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BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
12, rue des Trois-Tètes, 12
1893
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TOME XVII
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BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
12, rue des Trois-ïètes, 12
1898
yVlEMOIRES
NOTES
MYCOLOGIQUES
PAR
E. DE WILDEMAN
NOTES MYCOLOGIQUES
Sur le genre LAGENIDIUM Sghenk.
Le genre Lacjenidium créé par Schenk en 1857, con-
tenait, jusqu'à ces derniers temps, six espèces. Toutes
étaient parasites d'algues d'eau douce, sauf une, parasite
de grains de pollen. Tout récemment, dans ses études
sur les zygotes (*), Klebahn a fait connaître sous le nom
de Lag. Syncitiorum, un parasite très curieux qu'il a
observé dans les cellules de VOedogonium Boscii Wittr.
Il n'a pu observer les oospores.
Au commencement de cette année, en examinant des
rhizoïdes de Mousses, j'ai eu l'occasion de trouver un
parasite singulier, qui se logeait à l'intérieur des cel-
lules encore vivantes.
Le thalle de ce champignon se présente sous la forme
d'une grande cellule boursouflée (pi. I, fig. 2-5), à pro-
tubérances nombreuses, irrégulières, remplissant sou-
vent presque toute la cavité de la cellule de son hôte.
Il peut arriver que certaines de ces protubérances s'allon-
gent et prennent l'aspect de filaments (pi. I, fig. 6-7).
(*) Studien iiber Ziiqoten II in Pringsh. Jahrbïïch. f. WissenschaflU
Bot., M. XXIV, Heft II, p. 263.
XVII 4
6 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Ce thalle ne paraît jamais se cloisonner, il ne paraît pas
non plus traverser les parois transverses des cellules du
rhizoïde.
Il est probable que la niasse se change entièrement
en zoosporange, on voit en effet certaines portions de la
cellule s'amincir à leur extrémité et venir s'appliquer
contre la paroi cellulaire qu'ils percent (pi. I, tig. 2).
C'est sans aucun doute par de pareilles extrémités que
doivent s'échapper les zoospores.
J'ai pu observer des thalles vivants, et j'ai même pu
suivre le développement d'une de ces protul)érances sous
le microscope, mais je n'ai pu réussir à conserver la
culture assez longtemps pour pouvoir observer la sortie
des zoospores.
Ce thalle possède donc un aspect comparable à celui
queZopfa figuré pour le Lag. entoplujtum dans la
planche II, figure 14, de son travail sur les Phycomy-
cètes (*). Les ligures de la planche I qui accompagne
cette note représentent cet aspect. Le thalle de la forme
que je décris ici, a d'ailleurs assez bien d'analogie avec
celui qui vit dans les zygospores ôes Spirogyra.
Les thalles vidés que l'on rencontre dans les rhi-
zoidcs, ont probablement donné naissance à des zoo-
spores qui ont été mises en liberté. Dans cet état, on
peut très facilement les retrouver dans les cellules nour-
ricières, grâce à leur contour persistant (pi. I, fig, 8-9).
Quand le thalle est encore gorgé de protoplasme,
il est en général difficile à apercevoir parce que le
protoplasme de l'hôte existe souvent encore, masquant
ainsi le parasite.
(*) Zur Kennluiss der Phycomijcelen, in Nova Acla d. Ksi. Leop.
CaroL. Deulsc/i, Ak. d. A'alit'rlursclicr, Bd. XI-VIl, n» 4, 1884.
MEMOIRES.
Dans les thalles privés de contenu, on trouve parfois
des corpuscules arrondis qui présentent des points bril-
lants. Ce sont peut-être des zoospores qui n'ont pu
s'échapper par l'ouverture du zoosporange ; je ne les ai
malheureusement observés que dans des échantillons
conservés dans la glycérine (pi. l, fig. 1).
Dans cet organisme naissent des organes reproduc-
teurs, de forme tout à fait spéciale. Il ne m'a pas cepen-
dant pas été possible de voir le mode de fécondation qui
doit donner naissance à ces organes.
Par ces caractères, ce nouveau champignon, paraît
venir se placer dans le genre Lagenidium.
Les oospores des Lagenidium, sont dans toutes les
espèces où elles ont été décrites de forme spliérique,
à membrane externe tantôt lisse, tantôt hérissée de nom-
breuses pointes.
Pour le champignon qui nous occupe en ce moment,
l'oospore n'est, au contraire, jamais ronde, mais nettement
elliptique. Elle peut bien parfois paraître arrondie, mais
c'est lorsqu'elle est vue par l'une de ses extrémités. Elle
est entourée par une membrane épaisse à contour
irrégulier, tout à fait spécial. Cette enveloppe est double
comme chez les autres espèces du même genre (pi. I.
fig. 10, 11.
Par les caractères généraux de son thalle, cette
espèce nouvelle se rapproche du Lagenidium py g maeum
Zopf, qui se présente aussi dans sa cellule nourricière,
sous la forme d'un sac boursouflé.
Le Lagenidium des rhizoïdes de Mousses se distingue
cependant immédiatement de cette espèce voisine, par
la forme de l'oospore, qui dans cette dernière est arron-
die à membrane lisse, tandis qu'elles sont elliptiques
8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
dans la nouvelle forme (pi. I, fig. 11). Très variables
de grandeur, elles mesurent d'ordinaire de 10 à 14 /^ de
large sur 20 à 50 /x de long. Elles sont parfois nom-
breuses dans une cellule du rbizoïde, j'ai pu en compter
jusqu'à douze.
Dans les rhizoïdes latéraux, dont le diamètre est assez
étroit, on les trouve échelonnés ; c'est dans ces circon-
stances qu'elles sont les plus étroites et les plus longues
(pi. I, fig. 10). Elles peuvent présenter dans ces cas une
longueur triple de la largeur. Le contenu de l'oospore est
légèrement granuleux et réfringent.
Malgré toutes mes recherches, je ne suis plus parvenu
à retrouver cette intéressante forme de champignon,
c'est ce qui m'a engagé à publier le peu de données que
j'ai pu réunir sur cet organisme. Peut-être d'autres
observateurs, seront-ils plus heureux que moi.
Pour rappeler les caractères des organes reproduc-
teurs, je propose de donner à cette espèce le nom de
Lagenidiiim? ellipticum.
On pourrait donc résumer ainsi la diagnose de ce
Lageuidiiim.
L. ELLIPTICUM Nob. — Thalle formé par une seule
celhile se boursouflant irrégulièrement, présentant des
prolongements à aspect filamenteux. A l'extrémité
des boursouflures coniques peut se former un col court
qui vient s appliquer contre la paroi de la cellule, aux
dépens de laquelle le parasite se nourrit. Zoospores et
oogones inconnus. Oospores elliptiques à membrane
irrégulière, épaisse, munie d'aspérités obtuses Inté-
rieur de l'oospore assez fortement réfringent et granu-
leux. Oospore d'environ 10 à 14 fx. de large sur 20 à /u, 30
de long.
MÉMOIRES. 9
Hab. — Dans les cellules des rhizoïdes des Mousses.
Jardin botanique de Bruxelles, Avril 1892.
Il n'est peut être pas sans intérêt d'essayer de grouper
les espèces qui appartiennent à ce genre et d'essayer de
faire une clef analytique pour la détermination de ces
champignons, d'autant plus que les ouvrages généraux
dans lesquels le genre Lageuidium a été traité sont
devenus incomplets.
Si l'on base les caractères distinctifs sur la forme des
oospores on arrive assez facilement à une dichotomie.
11 faut dire ici que le Lag. enecans décrit par Zopf (*),
et qui est parasite des Diatomées, possède, comme j'ai
pu l'observer des oospores arrondies à membrane épaisse
et lisse. M. Zopf ne parait pas avoir vu ces organes de
reproduction.
Voici le tableau que l'on peut ainsi former.
Genre LAGENIDIUM Schenk.
Oospores elliptiques. L.f elliplicu/n Nob.
Oospores arrondies. ' pi. 1.
Oospores à parois lisses.
Thalle constitué par une cellule
irrégulièrement renflée; pa-
rasite des grains de pollen. . L.pygmaeum Zopf
Ueb. einigc nied. Al-
genpilze, Halle 1887,
pi. I,lig. 21-59, pl.lF,
fig. 1-12.
Kennlniss. Pliyc, p. 154 en noie.
40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Thalle formé par des filaments
plus ou moins épais.
Parasite des D/rt/o»iées. L. enccans Zopf
Kcnntn. Pliycom.,
p. 134, Halle 188i.
Parasite des cellules végétatives
de Sjrirogijra. L. Rabenlioislil Zopf
Kennln. Phycom.. 1884,
p. 145, pi. 1, fig. l-:28,
pi. Il, fig. 1-9.
Parasite des zygospores de
Spirogyra. . . . L. gracile Zopf
Kenntn. Phycom.,
Ib84, p. 158.
Oospores à paroi munie "d'aspérités.
Parasite des zygospores de
Spirogyra. . . . L. entopliytiim7jO[>^,
Pringsh. Jahrb. f. wiss.
Botan. 1, XXI. Zopf,
Kennln. Phyc, 1884,
pi. Il, fig. 10-18, pi. III,
fig. 1-5.
Parasite des cellules d'Oedogo
nium L. Zopfii De W.,
Bull. Soc. belge microscopie,
t. XVI, p. 159.
De cette façon nous trouvons groupés ensemble les
Lag. pijgmacum, Lag. enccans, Lag. Rabcnliorslii et
Lag. gracile. Ces deux premières espèces sont en effet
très voisines, le col qui permet aux zoospores de
s'échapper est le même; le Lag. enccans présente une
tendance à transformer son thalle en filament. Il forme
ainsi le trait d'union entre les espèces à thalle, formé
d'une cellule boursouflée et celles à thalle filamenteux,
dont le type est à coup sûr le Lag. Hahenliorstii.
MÉMOIRES. 41
Quant au Lag. Sijncitmriim Klebahn, il ne peut se
classer dans ce tableau, puisque l'auteur n'a pu observer
les oospores. Il n'est pas impossible que ce ne soit la
même espèce que celle que j'ai observée et dénommée
Lag, Zopfii {*]. M. Klebahn a bien vu dans certaines
cellules de l'hôte des masses arrondies, à membrane
lisse; mais il ne peut assurer qu'il y a un lapport quel-
conque entre ces corps et le parasite désigné sous le
nom de Lag. Synciliorum. La particularité remarquable
que possède cet organisme d'empêcher la formation de
la cloison est néanmoins très inléressante.
Il
Rhizophidium marinum n. sp.
Parmi les quelques Cliijtridiacées intéressantes que
j'ai eu l'occasion de trouver, je dois citer un parasite de
végétaux marins. J'ai observé cette forme au commence-
ment de 1892, sur des Diatomées du genre Melosira.
Elle s'est développée en grande abondance sur ces Dia-
tomées, qui avaient elles-même envahi les aquariums
d'eau de mer de l'Institut botanique.
Elle est constituée par des cellules arrondies, à
contenu granuleux; le diamètre, assez variable suivant
l'âge, mesure de 7 à 15 fx. Les rhizines me paraissent
bien peu nombreuses, et dans bien des cas même il
était impossible d'en apercevoir.
Je n'ai pas eu l'occasion d'assister à l'ouverture
d'un des sporanges. Une seule cellule de la Diatomée
Bull. Soc. b. microscopie. t. XVI, p. 159.
-12 SOCIÉTÉ BELGE DE WICROSCOPIE.
supporte souvent un grand nombre de parasites.
Par ses caractères, celle Chijtiidiacée paraît voi-
sine du lUiizophiclwm globosimi (Braun) Schrôler, qui
est assez commun sur les Dialomces d'eau douce.
11 ne m'a pas paru sans intérêt d'attirer l'attention
des botanistes sur cette espèce à laquelle on pourrait
donner le nom de Bliizopliidium marinnm nob.
C'est la première forme de ce genre que l'on liouve
signalée sur des végétaux marins; les Chylridiacées
marines ne sont d'ailleurs pas très nombreuses, et en
général peu connues.
lïl
SUB QUELQUES « CHAMPIGNONS » PARASITES DANS LES RACINES
DES « Phanérogames ».
Les parasites qui vivent dans les tissus des racines
n'ont pas été l'objet d'un bien grand nombre de rccber-
ches. Leur étude d'ailleurs n'est guère aisée, on
n'observe que rarement le cycle complet du développe-
ment d'un des cbampignons, et en général même on ne
trouve que des étals non fructifies et ceux-ci ne per-
mettent aucune détermination.
J'ai eu l'occasion d'observer ainsi un e;rand nombre
de formes appartenant à des groupes divers de cham-
pignons, que leur état incomplet n'a pu faire rapporter à
des genres connus.
Dans le groupe des Chylridiacées, dont le cycle d'évo-
lution est assez simple, nous ne trouvons jusqu'à ce jour
que fort peu d'espèces, vivant dans les tissus des racines.
MEMOIRES. IH
Parmi les auteurs qui ont étudié spécialement ces
parasites. Il faut citer Woronin. Dans sa remarquable
étude sur le Plasmadiopliora Brassicae, ce curieux
Mijxomijcèie qui détermine des renflements sur les
racines des choux et modifie la structure cellulaire, il a
signalé un Clujtridium Brassicae. Les auteurs récents
ont fait rentrer cette espèce dans le genre Olpidhim sous
le nom de Olp. Brassicae.
En 1884, Borzi décrivit sous le nom de Bliizomyxa
un parasite qui appartient également au groupe des
Chyiridiacées. Ce champignon vit dans les poils et dans
les cellules du tissu des racines d'un assez grand nombre
de plantes phanérogames.
Fischer a le dernier écrit sur cette espèce dans son
travail sur les Pliiicomycèles, qui fait partie de la « Kryp-
togamen Flora « de Rabenhorst. A l'article Rliizomijxa
il émet quelques observations déduites des études
qu'il a* pu faire sur ce champignon. D'après Fischer, le
Bliizomyxa tel que le comprend Borzi, n'est pas une
espèce, mais un ensemble de formes appartenant à des
genres difïérents.
Du fait que dans une même racine, dans une même
cellule parfois, on rencontre des productions végétales
différentes, il ne faut pas déduire qu'elles sont des
stades de développement d'une seule et même espèce.
L'on ne connaît pas suffisamment les végétaux de ce
groupe pour pouvoir faire de pareils rapprochements. Il
vaut mieuxdansl'état actuel de nos connaissances décrire
les formes que l'on observe et les dénommer, quand elles
ne peuvent rentrer dans le cycle d'une espèce connue.
Pour pouvoir indiquer les stades de développement,
1 faut cultiver l'espèce et la suivre sous le microscope.
U SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Si cela a pu être fait pour certains parasites d'algues ou
d'autres champignons; cela n'a pas encore été t'ait pour
les parasites des tissus d'organismes supérieurs, l'on
se heurte ici à plus de difficultés.
Pour les Cluflrid lacées, les deux espèces citées plus
haut sont les seules que l'on trouve relevées comme habi-
tant des tissus de racines. Ayant trouvé au commence-
ment de l'année 1892, dans les cellules des rhizoïdes
des Mousses, un parasite qui présentait une vague res-
semblance, avec le Rliizomyxa tel qu'il est figuré par
Borzi (*), je voulus rechercher le champignon de cet
auteur dans les tissus des plantes supérieures, pour voir
s'il V avait concordance entre les deux formes.
Tout d'abord je n'ai pas trouvé le Rhizomijxa, mais
j'ai eu par contre la chance d'observer toute une série
d'autres parasites dont quelques-uns constituent des
types assez curieux.
Devant interrompre pendant quelque temps mes
observations sur ces organismes inférieurs, je passerai
en revue successivement, les différents champignons
que j'ai rencontrés. Je décrirai les formes qui m'ont
paru nouvelles, afin d'attirer l'attention des mycologues
sur l'intérêt que peut présenter l'étude des racines au
point de vue des Cliylridiacées.
Les parasites observés appartiennent au groupe des
Clujtridlacées proprement dites et au groupe voisin des
Prolnmy cèles.
Les racines examinées ont été celles du Brassica ole-
racea, Brassica napus, Brassica (var. cuit.), Thlaspi
arvense, Capsclla hitrsa-pastovis, LimoscUa aqualicay
Graminées à divers états de développement, toutes ces
Bonzi, RhizDimjxa niiovo Ficomicelc. Messiiia 1881.
MÉMOIRES. IS
plantes provenant du Jardin botanique; de Graminées,
croissant dans des pots de fleurs des serres tempérées.
Enfin les parties souterraines des Plantago Psyllium,
Veronica longifolia (jeunes plantules) et de Graminées
croissant dans des pots ou parmi les Mousses à l'institut
botanique.
Dans i'énumération qui suit, je suivrai l'ordre adopté
par Fischer dans le travail dont j'ai parlé plus haut.
CHYTRIDIACEES
Gen. OLPIDIUM Braun.
Dans la « Kryptogamen Flora von Deutschiand » de
Rabenhorst (*), Fischer, classe les espèces du genre Oipi-
dium suivant leur habitat; les formes qui vivent dans
les cellules des phanérogames sont d'après cet auteur au
nouibre de trois. Ce sont O.Lemnae ¥m]h,0,Brassicae
(Woron.) Fisch., 0. simnlans DBy et Woron.
L'article publié par Schrôter sur les Cliijtridiacées
dans les « Natùrlichen Planzenfamilien » (**) indique
une quatrième espèce sous le nom de 0. trifolii (Pass.)
Fisch. Cette espèce vit dans les cellules épidej-miques
du Trifolium repens.
Fischer la range dans le genre Syncliitrium , c'est
sous le nom de S. tri/olii que celte espèce a été décrite
par Passerini (***].
O Bd. IV, Pliycomycelen. p. 28.
n Engler et Prantl, toc. cit., livraison 76, p. 68.
(•■*) Fischer, loc. cit., p. 51,
16 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Olpidium brassicae (Woron.) Fisch.
(Woron. Plasmodiophora Brassicae, Pringsh. Jarhr-
buch II, p. 557, pi. XXXI, fig. 12-18.)
PI.II, fig. 1-6,7-8, 17-25.
Cette forme a été décrite comme nous l'avons vu plus
haut en 1878 par Woronin sous le nom de Clujtridium,
c'est Fischer qui l'a fait passer dans le genre Olpidium.
Lorsque l'on examine des racines de Brassica, il n'est
pas rare d'y trouver ce parasite; il se présente comme
l'a décrit Woronin, sous l'aspect de zoosporanges arron-
dis. Ceux-ci ont un diamètre qui varie de 14 à 20 /^.
Ces zoosporanges sont munis d'un col très variable en
longueur. Tantôt il traverse les parois de plusieurs cel-
lules et peut acquérir ainsi une longueur quintuple de
celle du diamètre du zoosporange. Tantôt il est presque
nul. Je n'ai pas observé de cols aussi longs, en général
les 0. lirassicae, que j'ai trouvés étaient localisés dans
les cellules épidermiques de la racine, et le col était
relativement court. Le col du zoosporange est ordinai-
rement un peu courbé comme cela est figuré dans
quelques dessins de Woronin et dans notre pi. II.
liii 2 5 6
On observe aussi dans ces mêmes cellules, des para-
sites qui se rapportent peut-être à la même espèce, mais
ils sont dépourvus de col. L'ouverture du zoosporange
se fait par une espèce de pa[)ille, qui perce la membrane
de la cellule nourricière. On trouve souvent ces Olpi-
diums en grand nombre serrés les uns contre les autres,
comme le montre la lig. 7, pi. IL II n'est pas impos-
MÉMOIRES. n
sihle que cette forme appartienne à une autre espèce.
Cette figure se rapporte d'ailleurs à un parasite des
racines du Capsella bursa-pastoris. Je l'ai également
retrouvé dans des cellules du tissu des racines de Gra-
minées provenant du Jardin botanique, (pi. II, fig. 8).
Le peu de caractères distinctifs de ces zoosporanges
les fait ranger dans le groupe de VO. Brassicae.
Les zoospores que j'ai observées provenaient des
0. Brassicae typiques, elles concordent avec la descrip-
tion et les figures de Woronin.
Les spores durables ont été également décrites par
Woronin. Cet auteur n'a pas cependant pu suivre les
transformations par lesquelles passe ce parasite avant
d'arriver à ce stade de repos. Il a déduit du fait que le
zoosporange et la spore durable se trouvaient côte à côte
dans les mêmes cellules, la conclusion que celles-ci
devaient dériver de celles là. Ni Woronin, ni les auteurs
qui ont observé \0. Brassicae ne nous donnent la
grandeur de ces spores durables.
J'ai eu l'occasion d'observer dans les cellules de la
racine de jeunes plantes de Z^rf/isica oleracea, des glo-
bules d'aspect identique à celui décrit et figuré par
Woronin. Les fig. 18, 20, 21 de la pi. II, représen-
tent assez imparfaitement cet état.
Ces spores durables? sont légèrement jaunâtres à
membrane assez épaisse, présentant un double contour;
ce dernier est irrégulier bosselé. L'aspect général est
vaguement étoile à pointes obtuses. Elles sont remplies
de protoplasme, et possèdent dans leur intérieur un ou
plusieurs corps réfringents, dont un est toujours prépon-
dérant. Ces spores ont de 7 à 10/xde diamètre, elles sont
donc plus petites que les zoosporanges.
18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Si l'on fait des préparations microscopiques des tissus
qui contiennent ces parasites, si on les monte dans
la glycérine les zoosporanges se retrouvent facilement ;
ils ne sont pas du tout altérés. Mais on est très étonné
de ne plus revoir du moins avec leur forme primitive
les spores durables qui se trouvaient dans la prépa-
ration. Au commencement de mes recherches, j'ai été
assez surpris de ne plus retrouver les spores en ques-
tion, je trouvais bien dans les celulles de petits amas de
protoplasme coagulé à contour très irrégulier, mais ils
ne paraissaient avoir aucun rapport avec les spores
durables.
Je suivis alors sous le microscope l'action de la glycé-
rine. En partant d'une préparation à l'eau de laquelle
j'ajoutai au bord de la lamelle une goutte de glycé-
rine, je vis la spore durable au fur et à mesure que la
glycérine diffusait dans le liquide, diminuer de volume.
Puis tout le contenu se ratatine; une partie de la mem-
brane épaisse que l'on observe sur la spore fraîche parait
suivre le retrait occasionné par la plasmolyse, tandis
que la couche externe prend une forme sphérique. Cette
dernière enveloppe très mince, est parfois peu visible,
elle parait même quelquefois absente.
On ne comprend pas bien, si l'on a vraiment affaire à
une spore durable, conservatrice de l'espèce, que
l'action de la glycérine soit si énergique, alors que sur
les sporanges jeunes l'action plasmolysante du même
réactif est si peu accusée.
Les fig. i9, 2:2, :25, 25, nous représentent des spores
durables après l'action de la glycérine.
Woronin n'a pas observé la germination de cette
spore durable, je n'ai pas pu suivre non plus son déve-
MÉMOIRES. -19
loppement. Woronin n'a donc pas prouvé d'une manière
certaine que cette spore durable appartient bien au cycle
d'évolution de VO. Brassicae.
Je crois que cet organisme est différent de ce que
l'on doit dénommer 0. Brassicae; de nouvelles recher-
ches sont donc à faire sur ces formes avant de pouvoir
décrire le mode de vie de cette dernière espèce.
Si donc les différents Olpidiiims que nous avons
décrits dans ce paragraphe, formaient une espèce, son
habitat n'est pas localisé aux choux. Le parasite se ren-
contrerait dans les cellules des racines d'autres Cruci-
fères, dans celles du Capsella bursa-pastoris et même
dans des racines de Graminées.
Olpidium borzu sp. nov.
PI. m, fig. 7-48.
Sous ce nom, je signalerai une espèce de CInjtridiacée
que j'ai observée dans les racines du Brassica oleracea,
et du Capsella bursa-pastoris.
Dans sa forme générale elle se rapproche de l'O. Simu-
lans de De Bary et Woronin ; elle en diffère par son
habitat.
L'espèce de De Bary et Woronin habite les cellules
épidermiques des jeunes feuilles de Taraxacum. Notre
0. Borzii n'est peut-être qu'une forme souterraine de
l'espèce créée par les deux auteurs cités plus haut.
Les zoosporanges de l'O. Boi^zii sont assez variables.
Ils présentent en général la forme d'un ellipsoïde plus
ou moins allongé.
Dédié à M. BoRZi, directeur du Jardin botanique de Palerme.
20 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Leur diamètre mesure environ \Q ju; la longueur
du zoosporange oscille entre deux et sept fois la lar-
geur.
Le parasite se loge dans les cellules des différents
tissus de la racine qu'il a une fois envahie. Il occupe
cependant de préférence, les cellules épiderniiques et les
poils radicaux.
Dans ces derniers l'on observe parfois des séries de
deux zoosporanges ou plus disposés à la file.
L'émission des zoospores se fait par un ou plusieurs
cols, tantôt droits, tantôt recourbés; courts ou assez
longs. Les plus longs que j'ai observés avaient 16 z-^-
environ. Lorsque le col par lequel s'échapperont les
zoospores est unique il se trouve en général, disposé
vers le centre de la cellule, plus rarement à l'une de ses
extrémités. Si le zoosporange possède deux cols ils sont
placés chacun à une extrémité de la cellule. Quand le
parasite est très allongé, il existe parfois une troi-
sième sortie pour les zoospores, située vers la partie
centrale de la cellule.
La fig. 17, pi. III, représente un pareil Olpidlum;
il se trouvait dans une cellule de la racine d'un Cap-
sella.
Les zoospores très nombreuses qui naissent dans ces
cellules sont elliptiques; elles sont animées d'un mou-
vement très rapide. Elles présentent en leur centre un
globule réfringent, et sont munies d'un seul cil dirigé
en avant comme c'est le cas ordinaire chez les CInjlri-
diacées. Je n'ai pu les mesurer.
Je n'ai ni observé de spores durables, ni suivi le déve-
loppement d'une zoospore.
MÉMOIRES. 'Si
ASTEROCYSTIS RADICIS IIOV. geiî . , HOV. Sp.
PI. III, fig. 1-6, 19.
Ce nouveau nom s'applique à l'état de repos d'un
organisme qui appartient fort probablement au groupe
des Cliyt7ndiacées. Je place cet organisme à la suite du
genre Olpidium parce que, l'état de repos seul a été
observé, et se rapproche le plus au point de vue de la
forme, des spores durables de ce genre.
Ce parasite est très commun; je l'ai rencontré dans
presque toutes les racines que j'ai examinées, il y en
avait fort peu exemptes de cet organisme. Parmi
celles-là se trouvaient entre autre des racines de Senecio
vulgaris, qui ne présentaient pas trace de parasites.
Les Asterocijstis sont des cellules arrondies ou ellip-
tiques, à membranes munies d'aspérités, dues probable-
ment au retrait de certaines portions de cette mem-
brane. L'aspect de la cellule représente aussi vague-
ment celui d'une étoile. Cette étoile est entourée d'une
ligne qui parait continue. Le centre de la cellule est
occupé par un globule globuleux ou ellipsoïdal, assez
réfringent.
J'avais d'abord cru voir dans cette cellule, la spore
durable de VO. Brassicae, mais en examinant avec
soin, je me suis convaincu qu'il n'y a pas la moindre
analogie entre ces deux spores durables. Dans celle de
VOlpidiîim, le protoplasme remplit toute la cavité cellu-
laire comme nous l'avons vu plus haut, il existe un glo-
bule brillant à l'intérieur et le contour est irrégulier.
Dans notre forme, le globule central occupe une assez
grande portion de la cellule mais pas la totalité de la
XVII 2
22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
cavité, il est légèrement granuleux et réfringent. Il est
séparé de la memi3rane et celle-ci présente dans son con-
tour extérieur une ligne continue sans aspérités.
Les fig. i8, 20, 21 de la planche II, et '5 à 6 de la
pi. III examinées comparativement, feront d'ailleurs
saisir les différences fort nettes qui existent entre ces
deux organismes.
Suivant la grandeur de la cellule dans laquelle se
trouvent les parasites, et suivant leur nombre dans
chaque cellule, la grandeur et la forme des Asterocijslis
variera. Lorsqu'ils sont uniques ou peu nombreux dans
une cellule relativement grande, ils seront globuleux.
Si la cellule est relativement petite, rectangulaire en
coupe, l'un des diamètres de la Clujlridiacée acquerra
une plus grande longueur. Si les parasites sont nom-
breux dans une même cellule, les Asterocystis seront
en général globuleux. Une cellule contient parfois dix
cystes, elle peut même en contenir davantage.
Dans les formes ellipsoïdales, la longueur du cyste
peut dépasser quatre à cinq fois sa largeur. Cette der-
nière est assez variable, les cystes les plus petits que j'ai
observés avaient 18 /x environ, les plus grands 55 /u.
Celte spore durable?, se loge indifféremment dans
toutes les cellules de la racine, aussi bien dans l'épi-
derme et les poils radicaux que dans les tissus sous-
jacents. On peut trouver des radicelles encore très
jeunes, dont les cellules sont déjà envahies'par ces Asle-
rocyslis.
La fig. 19 pi. III, nous montre une cellule épider-
niique ayant formé un poil, la cellule possède en son
intérieur six parasites, le poil lui-même deux. Cette
figure représente une cellule épidermique d'une très
MEMOIRES.
jeune racine de Graminée provenant des serres tempé-
rées du Jardin botanique. La figure 1 de la même plan-
che montre trois cellules successives remplies chacune
d'Asterocijstis; ce sont des cellules de la racine d'une
plantule de Plantago psylUum, provenant de cultures
faites à l'Institut botanique.
La glycérine n'a aucune action plasmolysante sur ce
parasite; les préparations microscopiques conservées
dans ce milieu, sont très comparables à celles que l'on
étudie sur le frais. Le contenu cellulaire seul devient
un peu plus réfringent.
Je n'ai pas eu l'occasion d'observer la germination de
ces cystes, je ne sais donc à quelle forme les rattacher,
c'est ce qui m'a engagé à les décrire sous le nom d'Aste-
rocystis afin d'attirer l'attention des botanistes sur ces
organismes.
J'ai trouvé ces cystes dans les racines des plantes sui-
vantes :
hrassica oleracea, Brassica (choux ^ommé), Brassica
Napiis, Capsella biirsa-pasloris, Tlilaspiarvense, Plan-
tago psylliiim, Veronica longifoliay Limosetla aqitatica
et de plusieurs Graminées.
Pleotrachelus radicis nov. sp.
PI. 111, fig. 20-25.
Le genre Pleotrachelus a été créé en 1889 par Zopf,
dans son travail (.<.Zur kenntniss der Phycomyceteny^ {*).
La forme qui avait amené Zopf à créer ce nouveau genre
In Nov. Acta Caes. Leop. CaroL Nul. Cur. Bd, 47, p. 173, pi. XVI,
fig. 2S-36.
24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
avait été rencontrée par lui dans les gemmes du Pilobo-
lus cristallinus. Le zoosporange seul organe que Zopf
ait trouvé, occasionne des transformations qui donnent
à cet organe du champignon, une forme très différente
de celle qu'on lui connaît ordinairement. Ce parasite est
constitué par un sporange globuleux détaille variable,
muni d'un plus ou moins grand nombre de cols par
lesquels s'échappent les zoospores.
En examinant au point de vue de leurs parasites végé-
taux des racines de Thlaspi arvense, j'ai été très étonné
d'y rencontrer un parasite qui avait la plus grande res-
semblance avec le Pleotraclielus fulgens Zopf.
Le parasite que je désigne sous le nom de Pt. radicis
se compose d'une cellule globuleuse ou ovoïde. Cette
cellule est munie d'un grand nombre de protubérances,
ouvertes à leur extrémité. Elles paraissent analogues
aux cols figurés et décrits par Zopf dans le PL fulgens.
Le nombre des cols de notre parasite paraît être beau-
coup plus considérable que celui indiqué par Zopf,
même dans les cas où le parasite en est relativement
peu fourni.
Par analogie avec la forme de Zopf, j'appellerai cet
état, zoosporange, quoique je n'ai jamais pu voir à l'in-
térieur de la cellule des zoospores; je n'ai donc pu les
voir sortir.
La membrane très épaisse du zoosporange, et les cols
épais, eux aussi, sont colorés légèrement en jaune.
Le contenu de cette cellule, observée dans l'eau se
présente sous la forme d'une sphérule qui occupe le
centre, celte masse conservée dans la glycérine ne varie
pas d'aspect, elle est un peu plus réfringente que dans
l'eau (pi. III, fig. 20-25).
MÉMOIRES. 25
Le diamètre du PL radicïs est assez variable, les
parasites que j'ai observés ont une largeur de 63 /x à 80/Ci.
Certaines racines de ces Tlilaspi sont littéralement
bourrées de ces zoosporanges ; ils occasionnent par leur
grandeur des boursouflements de la racine, dont ils
écartent les tissus, faisant changer de direction les fais-
ceaux fibro vasculaires.
Je n'ai pas suivi la série des transformations précé-
dant la formation de ce zoosporange, ni celles qui
suivent.
On trouve cependant dans ces mêmes racines, cer-
taines cellules globuleuses à contenu granuleux, et à
membrane épaisse et lisse. Ces cellules sont peut-être
des stades jeunes du parasite que je viens de décrire.
Rhizomyxa hypogaea Borzi.
(Rliizomyxa, nuovo Ficomicete. Messina 4884.)
Pi: 11, fig. 9-16.
Comme nous l'avons vu plus haut, c'est à Borzi que
nous devons la connaissance de ce genre nouveau.
Fischer est le seul qui à ma connaissance ait eu l'occa-
sion de retrouver cette espèce et de l'étudier; le résultat
de ces recherches a été de faire quelques objections au
genre et à l'espèce de Borzi (*). Pour Fischer en effet le
Rliizomijxa est constitué par un ensemble de formes;
ce que Borzi décrit comme stades agames et sexuels de
sa Cliijlridiacée, seraient des représentants de Cham-
pignons différents appartenant aux groupes Clujtridia-
cées. Un coup d'œil jeté sur les planches qui accom-
(') Fischer, loc. cit., p. 67.
26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
pagnent le mémoire de Borzi, fait voir en effet des
dessins qui paraissent devoir se rapporter à des espèces
très diff'érentes.
Ainsi la fig. 4 de la pi. I, nous représente un Olpi-
diîim, et les fig. de la pi. II devraient être rapportées à
un Olpidiopsis. Les fig. 1-5, et 5-14 de la planche I,
seraient donc les seules qui se rapporteraient d'une façon
cei'tainc au Rliizomyxa Injpogaea, espèce d'ailleurs
encore fort peu connue.
Comprise ainsi ce Champignon est constitué par une
masse protoplasmique paraissant privée de membrane;
cette masse remplit en général toute la cavité cellulaire,
mais on peut la rencontrer aussi sous forme de masses
plus ou moins arrondies.
La totalité de la masse protoplasmique, se change en
sporangiosore ou en cystosore. Borzi a observé ces deux
sortes d'organes reproducteurs. Il a eu l'occasion de voir
la sortie des zoospores, et a pu ainsi étudier la forme de
ces dernières. Quant au cystosore, il ne sait ce que les
petites cellules qui les composent deviennent dans la suite.
Cette Cliijlridiacée se rapproche ainsi beaucoup de
celle queCornu a fait connaître sous le nom de Woronina;
les espèces connues de ce genre possèdent un cycle
d'évolution très semblable.
J'ai observé ce parasite à l'état de sporangiosore dans
les cellules des racines d'un certain nombre de Grami-
nées; de jeunes plantules croissant parmi des Mousses à
l'Institut botanique étaient surtout fortement attaquées
par ce parasite.
Je n'ai eu l'occat-ion d'observer que l'état où la masse
protoplasmique ne présente pas encore de modification
en son intérieur en vue de former des zoosporanges, et
MÉMOIRES. 27
celui ou ces derniers sont bien délimités. Certains
parasites que j'ai pu voir paraissaient se trouver dans un
état intermédiaire, mais cet état était plus près du stade
définitif que du stade initial (PI. II, tig. i2).
Les cellules affectées par le parasite se reconnaissent
facilement de leurs voisines, leur contenu est plus com-
pact, d'aspect grisâtre; dans les cas observés les vacuoles
sont assez nombreuses mais de petite taille.
Les masses protoplasmiques sont de taille variable
suivant la grandeur des cellules au détriment desquelles
elles vivent. Tantôt leRliizomyxa remplit toute la cellule,
tantôt une portion seulement; dans ce dernier cas le
protoplasme du reste de la cellule parait avoir disparu.
A l'état de sporangiosore, on trouve tout naturelle-
ment ou des cellules remplies de petits zoosporanges
dont doivent s'échapper les zoospores, ou seulement de
petits amas de ces mêmes cellules.
Le Wiizomyxa occupe indifféremment toutes les cel-
lules des tissus de la racine, qui sont externes au
cylindre central. On en rencontre dans l'épiderme
comme dans le tissu sous-jacent, je n'en ai cependant
pas observé dans les poils radicaux. Les petites cellules
qui dérivent de la fragmentation de la masse protoplas-
mique ont environ 5/x de diamètre.
Ce parasite a été signalé dans les racines d'un grand
nombre de plantes. Borzi indique les espèces suivantes :
Agroslis alba, Aira Cupaniana, Anagallis arvensis,
Bartsia Trixago, Biscutella lijrata, Borrago o/ficinalis,
Briza maxima, Calendida arvensis, CampamUa diclio-
tomciy Capsella Biirsa pastoris, Cerastium glomeratum,
Chenopodium urbicum, Delpliiniiim longipes, Erigerou
canadensis, Fedia Cornucopiae, Lamium amplexicaïUe,
28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Linaria reflexa, Lotus ornitliopodioïdes, Medicago tri-
buloïdes, Foa annua, Polycarpon telraplujllum^Selaria
glmica, Silène colorata, Stellaria, média, Trifolium
resiipinatiim. A cette liste déjà longue Fischer ajoute :
Triglochin palustre, Juncus Gerardi et Ranunculus
sceleratus {*).
l»R0T01iYCETACEES
Protomyces radicicolus Zopf.
PI. II, fig. 26-28, PI. III, fig. 26-50.
Le genre Protomxjces Unger, comprend une assez
nombreuse série d'espèces, vivant en parasite au détri-
ment des tissus de la feuille ou de la tige de Phanéro-
games.
Berlese et De Toni dans le Sylloge fungorum de Sac-
cardo (**)ont relevé dix-neuf espèces. Ces dix-neuf espèces
d'après la diagnose du genre seraient toutes foliicoles.
La dix-neuvième habite cependant les racines du Poa
anima, et en suite de ce genre d'habitat elle a été dénom-
mée Protomyces rliizobius par Trail qui l'a découverte.
Une autre espèce radicale a été décrite par Zopf
en 188i, elle manque dans le Sylloge, c'est le Proto-
myces radicicolus, qui a été trouvée dans les racines du
Stiftia chrysanlha.
