slralo proprio impositum. CQLLEMACÉES. 95 l'ai leurs organes de la végétation ils s'en éloignent, en général . beaucoup, a Quelques-uns, ilil M. Montagne (ex. Coen-ogonium), onl des filaments articulés comme les Conferves ou les Moisissures, et souvent on ne saurait les en distinguer sans la présence delà fructification. Supposez un Lichen réduit à suit mycélium, et sur lequel se seraient développés des réceptacles, vous aurez celle Byssacée. D'autres onl aussi des filaments confervoïdes, mais composés de granules verdâtres, globuleux ou elliptiques, réu- nis en mm ies moniliformes par un tube anliyste d'une si grande ténuité, qu'on ne l'aperçoil que forl diffi- cilement et qu'avec d'énormes grossissements. Us serpentent au milieu d'un mucilage avide d'eau dans lequel ils sont plongés, el s'accompagnent d'une autre sorte de filaments transparents comme eux, mais dépourvus de toute granulation intérieure. Un épidémie, qui dans les Collema consiste ru une simple condensation pelliculaire, mais qui dans les Leptogium est formé d'une ou deux rangées d'utricules cu- biques, relie ensemble les filaments el la matière gélatiniforme dans laquelle ils nagenl el se replicnl de mille manières. Enfin, dans d'autres encore (ex. l.icliina), les ufricules allongées ou les filaments sont en- tourés par une ou plusieurs couches d'utricules remplies de matière verte. » Quelleest la nature de ce corps qui supporte le réceptacle el qui varie lanl avec les divers genres ,1e ce groupe ? en l'absence de toute étude sur lis développements successifs île ces plantes qui nous mettrait à même de résoudre immédiatement celte question, consultons l'analogie. LeCœnogonium, dit 31. Montagne, est un Lichen réduit à son mycélium sur lequel se sont développés les organes de la reproduction; il n'y a aucune trace de réceptacle commun; c'est pour ainsi direle pre- mier degré d'une plante de celle famille. Le Collema, le Leptogimh et le JJchina sont, au contraire, des Lichens dans lesquels le mycélium disparaît promptement, tandis que le réceptacle commun qui esl ué à sa surface persiste et supporte la fructification. Celte disparition du mycélium a lieu dans presque tous les Lichens, et la supposition qu'il en est de même dans les Collema, Leplogium, etc., n'a rien d'in- vraisemblable. Les faits présentés de cette façon, l'analogie nous conduit à considérer les Byssacées comme une famille des Champignons voisine des Lichens. Mais si au lieu de prendre pour point de départie Cœnof/onium, nous prenons, au contraire, le Lichina, l'analogie nous conduira à un résultat totalement différent. Le Lichiua, en effet, a la même structure que le thalle des Fucacées; c'est donc un Ihallc, dirons-nous, que ce prétendu réceptacle commun, il n'y a jamais eu de mycélium. Le Collema ressemble de même complètement à un Nostoc. C'est la même consistance gélatiniforme; ce sont également des filaments moniliformes enveloppés dans un sac très-mince. Or, dans le Nostoc il y a un thalle, nul n'en doute. C'est donc aussi un thalle que cette niasse gélatineuse, qui, dans les Collema, porte les organes de la fructification. Enfin, les filaments des Cœnogoniltm. que l'on prend dans la première supposition pour un mycélium, ressemblent à s'y méprendre. M. Montagne le dit lui-même, aux filaments des' Conferves. Les filaments des Conferves forment un thalle, pourquoi ceux des Cœnogoniltm n'en formeraient-ils pas également un? De ces deux solutions que nous donne l'analogie, quelle est la bonne ? nul ne peut le dire, tant que des observations précises n'auront point constaté la présence d'un mycélium dans les premiers développe ments des Collema el des Lichina, et partant nul ne peut affirmer que ces plantes sont des Algues ou des Champignons. Cependant, comme dans la botanique descriptive, il faut classer toutes les plantes, nous avons rangé les Byssacées, avec Fries lui-même, à côté des Lichens, et dans l'énuméralion des caractères nous avons toujours désigné sous le nom de réceptacle commun le corps spécial qui pourrait bien être un thalle, dans quelques genres du moins. Tr.itu's I. COLLEMACEjE. Receptacahirn commune e floccis hyalinis et moniliformibus composiluin . 427. Collema ni'ji 428 1 :>. '.30 Mvriai COLLEMA, IIOl'I'M. tteceptaculum commune to- tum gclatinosum intus vel e floccis duplicis ordi- nis hyalinis scilicet el moniliformibus, vel ecel- lulis gelalinosis viridia granula bina quaternave includentibus composituin. Rcceptacula partia- lia. scuielhiiii MM.i. receptaculo coi ni primi tus çlauso cinrta. MYRIANGIUM. III.ISK. ci MGNE. Rcceptaculum commune pulvinatum, madore lurgescens, in- a'fpiale lulioi culal mu. Ileceplaciila parlialia lu- berculiformia, primo clausa. dein aperta, plana inuiiargin-ila, byioeiiiinu incliideulia crassum. uiiilliloculaie. snigulo lorulo lliecam singulam fovenle, tandem faliscenle. 90 CRYPTOGAMES. myxopuntia, MOUE '. Receptaculum commune fructiculosum, gelatinosum, ereclum, cylindra- ceum, articulato-constrictum, madîdum, e floc- cis liynlinis et iiiniiililiinnilnis gelalina' iuimixtis epidermide cclluloso relig&tis compositum, Re- cepLacula partialia scutelliformia . receplaculo communi primitus clause cincla. leptogium /■'/(. Receptaculum commune l'olia- ceum, gelatinoso-membranace madidum, e lloccis hyalinis et monUiformibus gelatinœ im- niixt ts . epidermide celluloso religatis, composi- tum. Receptacula partialia scutelliformia, recep laculo communi primitus clauso cincta. Tribus 11. COENOGONIE/E. Receptaculum commune e floccis arliculatis compositum. CŒNOGONIUM. EBRENB. Receptaculum com- mune utïusiuii, e lloccis pellucidis, obscure arli- culatis, laxe intertextis compositum. Receptacula partialia orbiculata , substipitata. llymenium strato proprio impositum. EPHEBE, FI!. Receptaculum commune e floccis cylindricis , intus punctis in annulis ili>|«»i- tis notatis compositum. Receptacula partialia scutelliformia, superficialia. Hymenium recepta- culo communi aperto marginatum et inijxj— situm. MICAREA, Fil. Receptaculum commut granu- lis ltberis gelalinosis aggregatis compositum. Receptacula partialia, subspht£rica,semperaperta, immarginata. llymenium receplaculo communi impositum. cilicia Fil - Receptaculum effusum seu liori- zontali-reflexum, floccis intertextis in telamde- terminatam utrinque similarem,canovirescentem. Receptacula partialia obliterata. llymenium nu- (luiu, inaculaie, hinc inde adspersum. THERMUTIS. Fit. l'.eceptaculum subpulvinatum, floccis laxe et indeterminate intertextis, intus annulalis, opacis, nigrescentibus. Receptacula partialia orbiculata, marginata, sessilia, immersa. llymenium strato proprio impositum. Tirnius III. L1CHINE&. Receptaculum cornmune e stratis duobus compositum. lichina, AG. Receptaculum commune subverti- cale e slrahs duobus compositum; corticale e cellulis hexagonis, medullare e floccis livalinis et moniliformibus in substantia gelinea ntixtis. P,c- ceptacula partialia lerminalia, puni operta, sen- sim scufcliala, dilatata. 27" Famille. — IIYI'OXYLONS. bans iiuis 1rs Ilypoxylons, les spores sont renfermées dans des Ihèques qui tapissent l'in- térieur d'un conceptacle de forme et de consistance diverses. Ce conceptacle est d'abord en- tièrement clos ; niais à la maturité, et lorsque l'air est chargé d'humidité, il s'ouvre par une fente longitudinale (ex. Hysterium, Lophium) ou par plusieurs lentes longitudinales parallèles (ex. Clioslomum), ou par plusieurs fentes qui vont en divergeant à partir d'un centre com- mun (ex. Aclidium, Rhytisma). Ailleurs la partie supérieure se détache comme un opercule et met à découvert les Ihèques (ex. Stegia) ou elle est pourvue d'un osliole en forme de pa- pille, de mamelon ou de liée plus ou moins allongé (ex. Sphxria, llypojcylon) ; de là autant de tribus nettement caractérisées. Quelquefois ces conceptacles reposent immédiatement sur le mycélium; mais le plus ordi- nairement, ils sont places à la surface ou enchâssés a l'intérieur d'un réceptacle commun donl les formes sont extrêmement variables; ainsi, il est vertical ou horizontal, charbonné ou subé- reux, charnu ou ligneux, souple ou fragile, glabre ou velu, lisse ou rude et verruqueux; dans les formes caulescenles, il devient cylindrique ou anguleux , simple ou raineux ; parfois il se renfle en tète au sommet et a l'apparence d'une massue. Les formes étalées varient beaucoup moins; ce sont le plus ordinairement des plaques foliacées ou pulvérulenles qui s'élendent en divergeant, à partir d'un centre commun, sur les corps où ils se développent. Le groupe des Ilypoxylons est immense; on en rencontre partout: les arbres, les bois abat- tus, les tiges et les feuilles des plantes herbacées en supportent : on en Irouve sur la truffe des Cerfs (ex. Sphxria capitata), sur les chapeaux des Agarics qui pourrissent (ex. Sphxria Aurantix), sur les chenilles mortes (ex. Hypoxylon Ptoberlùi'-) et la fiente des animaux (ex. 1 Suivant M. Montagne lui-même, il n'y aurait guère d'inconvénient à supprimer son genre Myxopuntia. 2 Ce genre doit être rayé d'entre les Lichens. C'est en effet le même que le genre Cota fuies, qui est une Télé- phorée (voy. fuies, Swnm. rejet. Scandinav., ôôo). 3 M, Edouard Sliœtland de Cambridge, qui a habité longtemps la Nouvelle-Zélande où croît VHypoxylon Rotrert- sii, a eu l'obligeance de nous communiquer quelques détailssurlc mode de végétation de celte curieuse espèce tir Champignon. La chenille suc laquelle clic se développe s'appelle dans le pays Holetê, et donne naissance à un' papillon du genre Sphinx Linn., qu'on désigne sous le nom de Pepè. On la rencontre eu abondance au mois de novembre, c'est-à-dire au commencement du printemps de. la Nouvelle-Zélande, sur les feuilles de deux espèces indigènes de Convoltiilus, et sur les (leurs du Hâta (Melrosidcros rolusta). A la lin de février, elle quitte les feuilles s!n HYSTKR1EES. UT Sphsena fimeli). Plusieurs Phacidivvi et Hysterium sont propres aux liges et aux feuilles mortes des Myrtilles, et le Rhytisma Andromède ne se \oit que sur les feuilles vivantes de l'Andromède. Toutes les feuilles sèches du Houx sont couvertes dans les forêts mont ue uses du Stcgia llicis; la base du chaume des Roseaux, sur le bord des étangs et des rivières, offre en grand nombre à sa surface le Stegia arundinacea. Il y a donc entre la famille des Hypoxylons et celle des Spbaeronémées la plus grande ana- logie : toutes deux ont des conceptacles qui s'ouvrent de la même manière ; toutes deux habi- tent les mêmes lieux ; toutes deux présentent les mêmes modifications de forme et de con- sistance dans leur réceptacle commun: en un mot, tout est semblable sauf le mode de repro- duction des spores. Aussi les tribus de l'une de ces familles correspondent-elles aux tribus de l'autre : les Hysterium, par exemple, aux Labrella, \esStcgia auxActinolkyrium, \esSphserin aux Sphseronema, les Actidium aux Pilidium. dette correspondance ou plutôt cette similitude dans les conceptacles est telle que chaque jour, en analysant l'intérieur de certaines espèces que l'on avait placées parmi les Sphseria, on s'aperçoit qu'elles n'ont point de thèques, mais seulement des filaments terminés chacun par une spore, et qu'elles doivent être reportées parmi les Sptiseronema, et réciproquement Tribos 1. IDSTEHUii'.. Conceptaculum rima longitudinali dehi&a ns. Receptacu/um commune nullum. 131. »J2. Sporomega degenerans Spores de Hystero- Thèque et spores giaphium elongalum. de Hysterium A. Sporœ simplices. 156. Lopliiuiii mytilimim. HYSTERIUM. IODE. Conceptaculum simple*, rariusve ramosum, sessile, rima longitudinal dehiscens. Theca paraphysibus simplicibus im— mixité, clavake. Sporte simplices, bactikeformcs. lophiuki FI:. Conceptaculum simplex. stipila- tum, compressum, rima ton^itudînali dchist ei 1 lin .-■ paraphysibus ramosis immixtae, lubulosa?. Sporae simplices, oblongoo. AYLOGRAPHUM. LUS. Conceptaculum simplex ramosumve, innatum. diniîdiatum . rima longi- tudinal! dehiscens. Thecœ paraphysibus ramosis immixlre, tubulosa?. Spor.'p. simplices, ovatx. SPORor.iEGA CORD I. Conceptaculum simplex, sessile, rima longitudinali dehiscens. Theca: pa- raphysibus non immixke. clavata?. Spora? sim- plices, baculaîformes. B. Spot-: 1 septat glonium. MOHLENB. Conceptaculum radiato- ramosum, sessile. lima longitudinal! ramosa de- hiscens. Theca: paraphysibus mixlœ, clavata'. Spor.e didyma?. HYSTEROGRAPHIUM, CORDA. Conceptaculum simplex, sessile, rima longitudinal dehiscens. Theca; parapliysibus mixtœ, tubulosa:. Sporaescp- tatœ. S 2 "2. ïïeceptaculum commune cnislaceum !>59 "i HO "|- aulta Sesquelles elle vivait, et s'enfonce dan- la terre jusqu'à près de rbîux décimètres t pas complétemenl absorbé. Chaque année, l'extrémité supérieure il ptai e commun se dé- truit, el à sa plaie il -Vu développe autre qui se détruira de même, en sorlc qu'on Hypoxyloa Hobertsii gé offre à la base de la partie fructifère du n < eptacle i '-1111111111 !■■- ciratrii es des rame \ précédents, >•( il e-t facile tic ralenti i -"n ige par le nombre de ces riratriees. ILS CRYPTOGAMES. \. Conceplacula propria aggregata CHIODECTON AC11. Conceplacula propria, ag- gregata, verrucas multiloculares subglobosas re- ceptacufi communis prominentes et e propria sub- stanlia coloratas formantia. GLYPHIS ACH. Conceptacula propria, aggregata, verrucas multiloculares elongatas canaliculatas receptaculi communis prominentes el e propria substantia coloratas formantia. medusula ESCHW. Conceptacula propria ag- gregata, verniras iiiiilhloi ulaiv* di'iiili'niileas, re- ceptaculi communis prominentes et e propria sub- stantia coloratas formantia. . (Jlyphis heteroclita. B. Conceplacula propria discrète 1 GRAPHIS, FR. Conceptaculum proprium, pri- iinini clausum, dein rima longitudinaliter aper- tuin, receptaculo communi marginatum. LECANACTis . ESCHW. Conceptaculum pro- prium, semper apertum, receptaculi» communi marginatum. OPEGRAPHA, IIUMD. Conceptaculum proprium, primum clausum, dein rima longitudinali aper- tum, receptaculo communi non marginatum. SCLEROPHYTON, ESCHW. Conceptaculum pro- prium, semper apertum, receptaculo communi non marginatum. (!. Conceplacula propria nulla. ustalia. FR. Hymcniu rumpens, oblongum | cum depressum , primo albido-velatum , dein vol lineari-elongatum , solidum, sislens '. M. Perisporium vulgare. CUCURBITAIUA.J.'/ÎEr. Receptaculum commune nullum. Conceptacula rotundata, solitaria vel gregaria, singula apice ostiolo perforata. Thecœ clavatœ vel lubulosae, paraphysibus immixtœ. Spore septatœ, variœ. A. Mycélium non pcrsistens. MELANOSPORA, COUDA. Receptaculum com- niune nullum. Conceptaculum superliciale, longo collo ostiolatum. Thecœ clavatœ, paraphysibus immixt;e. Sporae simplices, ovatœ. L. Mycélium persistens floccosum. ASTERINA. LEV. Receptaculum commune infloc- cis ramosis, radîantibus composito-expansum. Conceptacula globosa, innata, basi applanala, ostiolo punctiibrmi dehiscentia. Thecœ subglobo- sœ. Sporae didymœ. CHŒTOMIUIH . KZE. Receptaculum commune Hoccosum. Conceptaculum superficiale, dein ore apertum, extus pilis opacis vestitum. Thecœ clavatœ, paraphysibus immixtœ. Sporœ simpli- ces, ovatœ. PERISPORIUM. ;■'/;. Receptaculum commune floccosum. Conceptaculum superficiale, dein irre- gulariter ruptum. Thecœ clavatœ, paraphysibus non immixtœ. Sporœ simplices, ovatœ. YPSILONIA. LÈV. Receptaculum co îune lloc- cos , radians, adnatum. C :eptacula globosa, ssilia, apice ostiolo perforata. Thecœ tubulosœ, paraphysibus non i ixtœ. Sporœ elongatœ, fur- catœ, trîcuspidatœ. Receptaculum commune expansum, luheiculatum ni cupuliforme. A. Receptaculum commune membranaccum vel foliaceum. ENDOCARPON. HEDW. Conceptacula non pro- pria, discreta, basi receptaculo communi foliaceo plus minusve i ita . papilla vel ostiolo in— structa. MICROTHYRIUM. DESilMZ. Receptaculum comr mime membranaceum, scutiforme, adpressum, centra perforatum, obi ptacula sacci- lonniii. numéros;}, r;nli:illMi posita, OStiolis COll- Quentihus. Sporœ simplices. B. Receptaculum commune carbonaceum, corneum vel carnosum spkaeria, // 1/././.7;. Receptaculum commune expansum, c n bonac Conceptai ni i rotundata immersa, singula fhecs elongatœ Sporœ septata 1 , vai dothidea FR. Receptaculu immune expan- sum, coi it'iiiii Conceptacula immersa ri confluen- i stiolo perforata. Thecœ clavatœ, paraphysibus immixtœ. Sporœ ovatœ. simplices lui CRYPTOGAMES. PORONIA l'Ii Receptaculum c imrnunc cupuli- formc, carnosuni. Conceptacula immersa, ostiola perforata, Thecac tubulosœ, paraphysibus immix- tse. Sporae ovaln*, simplices. hypocrea, Fil. Receptaculum commune tuber- culatum. Conceptacula immersa, ostiolo perfora ta. Tbecx filiformes, paraphysibus immixhe. Sponc simplices, ovata;. '..■. , Kodocarpon. 15".. Pertcisaria. 45V. 455. 456. Ilypoxylon Leprieurii '. Spli.i-i m. 458. rrypethelium. Receptaculum commune crustaceum a. Conceptaculum proprium. 