Je ne connais l'espèce de Trail que par sa description
dans le Sylloge (***), je n'ai pu me procurer le travail origi-
Fischer, loc. cit.. j). 69.
O Saccardo, SiiUoçfe lunuorum, vol, VII, p. 319.
(•") Saccardo, loc. cit., p. 522.
MEMOIRES. 29
nal dans lequel cette espèce a été signalée pour la pre-
mière fois. La description du Sylloge est trop courte
pour pouvoir arriver à une conclusion quelconque rela-
tivement à ces deux espèces, il n'est cependant pas
impossible que ces espèces n'en forment qu'une. Trail a
signalé en 1891, le même Protomyces à Dec (Old Aber-
deen], dans les racines du Poa anima (Trans. of the
crypt. soc. of Scotland, Jan. 1891).
J'ai eu l'occasion de trouver dans les racines de Limo-
setla aqiiatica, une forme de Champignon entièrement
comparable à celle que nous trouvons figurée par Zopf (*).
C'est donc sous le nom que Zopf a donné à ceProtomijces
que je signalerai l'espèce observée.
Ce parasite se présente sous la forme d'un mycélium
relativement mince, de 4 à 7 /x environ de diamètre.
11 circule entre les cellules du tissu en écartant les
parois cellulaires. Le mycélium est cloisonné et demande
quelque attention pour pouvoir être suivi dans les
tissus. 11 vient de l'extérieur de la racine.
On peut suivre à la surface de la racine, le trajet des
filaments du champignon; ils viennent s'accoler contre
les parois cellulaires, tout en se ramifiant, et pénètrent
dans l'intérieur de la racine entre deux cellules qu'ils
écartent et on les voit alors se ramifier richement(pl. Ilï,
fig. 26, 1^).
A l'intérieur de la racine, les filaments mycéliens
s'anastomosent. Ce n'est en général que dans le paren-
chyme entourant le cylindre central, que le parasite se
développe abondamment. Par ci par là, le mycélium
pousse dans les cellules de petits prolongements, par
lesquels se fait la nutrition; ces suçoirs ont été figurés
Zopf, loc. cit.
XVII 3
30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
par Zopf (*]. On les retrouve également dans d'autres
espèces du même groupe [Mclanotaeniiim endogenum
D. By in Beitr. z. Morpliol. und Plnjsiol. d. Pilze,
V, pi. IV, fig. 27, 88).
A l'extrémité ou dans une portion quelconque du fila-
ment, qui se renfle, se forment les spores. Si ces der-
nières apparaissent à l'extrémité, elles sont en général
globuleuses, à membrane épaisse et colorée en jaune, le
contenu est plus ou moins réfringent. Quand la spore
naît d'une façon intercalaire, elle est ellipsoïdale ou ovale,
terminée en pointe plus ou moins forte à cbaque extré-
mité. On rencontre souvent aussi des sporanges bosse-
lés et de forme très irrégulière.
Ces sporanges dont les diamètres sont très variables
écartent les cellules, des tissus entre lesquels ils ont pris
naissance. Ils finissent ainsi par amener la disjonction
des cellules qui entourent le cylindre central, et par
occasionner la mort de la racine.
J'ai trouvé des sporanges de 28/xdc diamètre et globu-
leux, d'autres dont la longueur était triple de la largeur;
j'ai pu en obseryer qui avaient jusqu'à 51 /x de large.
La forme qui a été décrite par Trail, possède des spo-
ranges dont le diamètre varie de 50 à 55 /x. La germi-
nation de cette spore, n'a pas été observée par Zopf,
Trail ne paraît pas l'avoir vue non plus; je n'ai pas été
plus lieureux que ces deux auteurs. On ne sait donc pas
encore jusqu'à ce jour, si la multiplication de cette espèce
se fait comme cliez le Protomyccs niaa^osjwrus Unger,
si bien étudié par De I>ary et Woronin.
Bruxelles, décembre 1892.
(*) Zopf, Ioc. cil. pi.
^
Société Belge de Miavscopie . Tome XI Vf
ri. /
Ann. Soc.Bel^e de jVVicroscopie, Ixvir.Pl.H
t5
^
4-
r>
10
E deWildemfln cicL.Ticxt.cieiin
Ann. Soc.Beic^e de /4icro6copie, l.XviT.Pl. m.
E . dç^ildeman a.cl. nal.clelin.
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE I
Lagenidium ellipticum Nab.
FiG. 1. — Thalle vidé, il reste des masses globuleuses qui repré-
sentent peut-être des zoospores.
FiG. 2. — Thalle ayant poussé des protubérances vers l'extérieur.
FiG. 3-5. — Différents aspects du thalle.
FiG. 6. — Thalle avec oospores, et avec une portion filamenteuse.
F:g. 7. — Thalle devenant filamenteux.
FiG. 8-9. — Thalles dépourvus de leur contenu.
Fig. 10. — Rhizoïde latéral avec deux oospores plus fortement
grossies.
Fig. 11. — Oospore assez fortement grossie.
PLANCHE II
Fig. 1-6. — Différents aspects présentés par VOlpidium Bras-
sicae.
Fig. 1-4. — Parasites des racines du Chou pommé, la figure 1
nous montre un zoosporange à col relativement court.
Fig. 7-8. — Aspects sous lesquels se présentent les zoosporanges,
globuleux, voisins de VO. Brassicae. (Fig. 7 dans le Capsella
biirsa-pastoris, flg. 8 dans une racine de Graminée.)
Fig. 9-11. — Différents aspects de la masse protoplasmique, con-
stituant le Rhizomyxa hypogaea Borzi proparte (racines de
Graminées.)
Fig. 12. — Etat intermédiaire entre les stades représentés dans
les trois figures précédentes et dans les quatre figures sui-
vantes.
Fig. 13-16. — Zoosporanges? Dans les figures 13, 15, 16, ils rem-
placent tout le contenu cellulaire.
Fig. 17-25. — Cystes de VOlpidium Brassicae? dans le Brassica
oie race a.
Fig. 17, 18, 20, 21. ~ Avant l'action d'un réactif.
Fig. 22, 23, 25. — Après l'action de la glycérine; dans les figures
32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
23 et 25, les masses protoplasmiques ratatinées sont encore
munies d'une enveloppe externe.
FiG. 24. — Une cellule du tissu avec deux spores durables, vue à
un grossissement assez faible.
FiG. 26-29. — Spores et mycélium du Prototnyces radicicolus,
dans les racines du Lhnosella aquatica.
FiG. 27-28. — Spores terminant des filaments.
FiG. 26-29. — Spores intercalaires ; la figure 29 montre les anas-
tomoses entre les filaments mycéliens.
FiG. 30. — Une cellule de Brassica napus avec trois Asterocystis.
PLANCHE III
PiG. 1, 6, 19. — Différentes formes d" Asterocystis radicis l^idb.
FiG. I. — Trois cellules, de la racine du Plaûtago psyllium,
montrant un grand nombre de parasites logés dans chacune
d'elles.
FiG. 2. — Asterocystis allongé {PL psyllium).
FiG. 3-6. — Dans les racines du Chou pommé.
FiG. 19. — Cellule de l'épiderrae avec poil (Graminée), dans
laquelle des Asterocystis se sont développés jusque dans le
poil.
FiG. 7-18. — Différentes formes de VOlpidium Borzii Nob.
FiG. 7-9. — Dans le Brassica oleracea, flg. 8, 10, 11, dans le
Thlaspi arvense, flg. 12-13, dans le Capsella Bursa-pastoris.
FiG. 10. — Deux zoosporanges dans un poil radical.
FiG. 16. — Zoosporange à deux cols.
FiG. 17. — Zoosporange à trois cols.
FiG. 20-25. — Formes différentes du Pleotrachelus radicis Nob
dans les tissus de la racine du Thlaspi arvense.
Les figures 20, 23, 25, représentent des zoosporanges glo-
buleux, les figures 21, 22, des zoosporanges ovoïdes.
FiG. 26-30. — Fragments de Protomyces radicicolus, parasite
dans les cellules radicales du Limosella aquatica.
FiG. 26. — Le 'mycélium du champignon venant de l'extérieur, en
a son point de pénétration dans la racine.
FiG. 27. — Spore intercalaire, amincie à ses deux extrémités.
FiG. 28-30. — Spores terminales globuleuses , ellipsoïdales et
pyriformes.
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is).
PI. vn, fig. 4.
Sous ce nom M. Sorokine a décrit dans son aperçu
systématique des Chytridiacées (*) une espèce qui n'est
pas admise par M. Fischer (**); elle rentre en même
temps que les deux variétés créées par M. Sorokine (var.
longirostre, var. brevirostre) dans VOlpiduim enlopliy-
Irum Br.
Les deux variétés que nous venons de citer ne nous
paraissent en effet pas devoir être considérées comme
distinctes; leurs caractères sont basés uniquement sur la
plus ou moins grande longueur du col des zoosporanges,
caractère qui doit être influencé tout naturellement par
la grandeur de l'hôte et par l'endroit d'où part le col.
Pour ne pas reléguer au rang de synonyme une espèce
dont le cycle d'évolution est encore peu connu, et pour-
rait être autonome, je conserverai le nom donné par
Sorokine. Ainsi considérée l'O. algarum vient en tous
cas se placer dans le voisinage de l'O. entopfiijttim Br.
J'ai trouvé cette espèce dans les cellules du Desmidium
Swarlzii, dans des récoltes, faites en juillet 1895, a
Aperr.u syslémati(|ue des Chytridiacées. récoltées en Russie et dans
l'Asie centrale, in Archives Botaniques du Nord de la France, t. H.
(*") Fischer, Loc. cit., p. 25.
XVII 5
SO SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Genck (campine limboiirgeoise). La figure 4 de notre
pi. YII, montrenl un fragment de l'Algue contenant
quelques zoosporanges. Comme on peut le voir, ils sont
très comparables dans leur forme à ceux que Sorokine a
figuré dans le travail, cité plus haut.
Par la comparaison des figures de ce travail et de
celles que nous joignons à ces notes, on trouvera que
notre forme est intermédiaire entre les variétés longi-
rostre et brevirostre de Sorokine.
Olpidium Saccatum Sorok.
(Sorokine loc. cit., p. 28, fig. 55 a. d).
PI. VI, fig. 17-25.
Sous ce nom, M. Sorokine décrit, dans le travail déjà
cité, une Chytridiacée, qu'il a observée dans un certain
nombre de Desmidiées dans les environs de Tachkend.
Cette Chytridiacée est constituée par une cellule en
forme de sac, étranglée vers le milieu. Elle possède un
col très court, ne se prolongeant pas au dehors de la
cellule nourricière, l'ouverture de zoosporange s'arrête
au niveau de la membrane de la Desmidiée. D'après
M. Fischer, cette espèce serait très voisine de VOlpidium
endogenum Br. (*). L'étranglement observé vers le milieu
du zoosporange serait dû à la forme de l'Algue dans
laquelle VOlpidiiim végète [Avilir odesmiis d'après Soro-
kine). ïl est indiscutable que l'étranglement provient de
la structure de l'hôte; on peut d'ailleurs observer dans les
cellules des diverses Desmidiées attaquées par ce parasite,
des zoosporanges qui ne sont pas étranglés vers le milieu.
Loc. cit., p. 24.
MÉMOIUES. 51
Je ne puis cependant pas admettre la manière de voir de
M. Fischer. L'Olp. saccatiim Sorok. me paraît être une
espèce autonome différente de VOlp. endogemim Br. Elle
ne possède en effet pas le renflement globulaire qui siège
dans le col avant la sortie de l'hôte. Autre caractère qui
me semble avoir son importance, c'est que le col ne se
prolonge pas à l'extérieur delà cellule nourricière comme
cela se présente chez VOlp. endogenum Br.
J'ai pu étudier cette espèce sur de nombreux exem-
plaires, un grand nombre de Cosmarium, récoltés à
Genck (Campine limbourgeoise) en Juillet 1895, étaient
attaqués par ce parasite.
Les dessins (fig. 17-25) de notre pi. VI, montrent que
notre forme est en tout comparable à celle figurée par
M. Sorokine. La figure représente un Olpidium qui
s'est développé dans l'un des hémisomates d'un Cosma-
rium et qui a conservé une forme ellipsoïdale, sans
étranglement. La figure qui montre un stade patholo-
gique de la division d'un Cosmarium, nous présente au
contraire, dans la cavité cellulaire, une cellule d'0//)if/nr.
(Cfr. Sorok. p. 50, fig. 55), on trouve qu'il y a la plus
grande analogie entre les deux formes. Chez les échan-
tillons que nous avons observés, il n'y a point de doute,
il existe une soudure entre les différentes cellules, qui
forment une véritable chaîne. Dans les descriptions et
les dessins de Mijzocytmm publiés par Zopf, nous ne
trouvons pas trace de renflement dans le col zoosporan-
gial, ce col est cylindrique étroit et son diamètre reste
à peu près constant dans toute sa longueur.
Dans une autre récolte algologique, faite dans le Ru de
Chefna sur La Fange (territoire de la commune de La
Reid, prov. de Liège), j'ai observé des Closterhim
infestés par le même parasite; on retrouve le même ren-
MÉMOIRES. 55
flement globulaire situé près du zoosporange et contre la
membrane externe du Closterium. I^a fig. 8 de notre
pi. VI, montre l'aspect sous lequel se présentait une cel-
lule de ces Closterium; comme on le voit la ligure que
nous reproduisons sur cette planche a beaucoup d'ana-
logies avec celle publiée par M. Sorokine {loc. cit. p. 50,
fig. 35).
Dans une autre station encore (Marais à Préfayhay,
près de Spa), j'ai eu l'occasion d'observer dans les cel-
lules du Closterium attenuatum, un parasite un peu
différent de celui dont je viens de parler, mais qui doit
cependant se rapporter à la même espèce. Par la forme
du col, ces échantillons se rapprochaient du Lagenidium
entopliytîim Zopf, comme le montrent les lig. 7, 9, 10
de notre pi. YI (Cfr. Zopf /oc. cit. pi. XIII fig. 10). Ce
col est irrégulier plus ou moins allongé, onduleux et
toujours renflé assez fortement sous la membrane
externe de la cellule nourricière. 11 diffère donc un peu
de celui que nous venons de décrire dans les deux formes
citées plus haut. La fig. 10, pi. VI par exemple nous
montre deux cols extrêmement allongés et irréguliers.
Dans les échantillons provenant de cette récolte, j'ai pu
remarquer aussi, que la portion extérieure du col par
laquelle s'échapperont les zoospores est retrécie,et parfois
d'une très grande longueur. J'ai mesuré de ces prolon-
gements tubulaires qui possédaient jusque 150 /^ de long
(fig. 7, pi. VI); dans l'espèce de Zopf, le col du zoospo-
range est au contraire relativement fort peu développé à
l'extérieur de l'hôte.
D'après les caractères que nous venons d'exami-
ner, je crois que l'on peut élever ces formes au rang
d'espèce; je proposerai le nom de Myzocytiiim megasto-
se SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
mum, rappelant le caractère du col zoosporangial.
Quant aux oospores, elles se forment comme dans le
type, par la fusion du contenu de deux cellules conti-
guës ; leur forme définitive ne m'a pas semblé différer
grandement de celle que possèdent les oospores du
M. pj'oliferiim Zopf.
Notre espèce nouvelle devra donc répondre à la dia-
gnose suivante.
Myzocytium megastomum nov. sp.
Thalle formé de cellules plus ou moins nombreuses,
soudées entre elles et formant une chaîne à l'intérieur
des cellules de l'hôte. Cellules du thalle se transfor-
mant en zoosporange^, en conjuguant deux à deux
pour former des oospores. Zoosporange à col renflé
à l'intérieur et contre la paroi de l'hôte; renflement
tantôt globulaire (fig. f», pi. VI), tantôt irrégidièrement
lagéni forme (fig. 9 et 10, pi. VI). Col extérieur par-
fois très long, mesurant jusque 150 //.. Anthéridies et
oogones mélangés souvent aux zoosporanges, et disposés
côte à côte. Oospores à membrane épaisse, double et lisse.
Hab. — Dans certaines Desmidiées {Spirotaenia ^
Closlerium), à Ruy, Ru de Chefna et à Préfaybay (pro-
vince de Liège, août 1895).
*
Les espèces comprises dans le genre Myzocijtrium
sont dès lors les suivantes.
Mijzocytium proliferum Zopf.
MÉMOIRES. ' 57
M. vermicoltim (Zopf), Fischer.
M. megastomiim De W.
M. Iinea7'e Cornu.
Je ne sais si c'est avec raison, que M. Fischer élève
le M. proliferum var. vermicoltim Zopf au rang d'es-
pèce. L'habitat dans des hôtes différents peut, il est
vrai, servir dans certains cas à différencier des espèces,
mais il me semble que dans le cas qui nous occupe, les
conditions de vie des deux espèces ainsi formées sont à
peu près identiques, les caractères morphologiques sont
d'ailleurs tout à fait semblables. C'est au Mijz. vermico-
lum (Zopf) Fischer, que ce dernier rapporte le Bicri-
cium lethaie Sorok [loc. cit., p. 55, tig. 45).
Dans son travail sur les Saprolégniées (*), M. Cornu
signale trois espèces appartenant à ce genre, ce sont :
Myz. glohosum (Pringsh), qui devient Mijz. proliferum
Zopf, Myz. entopliytum (Pringsh.) Cornu et le Mijz.
lineare Cornu. Le Myz. enlopliytum n'est pas un Myzo-
cytium. Ce champignon doit être classé dans le genre
Lagenidium.
Quant au Myz. lineare, la description qu'en donne
l'auteur est bien insuffisante pour que l'on puisse se
faire une idée de ce qu'est le champignon. Lorsque
M. Reinsch a fait paraître son travail sur quelques
Saprolégniées, parasites d'Algues (**), M. Cornu a publié
dans une note qu'il a présentée à la Société de botanique
de France (***), quelques observations sur les espèces
Monographie des Saprolégniées, in Annales des se. nat., ô^ série,
t. XIX (liol.), p. 21.
(") Beobachtungen liber einige nette Saprolegnieae, liber die Parasiten
in Desmldienzellen und liber die Staclielkngeln In Aclilyaschlauclien, in
Pringsh. Jahrb., il, p. 285-508.
(*") Remarques sur quelques Saprolégniées in Bull. Soc. bot. de France,
1887, p. 226.
S8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
nouvelles introduites dans la science par M. Reinsch. Il
rapporte un certain nombre des espèces que M. Reinsch
avait figurées sans dénominations à des formes déjà
connues. C'est ainsi que les figures G, 15, M de la plan-
che XVII, du travail de ce dernier deviennent pour
M. Cornu, des représentations de son Myz. lineare. Si
on examine ces figures, on trouve que les caractères du
thalle ne coïncident pas du tout avec ceux de la descrip-
tion générique. D'après le peu de données que l'on
possède, on serait tenté de faire représenter à ces dessins
une forme de Lagenidiiim (L. enecans Zopf par exem-
ple; comparer les dessins fig. 15 et 14, pi. XVII, de
Reinsch avec notre fig. 52, pi. IV). Quant à la figure G,
du travail de M. Reinsch que M. Cornu rapporte égale-
ment à la même espèce, il y a de grandes réserves à faire.
Le Myz. lineare me parait constituer une espèce peu
connue et son intercalation dans le genre Myzocytium
est très douteuse.
On pourrait former des espèces de ce genre un tableau
analytique en se basant sur les caractères suivants.
MVZOCYÏIUM ScHENK, 1858.
Zoosporanges à cols tubulaires non ren-
flés à l'intérieur de l'hôte et générale-
ment courts, et peu proéminents en
dehors de la cellule nourricière.
Parasite de cellules vé-
gétales (Algues) . . Myz. proliferum Schenk.
Verli. (1. phvs. med. Gos.
Wiitzb. , IX. i). 20; Zopf,
Kenntiiiss Phvcom., l. XIV,
tig. G-54.
MÉMOIRES. 59
Parasite de cellules animales
(Anguillules) .... Mijz. vermicolum
(Zopf), Fischer.
ZopT, Kennln. Phycomvc,
l. XIV, tin. Ô5-37; Fischer,
loc. cit., p. 75.
Zoosporanges à cols renflés à l'intérieur
de la cellule nourricière, irrégulière-
ment Jagéniformes ou sphériques. Cols
parfois fortement proéminents à l'exté-
térieur de la cellule de l'hôte.
Parasite dans les cellules d'Al-
gues (Desmidiées) . . . Myz. megastomiim
De W.
PL VI, fig.6-10; pi. VII,
fig. 19-20.
Sp. dubia.
Mijz. lineai^e Cornu Monog. Saprolegniées, Ann. se.
nat., 5' série, t. XIX, Bot., p. 21.
Chytridium decipieïns Br.
{Ueber Chytridium, Âbli. Berl. Ac, 1855, p. 54, t. V,
fig. 1-4).
Pl.vh,fig. 5-11.
Sous ce nom Braun décrivait en 1855dans les « Abhand-
lungen»de l'Académie des Sciences de Berlin, une espèce
qu'il avait observée dans les oogones des OEdogonhim,
se développant au détriment de l'oospore. Cette intéres-
60 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
santé Chytridiacée n'a pas été retrouvée fort souvent
depuis. Elle semble végéter uniquement sur les espèces
du genre OEdogoniiim et sur cellesdu genre Bulbocliaete
dans l'oogone desquels on a signalé le même parasite.
M. Fischer dans sa flore d'Allemagne, range cette espèce
dans le genre Rliizopliidium (*), quoique l'on n'ait jamais
observé de rhizoïdes qui sont, d'après cet auteur, un des
caractères essentiels des espèces de son genre nouveau.
Je préfère conserver à l'espèce le nom que lui a donné
Braun, car il me semble fort probable que des rhizoïdes
n'existent pas, du moins je n'ai pu les déceler. Dans son
travail sur les Chytridiacées de l'Asie centrale, M. Soro-
kine a figuré la même espèce, en lui conservant le nom
créé par Braun (**).
J'ai rencontré ceCliijtridium assez abondamment dans
les oogones ouverts d'OEdogonmm provenant de mes
récoltes algologiques de Genck (Campinelimbourgeoise).
Ce parasite se présente sous la forme de cellules
ovoidales, munies d'un col court, qui vient s'ouvrir en
général au niveau de l'ouverture de l'oogone ; c'est par
ce col que se fait l'évacuation des zoospores.
Les parasites sont tantôt uniques tantôt au nombre de
deux dans un organe. Le contenu de l'oogone est détruit,
refoulé sur le côté et on ne retrouve de l'oospore qu'une
masse informe colorée en brun noirâtre. Les spores dura-
bles que j'ai eu l'occasion d'observer, sont ovoïdales, à
membrane épaisse, lisse et parfois au nombre de deux
dans un oogone, comme le montre la figure 9 de notre
planche VIL
La grandeur des zoosporanges, ainsi que celle des
(*i Fischer, loc. cit., p. 109.
(**) SoROKiNE, loc. cit., p. 21. lig. 26.
MEMOIRES. 61
spores durables est très variable; elle dépend en pre-
mier lieu de la grandeur de l'oogone dans lequel le
développement du parasite s'est effectué, et en second
lieu du nombre de parasites que contient l'oogone.
Le C/iytridium decipiens est fort probablement assez
répandu quoique on ne l'ait signalé en Europe qu'à deux
reprises. Sa découverte en Asie, par Sorokine, et sa pré-
sence en Amérique centrale (Costa Rica) d'où je l'ai vu
dans les récoltes botaniques de M. H. Pittier, directeur
du Muséum à Costa Rica, fait supposer que cette espèce
est ubiquiste.
RhIZOPHIDIUM SpHAEROCARPUM (ZoPf) FlSCH.
RiiiziDiUM Sphaerocarpum Zopf.
(Zopf. Kenntn. Pbys., t. XIX, fig. 46-27).
Pl.VI.fig. d^5;pl. Vll,fig. 18.
J'ai signalé en 1890, dans les Annales de la Société
belge de Microscopie (*) sous le nom de Rliizidiiim
Sphaerocarpum Zopf, une espèce, récoltée à Peutby,
par M. Marcbal. Ce sera sous le même nom, modifié
par M. Fisober, que je signalerai une forme, vivant sur
les cellules de Mougeotia et de Spirogyra, que j'ai
observée dans mes récoltes d'Ardennes.
Cette Cbytridiacée est des plus simples dans sa struc-
ture, elle se compose d'une cellule (zoosporange) arron-
die qui, peu avant sa débiscence présente un mancbon
à sa partie supérieure.
Dans les conditions où j'ai observé celte espèce dans
C) Chytridiacées de Belgique in Ann. Soc. belge de inicroscopie, t. XIV,
j). 15.
62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
les Ardennes, je ne pouvais rien ajouter, quant à son
point d'attache. Je signale surtout ce Rliizopliidhim
pour une particularité que présentaient toutes les Algues
qui étaient attaquées par de pareils organismes. Comme
le montrent les figures io à 15 de notre planche VI, à
chaque place du filament oii s'est développé un Cham-
pignon, il s'est également formé une courbure dans la
cellule de l'Algue; courbure dont le Champignon occupe
la concavité. Ce changement dans la direction du fila-
ment, qui ne peut être rapporté à d'autres causes qu'à
celle de la présence du parasite, est parfois si accentuée
que l'Algue est entièrement courbée en U comme le
représente notre fig. 16, pi. VI. Les figures 15 et li
sont tout aussi curieuses à cet égard; dans la première,
deux zoosporanges se sont développés sur les deux côtés
opposés d'un filament et à une certaine dislance l'un de
l'autre; ils ont ainsi provoqué des zig-zag dans la direc-
tion du filament, lui donnant un aspect très semblable à
celui des Gonatonema (*].
Bien d'autres formes ont encore été observées, mais
leur état souvent très incomplet, ne permettait pas de
les rapprocher avec certitude d'espèces connues et
m'empêche de les décrire ici.
Parmi les espèces bien définies, que j'ai eu l'occasion
d'observer, je citerai :
AncijlisLes Closlcrii Pfitzer. — Dans divers Closte-
vium, à Genck, à Ruy et à Desniez.
O C(r. Cooke Brit. Frcsim. Atgac, vol. I, p. 108, vol. II, pi. XLIV,
llg. 3.
MEMOIRES. 63
Olpidiopsis Sclienkiana Zopf. — Dans des Spiro-
(jijra à Desniez, au camp de Casteau et à Auderghem
(È. Marchai).
Seplocarpus corijnephoriis Zopf. — Sur diverses Dia-
tomées à Préfayhay.
Ectrogella Baclllariaceum Zopf. — Winanplanche.
Bruxelles, octobre 1895.
Ann. Soc. Belge de Microscopie,
t. XVII. PI. IV.
E. de Wildeman ad. iiai. delin.
Bellotli, phot.
Ann. Soc. Belge de Microscopie,
t. XVII. PI. V.
E, de Wildeman ad. iial. delin.
BclloUi, phot.
Ann. Soc. Belge de Microscopie,
t. XVII. PI. VI.
E. de Wildeman ad. iiai. delin.
Bellotti, phol.
Ann. Soc. Belge de Microscopie,
t. XVII. PI. VIL
E. de VVildeman ad. iiai. deliii.
beliotti, phoi.
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE IV
Tetracladium marchalianum nov. sp.
Fig. 1-13.
,FiG. 1-11. — Différents aspects sous lesquels se présente le Cham-
pignon. Toujours formé de quatre branches entre lesquelles
se trouvent logés de 1 à 3 bourgeons. Dans la figure 7 la
quatrième branche est vue de face., elle se présente donc en
projection sous la forme d'un petit cercle.
Fig. 12 et 13. — Formes un peu différentes, présentant un seul
bourgeon central globuleux (Jardin botanique de Bruxelles).
Fig. 14-16. — Champignons formés par quatre branches ; il n'y a
pas trace de bourgeonnement.
Fig. 17-18. — Formes dérivées.
Fig. 19. — Champignon à cinq branches.
Fig. 20. — Champignon à trois branches,
Fig. 21. — Deux petites tétrades.
Fig. 22-28. — Champignons à trois branches terminées en pointe
aiguë.
Fig. 29. — Tétrade dont le filament basilaire est fortement renflé
et paraît divisée en trois cellules ; une des ramification pré-
sente une courte branche.
Fig. 30. — Cellule de Spirotaenia, dans laquelle 's'est développée
le Myzocytmm inegastotnutn nov. sp.
Fig. 31. — Cellule du même parasite agrandie et montrant l'ostiole
élargie à l'intérieur de la cellule nourricière.
Fig. 32. — Cellule de Diatomée occupée par un Lagenidium
enecans Zopf ; les quatre masses noires sont le reste du pro-
toplasme et des chromatophores.
XVII 6
66 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
PLANCHE V
FUSARIUM ELONGATUM lîOV, Sp.
FiG. 1. — Conidie, falciforme encore attachée à uq support.
FiG. 2. — Mycélium très ténu, en a et en b une conidie falci-
forme.
FiG, 3, 4, 5, 10 — Différents aspects sous lesquels se présentent
ces conidies.
FiG. 6, 7, 13, 14. — Conidies ayant formé des filaments raycé-
liens.
FiG. 8, 12. — Conidies, dont les cellules ont proliféré vers l'inté-
rieur de la conidie.
FiG. 9. — Support rameux ; en vie ils étaient colorés légèrement
en brun. La masse noire de la base représente de la matière
organique agglutinée autour des filaments, ce qui empêchait
de découvrir leur origine.
FiG. 11. — Conidie se brisant vers le milieu.
FiG. 15. — Fragment de conidie ayant germé.
PLANCHE VI
FiG. 1. — Portion d'une cellule de Closterium occupée par le
Lagenidium Closterii nov. sp.
FiG. 2-4. — Fragments du thalle de la même espèce.
FiG. 5. — Une oospore un peu plus fortement grossie et montrant
la membrane externe irrégulière, rugueuse.
FiG. 6. — Myzocijtium niegastomum sp. nov. dans une cellule
de Spirotaenia.
FiG. 7. — Deux cellules de la môme espèce, montrant le renfle-
ment du canal excréteur, et ce dernier très allongé (Dans
un Closterium aitenuaticm.
FiG. 8. — La même espèce dans une cellule du même Closterium.
FiG. 9. — Closteriiwi envahi parle même parasite; quelques cel-
lules sont transformées en zoospoi'anges, d'autres en oogones
et anthéridies, il existe des oospores.
FiG. 10. — Quelques aspects présentés par les zoosporanges de ce
même Myzocytium.
MEMOIRES. 67
F:g. 11-12. — Myzocytium proUferum Zopf, dans des cellules de
Spirogi/ra (d'après les préparations de M. Ém. Marchai).
FiG. 13-16. — Filaments de Mougeotia, attaqués par le Rhizo-
phidium sphaerocarpum (Zopf) Fischer.
Dans la figure 15, on voit fort bien les courbures succes-
sives; dans la figure 14 les courbures successives dans le
même sens. La figure 16 montre une forte courbure en U.
Olpidium saccatum Sorok.
FiG. 17-23. — Différents aspects sous lesquels se présente cette
espèce dans la cellule du Cosmarium.
FiG, 19. — Une cellule non étranglée.
FiG. 23. — Un Olpidium doublement étranglé.
PLANCHE VII
*
Cladochytrium Hippuridis nov. sp.
Figures 1-3.
FiG. 1-2. — Fragment du tissu de VBippuris vulgaris ayant été
envahi par le Champignon.
FiG. 3. — Une spore durable un peu plus fortement grossie.
FiG. 4. — Fragment de Desmidiée attaquée pari' O^pio?mm^/^rt-
rum Sorok.
Chytridium decipiens Br.
FiG. 5-7, 10-11. — Différents aspects sous lesquels se présentent
les zoosporanges de cette espèce dans les oogones d'Oedo-
gonium. Les masses colorées en noir sont les restes de
l'oospore.
FiG, 8-9. — Spores durables à l'intérieur des oogones.
Olpidium immersum Sorok.
Figures 12-15, 17.
FiG. 12-15. — Aspects de cette espèce, logée dans la cellule du
Cosmarium.
68 SOCIÉTÉ BELGE DE MIGROSCOPIE.
FiG. 17. — La même espèce dans un Staurastrum.
FiG. 16. — Olpidiopsis SchenMana Zopf, ayant occasionné le
renflement d'une cellule de Spirogi/ra (Desniez).
FiG. 18. — Rhizophidiuni spJiaerocarpum (Zopf) Fischer, sur
une cellule de Spirogyra; la courbure est bien marquée.
FiG. 19-20. — Divers aspects des cellules du Myzocyimm mega-
stomum dans le Closterium aitenuatum.
SUR LA PRODUCTION
DE
L'/llii1IilOI]| DAM Ll SOL PAR LIS iCROBIS
PAR
Emile MARCHA.L
IXGÉNIEUR AGRICOLE.
SUK LA PRODUCTION
DE
L'AillIOA'IAOOE DANS LE SOL PAR LES MICROBES
L'oxydation progressive de l'azote des matières orga-
niques, dans le sol, constitue le phénomène auquel dans
son ensemble Schloesing et Muntz (*) ont donné le nom
de nilrificalion .
Les travaux récents de P. Frankland (**), de Waring-
ton (***) et surtout les belles et minutieuses études de
Winogradsky (****), ont précisé d'une façon remarquable
nos connaissances à ce sujet, et nous savons aujourd'hui
que la transformalion de l'azote organique en nitrates
constitue un phénomène complexe et s'accomplit en
plusieurs phases auxquelles président des agents parti-
culiers :
1" La transformation de l'azote organique en ammo-
niaque ou ammonisation, comme on pourrait l'appeler.
2" L'oxydation de l'ammoniaque en acide nitreux.
D'après Winogradsky, elle se produit sous l'influence
{*) Schloesing et, Muntz, Recherches sur la nitrificalion. Comptes
rendus, t. LXXX et suiv.
("j P. Frankland, Ueber einige iiipische Microorganismen im Wasser
und im Boden. Zeitschrifl l. Hygiène, t. VI, p. 375.
("*) Wakington, Journal of the Chemical Society.iHlQ et années suiv.
("") WiNoGUADSKY. Rcclicrches sur les organismes de la nilrificalion.
Annales de l'insi. Pasteur, 1890 cl 1891.
72 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
d'organismes incapables de s'attaquer à la matière orga-
nique dont ils redoutent même la présence.
Enfin 5° la transformation de l'acide nitreux en acide
nitrique, terme final de ce processus de minéralisation.
Comme le fait M. le professeur Errera dans son cours,
on peut désigner ces deux derniers phénomènes respec-
tivement sous les noms de nitrosalion et de nitrutaiion.
L'étude des agents de l'ammonisation a fait de ma
part l'objet d'un travail (*) que je ne fais que résumer ici.
11 est nécessaire de distinguer, dès maintenant, la pro-
duction d'ammoniaque aux dépens de la matière orga-
nique de celle qui résulte de l'hydratation de l'urée
(fermentation ammoniacale de l'urée) ou de la réduction
des nitrates (dénitrification) sous l'influence des microbes
étudiés pour la première fois par Gayon et Dupetit.
L'ammonisation est donc le phénomène primaire à la
faveur duquel l'azote des substances organiques retourne
progressivement à l'état minéral. Les ferments ammo-
niacaux préparent le terrain aux ferments nitreux et
nitriques.
De plus, dans certaines conditions où, par suite de
l'acidité du milieu, la production de nitrates est rendue
impossible (dans l'humus des forêts, le sol des
landes, etc.), la minéralisation de l'azote organique
s'arrête au stade ammoniaque.
Les produits de l'activité des microbes ammonisants
peuvent servir directement comme source d'azote à la
nutrition des plantes, les recherches de Muntz (**), de
(') Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XXV, p. 7:27.
(■') Muntz, Sur le rôle de l'ammoniaque dans la nutrition des végétaux.
Comptes rendus, t. CIX, p. 646.
MÉMOIRES. 73
Laurent (*], de Griffiths (**) ayant montré que, même en
sol stérilisé, les sels ammoniacaux sont assimilables par
les végétaux.
Une première question se pose ici. La production
d'ammoniaque, dans la terre arable, doit-elle être exclu-
sivement attribuée à des microbes? Ne peut-elle s'ac-
complir sous l'influence de facteurs purement cbimiques ?
Des expériences récentes de Muntz et Coudon (***) ont
démontré qu'un sol stérilisé, enrichi à l'aide de sang
desséché, par exemple, ne présente aucune formation
d'ammoniaque, tandis que la même terre, pourvue de
microbes, en produit abondamment.
Des essais similaires m'ont conduit aux mêmes résul-
tats.
Voici les conditions expérimentales dans lesquelles je
me suis placé.
Dans deux ballons contenant 250 grammes d'une
terre ne renfermant que des traces d'ammoniaque, il
était ajouté 25 centimètres cubes de la solution albumi-
neuse incoagulable dont il sera parlé plus loin. Les
récipients de culture ainsi préparés étaient stérilisés à
l'autoclave, pendant une heure, à 115°. Après refroidis-
sement, l'un d'eux était ensemencé avec quelques gouttes
du liquide trouble obtenu en délayant un peu de terre
de jardin dans de l'eau stérilisée, l'autre ne recevait
aucun germe.
{') Laurent. Recherches sur la valeur comparée des nilrales et des sels
ammoniacaux comme aliment de la levure de bière et de quelques autres
végétaux. Annales de l'Insl. Pasteur, 1889, p. 362.
n GRiFFriHs, Chemical Neivs, t. LXIV, p. 147; 1891.
(*") Muntz et Coudon, La (ermentatioii ammoniacale de la terre.
Comptes rendus, février 1895.
7i SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
Après vingt jours de séjour dans la chambre ihermo-
slatique chauffée à 50", j'ai dosé l'ammoniaque par dis-
lillation sur la magnésie dans l'extrait chlorhydrique
des deux terres.
Les chiffres suivants furent obtenus.
1. Ballon stérile traces d'ammoniaque.
2. Ballon avec microbes du sol S^^n'g.S.
La nécessité de l'action des microbes apparaît nette-
ment ici.
Quelles sont, parmi les nombreuses espèces micro-
biennes qui peuplent les couches superficielles du sol,
celles qui interviennent d'une façon prépondérante dans
l'ammonisation? Sont-ce des moisissures, des formes
bourgeonnantes ou des bactéries?
11 s'agissait pour résoudre ces questions :
1" D'isoler du sol les espèces microbiennes (moisis-
sures, formes-levures, bactéries) qui y sont les plus fré-
quentes;
2" De rech(ircher celles d'entre elles qui sont suscep-
tibles de transformer les substances azotées en ammo-
niaque.
Pour l'isolation des microbes du sol, j'ai eu recours à
la méthode de séparation de Koch sur gélatine, en cris-
lallisoirs de Pétri.
De chaque échantillon de terre, il était fait au moins
deux cultures, l'une en gélatine alcaline avec bouillon
et peptone, l'autie en gélatine et jus de pruneaux légè-
rement acide, pour la recherche des moisissures et des
levures.