459. Hypoxylcn scleroderma. CO. 461. Hypoxylon grammicum. VERRUCARU PERS. carbonacea . discreta , i ii h h ! crustaceo innata, structa. irypethelium, SPRENG. Conceptacula pro- pria, carbonacea, aggregata intra verrucam re- Conceptacula propria, basi reeeptaculo com- papilja vel ostiolo in- ceptaculi communismultilocularemprominentem, ostiolis distinctis. PYRENASTRUM, ESCHW. Conceptacula pro- pria, carbonacea, aggregata intra verrucam, re- eeptaetili communis inultilocularem prominen- tem, ostiolis convergentibus, in os commune desinentibus. h. Conceptaculum non proprium. SPHEROBIPHALE, REICH. Conceptacula non i propria, discreta, reeeptaculo communi crus- taceo verrucaeformia , papilla vel ostiolo in- structa. PERTUSARIA, DC. C i'|itaciila non propria, aggregal i, verrucam multilocularem receptaculi | communis prominentem formantia, ostiolis dis-" tinetis. ASTROTHELIUM, ESC11W. Conceptacula non propria, aggregata, verrucam multilocularem re- ceptaculi communis prominentem formantia, os- tiolis convergentibus in os comuiiinr ilrshientibus. g ">. Receptaculum commune erectum. A. Spore ACROSCYPHUE LEV. Receptaoulum commune erectum, suberosum, ramosum, ramis fascicu- lalis coadunatis. Conceptacula ovata, terminalia, ore lato dehiscentia. Tnecœ elongatce. Sporœova- la\ iliilynia: 2 . I D. Sporae ACROSPHJERIA, Mt'.SL 7 ', Receptaculum com- mune erectum, suberosum, simplex. Conceptacu- lum solitarium, terminale, osfiolo perforatum. Sporae ovatae. HYPOXYLON, BULL Receptaculum commune clavatum, simplex. Conceptacula immersa, ostiolo septatse, CORDICEPS, l'R. Receptaculum commune erec- tum, corneuin, simplex, clavatum. Conceptacula superficialia, ostiolo perforata. Thecœ tubulosse. Sporœ longissimae, multiseptatae. simplices, perforata. Theca' paraphysibus immixto:, tubulo- ni\ Sporse ovatse. THAMNOMYCES. E///î£.\fl. Receptaculum com- mune ramosum, conceptacula lateralia, plus mi- nus immersa. ostiolo perforata. Theca; paraphy- sibus immixtic, tubulosœ. Sporœ ovatse. ' Camillea Leprieurii Mgm . Cent., n'40, 1. 10, fol. 5, Syllogc, 207. 2 Ce genre n'appartient pas aux Hypoxylées, mais bien au groupe des Lichens, ainsi que l'a démontréMontagnr (voy. Sylloge '/ni. specierumque Cryptog.] 558) qui a modilié la caractéristique donnée par M. Léveillç. i i ni' [cvospkxria est de Corda. 11 est fondé sur lp- Xyl/rrif collabens Mnxr p\ Thamnomyces annulipes M.,m (Sylloije, 205, 206). ERYSIPHEES, ONYGENÉES. 101 28 e Famille. — ERYSIPHEES. Les feuilles des arbres et îles plantes herbacées se couvrent souvenl de filaments très-fins i|iii s'anastomosent et forment des taches blanchâtres ou grisâtres que les horticulteurs dési- gnenl smis le nom de blanc. Ces filaments ne sont autre chose que le mycélium d'un cham- pignon appartenant à celle famille, à ['Érisyphe. Lorsqu'on examine, en effet, pendant plu- sieurs jours des feuilles ainsi couvertes de ces taches, on ne tarde pas à apercevoir au milieu de chacune d'elles un petit corps souvent moins gros que la tète d'une épingle, d'abord jaune, puis roux et enfin noir, (les petits corps, que les jardiniers nomment pointillures noires, s'ou- vrent à la maturité et en laissent échapper quatre ou huit autres qu'ils contenaient. 462. AiUennaria lœvigata. 465. Pleuropixis microsperm < ■' yxa racodii erysiphe IIEDW. fil. Conceptaculum myce- lio persistante radiato e floccis continuis, rxtiv- mitate bilîdis, composito suffultum, meinbrana- ceum, ctansuiu, dein apertum. Thecœ quatuor vel oeti), paraphysibus mil lis ; spors continuée, ovatte. PISOMYXA. CORD. 'Conceptaculum mycelio per- sistente radiato e floccis septatîs composito inna- tuin. incmbraiiaceuiii, ostiolatum. Thecae. . . Spo- iae continua?, ovata?. ANTENNARIA, /./.VA". Conceptaculum mycelio persistente radiato e floccis septatis composito suffultum, membranaceum, clausuni, dein aper- tum. Thecœ .. Sponc continua;, ovatœ *. PLEUROPIXIS, C.OHD. Conceptacula floccis sim- plicibus adscendentibus, septatis, lateraliter ad- nata, rima longitudinal! aperta. Thecae... Sporae continuée, ovata?. 2il s Famille. — OXYGÉNÉES. Les Onygena croissent sur les plumes des oiseaux morts (ex. Onygena corvina) ou sur les sabots des chevaux jetés à la voirie (ex. Onygena cquina) ; elles forment à la surface d'un 165. 166. 167. H8. 169. Onygena corvina. mycélium Oocoi u\ de petites eolonettes blanches, couronnées par un conceptacle globu- leux ; d'abord dressés et épais, ces supports deviennent plus grêles en s'al longeant et sem- ' v ' ■' -" ilr de i e genre il l'a m placor le Capnodium SIgne. [Ann. Se. nat., sér. r,, XI, ÏZZ; Sylloge, 256) , ilont Montagne a décrit trois espèces el dont la caractéristique est, d'après lui, la suivante : » Peridium carnosum va- rium... e slTttto duplici formation 1ms late obovoideo-clavif ormes, non 'dif/luenles, ■.punis subsenas oblongas transvcrsim leptatas, tandem seplis longitudinalitus accedentibmcellulosat, ftuceteentes, includentes. Thallus ni- is, libère evotutus, r «.occis brevibus conlortis nui montiiformibn ramosis articulatis fuseïi dense intricatis compositus. 102 CRYPTOGAMES. blent fléchir smi? le poids de ce léger conceptacle dont l'intérieur est rempli de filaments ra- meux qui partent des parois, s'enchevêtrent 1rs mis avec les autres cl portent tous à leur ex- trémité libre une cellule globuleuse renfermanl les spores. A l'époque de la maturité, ce conceptacle, d'abord parfaitement clos, se rompt cireulaire- nieiit vers la hase; la partie supérieure se détache sons forme d'une calotte plus ou moins régulière et met à nu les spores qui sont devenues libres par suite de la destruction «les fila- ments et des thèques. ONYGENA. PERS Conceptaculum capitatum sti- pitatum, tandem basi circa disruptum galericuli tmperforati instar labens, Hymenium floccis ra- mosis, thecœphoris intricatum, dein pulveraceum, floccis sterilibus vix immixtis. 30" Famille.— TRUFFES. Les conceptacles de quelques Hypoxylons sonl indéhiscents el renfermés en grand nombre dans un réceptacle commun claviforme. Lorsqu'on coupe ce réceptacle commun dans sa lon- gueur, on aperçoit une masse plus on moins charbonneuse, offrant des cavités remplies de thèques. Les cloisons qui séparent ces cavités sont toujours doubles, car elles sont formées par les parois de deux conceptacles voisins. De cette structure à celle des Truffes, la transition est facile. Imaginons, en effet, que ce réceptacle commun devienne globuleux, que les con- ceptacles qui y sonl plongés se sondent intimement entre eux. n'en résultera-t-il pas un ré- ceptacle commun arrondi ou peridium, dont l'intérieur sera partagé en autant de lacunes qu'il entrera de conceptacles dans sa composition, el toutes ces lacunes ne seront-elles pas tapis- 474. 475. 476. Elaphomyces Ilirllis. sées par des thèques? Or, c'est précisément là le caractère général de toutes les Truffes. Car les différences génériques ne-reposent que sur le nombre, la grandeur, la forme de ces la- cunes, leur mode de communication avec l'extérieur, et la texture des spores. Ainsi, ces la- cunes viennent-elles aboutir toutes à un ostiole commun après s'être contournées de diverses manières à l'intérieur? c'est un Genea ou un Pachyplxus. Ont-elles chacune leur ouverture particulière sur différents points du peridium? c'est un Tiiber, un Rhizopogon, un Hydro- bolitca ou un Picoa. N'ont-elles aucune communication avec l'extérieur? c'est un Balsamia, un Delastriq ou un Genabea. N'y a-t-il qu'une seule cavité centrale tapissée de thèques sur toutes BASIDIOSPOREES. 105 parois? c'est un Hydnocystis. Enfin dans le Spliœrosoma les thèques sont insérées sur tout le pourtour de [a'gleba et recouvertes immédiatement par leperidium. De même, supposons que le peridium d'uni' Truffe s'étale à la surface d'un corps, que sa substance prenne une consistance crustacée et que ses cavités communiquent toutes ensem- ble par un ostiole commun, ce sera un Astrothelium : que chacune de ses cavités, au con- traire, ait un ostiole particulier, ce sera un Pertusaria ; que, de plus, elle soit éloignée de ses voisina, ce sera un Sphzeromphale, c'est-à-dire une plante dans laquelle les conceptacles sont disséminés çà et là au milieu d'un réceptacle commun. Le peridium des Truites doit donc être considéré comme un réceptacle commun de forme ronde et dans l'intérieur duquel smit des conceptacles très-serrés les uns contre les autres, au point que les cloisons qui les séparent soient devenues simples ; la masse de ces concep- tacles c'est h gleba. Tantôt elle persiste et augmente même de consistance et de dureté à me- sure que la plante avance en âge; tantôt, au contraire, elle se détruit et devient pulvéru- lente ou floconneuse. Les Truffes se développent sous la terre, mais prés de la surface; elles se plaisent dans les terrains argileux, mêlés de sable et humides. Dans certaines contrées, comme le Piémont et le Périgord, elles sont très-abondantes, surtout dans les forêts de chêne et de châtaigniers. TUBES VITTAD. Peridium laeve seu varie tesse- latum aut verrucosum. Gteba venis diverso modo anastomosantibus e fovea pluribusve peridii punetis superhcialibus iti daxlalenrhymate fungi mtrusis, aeriferis, marmorata. Thecae inter venas nidulantes, obscure ordinata', globosae, 4-8-sporœ. Spora' globosx vel elliptica 1 , echinatae s :u reticu- lato-alvrolala'. RHIZOPOGON /•"/,. Peridium tciiuissuuum. a-^i solubile, laeve. Gleba fineis vain' îiiijil. vx is mar- morata. Thecae obovato-elongatse, lagenaeformes, 8-sporae, îiurir simplici sene in quaque linea ordinata 1 et parallèle apposiue, nune absque norma in gleba 1 substantia nidulantes. Sporae sphaericac, inordinatae in thecis, aculeatae, non relieulata'. PICOA, VITTAD. Peridium verrucosum, insolu- bile, tenuissimum. Gleba lineis si'n venis stcri- libus paucis ramosis e variis peridii punctis uali^ marmorata, ubique, venis exceptis; thecis es istis naste ntibiis. obovato-rotundatis, vel8-spo- ris farcta. Spone in thecis înordinate agglome* ratte, elliptîco-rotundatîe, lieves. DELASTRIA. TOL. Peridium tenuissimum, bys- saceum. Gleba in glebulis vcrsiformibus septis mollibus, immutabilibus disserta. Thecae ovato- ellipticœ, saepius incurvato-subreniformes. ingle- bullis nidulanl s. Sporas ôsphœricas, reticulato- cchinatas foventes. hydnobolites. TVl. Peridium vere nullum Gleba similaris, extus a'nfractuosa, exarata, intus sinubns serpentinis parcis, fungi ad superficiem apertis, varie pertusa. Thécœ ovato-ellipticae, in- ordinale in substantia nidulantes. Sporas 8spha> ricas, reticulato-echinatas tbventes. GENABEA. TUL. Peridium vcre nullum. Gleba m regu taris . gibberoso-tuberculosa . quandoque hinc el illinc angustc rimosa \el pertusa, intus cuniculis gyrosis, cavis, ad rimas vel aperluras extcrnas perlingenti us, pan i exsculpta, per- cursa, contexlu celluloso dcnsissi Thecae c xetae el aggrcgatœ, nempc nil nisi locula- menta oblonga septis tcnuibus indivisis obscuris distinct;?, norma quadam conj 'ta 1 . Spone ova- ta?, laeves, i-li vel pauciores in quocunquc locu- lamento, GENEA. VITTAD. Peridium crassum, extus in- tusque (loccosum vel papilloso-muricatum, hine illinc duplicato intrusum. Gleba venis marmo- rata, apicem versus hianlibus et excavatis, c va- riis peridii partibus el ostium ramosum con- fluentibus, utrinque thecas cylindricas, ordinatas gigncntibus. Spora- 8, sphœricaî, laeves. PACHYPHLffiHS 7X7.. Peridium crassum, cel- luloso-carnosum, apicem versus diminutum aut saepius foramine circnlari lato crasse obtusequc marginalo, rimave tomento peculiari occlusis pervium. Gleba venis primum marmorata, tan- dem subreniformis et unirolor; venarum natura duplex: aha: apicem versus hiantes et excavatac, e variis peridii partibus el o-[i mu rimosum con- tinentes, aliic ex inleriore peridii tarie obscurio- res, utrinque thecas oblongas, lagenaeformes sim- plici plerumque série ordinatas gignentes. Spone 8, sphœrica?, reticulato-echinatœ. HYDNOCYSTIS, TUL. Peridium non discretum née separabile, nusquam interruptum née aper- tum, superne tantum incentro paulo diminutum, C i'. lias i ii 1er inr unira vacua, hujusce paries stratu gossypino denso, e floccis simplicibus, tenuibus, discretis, liberis, parallèle ccnsitis. ad centrum fungi convergenlibus tcctus. Thecc sporas S. per- f'ecte spbierieas. la'ves. scriatim ordinatas et dis- cretas includentes. SPH^ROSornA. Kl.OT/J.H. Peridium obsoletum vel nullum. Gleba clausa.seu nie apicali înstructa basique, intus solida vel pro parte cava. Thecœ lineares circum glebam, paraphysibus mixtaj, con- socialse. Sporae elliptica?, 1 1 ves. ELAPHOMYCES. .\7,'t'.S. Peridium crassum larve vel papillosum. Gleba contextu tloccoso duplici natura, etenim e floccis ramosis sterilibus, peridii parietibus addicta et in telas, sacculos vel mem- branulas dissepicntes efformantes nexa, née non lloccis in massulis intra sacculos jam dictos inclu- sis quasi conglobalis; quorum exlremœ ccllulac valde dilatata' cl in thecas mutatae , l-S spora l'oventes, S[ i spherica*, laeves anl asperatae. 1' Ordre. -- BASIDIOSPOREES. Tuiis les Champignons exosporés devraient être compris dans cet ordre, car nous avons défini précédemmenl la baside, toute utriciile %ur laquelle se développent une ou ji/u- lui CRYPTOGAMES. sieurs spores. Mais comme nous avons déjà séparé, sous le nom cTAiithrosporéks, tous ceux dont les spores sont en chapelet, et sous le nom de Trichosporées", tous ceux dans lesquels les spores sont solitaires sur les basides, il ne nous reste plus, pour former l'ordre des Basidio- sporées, que les Champignons dont les basides sont recouvertes de plusieurs spores, comme les Ceps, les Oronges, les Vesseloups, les Nidulaires, etc. 477. Ge;isler ruTescens. 478. Agaricus lactifluus. 479. F.ovista plumbea. Ce mode de reproduction est le seul caractère commun aux Basidiosporées ; hors cela, tout varie, le réceptacle surtout, et rien n'est plus curieux que de passer en revue, comme nous l'avons fait rapidement page 62, toutes les formes qu'il présente depuis les Polyactis, où il est lloeonneux, jusqu'aux Rymenaiigium dont la masse générale est creusée de lacunes tapis- sées par des basides. Nous ferons remarquer seulement qu'au milieu de ces modifications presque infinies qu'éprouve le réceptacle dans sa forme, il y en a un grand nombre quenous avons déjà observées dans les trois autres ordres, et que par suite plusieurs des familles que nous allons établir d'après ces modifications dans les Basidiosporées, ont leurs analogues dans les Arthrosporées, les Trichosporées, et particulièrement les Thécasporées. Les Polynctis, par exemple, ressemblent beaucoup aux Torula, aux Bolrytis ou aux Mit- cor, et sans les organes de la fructification, il serait souvent très-difficile de les en distinguer. Ce sont de même des moisissures qui se développent partout où il y a des corps qui pourris- sent ; deux sortes de filaments les constituent : les uns sont rampants et forment \e mycé- lium ; les autres s'élèvent verticalement et portent les organes de la reproduction. Tous sont composés d'utricules placées bout à bout. La seule différence entre les Polyactis, les Torula, les Bolrytis et les Mucor consiste donc en ce que, dans les Polyactis, il y a plusieurs utri- eules autour de la baside terminale, tandis que dans les Bolrytis il n'y en a qu'une, dans les Torula plusieurs en chapelet, et dans les Mucor un grand nombre naissant dans une thèque. Dans presque toutes les Thécasporées les thèques sont allongées et contiennent peu de spores, six ou huit; nous ne connaissons guère que les Mucors chez lesquelles les thèques soient globuleuses et renferment toujours un grand nombre de spores. De même, dans la plupart des Basidiosporées, les basides ne portent jamais que deux, quatre ou six spores au plus, tandis que dans les f'olyactidées la surface îles 'basides en est couverte. Ces deux fa- milles, les l'olyactidées et les Mucors, se ressemblent donc non-seulement parles organes de la végétation et les formes du réceptacle qui sont de même nature, mais encore par les modifications analogues qu'elles impriment aux organes de la reproduction. Supposons que plusieurs filaments de Polyactis, s'enchevêtrant les uns avec les autres, produisent un feutre assez serré, et qu'en outre chaque baside ne porte que quatre spores, il en résultera une masse floconneuse, sans formes bien arrêtées, donl toute la surface sera recouverte de basides télrasporées, c'est-à-dire un Hypochnus. Le Coniophora ne diffère de i'Hypochnus que par sa texture celluleuse et non filamenteuse ; du reste, même indétermi- nation dans ses contours. Une les bords du Coniophora se circonscrivent nettement, qu'ils se relèvent, ce sera une coupe plus ou moins profonde, une Cyphella. Qu'ils se rapprochent complètement, ils formeront une cavité close de toutes parts, et dont l'intérieur sera tapissé par des basides, en d'autres termes un conceptacle comme, par exemple, dans les Tricho- derma. BASIDIOSPORÉES. 