Ces essais ont porté sur les terres les plus diverses :
MÉMOIRES. 73
terres arables, fumées ou non fumées, sablonneuses,
humeuses ou calcaires, terres de landes, de forêts, ainsi
que sur différents terreaux, composts, fumiers et purins
provenant des environs de Bruxelles.
Ces très nombreuses cultures sur plaque m'ont fourni
plus de trente espèces bactériennes et une vingtaine de
moisissures et de formes-levures.
Au nombre des bactéries les plus fréquentes dans la
terre arable, je citerai : Bacillus mijcoïdes Flligge, fliio-
rescens liquefaciens Flùgge, fliiorescens putidiis Fliigge,
jantliinus Zopf, mesentericus vulgatus Flùgge, mesen-
tericus ruber Globig, termo Dujardin, Proteus vulgaris
Hiiuser, une Sarcine très analogue à la Sarcina tutea
Schroter, et quelques Micrococcus : Micrococcus roseiis
Flùgge, luteus Scbroter, flaviis Flùgge, candicans
Flùgge.
Moins constantes sont les formes suivantes : Bacillus
arborescens Frankland ; un Bacille à colonies formées
de filaments droits ou élégamment spirales que je rap-
porte au Bac. figurans décrit par Crookshank (*), le
Bac. subtilis, moins fréquent qu'on pourrait le supposer
dans le sol, un Bacille court, analogue au Micrococcus
prodigiosus, produisant à 30° dans les solutions albu-
mineuses une matière colorante rouge d'une rare inten-
sité; une forme du Bac. coli commimis. Bac. briinneus
Schroter, cremoïdes Zimmermann; quelques Micro-
coccus parmi lesquels le Micrococcus ureae Yan Tie-
ghem; enfin, un assez grand nombre de formes que je
ne suis pas parvenu jusqu'ici à identifier avec des types
décrits, et que je ferai connaître dans un mémoire ulté-
rieur.
O Crookshank, Manuel pratique de baciériologie, p. 199.
SOCIETE BELGE DE MICKOSCOIME.
Au nombre des moisissures, se trouvaient notam-
ment : PeniciUlum glaiicum, cladosporioïdes, Miicor
Mucedo, racemosiis, Botnjtis cinerea, vulgaris, divers
Stempliylium, Cladosporium et états polymorphes,
Alternaria tenuis, des Aspergillus, dont une espèce
nouvelle intéressante que j'ai appelée Aspergillus terri-
cola (*); nombre de formes bourgeonnantes, tbrmes
Torula, Monilia, etc., le Streplotlirix Fœrsleri.
Ces espèces microbiennes étant isolées, il s'agissait
de déterminer celles qui prennent part à la fermentation
ammoniacale. Dans ce but, j'ai pris comme point de
départ l'albumine de l'œuf. Les matières albuminoïdes
constituent, en effet, de tous les matériaux azotés du
sol, ceux qui s'y trouvent en plus grande quantité, qu'ils
proviennent de débris végétaux ou animaux, d'engrais
divers, sang desséché, déchets de laine, etc.
Je pensais, d'autre part, que les microbes suscep-
tibles de transformer l'albumine en ammoniaque pour-
raient a fortiori oxyder les autres subtances azotées,
aminés, amides, acides amidés, qui constituent déjà
une étape plus avancée dans la voie de la minéralisation.
Comme on le verra plus loin, cette hypothèse s'est en
grande partie véritiée.
J'ai donc fait usage de solutions de blanc d'œuf à
10 7o, renfermant environ 2 grammes par litre d'azote
albuminoïde.
11 était désirable, pour se rapprocher des conditions
naturelles, d'employer des solutions albumineuses
diluées, la matière organique azotée ne se trouvant dans
(') Marchal, Sur une espèce nouvelle du genre Aspergillus. Revue
mycologique, lb9ô, ii" 5.
MEMOIRES. 77
le sot arable qu'en quantités relativement faibles (0^' ,2 à
5 grammes d'azote organique par kilogramme de terre).
Ces liquides ont été stérilisés par le procédé que j'ai
décrit précédemment (*) et qui consiste à ajouter, par
litre de bouillon albumineux, 10 centimètres cubes
d'une solution au '/uioo de sulfate ferreux.
La présence de ce sel entravant la coagulation de
•l'albumine, on peut sans inconvénient stériliser à haute
température.
Les liquides ainsi obtenus ne présentent pas trace
d'ammoniaque; le réactif de Nesslcr n'y donne lieu h
aucune coloration.
Les bactéries du sol, à l'état de cultures absolument
pures, ont été ensemencées dans des ballons Pasteur
renfermant une dizaine de centimètres cubes de solution
albumineuse.
Ces cultures ont été placées à la chambre thermosta-
tique à 50° pendant 15 jours.
Après ce temps, on a recherché si les liquides de
culture renfermaient de l'ammoniaque.
Dans une partie de la liqueur, on essayait la réaction
de Nessler; une autre portion était chauffée avec de la
magnésie calcinée et l'on recherchait l'alcali volatil dans
les vapeurs par le papier de tournesol.
Ces deux essais se sont toujours montrés concordants
dans leurs résultats.
La simple coloration en jaune du liquide, ou la forma-
tion d'un précipité par le réactif de Nessler, indiquait
si la quantité d'ammoniaque produite était insignifiante
ou notable.
(*) Marchal, Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XXIV, p. 325,
78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Les espèces suivantes m'ont présenté une réaction
ammoniacale très intense :
BaciUus arborescens.
— coli commimis var.
— figurans.
— fluorescens putidus.
— fluorescens liquefaciens.
— mesentericus vulgalus.
— mycoïdes.
— subtilis.
— termo.
BaciUus janthinus.
— spec. 1.
— spec. 2.
— spec. 5.
— spec. -4.
Micrococcus albicans.
Proteus vulgaris.
Sarcina Uitea.
Chez la plupart des autres espèces, la réaction, bien
que très nette, présentait beaucoup moins d'intensité.
Enfin il en est quelques-unes qui n'en ont pas produit de
trace ; de ce nombre est un Proteus non liquéfiant, à colo-
nies sur gélatine envahissantes et caractéristiques {Pro-
teus Zenckeri de Hàuser?) et un long Bacille liquéfiant la
gelée et donnant une culture jaune sur pomme de terre.
Il est à remarquer que l'absence d'ammoniaque cor-
respondait toujours à un développement très faible de
l'espèce considérée dans le milieu albumineux, dévelop-
pement qui s'est très probablement effectué aux dépens
des petites quantités de principes carbonés et azotés non
albuminoïdes que renferme le blanc d'œuf.
On peut donc dire que les bactéries capables d'attaquer
la molécule albuminoïde la désorganisent, en brûlent le
côté carboné, laissant comme résidu fammoniaque.
Nous verrons qu'il en est de même pour les moisis-
sures.
La production d'ammoniaque aux dépens d'albumine,
par les bactéries, ne constitue donc pas une fonction
propre à quelques organismes, comme le sont la nitro-
sation et la nitratation ; elle est l'apanage d'un grand
nombre de microbes.
MÉMOIRES. 79
11 y a quelques années déjà, Duclaux (*) a montré que,
dans la maturation des fromages, la caséine est trans-
formée en composés ammoniacaux sous l'influence de
microbes particuliers; plus récemment, Perdrix (**) a
signalé la production d'ammoniaque dans les cultures
de bactéridie charbonneuse ; enfin Bienstock (***) a isolé
des fèces plusieurs organismes présentant à un haut
degré cette propriété.
En dehors des bactéries du sol, je l'ai observée chez
un certain nombre d'espèces, tant saprophytes que
pathogènes, notamment : Bacilliis antliracis, diplite-
riae, c/wlerae simm, tiiberculosis avium, typhosus,
megateriiim, chez le Bacille rouge de Kiel, le Vibrio
Metsclinikovi, le Micrococcus prodigiosiis. Au contraire,
le Bac. pijocyaneits, qui se développe très chétivement
dans les solutions albumineuses, n'y produit pas d'am-
moniaque.
J'ai cherché ensuite à déterminer quel était le pou-
voir ammonisant particulier de quelques-unes des
espèces les plus énergiques. Ces dernières ont été ense-
mencées dans des ballons renfermant 25 centimètres
cubes d'une solution albumineuse dosant par litre
1^',365 d'azote organique (moyenne de trois dosages
concordants effectués par le procédé Kjeldahi).
Les ballons ensemencés ont été placés, pendant vingt
jours, à 50% dans la chambre thermostatique. Après ce
temps, on y a dosé l'ammoniaque produite.
O Duclaux, Le lait, p. 215.
(") Perdrix, Sur La iransformation des matières azotées dans les cuL-
tures de bactéridie charbonneuses. Annales de l'Inst. Pasteur, 1886, p.
054.
(■") Bienstock, Ueber die Bactérien der Faces. Zeilschrifl f. klinische
Médecin, XUl.
80
SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
Dans ce but, le liquide de culture est introduit avec
une pincée f) de magnésie calcinée dans le ballon de
l'appareil distillatoire de Schloesing. Le tableau ci-après
présente les cbiffres obtenus.
Dans ce tableau, la seconde colonne indique les nom-
bres obtenus directement par l'analyse des 25 centi-
mètres cubes de culture, la troisième donne les mêmes
chiftres rapportés au litre, c'est-à-dire multipliés par 40.
ESPECES BACTERIENNES.
AZOTE
AMMONIACAL
dans 25 cm3.
AZOTE
AMMONIACAL
par litre.
Bacillus arborpscens
— flgurans
— fluorescens putidus . .
— jluorescens liquefaciens .
— mesentericus vulgatas .
— mi/coïdes ......
— subtilis
— termo
— janthinus
— spec. 1 ,
— spec. 2
— spec. 3
— spec. 4 , ,
Proteus viUgaris
Sarcina lutea
Milligrammes.
6,7
8,0
7,5
5,6
10,1
16,0
8,1
6,3
7,9
13,5
- ■7,7
9,0
5,5
12,1
9,5
Grammes.
0,268
0,320
0,300
0,224
0,404
0,640
0,324
0,252
0,316
0,540
0,308
0,3J0
0,220
0,484
0,330
POUR-CENT
d'azote
organique
transformé.
19
23
22
16
29
46'
23
19
23
39
22
25
16
36
97
(') l/aiiinioniaquc se trouvant dans les cullurcs à Télat de carbonate
aminonique, il sulîU d'une quantité très faible d'alcali pour la dé-agcr.
MÉMOIRES. 81
On voit que, de toutes les Bactéries isolées du sol, le
Bacillus mijcoïdes est celle qui a le plus énergiquement
transformé l'albumine en ammoniaque; en vingt jours,
près de la moitié de l'azote organique mis à sa dispo-
sition est passé à l'état d'alcali volatil.
C'est ce microbe que j'ai choisi pour en étudier, d'une
façon plus approfondie, l'action sur les matières albu-
minoïdes.
Quant aux moisissures, j'ai déjà signalé leur action et
la part qu'elles peuvent prendre dans l'ammonisation (*).
Action du Bacille mycoïde sur l'albumine.
Mécanisme du phénomène. — Pour établir l'équation
du phénomène, je me suis basé sur les considérations
suivantes :
A. Lorsqu'on ensemence du Bacille mycoïde dans
une solution albumineuse neutralisée, on constate
qu'après quelque temps, la réaction devient fortement
alcaline : cette alcalinité est due à la présence de carbo-
nate d'ammoniaque dans le liquide de culture.
]^a simple ébullition de ce dernier fait dégager la plus
grande partie de l'alcali volatil ; après ce traitement, il
donne encore un précipité avec le réactif de Nessler, dû
à de petites quantités d'ammoniaque unie à des acides
gras. L'addition d'une très petite quantité de magnésie
calcinée provoque, à l'ébullition, le départ de la totalité
de l'ammoniaque.
En même temps que de l'ammoniaque s'est formée,
Marchat>, Be faction des moisissures su7' l'albumine. Bull. Soc. belge
de microscopie, t. XIX, p. 65.
XVII 7
82
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
une grande quantité d'albumine a disparu. L'azote de
l'albumine disparue correspond sensiblement à celui de
l'alcali formé.
B. Si l'on analyse l'atmosphère mise en rapport avec
la culture, on constate à la fin de l'expérience :
1" Une absorption considérable d'oxygène;
2" L'émission concomitante d'acide carbonique.
Le volume d'acide carbonique émis est notablement
inférieur à celui de l'oxygène absorbé, une portion
notable du premier restant fixée dans la liqueur sous
forme de carbonate d'ammoniaque.
5" L'absence complète d'hydrogène et d'azote dans les
produits gazeux de la fermentation.
Dans ces recherches, en atmosphère confinée, j'ai fait
usage, entre autres dispositifs, de l'appareil suivant,
analogue à celui que Roth (*) a préconisé depuis pour la
culture des anaérobies.-
C'est un ballon A contenant la
solution albumineuse, fermé par
un tampon d'ouate traversé par un
tube de verre a, portant à sa partie
supérieure un bout de caoutchouc et
une pince.
Le tout est stérilisé à l'autoclave
à M5°.
Après refroidissement, on ense-
mence de la façon ordinaire, en
soulevant le tampon d'ouate que l'on
replace rapidement en ayant soin de
l'enfoncer jusqu'en b, de manière à
FiG. 1.
O HoTii. Urher cin rinfachrs Ycrfaliren dcr Anaërobenzïœlitung.
Ccntralbl. f. Uaklcriologit', Bel. XIU, 189Ô, n» 7.
MÉMOIRES. 83
laisser au-dessus un espace libre. Par le tube a, on fait
venir un courant d'oxygène pur dans le cas présent,
d'hydrogène ou de gaz d'éclairage quand il s'agit de
cultures anaérobies.
On laisse passer le gaz pendant longtemps afin de
purger complètement l'appareil de l'air qu'il renfermait;
lorsque ce résultat est atteint, on ferme la pince et on
coule, dans l'espace laissé libre au-dessus du tampon
d'ouate, de la paraffine fondue qui, en se figeant, produit
une fermeture hermétique.
L'atmosphère du ballon est ainsi constituée d'oxygène
pur; après culture, on fait passer les gaz dans l'eudio-
mètre pour rechercher les modifications qu'ils ont subies.
C. Lorsqu'on dose simultanément l'acide carbonique
et l'ammoniaque produits par la respiration du microbe,
on constate que ces corps se dégagent dans une propor-
tion qui se rapproche beaucoup de celle qui correspond
à la combustion complète de l'albumine.
Pour effectuer ces dosages, j'ai eu recours au dispositif
suivant :
Un ballon d'un demi-litre A, contenant 50 centi-
mètres cubes d'une solution albumineuse faible, est
fermé à l'aide d'un bouchon en caoutchouc percé de
deux trous livrant passage à des tubes de verre fermés
par un tampon de coton; l'un d'eux est muni d'une
pince à sa partie supérieure.
Après stérilisation et ensemencement, le tube b est
réuni à un tube à boules B contenant 10 centimètres
cubes d'acide sulfurique titré, et celui-ci au flacon C ren-
fermant de l'eau de baryte. Le tube à boules D à potasse
protège l'appareil contre l'acide carbonique extérieur.
Le microbe se développe, produit de l'ammoniaque
84
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
et de l'acide carbonique; ce dernier sature tout d'abord
l'alcali formé et l'excédent est absorbé par la baryte.
FiG. 2.
Oe temps en temps, on renouvelle l'atmospbère de la
culture; dans ce but, D est réuni à une trombe. Pour
débarrasser d'acide carbonique l'air inspiré en a, on le
fait passer dans un tube d'absorption à potasse.
Après quinze jours de culture à 50% on provoque
dans l'appareil une circulation lente et prolongée d'air
pour cbasser en C l'acide carbonique produit. Par le
tube a, on introduit quelques gouttes d'acide sulfurique,
afin de décomposer le carbonate d'ammoniaque formé,
et on plonge le ballon A dans un bain d'eau à 40" pour
faciliter le dégagement de l'acide carbonique.
Après avoir fait passer de l'air pendant un temps suffi-
sant, on dose l'ammoniaque dans le ballon A et dans le
MEMOIRES.
tube à boules B, qui a pu retenir des vapeurs ammonia-
cales, et Tacide carbonique dans le flacon C.
J'ai obtenu les chiffres suivants :
Milligrammes.
Ammoniaque 8,0
Acide carbonique .... 71,6
Rapport entre ces deux corps : 1 : 8,9.
Or, le rapport théorique entre l'ammoniaque et l'acide
carbonique produits par la combustion complète de
l'albumine est, en poids, de 1 : 10,55 (en prenant
comme point de départ la formule de Zinoffski).
Le déficit en acide carbonique est dû, sans doute, à la
fixation d'une partie du carbone dans le liquide de
culture à l'état d'acide gras.
D. En dehors de l'acide carbonique et de l'ammo-
niaque, l'analyse décèle la présence, en petites quantités,
dans les liquides fermentes, des corps suivants :
peptones, leucine, tyrosine, acides gras (acides formique,
butyrique et propionique).
Les peptones ont été caractérisées, dans le liquide
débarrassé des albuminoïdes par la réaction du biuret ;
la leucine et la tyrosine, dans l'extrait glycérique, par
leurs formes cristallines.
Pour la recherche des acides gras, j'ai distillé
500 centimètres cubes de culture additionnés d'acide
sulfurique. Dans le distillât, l'acide formique a été mis
en évidence par un sel d'argent; les acides butyrique et
propionique par le procédé deDuclaux (*).
E. Le soufre de l'albumine se retrouve à l'état d'acide
sulfurique.
DucLAUx, Annales de chimie et de physique, série V, l. III, 1874.
86 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
De ces différents faits, on peut déduire la conclusion
suivante :
Sous l'influence du Bacille mycoïde, l'oxygène se
porte sur les éléments de l'albumine, le carbone est
* transformé en acide carbonique, le soufre en acide sul-
furique, une partie de l'bydrogène en eau, et l'ammo-
niaque se dégage en quelque sorte comme résidu.
La production d'ammoniaque apparaît ici comme le
corollaire d'un phénomène respiratoire.
Envisagé de la sorte, le dégagement d'ammoniaque,
aux dépens de l'albumine, peut être rapproché de la
production de soufre aux dépens d'hydrogène sulfuré,
telle que Winogradsky l'a indiquée pour les sulfobac-
téries (*).
Dans les deux cas, une partie de la molécule est
oxydée, fournissant au microbe une certaine quantité
d'énergie, et l'ammoniaque, comme le soufre, constitue
le résidu de la réaction.
L'analogie ressort nettement de la comparaison des
deux équations.
Sulfobactéries :
H2S+0 = H20 + S.
Microbes ammonisants :
C"2H'I2A;5'SS022 -t- 7702 = 29H20 + 7200= + SO^ -\- ISAzU^
(carbonate et sulfate ammonique).
Cette combustion complète de l'albumine par le
microbe est influencée par divers facteurs : température,
aération, réaction et concentration du milieu.
WitiOGKAhSKx, Recherches sur les sulfobactéries. Annales de Tlnst.
Pasteur, l. 111, 1889.
MEMOIRES.
87
Influence de la température. — La température
active, d'une façon remarquable, les phénomènes d'oxy-
dation qui s'accomplissent dans le sol.
Schlœsing et Muntz ont montré que c'est vers 55° que
la nitrification atteint son maximum d'intensité.
J'ai cherché à déterminer quelle est, pour l'ammoni-
sation, la température optima.
Dans ce but, j'ai ensemencé du Bacille mycoïde dans
des ballons renfermant 25 centimètres cubes d'une solu-
tion diluée de blanc d'oeuf dosant ¥',oQ^ d'azote orga-
nique par litre.
Les 50 ballons ensemencés ont été partagés en séries
de 5, qui furent placés simultanément aux températures
suivantes : 0° à 5°, 10% 20% 50% 57% 42". Après trente
jours de culture, j'ai obtenu les quantités suivantes
d'ammoniaque :
TEMPÉRATURE.
BALLONS 1.
BALLONS 2.
BALLONS 3.
BALLONS 4.
BALLONS 3.
MOYENNES.
0° à 50
Traces.
Traces
Traces.
Traces.
Traces.
Tracée.
IS
Jlilli^r.
1,5
Milligr.
3,0
Milligr.
2,5
Milligr.
1,8
Milligr.
-0
Millier.
2,2
20
8,1
9,8
10,1
11,5
8,3
9,6
30
16,8
18,0
14.1
15,1
15,3
15,8
37
0,3
13,2
12,1
10,2
-0
11,2
42
0.0
0.0
0,0
0,0
0,0
0,0
Les résultats moyens indiqués dans la dernière colonne
de ce tableau montrent que de 0" à 5" il n'y a eu que des
traces d'ammoniaque dans les liquides de culture; le
Ces dosages n'ont pu être effectués à cause d'accidents survenus
au.x. cultures.
88 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
réactif de Nessler n'y déterminait qu'une coloration
jaune peu intense ; le microbe s'est cependant développé
abondamment à cette température; toutefois, le stade
floconneux a persisté jusqu'à la fin, les filaments ne se
résolvant pas en spores.
A dO", la production d'ammoniaque est encore faible ;
elle ne devient notable qu'à 20% pour atteindre son
maximum vers 50".
A 57% le phénomène a perdu de son intensité, le
développement du microbe est moins luxuriant, il cesse
complètement à 42%
Le Bacille mycoïde ne compte donc pas parmi les
nombreuses espèces thermophiles que M. Globig (*)
parait avoir isolées du sol.
Influence de l'aération. — En l'absence de nitrates (**),
le bacille mycoïde est essentiellement aérobie; il est
incapable de se développer dans le vide de même que
dans une atmosphère d'hydrogène ou d'acide carbo-
nique.
L'oxydation de l'albumine étant intimement liée à la
respiration du microbe, elle s'accomplit le mieux lorsque
l'oxygène se trouve en grande quantité dans le milieu
ambiant.
C'est ce qu'une expérience très simple montre de la
façon la plus évidente.
On ensemence du Bacille dans les divers récipients
suivants, qui reçoivent chacun 55 centimètres cubes de
solution albumineuse :
(') Gloiîig, Ueber Baclerien-Waclisllmm bis iJ0°-70°. Zeilschrifi f.
Hygiène, l. III.
(") On verra plus loin que celte restriction est nécessaire.
MEMOIRES.
89
1. Ballon dans lequel on fait ultérieurement le vide.
2. Tube long et étroit, où la profondeur du liquide est de 12 centim.
3. Ballon ordinaire — — 5 —
4. Ballon très large — — 2.5 —
Les quatre cultures sont abandonnées pendant quinze
jours à 50°. Après ce temps, on y dose l'ammoniaque.
Voici les résultats obtenus :
CULTURE.
AMMONIAQUE
dans 25 cm3.
AMMONIAQUE
par litre.
Milligrammes.
Grammes.
1
0,0
0,000
2
4,2
0,168
3
8,5
0,340
4
12.5
0,500
Dans le vide, il n'y a eu aucun développement et
aucune production d'ammoniaque, et l'on voit qu'en
présence d'air, les quantités d'alcali formées sont d'au-
tant plus fortes que l'épaisseur de la couche liquide est
moins grande, autrement dit que la surface exposée au
contact de l'air est plus considérable.
Influence de la réaction du milieu. — La réaction du
milieu est, plus qu'on ne le pense généralement, un
facteur important dans la chimie du sol ; elle influe d'une
façon remarquable sur les procès qui s'y accomplissent.
En sol acide, la décomposition des matières orga-
niques est très lente; si, par l'application de chaux, de
marne, d'un phosphate très basique, on vient modifier
cette réaction, la minéralisation des substances orga-
90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
niques s'accomplit rapidement, ce qui se traduit natu-
rellement par une vigueur toute particulière de la végé-
tation.
C'est que les agents par excellence de l'oxydation des
matières organiques, — les bactéries, — se développent
de préférence dans un milieu alcalin.
Winogradsky a montré que le ferment nitreux ne
peut se développer que s'il existe dans le milieu une
base, un carbonate de magnésie, de chaux, etc.
Si donc la réaction est acide, la nitrosation est
entravée.
Il était intéressant de rechercher la sensibilité du fer-
ment ammonisant aux variations de réaction du milieu.
J'ai ensemencé du Bacille mycoïde dans du bouillon
neutralisé (*), additionné de quantités croissantes d'acide
sulfurique.
Voici les résultats obtenus :
CULTURE.
ACIDE SULFURIQUE
par litre.
ÉTAT DE LA CULTURE.
1
GramiiiL'S.
0,1
Développement.
2
0,2
Id.
3
0,5
Id.
4
1,0
Pas de développement.
5
2,0
Id.
6
3,0
Id.
7
4,0
Id.
8
5,0
Id.
(*) L'emploi de la solution albuiiiineuse m'était interdit dans cette
expérience, l'acide emi)loyé précipitant l'albiunine.
MÉMOIRES. .91
Comme on le voit, des quantités de 0^%1 à 0^',5
d'acide par litre n'ont pas entravé le développement du
microbe ; dans ces trois cultures, la réaction est deve-
nue, après quelque temps, fortement alcaline.
Après quinze jours de séjour à la chambre thermos-
tatique à 50°, l'alcalinité de la culture 5 correspondait
à 0^'",525 de potasse caustique par litre.
On suit facilement les variations de réaction dans ces
expériences en ajoutant à la culture quelques gouttes de
teinture de tournesol, dont on voit se modifier la colo-
ration.
Le ferment ammonisant supporte donc un certain
degré d'acidité.
Ce fait explique sa présence dans l'humus des bois,
dans certains terrains où je l'ai rencontré.
Indépendamment de l'action des moisissures, l'ammo-
nisation peut donc s'accomplir dans des sols acides où
la production des nitrates est impossible.
Des nombreuses analyses de terres diverses effectuées
par Petermann (*), il résulte que les composés ammo-
niacaux se rencontrent normalement dans les sols de
prairies, de sapinières, de landes et de bruyères, qui
tous présentent généralement une certaine acidité.
Si le bacille mycoide résiste à une faible acidité, le
milieu alcalin n'en est pas moins celui qui favorise le
plus son développement; il résiste à l'addition aux solu-
tions nutritives de quantités relativement considérables
de potasse caustique.
Petermann, Recherches de chimie et de physiologie appliquées à
l'agriculture^ Bruxelles, 1886, p. 560.
9i
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
CULTURE.
POTASSE CAUSTtQUE
par litre.
ÉTAT DE LA CULTURE.
1
Grammes.
0,1
Développement.
2
0,2
Id.
3
0,5
Id.
4
1.0
Id.
5
2,0
Id.
6
3,0
Pas de développement.
7
4,0
Id.
8
5,0
Id.
9
6,0
Id.
10
10,0
Id.
L'alcalinité des cultures est encore, par suite de la
production d'ammoniaque, peu à peu augmentée.
Influence de la concentration des solutions. — Per-
drix (*) a fait voir que plus un bouillon est riche en
matière azotée, plus est faible la proportion de cette
matière transformée en ammoniaque par la bactéridie
charbonneuse.
J'ai recherché s'il en était de même avec le Bacille
mycoïde.
J'ai donc cultivé le microbe dans des solutions de
moins en moins riches en azote albuminoïde.
Les résultats obtenus ont été les suivants :
(*) Perdrix, loc. cil.
MKMOllŒS.
93
SOLUTION
AZOTE ALBUMINOÏDE
au début
dans 25 cm3.
AZOTE AMMONICAL
à la fm
dans 25 cm3.
POUR CENT
d'azote organique
transformé.
1
2
3
4
5
6
7
8
Slilligrammes.
80,0 (*}
64,0
48,0
32,0
16,0
6,4
3,2
1,6
milligrammes.
34,3
29,5
22,7
18.0
13,8
6,3
3,3
1.4
42,9
46,1
47,3
56,2
86,2
98,4
100,0
100,0
Dans les solutions très diluées, l'azote organique a
été complètement transformé en ammoniaque; c'est ce
qui a eu lieu dans les trois dernières solutions (la diffé-
rence de 0"""^,2 entre l'azote albuminoide et l'azote
ammoniacal de la dernière solution rentrant dans les
limites d'erreur des dosages).
Ensuite, à mesure que la concentration augmente, la
proportion d'ammoniaque diminue. En même temps on
constate que les produits résiduels de l'activité du
microbe, les acides odorants, apparaissent en quantités
beaucoup plus considérables.
Les cultures en solutions étendues ne dégagent aucune
odeur; les liquides concentrés, au contraire, présentent
(■) Soluiion à 20 o/o environ de blanc d'œuf dans laquelle l'azoto a élé
dosé par le procédé Kjeldahl; elle a été rendue incoagulable par l'addi-
tion de 15 cin^ de solution au Viooo ^^ sulfate de fer par litre.
Les autres solutions eu dérivent par dilution.
94' SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
une odeur très intense à la fois butyrique et ammonia-
cale.
Action du bacille mycoïde sur les différentes substances
AZOTÉES.
Substances albumindides . — Je n'ai parlé jusqu'ici
que de l'action du Bacille mycoïde sur l'albumine de
l'œuf, mais j'ai tenu à m'assurer aussi que son action est
identique sur les autres substances albuminoïdes et sur
les peptones.
J'ai opéré de la façon suivante.
Dans des ballons contenant 25 centimètres cubes de
la solution minérale que voici : ,
Eau 1000
Phosphate bipoiassiquc 1
Chlorure de sodium ....... 0,S
Sulfate de magnésium 0,S,
j'ai ajouté respectivement les substances suivantes :
caséine, fibrine, gélatine, gluten, légumine, myosine,
peptone.
Deux ballons sont ainsi pourvus des mêmes composés
albuminoïdes; après stérilisation, l'un d'eux est ense-
mencé de Bacille mycoïde, l'autre est laissé stérile et
servira de témoin.
Après vingt jours de culture à 50°, j'ai obtenu les
résultats consignés dans le tableau qui suit.
MEMOIRES.
95
1 SUBSTANCES
DOSES
dans 25 cm3
de liquide minéral
AMMONIAQUE
dans
le ballon témoin (*).
A M JI N I A Q U E
dans
les cultures.
Caséine .
Fibrine .
Gélatine .
Gluten .
Légumine
Myosine .
Peptone .
Grammes,
0,2
0,2
0,25
0,2
0,2
0,1
0,25
Traces.
Milligrammes.
0,0
0,0
0,0
Traces.
2,3
Traces.
Milligrammes,
10
11,6
18,5
4,5
12,4
8,5
22,0
Ces diverses substances, et particulièrement les pep-
tones, ont donc été énergiquement transformées en
ammoniaque.
Il en est de même de la serine du sang.
Du sérum, dilué au quart, contenait, après quinze
jours du culture à 50°, 1G,"""^5 d'ammoniaque dans
25 centimètres cubes.
On vient de voir que la caséine est comburée par le
microbe ; sa destruction est bien plus complète encore
lorsqu'on prend comme milieu de culture du lait normal
stérilisé. Dans ces conditions, le bacille se développe
avec beaucoup d'énergie, le lait change bientôt d'aspect,
la crème se sépare et vient occuper la surface du liquide,
tandis que le sérum sous-jacent se colore peu à peu en
jaune, puis en jaune brun qui se fonce de plus en plus.
Après un mois de culture, j'ai observé, dans des laits
Provenant d'impuretés.
913 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSGOPIE.
différents , les quantités suivantes d'ammoniaque :
Lait 1 iSmnigjS dans 2b centimèlres cubes,
Lait 2 39""ns,3 dans 25 centimètres cubes,
ce qui fait respectivement 1^'",852 et 1»%572 d'ammo-
niaque produite par litre.
Malgré ces grandes quantités d'ammoniaque, le lait ne
présentait pas, après culture, une forte réaction alcaline.
Ce fait est dû à la production, aux dépens de la lac-
tose, d'acides qui ont neutralisé l'ammoniaque au fur et
à mesure de sa production.
Substances azotées non albuminoïdes, — J'ai dit que
la leucine et la tyrosine sont des produits résiduels de
l'activité du microbe; ces substances peuvent-elles, à
leur tour, être transformées en ammoniaque? En est-il
de même de la créatine, de l'asparagine, de l'urée?
Pour répondre à ces questions, il a été fait des cul-
tures du Bacille mycoïde dans la liqueur minérale de
tantôt, additionnée de 5 grammes par litre de saccha-
rose et des corps azotés à étudier.
Voici les résultats obtenus après dix-huit jours de
culture à 50°.
ODANTITÉS
AMMONIAQUE
AMMONIAQUE
SUBSTANCES
dans 25 cm3
dans
daus
de liquide minéral
les témoins (').
les cultures.
Grammes.
Milligrammes.
Milligrammes.
Leucine . . .
0,1
1,5
5,8
Tyrosine. . .
0,1
1,0
6,7
Créatine . . .
0,1
Traces.
3,4
Asparagine. .
0,25
Traces.
22,0
(*) Provenant d'impuretés.
MÉMOIRES. 97
L'asparagine, la leucine, la tyrosine, et à un moindre
degré la créatine, ont donc été transformées en ammo-
niaque.
Il n'en est pas de même de l'urée. Ce corps se dédou-
blant facilement en carbonate d'ammoniaque, j'ai pré-
paré les solutions par le procédé indiqué par Leube (*)
et qui consiste à stériliser à part l'urée solide et bien
desséchée, qui supporte alors sans danger une tempé-
rature de 100^
L'urée était disposée dans de petites ampoules de
verre que l'on mettait quelques heures à l'étuve à air
chaud et qu'on laissait tomber ensuite dans les ballons
renfermant la solution minérale sucrée stérilisée.
Comme des contaminations auraient pu se produire
pendant ces manipulations, les récipients de culture
étaient mis deux jours à la chambre ihcrmostatique et
l'on n'ensemençait que ceux où ne se manifestait aucun
trouble bactérien.
Dans ces solutions, le Bacille mycoïde n'a présenté
aucun développement. L'urée ne constitue donc pas un
aliment azoté pour ce microbe.
Le nitrate d'urée et les sels ammoniacaux sont dans
le même cas. A plusieurs reprises, j'ai essayé de cultiver
le bacille dans une solution minérale sucrée, addi-
tionnée de 2 grammes par litre de sulfate d'ammo-
niaque; jamais je n'ai observé le moindre trouble dans
la liqueur.
Nitrates. — La culture avec nitrates comme source
d'azote est des plus intéressantes et montre combien les
Leube, Ueber die aminoniakoUsche Hamgàliriing. Virchow's Archiv,
t. C, p. 540.
Wll 8
98 SOCIÉTÉ RELGE DE MICROSCOPIE.
aptitudes physiologiques du microbe varient avec le
milieu.
Si l'on ensemence du Bacille mycoïde dans la solu-
îron minérale sucrée de tout à l'heure, additionnée de
2 grammes par litre de nitrate de soude, on constate
que, durant les premiers jours, le développement est
extrêmement lent. Après deux ou trois jours cependant,
apparaissent dans le liquide des flocons denses et nom-
breux.
Si l'on traite une portion du liquide de culture par le
réactif de Griess {*) et une autre partie par le réactif de
Nessler, on constate la présence simultanée de nitrites
et d'ammoniaque; ce dernier se trouve surtout en grande
quantité.
Ce processus de réduction, déjà signalé chez ce
microbe par de Blasi et Russo Travali (**), présente une
énergie telle, qu'après dix à quinze jours, tout l'azote
nitrique est transformé en ammoniaque, et le liquide de
culture ne donne plus de réaction avec la diphénylamine
sulfurique.
Il est curieux de voir le même microbe agir tantôt en
oxydant, vis-à-vis de l'albumine, tantôt en réducteur, en
présence de nitrates.
Les phénomènes d'oxydation et ceux de réduction ne
sont donc pas nécessairement l'apanage d'organismes
distincts : tous deux sont intimement liés à la respira-
tion des microbes, respiration normale dans le cas de
l'oxydation, respiration intramoléculaire lorsqu'il s'agit
de réduction.
Acide sulfanilique, acide chlorhydrique, chlorure de naphlyla-
mine.
(") Ue Di.Asi et Russo Travali, Gazelta ch'mvca ilaliatia, 1880,
p. 440.
MÉMOIRES. 99
Le Bacille mycoïde se développant en aérobie dans les
solutions de blanc d'œuf, brûle l'albumine à l'aide de
l'oxygène de l'air, tandis que dans les solutions de
nitrates additionnées de sucre, il brûle ce dernier en
enlevant l'oxygène nécessaire à cette combustion aux
nitrates, corps oxygénés et très facilement réductibles.
Les recherches de Laurent (*) ont montré, en effet,
que les nitrates sont aisément réduits, non seulement
sous l'influence d'agents organisés (bactéries, levures,
moisissures), mais encore de facteurs purement phy-
siques (lumière solaire).
S'il en est ainsi, si le bacille peut emprunter l'oxy-
gène nécessaire à sa respiration aux nitrates, il doit
pouvoir, en présence de ces sels, vivre en l'absence
d'oxygène libre, vivre en anciérobie.
C'est ce que l'expérience a prouvé.
Le Bacille mycoïde ensemencé dans une solution
sucrée additionnée de nitrates, en atmosphère d'hydro-
gène ou d'acide carbonique, s'est développé aussi bien
que dans un ballon témoin où l'air avait accès. Ici
encore il y a eu réduction des nitrates en nitrites et en
ammoniaque, et combustion du sucre en acide carbo-
nique et en eau. Les deux phases de cette fermentation
anaérobie peuvent être représentées par les équations
suivantes, dans lesquelles (CH-0) représente l'hydrate
de carbone en présence.
1. SAzO'H + (GH^O) = 2Az02H + H^O + CO^.
2. 2Az02H + 5(CH20) = 2AzH5 + ÔCo^ -f H20.
Comme le sucre, l'albumine peut, en l'absence
(*) Laurent, Notes sur la réduction des nitrates par les plantes et
/uar /a /«mit're 50teire. Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 1890
et 1891.
400 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
d'oxygène mais en présence de nitrates, être oxydée par
le microbe, tandis que lorsqu'il n'existe pas dans le
milieu de substance facilement réductible, la production
d'ammoniaque aux dépens de l'albumine nécessite le
concours de l'oxygène libre.
Action du Bacille mijcoide sur les hydrates de car-
bone. — L'étude de la nutrition carbonée du Bacille
mycoïde présente certaines difficultés spéciales prove-
nant de ce fait, que ce microbe se développe très mal
dans les solutions dépourvues de matières organiques
azotées.
J'ai donc dû me borner à ajouter à des solutions de
blanc d'œuf différents bydrates de carbone.
Dans ces conditions, la culture prend un aspect tout
particulier; dès le second jour, la liqueur se trouble : la
réaction est devenue acide et l'albumine s'est précipitée.
Cette production d'acide s'observe avec la glycose, la
saccharose, la lactose, la dextrine et l'amidon; elle est
très faible avec l'inuline et nulle avec les gommes.
Cette réaction acide n'est cependant pas définitive;
sous l'influence d'une zymase sécrétée par le microbe (*),
les flocons d'albumine précipitée se dissolvent peu à peu,
et, par la production d'ammoniaque, la réaction devient
neutre et puis enfin franchement alcaline. Ceci montre
combien est peu fondée la distinction qu'ont établie cer-
tains auteurs entre les bactéries acidifiantes et les bacté-
ries a Ica nuisantes. Ces variations de réaction dépendent
essentiellement de la nature du milieu.