105 Mais ces transitions entre les Polyactis, les Cyphella et les Triclwderma, c'est-à-dire entre les réceptacles floconneux, celluleux et les conceptaeles, nous les avions déjà observées dans les Thécasporées entre les Mucor, les Peziz-a et les Hypoxylon; dans les Trichosporées entre les Botrytis, les Exidia el les Splixronema ; dans les Arthrosporées entre les Torula, les Corcnitun et les Phragmotrichum. Les Cyphelles correspondent donc aux Pezizes, aux Exi- diées et aux Corémiacées ; les Trichodermes aux Hypoxylons, aux Sphœronémées el aux Phrag- motrichacées. Nous avons l'ait remarquer dans nos généralités sur les Cryptogames (page 65) que dans les Nidularia plusieurs conceptaeles sont enveloppés dans une espèce de sac que nous avons appelé peridium. Dans les Hyslerangium el les Hymenangium, ces conceptaeles, au lieu de flotter librement dans ceperidium, sont au contraire serrés les uns contre les antres, et sou- dés de manière à former une masse générale, la gleba. Seulement, chez les Hyslerangium, la trace de la soudure des conceptaeles est encore visible, on peut même parfois les désagré- ger, tandis que chez les Hymenangium, elle a e plétemenl disparu. Leperidium esl rem- pli d'une substance charnue creusée d'autant de lacunes qu'il enlre de conceptaeles dans sa composition. Les Hymenangium ont donc un peridium et une gleba de mèn rigine el de même structure que les Tnber de l'ordre des Thécasporées (voy. page 102) ; el comme d'un autre côté les unes el les autres vivent sous terre, il n'est point ('tonnant qu'elles aient été rangées dans la même famille tant qu'on n'a point recherché le mode de formation des spo- res. Nous savons aujourd'hui que les Hymenangium ont des basides et les Tuber desthèques : nous ne les réunissons plus dans le même groupe, mais nous disons que les deux familles qu'elles forment se correspondent, bien qu'appartenant à des ordres différents. Enlin nous avons également fait observer (page 00) que la structure des Secotium ou des Hymenangium et celle des Agarics, ne sont point aussi différentes qu'on pourrai! le suppo- ser au premier abord ; que les apparences si diverses de ces deux Champignons nesonl dues qu'à des modifications d'un seul et même organe, modifications souvent profondes, il esl vrai, mais dont on se rend très-bien compte en étudiant comparativement les Tulostoma, les Gy- rophragmium et les Hvsseia. Nous ne reviendrons poinl sur tous les détails que nous avons donnés à ce sujet; nous rappellerons seulement que h gleba dans ces plantes n'esl point ho- mogène : qu'outre le tissu caverneux qui renferme les basides, et qu'on désigne plus parti- culièrement alors par l'expression de tissu hyméniul, il y a une partie centrale de nature différente, qui prend des aspects très-variés (ex. Agaricus, Phallus, Clathrus, Caidoglossum , Gyrophragmium, etc.). On lui a donné le nom iïhyméncphore parce qu'elle soutienl ordi- nairement le tissu hyménial. La nature et la durée du réceptacle des basides, sous quelque aspect qu'il se présente, ne varient que dans sa forme. Dans les Polyactis, ce sont des filaments distincts les uns des au- tres, qui disparaissent promptement. Ailleurs (ex. Lycoperdon), le peridium persiste, mais la gleba se détruit en partie el forme, avec les spores, une masse pulvérulentequi se disperse au vent. Ailleurs encore (ex Hymenangium)\e peridium el la glebane forment qu'un seul corps charnu qui se pourrit pour mettre les spores en libellé. Enfin, dans les Phallus, les Cla- thrus, les Balarrea, etc., l'hyménopbore persiste beaucoup plus longtemps que Ici issu hymé- nial qui si' transforme très-rapidemenl en uni' gelée verdàtre d'une odeur extrê menl fétide. C'esl en ayanl égard surtout à la forme du réceptacle, à sa nature, a sa durée, el aux mo- difications qu'il éprouve pendant la vie de la plante, que nous avons divisé l'ordre des Basi- diosporées en onze ramilles dont voici les caractères I I'olvaci idées : les basides portent un grand nombre de spores a leur surface, le récep- tacle est composé de filaments dressés et distincts; 2° Cïpiielles : les basides ne portent que quatre spores à leur surface, el recouvre.nl un réceptacle celluleux qui présente les aspects les plus divers; ."'• Tricboderhes: les basides ne portent (pie quatre spores a leur surface, el tapissenl l'in- lei leur d'un conceptacle libre : i I tRPOBOl ÉES : les basilics Ile |ml li'lll (|llc quall'e s|iiil'es ;i leur siu lai -e, el lapisseill l'in- térieur d'un conceptacle enveloppé dans un peridium : 5° Nidularinées : les basilics ne portenl que quatre spores à leur surface, el tapissent l'in- leriein de plusieurs conceptaeles enveloppés dans un peridium : 100 CRYPTOGAMES. iï° I'olïsaccées : les basides ne portent que quatre spores à leur surface, et tapissent l'inté- rieur de conceptacles logés dans les compartiments d'un peridium multiloculaire ; à la ma- turité, les cloisons du peridium se détruisent en même temps que les conceptacles, et leurs détritus forment avec les spores une poussière qui s'échappe, par l'ouverture du peridium qui persiste, sous forme de fumées que le vent disperse ; 7° Lïcopebdons : les basidesne portent que quatre spores à leur surface, et tapissent l'in- térieur de lacunes creusées dans une gleba charnue, homogène ; à la maturité, le peridium se déchire, la gleba se détruit, et ses détritus tonnent avec les spores une poussière qui s'é- chappe, par l'ouverture du peridium qui persiste, sous forme de fumées que le vent disperse; 8° Hyménangiécs: les basides ne portent que quatre spores à leur surface, et tapissent l'in- térieur de lacunes creusées dans une gleba charnue, homogène ; à la maturité, le peridium ne se déchire pas, mais pourrit avec la gleba, et les spores deviennent libres ; 9° Podam.nées: les basides ne portent que quatre spores à leur surface, et tapissent l'inté- rieur de lacunes creusées dans une gleba charnue, non homogène; il y a un hyménophore. A la maturité', tantôt le tissu hyménial se détruit, et les détritus réduits en poussière s'échap- pent avec les spores par l'ouverture du peridium qui persiste avec l'hyménophore dans son centre, tantôt il ne se détruit qu'avec le peridium et l'hyménophore ; 10° Funginkes: les basides ne portent que quatre spores à leur surface, et tapissent l'inté- rieur de lacunes creusées dans une gleba charnue, non homogène; il y a un hyménophore dont les formes sont très-diverses. A la maturité, le peridium se rompt pour laisser sortir l'hyménophore chargé de tubes ou de lames qui ne deviennent jamais visqueuses sans que l'hyménophore le.devienne également ; I 1 " Piiai.loidées ; les basides ne portent que quatre spores à leur surface, et tapissent l'in- térieur de lacunes creusées dans une gleba charnue, non homogène ; il y a un hyménophore dont les formes sont très-diverses. A la maturité, le peridium se rompt pour laisser sortir l'hyménophore chargé d'un tissu hyménial à cavités sineuses qui devient seul visqueux, et entraine les spores. 51" Famille. — POLVACTIDÉES. Les Polyactidées, nous l'avons déjà dit, sont dans l'ordre des Basidiosporées, les analogues des Torulacées, des Botrytidées et des Mucors. Elles sont toujours composées de deux sortes de filaments: les uns qui rampent à la surface des corps sur lesquels elles végètent et for- ment \vmyeelium, les autres qui s'élèvent et portent les organes de la fructification. On les rencontre presque partout où des substances moisissent. Le plus souvent les basides ou utricules qui portent les spo- res à leur surface sont placées à l'extrémité des filaments prin- cipaux ou de leurs rameaux (ex. Polyactis, Bolryosporium). Dans quelques genres cependant elles ont une tout autre po- sition; ce sont des utricules du filament lui-même qui, au lieu de s'allonger comme les autres, se gonflent considérablement el se couvrent de pointes sur lesquelles s'insèrent les spores (ex. Gonatobolrys, Arloboirys). Les spores sont simples dans les Polyaeiis, Gonatobolrys, etc. , et composées dans les Arlhrobotrys; de là deux tribus faciles à distinguer l'une de l'autre, et qui ont aussi leurs analogues, lis Cêphalothecium correspondant aux Polyactis, el les Arthrobotrys aux Gonatobolrys. 4S0. Slachylidium clinraceum. Tribds I. GONATOliOriilDE/E. Spormsimplices. polyactis, UMi. Flocci erecti, septati, supra ramosi. Sporïe in acervulos capituliformes api- cibus ramorum floccorumque insertos accumu- latae. CL.ADOBOTRYUM NEES. Flocci erecti, geni- culo-septati, ramosi ; ramis apiculo tenui sterili Soor iDBtructi adi STACHYLIDIUM, I.IHK lati, sliprn rerticillitto-ran I basin apiculi ter-quatematim flore rectl, arlien- ulis "enicula- tis et articulatis. Sporœ in acervulos capitulifor- mes apicibus ramorum insertos accumulatsc. GONATOBOTRYS. CORDA. Flocci erecti, sep- tati, nodulosi; nodulis distantibus, verrucosis; verrucis spiraliter disposais el sporas solitarias conglobato-racemosas gerentibus. BOTRYOSPORIUM. COUDA. Flocci erecti, sep- tati, supra ramulis brevibus, aculeiformibus in structi; ramuli spiraliter |iosili, verrucis arlicu- lalim iniinti. apicc cuspidibus qmrique sporodifr- CVPHELLES. 107 n> et capitulis sporarum qualernis quinisve or- nati. racemum elongatum et densum annulantes. Sporae in globulos re^ulariter coacervala:. CLONOSTACHYS CORDA. Flocci erecti, conti- nui, supra articulati, ad articulos vertieillato-ra- mosi ; ramis ramulisque quaternis ; ramulis su- bulatis, apice subcapitatis. sporis spiraliter posi- tis, spicam œmnlanhbus tei tis. actinocladium EHRENB. Flocci erecti, sep- tati, apice umbellatim nimosi. Spora> apicibus ra- morum accumulât»?. gonatotrichum, NEES. Flocci repentes sep- liti, Iiuii mds în.l.: i, ramulis vsitisillitis ferli- libtis aodis iiu(i"-itis. septatis, apice globulo spo- rarum coronaus, ACMOSPORIUM, COUDA. Flocci erecti, septati. supra ramosi, ramis ramulisque cymam forman- tibus, apice incrassatis el capitulis "lobosis, acu- leis ubique tectis, instructis. Sporae apicuiis capi- 1 11 1 i iniiat»'. HAPL.OTRICHUM, IASK. Flocci repentes, sep- tati. ramis fertilibus erectis, septatis, supra ea- pitulo continuo, simplici, solitario, sporodifero terminais. , »36. isT. Clono^tacbvs Araucaria. SS8. 4S9.Conatobolrys simpltx. i'JO. 131. Arlhiobotryssuperba. Tribus 11. ARTHROBOTRVDEJE. Sporx composite. CEPHALOTHECIum CORDA. Flocci simplices, continui, capitulum terminale sporarum refef en tes. Sporae didymœ. arthrobotrys. CORDA. Flocci simolices. septati, iioilulosi, nodulis glomeruliferis verru- cosis : verrucis spiraliter j >« »>i t îs et sporas solita- rias, dein in glomerula aggregatas sustinenlibus. Sporae didynue. 32' Famille. LES CYl'IlELLES. Les Cyphelles onl tontes mi réceptacle celluleux recouvert en totalité ou en partie par des basidestétrasporées ; mais la forme de ce réceptacle, sa consistance el son mode d'accrois'se- menl varient beaucoup el servenl de base à la distinction des genres el à leur groupement en iiin| tribus. Dans les Grandinia, par exemple, le réceptacle est membr; ux : il s'étale sur les bois qui pourrisseni ,t j m, ||„. iv lui t>-iii(-iit dans tonte son étendue: dis aspérités nombreuses et très-diverses se remarquent a -a face supérieure. Ce sonl de simples granulations (ex Gran- di pajiiïïes arrondies (e* Kadulun ou les u Ions pé liés ileursom t 108 CRYPTOGAMES. (ex. Odontia), ou dos crêtes plus ou moins élevées (ex. Pklebia), ou des alvéoles peu régu- lières (ex. Merùlius). Mais quelle que soil Informe de ces aspérités, le réceptacle s'accroil toujours 5 e Famille. NIDULARINEES. Cette petite famille comprend quelques Champignons dont le peridium s'ouvre à l'époque «le la maturation, s'évase, prend la forme d'une coupe et laisse voir un grand nombrede con- ceptacles qui mit la même composition que ceux du Sphserobolus. « Sous une triple enveloppe, disent MM. Tulasne, se trouvent des filaments rameux, pellucides, qui tapissent toute la ca- vité du conceptacle et convergent vers son centre. Leurs utricules extrêmes ou basides se dilatent, el se couronnent de quatre spores cylindriques et presque sessiles. Enraison de l'inégale longueur des filaments qui les supportent, ces basides sont mêlées avec ces fila- ments, et ne forment point un hymeniutn égal et pi. me. ,i lie< conceptacles se développent au sein d'une matière mncilagineuse contenue dans le pe- ridium. Pendant longtemps ce ne sonl que de petits sacs membraneux d'une grande blan- cheur, et remplis également d'un mucilage homogène. Mais lorsque la maturité approche, lorsque le peridium ne doil pas tarder : \ s'ouvrir, de nouveaux change nts se produisent. Il- CRYPTOGAMES, enres; ainsi dans le Cyathtts la matière mucilagineuse du peridium différents suivant I se résorbe, disparaît complètement, el les conceptacles restenl libres au fond du peridium ; dans les Nidularia la matière mucilagineuse ne se résorbe pas d'abord, mais se concrète el se condense autour des conceptacles, dé façon à diviser la cavité ilu peridium en autant de logettes qui les tiennenl prisonniers. Ce n'es) que beaucoup plus tard que les parois de ces logettes se détruisent, el qu'il se forme pour chaque conceptacle un filamenl spécial, élas- tique, qui le fixe dans l'origine au peridium, el jouit ensuite de la propriété de le lancer au dehors. 508. L.09. 510. Cy.ilhusslriatus. CYATHUS, HALLER. Peridium cupuliforme, pri- miini veto subopsrculiforrai clausum, dein aper- tuin, fovens conceptacula funiculis innata, um- bilicata, carnosa, lenticularia, semper clausa. 511. Conceplncle de Nidularia Crucibulum. nidularia, BULL. Peridium primumglobosum, dein apertum, vélo destitutum, fovens concepta- cula absque umbilicis et funiculo, carnosa, lenti- cularia vel globosa,. semper clausa. ô6° Famille. — POLYSACCÉES. Que la cavité unique du peridium des Cyathus, qui renferme des conceptacles serrés les uns contre les autres, suit au contraire divisée en un grand nombre de cavités par un réseau de tissu utriculaire, que chaque cavité contienne un conceptacle, ce sera un Polysaccum ou un Scoleciocarpus ; un Polysaccum si le conceptacle est arrondi, un Scoleciocarpus s'il est difforme. MM. Tulasne (Ami. se. nul-, 5 e série, vol. I", p. 15) ont suivi le développement des Poly- saccum ; si l'on pratique, disent-ils, une coupe verticale du peridium, on reconnaît que la nleba est divisée en un grand nombre de cavités par des cloisons de couleur sulfureuse. Ces cavités n'ont point toutes la même grandeur, celles de la périphérie sont beaucoup pins petites; leurs parois se rapprochent, se touchent et finissent par constituer une sorte de membrane c|iu forme l'enveloppe du peridium; elles sont toujours stériles; celles du centre, au con- traire, beau' fûp plus grandes, sont remplies de filaments rameux et diaphanes qui consti- tuent une substance d'abord pulpeuse, mucilagineuse et d'une couleur grisâtre. Vers les pa- rois île la logette desquelles ils procèdent, ces filaments sont plus feutrés, moins aqueux el forment un tissu enveloppant qui se délai lie bientôt de ce qui l'entoure, en sortequ'on peut aisément faire sortir des logettes les noyaux de matière pulpeuse, généralement ovoïdes el très-inégaux qui les occupent.» Chaque noyau est un conceptacle ; les filaments qui les constituent flottent librement dans leur intérieur, el chacun d'eux est terminé par une utricule dilatée, globuleuse ou ovoïde. Le conceptacle est-il loin encore de sa maturité? celte utricule est mince et lisse. Le con- LYCOPERDONS. 115 reptarle est-il, au contraire, beaucoup plus âgé ? cette utricute présente vers son sommel de petites sphères presque sessiles, dunl le nombre varie entre deux et six, el qui sonl des spores. Enlin, lorsque arrive l'instant de la dissémination, l'enveloppe fugace des conceptacles se déchire, les parois des logeltes se rompent, el si le peridium offre aussi quelque issue, on voit les spores s'échapper à l'extérieur, mêlées à des filaments ténus sous la forme de fumées légères que le venl disperse bientôt. :.[■} :,[-. 514. Polysaccum crassipes. POLYSACCUM , DC. Peridium carnoso-coria- ceum, intus lacunosum, irregulariler apice de- hiscens ; conceptacula lantin. s< il i t aria, in hennis niilu- scoli cioc.arpus HF.HK. Peridium membra- nacpum, inlns lacunosum, irregulariter apice de- hiscens. Conceptacula gyrrisa, difformia, in lacu- ms niilnlanli; 57* V. LYCOPERDONS. Les Lycoperdons ont un peridium comme les Polysaccum ; mais ce peridium, au lieu d'être partagé en un certain nombre de compartiments qui renferment chacun un conceptacle, esl rempli par une substance charnue qui fait corps avec lui, une véritable gleba, au milieu de laquelle sont creusées un grand nombre de cavités sinueuses tapissées par des basides ; à la maturité, cette organisation multilocellée disparait, et àun tissu spongieux el criblé de spores succède un mélange confus de poussière fine et sèche et de filaments roides et soyeux, c'est- à-dire un capillitium. Ces filaments sont libres clans l'intérieur du peridium (ex. Scleroderma , Bovista, Geaster) ou restent toujours adhérents à ses parois. Dans YHijperrhiza, les cloisons qui séparent les cavernes de la gleba sont doubles; chaque caverne a une paroi et peut se séparer de ses voisines ; elle forme un saccule, un concepta- cle, et la gleba de ce champignon doit être considérée comme une réunion de conceptacles protégés par le peridium. Dans les Lycoperdon, les cloisons sont simples, la masse caverneuse est continue. En conclurons-nous que l'origine de la gleba des Lycoperdon n'est pas la même que celle des Hyperrhiza ? Nullement. Nous dirons seulement que, dans les Hyperrhiza. les conceptacles sont librps dans l'intérieur du peridium, et que, dans les Lycoperdon, ils sont soudés entre eux fie façon que la trace rie leur soudure disparail entièrement. Le peridium des Scleroderma est formé par le tissu filamenteux auquel les cavités de la gleba doivent leurs parois. Celui des Lycoperdon et des Bovista peut être considéré comme composé rie deux enveloppes juxtaposées et entièrement différentes: l'extérieure, rie beaucoup la plus épaisse, est exclnsivementformée par un tissu à utricule,s globuleuses, dont le diamètre décroîl mis la surface rie la plante; elle est fragile et se dislingue très-bien de la membrane sous-ja- cente. Ces deux enveloppes sont toujours adhérentes l'une à faillie dans les Lycoperdon; niais dans les Bovista, l'enveloppe extérieure se détache naturel Ici lient par parcelles, et laisse l'intérieure à nu. La séparation est encore plus nette dans les (ienster. Les rieuv enveloppe! ou mieux les deux peridium internée! externe, sont toujours distinclsel indépendants l'un de l'autre. A l'époque rie la maturation, le peridium externe se divise en un certain nombre de lanières au sommet; ces lanières se réfléchissent vers la terre etformenl un élégant pié- U4 CRYPTOGAMES, Jestal étoile au peridium interne qui présente à sa partie supérieure une ou plusieurs petites ouvertures pour la sortie dos spores. Entre leperidium externe cl le peridium interne il y :i une espèce d'entre-nœud, c'est-à- dire que le peridium interne esl pédicellé au centre du peridium externe devenu horizontal. Un phénomène analogue se rencontre dans les Tulosloma. Au lieu d'être libres dans toute leur étendue, comme dans le- Geaster, le- peridium inter i externe de celle plante sonl intiniciuenl unis par toute leur surface, si ce n'es) il leur hase. Là, dans l'espace qu'ils lais- sent vide eu s'écartant, se développe un pédicellé; ci' pédicellé grandil cl pousse en haul le peridium interne, qui est retenu par le peridium externe qui l'enveloppe de toutes paris; mais bientôt la force d'élévation est telle, que ieperidium externe se déchire à la basé, sa partie supérieure esl emportée avec le peridium interne, tandis que la partie inférieure reste au contraire au pied du pédicellé cl l'entoure comme une espèce de gaine, (.'est, corni le voit, un phénomène analogue au développement du pédicellé des sporanges des Mousses et des Hépatiques, à la formation de la coiffe d'une pari cl de l'organe que l'on a appelé vaginaie l'autre. Ne serait-ce point à un t'ait de même ordre que sérail due la membrane déchirée qui persiste à la base du peridium des Secotium '.' Toutes les observations faites jus- qu'à présent sur ce genre tendent a confirmer celle conjecture. Les Lycoperdon cl les Bovista s'insèrent toujours directement sur le mycélium; parfois chaque peridium a son mycélium particulier; le plus souvent, plusieurs peridium se déve- loppent sur le même mycélium. Imaginons un corps intermédiaire, une espèce de réceptacle commun dans lequel seront enchâssés, par leur base seulement, un grand nombre de peri- dium, nous aurons un Broomeia. Le développement du jieriilium des l.vcoperilnn- pré-enle quelques laits assez curieux. Pour en donner une idée, nous rapporterons ce que disent MM. Tulasne des Scleroderma, qu'ils ont particulièrement étudiés 515. SIC. Scleroderm: ",17. Lycoperdon ccpœfoi me. « Lorsque les Scleroderma sonl très-jeunes, leur peridium et la substance qu'il renferme ne se distinguent point l'un de l'autre ; ils forment ensemble une masse blanche, homogène, charnue, dans laquelli ne voit, pour ainsi dire, que des filaments larges, rameux, (loi- sonnés el disposés sans ordre apparent. Au centre du Champignon, de petits espaces irrégu- lièrement arrondis et plus diaphanes que les parties qui les entourent, forment un réseau d'autant plus manifeste que la plante est moins jeune. A mesure que celle-ci s'accroît, ces espaces perdent do leur transparence et se remplissent d'utricules dilatées qui sont les cellules extrêmes, soit des filaments composant la trame qui les limite, soit des rameaux qui en proviennent. Ces utricul es sont pyriformes, et quelques-unes ont à leur base une sorte de talon. Elles grossissent très-vite el ne tardent pas à présenter, vers leur sommet arrondi, quatre, quelquefois deux, trois ou cinq spores ovoïdes dont les positions respectives sont assez variables. » Les spores n'acquièrent pas sur les basides tout l'accroissement qu'elles doivent prendre; elles s'en détachent peut-être assez longtemps avant d'y être parvenues, et puisent alors les éléments de leur nutrition dans le milieu au sein duquel elles sont plongées. >• Cette 'amille des Lycoperdons se diverse naturellement en trois tribus : TULOSTOJIÉES U5 1 Les Tuxostohées : les peridium s'insèrent immédiatement sur le mycélium; ils son! toujours doubles, mais l'externe esl plus mi moins adhérent à l'interne ou se détache par par- celles. l J Les Géastridées : les peridium s'insèrenl immédiatement sur le mycélium ; ils soi 1 1 tou- jours doubles , mais l'externe qui n'est jamais adhérenl à l'interne se déchire à son sommel en plusieurs lanières et, en se réfléchissant, prend une forme étoilée. 3" Les Broomeiées les peridium sonl enchâssés par leur base dans une espèce de récepta- cle commun. Ils sonl doubles, mais l'externe ne se sépare jamais de l'interne. Tribos.I. TULOSTOMEjE. Peridium duplex externe- primum plus minusve ailnato dein subpersislenle vel in squamulas evanescente. Peridia discreta. eu congresala. .1 i ipei Ion veialuin I! . TULOSTOMA. PERS. Peridium duples inlernum, M stipil m, extei no sei edente denu- datum, apice detei minate di hi cens C; pillitium Hoccosum, p :j il i i. lique adnatum. S|i acervatae. capillilio insp LYCOPERDOIJ, TOUltN. Peridium duplex mem branaceum, vel superne eiaro externo primum evanescente, apice plus minus regulariter dehi- l um l pai m Sp ira i txei oacervata? SCLeroderma PEHS Peridium duplej i ' lai indiqu adualum, lacunas minutas formans. Sporœ in la cunis c ;ervatœ. bovista. PERS- Peridium duplex papyr um vel subsuberos ste li i rel ntiguo, de mu m secedente. Capillitium • ompactum |i :ridio undique adnatum Spocse i ip llii -|> irsce, xylopodium, )IGNE l'endium duplex, coria- ri'iini. externo verrucoso demum secedente opice lob ito-dehisi ens. Capillitium lli i cosum [indique adnatum S] apilliti i inspersœ DIPLOOERMA f,K Peridium duplex, extemum m m, clausum, intei p ip; i . um i p llil Doi i osum und u i H6 CRYPTOGAMES. endonevrum CZF.RN. Peridiuin coriaceum, intus conceptacub's polyedris connatis Farclum. radiatim dehiscens. HYPERRHIZA. BOSC Peridium suberosum, in- tus conceptaculis oblongis , contortis , connatis, farctum, irregulariter dehiscens. TnimisII. (•EASTH1DE.E. Peridium duplex, externo primum clauso, dein in lacinias plures radiantes patentesque rupto. Peridia discreta. .< .(àler Sctimidelii 525. 529. Geaster lagrnsronni:». j.51. Myriostoma coliforme. 552. Plecostoma fûrmcotuiu. GEASTER, MICII. Peridium externum crassum, coriaceo-carnosum , in tacinias plures radiantes patentesque rumpens; interius membranaceum, sessile, apice ostiolatum. PLECOSTOMA. DESV. Peridium externum co- riaceum, in lacinias plures radiantes reflexasque rumpens; internum membranaceum, stipitatum, ore timbriato vel dentato apertum. HUSSEIA , BERK. Peridium externum basi di- scretum, papyraceo-corheum . stipitatum apice irregulariter ruptum, demum reflexum et stipiti adlia?rens, internum stipitatum , apice stellato- dehis ens MYRIOSTOMA. DESV. Peridium externum cras- sum, in lacinias plures radiantes reflexasque rum- pens ; internum membranaceum, stipitibus pluri- bus distinctis brevibus sufmllum, apice osculis piuribus rotundis apertum. DISCISEDA, CZEHN. Peridium externum cras- sum, in basim disciformem pedetentim descen- dens , internum membranaceum, stipitatum, apice ostiolatum. TniBcs 111 BROOMEIE/E. Peridium duplex, externo plus minusve adnalo. Peridia in receptaculo communi plus minus immersa. BROOMEIA bERK. Peridium duplex, papyraceum, externo plus minusve adnato interno apice fimbriato dehiscens .'s Famille. — HYMENANGIEES Les genres qui composent celte petite famille avaient été placés autrefois parmi les Truffes de l'ordre des Thécasporées; comme elles, en effet, ils se développent sous la terre; comme elles, ils présentent un peridium renfermant dans son intérieur une gleba charnue à cavités sinueuses ; la seule différence, c"est que ces cavités sont tapissées de basides bisporées ou té- trasporées, tandis qu'elles sont recouvertes de théques dans tout leur pourtour chez les Truffes. Elles appartiennent donc à l'ordre des Basidiosporées, mais elles y représentent évi- demment en tous points les Truffes de l'ordre des Thécasporées. Le genre Hippoperdon joue dans cette famille le même rôle que V Hyperrhiza dans les Ly- coperdons. Par sa gleba composée de conceptacles distincts, il se rapproche des Nid.ularine.es tandis que, par l'indéhiscence du peridium et son mode de végétation, il appartient aux liy- ménangiées. GAUTIERA. YITl'AD. Peridium rotundatum, basi stipitatum, radicalibus appendicibus instructum, intus lacunoso-porosum, subalveolatum, alveolis cavis hymeniferis, hymenio subaequali. Basidia plerumque bispora, nana. sterigmatibus minutis. Spor;e ovatœ, basim in apiculum longum attenua- ta-, episporio plicato, longitudiualiter striato vel tesseilato. hymen ANGIUM KI.OT/. Peridium rotunda- ,iu absque appendicibus radicalibus, intus lacu- noso-venosum, lacunis cavis hymeniferis, hyme- nio subaequali. Basidia bisporavel tetrasppra, ste- rigmatibus subulatis. i-pone globosœ, episporio laevi. OCTAVIANA. CORDA Peridium rotundatum, ap- pendice subradicali instructum, intus lacuno- sum, lacunis subt'arctis hymenipheris, hymenio valde intequali. Basidia 4-spora, sterigmatibus longis, filit'ormibus. Spora globosœ, echinatse. HYSTERANGIUM 1/77 Peridium rotnnrialtim. HYMÉNANGIÉES. l'ODAXhNÉES radicalibus appendicibus instructum, inlus mi- oute lacunosum ; lacunis cavis hymeniferis, hy- menio subsequali. Basidia '2-spora vel 4-spora, sterigmatibus nullis. Spora oblongœ, episporio l.ivi.' MELANOGASTER. CORDA. Peridium rotunda- t mu , undique Glamentis crassis . funiformibus, ramosis, hinc applîcatis et in peridium subero- stim abeuntibus, illmc liberis cum mycelio con- t'usis terram petentibus, intus lacunosum, lacunis ni» initio farctis hymenio inœquali Basidia 4-spdra, 117 Sporae globosse, episporio sjterigmatibus ni laevi. HYDNANGIUM, WALLBOTH. Peridium rotun- datum intus venosum, venis cavis hymeniferis, hymenio suhiuquali, Hasiiha plerumque hispora, sterigmatibus subulatis, Sporœ globosae, epispo- rio echinato vel verrucoso. hippoperdon, MGSE 1 . Peridium papyraceum inlus conceptaculis labyrinthiformibus vel po- lyedris qpnnatis farctum, nunquam spontenec de- terminate dehiscens. $53 Hysterangiui cljthroides. Wm b',%. ftjslerangium elathroides. ê. 555 Hydnangiun) candidum. 53". Octaviana asterosperma. 558. MelanORaster variegalus. 59' Famille. — P0DAX1NEES. Comme les Lycoperdons, les Podaxinées présentent dans leur jeunesse une gkba charnue, creusée d'une multitude de cavités labyrinthiformes dont les parois sont recouvertes de spo- res groupées par quatre ou par six sur des basides. Mais tandis que dans les Lycoperdons cette gleba est homogène, dans les Podaxinées elle se compose toujours d'un tissu hyménial et d'un hyménophore qui occupe le centre. Du reste, tissu hyménial, hyménophore et peri- dium simple ou double, tout ne forme qu'un seul corps. 11 résulte de là que si chaque partie se développe également, le Champignon ne se déchi- rera qu'au moment de sa mort (ex. Cycloderma) ; au contraire, pour peu que l'hyméno- phore jouisse de la propriété de s'allonger bien au delà de ce que peuvent faire et le tissu hyménial et le peridium, il en entraînera nécessairement la rupture, emportant avec lui à son sommet toute la partie supérieure des peridium et du tissu hyménial, tandis que la partit' inférieure restera à sa base. Les Gyrophruguii, m, l'olyplocium et Endoptychum nous offrent des exemples fort curieux de ce phénomène qui les fait ressembler au premier abord à une Funginée. A la maturité, toute la gleba des Lycoperdons se détruit et ses détritus forment avec les spores le capillilium qui s'échappe par une ouverture du peridium sous forme de fumées légères; dans quelques rodaxinées (ex. Cauloglossum) il en" est de même; le tissu hyménial disparaît promptement, et le peridium n'offre plus qu'une cavité au milieu de laquelle se dresse l'hyménophore. .Mais dans d'autres genres (ex. Secotium, Cycloderma, Endoptychum , l'olyplocium, Gyrophraymium), le tissu hyménial persiste pendant toute l'existence de la plante. Nous avons établi dans cette famille trois tribus : 1° Les Gïropiiragmiles, dans lesquelles le tissu hyménial conserve, pendant toute la vie de la plante, sa structure caverneuse, mais se sépare en deux par l'allongement considérable de l'hyménophore el la rupture du peridium; 1 L' Hippoperdon Mgne est ; véritabli f.vcoperdacée, el non une Tubéracée hyménangiifère (voj le Sylloge li M _h> p ->ss 118 CRYPTOGAMES. i" Les Secotiées, dans lesquelles le tissu hyménial conserve également, pendant toute la vie de la plante, sa structure caverneuse, mais ne se sépare jamais en deux, l'hyménophore ne Rallongeant pas do manière à déchirer \e peridium; 5° Les Cauloglossées, dans lesquelles, à la disposition caverneuse du tissu hyménial, succède bientôt un capillitium. Tribus I GYR0PHRAGMIEA5. Peridium simplex primo turbinatum, dein riipUtm, superne pileiforme. Gleba persistens. 39. . :I M Gyropbragmiuni Di'Hle Sis, Cycloderma iudicum. ■-, ... .... .'.: Sccolium erythrocepbalum. GYROPHRAGMIUDI. MGNE. Peridium primo turbinatum. dein medio orbiculatim ruptum, su- perne pileiforme cum >li j>' i .■ centrali ad apicem usque produeto continuum. Gleba in dissepimenla testa lamelliformia subparallela e p iridio toto hœmisphœrico descendentia, a slipite distantia, in piano rai ;i. endoptychum. CZERN. Peridium primo tur- binatum, dein medio orbiculari mplum, superne •pileiforme cum stipitc centrali ad apicem usque produeto continuum. Gleba intus venosa. POLYPLOCIUM. RERK. Perid primo turbi- natum, dein basi irregulariter ruptum, superne pileiforme cum stipite centrali ad apicem usque produeto continuum. Gleba gyros -cellulosa dé- muni in processus grossos, aculeiformes fati- scens. Tbibus 11. SECOTIE.K. Peridium duplex, ulrumque indehiscens. Gleba persistens. SECOTIVm. KUNZE. Peridium duplex :externum medio stipitis pWmo adnatum, dei n liberum internum vertice stipitis sempsr adliœrens. utrumque connal Gleba septis varie implexis m loculos insequales, multiformes, m rosos, vacuos, discerpta. CYCLODERMA. KLOTSCH. Peridium duplex : ester n coriaceum, molle, internum discretum papyraceum, tenuissimum. Gteba indissepimenta lamelliformia, e columna centrali, peridii interni periphœriam vit. us radiata, contexta. TribosIU. CAULOGLOSSlwE. Peridium simple./:, dehiscens. Gleba in capillitium floccosum maturilate Iransformata. CAULOGLOSSUM GREV. Peridium cum stipite contiguum, dein ad latera lacerato-dehiscens, co- lumna Ooccosa (in inspersse spora? percussum. PODAXON DESV. Peridium basi a stipitc dehi- scens, columna floccosa cui inspersas sporae per- cursum. FUNGINEES. 'IU in Famille.— FUNGINÉES. Les organes de la végétation des Funginées varient peu. Ce sonl toujours des ûlaments en- trelacés qui fownenl ce mycélium blanchâtre connu sous le nom de blanc de Champignon. Les organes de la reproduction, au contraire, varient beaucoup. Dans les espèces les pluscom- pliquées, on j distingue une rolvn . un col! ri el une cortine, anpied, un chapeau ou hymeno- phore, et Vliym ni n m chargé despores. Pour bien définir chaque partie, prenons un exemple. Peu de temps après que le blanc de Champignon de couche a été mis dans la terre il en- touré des circonstances favorables à son développement, on voit apparaître à sa surface plu- sieurs petits tubercules, parfois isolés el solitaires, le plus souvent réunis par groupes Leui croissance esl très-rapide, el ils se rompent bientôt au sommel pour laisser sortir un pied ;i la base duquel ils forment une espèce de gaine, une volua. Ce pied est surmonté d'un sac d'abord parfaitement clos, mais qui finil par se déchirer d'une manière assez régulière à sa partie inférieure tout autour du pied, el par s'étaler et s'épanouir en un dôme plus ou moins surbaissé. Ce dôme, c'esl le chapeau ; les débris de la membrane qui réunissail son bord cir- culaire au |iiril constituent la cortine, lorsqu'ils restent adhérents à ce bord : le collet, lors- que fixés au pied, ils l'entourent c nu' une eullerrtle. Le chapeau ou hyménophore esl garni en dessous de lames rayonnantes dans le Champignon de conclu'; mais ailleurs ce sonl des lames concentriques (ex. Cyclomyces), ou des tubes (ex. Bolelus), el c'est à la surface de ces lames ou de ces tubes que s'étend l'hymenium, c'est-à-dire cette couche d'utricules appelées basides. Pour bien comprendre l'organisation îles Funginées, on doil les considérer comme formées (ïxinperidium double, dont la gleba se compose d'un hyménophore central d'un tissu hymé- nial; entre le peridium externe el le peridium interne, il y a de plus un pied tout à fait analogue au pied du Tulostoma. Lorsque le champignon commence à se développer, ce pied s'allonge e! soulève le peridium interne; celui-ci presse de bas en hanl la partie supérieure du peridium externe qui l'enveloppe, la déchire el apparaît an dehors. Le peridium externe ainsi réduil en lambeaux persiste à la hase du pied el constitue la volva. Mais à peine en contact avec l'atmosphère, le peridium interne s'ouvre à s, in tour par une fiente circulaire el se divise en deux parties : l'une inférieure reste fixée au pied et l'entoure comme une collerette, c'est le collet ; l'autre supérieure prend l'aspect d'une coupole portée sur un hyménopjiore central qui continue le pied, el au plafond de laquelle sont fixés les 1; s ou les alvéoles recouverts de basides; c'esl le chapeau. Le collel indique donc touj 's le poinl d'union du pied el de l'hyménophore. Il s'en faut beaucoup que la velva el le collel soient toujours aussi apparents q lans le champign le coucl e Dans un grand nombre d'espèces, la volva est peu développée el dis- -= parait promptement, en sorte que, quand :ueille ~t'\ ' la plante quelque temps après sa naissance. l'en trouve plus aucune trace, el que l'un serait tenté d'en 1 dure qu'elle n'a jamais existé. Ailleurs le collet, au lieu de former une large mbrane qui si' rabal en manchette sur le pied, esl réduil à une couronne «le poils. Enfin dans les Bolets, les deux peridium interne el externe sont.soudés duns toute leur étendue; il n'y a poinl de pied intermédiaire. Aussi les deux peridium s'ouvrent-ils en même temps par une fente circulaire .