(') Celle zymase est très probablement du groupe des trypsincs : elle
oeul, en eft'et, agir en milieu alcalin et donne naissance, à côté de
I)eiitones, à de la leucine, lyrosine, etc.
MÉMOIRES. -101
CONCLUSIONS
1. L'oxydation graduelle dans le sol de l'azote des
matières organiques en nitrates ou iiitrification, s'ac-
complit en trois phases principales :
A . Vammonisation ou transformation de l'azote orga-
nique en ammoniaque;
B. La nitrosation ou transformation de l'ammo-
niaque en nitrites;
G. La nitratation ou transformation des nitrites en
nitrates.
2. L'ammonisation s'accomplit essentiellement sous
l'influence des microbes divers (bactéries, levures, moisis-
sures) qui pullulent dans les couches supérieures du sol.
Dans la terre arable, l'action des bactéries est prédo-
minante; dans les terres humeuses, acides, les moisis-
sures interviennent pour une part importante dans le
phénomène.
5. Parmi les bactéries du sol arable, le Baccillus my-
coïdes ou bacille de la terre (Erde Bacillus des auteurs
allemands) est à la fois un des plus répandus et celui dont
l'action sur les matières azotées est la plus énergique.
4. Sous l'influence de ce microbe, l'oxygène se porte
sur les éléments de l'albumine : le carbone est trans-
formé en acide carbonique, le soufre en acide sulfu-
rique, l'hydrogène partiellement en eau, laissant l'am-
moniaque comme résidu de cette oxydation.
t02 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Il y a également production, en petites quantités, de
peptones, leucine, tyrosine et d'acides gras odorants.
5. Les conditions optima pour l'activité du microbe
ammonisant sont les suivantes :
A. Une température élevée, voisine de 50°;
B. Une aération complète;
C. Une légère alcalinité de milieu;
D. Une faible concentration des solutions albumi-
neuses. • .
6. Le Bacille mycoïde s'est montré apte à transformer
en ammoniaque non seulement l'albumine de l'œuf, mais
encore la caséine, la fibrine, la légumine, le gluten, la
myosine, la serine et les peptones.
La créatine, la leucine, la tyrosine et l'asparagine
subissent les mêmes modifications; au contraire, l'urée,
le nitrate d'urée ainsi que les sels ammoniacaux ne sont
pas attaqués par le microbe, pour lequel ils ne consti-
tuent pas un aliment.
7. Le Bacille mycoïde, ammonisant et aérobie en
présence de matières organiques azotées, devient déni-
trifiant et anaérobie quand il existe dans le milieu des
corps facilement réductibles (nitrates).
En l'absence de toute oxygène libre dans des solutions
renfermant une matière organique (sucre, albumine), il
réduit les nitrates en nitrites et en ammoniaque.
Il est donc capable de dégage)' de l'ammoniaque par
deux processus tout à fait opposés : par oxydation dans
un cas, par réduction dans l'autre.
MÉMOIHES. 103
Le présent travail a été exécuté à l'Institut botanique
de Bruxelles; c'est pour moi un devoir bien agréable de
remercier ici publiquement M. le professeur Errera,
ainsi que ses assistants, MM. les docteurs Clautriau et
Massart, pour les précieux conseils qu'ils m'ont prodi-
gués dans le cours de mes recbercbes.
Institut botanique de Bruxelles, novembre 1895.
— «^BOaocO^Sc-
STATUTS
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
-«>^8o-e»-
CHAPITRE PREMIER.
DISPOSITIONS GENERALES.
Article premier. La Société prend pour titre : Société
belge de Mici'oscopie.
Art. 2. Son but est de propager le goût des études
micrographiques, d'en faire apprécier l'utilité, de con-
courir aux progrès de la science par des publications,
par la formation de collections et d'une bibliothèque, et,
par telles autres mesures qui peuvent être jugées utiles.
Elle entend l'étude de la micrographie dans son accep-
tation la plus étendue, embrassant toutes les sciences
médicales, naturelles et industrielles.
Art. 5. La Société a son siège à Rruxelles.
Art. 4. La Société ne peutêtre dissoute que du consen-
tement des quatre cinquièmes des membres effectifs. La
dernière assemblée générale qui prononcera la dissolu-
tion, disposera en faveur d'un établissement scientifique
des collections, bibliothèque et archives.
106 STATUTS.
Art. 5. Aucune modification ne peut être apportée au
présent chapitre des statuts, sans le consentement des
quatre cinquièmes des membres efïectifs, convoqués
spécialement à cet effet en assemblée générale par le
Conseil.
Si cette première assemblée ne réunit pas le nombre
de membres nécessaire pour former cette majorité et par
suite ne peut délibérer valablement, une seconde assem-
blée générale sera convoquée de la même façon, à un
mois d'intervalle, et pourra prendre décision sur les
questions portées à l'ordre du jour de la première assem-
blée, à la majorité des quatre cinquièmes des membres
présents.
Les chapitres suivants peuvent être modifiés par une
assemblée générale, spécialement convoquée à cet eff'et
par le Conseil, et du consentement des trois quarts des
membres effectifs présents à la réunion.
CHAPITRE II.
DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ.
Art. 0. La Société est composée d'un nombre illimité
de membres effectifs et de membres associés.
Le droit d'admission des membres effectifs et des
membres associés appartient aux assemblées de la
Société, sur la présentation du Conseil administratif;
l'admission a lieu à la majorité des voix et au scrutin
secret.
Art. 7. Le diplôme de membre honoraire ou de
membre correspondant peut être décerné aux personnes
STATUTS. 107
qui ont rendu ou qui peuvent rendre des services à la
Société.
Le nombre des membres honoraires est limité à
quinze; celui des membres correspondants à quarante.
Le droit de nomination des membres honoraires et
membres correspondants appartient aux assemblées de
la Société, sur la présentation du Conseil. Les membres
honoraires et correspondants ont comme les membres
effectifs le droit d'assister aux assemblées, ils ont voix
délibérative dans les questions scientifiques.
Nul ne peut faire partie de la Société comme membre
associé s'il a moins de 15 ou plus de 24 ans; les mem-
bres associés n'ont pas voix délibérative.
Art. 8. Les membres effectifs paient une cotisation
annuelle de 15 francs; les membres associés paient une
cotisation de 5 fr.
Les membres effectifs résidant à l'étranger ont la
faculté de remplacer cette cotisation annuelle par un
versement unique de 200 francs.
Art. 9. Tous les membres peuvent consulter les col-
lections, livres, etc., de la Société, en se conformant aux
règlements spéciaux.
Les membres effectifs et honoraires ont droit à un
exemplaire des annales de la Société.
Les membres correspondants et les membres associés
n'ont droit qu'au bulletin mensuel.
CHAPITRE m.
DES ASSEMBLÉES DE LA SOCIÉTÉ.
Art. 10. Les membres de la Société se réunissent de
108 STATUTS.
plein droit annuellement en assemblée générale, le
deuxième dimanche d'octobre, à M heures du matin,
à Bruxelles, au local de la Société.
L'ordre des travaux de cette assemblée est fixé comme
suit :
1° Elle entend le rapport du Conseil sur l'état de la
Société ;
2" Elle arrête son budget ;
0° Elle fixe les jours des assemblées mensuelles de la
Société ;
4° Elle délibère sur les propositions qui lui sont sou-
mises par le Conseil ou qui sont appuyées par neuf
membres effectifs ;
5" Elle nomme au scrutin secret le Président, les
Vice-Présidents, le Secrétaire, le Trésorier et les mem-
bres du Conseil.
Les décisions prises par l'assemblée générale le sont
à la majorité absolue des membres effectifs présents.
Art. 11. Le Conseil a le droit de convoquer la Société
en assemblée générale extraordinaire; il est tenu de la
réunir, dans le délai d'un mois, à la demande signée de
douze membres effectifs.
Art. 11'"'*. Toute convocation des membres de la
Société, en assemblée générale extraordinaire, doit être
envoyée au moins quinze jours avant la date iixée pour
la réunion.
La convocation doit indiquer in extenso les proposi-
tions sur lesquelles rassemblée est appelée à délibérer.
Aucune décision ne pourra être prise sur des questions
ne figurant pas à l'ordre du jour porté sur les avis de
convocation.
STATUTS. 109
CHAPITRE IV.
DE l'administration DE LA SOCIÉTÉ.
Art. 12. La direction de la Société est confiée à un
Conseil qui la représente.
Ce Conseil se compose d'un Président, de deux Vice-
Présidents, d'un Secrétaire, d'un Trésorier, d'un Biblio-
thécaire-Conservateur et de quatre membres.
Art. 15. Le Conseil est chargé de prendre les mesures
et de faire les règlements nécessaires pour assurer la
prospérité de la Société, l'ordre dans ses travaux et
publications, et la conservation des collections, biblio-
thèque, mobilier, etc.
Ses décisions ne sont valables que pour autant
qu'elle soient prises par la majorité absolue de ses
membres.
Art. 15**^^. Le Conseil nomme chaque année deux
membres chargés de se partager les attributions de Secré-
taire-adjoint, de Bibliothécaire-Conservateur-adjoint; la
durée de leur mandat est limitée à un an; ils sont
réel igi blés.
Art. 14. Le Président est nommé pour deux ans et
n'est pas immédiatement rééligible.
Les autres membres du Conseil sont également nommés
pour deux ans; ils se renouvellent par moitié tous les
ans et peuvent être immédiatement réélus.
TABLE GENERALE DES MATIERES
CONTENUES DANS LE TOME XVII
DES ANNALES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
(MÉMOIRES)
Pages.
Notes Mycologiques, par É. De Wildeman (1*^'' fasci-
cule) 6
Notes Mycologiques, par É. De Wildeman, (2*' fasci-
cule) 33
Sur la production de l'ammoniaque dans le sol par les
microbes, par É. Maj{CHAL 69
Statuts de la Société belge de Microscopie 105
EN VENTE CHEZ LE MÊME EDITECK.
y-^C^
Dambre. — Traité de médecine légale et de jurisprudence de
la médecine, par A. Dambre, docteur en médecine, chirurgie
et accouchements; membre de la Société médico-psycholo-
gique, de médecine pratique, et d'anatomie pathologique de
Paris. 3*^ édition, revue par un professeur. I vol. grand in-8°
de 612 pages. 8,00
Delfraysse. — Nouveau guide pratique de médecine populaire
positive, basée sur l'action physiologique de médicaments
complexes, d'après leur finalité thérapeutique et divisés en
spécifiques pour chaque maladie, selon les méthodes des doc-
teurs Belloti et Fineila, par le docteur E.-G. Delfraysse de
Fraysses. 1 vol. in-16, 214 pages. 3,00
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Deiiaeyer. — Les végétaux inférieurs, thallophytes et crypto-
games vasculaires. Classification en familles, en genres et en
espèces, par A. Denaeyer, pharmacien chimiste, membre de
la Société belge de microscopie, membre de la Société royale
de botanique de Belgique, officier de l'ordre de la Rose du
Brésil, etc. Premier fascicule : Analyse des familles, avec
photomicrographies. 2,00
Fascicules 2 et 3 — 399 figures hors texte — pour les sous-
cripteurs. 6,00
Les fascicules 2 et 3 contiennent une monographie com-
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ritiondes principales femelles domestiques, comprenant tout
ce qui a rapport à la génération et à la mise bas naturelle,
les soins à donner à la mère et au nouveau-né, de suite après
la naissance, pendant l'allaitement et l'époque du sevrage,
par M. Deneubourg. 1 vol. grand iu-8° de 583 pages, avec
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de vue de ses causes, de sa nature et de son traitement, par
le docteur X. Francotte, assistant à l'Université de Liège.
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phieappliquée à l'histologie, l'anatomie comparée et l'embryo-
logie, par P. Francotte. 1887. 2,00
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glions et des nerfs spinaux, par le docteur Lahousse, à An-
vers. Broch. in-8° de 30 pages et une planche. 2,00
Poskiii. — « Les trous » au mauvais air de Nivezé (Spa). No-
tice sur les sources naturelles d'acide carbonique, par le doc-
teur Ach. Poskin, médecin consultant aux eaux de Spa. Br.
ni-8'', de 42 pages. 1,00
llcyiine. — Topograi)hie médicale de la Belgique. Etudes de
géologie, de climatologie, de statistique et d'hygiène publique,
parle docteur Meynne, médecin de régiment, etc. 1865. 1 vol.
iu-S", 582 pages et cartes. 10,00
BULLETIN
DE LA
SOCIETE BELGE DE IIICROSCOPIE
DIX-SEPTIÈME ANNÉE
BRUXELLES
A. MANCRAUX, ÉDITEUR
Rue des Trois-Têles, 12 (Monlagne de la Cour)
1891
BULLETIN
UE LA
lÉTE -BELGE DE ilCROSCOPl
E
DIX-SEPTIÈME ANNEE
N" I.
BKUXELLES
A. MANCIÎAUX, ÉDITEUR
Rue des Trois-lêlos, 12 (Monlai^ruî de la Cour)
1890
mimm des séances
BE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N" ï. 1890-181)1
Pi'ocès-vorhal de la séaiico iiieiiNiielle
«lu *^5 o«tol>B*o 1890.
Présidence de M. Rolffart.
La séance est ouverte à 8 1/^ heures.
Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Francolte,
Gevaert, Lameere, Roufïart, De Wildemaii, ff. de secré-
taire.
MM. Rynenbroek et Tochefï assistent à la séance.
MM. Errera et Galleniaerts s'excusent de ne pouvoir
assister à la séance.
M. G. Mantin remercie pour sa nomination de menïbre
effectif.
OuvrfKjcs reçus en honumiife :
Lameëke. — Sur l'unité d\)r'ujine du type arthropode
. L'assemblée remercie le donateur.
XVII 1
â SOCll'TÉ BliLGE DE MICROSCOPIE.
Présentations de membres effectifs :
Le Conseil propose l'admission comme membres
effectifs de
MM, A. Tochelf, éliidianl en sciences naliireiles, rue
d'Orléans, 49, présenté par MM. Bauwens et E. De Wil-
deman.
et Rynenbroek, étudiant en sciences naturelles, chaus-
sée d'Alsemberg, 2, à Uccle, présenté par M. le docteur
Gallemaerts et E. De Wildeman.
MM. A. Tocbeff et Rynenbroek sont proclamés mem-
bres effectifs.
M. le Président accorde la parole à M. Lameere pour
sa communication préliminaire sur l'embryologie de la
Blatte.
Il est décidé que ce travail paraîtra dans le Bulletin.
M. Bray fait ensuite une analyse du travail de M. le
docteur Neubauss, sur la microphotographie; M. le Pré-
sident l'invite à rédiger sur cet ouvrage un compte-rendu
qui paraîtra dans le Bulletin.
La séance est levée à 9 \/îl heures.
Coiiiiiiiinicaiioia |»i*éliiiiiiiaii*o huv la iiiô^aiiié-
riNaiioii «lu «^orp»;» de riii«^ceto, par A. Lamekuk.
Nous avons commencé à l'Institut zoologique de l'uni-
versité de lleidelberg, sous la direction de M. le profes-
BULLETIN DES SÉANCES. 3
sciir Biïtschli, des reclierclies sur l'embryologie de la
Blatte, pour servir de base à une étude sur l'organologie
générale des Insectes.
L'espèce que nous avons choisie est la Plufllodromia
germanica L., Blatte germanique, appelée bêle de gaz
dans certaines parties de notre pays.
Les Blattes pondent leurs œufs dans une ootbèque
que l'on ouvre pour les fixer au moyen de l'eau à 80*' :
après enrobage à la paraffine, nous colorons les coupes
sur la lame par la solution d'hématoxyline de Grenacber.
Nous ne nous occuperons dans cette communication
que de la composition métamérique du corps et du
dénombrement des appendices.
L Ordre de succession des pièces buccales.
Depuis Savigny, l'on admet généralement que la
bouche des Insectes est bordée de trois paires de mem-
bres qui se suivent dans cet ordre à partir de l'extrémité
antérieure du corps : l"les mandibules ; 2" les mâchoires;
5" la lèvre inférieure.
Meinert est d'une opinion différente; se basant sur
des études anatomiques faites sur la bouche des Dip-
tères, il admet que l'ordre de succession des pièces est
le suivant : 1" la lèvre inférieure; 2" les mâchoires ;
3" les mandibules. Il a étendu ses recherches aux Chilo-
podes, et dans son ouvrage intitulé : Caput Scolopcn-
drœ, il reconnaît également que chez ces Arthropodes,
les mandibules ne constituent que la troisième paire de
membres.
Les embryons jeunes de la Blatte à un stade où les
4 SOCIÉTH BELGE DE MICROSCOPIE.
anneaux de la tête ne sont pas encore fusionnés, mon-
trent que l'opinion de Savigny est seule admissible : de
bonne heure, en effet, l'on peut voir les mfîchoires et la
lèvre inférieure se différencier des mandibules par la
présence de leurs palpes, et l'on constate que ces appen-
dices sont portés par des anneaux postérieurs à l'anneau
mandibuiaire.
II. CoMi'OsrnoN métamérique de la tête.
Des opinions très divergentes se sont fait jour sur le
nombre des anneaux qui entrent dans la composition de
la tête de l'Insecte : on se base généralement pour
résoudre la question sur le nombre des paires d'appen-
dices cépbaliques, mais il n'y a pas accord sur ce qu'il
faut en réalité considérer comme appendices; c'est ainsi
que l'on regarde souvent comme tels les pédoncules mo-
biles qui portent les yeux chez certains Crustacés, et
par analogie, l'on est tenté de considérer les yeux com-
posés des Insectes comme décelant la présence d'un
anneau spécial. Il faut toutefois remarquer que c'est seu-
lement chez les Crustacés supérieurs qu'il existe des
appendices oculaires, et que d'autre part certaines pro-
ductions spéciales du revêtement externe du corps peu-
vent devenir mobiles chez un grand nombie d'Arthro-
podes sans constituer cependant des membres vérita-
bles.
Sans parler des ailes et des branchies des larves aqua-
tiques, qui n'ont rien à voir avec les appendices métamé-
riques, citons, à titre d'exemple, la longue corne mobile
qu'offre la tête d'un (^oléoptère Lauieliicorne, VOdonleiis
I5ULLKT1N DES SEANCES.
mnb'Uicornis. La théorie qui fait des yeux une paire
d'appendices n'a donc guère d'arguments pour elle.
Il y a d'ailleurs un autre critérium beaucoup plus sûr
pour déterminer le nombre des anneaux du corps d'^un
Arthropode : c'est le dénombrement des cavités entéro-
cœliennes dont les parois constituent le mésoderme.
A chaque paire de ces cavités, lesquelles envoient
un prolongement dans les appendices, correspond un
anneau.
Nous constatons sur nos coupes qu'il ne se développe
que quatre paires de cavités entérocœliennes dans la
partie de l'embryon qui constituera la tête future; il n'y
en a point qui corresponde aux yeux : la première porte
les antennes ; les suivantes, les mandibules, les mâchoires
et les deux pièces qui forment la lèvre inférieure. Il y a
de plus une cavité impaire antérieure qui correspond au
labre : celui-ci constitue par conséquent un appendice
unique. La tête de l'Insecte se montre donc formée
de quatre anneaux, et de la cavité antérieure impaire
médiane du labre. Nous savons aujourd'hui que ces
cavités entérocœliennes sont les homologues des loges
mésentériques des Anthozoaires : la cavité du labre de
l'Insecte correspond à la loge médio-ventrale qui déter-
mine la bilatéralité de ces Cœlentérés.
iii. homologie des appendices chez les divers
Arthuopodes.
Il règne une confusion extrême dans cette question,
parce que les naturalistes ne se sont pas placés sur le
véritable terrain qui permettait de la résoudre.
6 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
A la suite d'Emile Blanchard, l'on a considéré les ché-
licères des Arachnides comme homologues des antennes
des Insectes, parce qu'elles sont innervées par un nerf
qui part de la masse nerveuse supra-œosophagienne.
Mais Balfour a fait observer que le cerveau des Araignées
comprend deux ganglions : l'un, qui seul se développe
en avant du stomodseum dans l'embryon, innerve les
yeux; l'autre, qui innerve les chélicères, fait primitive-
ment partie de la chaîne ventrale, et ne passe que plus
tard au-dessus de l'œsophage pour venir faire partie du
cerveau. L'opinion d'Emile Blanchard fut par conséquent
écartée, et l'on admit que les Arachnides ne possèdent
point d'appendices correspondant aux antennes des
[nsectes.
D'autre part, le cerveau des Crustacés se montre
formé de trois ganglions : le premier, ophthalmique,
innerve les yeux; les deux suivants envoient des nerfs
aux antennules et aux antennes. Mais l'embryologie des
Crustacés a montré qu'il n'y a chez ces Arthropodes, pas
plus que chez les Arachnides, de membres préoraux :
le stomodseum prend en efïet naissance en avant de
la première paire de pattes chez le Nauplius, et ce n'est
qu'ultérieurement que les cellules qui innervent les
futures antennules et antennes passent au-dessus de
l'œsophage. En outre Pelseneer a démontré que chez
VApus cancri/ormis adulte, on peut encore reconnaître
que les deux premières paires d'appendices sont des
membres [)ostoraux. Les (uilennulcs des Cjrustacés sont
donc les honiohxjiws des cliélicères des Arachnides,
mais à quoi correspondent-elles dans le corps de
l'Insecte?
Laissant d'abord de côté la question de l'innervation
BULLETIN DES SEANCES. 7
et de la position de la bouche, qui n'est que secondaire,
nous devons admettre que la première paire de cavités
entérocœliennes chez l'Insecte et chez l'Araignée sont
homologues.
Or, dans nos coupes d'embryons de Blatte, nous
observons que cette première paire de cavités entéro-
cœliennes correspond aux antennes, couime elle corres-
pond aux chélicères chez les Arachnides.
En outre, les antennes de nos embryons sont dis-
posées absolument comme les autres appendices méta-
mériques, c'est-à-dire qu'elles ne se projettent pas en
avant, mais qu'elles sont dirigées en-dessous et en
arrière : elles simulent des pattes primitives, comme
d'ailleurs aussi les membres buccaux ; de plus, et c'est
là le point important, elles naissent en arrière de l'ou-
verture buccale : le slomodseum se forme en effet en un
point situé en avant de la première paire de cavités
entérocœliennes.
// iiy a donc pas de membres préoraux chez les
Insectes.
Enfin, en ce qui concerne l'innervation, le cerveau
des Insectes est constitué non pas d'un seul, mais de
deux ganglions; le premier est seul primitivement
supra-œsophagien, c'est le ganglion ophthalmique; le
second est constitué par des cellules qui sont situées
primitivement sur les côtés et en arrière du stomodaeum,
mais qui plus tard passent au-dessus de l'œsophage :
c'est ce ganglion qui innerve les antennes.
A Ions ces points de vue, les antennes des Insectes
correspondent donc aux chélicères des Arachnomorphes
et aux antennules des Crustacés.
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
IV. Appendices abdominaux.
Ainsi que l'ont reconnu Biitschli et Graber, chacun
des anneaux de l'abdomen des Insectes porte une paire
d'appendices embryonnaires : nous les observons éga-
lement sur nos préparations dans les stades très jeunes;
ils s'effacent bientôt, à l'exception de deux paires qui
méritent quelque attention , la première et la der-
nière.
La dernière paire d'appendices se développe avant
ceux des autres anneaux abdominaux, et elle s'accroît au
lieu de disparaître -.l'extrémité du corps étant recourbée,
elle est ramenée sous le ventre, de telle façon que l'em-
bryon de Blatte montre longtemps un aspect absolument
comparable à celui d'une Podure. Plus tard cette cour-
bure disparaît, les appendices deviennent terminaux, et
constituent les cerques de l'animal adulte.
La première paire de pattes abdominales prend aussi
un plus grand développement. Graber a déjà observé le
fait sur l'embryon de la Mante religieuse. Est-ce l'indi-
cation d'un stade oîi l'Insecte avait huit pattes comme
l'Araignée?
Le mode de disparition de cette paire d'appendices
est tout à fait extraordinaire et n'a pas encore été signalé.
La partie ectodermique de la patte se gonfle en une sorte
de ballon pédicule dont l'attache avec le corps s'amincit
de plus en plus : à un moment donné, le membre se
détache, et tombe dans la cavité de l'amnios, où l'on peut
sur les coupes en retrouver les débris dans les stades
immédiatement ultérieurs.
BULLETIN DES SEANCES.
V. Numération des somites de l'Insecte.
Nous comptons dix anneaux à l'abdomen embryon-
naire de la Blatte; de sorte que le thorax en comptant
trois et la tête quatre, le corps de l'Insecte se trouve
formé en tout de dix-sept somites.
XVII 1.
Nous publions ci-dessous comme annexe à notre Bulletin,
la traduction de l'important article du docteur Koch.
' Nouvelle communication sur un traitement de la tuberculose,
par M. le professeur R. KOCH.
Lors du dernier Congrès international des sciences médi-
cales, j'ai fait mention d'un moyen par lequel j'ai réussi à
rendre des animaux indemnes contre l'inoculation de bacilles
des tubercules, et même à arrêter le processus tuberculeux
chez des animaux déjà atteints de tuberculose. Maintenant
nous venons de faire, chez l'homme, avec ce remède, des
expériences dont voici le résultat :
Je déclare qu'au fond j'aurais préféré terminer complète-
ment les expériences, surtout en ce qui concerne la collec-
tion d'expériences suftîsantes relativement à l'emploi du
remède dans la pratique, .l'aurais voulu aussi étudier et éta-
blir des règles exactes sur la méthode de la fabrication de cet
agent sur une grande échelle, avant d'en parler au public
médical. Mais, à l'heure actuelle, malgré toutes les précautions
prises, on en a tant parlé et, il est vrai, d'une manière si
exagérée et si peu exacte qu'il me semble bon d'orienter les
médecins sur l'état actuel de cette question, afin qu'il soit,
impossible qu'on s'en fasse des idées fausses. Il est vrai que
je ne puis pas en dire beaucoup encore et que je dois laisser
entièrement de côté plus d'une question bien importante.
Les expériences ont été faites sous ma direction par MM.
Libbertz et Pfuhl. Les malades ont été choisis dans les cli-
niques de MM. Brieger, W. Levy, Fraentzel, von Bergmann.
Je remercie tous ces messieurs et leurs assistants pour le bon
concours qu'ils ont bien voulu me prêter et sans lequel, je
crois, je n'aurais pas réussi à poursuivre jusqu'ici, en si peu
de mois, des expériences qui mettent en jeu une si grande
responsabilité.
Sur le remède lui-même et sur sa composition, je ne puis
XVII 2
42 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE.
rien dire encore, les recherches des méthodes de fabrication
sur une grande échelle n'étant pas encore terminées. J'en
donnerai les détails ultérieurement.
Le remède est un liquide limpide, brunâtre, qui, sans
prendre même des précautions particulières, ne se décompose
pas; avant de s'en servir, il faut le diluer; mais ces liquides
dilués avec de l'eau distillée se décomposent; il s'y développe
des végétations microbiennes; ces liquides se troublent et ne
sont plus applicables. Pour empêcher la décomposition, il faut
stériliser par la chaleur les liquides dilués et les conserver
dans un flacon bouché avec un bouchon d'ouate, ou, ce
qui est plus commode, il faut les diluer à l'aide d'une solution
d'acide phénique de 0.5 p. 100. Mais, malgré tout, l'action des
liquides dilués, soit stérilisés, soit préparés à l'aide de l'acide
phénique, semble s'aff'aiblir au bout de quelque temps, et
c'est pour cette raison que je me sers toujours de solutions
fraîchement préparées.
Le remède ingéré par la bouche n'exerce point d'action :
pour obtenir une action précise, il faut l'employer en injection
sous-cutanée. Nous nous sommes servis pour nos injections
d'une petite seringue à ballon de caoutchouc, elle n'a point
de piston et cette seringue reste facilement aseptique par le
lavage seul avec de l'alcool absolu. Je crois que c'est à ce
mode de procéder que nous devons de n'avoir pas observé
un seul abcès, bien que nous ayons fait plus de mille injec-
tions.
Comme lieu d'application nous avons choisi la peau du dos
dans la région comprise entre les omoplates et dans la région
lombaire, parce que, d'après nos expériences, c'est dans ces
régions que l'injection était presque indolore et ne provoquait
généralement aucune réaction locale.
Duant à l'action du remède sur l'homme, nous avons observé
dès le commencement que l'homme réagit contre cet agents
d'une manière imporlante et facile à constater, mais tout
autrement que le cobaye, l'animal choisi pour ces expé-
riences. C'est une constatation nouvelle de celle règle impor-
tante dont l'expérimentaleur ne peut jamais trop tenir compte.
BULLETIN DES SÉANCES. 13
à savoir que l'on ne peut pas, des résultats des expériences
faites chez l'animal, conclure à des effets identiques chez
l'homme.
En effet, nous avons constaté une réaction bien plus sen-
sible chez rhonnne contre le remède, que ce n'était le cas
chez le cobaye. On peut faire à un cobaye indemne une
injection sous-cutanée de "2 centimètres cubes du liquide non
dilué et même une plus forte encore, sans que l'animal pré-
sente quelque symptôme perceptible. Chez l'homme sain,
une injection sous-cutanée de 0.25 centigrammes du liquide
non dilué, suflit pour produire une action considérable.
En rapportant ces chiffres au poids du corps (1/1500), on
trouve que la proportion qui n'a pas d'action visible sur le
cobaye, suffit pour produire chez l'homme une action éner-
gique.
Pour connaître les symptômes produits par une injection
de 0,25 centimètres cubes chez l'homme, je me suis fait une
injection au bras; voici ce que j'ai observé : trois à quatre
heures après l'injection, tiraillements dans les membres, dis-
position à tousser, dyspnée, symptômes qui augmentaient
rapidement; dans la cinquième heure frisson très violent,
durant presque une heure; en même temps nausées, vomisse-
ments, élévation de température jusqu'à 39°6; au bout de
douze heures, ralentissement de tous les symptômes, le
lendemain, la température était normale. Pendant quelqutîs
jours, je ressentis une lourdeur et une lassitude dans les
membres et il y avait aussi une rougeur autour du point d'in-
jection qui était un peu douloureux.
Chez l'homme sain, la dose minima qui puisse agir est,
d'après nos observations, d'environ 1 centim. cube de la solu-
tion obtenue en diluant le liquide originaire au centième (soit
1 centim. cube du liquide originaire). A cette dose seulement
les individus éprouvent de légères douleurs dans les membres
et une lassitude passagère. Quelques-uns ont présenté, en
outre, après l'application de cette dose, une élévation de la
température à 38° et un peu au-delà.
A côté de la grande différence d'action du remède chez
U SOCIETE BELGE DE MICROSCOIME.
l'homme, d'une part, et chez le cobaye, d'autre part, il y a,
par contre, sur quelques points relatifs à l'action produite,
une assez grande analogie entre ce qui se passe chez l'homme
et chez l'animal.
La plus importante de ses qualités est raction spécifique de ce
remède sur les processus tuberculeux, de quelque genre qu'ils
soient.
Je laisse de côté les expériences sur le cobaye, et je vais
décrire la réaction très étrange de l'homme tuberculeux à
l'égard de ce liquide.
Nous avons vu que l'homme indemne ne réagit nullement
ou presque pas à la dose de 1 centim. cube. Le même fait
a été observé sur les hommes malades, à la condition que
ceux-ci n'eussent pas été atteints de tuberculose. Mais dh que
vous injectez à un homme tuberculeux 1 centigramme de ce
liquide, vous obtenez mie réaction énergique, tant générale que
locale. La dose est, pour les enfants de trois à cinq ans : 0,001
(le dixième de la dose de l'adulte) ; chez des enfants très affai-
blis et chétifs nous avons obtenu, par la dose de 0.0005, une
réaction énergique mais sans danger pour la vie des petits
malades.
La réaction générale débute par un accès de fièvre, qui,
commençant dans la plupart des cas par un frisson, élève la
température au-dessus de '-^9°, même de 40° et 41°; en même
temps on observe : excitation à tousser, douleurs dans les
membres, grande lassitude, plus souvent nausées et vomis-
sements. Chez quelques-uns nous avons constaté un léger
ictère, et chez quelques autres un exanthème au cou et à la
poitrine ressemblant à celui de la rougeole. L'accès commence
quatre à cinq heures après l'injection et dure douze à quinze
heures. Dans des cas exceptionnels, nous avans vu se mani-
fester l'ensemble de ces symptômes plus tard, et chez ces
malades l'accès était moins intense. Les malades sont légè-
rement fatigués par l'accès et, lorsque celui-ci est terminé,
ils déclarent généralement se sentir mieux qu'avant le pro-
cessus.
La réaction locale s'observe le plus nettement chez les
BULLETIN DES SEANCES. 15
tuberculeux, dont l'affection tuberculeuse est visible, c'est-à-
dire chez les malades atteints de lupus tuberculeux. Chez ces
malades le remède produit des altérations qui nous font
connaître, d'une manière surprenante, l'action spécifique
antituberculeuse de ce moyen. Quelques heures après l'in-
jection faite sous la peau dorsale, c'est-à-dire à un point bien
éloigné des parties atteintes, les régions lupeuses commen-
cent — d'ordinaire même avant la manifestation du frisson
— à gonfler et à rougir.
Pendant la fièvre, le gonflement et la rougeur augmentent
de plus en plus et cet état arrive même au point que le tissu
lupeux présente ça et là une couleur brun-rouge et devient
nécrosique. Si les foyers lupeux sont plus limités, on voit que
la région, fortement tuméfiée et d'un brun-rouge, est entourée
d'une auréole blanchâtre d'une largeur de près d'un centi-
mètre, qui à son tour est entourée d'une zone rouge vif. Après
l'abaissement de la température, la tuméfaction des régions
lupeuses diminue peu à peu, de telle sorte qu'elle peut avoir
disparu au bout de deux ou trois jours. Les foyers lupeux eux-
mêmes sont couverts de croûtes formées d'un sérum s'écou-
lant en gouttes et se séchant à l'air; elles se transforment en
escharres qui se détachent spontanément au bout de deux à
trois semaines et présentent, parfois déjà après une seule
injection du liquide, une cicatrice lisse et rouge. En général,
il faut cependant plusieurs injections pour obtenir ce résultat.
Un point à noter, c'est que dans ce processus les altérations
décrites sont exclusivement limitées aux régions atteintes de
lupus ; les plus petites nodosités, presque invisibles et cachées
dans le tissu cicatriciel, prennent même part à ce processus et
deviennent visibles par suite du gonflement et du changement
de couleur, tandis que le tissu cicatriciel proprement dit, dans
lequel les processus lupeux se sont terminés, ne subit aucun
changement.
L'observation d'un malade atteint de lupus tuberculeux et
traité par ce liquide est tellement instructive et convaincante,
que je conseille à celui qui veut se rendre compte de l'action
■16 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOI'IE.
de ce liquide de commencer par le traitement d'un lupus
tuberculeux.
Les réactions locales dans les cas de tuberculose des
ganglions lymphatiques, des os et des articulations, etc.,
sont moins frajipantes, mais toujours encore perceptibles
à l'œil et au toucher. On observe dans ces cas une tumé-
faction, une augmentation de la douleur et, si les parties
atteintes sont situées à la surface, on constate aussi de la
rougeur.
Pour le moment, la réaction qui se fait dans les organes
internes après l'injection échappe à notre observation, à moins
qu'on ne veuille rapporter à une réaction locale l'augmenta-
tion de la toux et des crachats des tuberculeux que l'on vient
d'injecter pour les premières fois. 11 faut admettre pourtant
aussi que chez ces malades il se passe des modifications ana-
logues à celles qu'on observe directement chez les lupeux.
On a observé les phénomènes de réaction dans tous les cas,
chez tous les malades tuberculeux, auxquels nous avons fait
des injections : // n'y a pas un seul cas où le liquide en question
liait manifesté so)i action toujours identique. Voilà pourquoi je
crois pouvoir dire que, pour l'avenir, ces injections nous servi-
ront comme un moyen précieux pour le diagnostic.
A l'aide de ce liquide, on pourra diagnostiquer la présence
de la tuberculose même dans les cas où l'on n'aura pas réussi
à trouver des bacilles ou des fibres élastiques dans les expec-
torations et où l'on n'aura pas non plus réussi à diagnostiquer
la tuberculose par l'exploration physique. Les affections
tuberculeuses des glandes, la tuberculose latente des os, une
tuberculose douteuse de la peau, etc., seront facilement
reconnues comme processus de la tuberculose vraie.
Dans les cas de tuberculose des poumons et des articula-
tions, où le processus pathologique semble être éteint,
l'injection permettra de s'assurer si réellement l'extinction
du processus est complète, ou s'il existe encore quelques
foyers, pouvant un jour donner lieu à une nouvelle évolution
de la maladie, tout comme l'étincellt' cachée sous des cendres
BULLETIN DES SÉANCES. 47
trompeuses peut se rallumer à tout moment et développer une
nouvelle tlamme.
Mais l'importance de l'action du liquide comme remède,
comme agent curatif, est beaucoup plus grande que celle qui
se rapporte à la question du diagnostic.
J'ai dit plus haut que le tissu lupeux, après la diminution
de la tuméfaction et de la rougeur, consécutives à l'injection,
ne revient pas à son état antérieur; au contraire, le tissu
lupeux est plus ou moins détruit et disparaît. Parfois, ce
processus se déroule de manière que le tissu atteint se mor-
tifie immédiatement après une seule injection et se détache
ultérieurement comme un tissu mort. Chez d'autres malades,,
il semble qu'il y ait plutôt une sorte d'atrophie ou de fonte
du tissu, qu'il s'agisse d'un processus qui, pour aboutir à
une guérison, paraît avoir besoin de l'influence répétée de
l'action du liquide. Je ne puis dire exactement aujourd'hui
de quelle manière se font ces processus, les examens histo-
logiques nécessaires faisant encore défaut. Mais ce qui est
constaté, c'est qu'il ne s'agit pas d'une destruction des bacilles
des tubercules contenus dans les tissus; seul, le tissu qui
contient les bacilles des tubercules est atteint par l'action du
liquide. Dans ce tissu on voit une tuméfaction et une rougeur
considérables, c'est-à-dire des altérations notables de la
circulation, d'où dépendent sans doute des modifications
altérant profondément la nutrition, de sorte que le tissu doit
se mortifier. Cette mortification se fera plus ou moins rapi-
dement et profondément, suivant la façon dont l'action du
liquide est utilisée.
Le liquide, je le répète, ne tue donc pas les bacilles des
tubercules, mais le tissu tuberculeux, ce qui fait voir sa limite
d'action. 11 ne peut agir que sur le tissu tuberculeux vivant;
il n'agit point du tout par exemple sur des masses caséeuses
déjà mortifiées, des os nécrosés, etc.; il n'agit pas non plus
sur le tissu mortifié par l'action du liquide lui-même. Use
peut bien qu'il y ait encore dans ces masses de tissu mortifié
des bacilles des tubercules vivants, qui, ou bien sont expulsés
■18 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIR.
avec le tissu nécrosé, ou bien peuvent pénétrer sous des
conditions particulières dans le tissu avoisinant vivant.
Il faut faire bien attention à cette qualité du remède, quand
on veut mettre à profit toute son action pour la guérison. II
faut donc d'abord nécroser le tissu tuberculeux encore vivant,
puis tâcher avec la plus grande énergie d'éliminer le tissu
nécrosé, l'extirper même au besoin. Dans le cas où l'extirpa-
tion n'est pas applicable et où l'activité seule de l'organisme
ne peut effectuer qu'une expulsion lente, il faut continuer
l'application du liquide pour garantir le tissu vivant com-
promis d'une rèimmigration des parasites.
Le fait que le liquide mortifie le tissu tuberculeux et n'agit
que sur le tissu vivant, nous explique encore une qualité bien
particulière de cet agent : c'est que l'on peut en injecter des
doses rapidement croissantes. On pourrait de prime abord
attribuer cela à l'accoutumance; mais cette idée est réfutée
par ce fait que l'on peut augmenter la dose dans le courant
de trois semaines environ jusqu'à cinq cents fois la première
dose; ceci ne peut plus être considéré comme l'effet de l'fia-
bitude, car une telle adaptation rapide des malades à un
médicament est sans exemple.
Il faut dire plutôt qu'au commencement il y a eu une
grande quantité de tissu tuberculeux vivant ; et que par con-
séquent une petite dose de la substance active a suffi pour
produire une réaction énergique; or, comme par chaque
injection on fait disparaître une certaine quantité du tissu
capable de réaction, il faut, au fur et à mesure, des doses
de plus en plus grandes pour obtenir le même degré de
réaction que précédemment. Toutefois j'accorde que le
malade prend, en effet, jusqu'à un certain point, l'habitude
du remède.
A partir du moment où le tuberculeux, traité par des doses
de plus en plus croissantes, ne manifeste qu'une réaction aussi
faible que celle qu'on observe chez l'homme sain après l'in-
jection, on peut admettre que tout tissu tuberculeux suscep-
tible de réaction a cessé de vivre.
BULLETIN DES SEANCES. 19
En conséquence, pour que le malade, tant qu'il y a encore
des bacilles dans l'organisme, soit à l'abri d'une nouvelle
infection, il faut continuer le traitement; mais alors il faut
employer des doses lentement croissantes et établir des inter-
ruptions dans le traitement.
L'avenir nous démontrera si cette idée et les conclusions
que j'en tire sont justes. A l'heure actuelle, j'ai fait mes expé-
riences sur cette base. Nous avons procédé de la manière sui-
vante :
Presque chez tous les lupeux, nous avons injecté la dose
entière de un centigramme, nous avons laissé passer la réac-
tion, et au bout de une à deux semaines, nous avons injecté de
nouveau un centigramme, et nous avons continué de cette
manière jusqu'à ce que la réaction soit devenue de plus en
plus faible, pour cesser enfin complètement. Ainsi, chez deux
malades, atteints de lupus tuberculeux de la face, les régions
lupeuses se sont couvertes de cicatrices lisses après trois ou
quatre injections ; l'état des autres lupeux s'est amélioré de la
même manière au fur et à mesure de la durée de leur traite-
ment. Tous ces malades étaient atteints de lupus depuis bien
des années, et l'afï'ection avait été rebelle jusqu'ici à un grand
nombre de méthodes de traitement auxquelles chacun d'eux
avait été déjà soumis.
Nous avons traité de la même manière des cas de tubercu-
lose des ganglions, des os, des articulations. Le succès obtenu
a été le même que chez les lupeux : amélioration rapide dans
les cas récents et légers, amélioration lente dans les cas graves.
Chez la plupart des tuberculeux, les conditions se présen-
tent un peu différemment. Il faut dire d'abord que les
malades atteints de tuberculose pulmonaire prononcée, sont
beaucoup plus sensibles à l'égard du liquide que les malades
atteints d'aff"ections tuberculeuses chirurgicales. Nous avons
constaté bientôt que la dose d'un centim. cube était trop forte
pour les phtisiques et nous avons obtenu chez ceux-ci une
réaction énergique après l'injection de deux millim. cubes et
même de un millim. cube du liquide. Mais, en débutant par
20 SOCIKTE BELGE DE MICROSCOPIE.
cette dose minima, on peut bientôt augmenter rapidement la
dose, et, au bout de peu de temps, les phtisiques supportent
les mêmes doses que les autres malades.
Généralement nous injections à un phtisique, pour la pre-
mière fois, un millim. cube et, si l'injection était suivie d'élé-
vation de la température, nous injections chaque jour la
même quantité, jusqu'à ce qu'il ne se produisît plus de réac-
tion. A ce moment seulement, nous injections deux millim.
cubes jusqu'à ce que cette injection ne fût plus suivie de
réaction, et ainsi de suite, en augmentant chaque jour la
dose d'un millim. cube; nous sommes arrivés ainsi à des
doses d'un centim. cube et plus. A mon avis, ce procédé doit
donc être suivi chez les malades qui ont peu de forces, car il
permet d'administrer aux malades les doses nécessaires,
presque sans fièvre.
Quelques phtisiques, dont les forces étaient encore assez
bonnes, ont été traités soit à l'aide de doses immédiatement
élevées, soit à l'aide de doses rapidement croissantes, et il m'a
semblé que le résultat favorable se faisait sentir d'autant plus
vite. L'action du liquide chez les phtisiques était telle que
les quintes de toux et les expectorations, après avoir d'habi-
tude augmenté d'abord quelque peu à la suite des premières
injections, allaient ensuite en diminuant à l'ordinaire; puis
ces symptômes décroissaient de plus en plus pour disparaître
enfin complètement, au moins dans les cas où la marche fut
la plus favorable; en même temps, les expectorations, jusqu'ici
purulentes, devinrent muqueuses.
Le nombre des bacilles ne commençait généralement à
baisser que quand l'expectoration avait pris un aspect mu-
queux (il faut noter ici que l'on n'a choisi pour ces expé-
riences que des malades présentant des bacilles dans leurs
crachats). Les bacilles, alors, disparaissaient complètement
pour un temps, mais se retrouvaient de nouveau, de temps
à autre, jusqu'à ce que l'expectoration cessât entièrement.
En même temps les sueurs nocturnes se supprimaient,
l'aspect général s'améliorait, et le poids des malades augmen-
BULLETIN DES SÉANCES. 21
tait. Les malades traités dans le stade initial de la phtisie
furent tous délivrés, en l'espace de quatre à six semaines, de
la totalité des symptômes de leur maladie, de sorte qu'on
put les considérer comme guéris. Des malades, porteurs de
cavernes dont les dimensions n'étaient pas trop grandes,
ont été aussi considérablement améliorés et à peu près guéris.
C'est seulement chez les phtisiques dont les poumons conte-
naient des cavernes nombreuses et vastes, que, (en dépit
d'une diminution encore manifeste des crachats accompagnée
d'un amendementdes phénomènes subjectifs), aucune amélio-
ration objective ne fut constatée. A la suite de ces expériences,
je suis disposé à admettre qu'une phtisie commençante peut être
GUÉRIE d'une manière CERTAINE A l'aIDE DE CE REMÈDE (1). Cette
conclusion s'applique encore, mais en partie seulement, aux
cas dans lesquels l'affection n'est pas trop avancée déjà.
Mais les phtisiques qui portent de grandes cavernes et chez
lesquels il existe, la plupart du temps, des complications
(telles que la pénétration dans les cavernes de divers microbes
susceptibles de produire la suppuration, ou la formation
dans d'autres organes d'altérations pathologiques qu'on ne
peut enlever, etc.), ne retireront guère qu'exceptionnellement
un bénéfice durable de l'emploi de ce remède. Cependant
les malades de cette catégorie furent aussi améliorés passa-
gèrement dans la plupart des cas. On doit en conclure que,
chez eux aussi, le processus morbide originel, la tuberculose,
a été influencée par le remède de la même manière que chez
les autres malades et que, d'habitude, il manque seulement
en pareil cas la possibilité d'éliminer les masses de tissus
(I) Au sujeldecelle déclaration, il faut néanmoins faire encore quelque
réserve, attendu qu'actuellement il n'y a pas et il ne peut pas y avoir
encore d'expériences décisives permettant de savoir si la guérison est
définitive. Il va de soi qu'on ne saurait exclure encore îà présent la
possibilité d'une récidive. On peut fort bien admettre, toutefois, qu'on
viendrait à bout des récidives aussi aisément et aussi rapidement que
de la première atteinte.
Il se pourrait aussi, d'autre part, que les individus une fois guéris
aient acquis une immunité durable, analogue à celle qui s'observe à
l'occasion d'autres maladies infectieuses. C'est là également une
question qui doit demeurer encore ouverte.
22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
nécrosés à côté des processus de suppuration secondaires.
Involontairement on est amené ainsi à se demander si l'on
ne devrait pas porter encore une assistance utile à quelques-
uns de ces malades si gravement atteints, en combinant le
nouveau traitement avec quelque intervention chirurgicale
(dans le genre de Fempyème, par exemple), ou avec d'autres
facteurs curatifs. Ce que je voudrais surtout déconseiller
formellement, c'est l'application de ce remède tentée, en
quelque sorte d'une manière schématique et sans distinction,
chez tous les tuberculeux.
L'indication la plus simple à formuler consiste dans l'appli-
cation de ce traitement dans les cas de phtisie commençante
et d'affections chirurgicales simples; mais, pour toutes les
autres formes de la tuberculose, le jugement du médecin
reprend forcément tous ses droits, car il est indispensable ici
d'individualiser soigneusement et de mettre en même temps
en œuvre tous les autres modes d'assistance susceptibles de
fournir un appui à l'action du nouveau traitement.
Dans bien des cas, j'ai eu cette impression très nette que la
façon dont les soins sont donnés aux malades exerce sur l'ac-
tion curative une influence qui est bien loin d'être sans impor-
tance; aussi je préférerais aux traitements à domicile ou dans
les établissements ambulants, l'application de la cure nouvelle
dans des établissements appropriés, où l'on pourra mieux
assurer l'observation minutieuse des malades et les soins les
plus rationnels. On ne saurait encore déterminer, en ce
moment, dans quelle mesure il sera avantageux de combiner
avec la méthode nouvelle l'application des procédés de traite-
ment reconnus utiles jusqu'à ce jour, tels que l'usage des cli-
mats de montagne, de la cure à l'air libre, des modes spéciaux
d'alimentation, etc.; mais je crois que ces divers facteurs de la
cure, joints à l'emploi du traitement nouveau, seront, eux
aussi, d'une utilité très grande dans un très grand nombre de
cas, notamment dans les cas jusque-là négligés et graves, ainsi
que dans le stade de convalescence (1).
(I) En ce qui concerne la lubcrculose de l'encéphalo ou du larynx et
BULLETIN DES SÉANCES. 2.S
Le point capital du nouveau mode de traitement réside,
comme je l'ai dit déjà, dans son application aussi précoce que
possible. La période initiale de la phtisie représente le vérita-
ble objectif du traitement, parce que c'est à l'égard de celle-ci
qu'il peut exercer son action intégralement. Aussi ne saurait-
on insister suffisamment sur la nécessité qui s'impose aux
praticiens, désormais plus encore que jusqu'à présent, d'éta-
blir le diagnostic de la phtisie d'aussi bonne heure que
possible. Jusqu'ici la recherche des bacilles dans les crachats
était restée considérée, comme un examen d'intérêt secon-
daire, assurant il est vrai le diagnostic, mais sans autre utilité
pour le malade et par suite trop souvent omis, ainsi que j'ai
pu m'en convaincre en ces derniers temps chez un grand
nombre de phtisiques qui avaient passé entre les mains de
plusieurs médecins, sans que leur expectoration eût été l'ob-
jet d'un seul examen.
Il en doit être autrement dans l'avenir. Tout médecin qui
néglige d'établir, à l'aide de tous les moyens qui lui sont
offerts et notamment à l'aide de l'examen des crachats sus-
pects, le diagnostic aussi précoce que possible de la phtisie,
se rend coupable d'une faute professionnelle grave envers son
malade, parce que de ce diagnostic et de la précocité du trai-
tement spécifique consécutivement institué, peut dépendre
cette vie humaine. Dans les cas douteux, le médecin devrait,
à l'aide d'une injection d'essai, acquérir une certitude à l'égard
de l'existence ou de l'absence d'une tuberculose.
Le procédé nouveau ne constituera un réel bienfait pour
l'humanité souffrante que le jour où il aura rendu possible
d'instituer en temps opportun le traitement de tous les cas
de tuberculose, et où il aura permis de ne plus laisser se
développer ces formes négligées et graves, qui ont entretenu
jusqu'à présent une source inépuisable d'infections sans cesse
renouvelées.
la tuberculose miliaire, nous avons eu à notre disposition un matériel
trop restreint pour nous permettre de grouper à cet égard un nombre
d'expériences suffisant.
24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
En terminant, je désire faire observer que je me suis abstenu
intentionnellement dans cette communication de toute don-
née statistique et de toute description des cas particuliers,
parce que les médecins dans les services desquels se trouvent
les malades soumis à nos expériences, comptent fournir eux-
mêmes les observations des divers cas, et que je ne veux rien
relater à l'avance de ce qui se rapporte à leurs observations
présentées sous une forme aussi objective que possible.
PAKATOLOÏDINE
tel est le nom donné par M. Koch à son nouveau remède.
(Semauie médicale)
BILLETII\ DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. NMI. 1890-1891.
Procés-verbal de la séanee lueiisuelle
du 99 novembre 1890.
Présidence de M. Errera, président, i
La séance est ouverte à 8 1/4 heures.
Sont présents : MM. Bauwens, Bordet, D"" Coppez,
H. Coppez, Delogne, de Pitteurs, DeWildeman, Errera,
Francotte, Fanck, Jacobs, Hendrix, M"" Leclercq, Lewin,
Lor, Nypels, Rynenbroeck, Slosse, Tocheff, Vanden-
broeck, et Gallemaerts, secrétaire.
M. le docteur Thiriaux assiste à la séance.
Ouvrages 7'eçiis en hommage :
D"" J.-G. De Man. — Quatrième note sur les nématodes
libres de la !\ler du Nord et de la Mane/ie (Mém. soc.
zool. de France, 1890.)
E. De Wildeman. — Note sur la dispersion des Ceplia-
XVII 3
26 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
leuros virescens et Plitjcopeltis arundinacea (Mont.)
De Toni (Notarisia n" 20.)
J. Deby. — Bihliogimpliie récente des Diatomées III;
Nécrologie (Nuova 'Xotarisia, octobre 1890.)
W. Behrens. — Leitfaden der botanischen Mikrosho-
pie (Ilarald Brnhn, Brannsclnueig).
J.-B. Cox. — Tlie new apocliromatic objective (T/ie
microscope 1890.)
— — Diatoms-Tlieir nutrition and locomotion (The
microscope 1890.)
L'assemblée vote des remerciments à MM. De Man,
De Wildeman, Debv, Behrens et Cox.
Lupus «le la conjonctive, par le D' E. Gallemaerts.
Au moment où- la question de la tuberculose est à
l'ordre du jour, il ne sera pas sans intérêt de dire quel-
ques mots au sujet de l'étiologie du lupus, et de rappeler
rapidement les opinions des auteurs qui ont le plus con-
tribué à établir l'identité de cette affection etde la tuber-
culose.
La question de l'étiologie dulupuspeut être envisagée
à différents points de vue, notamment au point de vue
de la clinique, de l'anatomo-pathologie et de la bac-
tériologie. Je n'ai pas l'intention de développer longue-
guement ce sujet; il est traité d'une façon complète par
l'un de nos membres, M. le docteur Dubois-Havenith
dans un excellent travail qui ne tardera pas à voir le
jour.
En I87r> déjà, Friedliinder se basant sur la présence
BULLKTIN DES SÉANCES. 27
(Je cellules géantes dans le lissii lupeiix, avait émis, l'un
des premiers, l'hypollièse que le lupus et la tuberculose
sont des affections de même nature. Après cet auteur,
Lang (1875), Colomiatti, Idelson (1879), Stilling
(1877) et d'autres se rangèrent à la même opinion qui
fut vivement combattue par Chiari (1879) et Jarisch
(1880).
La structure du lupus fut le mieux étudiée par Baum-
garten; ses recherches portèrentprécisémentsur le lupus
de la conjonctive (*).
En comparant les nodules du lupus et ceux de la
tuberculose, il y rencontrait les ressemblances sui-
vantes : ces nodules sont tous deux formés d'un tissu
de granulations, c'est-à-dire qu'on y rencontre des cel-
lules immigrées, des cellules épithélioïdes, et enfin des
cellules géantes. Si tels sont les caractères communs,
il en est cependant aussi d'essentiellement différents.
D'abord, les produits du lupus se rapprochent beaucoup
plus des tissus de nouvelle formation que les tubercules
proprement dits; le nodule dans le lupus, même quand
ilest complètementdéveloppé, ne seprésenteque comme
un foyer circonscrit de tissu granulaire; il contient des
vaisseaux en môme temps qu'il renferme des cellules
géantes; ce nodule peut s'enflammer, se résorber ou
bien se cicatriser. Le tubercule vrai est toujours un gra-
nulome privé de vaisseaux, et subit un processus nécro-
biotique que l'on ne rencontre jamais dans le lupus : la
caséification.
Birch-Hirschfeld, deux années après la publication du
travail de Baumgarten, s'appuie sur les mêmes considé-
(*) Balmgakten. Ucber Lupus tind Tuberculose, besonden der Conjunc-
liva{Arcli. Virchow, 1880, p. 597).
28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
rations que lui pour repousser l'identité de la tuberculose
et du lupus, tout en admettant la nature infectieuse de
cette dernière maladie.
Lorsque le bacille de Kocb fut découvert, on se trou-
vait en présence d'un nouveau critérium, et la question,
indécise jusqu'alors en raison des divergences d'opinion
basées sur des faits cliniques et anatomo-patbologiques,
fut étudiée de nouveau et définitivement tranchée en
faveur des partisans de l'identité des deux affections. En
effet, Koch, dans son grand travail sur l'étiologic de la
tuberculose, rapporte 7 cas de lupus dans lesquels il
retrouva les bacilles caractéristiques au sein des cellules
géantes; ces bacilles étaient rares il est vrai, car il fallait
parfois examiner 27 à 42 coupes avant d'en trouver un
seul. Mais la preuve de la nature tuberculeuse du lupus
était donnée d'une manière plus concluante, par la
méthode des inoculations. Ainsi, avec les produits des
7 cas de lupus introduits dans l'œil du lapin, Koch
détermina chaque fois une tuberculose de l'iris, puis
une tuberculose généralisée. Enfin, un lupus hypertro-
phique fournit à Koch une culture pure de bacilles tuber-
culeux. La preuve de la nature tuberculeuse du lupus
était ainsi donnée d'une façon péremptoire par la décou-
verte de Koch.
Après lui, Schuchardt et Krause (1885) Lachman
(1884), Kobner (188-4), Martin (1885), Pétrone (1884) et
plus tard Cornil et Leloir (1886), démontrèrent l'exis-
tence du bacille de Koch dans le lupus, les uns en pro-
cédant à l'examen bactériologique des tubercules du
lupus, les autres en ayant recours à des inoculations.
Paul Bert (1885) alla même jusqu'à préconiser le lupus
comme un vaccin contre la tuberculose.
BULLETIN DES SÉANCES. 'i'J
La démonstration du fait est surtout intéressante en
ce qui concerne le lupus de la conjonctive. Pasçenstecher
(1885] détermina avec les produits de o cas de lupus de
la conjonctive, une tuberculose irienne par inoculation
dans la chambre antérieure. Parinaud (1884), Gayet
(1885), Rbcin (1886), Stolting (1886), retrouvèrent le
bacille dans les coupes microscopiques. Plus récemment
encore, Trousseau {") fit part à la Société française d'oph-
talmologie du résultat de ses expériences avec un lupus
de la conjonctive. L'existence des bacilles de Koch fut
déterminée par Haensell ; l'inoculation dans la chambre
antérieure de l'œil du lapin détermina deux fois sur les
deux cas opérés la tuberculose de l'iris; l'inoculation
dans les lames de la cornée ne réussit qu'une fois sur
deux.
Le lupus de la conjonctive est une affection rare ; je
n'en ai pour ma part observé que deux cas, que M. le
professeur Coppez a présentés à sa clinique; cette affec-
tion se développe parfois spontanément, mais le plus
souvent elle se déclare chez des sujets déjà atteints par
l'extension d'un lupus de la paupière ou de la joue. On
trouve sur la muqueuse conjonctivale des végétations
plus ou moins nombreuses et développées, d'un rouge
très vif, ulcérées par places. Les préparations que je
vous présente, proviennent d'un lupus de la conjonc-
tive développé chez une jeune fille de 22 ans, en
traitement dans le service du docteur Coppez. Elle
était malade depuis quatre ans. L'affection avait débuté
par le nez, de là elle s'était étendue à la joue. Chose
remarquable, les gencives sont gonflées et présentent
(1) Trousseau. Lupus et tuberculose oculaire. (Bvll. Société {rançaise
optUalm.), p. 86, an. 18S9.
30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
l'aspect (l'un lissii granulaire qui saigne facilement. En
retournant la paupière supérieure, on peut constater
l'aspect velouté de la conjonctive; et dans le cul-de-sac
existe une végétation rougeâtre, occupant presque la
moitié de la longueur de la paupière. L'excision de la
végétation fut faite à l'œil gauche par M. Coppez, avec
application consécutive du thermo-cautère au niveau
de la plaie. On peut constater dans les préparations
obtenues que la structure répond complètement à la
description de Baumgarten ; c'est un tissu de granula-
tion, les cellules géantes sont très rares, mais par contre
les vaisseaux y sont très abondants. D'autre part, en
traitant les préparations par la méthode de Ziehl, on y
décèle l'existence de nombreux bacilles de Koch. Cette
constatation est donc une confirmation nouvelle d'un
fait observé par beauci)up d'auteurs. Et si l'on considère
comme tuberculeux, tous les processus pathologiquesqui
se développent sous l'influence du bacille de Koch, il est
permis d'affirmer, en nous basant sur ces recherches,
que le lupus et la tuberculose ne sont que des modalités
différentes de la même affection.
Il reste à examiner un dernier point. On peut se
demander pourquoi la tuberculose conjonctivale est si
rare; pourquoi la conjonctive présente-t-elle une espèce
d'immunité contre la tuberculose? La conjonctive
offre cependant une surface exposée à l'inoculation des
germes tuberculeux autant, si pas plus, que les autres
muqueuses. L'explication de ce fait étrange nous semble
fournie par des expériences intéressantes, instituées par
le docteur Valude, de Paris (*).
(*) Vai,ui)E. Etude expérimentale sur Vinoculalion tuberculeuse des
parties baignées par les larmes (1887).
BULLETIN DES SÉANCES. 31
Cet auteur a essayé de déterminer la tuberculose con-
jonctivale par inoculation directe. Il pratiqua 6 inocu-
lations dans la conjonctive saine, 5 dans la conjonctive
présentant des plaies. Aucune ne donna la tuberculose.
Les inoculations pratiquées dans la glande lacrymale
eurent le même insuccès. D'autre part, et ses expérien-
ces concordent avec celles d'autres auteurs, il réussit
cinq fois sur six, à produire la tuberculose par inocula-
tion sous-conjonctivale. Enfin la tuberculisation du sac
lacrymal fut vainement essayée; elle échoua chaque fois
qu'elle fut tentée. Ne peut-on pas en conclure, comme le
fait Valude, que cette immunité de la conjonctive est due
à la présence du liquide lacrymal qui la baigne constam-
ment, s'écoule par le canal lacrymal, est renouvelé sans
cesse, et conserve par conséquent toutes ses propriétés
microbicides pour le bacille de Koch. Une semblable
conclusion n'a rien d'exagéré; elle nous semble justifiée
par les résultats de l'observation et de l'expérimentation.
Le traitement de la tuberculose pai* la lué-*
tliocle de Koeli, par le docteur L. Hendrix.
Notre « Bulletin » a publié l'important article dans
lequel Koch expose sa méthode de traitement delà tuber-
culose, décrit les propriétés de sa lymphe et définit les
résultats divers de son application aux malades tubercu-
leux. Ce travail est en apparence plein de promesses,
en réalité plein de réticences, et contraste avec le style
ferme et les allures nettes auxquels les mémorables tra-
vaux antérieurs de l'illustre bactériologue nous avaient
habitués. Contrairement à ses habitudes, au lieu de nous
32 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
présenter une œuvre complète, terminée, n'exigeant plus
du public scientifique qu'un travail de contrôle, Koch
nous livre aujourd'hui une étude préparatoire, et semble
demander à la clinique le complément des recherches
faites au laboratoire ,'et la confirmation des promesses
qu'il paraît ne formuler qu'avec une certaine hésitation.
Nous ne sommes encore qu'à la première période de
cette étude complémentaire et il est impossible pour le
moment, et probablement avant une longue période d'ex-
périmentation, de formuler un jugement sur la valeur
de la méthode. C'est pourquoi je serai très réservé sur
tous ces points d'appréciation, et très bref dans l'expo-
sition de l'état actuel de la question.
Un premier point semble éclairci. C'est l'incontestable
valeur diagnostique de l'inoculation. Toutes les affirma-
tions de Koch sur ce sujet paraissent se réaliser. La
lymphe est un réactif d'une sensibilité exquise vis-à-vis
du tissu tuberculeux. Il en révèle l'existence partout où
il se trouve et en signale la présence dans les points
ignorés. Chaque jour surgissent à ce point de vue des
révélations inattendues et, cette propriété subsistât-elle
seule, le procédé de Koch constituerait déjà une trou-
vaille d'une valeur inestimable. Cependant de toutes parts,
et j'en ai observé moi-même, sont signalés déjà des faits
d'exception (Rosenbach, Gerhardt, Leytlcn) observés chez
des malades manifestement tuberculeux qui n'ont pas
présenté la réaction caractéristique. Ces faits, rares
exceptions du reste en présence de centaines de faits
positifs, se multiplieront évidemment. Ils demandent à
être étudiés de près, mais ce n'est que quand on pos-
sédera des notions exactes sur le mode d'action des
liquides, et des examens histologiques approtondis, que
BULLETIN DES SÉANCES. 33
l'on pourra en déterminer exactement la signification et
l'importance.
Reste la valeur thérapeutique du remède. Il convient
ici d'être plus réservé encore. La confiance absolue que
l'on ressentait devant les assertions de Koch avait donné
lieu, au début, à d'étranges illusions. On s'imaginait
que le traitement nouveau guérissait d'une manière sûre
et rapide toutes les affections tuberculeuses localisées,
telles que le lupus, la tuberculose chirui'gicale et laryn-
gée, ainsi que les formes plus disséminées, telles que la
tuberculose pulmonaire, à condition que celle-ci ne fût
pas parvenue à un stade trop avancé. Plus le temps passe
et mieux on s'aperçoit qu'il faut en rabattre et remettre
à plus tard la constatation du résultat définitif. En réa-
lité, tous ceux d'entre nous qui sont allés à Berlin et qui
ont pu observer les cas les plus anciens en traitement,
ont bien vu que le liquide de Koch exerce sur le tubercule
une action manifestement favorable, qu'il le mortifie (*),
qu'il en favorise l'élimination de l'organisme, quand celle-
ci est possible, que, s'il ne détruit pas le bacille, il lui fait
perdre de sa vitalité et lui fait subir des altérations évi-
dentes, que d'une manière générale, l'organisme semble
profiter des modifications subies par le tubercule. Mais,
après deux mois environ d'expérimentation, qui de nous
peut dire avec certitude avoir vu un seul cas formel de
guérison? Nous avons vu sans doute des lupus arrivés à
un point d'amélioration tel qu'il confine à la guérison.
Nous avons vu un ou deux cas de tuberculose osseuse qui
(•) Kromayer [Deutsche med. W'ocli., 1890, n» 49) mel en doute
cette manière de voir de Koch. Sur un lambeau de lupus excisé pendant
la réaction, 7 1/2 heures après l'inoculation, il a constaté l'absence de
signes de mortification du tubercule proprement dit, mais bicnl'infiUra-
lion purulente des tissus vasculaires périphériques.
34 SOCIETE BELGE DE BIICROSCOPIE.
semblent guéris. Le professeur Fraeiitzel a congédié
comme rétablis, mais en faisant les réserves les plus
formelles, deux tuberculeux de la poitrine. Kocb affirme
en avoir fait sortir trois guéris. Mais en général nous
avons été obligés de constater, et les observations qui
nous sont parvenues depuis nous confirment dans cette
appréciation, que dans l'immense majorité des cas, si
une amélioration générale a été constatée, la giiérison
est encore attendue et paraît devoir se faire attendre
longtemps.
Je n'insisterai donc pas sur ces points et puisque je
parle à des micrograpbes, je préfère attirer votre atten-
tion sur les modifications que présentent, sous l'influence
des inoculations du liquide de Kocb, les bacilles tuber-
culeux. Les observations sur ce point n'ont pu être faites
jusqu'à présent que sur les bacilles trouvés dans l'expec-
toration des tuberculeux de la poitrine. Cbez ceux-ci,
on observe en général, après les premières inoculations,
une augmentation de la toux et de l'expectoration, dans
laquelle les bacilles sont plus abondants; ils apparais-
sent en agglomérats nombreux, noyés dans des petites
masses visqueuses, qui semblent des tubercules dégéné-
rés et éliminés, au milieu desquels ils paraissent consti-
tuer des cultures pures. Bientôt l'expectoration diminue,
les bacilles sont moins nombreux, disparaissent pendant
quelque temps pour reparaître souvent plus tard. En
même temps ils s'altèrent, et ce sont ces altérations que
vous pourrez vous-mêmes constater sous ces microscopes,
en les comparant aux bacilles normaux, placés à côté.
Elles proviennent d'un malade qui a subi pendant quatre
semaines environ le traitement par les inoculations.
Vous verrez que les bacilles sont beaucoup plus petits
BULLETIN DES SÉANCES. 3S
que les bacilles normaux, qu'ils sont surtout plus étroits,
presque filiformes, qu'à part les deux extrémités, ils
sont mal colorés, que ces deux extrémités, délail carac-
téristique, sont noiablement et très visiblement tumé-
fiées, de sorte que le bacille affecte la forme d'un biscuit
ou plus exactement d'une haltère. Vous verrez aussi que
beaucoup de ces bacilles présentent sur différents points
de leur longueur une sorte d'étranglement qui leur donne
l'aspect moniliforme. Mais je me hâte d'ajouter que cette
dernière altération, quoique de beaucoup plus fréquente
dans ces cas-ci, n'est pas absolument caractéristique.
Elle s'observe notamment aussi, mais plus rarement et
d'une manière moins générale, chez les tuberculeux
encore vigoureux, présentant des cavernes et ayant
résisté longtemps à leur afïection, en un mot, dans les
vieilles cavernes. Les bacilles, quoique altérés, ne meu-
rent pas, ainsi que Koch l'a constaté lui-même. Ils sont
susceptibles de culture et d'inoculation, et l'on a observé
que quand le traitement a été suspendu pendant une
quinzaine de jours, ils reprenaient leurs caractères mor-
phologiques primitifs.
Il ne parait pas, du moins par ce qu'on sait de l'expé-
rience acquise jusqu'à présent, que le tubercule mortifié,
ou du moins altéré, et avec lui les bacilles encore vivants
qu'il renferme, ait une tendance à s'éliminer de l'orga-
nisme, à l'exception toutefois des tubercules tout à fait
superficiels, tels que le lupus, n'infiltrant que les couches
superficielles de la peau, ou le tubercule osseux compli-
qué de fistule. C'est là probablement que réside l'incer-
titude et peut-être le danger de la méthode. Il se peut et
c'est sans doute ainsi que le processus évolue, que les
bacilles restent emprisonnés dans le tubercule mortifié
36 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE.
sur lequel ils n'exercent plus aucune action et qui leur
constitue une enveloppe impénétrable. Mais que, sous
l'influence d'une cause quelconque, un traumatisme, une
inflammation, cette enveloppe vienne à se briser : les
bacilles, rendus à la liberté, se répandront dans le tissu
sain avoisinant et provoqueront une récidive locale, ou
bien, danger plus grand, tomberont dans la circulation
générale et infecteront l'organisme. C'est pourquoi, ainsi
que l'a parfaitement saisi et exposé le docteur Kœhler, il
serait peut-être sage, après guérison par l'inoculation,
d'extirper cbaque fois que ce sera possible (lupus des
couches profondes de la peau, infiltrations sous-cutanées,
ganglions, tubercules des os ou des articulations) le foyer
mortifié.
Tous ces points sont encore du domaine de la théorie
pure et seront résolus par l'expérimentation et l'étude
histologique. Abstenons-nous donc de formuler un juge-
ment, quel qu'il soit et laissons à un avenir, peut-être
prochain, le soin de nous éclairer sur la valeur de la
découverte de Koch.
A la suite de cette communication une discussion
s'engage.
M. le docteur Coppcz est d'avis qu'en présence du
nombre relativement faible d'injections qui ont été faites,
il n'est pas possible d'aflirmer qu'aucune afl'ection géné-
rale autre que la tuberculose, ne puisse donner la réac-
tion à la suite d'injection du liquide Koch. De plus, il
est d'avis que ces injections peuvent présenter de graves
dangers notamment dans les cas de péritonite tubercu-
leuse, de méningite. Si la réaction ne se produit plus
après quelques injections, ce n'est pas, d'après M. Coppez
BULLETIN DES SÉANCES. 37
parce qu'il y a guérison, mais à cause de l'accoutumance
au poison.
M. Hendrix répond que l'expérimentateur doit tou-
jours s'entourer des plus grandes précautions et que
jusqu'ici les accidenis ont été très rares.
M. Gallemaerts demande si les altérations des bacilles
ne se rencontrent pas chez les tuberculeux qui n'ont pas
été soumis au traitement.
M. Hendrix insiste sur ce point que dans les prépara-
tions fournies après l'injection, on constate les déforma-
tions non pas de quelques bacilles, mais de presque tous.
M. Slosse fait remarquer que l'on constate à la suite
des injections, une amélioration dans l'état général, une
augmentation de poids, une diminution de l'expectora-
tion ; ce qui prouve que la situation est devenue meil-
leure.
M. Lewin signale deux cas de tuberculose pulmonaire
avec bacilles, dans lesquels il n'y a pas eu de réaction.
Enfin plusieurs membres sont d'avis que la méthode
n'ayant été expérimentée sur l'homme que depuis le
commencement du mois de septembre, il est difficile en
ce moment d'en déterminer la valeur.
Bibliog;rapliie
Behrens. — Leitfaden der bolanischen Mikroshopie.
Ce travail, constitue pour ainsi dire, une nouvelle édi-
tion de la première partie du grand travail, que M. Behrens
a publié sur les travaux microscopiques de laboratoire.
M. Behrens divise ce traité en deux parties; la pre-
38 SOCIÉTÉ BELGE DE MiCROSCOPlE.
niière traitant du microscope et des appareils accessoires,
la seconde des préparations microscopiques.
Après avoir exposé sommairement la théorie des ima-
ges dans les microscopes simples et composés, il passe
à la description de ces instruments. L'objectif et l'ocu-
laire sont successivement décrits, le stativ et ses diffé-
rents modèles viennent ensuite. Parmi ceux-ci il en est
un qui est encore peu connu c'est le microscope d'aqua-
rium, de Schulze. Il est composé d'un [microscope hori-
zontal, pouvant se mouvoir dans trois directions à l'aide
de vis. 11 se place devant un aquarium à paroi parallèles
et de peu d'épaisseur. Au côté de l'aquarium, opposé au
microscope, on adapte une plaque, percée d'un trou, qui
peut se déplacer à volonté. La lumière est projetée vers
cette ouverture au moyen d'un miroir.
Les appareils d'éclairage, de chauffage, le pouvoir
définissant du microscope, font l'objet de quelques
observations.
Puis vient la description des appareils de stereosco-
pie, de microspectroscopie, de polarisation, et des micro-
mètres oculaires et objectifs.
Puis viennent les chambres à dessiner et les appareils
de photographies, mais ceux-ci n'occupent qu'un espace
très restreint, leur étude faisant d'ailleurs l'objet de
traités spéciaux.
Nous arrivons ainsi à la seconde partie de l'ouvrage
ayant rapport aux préparations elles-mêmes.
Après avoir décrit les ustensiles servant à la prépara-
tion des objets, l'aulcur nous indique les règles géné-
rales à suivre, pour la récolte, la culture des matériaux
d'études; il étudie alors les solutions qui devront fixer
les matériaux trais.
BULLKTIN DES SÉANCES. 39
Les matériaux fixés doivent dans bien des cas être
découpés en tranches, permettant l'analyse microsco-
pique, il s'agit donc de les encastrer dans une substance
qui permette de faire la coupe facilement.
L'auteur décrit ici les différentes méthodes d'inclu-
sion, qui peuvent être employées avec succès dans les
recherches botaniques,
Certaines préparations doivent subir avant l'examen,
certains traitements tels que : la macération, la calcina-
tion, etc., cela forme l'objet d'un autre chapitre. Pour
rendre les coupes plus transparentes, l'on emploie
comme on sait généralement de la potasse caustique en
solution, ou deThypochlorite de potassium ou de sodium.
La première de ces deux solutions absorbe comme on
saitfacilementl'anhydridecarboniquede l'air. M. Behrens
fait usage d'un flacon spécial pour conserver la solution.
Ce flacon à large goulot est fermé par un bouchon en
caoutchouc, qui est percé de deux trous; par l'un passe
un tuyau recourbé, qui plongedans le vase jusqu'au fond,
l'autre bout peut se fermer par un tuyau en caoutchouc
qui se bouche par une bagueltede verre. La seconde ouver-
ture du bouchon porte un entonnoir dans lequel on placera
la substance absorbant l'acide carbonique. Cet entonnoir
est fermé par un bouchon, qui est traversé par un tube
ouvert aux deux bouts.
Pour employer l'appareil, on remplit le flacon aux 5/4,
on bouche en ayant soin de tenir le tube recourbé fermé.
Puis on ouvre ce tube et on ferme l'autre; il suffit alors
de placer sa main sur la portion du flacon qui contient
de l'air, pour que la chaleur augmentant le volume fasse
sortir quelques gouttes par le tube recourbé.
Viennent ensuite les différentes méthodes de colora-
40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IE.
tion, avec indication des formules de préparation des
liquides colorants.
Le chapitre, traitant de l'objet vivant, donne les diffé-
rentes méthodes employées, et décrit entre autres la
méthode indiquée par Klercker, dont j'ai déjà donné la
description dans le bulletin de la Société.
Le travail se termine alors par l'indication des liquides
conservateurs, la fermeture des préparations et leur clas-
sement.