■il deux parties dent la supéi ieun ' n chapeau, tandis que l'inférieure peu développée ma' sorte d i coloi ntralr qui supporte le chapeau n'est donc poinl corn- ,iicus vaginalus, 120 CRYPTOGAMES. posée, comme dans le champignon de couche, d'un pied el l entraine toutes les spores. C'est là le caractère général des plantes de cette famille et qui les distingue au premier abord des Funginées dans lesquelles Yhymenium est une membrane mince tapissant les anfractuosités souvent très-profondes de l'hyménophore et qui ne tombe jamais aussi rapidement en déliquescence. De plus, les deux volvas des Funginées sont presque toujours distinctes l'une de l'autre; dans les Phalloïdées, au contraire, les deux volvas sont réunies par une couche épaisse de matière gélatineuse, divisée par des membranes transversales en un grand nombre de parties susceptibles de se séparer, comme les tranches d'une Orange. r.r.a. 588. Clalhm mpudicus. Aseroe pentactin i. flans 1rs Phalloïdées, comme dans 1rs Funginées, le tissu hyménial esl soutenu par un hy- ménophore qui, entièrement renferme d'abord dans les deux volvas, les crève bientôt pour venir fructifier au dehors. Mais cel hyménophore affecte des formes très-diverses. Ainsi dans les Clathrus il se compose d'un grand nombre de branches qui s'anastomosanl les unes avec les autro forment une espèce de cage à mailles plus ou moins larges, au sein de laquelle esl emprisonné le tissu hyménial, tandis que dans le Lysurus il présente l'aspecl d'une coupe donl le bord sérail découpé en lanières. L'hyménophore des Phallus ci des Huianvu ressem- ble beaucoup à celui des Funginées ; il offre également deux parties, l'une qui a la forme d'un chapeau, l'autre qui lui sert de support. Mais tandis que dans les I unginées les organes de Kl 152 CRYPTOGAMES. la reproduction, c'est-à-dire le tissu liyménial, tapisse toujours la face inférieure, dans les l'hullus el les Balarrea le tissu liyménial recouvre toujours la lare supérieure. La principale différence entre les Phallus et les Balarrea tienl surtout à la manière donl se déchirent 1rs volvas pour laisser sortir l'hyménophore. Dans 1rs Phallus, ces volvas se rompent au sommet etformen: une gaine qui entoure le pied de l'hyménophore ; le chapeau est à nu ainsi que le tissu hyménial qui le recouvre ; dans 1rs Batarrea, au contraire, 1rs volvas se divisenl pai une incision circulaire en deux parties qui persistent, l'une à la base de l'hyménophore el l'enveloppe corn une cupule, l'autre à son sommet, et forme une espèce de coupole qui protège le chapeau el le tissu hyménial. Tribus 1. PIIALLE.E. l'oïdium volvxforme, nul ira lu m. duplex, gelalina distentum, apice rumpens. Hymenophorum stipitiforme, supra pileatnm, a peridio discrelum. Pulpa pileo adfixa, primum carnosa, dein diffluens. phallus. MICH. IIj nophorum stipitifor | CYNOPHALLUS, /■'/:. Hymenophorum stipiti- listulosiim, irlhiliKiM nlinis , extus intusque forme, fîstulosum, impervmmjpileusverusnulhis. velatum, vélo fugacissimo apice pil ampanu- simblum KIJffTZ. Hymenophorum stipitiforme lato, reticulato, pervio. inferne nudo. crassum, apice pileo subgloboso eontiguo el con- HYMENOPHALLUS .\/ 7 S II ymenopllOl mil sli pitiforme, fîstulosum, celluloso-cribrosum, vélo externo proprio memhranaceo fugacissimo ami- ctum,iipicc pileo campanulato, reticulato, pervio, marginato. ureto ASEROPHALLUS. MGNË. Hymenophorum sii- pitiforme, fîstulosum, apice capitato-dilatatum, tandem stellatim 4-fidum, Tribus II. liATAHKEK. Peridium volvxforme, radicatum, duplex, gelatinadistenlum,medio orbiculatim rumpens. Hymenophorum longe stipitatum, supra pilealum, a peridii parle superiore calyptralum. Pulpapileo adfixa primum carnosa, dein diffluens. BATARREA. PERS Charactei generis idem ac tribu! Tribus III. LYSUBEJE. Peridium volvxforme, radicalum, simplex, apice rumpens. Hymeno- phorum stipiliforme supra in radios stellatos e.rjtansam. Pulpa radii.s adfixa primum carnosa, dein diffluens. aseroe. I.AIUI.I.. Hymenopbori cupulali laciniis apice biliilis stellata-palentibus. LYSURUS. /■'/;. Hymenophori cupulali laciniis simplicibus erecto-connîventibus. CALATHISCUS. MGNE. Hymenophori cupulali laciniis sinijil cibus apice involuto-cirrhosis. Tianus IV. CLATHHEjE. Peridium volvxforme, radiealum, simplex vel' multiplex, apice irré- gularité)' rumpens. Hymenophorum sessile, supra e ramis clathratis apice conjunclis com- position. Pulpa tutus ramis udli.ru, primum carnosa, dein diffluens. LATERNEA, TVIiP. Hymenophori rami simplices i COLEUS. CAV. etSECII. Hymenophori rami sim- basi et apice tantum conjuncti. plices, basi in stipitem, apice clathratim con- CLATHRUS, MICII. Hymenophori rami ramosis- uati. sine, rlalliialiin anastomosantes. y Ordre. — MYXOSPORÉES. Tous les Champignons de l'ordre des Myxosporées ne formenl d'abord qu'un mucilage peu consistant au sein duquel nagent librement des spores. Dans 1rs Ustilago, ce mucilage dis- paraît presque complètement, et la poussière drs spores esl renfermée dans l'organe qu'avaient envahi ces entophytes. Dans 1rs Fuligo, il se concrète de façon à produire un peridium, c' ' est- à-dire un sac membraneux divisé en compartiments remplis de spores. Enfin, dans les Stc- monitis il se partage en un grand nombre de conceptaeles pédicellés à l'intérieur desquels les spores, mêlées à des filaments d'aspects très-divers, forment ce qu'on appelle un capilr- litium ; delà trois familles nettement caractérisées: 1rs Ustilaginées , 1rs Spdhariées et les TlUCHIACÉES. Chacune de tes familles a ses analogues dans les ordres précédents. Les JJstilaginées, par exemple, à part le mode de développement (1rs spores, ne rappellent-elles point 1rs l'ueciniu. USTILAGINÉES. 125 les Ecidimn el surtout les ' redi ivec lesquels on les a souvent confondues ? C'esl !;i même manière de vivre : ce sont toutes des Champignons entophytes. 42' Famille. — USTIIAGLNEES. Les Ustilaginées sont des Champignons parasites dont quelques-uns attaquent noscéréales et y occasionnent cette maladie connue des cultivateurs sous le nom de Charbon. On les ren- contre ordinairement sur les parties de la fructification, quelquefois cependant sur les tiges et le parenchyme des feuilles ; elles ne naissent point sous 1'épiderme, comme les autres en- tophytes, pour y former de petites pustules arrondies ou linéaires qui s'épanouissent au de- hors, mais occupent, au contraire, les couches les plus profondes du parenchyme, el entraî- nent habituellement la destruction complète de l'organe qui leur a servi de matrice, cl îles altérations notables dans la forme el la structure des organes voisins. L'Ustilago le plus anciennement connu, par exemple, l'entophyte du charbon propre ni dit, l'Ustilago Carbo attaque particulièrement les orges el les avoines. 11 se développe dans le parenchyme des glumes, des balles, de l'axe des épillets et de leurs pédicules; et quand le vent a dissipé la poussière de ses spores, il ne reste plus de ces parties qu'une sorte de squelette noirci et méconnaissable ; sa présence entraine toujours l'avortemenl plus ou moins complet des organes de la Heur, la stérilité des épillets et une altération notable de leur structure normale. L'Ustilago Maydis ne cause pas moins de ravages sur les épis de Maïs qu'il envahit. Des six écailles qui se recouvrent mutuellement autour ou prés du pistil du Maïs, il n'en est ordinairement aucune, dans la fleur investie par l'entophyte, qui conserve sa consistance membraneuse, sa ténuité et ses dimensions normales; toutes, dans des pro- portions différentes, s'hypertrophient et deviennent méconnaissables ; l'ovaire prend pari à cette turgescence ; il dépasse souvent le volume d'une noix, mais il reste habituellement beaucoup moindre dans ses dimensions que les organes accessoires qui raccompagnent, el fréquemment même il manque tout à l'ait. L'altération ne s'étend point toujours aux organes voisins comme dans les plantes (pie nous \enous de citer. L'Ustilago Candollei qui envahit l'ovaire des Polygonum, ne modifie nulle- ment les autres organes de la fleur: l'ovaire seul prend une tonne vésiculeuse (ex. P. bis- Urrta |, ou obovoide (ex. P. Hydropiper), et à la place de l'ovule il se développe une colonne charnue, blanchâtre, dont l'axe est formé par un tissu plus solide que celui de la périphé- rie; autour de cet axe, qui n'atteint pas le sommet de l'ovaire, est groupée ta matière de l'en- tophyte. Les désordres causés par VUstilago antherarum qui se développe dans les anthères des Lychnis dioica et flos-cuculi, sont encore moindres. Les anthères charbonnées diffèrent à peine des autres par leur forme; mais elles sont remplies d'une poussière One d'un beau violet. Ajoutons, pour terminer l'histoire des i lifications que la présence des Ustilaginées fait éprouver aux plantes sur lesquelles elles se développent, que dans VUstilago Duriœana, ob- servé sur le Cerastium glomeratum, le calice qui nourrit cet entophyte se développe régulière- ment; la corolle, au contraire, avorte complètement; les ètamines manquent aussi tout a l'ait, ou l'on n'en observe que deux ou dois, dont les filets sont très-gréles et les anthères à peine formées. L'ovaire seul acquiert à peu prés ses dimensions el sa forme ordinaires, mais les cinq styles qui te surmontent restent très-courts : les ovules ni' sont reconnaissantes que dan- 1 ovaire encore trés r jeune, car il- sont promptemenl détruits par le Champignon parasite. ijnel que soil l'organe que les Dstilaginées envahissent, leur mode dedéveloppement est tou- jours le même; « Les lac une- du parenchyme, disent MM. Tulasne, el fréquemment l'intérieur de- utricules, -mit i emplis dans l'origined'une substance muqueuse gélatineuse parfaitement incolore, el que la teinture d'iode colore à peine. On voit ça et là clans cette masse, éparsavec ordre et en plus ou moins grand nombre, suivant l'âge de l'entophyte, des grains arrondis ou elliptiques souvent peu réguliers, d'une matière grumeuse légèrement colorée, mais à laquelle l'iode communique une teinte prononcée de jaune ou de brun, ces grains ou globules sont les nucleus d'autant de spores don) les contours ne tardent pa- a se dessiner; toute la substance l-i CRYPTOGAMES. muqueuse incolore se partage, en elfel, en petites masses polyédriques arrondies autour de chacun de ces globules de matière azotée ; le globule demeure au centre de la masse et un double tégument se for pour lui aux dépens du mucilage qui l'enveloppe, l 'élaboration de ce tégumenl une fois commencée, l'adhérence des spores entre elles devient moins intime el en les isolant on voit des fragments de matières muqueuses devenues libres, d'autresqui leur son1 attachées commedès lambeaux; le volume de la spore est alors plus considérable, el sa forme surtout plus irrégulière qu'ils ne seront plus tard. Le tégument existe comme cellule close el résistante longtemps avanl que tout le mucilage extérieur au nucleus ail étérésorbé; mais il est incolore comme le mucilage, el pour l'en dégager, il faul employer l'acide sulfu- rique qui dissoul ce dernier toul en conservant au tégument naissanl son intégrité. » phora deformans '• " ^'' for lans les espaces occupés par l'entophyte . mais moins fréquemment dans l'épaisseur de la substance muqueuse incolore que vers la périphérie de celle-ci, -des fila- ments courts, rameux, fragiles, remplis d'une matière, azotée légèrement jaunâtre, et dont le rôle est assez obscur. - Ne doit-on pas les considérer comme les analogues du capillitium des Trichia ? Les spores sont le plus souvent brunes ou noues. Dans VUstilago Candollei cependant elles sont d'une lielle couleur violette; leur surface es! unie (ex. Vstilago Carbo), ou guil!ochée(ex. Vstilago utriculosa), ou hérissée de pointes (ex. Vstilago Dregeana), de tubercules (ex. Vsti- lago Maydis), ou de papilles (ex. Vstilago. vinosa); leur l'orme est sphérique (ex. Vstilago Maydis), ou oblongue et anguleuse (ex. Vstilago urceolorum). Dans quelques espèces les spo- res sont groupées par six ou par huit et simulent des spores composées. MM. Tulasne ont formé de ces espèces un génie sous le nom de Thecaphora. ustilago TRAG. Substantia fungilli ïnitio mn- cilaginea I. grumoso-mucosaj intégra, inox in glebulas diversiformes varie conforuminatas di- visa, paulatinique in sporas simplices apodes in- super 'dissecta ; floccis p is vel nullis supersti- tilnis THECAPHORA FINGERH. Substantia fungilli initio mucilaginea 1. grumoso-mucosa, intégra aul mos in glebulas diversiformes varie conforumi- natas divisa paulalim in tut sporas compositas dissecta ; lloccis nullis superstilïbus. iRICHIACÉES. 125 43" Famille. — TRICHIACEES. Les Trichiacées sont dans l'origine d'une consistance molle, et ressemblent beaucoup à de l'écume ou à de la salive ; on ne peut les toucher sans les détruire. Examinées au microscope elles n'offrent d'abord aucune trace d'organisation; mais si l'on suit avec attention leur dé- veloppement, on ne tarde pas à apercevoir au milieu de ce mucilage des spores qui Mettent librement. Puis ce mucilage se dessèche et se partage en un certain nombre de conceptacles très-distincts, quoique très-rapprochés, et qui renferment chacun des spores et un capillitium. \im\ î>8i. 382. Physarum bryophilum. 583. Diclydium umbilicalua 585. Pbysarum bryoplnlum. 586. Didymium liquiduu 587. Diderma lepidoluw. 588. 589. Craterium pyriforme. 592. Diachea elegans. 59*. Cribraria aurautiaca. A la maturité, le conceptacle s'ouvre pour donner issue aux spores, mais de diverses ma- nières, selon 1rs genres. Ainsi, dans le Craterium, il se partage en deux moitiés par une scission horizontale, comme une boite à savonnette ; dans le Physarum , ilsefendirrégulière- menl à —< • 1 1 sommet ; enfin, dans le Stemonitis, la membrane qui le constitue esl si mince, -i délicate, qu'elle se résoul tout entière en squamules qui disparaissent promptèment, el mettenl à nu le capillitium el les spores I2(i CRYPTOGAMES. tes Trichnslir ' nul quelque analogie dans leur motif île déhiscente awr les Geaste.r. Ce sont des conceptacles arrondis dont la base est fixée au sol par des appendices qui simulent des racines. A la maturité, ces conceptacles se dépriment au sommet, se creusent en enton- noir, et offrent l'aspect d'une pomme ; ils se déchirent ensuite en plusieurs lanières qui s'éta- lent sur la terre, s'y appuient fortement par leurs extrémités, de façon à soulever le capilli- tium et à lui former une sorte de piédestal voûté. Ce capillilium est noir comme de la suie, nu et tendre au toucher ; ses filaments seul très-longs, très-fins et parsemés d'une grande quantité de spores. Les filaments du capillilium sont rarement libres au milieu du conceptacle. Le plus ordi- nairement ils sont fixés sur un axe central, et s'anastomosent entre eux de façon à produire des réseaux très-élégants (ex. Dictydium umbilicatum). flans un genre créé par M. de Martius sous le nom de Cirrholus, l'axe central seul existe; il est enroulé en tire-bouchon, et se débande avec élasticité lors de la déhiscence du conceptacle. Tribus I. TlilCHIE/E. Flocci nulli vel liberi, intorli, elaslici. cirrholus. MART. Conceptaculum simple* globosum, membranaceum, demum irrégularité!' ruptum, axi spirali, elastice prosilîente. Sporœ minimœ, globosœ, floccis haud intertcxtœ. licea SCHRAD. Conceptaculum simplex, va- rium, membranaceum. demum il TOgulariti'i' rup- tum. Spors minimœ, coacervatœ, floccis haud in- tertextœ. perichœna. ;•'/;. Conceptaculum simplex, va- i i 1111 1 . submembranaceum, demum sœpe circum- scissum. Sporœ floccis raris liberïs immixtœ TRICHIA. HALL. Conceptaculum simplex, va- rium, membranaceum, demum apice irregulari- ler ruptum. Sporœ capUlitio dense implexo, floc- cis versus basim adnatis intortis sesc elastice expandentibus, inspersœ. ARCYRIA. IIIIJ.. Conceptaculum simplex, va- i i u m . membranaceum, circumscissum, parte su- periore fugaci, inferiore sœpe persistente. Sporœ capillitio densi implexo, floccis e liasi aseen- dentibus contortis elastice expansis inspersse. Tribus II. STEilOSUEl. Flocci reticulalim connexi, adnali vel innati. cribraria, SCHRAD. Conceptaciiliiin simplex subglobosum, membranaceum, fatiscendo dinii- diatuni, lloccis înnatîs reticulatum, reticulo de- mum libero. Sporœ coacervatœ, per reticulum sparsa 1 . DICTYDIUM, SCHRAD. Conceptaculum simplex subglobosum, temiissime membranaceum, inde- terminate dehiscens, floccis innatis venoso-nervo- sum, nervis demum nudatis clathratum. Sporae intra capillitium coacervatœ. STEMONITIS, GLED. Conceptaculum simplex globosum vel cylindricum, temiissime membrana- ceum, demum evanescens, capillitium determina- tuin shfiiii setaceo adnatum, illumque reticulatim ambiens, denudum. diachea. FR. Conceptaculum simplex, ovato- oblongum, membranaceum, frustulatim deci- duum; capillitium axi floccoso-grumoso pulveru- lento radîato-reticulatum denudans. Sporœ floccis inspersae. enerthenema RROWN. Conceptaculum sim- plex, globosum, membranaceum, demum eva- iiescens, slipitem conicùm apice pilcolatum, pi- leo subtus lloccos ascendentes iniortos l'erente denudans. Tuibds 111. PHYSAREI. Flocci adnali, recti, vagi. CRATERIUM TRENTE!'