Ce traité est, comme on le voit, très complet malgré
son peu d'étendue, et rendra beaucoup de services à
l'étudiant qui s'occupe de microscopie botanique; il sera
pour lui un vade-mecum au courant de la technique
microscopique actuelle. É. D. W.
I\[otes «le tecliiiiqiie
M. W. Migula vient de décrire dans le Zeitsclirift fur
wissenchaltliche M'ikroskopie, Bd. VII, Heft 2, p. 172,
une nouvelle méthode pour la conservation d'organismes
inférieurs en préparations microscopiques. Le nouveau
médium qu'il propose est formé par le sérum du sang.
Après avoir stérilisé et filtré le sérum, cette dernière
opération devant être faite assez vite, on ajoute au
liquide filtré 10 p. 100 de glycérine; puis on le place
à l'étuve à une température de 45 à 50" C.
Quand l'évaporation est suffisante, on retire et on
obtient ainsi une masse gélatineuse semi liquide; on
l'enferme dans des vases bien fermés, que l'on place à
l'abri de l'humidité.
Pour l'emploi, on prend une minime quantité de la
BULLETIN DES SÉANCES. 44
masse ainsi formée, on la dissout dans dix à quinze fois
son volume d'eau distillée, ce qui demande un certain
temps. On place une goutte de ce liquide sur le porte-
objet et on y laisse tomber à l'aide d'une pipette l'orga-
nisme que l'on veut étudier. On laisse évaporer soit à
l'air, soit mieux à l'étuve vers 50°; les rayons solaires
peuvent également remplir le même but.
On laisse évaporer, jusqu'à ce que la masse qui se
trouve sur le porte-objet ait acquis la consistance du
sérum dont on était parti. On couvre la préparation après
avoir enduit la face du cover, tournée vers la préparation,
d'un liquide formée de :
Glycérine 40 parties.
Alcool absolu 20 —
Eau distillée 40 —
On place la préparation pendant deux heures encore
à l'étuve et on ferme à la manière ordinaire.
Cette méthode conviendrait très bien pour les algues
inférieures telles que les Volvocinées, les Flagellâtes et
pour les Infusoires. É. D. W.
M.Overton a décrit dans le même journal une méthode
spéciale pour la préparation d'algues dans le baume du
Canada.
Les objets à inclure, ayant été préalablement fixés
et colorés sont placés dans une certaine quantité de gly-
cérine diluée, qu'on laisse séjourner dans un vase ouvert
jusqu'à ce que l'eau contenue dans la glycérine se soit
évaporée, les objets sont alors transportés dans l'alcool
absolu.
Si l'on veut employer ensuite, pour éclaircir la prépa-
ration, de la térébenthine, de l'essence de girolle, on place
XVII. 3.
42 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
l'objet dans un verre de montre, en contenant une solu-
tion de 10 p. iOO dans l'alcool absolu. Le verre de mon-
tre est placé dans un vase fermé, dans lequel sont placés
quelques morceaux de chlorure de calcium. L'alcool est
absorbé et les objets s'imprègnent de l'huile, d'où on
peut facilement les transporter dans le baume. De cette
manière on peut monter des algues sans avoir de rata-
tinement. É. D. W.
N. B. Nos lecteurs sont priés de supprimer les deux
dernières lignes de la page 24 du Bulletin n° I; elles
n'appartiennent pas à la communication originale de
Koch.
BILLETIN DES SÉAI\CES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N° III. 1890-1891.
Procès» vei'baB de la séance uiensuclle
du ^7 déceiubi'C 1890.
Présidence de M, Errera, président.
Sont présents : MiM. Bauwens, Clautriau, Coomans,
Crépin, De Wildeman, Dineiir, Errera, Funck, GedoeL^t,
Hendrix, Laurent, Lor, Roufïart, Rynenbroeck et Ga!-
lemaerts, secrétaire.
Le procès-verbal de h séance de novembre est ap-
prouvé.
Ouvrages reçus en hommage :
Rupert Jones. — On some jossiL Estlieriae (Geolog.
magaz., vol. VII, n°515).
— On some Devonia and Silurian Ostracoda from
Norlli America y France, and tlie Bospliortis (Qua)t.
Jour, of (kol. soc, nov. 1890).
XVII 4
44 SOCIÉTÉ BELGE DE MIGROSCOPIE.
RupERT Jones. — Notes on tlie Paleozoic Bivalved
Entomostraca (Ann. and Magaz. of Nat. Hislorif,
oct. 1890).
L'assemblée vote des remerciements à M. Rupert
Jones.
Propositions du Conseil :
Le Conseil propose l'admission comme membres effec-
tifs de : MM. H. Coppez et R. Verhoogen.
En même temps le Conseil propose à l'assemblée de
compléter la liste des membres correspondants par les
noms de : MM. Baumgarten, professeur d'anatomie à
Tubingue, Butschli, professeur à Heidelberg, Metschni-
koff, chef de service à l'Institut Pasteur et Maupas, à
Angers.
Ces propositions sont adoptées.
Communications :
M. De Wildeman expose la suite de ses recherches
sur l'action de h chaleur dans la division cellulaire. Ces
expériences ont été faites sur des algues appartenant au
au groupe des Dcsmidiées et aux genres Cosmarium et
Closlerium. Le résultat obtenu est analogue à celui que
que l'auteur a obtenu sur la Spiroyyra dans un travail
précédent (*).
Il attire en même temps l'attention sur la division du
(■) Ti-aviiil sous presse dans le Journal de ta Sock'lc des sciences médi-
cales CL nalurellcsdc Bruxelles.
BULLETIN DES SÉANCES. ■^45
noyjiU qui se faitcaryocinétiquement et sur diverses par-
ticularités que l'on remarque dans ces mêmes noyaux
en vie.
Une série de préparations microscopiques montrent
les différents stades de la réduplication, que M. De Wil-
deman expose en s'aidant de ligures tracées au tableau
noir.
L'assemblée décide l'impression du travail dans les
Annales.
M. le Président donne lecture dé la lettre suivante :
G and, le 3 novembre 1800.
Cher Collègue,
Je regrette de n'avoir pu assister à la séance de la
Société de Microscopie : je ne suis revenu de Berlin que
lundi soir.
Je le regrette d'autant plus que je ne suis pas d'accord
avec mon excellent confrère M. le docteur Hendrix, sur
le point de savoir quelle interprétation il faut donner
des modifications morphologiques que les bacilles tuber-
culeux présentent parfois dans les crachats des malades
traités par la nouvelle méthode. Je suppose que la pré-
paration, qu'il a montrée à la société, vient de Fraentzel.
J'ai vu des préparations venant du même auteur. Je ne
suis nullement convaincu qu'il s'agisse là de bacilles
altérés, dégénérés ou ayant subi une modification struc-
turale quelconque sous l'influence de l'inoculation de la
lymphe de Koch. Il faut être extrêmement réservé sous
ce rapport, d'abord parce que Koch a affirmé, après de
nombreuses expériences surles animaux, que son remède
n'agit nullement sur la vitalité des micro-organismes
46 SOCIÉTÉ BELGE HE MiCROSCOPIE.
tuberculeux, ensuite parce que les modifications de
forme, que j'ai constatées dans les préparations de
Fraentzel, n'ont rien de bien caractéristique et peuvent
se rencontrer dans des crachats fuberculeux quelconques.
Il y a plus : un même crachat peut fournir, presqu'à
volonté, des bacilles droits, réguliers dans leur forme,
et des bâtonnets segmentés, grenus, noueux, comme
les montrent les préparations de Fraentzel. (1 suffît, pour
cela, de légères modifications dans le mode de traite-
ment.
Ce qui me confirme dans mes doutes, c'est une con-
versation que j'ai eue à l'Institut d'hygiène de Berlin
avec des bactériologistes très entendus. Exprimant mon
étonnement au sujet de l'assurance avec laquelle Fraent-
zel avait conclu de ses préparations à une action directe
du vaccin de Koch sur les bacilles tuberculeux, M. Pfeiffer,
l'assistant du maître, m'a appris que son étonnement
avait été aussi grand que le mien; qu'il regrettait beau-
coup de voiries conclusions deFrâentzelexprimées aust i
formellement, alors qu'elles avaient pour base des obser-
vations très contestables. Le docteur Klïhne, de Wies-
baden, bien connu par ses remarquables recherches sur
les méthodes de coloration des micro-organismes, a fait,
en ma présence, les mêmes réserves. Il a déclaré que les
préparations de Fraentzel ne prouvaient absolumeiit
rien et qu'il était possible d'obtenir des altérations bacil-
laires analogues à celles que Fraentzel considère comuic
produites par le remède de Koch, par les procédés habi-
tuels de coloration et avec des produits tuberculeux
quelconques.
Je vous écris ceci dans l'intérêt de la vérité scienti-
fique. Si vous le jugez bon, veuillez eominiiniqucr ces
BULLETIN DES SÉANCES. > 47
quelques réflexions à la société, en mon nom, dans sa
prochaine séance.
Croyez-moi, cher collègue.
Votre bien dévoué,
D' Van ErmeiNGEm.
A la suite de cette communication, M. le docteur
Hendrix prend la parole :
Je pense, avec M. le docteur Van Ermengen, qu'il faut
faire les réserves les plus formelles sur les conclusions
de Frsentzel au sujet des altérations de forme que subis-
sent les bacilles sous l'influence de la lymphe de Koch,
et il faut évidemment, pour qu'elles soient admises,
qu'elles aient subi un contrôle rigoureux. La préparation
que j'ai montrée à la Société provient du service de ce
clinicien. Je me bornerai seulement à faire remarquer
qu'elle a été prise au hasard au milieu d'une foule d'au-
tres absolument semblables, que le procédé qui a été
suivi pour la préparer est celui, devenu classique, de
Ziehl, que les préparations comparatives, faites sur les
crachats des malades avant leur inoculation, ont été
faites absolument dans les mêmes conditions, et qu'il
est par conséquent assez remarquable, que les mêmes
sujets qui, avant d'être soumis au traitement de Koch,
fournissaient des bacilles normaux, ont tout d'un coup
et tous, éliminé des bacilles altérés. •
Je reconnais néanmoins que Fraentzel est jusqu'à pré-
sent le seul qui ait observé les altérations qu'il signale
et que, en présence de l'opposition assez générale que
rencontrent ses observations, il est bon, jusqu'à plus
ample informé, que nous nous tenions sur la réserve.
48. SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
]\'otes de technique.
Dans une note de M. Pike publié dans The Micros-
cope, l'auteur recommande diverses solutions conserva-
trices. Il a entr'autres trouvé de grands avantages pour
la conservation des algues soit marines, soit d'eau douce,
dans l'emploi d'une solution composée de :
Eau distillée .... 50 grammes.
Sel gemme 0,12 —
Alun calciné .... 0,06 —
Acide carbolique. . . 1 goutte.
M. Ripart employait pour la conservation des algues
d'eau douces, telles que Spirogyra, Zygnema, etc., des
solutions de Phénate de soude, à la dose J p. 1000 et de
10 pour 1000, La première solution sert à la conserva-
tion en grand ; la deuxième sert pour les préparations
microscopiques, mélangées à la glycérine.
Pour obtenir une bonne conservation il recommande
de bien laver les algues, pour les débarrasser des impu-
retés qu'elles pourraient contenir et de les placer dans
des flacons complètement remplis du liquide à base de
phénate. E. D. W.
Troi^^ièiiie eoiUBiisiiiieatioii $i»ur un traiteniesot
«le la tuberculose, par M. le professeur R. Koch,
membre honoraire.
Depuis la communication que j'ai faite, il y a deux
mois, au sujet de mes recherches relatives à un nouveau
procédé de guérison de la tuberculose, beaucoup de
médecins ont reçu le remède en question et ont été
BULLETIN DES SÉANCES. 49
ainsi mis en mesure de connaître, à l'aide de leurs pro-
pres recherches, les propriétés de ce médicament.
En parcourant toutes les publications faites jusqu'ici
sur ce sujet, ainsi que les lettres qui me sont parvenues,
je constate que les données fournies par moi ont été
pleinement confirmées. Tout le monde s'accorde à
reconnaître que ce remède exerce une action spécifique
sur le tissu tuberculeux et que, par conséquent, il peut
être employé comme un réactif très délicat et très sûr
pour la démonstration de processus tuberculeux latents
et pour le diagnostic des cas douteux. En ce qui con-
cerne l'action curative de ce remède, la plupart des
médecins constatent que, malgré la brièveté relative des
cures entreprises, chez beaucoup de malades une amé-
lioration plus ou moins accentuée s'est déjà déclarée.
Dans maints cas, la guérison même, comme on me l'a
annoncé, a été obtenue. D'après quelques renseigne-
ments isolés seulement, ce remède pourrait non seule-
ment devenir dangereux dans des cas de tuberculose
trop avancée (ce que l'on peut admettre sans difficulté),
mais encore activer le processus tuberculeux et, par
conséquent, exercer par lui-même une action nocive.
Depuis un mois et demi, j'ai eu l'occasion de réunir
moi-même toute une série de nouvelles expériences con-
cernant la puissance curative et la valeur diagnostique
de ce remède, sur cent cinquante malades environ
affectés de tuberculoses les plus diverses, à l'hôpital
municipal de Moabit; tout ce que j'ai constaté dans ces
derniers temps concorde avec mes observations précé-
dentes, et je n'ai rien à modifier à mes déclarations anté-
rieures (*).
(*) En ce qui concerne la durée de la guérison, je tiens à faire remar-
50 SOCIETE BELGE DE WICROSCOPIE.
Tant qu'il s'agissait seulement d'examiner la justesse
des données que j'ai fournies, il n'était pas indispensa-
ble de savoir ce que contient le remède en question ni
d'où il provient. L'absence même de notions relatives à
la composition de ce remède assurait, en revanche, l'in-
dépendance du contrôle. Maintenant que ce contrôle a
été effectué, à ce qu'il me semble, dans une mesure suffi-
sante et qu'il a nettement mis en relief l'importance du
remède en question, la tâche prochaine qui s'impose
aux médecins a pour objet d'étendre l'étude de ce remède
au delà de la sphère actuelle et de chercher à appliquer
encore aux autres maladies, susceptibles d'une telle
indication, les principes qui ont servi de base à cette
découverte. Cette tâche exige naturellement la connais-
sance complète du remède en question, et, par suite, je
crois le moment venu de fournir à ce sujet les rensei-
gnements indispensables. C'est ce que je vais faire main-
tenant.
Mais, avant d'étudier la composition de ce remède, je
crois nécessaire, pour permettre de mieux comprendre
son mode d'action, d'indiquer très brièvement la voie
qui m'a conduit à cette découverte.
Lorsqu'on inocule à un cobaye sain une culture pure
de bacilles de la tuberculose, la plaie d'inoculation se
referme généralement et parait guérir dans les premiers
jours; c'est seulement entre le dixième et le quator-
zième jour que se produit un nodule induré qui ne tarde
(.juer ici que, parmi les malades dont j'avais provisoirement signalé la
guérison, il en est deux qui ont été reçus à nouveau à l'hôpital de Moa-
bit, pour y être soumis à une observation prolongée, et que, depuis trois
mois, ils n'ont expectoré aucun crachat bacillifère ; chez eux, en outre,
les symptômes physiques se sont graduellement amendés jusqu'à com-
plète cessation.
BULLETIN DES SÉANCES. al
pas à s'ouvrir et à former une ulcération qui persiste jus-
qu'à la mort de l'animal. Les choses se passent tout
autrement lorsqu'on inocule ainsi un cobaye affecté
préalablement de tuberculose. Les cobayes qui convien-
nent le mieux à celte étude sont ceux qui ont été infectés
avec succès quatre à six semaines auparavant. Dans ces
conditions, l'animal présente aussi, au début, l'aggluti-
nement de la petite plaie d'inoculation, mais il ne s'y
forme point de nodule et dès le premier ou le second
jour on voit se produire, au point d'inoculation, une
altération toute particulière. Cette région devient dure
et prend une coloration plus foncée; d'ailleurs, cette
altération ne se limite pas exclusivement au lieu de l'ino-
culation, mais s'étend à la région voisine, jusqu'à une
distance de 1/2 à 1 centimètre. Durant les jours sui-
vants, on constate, de plus en plus nettement, que la
peau ainsi altérée présente les caractères nécrosiques ;
elle est entièrement éliminée, et il reste alors une sur-
face ulcérée, dont la guérison se fait habituellement
d'une manière rapide et durable, sans que les ganglions
lymphatiques voisins soient infectés. Ainsi, les bacilles
de la tuberculose inoculés exercent sur la peau d'un
cobaye sain une action toute différente de celle qu'ils
produisent sur la peau d'un cobaye tuberculeux.
Mais cette action manifeste n'appartient pas en quel-
que sorte exclusivement aux bacilles vivants de la tuber-
culose; on l'observe également, lorsqu'on injecte des
bacilles privés de vie, aussi bien par l'exposition pro-
longée à une basse température (comme je l'ai expri-
menté au début) que par la chaleur de l'ébullition, ou
par l'effet de certains agents chimiques.
Une fois ces faits particuliers découverts, j'en ai pour-
Si SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
suivi l'étude dans les directions les plus variées. J'ai
constaté, en outre, que des cultures pures du bacille de
la tuberculose, privées de vie, broyées et délayées dans
l'eau peuvent être injectées en quantité considérable
sous la peau de cobayes sains, sans produire autre chose
qu'une suppuration locale (*). Au contraire, des cobayes
tuberculeux sont tués par l'inoculation de doses même
minimes de ces cultures délayées ; ils périssent dans
l'espace de six à quarante-huit heures, suivant les doses
employées. La dose maxima à laquelle on peut arriver,
sans tuer l'animal, est susceptible de provoquer une
nécrose étendue de la peau dans la région où a eu lieu
l'inoculation. Si la solution est encore plus diluée, de
façon à paraître à peine trouble, les animaux inoculés
demeurent en vie, et lorsqu'on continue ces injections
avec des intervalles d'un à deux jours, on voit bientôt se
produire une amélioration notable dans l'état général :
la plaie d'inoculation, ulcérée, se rapetisse et finit par
se cicatriser, ce qui n'arrive jamais lorsqu'on n'a pas
recours à ce genre de médication. Les ganglions lympha-
tiques tuméfiés diminuent, l'état de la nutrition générale
s'améliore et le processus morbide finit par s'enrayer,
s'il n'était pas trop avancé préalablement et si l'animal
ne succombe pas à l'épuisement précédemment pro-
voqué. Ces faits me fournirent les bases pour l'étude
d'un traitement curatif de la tuberculose.
Mais, en pratique, l'emploi de pareilles dilutions de
bacilles delà tuberculose privés de vie rencontra des diffi-
cultés. En effet, les bacilles de la tuberculose ne sont pas,
(*) Les injections de ce genre doivent être rangées parmi les moyens
les plus simples et les plus sijrs pour obtenir des suppurations dépour-
vues de bactéries vivantes.
BULLETIN DES SÉANCES. 53
en quelque sorte, résorbés, ou ne disparaissent pas de
quelque autre manière dans les lieux d'inoculation, mais
ils y demeurent longtemps inaltérés et y produisent des
foyers de suppuration plus ou moins considérables. Ce qui,
dans le procédé en question, exerçait une action cura-
tive sur le processus tuberculeux devait donc consister
en une substance soluble qui a été en quelque sorte
accaparée par les liquides de l'organisme baignant les
bacilles de la tuberculose et qui a été transmise assez
rapidement dans le courant des sucs organiques, tan-
dis que la substance pyogène reste apparemment dans
les bacilles de la tuberculose ou, du moins, n'entre en
dissolution qu'avec une extrême lenteur. Il s'agissait
donc uniquement d'eftectuer aussi, en deliors du corps,
le processus qui s'accomplit dans l'organisme et d'ex-
traire des bacilles de la tuberculose la substance curative,
là où cet isolement serait possible.
Pour satisfaire à cette tâcbe, il a fallu consacrer beau-
coup de peine avant de parvenir enfin à retirer des
bacilles de la tuberculose la substance active à l'aide
d'une solution de glycérine à 40-50 p. 100. C'est à
soixante que s'est élevé le nombre des liquides ainsi
obtenus avec lesquels j'ai institué mes recberches ulté-
rieures sur les animaux et enfin sur l'homme, et avec
lesquels j'ai pu mettre d'autres médecins en mesure de
répéter les expériences.
Le remède à l'aide duquel fai institué le nouveau
traitement curatif de la tuberculose est donc un extrait
glycérine tiré des cultures jmres du bacille de la tuber-
culose. Dans le simple extrait fourni par les bacilles de
la tuberculose passent aussi, naturellement, outre la sub-
stance. active, toutes les autres matières solubles dans la.
o4 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
solution de glycérine à 50 p. 100 et il s'y trouve, par
suite, une certaine proportion de sels minéraux, de
substances colorantes et d'autres matières extractives
inconnues. Quelques-unes de ces substances peuvent en
être assez facilement éliminées. La substance active est,
en effet, insoluble dans l'alcool absolu et peut être ainsi
précipitée, non pas à l'état pur toutefois, mais encore
associée à d'autres matières extractives également inso-
lubles dans l'alcool. Les matières colorantes peuvent être
encore éliminées, ce qui permet de retirer de cet extrait
une substance incolore, à l'état sec, qui contient le prin-
cipe actif sous une forme beaucoup plus concentrée que
la solution glycérinée primitive.
Toutefois, pour l'emploi du médicament dans la pra-
tique, cette épuration de l'extrait glycérine n'offre
aucun avantage, attendu que les matières ainsi éliminées
sont sans action sur l'organisme humain; le processus
d'épuration ne ferait donc qu'augmenter le prix du
remède inutilement.
Relativement à la constitution de la substance active,
on ne peut formuler, provisoirement du moins, que des
hypothèses. Celle-ci me semble être un dérivé de
matières albuminoïdes et paraît se rapprocher beaucoup
de leur constitution ; mais elle n'appartient pas au
groupe des matières désignées sous le nom de toxalbu-
mines, car elle supporte des températures élevées, et,
dans le dialysateur, elle traverse facilement et rapide-
ment la membrane. La proportion de cette substance
qui existe dans l'extrait est, selon toute apparence tout
à fait minime ; je l'estime à une fraction bien inférieure
à 1/100. Si ma supposition est exacte, nous aurions
donc affaire à une substance dont la puissance d'action
BULLETIN DES SEANCES.
à l'égard des organismes affectés de tuberculose dépas-
serait de beaucoup tout ce que nous connaissons parmi
les matières médicamenteuses les plus énergiques.
Pour ce qui concerne le mode suivant lequel nous
devons nous représenter l'action spécifique de ce remède
à l'égard de la tuberculose, il va sans dire que diverses
hypothèses peuvent être émises. Sans vouloir prétendre,
à l'aide de mes vues, arriver à fournir la meilleure
explication, je me représente les phénomènes comme il
suit : les bacilles de la tuberculose, en s'accroissant dans
les tissus vivants, comme dans les cultures artificielles,
y produisent certaines substances qui influent sur les
éléments vivants environnant les cellules, d'une manière
variée et sans doute nocive.
Parmi ces substances, il s'en trouve une qui, à un
degré de concentration déterminé, tue le protoplasma
vivant et y provoque une altération qui aboutit à l'état
désigné par Weigert sous le nom de nécrose de coagu-
lation. Dans le tissu devenu nécrosique, les bacilles
trouvent alors des conditions tellement défavorables à
leur nutrition, qu'ils deviennent incapables de s'accroître
et que, dans certaines circonstances même, ils finissent
par mourir. Je m'explique ainsi ce phénomène remar-
quable qui consiste en ce que, dans des organes récem-
ment affectés de tuberculose (par exemple, dans la rate
ou le foie, parsemés de granulations grises, chez un
cobaye] on trouve de nombreux bacilles, tandis que les
bacilles sont rares ou manquent tout à fait, quand la rate,
colossalement tuméfiée, se trouve constituée presque
entièrement par une substance blancluUre à l'état de
nécrose de coagulation, ce qui s'observe fréquemment
après la mort naturelle cbez les cobaves tuberculeux.
56 SOCIETE BELGE DE MICUOSCOPIE.
Le bacille isolé ne peut provoquer la nécrose à grande
distance ; car, dès que la nécrose atteint une certaine
extension, la croissance du bacille et, en même temps,
la production de la substance nécrosante diminuent; il
se produit ainsi une sorte de compensation réciproque,
d'où il résulte que la végétation des bacilles isolés
demeure aussi remarquablement limitée qu'on l'observe,
par exemple, dans le lupus, dans les ganglions scrofu-
leux, etc. En pareil cas, la nécrose ne s'étend, habi-
tuellement, que sur une partie d'une cellule qui, dès
lors, prend, au cours de sa croissance ultérieure, la
forme de la cellule géante; en adoptant cette manière de
voir, je poursuis la voie tracée par Weigert dans son
interprétation de la formation des cellules géantes.
Si donc, on augmentait artificiellement, dans le voi-
sinage du bacille, la richesse du tissu en substance
nécrosante, la nécrose s'étendrait alors davantage et les
conditions de nutrition deviendraient ainsi beaucoup
plus défavorables pour le bacille qu'elles ne le sont d'ha-
bitude. D'une part, les tissus, devenus dès lors nécrosi-
ques dans une étendue plus grande, se désagrégeraient,
se détacheraient et entraîneraient avec eux les bacilles
inclus, partout où les circonstances le permettraient,
pour les éliminer au dehors ; d'autre part, les bacilles
seraient troublés dans leur végétation à un tel point que
leur mort serait singulièrement facilitée dans ces cir-
constances (beaucoup plus défavorables que leurs con-
ditions biologiques habituelles). C'est précisément dans
sa puissance à provoquer de telles modifications que
consiste, à mon sens, l'action du remède. Il contient
une certaine quantité de substance nécrosante, dont une
dose déterminée lèse, même chez l'individu sain, cer-
BULLETIN DES SÉANCES. 57
tains éléments histologiques (peut-être les leucocytes
ou des cellules qui s'en rapprochent) et produit ainsi
la fièvre avec tout l'ensemble de symptômes carac-
téristiques.
Chez le tuberculeux, une proportion beaucoup plus
faible de cette substance suffit déjà pour provoquer en
des points particuliers (notamment dans ceux où des
bacilles tuberculeux végètent et où ils ont imprégné les
tissus ambiants de cette substance nécrosante) une
nécrose plus ou moins étendue des cellules, en même
temps que des phénomènes corrélatifs intéressant l'en-
semble de l'organisme. Cette manière de voir fournit,
provisoirement du moins, une interprétation plausible
de l'action spécifique qu'exerce sur un tissu tuberculeux
le remède inoculé à des doses bien déterminées; elle
permet de comprendre aussi la possibilité d'augmenter
ces doses avec tant de rapidité, et elle explique enfin
l'action curative incontestable du médicament dans des
conditions quelque peu favorables.
[Deutsche med. Woclienselirift, 15 janv. 1891.)
BULLETIIV DES SÉAI^CES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N" IV. 1890-1891.
Procès-verbal de rassemblée générale
extraordinaire du 31 janvier 189t.
Présidence de M. Errera, président.
Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Coomans,
Crépin, Delogne, De Wildeman, Errera, Francotte,
Lameere, Lewin, Rouffart, Tocheff, Verhoogen, et
Gallemaerts, secrétaire.
M. Vanden Broeck fait excuser son absence.
Ouvrages reçus en hommage :
Kolliker. — Zur feineren Anatomie des centralen
Nervensy stems.
Erster Beitrag : Das Kleinliini.
Zweiter Beitrag : Das R'ûckenmark.
[Zeitsclir. f. wiss. zool., XLIX, 4; LI. 1. 1890).
— Ueber die erste Entivickelung der Nervi olfactorii.
XVI 1 5
60 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
{Sitzungsb. Wûrzb. Pliys. Med. Gesellscliaft, Juli
1890).
Remouchamps et Sugg. — L'acide pfiénique, la créoline
et le lysol. Étude comparative de leur action sur
divei^s microorganismes. (Travaux du laboratoire
d'hygiène et de bactériologie de l'Université de Gand;
extrait du Mouvement liygiénique, 1890).
De WiLDEMAN. — Note sur TEnteromorpha intestinalis;
Linné. [Notarisia, n" 21, 1890).
— — Tableau comparatif des Algues de Belgique.
[Soc. R. Botanique de Belgique. Dec. 1890).
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
L'ordre du jour appelle l'élection du Secrétaire en
remplacement de M. le docteur Gallemaerts, démission-
naire.
M. le Président prend la parole et prononce l'allocu-
tion suivante :
Messieurs et chers confrères,
Vous connaissez l'objet de notre assemblée d'aujour-
d'hui. Par suite de ses occupations croissantes et de
devoirs nouveaux récemment assumés, M. le docteur
Gallemaerts se voit obligé, à notre grand regret, de
quitter le secrétariat de la Société qu'il occupe d'une
façon si distinguée 'depuis plus de cinq ans. Je n'ai pas
à vous rappeler quelle est l'importance du Secrétaire
dans une société scientilique. C'est lui véritablement qui
la fait marcher, c'est vers lui que viennent converger
BULLETIN DES SEANCES. 61
tous les efforts, c'est de lui que partent toutes les impul-
sions. M. le docteur Galleinaerts a rempli ces fonctions
délicates avec un dévouement qui ne s'est jamais démenti
et auquel je me réjouis de pouvoir rendre ici un solennel
hommage. Je vous propose, Messieurs, d'adresser à
notre excellent confrère, M. le docteur Gallemaerts, un
vote de remerciments chaleureux en reconnaissance
des services signalés qu'il a rendus à la Société belge
de microscopie. [Applaudissemenls unanimes).
Il est procédé ensuite à l'élection, et M. le docteur
René Verhoogen est nommé Secrétaire de la Société.
M. le Président souhaite cordialement la bienvenue au
nouveau Secrétaire et l'assure que tous ses confrères se
feront un plaisir de l'aider du mieux qu'ils pourront
dans l'accomplissement de la mission qu'il accepte.
[Applaiiclissements).
M. R. Verhoogen remercie la Société de l'honneur
qu'elle a bien voulu lui faire en l'appelant aux fonctions
de Secrétaire. Il prendra exemple sur son prédécesseur
et promet de n'épargner rien de ce qui dépendra de lui
pour aider à la prospérité de la Société.
Après quelques observations de M. Francotte concer-
nant l'envoi des échanges au local de la Société, la séance
est levée.
Ilotes miero^rapliicfties.
M. Certes (*) en cultivant des Algues, recueillies à
62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
l'entrée des citernes d'Aden, a trouvé un Spirille nou-
veau, remarquable par sa grandeur. Il peut comprendre
jusqu'à 70 tours de spire. Sa longueur varie de 5 à
■250 /x, suivant le nombre de celles-ci.
Ces tours sont juxtaposés étroitement, que l'on exa-
mine un orcfanisme vivant ou fixé.
L'auteur a pu observer la formation des spores, qui
apparaissent un peu partout; elles sont ovalaires. Des
cils ou desflagellums n'ont pu être mis en évidence, mais
il est cependant probable qu'ils existent, car, fixés par
une de leurs extrémités, ces organismes déterminent un
tourbillon intense dans le liquide. Cette forme a été
dénommée par M. Certes, Splrobacilliisgigas.
E. D. W.
Erratum. — Dans la liste des membres correspon-
dants nommés lors de la précédente séance, il faut lire :
M. Maupas à Alger et non à Angers.
(*) Certes. Sur un spirille géant développé dans les cultures de sédi-
ments d'eau douce d'Aden. {Bull. Soc. zool. de France, XIV, p, 522;
Revue gén. des Sciences, 1891, p. 24),
BULLETli\ DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVIÏ. N" V. 1890-1891.
Pi*ocès-ver31)al de la $<éaiicc mensuelle
du 28 février 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 l/:2 heures.
Sont présents : MM. Bauwens, Bordet, Clautriau,
Delogne, De Wevere, De Wildeman, Errera, Gedoelst,
Lameere, M"'' Leclercq, Massart, Rouffart etVerhoogen,
secrétaire.
M. De Bruyne assiste à la séance.
OuvrMjes reçus en hommage :
.Tarez Hogg. — An Inquiry into a cliaracleristic orga-
nisen of Dipliteria [Médical Press. Jan. 1891).
— — A Searcli for a cliaracterislic organism of
Cancer [Médical Press. Dec. 1890).
— — Ouglit Hospital Patient to pag? [Hggiene, a
Sauitarg and social Magazine).
XVI l (i
64 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
E. De WiLDEMAN. — Observations algotogiques [Bull.
Soc. royale de Botanique, ['" partie).
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
Sur la proposition de M. le Président, la Société
décide de s'associer à la manifestation organisée en l'hon-
neur de M. J. Stas. Une adresse lui sera remise à cette
occasion au nom de la Société.
Communications :
Lies Moiiadiiies et leiii* place systéiuatif|iie,
par M. le docteur C. De BruYlNE, assistant à l'Université de
Gand.
(Résumé d'une conférence donnée le 28 février 1891) (').
Notre organisme n'est en dernière analyse qu'une
vaste association de petits corps nommés cellules.
L'examen microscopique d'une portion quelconque, par
exemple, du sang qui s'échappe d'une blessure, des par-
ties solides du crachat, des pellicules qui nous tombent
de la tète, etc., etc., nous le prouve surabondamment et
l'embryologie démontre que l'origine première de notre
{') Cette conférence était accompagnée de projections à la lumière
oxhydrique. Les photogrammes employés représentaient : 1) Une
amibe comme type d'un organisme unicellulaire ; 2) Pseudospora Bene-
déni, Yampijrelia pendilla , Colpodella piignax vivant en parasites sur des
algues; 5) l'évolution de Prokvnonas Spirogyrae, et de Proiomonas
amyli; 4) un plasmode de Monadine en voie de formation; 5) zoospores
d'algues et de cliampignons ; 6) Flagellâtes adultes ; 7) les globules blancs
du sang; s) deux cellules conjonctives pigmentaires; 9) évoluliou com-
plète de Chondrioderma diff'onne (Myxomyccle); 10) Pseudoplasmodium
ûe Dlrluosleliinn mucoro'ldes ; 1 l)id. 'd'une Labijrintkulée; 12) différentes
formes de Cijsles; 1.5) germination et évolution de la spore de Triclûa
wan'ft; 14) sporocyste de Gregarina blatlarum ; 15) évolution complète
de Cotpoda cucullus (Infusoirè).
BULLETIN DES SÉANCES. 63
organisme n'est qu'une simple cellule, la celiulc-œufou.
ovule.
Il en est de même du corps de tous les animaux et de
toutes les plantes : ce sont de simples colonies de cellules
où la division du travail maintient la vie du tout.
Ces cellules vivent chacune en quelque sorte d'une
vie indépendante et dans certains cas on peut les isoler
du corps et les maintenir vivantes, sauf à réaliser les
conditions normales de température, etc.. C'est ainsi
que Lieberkùhn réussit à conserver en vie pendant
85 jours des globules blancs du sang dans une éprou-
vette et que sur des animaux morts depuis plusieurs
jours déjà et en état de putréfaction avancée, on peut
parfois constater la présence de cellules encore parfaite-
ment vivantes. C'est aussi ce qui explique la possibilité
de la transfusion du sang, les greffes animale et végé-
tale, la transplantation des dents, la soudure d'organes
coupés, etc., etc.. .
La nature nous fournit d'innombrables exemples d'or-
ganismes constitués d'une seule de ces cellules et qui
pour ce motif ont reçu le nom d'imiceUiilaires. Chez eux
on rencontre toutes les manifestations de la vie, et ce
au même degré que chez ceux résultant du groupement
de cellules.
Ces petits êtres qui par leur association constituent le
corps et par leur activité déterminent la vie des animaux
et des plantes, méritent donc bien qu'on s'occupe d'eux
et l'on conçoit aisément que leur étude dans tous ses
détails ait donné bien souvent la clef de plus d'un des
mystères qui régnent au fond de notre être. De là tout
l'intérêt matériel et philosophique que peut présenter ce
genre de recherches.
66 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE.
M"® Leclercq vous a longuement entretenus l'an der-
nier des organismes inférieurs, de leurs mœurs, de leurs
affinités, etc. Je traiterai plus spécialement des Mona-
dines sur lesquelles j ai été amené à concentrer mon
attention.
Les Monadines sont des organismes unicellulaires de
fort petite taille (il y a en a qui n'atteignent que quelques
millièmes de millimètres) qui pullulent aussi bien dans
nos eaux salées que dans nos eaux douces, dans le sol
humide, sur et dans le corps des animaux et des plantes.
Elles infestent surtout nos végétaux aquatiques sur les-
quels elles vivent en parasites et y déterminent parfois
de véritables maladies. Des recherches sur ce terrain
donneraient plus d'un détail instructif au point de vue
de la pliytopatlwlogie. On les observe plus rarement à
l'état de saprophytes sur des débris animaux ou végé-
taux. Les Monadines ont dans le choix de leurs hôtes
des préférences marquées, ce qui a contribué à leur faire
donner des appellations spécifiques rappelant les noms
des plantes sur lesquelles on les rencontre. Ex. Diplo-
pliysalis nilellariim (Zopl), Protomonas amyli (Cienk.),
Gymnococcus Licmopliorae (De Br.). A leur tour elles
deviennent parfois victimes du parasitisme soit de leurs
pareils, soit de Saprolégniées.
Leur évolution comprend d'une façon générale les
stades suivants : zoospore, amibe, (plasmode) et cyste.
Dans certaines conditions la zoospore est précédée d'un
autre stade initial, la spore; enfin il est des Monadines
qui pendant leur évolution ne passent pas par l'état de
zoospore : Cienkovvski les a séparées des premières qu'il
a nommées pour ce motif, Monadinac zoosporeac.
Là zoospore est une manière de cellule minuscule
BULLETIN DES SÉANCES. 67
munie à un endroit déterminé d'un ou de plusieurs pro-
longements appelés cils, qui, par leur agitation et bat-
tements actifs et parfois très énergiques, déterminent la
progression de l'organisme. Par le retrait (résorption) de
son cil (ou de ses cils) la zoospore passe à l'état d'amibe.
Ce stade est caractérisé par l'émission sur toute la sur-
face du corps de prolongements épais ou ténus nommés
pseudopodes qui englobent ou embrassent les matériaux
nutritifs et entraînent toute la masse du corps : c'est
ainsi que l'amibe rampe à la surface des corps solides.
Deux ou plusieurs amibes d^ine même espèce de Mona-
dine se rencontrant peuvent se fusionner et donner lieu
•A un plasmode iplasmodium ou plasmodie). Après quel-
que temps l'amibe (ou l'association d'amibes, le plas-
mode, s'entoure d'une membrane solide, produit d'ex-
crétion à la surface, et se transforme en cijste.
Le cyste est une sorte de stade de repos et son contenu
se divise en un nombre déterminé de parties qui, à la
rupture de la membrane, sortiront soit à l'état de spore,
àQ zoospore on cVamibe. La spore n'est, somme toute",
qu'un autre stade de repos caractérisé par ce fait que
chaque portion résultant de la division du contenu cys-
tique se trouve être renfermée dans une membrane pro-
tectrice spéciale, dont la rupture (qui ne se produira que
dans les conditions favorables), mettra en liberté soit
une zoospore, soit une amibe.
D'autres organismes présentent tout ou partie de
ce cycle évolutif. Examinons rapidement dans quels
groupes nous rencontrons ces stades soit isolés, soit
réunis.
La zoospore existe chez les Chytridiacées, les Sapro-
68 SOCIÉTÉ BELGE DE JllCROSCOl'lE.
légniées, quelques Algues, les Myxomycètes, les Mona-
dines, certains Infusoires.
Le stade amibe est fort répandu dans les deux règnes :
Chytridiacées, Myxomycètes, Monadines, certains Infu-
soires, Rhizopodaires, Grégarines.
Le plasmode, d'abord observé chez les Myxomycètes
se rencontre aussi chez les Chytridiacées (?) les Mona-
dines et a été décrit chez Actinophrijs sol. Le plasmode
agrégé ne se rencontre que chez certains Myxomycètes,
chez les Labyrinthulées, chez iMyxodictyon sociale.
Enfin le cijste est encore plus répandu que l'amibe,
mais il est loin d'avoir partout la même signification.
Dans le règne végétal on lui a donné le nom de sporange,
dans le règne animal au contraire il a conservé cette
appellation. Le sporange des Fougères, des Mousses et
de certains Thallophytes, est une partie du corps trans-
formée en organe slrucluré et diffère en cela du cystedes
Monadines où il n'est qu'un produit anhyste d'excrétioUy
protégeant l'organisme tout entier à l'état de repos. On
le rencontre avec ces caractères chez les Myxomycètes,
les Monadines, les Infusoires et les Grégarines.
La série de stades de zoospore, amibe (plasmode) et du
cyste, proprement dit, ne se rencontre donc que chez les
Chytridiacées (?) les Myxomycètes et les Labyrinthulées.
Mais les Chytridiacées possèdent, en outre, la multipli-
cation par zygospore, ce qui les fait d'emblée classer
parmi les Pliycomycètes zoosporés. Il nous faut aussi
négliger momentanément les Labyrinthulées parce que
leur biologie est encore entourée de quelque obscurité.
Les Myxomycètes au contraire présentent dans leur
BULLETIN DES SÉANCES. 69
évolution un parallélisme complet avec les Monadines,
et nous sommes ainsi naturellement conduit à classer ces
deux groupes importants sur une même branche de l'ar-
bre généalogique.
Or, les trois stades évolutifs des Myxomijcètes et des
Monadines se rencontrent a l'état adulte chez les ani-
maux à l'exclusion des végétaux : les Flagellâtes ne
sont que des zoospores d'une forme spéciale; les Rliizo-
podaires, parmi les organismes uni-cellulaires, le globule
blanc du sang, la cellule migratrice, la cellule con-
jonctive pigmentaire, etc., réalisent à l'état adulte le
stade amibe; le plasmodium et le pseudoplasmodium se
rencontrent parfois dans le règne animal (voir plus
haut), jamais dans le règne végétal ; il en est de même
du cyste. Les organismes qui ne présentent dans leur
évolution que des stades animaux, ne pourraient rai-
sonnablement être classés parmi les végétaux, et par cette
affirmation j'entre de plein pied dans la question si sou-
vent débattue déjà au sujet de la place qui revient aux
Myxomycètes dans le règne organique.
Déjà en 1888, dans une communication préliminaire,
j'ai exposé brièvement mes vues personnelles sur la ques-
tion; j'y rencontre la plupart des arguments invoqués
en faveur de la thèse contraire et je conclus, ainsi que
je viens de le faire ici, à classer les Myxomycètes dans le
règne animal (*). Entre les Monadines et les Myxomycètes
existent des transitions graduelles d'une signification et
d'une importance capitales, et je n'hésite pas à y voir
(*) Arrivé à cel eriuroit de ma conférence, j'ai donné lecture (avec
quelques commentaires) de quelques passages de ma brochure sur les
Myxomycètes (Gand, 1888), à laquelle je renvoie le lecteur.
.70 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
avec Cienkowski, Zopf et d'autres, deux subdivisions des
Mycétozoaires (de Bary) : les Monadines et les pAimy-
cétozoaires (Myxomycètes) qui, par leur phase princi-
pale, l'amibe, se rapprochent des Protozoaires rhizopo-
daires.
LES BOLETES
Analyse des espèces de Belgique et des pays
\oisiiis, avec indication des propriétés
comestibles ou vénéneuses, par C. H. Delogxe.
Les Bolétés constituent une tribu de la famille des
Polyporées et sont caractérisées par leur hymenium
formé de tubes séparables, rarement de lames anasto-
mosées et réticulées; spores fusiformes, elliptiques,
ovoïdes ou globuleuses. Ce sont des plantes cliarnues,
putrescentes (rarement marcescentes : Strobilomyces)
ordinairement terrestres.
Les espèces de celte tribu atteignent presque toutes
des dimensions assez considérables. Les unes sont
vénéneuses, les autres sont comestibles et possèdent
même une grande valeur alimentaire. Certains animaux
tels que les boeufs, les chèvres, les chevreuils, les écu-
reuils les mangent avec avidité.
Pour arriver à connaître les bonnes des mauvaises
espèces il faut savoir les distinguer spécifiquement.
Nous avons principalement fait usage de caractères
que l'on peut utiliser au moment de la récolte. C'est
aussi pour faciliter la détermination sur le terrain que
nous avons disposé les dichotomies dans un ensemble
synoptique qui permet de trouver instantanément le
BULLETIN DES SÉANCES. H
groupe auquel appartient l'espèce que l'on a en vue, de
manière que le choix reste limité à un petit nombre
d'espèces.
L'astérisque indique que l'espèce n'a pas encore été
signalée en Belgique.
Les deux premières dichotomies sont exprimées l'une
par A, l'autre par B; les deux suivantes par a et par b;
pour les autres il faut faire correspondre 1 avec 1, 2
-avec 2, etc.
A. Hymenium conslitué par des tubes.
a, Hyménophore mucroné Boletinus, 1.
b. Hyménophore lisse.
1. Tubes se séparant facilement de l'hyménophore . . Boletus, 2.
1. Tubes se séparant difficilement de l'hyménophore.
2. Tubes courts; pores pliciformes, sinueux; chapeau visqueux
ou velu ; spores ovoïdes ou fusiformes . . . Girodon, 3.
2. Tubes longs, adnés au stipe; pores grands, anguleux; cha-
peau muni de mèches floconneuses épaisses; spores glo-
buleuses, purpurines Strobilomyces, 4.
B. Des lames plus ou moins anastomosées surtout près du stipe; spores
fusiformes, jaunes Phylloporus, S.
1. BOLETIMUS, Halchb.
Chapeau large de 6-8 cent., squamuleux, jaune sale; stipe grêle,
creux, floculeux sous l'anneau; tubes décurrents; pores grands,
composés, jaunâtres, verdissants; chair cilrine, douce, inodore. —
Kalchb. le. 31.
Sapinières. — Automne. Comestible B. cavipes Opat.
*i. BOLETLS, Dill.
•A. Tubes de couleur gaie, ord. jaunes, ni blancs ni gris (Euchroi).
a. Tubes adnés au stipe.
t. Stipe non bulbeux, ni réticulé.
2. Chapeau non visqueux.
5. Chapeau velu (Sabtomentosi).
4. Chair jaune.
5. Espèces non cespileuses.
6. Stipe égal ou subégal.
72 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
7. Stipe strié supérieurement, rougeâtre ou jaune
brun ; ciiapeau brun roux, souvent muni de cre-
vasses rouges; tubes un peu déprimés autour du
stipe ou décurrenis ; pores assez grands, anguleux,
jaunes, verdissants; cliair rouge sons l'épiderme;
odeur faible. — Bull. 490 f. 5; Quel. Jur., t. 16
f. 5;Gill.
Bois, pelouses. — Été, Aut. Suspect.
B. chrysenteron Fr. 1,
7. Stipe non strié, jaunâtre, souvent taché de brun;
chapeau jaune roussâtre, couvert de petites écail-
les brunes et pileuses; tubes adnés, jaune bru-
nâtre, à la fin brun sale, à orifice petit; odeur
agréable. — Fr. Swer. 66; Gill.; Lenz f. 39;
Krmbh. 54 f. 15-18 et 73 f. 7-14; Harz. IS; Rost.
t. 16.
Sapinières. — Aut. Suspect. . B. variegatus Sw. 2.
6. Stipe atténué inférieurement; pores grands, angu-
leux, jaunes.
7. Stipe plein puis creux, atténué à la base, jaune
d'or, ponctué de brun, surtout au sommet et mar-
qué d'un cercle orangé rougeâtre sous les pores ;
chapeau large de 5-6 cent., fauve ocracé, obtus,
puis plan, irrégulier, mou, spongieux, tomenteux
fibrilleux; pores subdécurrents ; chair jaunâtre
dans le chapeau, rougeâtre dans le stipe.
Sapinières. — Sept. . B. armillatus Bom. et R. 3.
7. Stipe plein, atténué en racine, couvert d'une prui-
nosité rougeâtre; chapeau large de 3-7 cent.; gris
olivâtre ou jaune terne ou gris cendré, â bords
enroulés; tubes jaune citron; pores inégaux,
bleuissant ou verdissant sous les doigts ; chîiir
molle, bleuissant à la cassure; goût amer. —
Opat. Bol. t. i ; Quel. Jur. 16 f. 3.
Bois de cliênes ou de hêtres. — Été. Aut.
*B. radicans Pcrs. 4.
5. Espèce cespiteuse; mycélium jaune d"or; chapeau soyeux
tomenteux; stipe ferme, ventru, lisse, sulfurin; tubes
adnés, décurrenls-courts ; pores petits, composés ; chair
rougeâtre sous les tubes, bleuissant à la cassure puis
redevenant jaune. — Journ. of bot., 1873, t. 162.
Parmi les branches pourrissantes de sapin.
*B. sulphureus Fr. 5.
BULLETIN DES SÉANCES. 73
4. Chair blanche ou pâle, ne changeant pas ou changeant peu
à l'air.
5, Siipe strié; chapeau olivacé ou subolivacé, large de
5-6 cent., mou ; pores anguleux.
6. Slipe jaune, rougeâlre à la base, strié de brun noi-
râtre; tubes verdâires; pores petits, jaunes, irrégu-
liers ; chair blanche, jaune sous les tubes et à la
base du stipe, ferrugineuse sous l'épiderme de cha-
peau. — Batt. t. 29 C; Britz. Bol. f. 9.
Sous les sapins. — Aut. Comest. . *B. striipes Fr. 6.
6. Slipe jaune ou pâle olivacé, strié derougeâtre; cha-
peau parfois fendillé par la sécheresse; lubes jau-
nes puis verdâtres, déprimés autour du slipe; pores
grands, irréguliers; chair blanchâtre, concolore
sous répiderme du chapeau, bleuissant quelquefois
légèrement à l'air. — Boit. 84;Schf. H2; Krmbh.
57f. 8-H; Bull. .ïQô ; Gonn. et Rab. VII. t.5f. 1;
Pat. 670.
Bois. — Été. .\ut. Comest.? B. subtomentosus L. 7.
5. Stipe lisse, floculeux, renflé de haut en bas, jaune sale,
brunâiro vers la base; chapeau large de 8-10 cent.,
brun, souvent fendillé ; lubes adnés, jaunes, à la fin
jaune verdâlre; pores petits, subarrondis; *hair non
changeante à l'air, brun rougeâlre sous la cuticule du
chapeau.— Schf. 126; Krmbh. Ô6f. 19.20; Britz. Bol. f.29.
Bois, surtout à ta base des troncs. — Aut.
B. spadiceus Schf. 8.
ô. Chapeau glabre, souvent pruineux (Subpruinosi).
4. Chapeau non fendillé en réseau ; espèces non parasites.
5. Tubes seulement adnés, non décurrenls.
6. Stipe non radicant.
7. Pores anguleux, jaunes.
8. Tubes non déprimés-arrondis près du stipe; stipe
grêle, lisse, glabre, rouge fauve en haut, roux
brun intérieurement; chapeau pourpre noir;
chair lilaciiie à l'air. — Rostk. t. 46.
Bois de hêtres .... *B. lilaceus Rostk. 9.
8. Tubes déprimés-arrondis près du slipe; slipe
ferme, subégal, rouge de sang, jaune à la base
et couvert d'un pointillé 1res fin; chapeau rouge
de sang, ]iulvérulenl ; chair jaune, rouge sous la
cuticule du chapeau et bleuissant légèrement à
l'air. — Rostk. t. 10 ; Pat. 669.
Bois.— Été. Aut. Comest. B. versicolor Rostk. 10.
li SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
7. Pores ronds, petits, jaunâtre-, verdissant un peu à
la fin ; stipe forme, lisse, jaune, bariolé de rouge;
chapeau large de 4-6 cent., bosselé, bai purpurin,
couvert d'une pruine blanchâtre ou grise; chair
ferme, blanchâtre, rouge sous la cuticule, verdis-
sant ou bleuissant parfois légèrement à la cassure.
— Bull. 393 f. B. G.
Bois, pelouses. — Aut. . . . B. pruinatus Fr. H.
G. Stipe atlénué-radicant, glabre, ferme, pourpre; tubes
allongés, jaune sale, verdâtres au toucher; pores
petits ; chapeau bai pourpre, large de 6-16 cent, et à
marge obtuse; chair blanc sale. — Rostk. t. 8.
Sapinières B. purpurascens Rostk. 12.
o. Tubes adnés, grands, décurrenls sur le stipe; pores iné-
gaux ; stipe allongé, grêle, striolé, glabre, flavescent;
chapeau mince, convexe, pulvérulent, fauve cannelle,
large de 5-3 cent. ; chair blanche, lutescente à l'air. —
Rostk. t. 9.
Sapinières *B. cinnamomeus Rostk. 15.
4. Chapeau convexe-plan, soyeux puis glabre, jaune sale,
bientôt fendillé en réseau, large de 3-5 cent. ; tubes décur-
renls, courts ; pores grands, arrondis, puis anguleux,
jaune d'or; stipe égal ou subégal, fibrilleux ; chair
ferme, jaune. — Rostk. t. 7 ; Bull. 451 f. 1 ; Saund. et
Sm. t. 43; Gill. ; Pat. 665.
Bois, sur le Sderoderma vulgare et S. verrucosiim. — Aut.
B. parasiticus Bull. 14.
2. Chapeau vis((ueux (Viscipelles).
3. Pas d'anneau.
4. Stipe lisse.
5. Chair ne bleuissant pas.
6. Saveur plus ou moins poivrée, aigrelette ; pores sim-
ples, anguleux ; chapeau convexe puis plan, large de
2-6 cent.
7. Chapeau cannelle clair; tubes adnés-décurrents ;
pores dentelés, cuivrés puis rouilles ; siipe jaune
fauve, recouvert par un mycélium jaune clair à la
base ; chair jaune, poivrée. — Fr. Swer. 67 ; Sow.
34 ; Rostk. 6 ; Krmbh. 37 f. 16-20 ; Corda in Sturm
XI t. 60; Bull. 451 f. 2 ; Gill.; Pat. 673.
Bois surtout sous les sapins. — Été'. Aut. Suspect.
B. piperatus Bull. 15.
7. Chapeau rouge sanguin; tubes adnés ; pores jaune
d"or, bleuissant ou verdissant sous la pression;
BULLETIN DES SÉANCES. 75
stipe jaune, slrié ou bariolé de rouge; chair jaune
ou Jjlanc jaunâtre, rougissant sous l'épiderme,
aigrelelte. — Sow. 223 ; Lév. in Paul. 181 f. 3. 4 ;
Luc. 24.
Bois de hêtres. — Été. Aiit. Cornes t. ?
B. sanguineus Wiih. 10.
6. Saveur douce; pores composés, dentés.
7. Chapeau large de 5-8 cent., convexe, puis plan,
jaune brunâtre, à marge aiguë; tubes courts,
décurrenls; pores grisâtres, fauves, puis ferrugi-
neux; stipe égal, glabre, à peu près de même
couleur que le chapeau ; chair blanchâtre.—
Krmbh. 75 f. 1-6; Klolz. 578; Huss. I, t. 34; FI. d.
1018.
Sapinières. — Aut. Comest. . B. bovinus L. 17.
7. Chapeau large de 5-6 cent., convexe puis plan ou
déprimé, jaune livide, lavé d'incarnat, brun ferru-
gineux étant sec; tubes courts; pores olivacés,
puis jaune d'or; stipe de même couleur que le
chapeau, atténué à la base; chair jaune pâle grisâ-
tre. — Krmbh. 36 f. 8-11 ; Rostk. 4; Britz. Bol. f. 6.
Bois mé.és. — Aut. Comest. B. mitis Krmbh. 18.
5. Chair molle, blanchâtre ou légèrement jaunâtre, bleuis-
sant à l'air près des tubes; pores simples, anguleux,
assez larges, blanc jaunâtre, puis jaune verdâlre;
tubes adhérents et un peu déprimés autour du stipe;
stipe subégal, lisse, couleur de paille, couvert d'une
pruinc ou d'une pubesccnce brune; chapeau large de
3-5 cent., bai ou brun. — Fr. Swer. 50; Rostk. 5; FI.
Bat. 804 ; Klolz. 579; Lenz f. 35; Krmbh. 56, f. 12-18.
Bois, surtout sous les sapins. —Eté. Aut. B. badius Fr. 19.
4. Stipe granuleux ou squamuleux.
5. Chapeau large de 6-8 cent., convexe, brun, pâlissant;
pores nus, amples, composés, (divisés en 2 {)etils)
pâles puis jaunes; tubes allongés, adhérents, jaunâ-
tres; stipe un peu aminci en bas, ferme, blanc puis
brunâtre, subréticulé par de petites écailles appri-
mées; chair ferme, blanche. — Luc. 240.
Sapinières. — Été. Aut. . . . *B. collinitus Fr. 20.
5. Chapeau large de 6-10 cent., convexe, ou convexe puis
plan, jaune brunâtre, à cuticule séparable; pores sim-
ples, irrégulièrement oblongs ou arrondis, couverts de
gouttelettes laiteuses; tubes courts, adnés ou peu
décurieiils ; stipe jaunâtre, muni suiloul vers le haut
76 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
de granulations concolores puis brunes; chair molle,
jaunâtre. — Fr. Swer, 25; Lenz f. 51; Schf. 125;
Letell. 604; Rostk. t. 5; Krmbh.54, f. 11-14; Sow. 420;
Gonn. et Rab. Vil. t. 6 f. 1 ; Barla 51 f. 4-12.
Bois surtout de conifères. — Été. Aut. Comest.
B. granulatus l. 21.
3. Un anneau; tubes et pores jaunes.
4. Pores non linéaires; stipe ponctué ou réticulé au dessus
de l'anneau.
5. Stipe ponctué au dessus de l'anneau.
6. Pores simples, jaunes; stipe non glanduleux.
7. Slipe ponctué de blanc jaunâtre au dessus de l'an-
neau, jaune roussâtre au dessous; anneau fugace;
pores anguleux ; tubes décurrents ; chapeau large
de 8-10 cent., convexe plan, jaune d'or, subferru-
gineux; chair sulfurine. — Fr. Swer. 76; Huss.
II. t. 12; Priée f. 110; Grev. 185; Bull. 552;
Krmbh. 31 f. 1-10; Gonn. et R. 5 f. 2; Ventur. 47
r. 1-2.
Bois, bruyères. — Été. Aut. Comest. ?
B. elegans Schum. 22.
7. Stipe blanchâtre ou jaunâtre, ponctué de brun au
dessus de l'anneau qui est membraneux, jaunâtre,
puis bai ou brun; pores ronds; tubes adnés; cha-
peau large de 5-12 cent., et plus, jaune, jaune
brun ou brun; chair blanche ou légèrement jau-
nâtre. — Schf. 114; FI. dan. 1155; Rostk. in
Sturm 4 t. 1 ; Klolz. 577; Harz. t. 6; Barla 51 f.
1-5 ; Gonn. et R. Vil, t. 6. f. 2; Krmbh. t. 55.
Bois, sapinières. — Été. Aut. Comest. B. luteus L. 23.
6. Pores grands, anguleux, composés, décurrents, jaune
sale; stipe grêle, subégal, pâle, visqueux et muni,
au dessus de l'anneau, de glandes fugaces; chapeau
large de 2-5 cent., jaune sale; chair pâle. — Pers.
M. E. II, t. 20 f. 1-5; Krmbh. 4 f. 53-57.
Sapinières humides. — Été. . . B. flavidus Fr. 24.
5. Stipe réticulé au dessus tie l'anneau ; pores grands, angu-
leux, jaunes ; tubes décurrents, jaunes; chapeau large
de 4-6 cent, ou plus, jaune pâle, couvert d'une visco-
sité brunâtre qui finit par disparaître; chair légère-
ment jaunâtre. — Boit. 169 ; Sow. 265 ; Krmbh. 56, f. 2.
Sapinières. — Été B. flavus With. 25.
4. Pores linéaires, jaunes; tubes adnés, jaunes; stipe égal,
lisse, jaune, ord. marqué d'une ligne plus obscure au
lieu d'anneau ; chapeau large de 4 cent., légèrement vis-
BULLETIN DES SEANCES. 77
queux, jaune verdâtre ; chair jaunùLre ou incarnate. —
Fr. le. 178, f. 1.
Sapinières. — Été B. pulchellus Fr. 26.
1. Stipe bulbeux, ord. rouge. (Calopocles).
2. Stipe réticulé.
3. Chapeau pubescent ou sublomenleux; pores bleuissant sous
la pression.
■4. Tubes adnés, raccourcis près du slipe; porcs pelils, angu-
leux; odeur et saveur nulles ou douces, faibles.
5. Chapeau large de 10-12 cent, et plus, brun rougeâtre;
pores sulfurins, bleuissant ou verdissant au toucher,
adnés, courts; tubes sinués, fins; stipe épais, bulbeux-
radicant, sulfurin, rosé ou rouge vers la base et à
réseau blanc; chair compacte, jaune ptde, bleuissant
à l'air, rosée à la base du stipe. — Schf. 130; Rostk. 26;
Brilz. Bol. f. 13; Pal. 664.
Bois, surtout sous Les sapins. — Été. Aiit.
*B. appendiculatus Schf. 27.
5. Chapeau large de 6-9 cent., chamois olivâtre; pores
jaune pâle, bleuissant au toucher ; tubes adnés, jaunes;
slipe épais, conique puis subégal, rouge pourpre,
jaune sous les tubes; réseau blanc ou incarnat; chair
compacle, blanchâtre ou pâle jaunâtre, bleuissant à
l'air. — Schf. 515; Fr. Swer. 69; Roslk. 27; Harz. 69 ;
Krmbh. 57 f. 1-7 ; Saund et Sm. t. l-4;Luc. 170.
Bois, surtout de conifères, bruyères.— Été. Aut. Suspect.
B. calopus Fr. 28.
4. Tubes adnés-déprimés, presque libres autour du stipe.
3. Slipe réticulé, plus ou moins coloré de pourpre.
6. Stipe coloré de jaune de pourpre et de brun; tubes
jaunes, jamais rouges à l'ouverture. — Krmbh. 53 f.
15-lo.
Bois. — Été. Aut. Suspect. . . B. pachypus Fr. 29.
6. Stipe pourpre, jaune en haut; tubes jaunes, puis à
ouverture rouge; chapeau maculé de noir au tou-
cher. — Roslk. t. 28; Saund. et Sm. t. 17.
Bois mêlés. —Été B. torosus Fr. 50.
5. Stipe lisse ou finement réticulé, blanc citrin, épais,
ovoïde; pores petits, ^Manc cilrin ; chapeau blanchâtre,
avec une teinte verdâtre; chair douce, blanc citrin,
bleuissante. — Krmbh. 53 f. 10-12; Roques t. 8 f. 2.
Bruyères, bois arides. — Été. Aut. Yénén.
B. albldus Roques 51.
3. Chapeau glabre.
78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
A. Chapeau large de 4-6 cent., brun olivâtre ; pores inégaux
plusou moins labyrinthes, jaunâtres, pâle ou gris olivâtre;
tubes adhérents; slipe claviforme, bulbeux, rouge, jaune
au sommet, couvert au milieu et jusque près de la base
de nombreuses ponctuations rouges formant souvent des
stries; chair jaunâtre, bleuissant puis devenant blan-
châtre; odeur et saveur nulles. — Schf. U5j Rostk. 32;
Vent. 36 f. 3-4.
Bois. — Été. Aut. Siisp. ... B. olivaceus Schf. 32.
■i. Chapeau large de 8-10 cent., rouge brique, jaune à la cir-
férence; pores petits, arrondis, d'un beau jaune ; tubes
jaunes, verdissant à l'air; stipe robuste, jaune, à réticu-
lation jaune sous les tubes, rouge ou pourpre ailleurs;
chair jaune foncée, verdissant promptement, à la fin
roussâtre saie, rougeâtre à la base.
Parmi les graminées le long des chemins. — AuL
B. testaceus Gill. 53.
2. Stipe non réticulé, jaune sous les tubes sur un espace de 1-2 cent.,
finement ponctué de rouge en dessous, insensiblement ren-
flé de haut en bas où il se termine en massue arrondie;
chapeau large de .j-8 cent., brun olivacé. jaunâtre vers les
bords qui sont aigus et dépassent les tubes ; tubes bleuissant
ou verdissant à l'air; pores petits, irréguliers, arrondis,
rougeâtres; chair jaune, bleuissant promptement à l'air.
Dois de chênes. — A iil *B. clavicularis Gill. ô-i,
b. Tubes libres ou presque libres autour du stipe.
1. Tubes non rouges (Edules).
2, Stipe non réticulé.
5. Tubes non libres; chapeau soyeux ou floculeux.
■4. Stipe glabre.
3. Stipe de couleur pâle ou jaunâtre ; cha|)eau soyeux,
convexe, puis plan.
6. Chapeau large de 1-2 décim. blanchâtre, café au lait
ou roussâtre, devenant granuleux; pores d'un blanc
gris; tubes fins, allongés; stipe gros, ovoide, glabre
ou finement réticulé, concolore au chapeau ; chair
ferme, blanche, rougissant à la base du stipe; odeur
et saveur agréables. — Paul. 170 (mal); Fr. Swer.
43 ; Huss. U. t. 25 ; Hogg et J. t. 13.
fJois. — Été. Comestible excellent.
*B. aestivalis (Paul.) Fr. 35.
6. Chapeau large de 10-12 cent., cannelle pAle. se ger-
çant parfois ; pores petits, arrondis, jaunâlres puis
bruns; tubes icmi-librcs;. slipe coni(iue ou cylindri-
BULLETIN DES SÉANCES. 79
que, lisse, jaune pâle ; chair pâle, non changeanle.
— Paul. 171 f. ^2-5; Roslk. 50 ; Krmbh. lii f. 12-14.
Bois des montagnes. — Eté. Aut. Comest.
*B. obsonium (Paul.) Fr. 36.
5. Stipe bariolé de jaune et de rouge, ovale, puis fusi-
.fornic, lisse; pores arrondis, jaunes puis verdâtres;
tubes pclits, semi-libres; cliapeau lai'ge de 4-5 cent.,
subtomcnteux, brun marron ou brun olivâtre, à marge
repliée ; chair jaune, invariable ou devenant bleuâtre,
verdâtrc ou même rougoâtre. — Vittad. 19; Ventur.
55 f. 3-5; Krmbh. 75 f. 13-20.
Bois feuilLus. — AiU. Comest . *B. fragrans Viiiad. 37.
4. Stipe velu ou squamuleux, jaune, obèse, subbulbeux ou
presque égal; pores petits, jaunes; tubes presque libres,
longS; jaunâtres; chapeau large de 1-2 cent.; épais, chà-
lain, floculeux, puis granuleux, ridé et gercé; chair
blanche ou blanchâire, jaunâtre sous l'épiderme, non
changeante. — Schl. 108; Harz. 51 ; Fr. Swer. '<2; Gill.
Bois. — Été. Aut. Comest. . . . B. impolitus Fr. 58.
3. Tubes libres.
4, Chapeau large de 10 cent., roux fauve, à marge mince,
aigué; pores moyens, égaux; tubes jaunes non chan-
geants, longs, devenant libres ; stipe court et bulbeux ou
long et égal, granuleux et munis de flocons fugaces;
chair jaune non changeante. — Mich. 68 f. 2; Krmbh.
76 f. 6-9.
Bois leiiillus *B. sericeus Krmbh. 39.
4. Chapeau marron, k marge obtuse ; pores pclits, arrondis,
blanchâtres puis jaunâtre; tubes libres; stipe bulbeux,
lisse et concolore au chapeau supérieur, roussâtreou
brunâtre et lacuneux à la base; chair blanche, non
changeanle, rouge sous l'épiderme; espèce subcespi-
teuse. — Fr. Swer. 51 ; FI. d. 1792.
Bois. — Aut. Comest *B. vaccinus Fr. 40.
1. Stipe réticulé ou subréticulé; tubes semi-libres ou presque
libres.
3. Chair blanche ; chapeau brun; tubes blancs, puis jaunâtres
ou jaune verdâire, à orifice étroit, rond, concolore; pores
d'abord blancs; stipe ayant jusque 15 cent, de haut.
4. Stipe robuste, ord. ventru, atténué au sommet ou presque
égal, blanchâtre ou fauve clair; tubes longs, semi-libres ;
chapeau brun plus ou moins foncé, glabre, moile, par-
fois aréole, large de 5 à 25 cent, à cuticule non ou à peine
séparablc, rouge en dessous. — Fr. Swer. 13 ; Sovv. 111;
xvii 7
80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Lenz f. 34; Schf. 154; Bull. 60. 494;' Krmbh. 51 ; Villad.
2-2; Vent. 8; Harz. 4, 41; Barla 54; Tratt. Aust. f. 54;
Gill.; Belg. hort. XXIV, t. 5.
BOIS. — Été. Aut. Comesl. (Le Cèpe, B. comestible.)
B. edulis Bull. 41.
4. Stipe épais, à peu près égal, chamois clair ou olivacé et
réticulé par des ponctuations roussâtres ; tubes courts,
sublibres ; chapeau noir ou brun noir, sec, ord. velu,
large de 7-9 cent., à cuticule séparable, non rouge en
dessous. — Rostk. 15; Krmbh. 56 f. 1 7; Quel. 16 f. 2 ;
Gill.
Bois mêlés. — Été. Aut. Comesl. ( B. bronzé).
B. aereus Bull. 42.
5. Chair jaunâtre, non changeante; tubes courts, jaune d'or, k
orifice étroit, rond, concolore; stipe épais, jaune, rouge à
la base; chapeau rouge sanguin. — Britz. Bol. f. 16;
Krmbh. t. 7.
Bois à sol. sablonneux. — Été. Comest. (B. royal).
*B. regius Krmbh. 43.
t. Porcs ord. rouges, d'abord fermés; tubes libres (liuridi).
2. Tubes jaunes à l'intérieur.
3. Stipe réticulé ou ponctué.
4. Chair jaune.
3. Chapeau non rouge.
6. Chapeau d'abord tomenteux ou velouté.
7. Plus petit que 5. /«n"rfi/5; slipe moins épais, cylin-
drique, intérieurement rougeâtre et couvert de
sfiuamules ou de ponctuations rouge noirâtre. —
Harz. t. 56; Lotell. 612; Barla l. 55, f. 6. 7.
Bois surtout de conifères entre les broussailles. — Eté.
B. erylhropus Pers. 44.
7. Chapeau large de 5-20 cent, et même plus, convexe,
à la lin un |)cu visqueux, brun terne, brun olivacé
ou roux fuligineux ; pores arrondis, rouge orangé,
bleuissant sous la pression; tubes longs, jaune
verdâtre, libres; slipe long de 7-8 cent, très épais,
ventru, jaune ou jaune rougeâtre, marqué d'un
réseau plus foncé ; chair jaune, verle ou bleue h
l'air. — Schf. 107; Fr. Swer. 12; Grév. 121;
Krmbh. 58 f. 11-17; Rostk. l. 51 ; Boit. 85; Berk.
Oui. 15 f. 5; Bull. 100; Barla 55 f. 1-5.
Bois, bruyères, pâturages. — Été, AuL. V^jch. (Comest.
pour Bull., etc.) ! . . . B. luridus Schf. 45.
6. Chapeau glabre, sec, livide verdâirc ou jaune sale.
BULLETIN DES SÉANCES. 81
convexe, large de 6-8 cent. ; pores petits, orangés,
rouges; tubes libres, jaunes; stipe court et ovoïde
puis allongé, concolore au chapeau super., rouge ou
varié de jaune et de rouge infér., k peine réticulé ;
chair jaunâtre bleuissant h. l'air; odeur et saveur
acides. — Leteil. Hist. f. 52; Krmbh. 38 f. 7-10.
Bois, pâturages humides. — Été. Aut. Vénén.
B. lupinus Fr. 46.
5. Chapeau rouge pourpreou violacé, sec, pruineux pubes-
cent; pores petits, irréguliers, orangé-purpurin; tubes
fins, jaunâtres puis verdâtres, libres ou sublibres;
stipe ferme, jaune, pointillé et réticulé de veines
pourpres; chair jaune, bleuâtre ou bleu verdâtre à
l'air; celle du stipe pourpre à la base et au centre. —
Fr. Swer. 41; Krmbh. 37f. 12-lS; Barla 53 f. 8-10;
Saund. et Sm. 4-3.
Bois. ^ Été. Aut. Vénén. . . B. purpureus Fr. 47.
4. Chair blanche, douce puis vireusc, rougeâtre ou violacée
à l'air; odeur désagréable; pores petits, ronds, rouge
pourpre, ou rouge sanguin puis jaune orange; tuljcs
libres, jaunes ; stipe ovoïde, pruineux, jaune rougeâtre,
orné d'un réseau rouge sang; chapeau large de 1-3
décim., convexe, épais, glabre ou presque glabre, lubri-
fié puis pruineux, brunâtre puis blanc grisâtre. — Lenz
f. 51; FI. Bat. 1040; Huss. I. t. 7; Quel. Jur. 15 f. 1;
Krmbh. 58 f. 1-8; Vivian. 40.
Bois, bruyères, pâturages. — Été. Àiu. Très vénén,
B. Satanas Lenz 48.
3. Stipe lisse, égal, rouge fuscescent, jaune au sommet, long
de 11 cent, et plus; pores rouges oranges; tubes libres,
jaunes; chapeau large de 10 cent, et plus, tomenteux, Itrun
olivacé; chair jaune, verdissant à l'air puis bleuissant et
devenant enfin cendré sale. — Rostk. 35; Britz. Bol. f. 20.
Bois feuiUus. — ^lU *B. luridiformis Rostk. 49.
2. Tubes d'un gris verdâtre à l'intérieur; pores petits, orangés-
rouges ; stipe bulbeux rouge cendré au sommet, jaune paille
au milieu, réticulé-brunâtre, fuligineux à la base; chapeau
large de 8-10 cent., glabre, sec, cendré, fuligineux; chair
jaunâtre, [uïle, bleuissant rarement. — Sw. Bot. 246;
Sapinières. — y4ut B. sordarius Fr. 50.
B. Tubes d'abord blancs ou gris (Tephroleuci).
a. Stipe solide.
\. Spores brunes ou roses.
2. Spores brunes; tubes grands, anguleux, inégaux (Favosi).
8^2 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
3. Chapeau sec; pas d'anneaux; tubes adnés au stipc en cou-
che arrondie,
■i. Slipe atténué, conique.
5. Stipe squamuleux, blanchâtre; pores assez grands,
anguleux, blanchâtres ; lubes blanchâtres, plus courts
autour du stipe; chapeau large de 5-8 cent., flocon-
neux, puis squamulenx et fendillé, blanc sale. —
Krmbh. 4f. 26; Batt., 50 C.
Bois feuiUus, surtout sous les hêtres. — Axa.
*B. asprellus Fr. 51.
5. Slipe glabre, lisse, bicolore, brun fuligineux au som-
met, blanchâtre à la base, long de 5-6 cent.; pores
sinueux, gris-olivacé'; tubes allongés, libres, blanchâ-
tres; chapeau convexe, villeux, soyeux, fuligineux, oli-
vacé; espèce subcespiteuse. — Brilz. Bol. f. 24.
Sapinières. — AiU *B. îuligineus Fr. 52,
4. Stipe égal ou un peu atténué au sommet, poudreux, fine-
ment pointillé, brun rougeâtre ou fuligineux, long de
10-12 cent. ; pores amples, anguleux, gris lougeâlre,
brunissant au toucher; tubes longs, semi-libres, de
même couleur (jue les pores; chapeau large de 8-15
cent., convexe puis plan, sec, velouté, gris livide, brun
ou olivâtre, noircissant au toucher; chair blanche bleu-
issant sous les tubes; odeur de poisson; spores brun
noir. — Sterb. t. 3; Kalchb. 52 f. 1 ; Gill.
Bois herbeux. — Été. /lut. Comest. délicieux (Kalchb). Sus-
pect (Quel.) B. porphyrosporus Fr. 55.
5. Chapeau visqueux; un anneau; tubes adnés.
-1. Chapeau large de 5-8 cent, subsquamuleux, d'un blanc
sale, maculé de taches livides, et couvert d'une viscosité
jaunâtre évanescente ; pores composés, d'abord blancs
lubes adnés, subdécurrenls ; stijie d'un blanc sale, scro-
biculé à la base, réticulé au dessus de l'anneau. — Huss.
I. t. 25.
Sous les mélèzes. — Sept. . . . B. laricinus Pcrk. 5i.
4. Chapeau large de 4-5 cent, mou, glabre, visqueux, jaun'i-
Ire sale, à bords minces, droits, garnis d'appendices
fibrilleux très-fugaces; pores simples, inégaux, livides;
tubes adhérents; slipe visqueux, blanc, puis blanc jau-
nâtre, réticulé de noirâtre au dessus de l'anneau; odeur
pénétrante; chair blanche, jaunissant près de l'extérieur.
— Fr. le. 178 f. 3; Gill.
Sous les mélèzes. — AU t. Comesl. . . B. viscidus l. :i:j.
2. Spores roses nu d'un blanc rosé; tubes adnés au slipe.
(llyi>orrliodi).
BULLETIN DES SÉANCES. 83
3. Pores anguleux, grands.; chapeau mou.
4. Chapeau large de 2-5 cent., glabre, lisse, brun marron peu
foncé ou brun jaunâtre; slipe atténué au sommet, réli
culé; porcs blancs puis incarnats; hymenium tonvexe;
chair blanche, incarnate à l'air; saveur amèrc. — Fr.
Swer.52; Rostk. 43; Krmbh. 74 f. 1-7; Bull. 379; Gill.;
Pat. 674.
Bois. — Été. Aut. Vénén .... B. felleus Bull. 36.