. Conceptaculum sim- plex varium, papyraceum, rigidum, persistens, operculo demum deciduo clausum. Capillitium e floccis congestis subloculosum, demum erec- tum. PHYSARUM, PERS. Conceptaculum simplex, va- rium, membranaceum, nudum, irregulariter de- hiscens. Capillitium floccosum; lloccis primum reticulatim junctis vel furcatis. DIDYIYIIUIYI SCHRAD. Conceptaculum simplex varium, membranaceum, irregulariter dehiscens, corticatum, cortice adnato mox in squamulas l'ur- furaceas, vel villum farinosum fatiscente. diderma. PERS. Conceptaculum duplex . va riuni ; externum crustaceum, discretiun, fragile dehiscens, internum tenerrime membranaceum, evanrstnis. TRICHASTER CZERN Conceptaculum duplex globosum ; exten i coriaceum, squamosum ; m- ternum fragile, t'uligineo-villosum, connatum de- mum secedens; utrumque stellatim dehiscens. Capillilium globosum sports conspersum. W Famille. - SPUMARIEES. Les Spumariées croissent sur la tige et les feuilles des plantes, sur la tannée, etc. ; elles ontd'abord l'aspect d'un mucilage diffluent, sans formes déterminées ; leur développement est extrêmement rapide ; quelques heures leur suffisent pour s'étendre sur plusieurs déci- mètres carrés. Mais bientôt ce mucilage s'épaissit, la partie externe se concrète, et forme une 1 Comme Czernianow ne donne aucuns détails sur le mode de formation des spores ilp cp génie remarquable, nousTavon-î placé dans la famille dr> Trichiacées; mais il pourrait être voisin des Geaster. CHAMPIGNONS. IIISTORiQI K. 12*2 enveloppe générale, unperidium, tandis que la partie interne se partage en un grand nom- bre de compartiments remplis de spores. A la maturité, leperidium s'écaille, tombe par par- celles et met à nu la gleha. SPUMARIA PEBS. Peridium indeterminatum, simples, crustaceum, floccoso-cellulare. FULIGO l'EUS. Peridium indeterminatum, du- plex, externuin floccosum, evanescens, internum membranoso-cellulare. HISTORIQUE DE LA CLASSE DES CHAMPIGNONS. Micheli le premier reconnut que les Champignons ne sont point le produit immédiat delà putréfaction, et se multiplient comme les autres plantes par des organes spéciaux qu'il a figu- rés dans son ouvrage intitulé Nova planlarum gênera, 172U, mais sur la signification desquels il s'est complètement trompé. Ainsi, il appelle fleur nue à un seul filet, les spores pédicellées sur do basides dans les Agarics et les l'olypores, tandis qu'il donne le nom de graines aux spores qui recouvrent la surface des Clavaires ou qui sont renfermées dans les cavités si- nueuses des Lycoperdons et des Truffes. Parmi les Champignons à fleur nue à un seul filet, il distingue ceux qui sont irréguliers (peulotropes) tels que Aguricus et ceux qui sont réguliers, tels que Suillius, Polyportis, Fungus, Phallus. Linné, dans ses Fragmenta methodi naturalis n'admet point la plupart des genres de Mi- cheli dans sa classe des Champignons. Il en passe complètement sous silence quelques-uns (ex. Botrytis, Aspergillus), en réunit d'autres en un seul comme par exemple sous le nom de Clathrus, les genres Clathrus, Clathroides (Arcyria). Clathroidastrum(Stemonitis), et de cette façon les trente genres de Micheli se trouvent réduits aux onze suivants, Agaricus, Bo- lelus, Il ydnum, Phallus , Helvella, Clavaria, Clathrus, Peziza, Lycoperdon, Byssus. Mucor. Nous avons fait remarquer précédemment (page 55) que le genre Lichen était placé dans la (lasse des Algues. Bernard de Jussieu adopta presque entièrement la classe des Champignons de Linné. 11 en retira seulement le genre Byssus qu'il rangea à côté des Lichens parmi les Algues. Adanson, da/is ses Familles naturelles des plantes, reprit les genres de Micheli et en ajouta quelques antres, de sorte que sa famille des Champignons se compose de cinquante-cinq genres groupés en sepl sériions extrêmement naturelles et dont voici les caractères avec l'in- dication des principaux génies qu'on peut considérer comme types. Première section : A. surface couverte de graines en poussière. Palila [Thelephorà], Somion il ydnum . Teraua [Merulius . Dedxièhe sectios : A gaussons qui portent les graines à leur surface. Peziza, Claâonia, Usnea, Placodion [Peltigera . Lichen Parmelia). Troisième section : A graines enfermées dans la substance de la plante. Lycoperdon. Carpobolus, Tuber, Clathroides Arcyria), Clathoidastrum [Stemonitis). Quatrième section : A surface en réseau qui porte les graines sur ses mailles. Clathrus. Phallus. Cinquième section ; A surface piquée de trous ou de tuyaux sur les parois desquels sont les graines Hypoxylon, S ixièhe section : A surface couverte de sillons inégaux, dans lesquels sont les graines. Graphis. S ei'tième sectios: A surface couverte de lames sur lesquelles sont les graines. Chante) cl, Amanita. I es Botrytis, les Aspergillus ne se trouvent point dans cette famille ; nous avons vu précé- dera nt (pagebS) qu'Adanson les avait placés dans les Byssus. Mais cette classification, malgré ce déplacement, n'en est pas moins très-remarquable, et nous ne croyons pas qu'il lût possible de faire mieux à cette époque en ne tenant compte que des caractères fournis par le réceptacle commun. Fries, Syst. MycoL, 1821-1829, divise la classe des Champignons en six familles, savoir: M,, i» Pyrénomycctes ; 2» Hyphomj i S Discomycètes ; 5" Gastér ycètes . ,; " Hyménomycèles. La première, comprend tous I s Champignons qui envahissent les végétaux vivaces el onl 128 CRYPTOGAMES. été distingués en Epiphytes el en Endophytes ; ce sont les genres /Eciiium, Uredo, Pucci- iiin, Ustilago; la deuxième, tous les Champignons qui se développent sur les substances qui moisissent, comme les Mucor, les Polyactis, les Ascophora, les Botrytis, les Torula. Les Gas- téromycètes correspondent à nos familles des Truffes, des Polysaccées, des Lycoperdons, îles Hyménangiées, etc., dans lesquelles les organes de la reproduction sont renfermés dans des cavités sinueuses : les Pyrénomycètes, à nos Hypoxylons et à nos Sphœronémées ; les llisco- mycètes à nos Exidiées et nosPezizes; enfin les Hyménomycètes à nus Funginées, à nos Phalloïdées. H. Brongniarl [Dicl. class. Hist. mil., vol. V, p. 155), réduit à cinq les classes de Pries, en réunissant sous le nom de Champignons proprement dits les Discomycètes et les Hyménomy- cètes en une seule famille; c'esl la modification lapins importante, car les Urédinées corres- pondent aux Coniomycétes, les Mucédinées aux Byphomycètes, les Hypoxylons aux Pyréno- mycètes, et les Lycoperdacées aux Gastérornycètes. La classification déborda (Anleitung mm Studium < der Mycologie, Prag., 1842), diffère à peine de celle de Pries, les Champignons y sont divisés en quatre ordres : les Coniomycétes '•I les llyphomycètes, les Myelomycètes el les Hyménomycètes. Les deux premiers ri le der- nier ont la même circonscription que les Urédinées, les Mucédinées et les Champignons pro- prement dits de M. Brongniart ; mais ses Myelomycètes comprennent les Hypoxylons cl les Lycoperdacées, c'est-à-dire les Pyrénomycètes et les Gastérornycètes. A la même époque, M. Léveillé [Cours élémentaire de botanique de M. de Jûssieu), proposa de ranger les Champignons d'après le mode de formation des spores el non d'après la foi me du réceptacle; il divisa cette grande classe eu six ordres, savoir: 1° Abthrospobées : filaments simples ou rameux, composés d'utricules qui finissent par se désarticuler en totalité ou en partie, de façon que chaque utricule devienne une spore ; 2° Trichospobées : filaments simples ou rameux ; chaque filament ou chaque rameau est terminé par une ^porn ; 5° Cvstosporées : filaments simples ou rameux ; chaque filament nu chaque rameau est terminé par une vésicule membraneuse remplie île spores ; 4° Strosiatosporées : réceptacle celluleux recouvert de filaments simples ou rameux; chaque filament ou chaque rameau est terminé par une spore ; .V Tiiécasporées : réceptacle celluleux recouvert par un hymenium de thèques; 0° Basidiosporées : réceptacle celluleux recouvert par un hymenium de basides. Enfin en 1843, M. Brongniart [Ênumération desgenresde Plantes, etc.), partage les Cham- pignons en quatre ordres qu'il définit ainsi 1° Hifbohtcées : mycélium filamenteux produisant directement sur une partie de ses rameaux, les s| s ou les vésicules qui les renferment ; Miicédmces. Mumréos, fié.linées ; 2° Gastéromycées : mycélium produisant des excroissances fongueuses dont la partie externe loi nie i en- veloppe (peridium) contenant dans son intérieur les utricules productrices des spores [thèques ou ba- sides) : Tubéracées, Lycoperdacées. Clathacécs ; 3° Hïménomvcées : mycélium produisant des excroissances fongueuses don) nue partie de la surface [hyme- nium] est formée par les utricules productrices îles spores [basides ou thèques) : Agaricinées, Pezizées ; 4° Scléromycées : mycélium produisant des excroissances fongueuses, caractérisant un ou plusieurs con- ceptacles durs renfermant des thèques: Hypoxylons. Faut-il prendre pour caractère d'ordre la forme du réceptacle, et pour caractère de famille le mode de formation des spores, comme l'a fait M. Brongniart ; ou faut-il prendre, au contraire, pour caractère d'ordre le de de formation des spores, et réserver pour les caractères de famille la forme du réceptacle, comme le veut M. Léveillé? Cette question, nous n'avons pu la résoudre qu'en dressant le tableau suivant qui exprime, nous le croyons du inoins, toutes les affinités des familles de Chanipignons les >s avec les aulres; et. si dans l'énumé- ration que nous en avons faite précédemment, nous avons pris puni- caractère d'ordre le mode de formation des spores, c'est parce que de cette façon il nous a été possible de présenter quelques considérations qu'il nous eût été plus difficile d'exposer en prenant pour caractère d'ordre la forme du réceptacle, el non parce que nous avons cru que les caractères tirés du CHAMPIGNONS. CLASSIFICATIONS. 129 mode de formation des spores dussent l'emporter sur le caractère tiré de la l'orme du réceptacle. ARTRROSPORÉES. (Spores en chape- let. Tricuosporées. (Spores solitaires à t* extrémité de filaments.) TflÉCASPOKÉES. (Spores renfer- mées dans des chèques. \ Basidiosporées. (Spores disposées par quatre sur des basides.) M \ sospori i s; naissant au milieu d'un mucilage.) Trichomtcées. ( Réceptacle flocon iieu.i\ i Torulacées. Botrytidée*. Mucors. Sizygitées. Polyactidées. CUSOMTCBES. ( Réceptacle cel- lideux , tuber- Oll Cll- puli forme.) Coreraîacées. Mcidium. Bxidiées. Uredo Pezîzes. Ptu cinia Lichens. i yphelles. Ustilaginées Ustilago. PïRÉHÛHÏCÉES, (Conceptacle.) Phragmot ricin - cées. Sporocadêfs. / Ih y\\ Ions. Erysiphées. Onygenées, Tricliodermes. Triclriacées Gastéboutcées. i Peridium.) Truffes. Carpobolées. Nidularinées. Polysaccée5. Lycoperdons. Il-, menangiées. Podaxinées. Funginées. Phalloïdée*. Spuniai iées. Nous avons déjà été dans la même incertitude, lorsque is avons eu à ranger les familles de la classe des Algues, et si nous nous sommes décidé à prendre pour caractères domina- teurs les caractères fournis par les organes delà végétation, c'est parce que nous avons pensé qu'il importait avant tout d'exprimer avec netteté ces modifications de structure des plantes inférieures qui rappellent les modifications successives que subissent les plantes les plus élevées. Du reste, on peut dresser pour la classe des Algues un tableau analogue à celui que nous axons lui nie pnur les Champignons, et qui permette de saisir en un instant toutes les affini- tés que ces familles ont entre elles: PoLÏSPORÉES. Spores naissant en grand nombre dans cha/iie thèque. A.PLOSPORÉES. Spores naissant isolement dans chaque thrque CflORITOSPORÉES. Spores naissant par Quatre OU pur huit dans chaque tue /tir. C.ONFEriVOÏnÉEST Confervacées. Hydrodycl ions Zygneméi Ulvacées, Nostochinces. Thwaitesiées, PnrcéEs. Vaucheriacées. Charagnes. Fucacées. Floridées. Callîtbamnïécs. Bypoglos i;ii\ ochococi ées, Gigartinées. Lomentai i Claudées. 150 CRYPTOGAMES. Les travaux les pi n-> importants que nous avons consultés sont les suivants: Minium llist îles Champigtions de France, Paris, 17'M. >uwfc-iu!Y, Engl. Fung. London, 1799, Pu; > Synopsis meth Fung.GoU., isiil — Mycologie eitrop. Erlang, 1822-1828 Nées d'Esendfxk. Bas System, der Pilzen und Schwûmme. Nuerenb., 1817. Fries. Syst. mycol. Gryphiwaldiae, 1821-1829. Brokgiîiart. Classif. nouvelle des Champignons . Paris, 1829. Vittapim. Monogrnphia Tuberaeearum . Mediol., 1831. (Jnger. Die Exanthème der Pflanzen. Wien, 1833 Corda. Icônes Fung. Pragse, 1837-1840. Berkeley. On the fructification ofthe Picoa and clavate tribei of Hymenomyc. Fungi. Ann. Se. fiai llist.. I. — Sur In fructification des genres hycoperdon, l'hall us et quelques outres genres voisins, \nn Se. Nat , Bot.. 2' série, vol. XII, p. 160. Montagne. Esquisse organographique et physiologique des Champignons. Paris, 1841, Lé veilla. Recherches sur l'hymenium des Champignons, Ann. Se. Nat-, Bot., 2' série, vol. VIII, p. 321. — Recherches sur les Vrcdinces, Ann. Se. y'at., Bot., 2" série, vol. XI p 5. Tolasne. Champignons hypoge's de la famille des l.ycoperdacces. Ann. Se. Nat.. Bol.. 1' série, vol. XIX, p. 573. Sur les genres Polysaccum et Geaster, Ann. Se. fiai-, Bot., 2" série, vol XVIII. p. 129. De la fructification des Scleroderma comparée à celle des hycoperdon et des Bovista, Ann. Se. Nat., Bot., 2« série, vol. XVII, p. 5. — Observations sur le genre Elaphomyces, Ann. Se. Nat., Bot., 2° série, vol. XVI. p. 5. — Sur l'organisation et le mode île fructification des Nidularinées, Inn. Se. Nat., 3" série vol. I,p. il. — Sur les Ustilaginées et les Urédinées, Ann. Se. Sut.. 3* série vol Vil p. 12' III Classe. — MUSCIINEES. Les Muscinées se distinguent des autres Cryptogames par leurs organes de reproduction el par leurs organes de végétation. Par leurs organes de reproduction : les spores sont toujours contenues, sous forme de pous- sière, dans un sac à parois celluleuses qu'on appelle sporange, et qui est lui-même enveloppé d'un autre sac (Yépigone); l'ensemble du sporange et de l'épigone porte le nom A'archégone. A la maturité, le sporange, soulevé par son pédicelle, presse sur cet épigone, le déchire et se montre au dehors; là, il s'ouvre bientôt, soit par des fentes qui, allant du sommet à la hase, * Depuis l'époque où a paru la première édition, de nombreux et importants travaux ont paru en Europe, sur les Champignons et les Lichens. Xou* renvoyons à ceux qu'il est le plus indispensable de connaître. Champignons proprement rf((s.— Caspary, Veber Zwei-vni Breicrlei l'rûchte einiger Schimmel-pUze. Berlin, 1855, — Dr. Bary, Beilr. sur Kenntniss- des Achlja proliféra, in Bot. Zeit. (1852), 475 ; Untersuch. iiner die Brandpilze. Berlin, 1855 ; Veber die Entir. rnn Aspergillu- glaucus, in Ilot. Zeit. (18r4), 425. — Bo.norden, Handb. der Allg. M géologie. Stutlgard, 1851. — Tolasne, Selecta Fmigorum Carpologta. Paris, 1857-65; Mémoires divers sur les Champignons (Ann. Se. mit., sér. 3, IX, 558 ; XV, 570 ; XIX, 193; XX, 5, 129; sér. 4, 11, 77 ; V, 107 ; VI, 299 ; VIII. 55: sér. 5, IV, 290.— Lêveillé, .Art. Mycologie, Urédinées, in Dict. d'Orbigny. — Berkeley, In/rod. tocryplog. bot., 255. Londres, 1857. Charognes. — Thuret, Recherches sur les anthrridies des Charades (Ann. Se. nat., sér. 5, XVI, 18). — Mon- tagne, Mémoire sur la miilt. des Charognes (Ann. Se. nat., sér. 5, XVIII, 65). — Berkeley, Inlro'l. lo cryptog. bot.. 23, 425. Lichens. — Floto-.v, Liclicnalogische Beitrage (Linnita (1830), 555). — Itsigbsobn, Die Anlheiiri.und Spermatoz. der Flechten iBot. Zeit. (1850), 393).— Bavrhoffer, Eintges liber Lickenen. Berne, 1851. — Speerschneider, ilî- crosc.-Anat. Untersuch. (Bot. Zeit. (1855), 345). — S.vcn^, Entwick.-geschichte der Collema bulhosum (Bol. Zeit. (1855), 1). — Linosay, Popnlar hist. of Lichens. Londres, 1856. — Montagne, Art. Lichens du Dictionnaire d'Orbigny; Sylioge yen. speciernmqiie Cryplogam. Paris, 1856 (pp. 96-582). Nylahder, Synops. rnethod . Lichennm. Paris, 1858-60. Pour les Champignons étudiés au point de vue médical, cons. : la nouvelle édition (1855) de ['Iconogra- phie des Champignons de Paulet, par le docteur Lêveillé; l'ouvrage du prof. Ch. Bouin, sur les Végétaux para- sites (pp. 408-675), et les articles Agaric, Agaricées du docteur Berlillon, dan> le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. L'article Champignons, rédigéparle docteur L. Harcuand, pour le Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques (VI, 1), présente, outre un résumé suffisant de la question, des indication* bibliographiques qui renvoient à tous les travaux récents sur les applications à la médecine de cette partie de la firypto garnie. HÉPATIQUES. 151 le divisent eu autant de lanières (ex. Frullania platyphylla), soit par une scission circulaire qui le partage en deux parties, dont l'une, Y opercule, sert de couvercle à l'autre, Y urne (ex.Po- Lytrichum commune). Autour île l'archégone, et souvent longtemps après ses premiers déve- loppements, apparaît ordinairement un bourrelet celluleux qui, par sa croissance ultérieure, l'orme une espèce de gaine (ex. Saccogyna viticulosa) ou un verticille de trois à six petites feuilles (ex. Dicranum glaiicum). Cette gaine ou ce verticille, les botanistes l'ont nommé péri- gone. Enfin les archégones, avec ou sans périgone, sont entourés dans les Muscinées foliacées par une rosette de feuilles légèrement modiliées et très-rappro.chées les unes des autres; cette rosette, c'est le périchèze, et les feuilles qui la constituent les feuille* périchétiales. Par leurs organes de végétation : quelques Muscinées ont, comme les Algues, un thalle composé d'utricules polyédriques; mais ces Muscinées sont terrestres, tandis que toutes les Algues sont aquatiques; en outre, la couche superficielle du thalle ne renferme jamais de matière verte, et constitue une membrane mince; transparente et incolore, qu'on peut déta- cher du tissu sous-jacent, et à la surface de laquelle on remarque des stomates (page 132), en un mot un véritable épiderme. Rien de semblable ne s'observe dans le thalle des Algues; la couche superficielle renferme, comme les autres, de l'endochrome, et n'offre jamais de stomates. Les autres Muscinées ont des feuilles et des tiges, et il est assez intéressant de suivre, comme nous l'avons fait (page 155), la série des modifications successives que présentent les espèces qui servent de transition entre les Muscinées à thalle et les Muscinées caulescentes. A mesure que nous avançons dans l'étude des diverses classes de Cryptogames, nous voyons donc les fonctions se localiser davantage ; les organes deviennent plus nombreux et tendent à prendre l'aspect d'organes chargés de fondions analogues dans les plantes supérieures. Ainsi, nous l'avons déjà dit dans nos généralités, le sporange, par sa structure, son mode de déve- loppement et de formation, par la nature des corps qu'il renferme, ressemble beaucoup aux anthères des Phanérogames, et si quelques Muscinées n'ont qu'un thalle pour organes de la végétation, la plupart ont des tiges et des feuilles qui rappellent celles des classes plus élevées. Nous divisons la classe des Muscinées en deux ordres que nous caractérisons de la manière suivante : 1" Les Hépatiques : le sporange s'ouvre quelquefois irrégulièrement, mais le plus souvent par des fentes qui, allant du sommet à la base, le divisent en autant de lanières que l'on appelle valves. Les organes de la végétation consistent, soit dans un thalle membraneux qui s'étend à la surface du sol (ex. Marckantia), soit en une tige chargée de feuilles toujours dis- posées de façon que les lignes d'insertion de deux familles consécutives convergent l'une vers l'autre, et représentent un V droit ou renversé (ex. Juiigermannia). 2° Les Mousses : le sporange s'ouvre quelquefois (ex. Andrssa) par des fentes qui, allant du sommet à la base, le divisent en autant de lanières qu'on appelle valves, mais le plus ordi- nairement par une scission circulaire qui .le partage en opercule et en urne (ex. Dicranum); rarement il, est indéhiscent (ex. Phascum). Les organes de la végétation consistent, soit dans un thalle qui s'élève verticalement (ex. Hypopterigium) à la surface du sol, soit en une tige chargée de feuilles toujours disposées de façon que toutes les lignes d'insertion soient sur une même hélice *. I er Okdre. - HÉPATIQUES. Dans les Hépatiques inférieures, dans les ÂntlwcerQS, par exemple, le système végétatif con- siste principalement en une simple expansion membraneuse qui s'étale sur la terre. Ses contours n'ont rien d'arrêté et varient beaucoup suivant les individus. Sa surface est lisse, et sa structure tout à fait homogène. C'est une seule couche d'utricules intimement unies et remplies de matière verte. Ailleurs (ex. Marchanlia) cette expansion membraneuse, ce thalle, comme disent les bota- nistes, n'a plus une surface égale et une structure aussi simple; la face supérieure est peinte 'Les Mousses e\. Andraea) dont le sporange s'ouvre comme dan-, les Hépatiques membraneuses (ex. AntltO- eeros), ont les feuilles disposées en spirale, el celles qui ont un thalle, ont un sporange qui se partage par une scission circulaire en urne et en opercule. •15'2 CRYPTOGAMES d'étroites bandes verdâtres i|iii, se croisanl en 1 >i;iis. la divisent avec régularité en un grand nombre de petits losanges d'un vert foncé. Au milieu de chaque losange, on aperçoit à l'œil nu, ou mieux avec le secours d'une faible loupe, un j >* > i i » i obscur qui n'est autre chose que l'ouverture d'un organe particulier que nous retrouverons dans les plantes Phanérogames, et i(iii' Fou appelle stomate. De plus, au lieu d'une seule couche d'utricules, le thalle des )\ur- chanlia ><• compose de plusieurs. Celles qui occupent la partie centrale ont leurs utricules remplies de matière verte, et de distance en distance on observe entre elles de grandes ra\ilés qui communiquent à l'extérieur par l'intermédiaire de ers stomates. La couche supérieure, au contraire, et la couche inférieure ne sont composées que d'utricules incolores ; elles forment une espèce de sac utriculaire qui enveloppe toute la plante, et qui, le plus souvent , esl peu adhérent aux couches intérieures et s'en détache facilement. On a donné le t i i'épiderme à ce sac utriculaire, caractérisé par la diaphanéité de ses utricules, sa moindre union avec le tissu sous-jacent, et qui existedans presque tous les organes des plantes Phanérogames. La partie de ce sac en contact avec le sol, c'est i'épiderme inférieur; l'autre partie c'est Vépi- dêrmt supérieur. «SÎV- 595. 59G Marcirantia polymorphi». .':>:. AnlIiuCeru? 1 i vis 598. Blasia « Lyellii. 598. r.iccia eudichotomala. L' épidémie supérieur seul a des stomates ; I'épiderme inférieur des racines, c'est-à-dire des filaments blanchâtres simples ou cloisonnés qui s'appliquent sur la terre, et semblent servira la nutrition de la plante en absorbant l'humidité de cette terre. Le thalle de .quelques Vaccin a un degré de complication de plus que celui des Marchanlia. La lace supérieure est également partagée en un grand nombre de losanges au centre de chacun desquels est un stomate. Mais au lieu d'être plus ou' moins arrondie, sa forme est toujours al- longée, et dans lesensde salongueuron peut suivie un sillon qui va d'une extrémité à l'autre et simule une nervure moyenne. En outre, tandis que les utricules des Marchantia sont toutes à peu prés semblables, celles qui sont sur la ligne médiane dans le thalle des Ricciu, s'allon- gent considérablement et se distinguent nettement des voisines dont les formes rappellent tou- Blyttia Lyellii Esdl. Ce genre doit former le type d'un groupe particulier, HÉPATIQUES. 135 jours ceHe d'une sphère. L'homogénéité primitive a donc complètement disparu; il y a com- mencement de localisation cl multiplication d'organes. fiOO. Jungermanitia * undulata. COI. Frullania* platypliylla. 602. Jungermannia albicans. Ce sillon qui s'étend sur la face supérieure du thalle, d'une extrémité à l'autre, se traduit sur la face inférieure par une espèce de côte. C'est de là que partent plus spécialement ces racines qui, dans les Marchantia, se développent un peu partout. C'est de là aussi que nais- sent parfois des organes qui ressemblent beaucoup à de petites feuilles, et qu'on appelle am- phigaslres. Le plus ordinairement il y en a deux rangs, l'un à droite et l'autre à gauche de la nervure principale, et toutes celles d'un même rang se recouvrent comme les tuiles d'un toit; quelquefois cependant elles sont sur un seul rang. Dans le premier cas, elles sont dites dis- tiques, dans le second, monostiques. Il est facile de démontrer que souvent les amphigastres monostiques résultent d' amphigastres distiques soudées deux à deux. Que ce thalle des Hiccia s'allonge, que la nervure moyenne se prononce davantage, nous aurons le thalle du Blyttia Lyellii. Que celui-ci à son tour, au lieu d'être entier dans tout son pourtour, s'échancre, se découpe, se partage jusqu'à la ligne médiane en une multitude de petites feuilles, ce sera le thalle du Jungermannia lanceolaia, ou plutôt cène sera plus un thalle, mais une tige proprement dite avec des feuilles placées à droite et à gauche sur deux lignes parallèles entre elles. Les Hépatiques qui ont des thalles portent le nom d'Hépatiques membraneuses; celles qui ont des tiges et des feuilles, celui d'Hépatiques caulescenles. Cette disposition distique des feuilles sur la tige des Hépatiques, les Cryptogamistes l'ont représentée à tort par la fraction 5, faisant ainsi une fausse application de ce qui a lieu dans les plantes Phanérogames. Pour peu qu'on examine, en effet, l'arrangement des feuilles sur la tige de l'Orme, par exemple, on verra que les insertions de ces feuilles sont sur deux lignes parallèles entre elles comme dans les Hépatiques, et qu'en outre elles sont comprises dans un seul et même plan qui passe par l'axe de la tige, et par conséquent divise cette tige en deux parties égales. La distance d'une ligne à l'autre est une demi-circonférence, quel que soit le sens dans lequel cette distance se compte. Or, dans les Hépatiques rien de semblable. Les feuilles sont sur deux lignes parallèles à l'axe de la nervure moyenne, mais le plan qui les renferme ne passe point par cri axe 'le la nervure qui est plus en relief à la partie inférieure qu'à bipartie supérieure. La distance d'une de ces lignes à l'autre, comptée sur la face infé- rieure, est donc plus grande qu'une demi-circonférence, tandis qu'elle est plus petite comptée sur la lace supérieure. La ligne d'insertion de chaque feuille est rarement exactement parallèle à l'axe de la plante Scapania undulata. — Il y a ici une observation générale à présenter. Si l'on démembre l'ancien genre Jun- germannia, el qu'on ru sépare, parexemple, les Lejeunia, Frullania, etc., il faut tout aussi bien accepter les Scapania ho, flagiochita Nées et Mgne, etc. Les vrais Plagiochila, constituant u.n groupe générique bien dis- tinct, "Mit déjà au nombre de plus de cent cinquante. ! Mfukttkecit platyphylla. Le genre Mutlolheca, de Dumortier, parait également très-admissible, 154 CRYPTOGAMES. /ex. Saccogyna viticitlosa).l\ arrive également peu souvent qu'elle lui soit parfaitement per- pendiculaire : c'est ce qui se présente néanmoins dans le Gymnomilrium continuation et le Sarcoscyphus Funckii. Ordinairement, elle est plus ou moins inclinée sur cet axe. Chose re- marquableet à peu près unique dans le règne végétal, lorsqu'il en est ainsi ces lignes d'inser- tion sont dirigées de façon que les feuilles qui se correspondent dans les deux séries tendent à se croiser sur la nervure médiane ou tige, el à fui nier un V droit ou renversé 604. Gymnomitl'ium Hooken. COV Frullania complanata. co.>. Jungermannia iniilliliilj G06. Frullania Tamarisc Les feuilles sont fréquemment imbriquées les unes sur les autres; seulement, dans un cer- tain nombre de plantes, elles le sont de manière que chaque feuille est recouverte en partie par la feuille immédiatement supérieure dans la même série; la tige est à nu et la plante re- présente assez bien une feuille composée de Sensitive, par exemple, dont toutes les folioles seraient étalées (ex. Jungermannia asplenoïdes) ; dans ce cas les feuilles sont dites succubes. D'autres fois (ex. Frullania complanata), chaque feuille recouvre au contraire en partie la feuille immédiatement supérieure dans la même série La tige est presque complètement cachée par ces feuilles imbriquées, et la plante ressemble à une feuille composée de Sensitive, dont toutes les folioles seraient repliées le long'de la nervure moyenne. Les feuilles sont dites alors incubes. La forme des feuilles des Hépatiques est assez variée. Elles sont ovales et entières dans le Saccogyna viticulosa, bidentées à leur sommet dans le Calypogeia Trichomanes, bifides dans le Jungermannia bicuspidata, quadripartites dans le J. setiformis, laciniées dans le Tricho- colea tomentella. Lorsqu'elles sont bilobées, les deux lobes peuvent être sensiblement égaux ou différer beaucoup. Ainsi dans les Frullania, l'un des lobes, l'inférieur, a l'aspect d'une lan- guette très-allongée, libre dans une grande étendue, tandis qu'ailleurs il représente une massue, un casque ou une tête d'oiseau. Ces lobes, ainsi diversement conformés, ont été dé- signés par les Cryptogamistes sous le nom d'auricules (fig. 600). Ce thalle des Hépatiques membraneuses, à quoi correspond-il? Est-ce l'analogue de ce réceptacle commun cpie nous avons observé dans les Lichens foliacés, ou du mycélium si développé dans les Agarics, ou du thalle des Algues? Cette question que nous avons déjà in- diquée dans nos généralités sur les Cryptogames, est facile à résoudre quand on étudie compa- rativement la germination des spores. Dans les Lichens et dans les autres Champignons, la spore en germant donne naissance à des filaments qui s'entre-croisenf en tous sens et forment un système végétatif, un mycélium , à la surface duquel se développe le réceptacle foliacé des Lichens ou le chapeau d'un Agaric. Dans les Algues, et en particulier dans le Fucus serratus, étudié par M. Decaisne, la spore ne se comporte pas de même; elle se gonfle, son intérieur se divise par des cloisons en un certain nombre de cellules qui bientôt se subdivisent à leur tour, de façon à transformer la spore en une masse utriculaire continue. Or, d'après les observations de M. Cottsche, la germination des Hépatiques ressemble com- plètement à celle du Fucus serratus. Comme dans cette Algue, la spore (fig. 612 à 618) de simple devient celluleuse. et produit une masse utriculaire d'abord plus ou moins irréguliére. mais qui prend bientôt les formes arrêtées de l'espèce à laquelle elle appartient. Cette identité de développement doil entraîner l'identité du nom. Nous avons appelé thalle le'système végé- HEPATIQUES. 13. ! > trilif des Algues: nous appellerons thalle le système végétatil des Hépatiques. Quelquefois la spore, au lieu de se partager immédiatement en un certain nombre de cellules, s'allonge d'abord de façon à donner naissance à un tube, et c'est l'extrémité seule de ce tube qui se renfle et devient celluleuse. C'est ce qui a lieu, par exemple, dans le Blasia pu sillet , étudié par M. Gottsche. Entre ce mode de germination et la manière dont M. Sehleiden conçoit la Ger- mination du pollen sur le stigmate dans les plantes Phanérogames, n'y a-t-il pas la plus grande analogie (voy. p. 14) ? fn7 a cm Blasin pnsilla. BIS à 818. I'ellia epipljyîla. lle centrale, 156 CRYPTOGAMES. mais la paroi intérieure du sporange esl tapissée, dans une plus ou moins grande étendue, d'utricules allongées que les Cryptogamistes nomment élatères. Ces utricules allongées, fixées à l,i paroi par une de leurs extrémités el libres par l'autre, renferment deux fibres spirales le plus souvent, quelquefois ccpendanl i _ seule, el qui, par leur élasticité, disséminent les spores à la maturité. Dans les Riccia, le sporange esl également globuleux, mais il n'y a ni colu Ile ni élatères. Les élatères peuvent naître de tous les points de la paroi interne du sporange, comme dans le genre Jungermannia (elateres vagi), ou seulement à l'extrémité supérieure îles valves, comme dans le Frullania calyptrifolia (elateres terminales) , ou du fond du sporange (ela- teres centrales, mediani), comme dans le Frullania Tamarisci. « Le sporange, dit M. de Mirbel, dans son mémoire sur le Marchantia polymorpha, n'esl d'abord qu'une masse de tissu composé d'utricules remplies de matières vertes; mais bientôt les utricules intérieures se détachent les unes des autres, tandis que celles de la périphérie restent étroitement unies et forment un sac ballonné bien dos, dans lequel les utricules inté- rieures se trouvent emprisonnées. Celles-ci n'ont pas toutes le même sort; il y en a qui se développent en longs tubes grêles, pointus aux deux bouts, et qui adhèrent encore par l'un de ces bonis à la face interne du sac; et d'autres en plus grand nombre, qui de polyédriques qu'elles son! d'abord, passent à la forme spbérique en arrondissant insensiblement les angles. 628. 629 630. G51. 652. 655. 654. G55. Développements du sporange et des spores de Targionio. « En avançant en âge, les utricules composant le sac et les utricules allongées en tubes éprouveront des modifications sur lesquelles je dois attirer toute l'attention des phytologistes. «Trois ou quatre anneaux placés parallèlement l'un au-dessus de l'autre paraissent en léger relief sur chaque utricule du sac. Ils l'ont corps avec, la membrane utriculaire, et toutefois ils s'en distinguent par leur opacité. A cette structure est due, selon toute apparence, la con- traction ou la dilatation qui se manifeste dans le tissu du sac exposé à l'influence de la séche- resse ou de l'humidité. « Les utricules allongées en tubes ne diffèrent d'abord des autres utricules que par la forme; elles ont donc une paroi membraneuse mince, unie, diaphane, entière, incolore; mais elles ne tardent pas à s'épaissir, à perdre leur transparence, et elles se marquent tout autour, dans toute leur longueur, de deux stries parallèles très-rapprochées et tracées en hélice. Puis elles grandissent, et leurs stries deviennent des l'entes qui découpent d'un bout à l'autre la paroi de chacune en deux filets, et les circonvolutions des filets s'écartent, imitant les circonvolu- tions d'un tire-bouchon. Enfin, les deux filets se colorent en jaune de rouille, et la métamor- phose est si complète que, si je n'avais suivi les modifications pas a pas, je me garderais bien dédire aujourd'hui que ces deux tilels furenl primitivement une simple utricule. » HÉPATIQUES 17 5 Le sporange dans sa jeunesse esi toujours enfermé dans un sac membraneux, dont L'extré- mité supérieure s'allonge en une espèce de col de bouteille et s'évase légèrement à son sommet, de façon à simuler un pistil avec son ovaire, son style et son stigmate. Ce sac mem- braneux c'est Vépigone. Tant que le sporange peut se développer librement dans son sein, cet épigone reste complètement clos; mais lorsque le sporange a rempli toute sa cavité, el presse sur sa partie supérieure pour apparaître au debors , l'épigone se déchire à son sommet pour lui livrer passage, et forme à sa base une espèce de gaine. Cette déhiscence de l'épigone n'est pas toujours irrégulière; quelquefois elle se produit de façon que l'épigone forme autour de la base du sporange une espèce de collet régulière- ment denté. D'autres fois, elle a lieu circulairement, et divise l'épigone en deux parties : l'une qui a la forme d'une calotte et qui recouvre la partie supérieure du sporange, c'est la coiffe; l'autre qui a la forme d'une urne et qui entoure le pied du sporange, c'est la vaginulc. Ailleurs encore la commissure circulaire n'est pas complète, la coiffe n'est point emportée par le sporange, mais retenue d'un coté à la vaginule, elle se rabat sur elle comme un capuchon. 656. 657. 658. Marchanda polymol'pha C59. Gymnomitrium Hookeri. 640. Sphœrocarpus !<■ VI. 642. r.iccia emlicliolonn. 645. Alicuhria scalaris. B44. Sai'coscyphus Ëhrhartii Indépendamment du sporange et de l'épigone qui sont les parties essentielles de la repro- duction des Hépatiques, et dont l'ensemble constitue ce qu'on appelle archégone, il existe aussi parfois un autre sac celluleux qui enveloppe l'épigone, comme celui-ci enveloppe le sporange. Ce nouveau sac, c'est le périgone. Le développement du périgone est tout autre que relui de l'épigone. Au lieu de former dès l'origine un sac parfaitement clos qui se crève seulement plus tard pour laisser sortir le corps qu'il renferme, le périgone, au contraire, apparaît d'abord comme un anneau formé d'une seule série d'utricules, et qui entoure l'épigone comme d'une espèce de cupule. Bientôt de nouvelles séries d'utricules s'ajoutent à la première, la cupule devient plus pro- fonde et finit par envelopper en grande partie, sinon complètement, l'épigone. 11 y a donc là un développement analogue à celui que nous aurons occasion d'étudier plus tard au sujet de la corolle dans les Phanérogames. Le périgone, comme la corolle, est une partie accessoire des organes de la reproduction; comme elle aussi, il n'apparaît que lorsque ces organes sont déjà très-développés. Dans les Marchantia, le périgone ne renferme jamais qu'un seul archégone ; dans les Jun- germannia, au contraire, il en renferme toujours plusieurs ; mais un seul se développe. Enfin, dans le Sarcoscyphus Ehrhartii, il en renferme toujours également plusieurs, dont deux à trois arrivent à maturité. Il arrive souvent que lorsque plusieurs archégones naissent à côté les uns des autres, un seul se trouve recouvert par tous ceux qui ont avorté. De là l'aspect étrange et inexplicable, 18 158 CRYPTOGAMES. mu premier abord de l'arcliégone, des Triclwcolea, Sytnphyogyna . Aneura, Pellia, Gymno mitrium. Quelquefois les archégones', avei ou sans leur périgone, naissent solitaires; le plus souvent ils sonl réunis par groupes. Mais, qu'ils soienl solitaires ou groupés plusieurs ensemble, ils peuvent être entourés par une réunion de feuilles légèrement modifiées; ces feuilles libres mi soudées prennent le nom île feuilles périchéliales, et forment par leur ensemble ce qu'on appelle le périchêze. Lorsque le périchêze et le périgone existent, il est toujours lacile de les distinguer l'un de l'autre. Le périchêze est l'enveloppe extérieure, le périgone l'enveloppe intérieure; mais lorsqu'il n'existe, comme dans beaucoup de Jungermannes, que l'une îles deux, coi ni rec aitre si c'est au périchèzt au périg qu'elle correspond ? Cette question qui se présente naturellement à l'esprit, est lacile a résoudre lorsqu'on se i appelle dans quel ordre se développent les divers orgi s de la reproduction des Hépatiques. Le périchêze, avons-nous dit, apparaît le premier: puis bientôt au centri aperçoit la coiffe avec 6on appendice styliforme au son I et son sporange dans son intérieur; le péri- g ne se développe qu'en dernier lieu, et même longtemps après la coiffe et le sporange. I.a question peut doue se transformer en celle-ci : l'enveloppe unique qui entoure les organes 'de la reproduction de la plupart îles genres des Jungermannes se développe-t-elle avant ou après ces organes? Si elle se développe auparavant, c'est un périchêze; si après, c'est un périgone. L'observation a montré «pie, dans les Calypogeia et les Harpanthus, il n'y a qu'un périgone et point de périchêze, taudis que, dans les Gymnomitrium, Sendtnera, Schisma, il n'y a qu'ifn périchêze et point de périgone. Les Nyctaginées, parmi les Phanérogames, ont aussi leurs orgi s de reproduction protégés par des enveloppes analogues au périgoi t au périchêze; dans le Mirabilis et le Calyxhyme- nia, par exemple, les pistils el les et aminés, réunis dans la même Heur, sont entourés par un périanthe, dont la partie supérieure se sépare de la partie inférieure, qui seule persiste autour du fruit. Mais dans les Calyxhymenia, plusieurs périanthes sont contenus dans unverticillede feuilles modifiées, c'est-à-dire dans un involucre, tandis que. dans les Mirabilis, chaque pé- rianthe a son involucre particulier. Le périanthe est donc à Pinvolucre ce que le périgone est au périchêze. Il faut bien se garder de croire que sans ce mode de procéder il soit possible, dans-certains ras, de décider si l'enveloppe unique qui existe est un périchêze ou un périgone. Toutes les lois que, dans la série des formes caractéristiques des êtres, de nouveaux organes apparaissent, ils sonl toujours d'abord moins nettement déterminés qu'ils ne le seront plus tard. Pour n'en citer qu'un exemple, les enveloppes Morales des Monocotylédones se distinguent-elles toujours clairement en calice et en corolle, comme dans les Dicotylédones ; n'y à-t-il pas des plantes, au contraire, et en grand nombre, telles que les Lis, l'Hémérocalle, etc., dans lesquelles cette distinction est difficile, pour ne pas dire impossible à établir, quelque nombreuses qu'aient été et que soienl encore les discussions des botanistes à ce sujet. Une autre considération 1 moins importante résulte de l'élude comparée des Hépa- tiques. Dans cet Ordre, nous observons pour la première lois des enveloppes pour les organes de la reproduction, quelque chose d'analogue au calice et à la corolle des Phanéroga s, ou pour prendre nos exemples dans des plantes moins élevées, quelque chose d'analogue au oérichèze et au périgone des Mousses; mais tandis que dans les Mousses ces deux organes ne manquent jamais ou presque jamais, dans les Hépatiques, au contraire, il est beaucoup de plantes dans lesquelles il n'existe que l'un des deux, et quelquefois même ni l'un ni l'autre, et cette absence ou cette présence sert à peine comme caractère générique. La con- clusion toute naturelle. C'est que, quand un organe se montre pour la première fois dans une famille, les caractères qu'on peut en tirer ont moins d'importance qu'ils n'en ont dans d'autres familles plus élevées. L'arcliégone, qui seul se développe dans les Triclwcolea, porte à son dos tous ceux qui ont avorté. De même le périgi est recouvert souvent dans son pourtour des feuilles périchétiales qui se sont soudées pinson moins avec lui; le Fossombronia pusilla nous en offre un exemple forl remarquable bans la Phanérogamie, nous retrouverons des ,-aits analogues. Nous rappellerons seulement ici l'ovaire de celle Campanule appelée Miroi- HÉPATIQUES. 139 de Vénus, sur lequel paraissent naître un grand nombre de feuilles modifiées ou bractées. Il existe aussi dans les Hépatiques des zoothèques : ce sont de petits corps celluleux, glo- buleux ou ovoïdes, et composés, dans les Jungermannes, où elles ont été récemment étu- diées par Gottsche, de deux membranes, l'une extérieure, formée par des utricules incolores, transparentes , sans granules à l'intérieur, et comparable à 1'épiderme des plantes supé- rieures; l'autre intérieure, formée par des utricules plus ou moins arquées en demi-lune, et contenant des granules jaunes ou rouges qui donnent aux zoothèques celle belle couleur qu'elles ont à la maturité. 6*5. 616. 6V7. Zoothèques et pliytozoaires de Gymnomitriura Hookeri. 648. Reboulia hemispli sel i< a. Cette double membrane renferme une matière visqueuse, que l'examen microscopique fail reconnaître comme composée d'ùtricules quadrilatères à parois extrêmement minces, et pou- vanl se séparer très-facilement. Dans chacune de ces utricules quadrilatères se trouve un petit corps filiforme enroulé en cerceau, et qui en s'agitant très-rapidement produit à l'inté- rieur de l'utricule un mouvement qu'on aperçoit facilement. A une certaine époque, les zoothèques se déchirent au sommet, cette matière visqueuse s'échappe pressée par la mem- brane interne qui se contracte, et si on la recueille sur une lame de verre légèrement humec- tée, on voit bientôt, avec le secours du microscope, les utricules quadrilatères se dissoudre, et mettre en liberté les petits corps qu'elles renfermaient. Ces petits corps se déroulent, et leur forme est plus facile à observer. Ce sont, en général, des filaments renflés à une extré- mité, et s'effilant graduellement jusqu'à l'autre. Ils s'agitent en sens divers, et ressemblent beaucoup à ces petits animalcules infusoires, tellement même qu'un grand nombre de naturalistes n'hésitent pas à les considérer comme de véritables animaux. Quelle est la position des arebégones et des zoothèques, soit sur les thalles des Hépatiques membraneuses, soit sur les tiges des Hépatiques foliacées? Dans les Hépatiques membra- neuses à substance homogène sur toute leur étendue, la position des arebégones et des zoo- thèques n'est point déterminée ; il suffit de jeter les yeux sur une Anthoceros pour se convain- cre qu'il n'y a aucun ordre dans les points où paraissent les organes de la reproduction. Cependant, dans les Marchandées, les chapeaux qui portent, soit les archégones, soit les zoo- thèques, naissent ordinairement du fond des échaucrures du thalle. Dans les Hépatiques membraneuses à nervure médiane, les archégones et les zoothèques se développent le long de cette nervure moyenne ou à son extrémité ( ex. Targionia) ; dans le Durixa, dont le thalle offre une nervure médiane verticale autour de laquelle s'enroule en hélice bipartie membra- neuse, les archégones naissent sur celle nervure médiane, tandis que les zoothèques sont enchâssées dans la paît ie membraneuse tout le long de ses contours. Enfin, dans les Hépatiques avec tiges et feuilles, les archégones et les zoothèques s'insèrent à l'extrémité de la tige ou à l'aisselle des feuilles. Les spores qui se développent dans les sporanges ne sont pas le seul moyen de reproduction des Hépatiques membraneuses; il y a, en outre, sur la face supérieure de leur thalle des godets membraneux, semblables (dans le Marchantia polytnorpha) à d'élégantes petites cor- beilles dont le bord serait découpé en dents aiguës. Ils contiennent des sporules vertes, charnues, oblong^es, comprimées, dont M. de Mirbel a étudié le développement. « L'apparition d'une corbeille, dit M. de Mirbel ( Mémoire sur le Marchantia polytnorpha), s'annonce par le soulèvement de la couche cellulaire la plus extérieure qui se détache du tissu sous-jacent, et se divise en dentelures convergentes, lesquelles formeronl bientôt le bord dé la Gorbeille. Si l'on coupe en deus cette corbeille naissante, dans un plan perpendiculaire à sa UO CRÎPTOGAMES. base, '■! qu'on en sépare une lame très-mince, on trouve à la surface du tissu sous-jacenl le? sporules, toutes bien jeunes encore, mais cependant à différents degrés de croissance. Dans les dernières nées, on ne distingue que deux utricules, l'une supérieure, l'autre inférieure. Celle- ci sert de pédoncule à la première. Elle n'éprouve aucun changement notable dans le cours de son existence. Celle-là est la sporule ou plutôt l'enveloppe ou l'espèce de matrice dans laquelle la sporule ne tardera pas à se produire. Cette ulricule est d'abord diaphane: plus avancée, sa transparence se trouble; des traces verdàtres se montrent et presque en même temps des linéaments si faibles, si peu arrêtés, que l'œil doute de ce qu'il voit jusqu'au moment où ces linéaments dessinent au net un tissu cellulaire, continu; et alors l'utricule, sur la paroi de laquelle s'est formé intérieurement ce tissu qui constitue la jeune sporule, s'évanouit sans qu'il en reste la moindre trace. I3i9- Corbeille de RIarclianlia polymorph; C50. Coupe longitudinale de celle corbeille. « K l'époque de la disparition de l'utricule, la sporule a la forme d'une palette oblongue; ses cellules contiennent de la matière verte ; par l'expansion de leurs parois, elles forment sur les faces et sur les bords des renflements hémisphériques ; elles sont disposées avec symé- trie, et il est facile de déterminer leur nombre. Dans un individu, j'en ai compté vingt-sept sur l'une des faces; dix-sept composaient la bordure; les dix autres, rangées en deux séries, remplissent l'intérieur. « La sporule continue de grandir. Son accroissement et la multiplication des utricules sont deux faits corrélatifs et simultanés. Les nouvelles utricules se développent entre les anciennes, il les écartent sans qu'il y ait solution de continuité. •( A l'époque où la sporule se détache de son pédicule, son grand diamètre est dans le sens le -;i largeur, ci' qui indique que les sucs nutritifs ont pris une nouvelle direction : ses deux cotés se développent en deux larges lobes plus ou moins arrondis, réunis à leur base. Elle n'a point d'épiderme distinct, point de chambre, point de papilles intérieures; ses deux faces sont toutes cellulaires et parfaitement semblables, et n'offrent rien de remarquable. j Il m'importait, ajoute M. de Mirbel, de savoir si, par l'effet d'une prédisposition orga- nique que du reste aucun caractère apparent ne révélait, les deux faces jouaient un rôle différent dans la végétation. Je semai à plat, sur de la poudre degrés, cinq sporules qui grandirent en peu de temps. Dans les cinq, la face appliquée sur le grès jeta des racines, l'autre face développa des stomates. Le résultat sur des centaines fut le même que pour les cinq. Donc, dans ce premier moment, les deux faces sont également aptes à produire des racines et des stomates, et les différences qu'elles offrent dans leurs développements résul- tent uniquement de la position où elles se trouvent. Mais, quoi qu'il arrive, cette aptitude se maintient-elle dans les sporules qui ont commencé à se développer?. .. Un matin je mis à plat sur de la poudre de grès bon nombre de sporules. Le lendemain, à la même heure, je les retournai toutes. Il y eut donc échange de position entre la face supérieure et la face infé- rieure, que je continuerai de qualifier ainsi, nonobstant le retournement. Vingt-quatre heures avaient suffi pour que la face inférieure produisit plusieurs racines dont quelques-unes avaient une longueur notable, et quoique cette face fût ensuite exposée à l'air et à la lumière, ces larmes s'allongèrent encore, se projetèrent en arc et enfoncèrent leur extrémité dans le sol. De son côté, la face supérieure poussa de nombreuses racines, surtout dans sa partie moyenne ANTHOCÉROTËES. Lit u Cependant les sporules allaient toujours croissant. En quelques jours je vis successive- ment les deux lobes opposés, qui d'abord étaient appliqués sur le sol, se soulever, se dres- ser, puis incliner leur sommet en dedans, et courbés qu'ils étaient, se porter l'un vers l'autre, se rencontrer, dévier un peu de leur direction première, l'un à droite, l'autre à gauche, comme pour se livrer passage, se côtoyer et finalement se croiser. La conséquence de cette évolution fut que la face supérieure se retrouva, sinon en entier, du moins en grande partie, en regard avec le ciel, malgré le retournement que je lui avais fait subir, et que bientôt elle se couvritdestoma.es... « La face inférieure que le retournement avait mise en dessus, et que l'évolution avait en partie remise en dessous, ne produisit point de stomates, même dans les places que la lumière frappait directement, poussa de partout des racines nombreuses quand elle se trouva dans l'ombre et l'humidité, et offrit en vieillissant des nervures relevées en bosse. « Ce qui caractérise essentiellement les deux faces est, pour la supérieure, la division en losanges, la présence des stomates et l'organisation interne qui s'y rattache : et pour l'infé- rieure, l'absence des losanges et des stomates, la multiplicité des racines et la saillie des ner- vures. La concomita