4. Chapeau large de 2 !/2 cent., pruineux, un peu visqueux
slipe pruineux; pores hlanchàlres puis roussàtres.
Bois de hêtres *B. pumilus Saut. 57.
3. Porcs ronds.
4. Chair blanche, non changeante à l'air; tubes blancs, rous-
sàtres étant pressés, formant une surface déprimée
autour du stipc ; stipe lisse, rugueux au sommet, long
de 10-U cent. ; chapeau large de 8-11 cent., velu, puis
glabrescent, fusccscent, alutacé; saveur douce.
Prairies enclavées dans les bois. —Aut. *B. alutarius Fr. 58.
4. Chair blanche, roussâtre à l'air; tubes rose pâle, i)lus fon-
cés sous la pression, écartés du stipe ; stipe conique
tuberculeux, long de 8 cent, et plus ; chapeau d'abord
couvert par le voile puis nu, brun alutacé. — Rostk. t. 48.
Bois *B. roseus Wint. 59.
1. Porcs ronds; si)Ores ferrugineuses (Versipelles).
2. Tubes libres.
5. Slipe squamulcux plus long que le diamètre du chapeau.
4. Slipe atténué ; espèces très variables.
5. Stipe parsemé d'aspérités écailleuses, noirâtres, brunâ-
tres ou rougeâtres; pores petits, ronds, blanchâtres
tubes formant un hyménuim convexe; une corline
fugace; chapeau large de 5-12 cent., glabre, visqueux
à l'élat humide, fendillé étant sec; chair blanche, légè
renient bleuâtre ou ardoisée à l'air; odeur particu
lière nulle; saveur comme un peu salée. — Fr. Swer
14; Vilt 28; Vent. 9. 10; Roslk. 40; Harz. 2; Bull
489 f. 1; Sow. 175; Krmbh. 55 f. 1-6; Gonn. et Rab
VU. t. 5 ; Gill.; Barla 55 f. 6-12; Roze et R 54 f. 1.
Bois. — Été. Aut. Comest . . . . B. scaber Fr. 60.
Chapeau et slipe de couleur orangée. — Bull. 489 f. 2,
Var. auuantiacus.
Chapeau et stipc blanc. — Roslk. 48, Var. niveus.
5. Slipe couvert de petites mèches écailleu.scs noirâues et
molles au toucher, pores pelils. ronds, grisâtres;
tubes formant une surface concave; un voile annu-
84 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE.
lairc fugace; odeur forte, désagréable; saveur douce
puis piquante. — Schf. 103; Krmbh, 52; Sow. 110;
Rostk. 59; Batt. 30 f . A ; Quel. Jur. t. 17; Pat. 66S.
666. 667.
Bois, surtout dans les sapinières. — ^ut, Comest.
B. versipellis Fr. 61.
i. Stipe fusiforme. ponctué, ord. squamuleux; pores petits,
blancs puis prenant la couleur des tubes qui sont allon-
gés, livides, fucescenls ; chapeau convexe, mou, glabre,
visqueux étant humide, d'un blanc roussâtre, presque
marron, fendillé étant sec; chair blanche, incarnat cui-
vré, enfin cendré violacé. — Kalchb. le. 55 f. 1 ; Gill.
Bois sous les trembles. Comestible délicieux.
*B. duriusculus Schulz. 62.
5. Stipe non squamuleux, muni de côtes rugueuses; pores
petits, arrondi", blancs ainsi que les tubes: chapeau con-
vexe, lisse, glabre, sec, bai ou brun, large de ;j-6 cent. —
Rostk. 41; Sow. 420.
Bois. — ^ut *B. rugosus Fr. 63.
2. Tubes adnés, jaunâtres ; pores petits, arrondis , blanc jaunâ-
tre ; stipe fusiforme, squamuleux, pâle; chapeau convexe,
fendu en réseau, roux pâle ou roux olivâtre; chair blanche
bleuissant un pou et se maculant surtout au stipe de rouge
ou de rougeâtro, molle et se corrompant vile.
Bois. — Fin de l'Été. Aut. . . . *B. tessellatus Gill. 6i.
b. Stipe farci ou creux jamais réticulé; pores petits, ord. libres; spo-
res blanches. (Cariosi).
1. Chapeau non visqueux; porcs ronds ou arrondis.
2. Stipe velu, villcux ou pruineux; chapeau velouté ou flocon-
neux; pores blancs.
5. Chair d'un bleu foncé à la cassure,
-i. Chair dure, d'abord blanche, donnant par compression un
suc bleu; slipe épais, dur, ventru, fragile, villeux, de
même couleur que le chapeau; chapeau large de 5-14
cent., tnnienteux ou floconneux, mat, gris sale, jaune
paille, puis brunâtre, parfois fendillé en réseau. — Bull.
569; Fr. Swor. 80; Lelell. 654; Harz. 71; Rostk. 44;
Krmbh. 35 f. 7-9; Barla 37.
Bois.— Été. /lut. Suspect. Comesl.? B. cyanescens Bull. 65.
4. Chair d'un bleu indigo îi l'air; stipe larci. caverneux,
dur, velouté, puis crevassé, blanc ; rentlé à la base ; cha-
peau large de 10 cent, il'un blanc pur; tubes courts. —
Lév. An. Se. n. 1848 t. 9 f. 1-2.
Bols sablonneux. — Été. Comest.? *B. lacteus Lév. 66.
BULLETIN DES SÉANCES. 85
3, Chair blanche, non changeante, très-dure ; slipe cylindrique
ou subbulbeux à la base, ord. atténué au sommet, brun
marron, velouté; chapeau large de 8 cent., velouté, pres-
que glabre, avec reflet satiné, brun marron. — Bull. ô'^S;
Krmbh. i f. 28-30; Barla 32 f. 11-15; GUI,
Bois à sol siliceux. — Été. ^ut. Comest.
B. castaneus Bull. 67.
2. Slipe glabre, lisse, plein, puis creux ; chapeau glabre; pores
arrondis; chair non changeante.
3. Stipe égal, luisant; pores blancs puis citrins; tubes longs;
chapeau large de 5-8 cent., dur, lisse, lissant, fauve rou-
geâtre ; chair blanche ou blanchâtre. — Rostk. 45; Inz.
Sic. II. t. 3. f. II.
f Bois, prairies stériles. — Été. . . . B. fulvidus Fr. 68.
5. Slipe rouge supérieurement atténué et jaune à la base ;
pores flaves; tubes courts; chapeau large de 3o cent.,
mat, rouge ; chair molle, jaunâtre. — Krmbh. 36 f. 21-24.
Bois, prairies stériles. — ^ut. . B. rubellus Krmbh. 69.
1. Chapeau visqueux; chair blanche sans odeur ni saveur particu-
lière.
2. Chapeau large de 8 cent., blanc, légèrement aréole; cuticule
épaisse, séparable et dépassant les tubes de 2-3millim.;
pores petits, ronds ; tubes longs (10-12 mill.) libres, pâles;
stipe atténué de la base au sommet, blanc.
Bois, sous les chênes.
B. aibus Gill., B. Gilletii sacc. et Cub. 70.
2. Chapeau large de 4-6 cent., blanc puis jaune pâle; tubes
petits, courts, subdécurrents, blancs puis jaune verdâtre ;
slipe suljégal, souvent atténué â la base, glabre de même
couleur que le chapeau; espèce cespiteuse.
Bois, sous les sapins. — Juillet. Sept.
B. albus Lamb., B. Lambottei Sacc. et Cub. 71.
3. GYRODOM, Opat.
A. Pas de volva.
a. Stipe non bulbeux.
1 . Tubes décurrents ou subdécurrents.
2. Chapeau plus ou moins visqueux.
3. Stipe égal; chapeau à marge aiguë.
4. Chapeau large de 5-10 cent., blanc, puis cilrin, visqueux ;
stipe grêle, blanc, muni d'un réseau formé de ponctua-
tions rouges; chair à odeur ingrate, longtemps invaria-
ble, puis violacée à l'air. — FI. Bat. 956.
Bois, bruyères *G. Oudemansii Harlsen 1.
86 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
4. Chapeau d'abord jaune, puis roussâtre, subvisqueux ;
slipc roussâlre, pâle, flave en haut; chair jaune, verdis"
sant puis roussâlre à l'air. — Rostlw 19.
Bois humides d'aunes et de bouleaux. — Été. --lui.
*G. rubescens Trog 2.
3. Stipe atténué inférieurement, blanc maculé de roux; cha-
peau large de 2 1/2 cent., blanc puis citrin; chair blanche;
spores subcylindriques. — Aulun III, l. II.
Bois, bruyères *G. fusipes Heuflcr 5.
2. Chapeau sec, soyeux puis glabre, paille ou blanc cilrin, lavé
de bistre ou de gris, large de 5-9 cent.; slipeégalou dilaté
en haut, lisse, taché de vert et de roux ; pores plissés et jau-
nes, verdissant sous la pression ; chair jaunâtre puis bleue,
verdâtre et rougeâtre; spores ovales. — Bull. 490 f. 2; Quel.
Jur. 15 f. 2:
Bois humides. — yéut *G. lividus Bull. 4.
1. Tubes non décurrcnls; spores ellipsoïdes, oblongucs.
2. Chapeau large de 5-6 cent-, pubesceni, olivâtre, panaché de
rose, puis brun bistre; pores sinueux, jaunâtres puis verts ;
stipe pubescent, pruineux, jaunâtre, rouge au milieu; chair
jaunâtre, instanlanémcnt bleu verdâtre, puis violette à l'air,
rouge à la base du sLipe. — Quel. Ass. fr. 1886, l. 9. f. 6.
Bois. — Été *G. Mougeotii Quel. 5.
2. Chapeau large de 5-8 cent., sec, glabre, roux brun; tubes iné-
gaux; fauves ; pores 11 la fin allongés plissés; stipe égal, lisse,
roussâtre, pâle; chair blanche non changeante. — Rostk. 1. 11.
Bois sec parmi les Myrtilles . . . . *G. Sistotrema Fr. 6.
b. Stipe bulbeux ou subbulbeux; tubes décurrents, courts; spores
ovoïdes.
1. Stipe réticulé, atténué au sommet, brusquement bulbeux à la
base, à bulbe égalant presque le chapeau; tubes blancs; pores
petits, inégaux ou pres(jue ronds, blanchâtres ou gris carné;
chapeau large de 6-8 cent., glabre, brun ocracé, maculé de
brun rouge par le toucher.
Bois de chênes *G. Filiae (Gill.) Sacc. et Cub. 7.
1. Stipe obèse, subbulbeux, maculé et strié de rouge ferrugineux;
tubes jaunes ; pores sinueux, â la fin d'un rouge ferrugineux ;
chapeau glabre, visqueux, d'un blanc fauve.
Bois • . *G. placidus Bonord. 8.
B. Un volva ; stipe égal, lisse, concolore ; chapeau glabre, lisse. —
Pers. Myc. Il, 17 f. 2.
Bois. — Print. fi'té. Aut ''G. velvatus (|>ers.) Fr. 9.
Obs. La dernière espèce serait suivant le Dr Quélet (FI. Myc. p. 411)
Amanitopsis vaginata à lames déformées par un Hypomyces.
BULLETIN DES SÉANCES. 87
4. STROBILOIIVCES, Berk.
A. Tubes longs, plus courts aulour du stipe; stipe lomenteux, fuligi-
neux inféricurement, semi-annelé et vacuole supérieurement; cha-
peau large de 8-10 cent, portant sur les bords les débris du voile
membraneux. — Cliev. Par. 6 f. 10.
Bois *S. floccopus Vahl. 1.
B. Tubes adhérents, plus longs que l'épaisseur du chapeau ; stipe
sillonné au sommet, et portant des débris brunâtres du voile ; cha-
peau large de 4-8 cent, et plus. — Krmbh. 74 f. I'^. 15 ; Rostk. 38 ;
Quel. 16 f. 1 ; Vent. 43 f. 1. ^2; Pers. Myc. II. t. 19; Pat. 675.
Bois sons les terrasses des chemins creux.
Boletus srobilaceus Fr., S. squarrosus (Pers.) Gill. et Luc. 2.
5. PHYLLOPORt]l«$, Quel.
Chapeau large de5-8cent., souvent excentrique, tomenteux, bai ou brun
pourpré; lames épaisses, larges, rameuses ou alvéolées, jaunâtres,
rougissant à la pression; stipe ferme, fibrilleux, pointillé ou
poudré de rouge; chair jaunâtre, rosée ou vineuse sous la cuticule.
— Kalchb. le. 16 1". 1.
Bois, bords des chemins. — Été.
Flammula paradoxa Kalchb.; P. Pelletieri (Crouan) Quel.
BILLETIN DES SÉANCES
DE LA
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N" VI. 1890-1891.
Procès-verbal fie la séance iiieiisiielle
du 11 a%ril 1891.
Présideinck de m. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Bauwens, Bray, Delogne, De
Wevre, De Wildeman, Errera, Francotte, Gedoelst,
Lameere,M"® Leclercq, Roufïîirt et Verhoogen, secrétaire.
M. Pelseneer assiste à la séance.
Ouvrages reçus en liommuf/e :
E. De Wildeman. — Premières reclierclies au sujet de
r influence de la température sur la marche, la durée
et la fréquence de la carijocinèse dans le règne végétal
(Mémoire couronné par la Société des sciences médi-
cales et naturelles, 1890).
Rupeuï Jones. — On some fossil Estkeriac. {Geologicai
Mag.,\o\. VIII, février 1891.)
90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
PiLPERT JoiNES. — 0)1 somc Estlieviae and Esllieriaclike
s/iells from tlie carbonifcrous sliales of Western Scot-
land{Trfins. Gcol. Soc. Glascoîv, mars 1890).
Ch. F. Cox. — Proloplasm and life, two hiological
essays, New-York, 1890.
Des remei'cîments sont votés aux auteurs de ees
envois.
Communications :
L«|iioSi,
par Paul Pelseneek, professeur à l'École normale de
Gand.
Dans une conférence sîf/' les organes des sens chez les
Mollusques, M. Paul Pelseneer expose, au point de vue
morphologique, avec projections à l'appui, la structure
compai'ée des divers organes de la sensibilité spéciale
de ces animaux, dont il montre les différences anato-
miques et physiologiques avec les appareils portant les
mêmes dénominations chez les Vertébrés.
Il décrit, pour chaque oidre d'organes, la disposition
la plus archaïque existant encore dans les espèces
actuelles, et en fait connaître l'évolution phylogénétique
dans le temps, par comparaison des différents états d'un
même appareil chez les diverses formes de Mollusques.
De la nature des conformations ai'chaïques observées,
et de l'analogie de ces confoi-mations dans les organes
sensoriels dilïérents, il conclut à leur origine commune,
aux dépens de cellules de la sensibilité générale : oi'igine
due à la spécialisation de ces dernières par l'action des
divers agents physlcjucs sur les parties du corps les
plus exposées à leurs effets.
nULLRTIN DKS SÉANCES. 91
II constate que les résultats de l'anatomie comparée
sont confirmés par l'observation du développement indi-
viduel normal et de la régénération des ornçanes senso-
riels détruits, et que l'ensemble des faits observés montre
la grande variabilité des organismes vivants, sous l'in-
fluence des agentsextérieurs, par réaction contre ceux-ci.
Le détail de cette conférence sera publié aux Annales
de la Société.
LVrig'iiie «les VertéPjrés, conférence donnée à la
Société belge de Microscopie le 7 mars 1891, par M. Aug.
Lameere", professeur à TUniversité de Bruxelles.
Mesdames, Messieurs,
Depuis l'introduction dans la Science de la théorie de
la transformation des espèces, la classification des orga-
nismes est devenue véritablement naturelle; elle est
l'expression synthétique de la parenté des êtres vivants,
et elle constitue le reflet de nos connaissances sur leur
structure.
Mais, établir une classification généalogique d'orga-
nismes aussi compliqués, aussi nombreux et aussi diffé-
renciés que les Animaux, n'est point chose aisée : le pi'o-
blème se heurte à des difficultés de tout genre, et l'on
conçoit qu'il ne puisse être résolu qu'à la longue. Cepen-
dant, dans l'état actuel de la Science, nous commençons à
entrevoir les traits principaux des vicissitudes auxquelles
les Animaux ont été soumis dans la suite des âges, et
leurs relations de parenté se dessinent de jour en jour
avec plus de netteté. Le temps me fait défaut pour vous
exposer le système zoologique dans sa généralité, et je
92 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
prendrai parmi les questions qu'il embrasse, celle qui
intéresse probablement davantage la plupart d'entre vous,
l'origine des Vertébrés : faire l'histoire des transforma-
tions subies par des organismes inférieurs pour consti-
tuer ce type élevé, c'est retracer en effet une partie de
l'histoire de l'Homme même.
Permettez-moi d'abord de vous rappeler brièvement
quels sont les caractères essentiels de la structure des
Vertébrés. Ces animaux ontle corps segmenté, comme les
Vers et les Insectes, mais cette segmentation ne se trahit
que dans la disposition des organes internes : la répé-
tition des vertèbres, le mode d'origine des nerfs qui
partent de la moelle épinière, en sont la manifestation la
plus frappante chez l'Homme. Dans l'embryon de tous
les Vertébrés et pendant toute la vie chez les Poissons,
elle est très nettement accusée par la division des masses
musculaires latérales du corps en tranches disposées les
unes derrière les autres, ce que tout le monde aura pu
constater sur les divers poissons servis sur nos tables ;
ces tranches musculaires sont creuses dans l'embryon :
elles forment ce que l'on nomme les protovertèbres.
Comme tous les animaux véritables, les Vertébrés
offrent une cavité digestive; celle-ci n'est pas accolée
directement à la peau, constituant un simple renfonce-
ment dans le corps de l'organisme, ainsi qu'il en est chez
les Eponges, les Polypes et les Méduses : elle est
séparée des téguments externes par une autre cavité,
appelée cavité générale, cavité péritonéale ou cœlomc.
Cette différence fait qu'en fendant le corps d'une Méduse,
par exemple, l'on pénètre directement dans la cavité
digestive, et l'animal n'est point susceptible d'être dis-
séqué; tandis qu'en ouvrant au contraire une grenouille.
BULLETIN DES SÉANCES. 93
on l'encontre d'abord la cavité péritonéale, dans laquelle
font hernie les circonvolutions de l'intestin que l'on peut
dégager entièrement du corps sous forme d'un véritable
tube.
Les Vertébrés ont un svstème nerveux essentiellement
représenté par un cylindre creusé d'un canal central,
placé longitudinalement sous la peau dans la partie du
corps qui étant tournée vers le haut, constitue le dos de
ces animaux. Entre le système nerveux et le tube digestif
se trouve une baguette cellulaire pleine et rigide, la
corde dorsale, laquelle se conserve pendant toute la vie
chez certains Vertébrés inférieurs, mais elle n'est chez les
autres qu'un organe embryonnaire qui disparaît, rem-
placé par une abondante production d'éléments squelet-
tiques fournis par les protovertèbres.
A ces caractères il faut ajouter comme trait essentiel
du type Vertébré que la rorde dorsale s'étend dans toute
la longueur de l'animal, mais qu'elle ne dépasse pas en
avant le tube digestif et le système nerveux, celui-ci se
prolongeant au contraire au delà pour se renfler en
cerveau.
Il est nécessaire d'insister sur cette particularité, car
elle diflérencie nettement les Vertébrés d'autres animaux
segmentés qui offrent comme eux un cœlome,un système
nerveux dorsal et une corde dorsale et qui, à raison de
ces caractères, doivent leur être réunis pour consti-
tuer un embranchement auquel on a donné le nom de
Chordés ou Cliordozoairea .
Ces animaux sont d'une part le célèbre Ampliioxiis,
les Tuni<;iers de l'autre,
L'Ampliioxus ^ été considéré comme un ancêtre des
Vertébrés, et il leur a même été souvent réuni, mais à
94 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSGOPIE.
tort. Il conserve à l'état adulte une structure qui en bien
des points rappelle celle des embryons de Vertébrés, mais
il offre également un certain nombre de particularités
secondaires qui ne se présentent jamais chez aucun de
ces derniers, et qui font qu'il ne peut leur être réuni ou
même être regardé comme une forme rappelant les ancê-
tres de ce grand groupe.
Le caractère qui éloigne le plus VAmpliioxus des Ver-
tébrés est le fait que sa corde dorsale subit une modi-
fication secondaire se produisant assez tardivement dans
son développement embryonnaire: elle s'allongeen avant
pour dépasser le tube digestif ainsi que le système ner-
veux, et elle s'étend jusqu'à la partie la plus antérieure
du corps, dans cette région qui correspond à la tête des
Vei'tébrés; de là l'institution d'un sous-embranchement
des Céplialochordes que l'on a créé pour VAmpliioxus
seul, et que l'on place dans l'embranchement des Chordés
à côté du sous-embranchement des Vertébrés.
Viennent maintenant les ïuniciers qui doivent con-
stituer un troisième sous-embranchement des Chordés,
et qui ne peuvent à aucun titre être considérés comme
les ancêtres des Vertébrés ou des Céplialochordes.
Ce fut une véritable révolution dans la Science que la
découverte par Kowalewsky du développement embryon-
naire des Ascidies, ces animaux ressemblant à des sacs
et qui avaient jusqu'alors été considérés comme voisins
des Mollusques, avec lesquels ils n'ont absolument rien
de commun. Ils sortent de l'œuf sous forme d'une larve
qui extérieurement rappelleassez bien l'aspect d'un têtard
de grenouille, et qui offre dans sa structure les carac-
tères essentiels des Chordés, notamment une corde dor-
sale. Celle-ci n'est toutefois développée que dans la
BULLETIN DES SEANCES. 93
partie postérieure de l'organisme : de là le nom d'Uro-
chordes donné aux Tuniciers. On crut un moment
avoir trouvé dans ces êtres la transition si désirée entre
les Vertébrés et des animaux inférieurs : on pouvait en
effet s'imaginer que la forme ancestrale était une Ascidie
et que la larve du Tunicier avait servi de point de
départ à l'évolution d'organismes supérieurs. Mais
l'impossibilité de rattacher les Ascidies à d'autres ani-
maux invertébrés a dû faire rejeter cette hypothèse, et a
fait admettre l'opinion que leur larve rappelle leur état
primordial : les Tuniciers seraient ainsi des Chordés pri-
mitifs qui se seraient fixés à un certain moment de leur
existence et qui auraient subi par ce fait une révolution
considérable dans leur organisation. L'embryogénie de
ces animaux démontre en outre que cette nouvelle adap-
tation de l'organisme adulte a retenti sur tout son déve-
loppement : celui-ci se présente comme manifestement
altéré (*], n'ayant plus la pureté, la simplicité qu'offre
l'évolution de l'œuf de VAmpliioxus ou des Vertébrés
les plus inférieurs. La larve des Tuniciers ne nous
représente donc plus actuellement la structure origi-
nelle de l'organisme ancestral de ce groupe d'animaux,
et elle ne peut non plus être considérée comme rappe-
lant un état de développement auquel nous pourrions
rattacher les Vertébrés et les Céphalochordes. L'étude
de l'embryogénie des Tuniciers ne nous a donc pas
fait faire un pas dans la question de l'origine du type
Vertébré; elle a abouti simplement à nous montrer
la place exacte que les Tuniciers doivent occuper dans
la classification zoologique : ils constituent un sous-
(*) Ed. Van Beneden ei Ch. Julin. Recherches sur la morphologie des
Tuniciers. Arch. de Biologie, t. VI, 1883.
96 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE.
embranchement dans l'embranchement des Chordo-
zoaires.
Les Vertébrés, les Céphalochordes et les Urochordes
forment donc trois groupes parallèles provenant d'un
ancêtre commun, et s'il fallait chercher parmi ces trois
sous-embranchements celui qui représente encore le
mieux le type ancestral des Chordés, nous devrions don-
ner la préférence aux Vertébrés, car c'est d'un Vertébré
très primitif seulement que nous pourrions faire dériver
à la fois YAmphioxtis et les Tuniciers.
La question de l'origine des Vertébrés se réduit donc
à trouver l'ancêtre de l'animal segmenté, pourvu d'un
cœlome et de protovertèbres, présentant une corde dor-
sale et un système nerveux situé dans la région supé-
rieure du corps.
Ici nous nous trouvons en présence d'une véritable
difficulté : nous n'en pouvons trouver de meilleure
preuve que dans la multiplicité des opinions qui régnent
à l'égard de la question. L'idée qui prédomine actuel-
lement est que les Vertébrés proviennent d'un Ver,
mais de quelle forme de Ver, c'est sur quoi les auteurs
sont loin d'être d'accord : les uns invoquent des rapports
entre les Vertébrés et les Annélides marines les plus
inférieures; d'autres, au contraire, vont chercher des
liens de parenté des Chordés avec des Vers d'organisa-
tion élevée, les Némertiens; d'aucuns ont cru trouver
l'ancêtre tant désiré dans ce fameux Halanoglossus qui
a l'apparence d'un ver, et qui est en réalité une modifi-
cation de type Echinoderme ; il en est enfin qui ont cher-
ché à établir une relation des Vertébrés avec les Arachno-
morphes ou avec les Crustacés.
Ia's partisans de ces différentes manières de voir se
BULLETIN DES SÉANCES. 97
bornent généralement à établir des analogies sur des
données anatomiques, sans pousser à fond leurs investi-
gations : ils ne s'expliquent pas sur l'origine de l'orga-
nisme qu'ils considèrent comme l'ancêtre des Vertébrés,
de telle façon que leur conception fragmentaire ne plane
pas sur l'ensemble du règne animal.
Dès 1885, cependant, A. Sedgwick, professeur de
Zoologie à l'Université de Cambridge, a émis une hypo-
thèse, déjà entrevue par divers auteurs (*), qui donne à
mon sens la clef de toute la classification zoologique.
Cette hypothèse semble avoir été laissée dans l'ombre :
je ne connais pour ma part que mon maître M. Ed. Van
Beneden,qui l'ait prise en considération et qui, à diverses
reprises, ait insisté sur son énorme importance (**).
Exposons d'abord les faits d'une manière purement
objective en prenant comme point de départ les pre-
miers stades du développement de VAmpliioxîis lesquels
nous sont connus d'une manière complète, grâce aux
recherches approfondies de Hatschek, professeur de Zoo-
logie à l'Université de Prague (***). Les phénomènes que
nous offre l'embryogénie de VAmpliioxiis, peuvent être
considérés comme exempts de toute cause secondaire
d'altération, et dans leurs traits fondamentaux ils sont
reproduits dans le développement des Vertébrés.
Après la fécondation, l'œuf de VAmpInoxiis se seg-
mente, et les cellules ainsi formées se rangent à la péri-
phérie d'une sphère creuse, de manière à constituer une
(*) A. Sedgwick. On tlieorigin ol melameric segmentation aiid some
oiher morphotogicnt questions. Quart. Journ. of Mikrosc. Science, 1884,
p. 43.
(") Ed. Van Beneden. Reclierclies sur le développement des ^racli-
nactis. Bull. Acad. Bel^., sér. 3, t. 21, 1891.
(***) B. Hatschek. Studien. ilber die Enlwickelung des A)nphioxus.
Arbeil. a. d. zool. Inst. in Wien, Bd. IV, 1881.
98
SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
couche unique, le blastoderme; l'embryon en cet état
constitue ce que l'on appelle une blastula (fig. 1), forme
qui se retrouve dans le
développement de tous
les animaux chez les-
quels il n'y a pas eu al-
tération des processus
embryonnaires, de telle
sorte que nous devons
la considérer comme
nous rappelant les ca-
ractères d'un ancêtre du
règne animal. Or, nous
Fig. l.— B\a.st\i\a. de VAmphioxiis, d'après t^oUVOnS DrécisémCnt
parmi les Protistes ac-
tuels des êtres qui nous offrent une structure très ana-
logue : ce sont des Flagellâtes de la famille des Yolvo-
cinées, les Volvox, colonies formées de cellules
disposées en une couche unique à la périphérie d'une
sphère creuse. D'autres particularités très importantes
se joignent à cette organisation pour rapprocher les Ani-
maux de ces Protistes, ce qui nous amène à penser que
si nous possédions aujourd'hui l'ancêtre du règne ani-
mal, nous aurions à le ranger probablement parmi les
Volvocinées.
La blastula de VAmpliioxusue tarde pas à changer de
forme : elle s'aplatit comme si elle était comprimée par
une surface résistante, et une portion de la paroi blas-
todermique s'invagine dans le creux de la sphère; il en
résulte une sorte de bonnet formé de deux parois cellu-
laires, l'une extérieure nommée ectodermc, l'autre inté-
rieure, Vendoderme. Cette dernière limite une cavité
BULLETIN DES SÉANCES.
99
interne, disons la cavité digestive, laquelle est en com-
munication avec l'extérieuf par une ouverture très large
d'abord et qui tend à se rétrécir ensuite, le blasto-
pore.
L'organisme se présente alors avec l'aspect connu
sous le nom de gastnda (fig. 2), qui se retrouve égale-
Fig. 2. — Gastrula de VAmphioxus, d'après Hatschek. — ec ectoderme ;
ed endoderme ; d cavité digestive ; bp blastopore.
ment dans le développement de tous les animaux dont
les phénomènes embryonnaires n'ont pas été altérés, et
que nous devons considérer comme nous rappelant la
structure primordiale de tout le règne animal; elle est
en efïet le symbole de ce dernier, les Animaux pouvant
être définis : les organismes pkiricellidaires présentant
une cavité digestive (*).
Nous sommes d'autant plus autorisés à admettre
cette manière de voir qu'il existe encore dans la Nature
vivante des animaux qui ne dépassent pas ce stade, et
qui subsistent d'une façon permanente à l'état de gas-
trula.
n Ou l'ayant perdue {Cestodes, Acnnlhocéphales.
Dicijémidesj.
Orthonectides et
400 SOCIÉTÉ BELGK DE MICHOSCOPIE,
Les plus connus de ces animaux sont les Hydres
d'eau douce, des Polypes ayant la forme d'un cylindre
fixé par sa base et surmonté de tentacules flexibles.
Une coupe transversale de l'organisme fait voir qu'il
n'est formé que de deux feuillets cellulaires, séparés
par une mince lamelle de soutien dépourvue de toute
structure ; extérieurement se trouve, comme dans la
gastrula, un ectoderme et intérieurement un endoderme:
celui-ci limite également une cavité digestive, qu'une
coupe longitudinale de l'Hydre nous montre s'étendant
dans les tentacules et s'ouvrant au pôle supérieur par
une ouverture buccale comparable au blastopore. Jadis
l'on croyait que l'animal pouvait être retourné comme
un gant, que l'cctoderme pouvait ainsi jouer le rôle d'en-
doderme, et réciproquement, mais c'est là une erreur repo-
sant sur des observations mal faites : il a été démontré
récemment {*) que l'Hydre retournée reprend rapidement
sa disposition naturelle, et si l'on vient à l'en empêcher,
elle périt.
i\ existe donc une différence fonctionnelle entre l'ec-
toderme et l'endoderme, et nous allons voir que les deux
feuillets de la gastrula de VAmpliioxus donnent en effet
naissance à des organes très différents.
L'embryon s'allonge, de telle manière que le blasto-
pore subsiste sur la ligne médiane, à la partie supé-
rieure et postérieure de l'animal. Trois différenciations
capitales se présentent alors : la formation de système
nerveux, de la corde dorsale et d'un feuillet moven, le
mésoderme qui vient s'intercaler entre l'endoderme et
l'ectoderme.
(*) (1. ISHiKAVVA. Trembleifs Umkelirungsvcrsuclic au Ili/dm luuli
ncucn Ycrsuchen erklart. Zcitsch. f. wiss. Zool., Bd. i9, l«8y.
BULLETIN DES SÉANCES. iOl
Nous nous occuperons tout à l'heure en détail de cette
dernière complication : disons d'abord quelques mots de
l'apparition du système nerveux et de la corde dorsale.
Le système nerveux apparaît en avant du blastopore
sous forme d'un épaississement médian de l'ectoderme
qui s'étend sur toute la longueur du dos de l'animal :
le plaque ainsi produite s'affaisse et se courbe de
manière à donner naissance à une gouttière dont les
bords tendent à se rapprocher et finissent par se réunir
en dessus. Il en résulte l'existence, entre la peau et la
plaque nerveuse, d'un canal longitudinal qui persiste
lorsque les deux bords de cette plaque se rapprochent
l'un de l'autre en dessus pour constituer le cylindre
creux représentant la moelle épinière de VAmpfiioxus
adulte, et qui reste ouvert en avant pendant un certain
temps par un office dorsal antérieur appelé neuroporc.
La corde dorsale se forme au contraire aux dépens de
l'endoderme : elle apparaît comme un épaississement de
la voûte de la cavité digestive, sur la ligne médiane, en
dessous de la ligne de. formation du système nerveux ;
l'ébauche cellulaire ainsi réalisée se détache peu à peu
de l'endoderme pour constituer une baguette cylindrique
pleine.
Avant la formation de la corde dorsale se montre à
droite et à gauche, à la partie supérieure de l'endoderme,
une hernie de la cavité digestive : il se produit ainsi, de
chaque côté, une cavité nouvelle, communiquant d'abord
avec la cavité digestive (fig. 5), puis s'en détachant
(fig. 4), et dont la paroi cellulaire prend le nom de
mésoderme. Mais la formation de ces diverticules méso-
dermiques n'est pas aussi simple que cette description
le laisse croire : si l'on examine en effet la larve de
dO'2
SOCIÉTÉ I5ELGE DE MICROSCOPIE.
VAmpliioxus, non plus sur une coupe transversale, mais
de dos, on voit qu'avant même que les cavités latérales
Fig. 3 et 4. — Deux stades successifs du développement de YAiJiphioxus (coupe
transversale), d'après Hatschek. — ec ectoderme ; n système nerveux;
4 système nerveux ; ecl endoderme ; ch corde dorsale ;
d tube digestif; m cavité mésodermique divisée à droite en pv protover-
tèbre et c cœlome.
l'on voit bientôt les cellules de leur paroi profonde se
transformer en éléments musculaires qui en envahis-
sent la cavité.
Ainsi se trouve réalisée peu à peu chez X Ampliioxus
l'organisation générale du type Vertébré, et les faits que
nous venons de rappeler suffisent pour nous permettre
de résoudre la question de l'origine de ces Animaux.
Il s'agit de déterminer en effet en premier lieu, la
signification de ce stade embryonnaire où VAmphioxus
se révèle comme un organisme segmenté.
Remarquons d'abord que cette segmentation se pré-
sente avec les mêmes caractères chez les Vers annelés, où
BULLETIN DES SÉANCES. iOâ
elle apparaît en outre extérieurement sous forme d'une
division du corps en anneaux. Un embryon de lombric
nous offre une série de saccules mésodermiques qui
se montrent, comme chez VAmphioxus, dans la région
du corps où se développe le système nerveux, lequel est
ventral chez les Vers. Ces saccules s'étendent ensuite vers
la partie dorsale de l'animal, et ils se réunissent par
paires supérieurement et inférieurement, de manière à
ne constituer qu'une seule cavité entourant le tube diges-
tif. Mais une coupe longitudinale du ver de terre, passant
à égale distance du dos et du ventre nous fait voir immé-
diatement que la séparation des divers saccules mésoder-
miques placés les uns derrière les autres, subsiste, de
telle manière que le cœlome du lombric conserve pen-
dant toute la vie de l'animal la disposition segmentaire
qu'il n'offre chez VAmpliioxiis que dans l'embryon et qui
se conserve pour les protovertèbres. La division du
corps des Vers en anneaux offre donc les mêmes carac-
tères anatomiques que la segmentation des Vertébrés, et
doit, par conséquent, tenir à la même cause.
Il règne actuellement dans la Science une hypothèse
fort séduisante pour expliquer ce phénomène : elle a eu
pour point de départ une idée du naturaliste français,
A. Moquin-ïandon, adoptée par le physiologiste Dugès.
Ces savants, considérant que le corps d'une sangsue ou
d'un lombric est formé d'anneaux qui renferment chacun
une même portion du tube digestif et du système circula-
toire, un ganglion nerveux, un appareil excréteur, etc.,
bref tous les organes d'un animal complet, pensaient
qu'un animal segmenté ne constituait pas un être unique,
mais une colonie d'animaux soudés les uns derrière les
autres. Chaque anneau constituerait ainsi une indivi-
XVII 9
i06 SOCIÉTÉ BKLGE DE MICROSCOPIE.
dualité. Cette hypothèse a été reprise et considérahle-
ment amplifiée par Hceckel (*), qui croyait pouvoir trou-
ver l'origine de cette colonisation dans un phénomène
de hourgeonnement. Il est, en effet, des Vers considérés
comme très inférieurs et ne présentant point de trace
de segmentation, certains Turbellariés, dont la partie
postérieure du corps bourgeonne, et donne naissance à
de nouveaux vers qui ne se détachent pas immédiatement
les uns des autres pour aller vivre d'une existence indé-
pendante : il en résulte une chaîne d'individus. Si l'on
suppose que ces animaux restent réunis, il s'en suivra
une colonie d'autant plus comparable à un ver segmenté
que l'organisation de l'un de ces Turbellariés semblait
pouvoir, jusqu'à un certain point, être ramenée à celle
d'un anneau de lombric ou de sangsue. Telle pourrait
donc être l'origine delà segmentation, et cettehypothèse
semblait confirmée par le fait que les Annélides marines
sortent de l'œuf sous une forme larvaire, assez comparable
à un Turbellarié, réduite à la tète ou à un petit nombre
d'anneaux de l'animal adulte : à la partie postérieure de
ces larves, on voit se produire peu à peu par un phénomène
qui ressemble à un bourgeonnement, toute la suite des
anneaux qui forment le corps du ver détinitif. En raison
de ce fait, la larve des Annélides marines a été considérée
comme représentant la structure d'un ancêtre dos ani-
maux segmentés, et l'on est allé jusqu'à y voir une forme
primitive des Vertébrés (**).
Cette liypothèse très remarquable a le défaut de ne pas
nous donner l'explication ni de l'origine du mésoderme,
ni de la signification du cœlome, et elle est muette sur
(•) E. \i.v.cKK\..GenereUe Morphologie der Organismen. Berlin, 1866.
('*) Ed. l'EfuuRu. Traité (te Zoologie. Paris, 1890.
BULLETIN DES SÉANCES. lOT
la parenté même de la larve des Annélides, toutes les ten-
tatives faites pour rattacher cette forme à un animal
inférieur avant échoué.
Or, nous allons voir qu il est inutile d'invoquer une
multiplication de l'individualité pour expliquer la struc-
ture des animaux segmentés, et que nous pouvons décou-
vrir l'origine du cœlome, du mésoderme et de la segmen-
tation dans un seul phénomène purement morphologique.
Il existe dans la Nature actuelle, et la Paléontologie
nous apprend qu'il y a eu depuis les époques les plus
reculées des Polypes plus élevés en organisation et plus
robustes que les Hydres et les animaux qu'on leur associe
sous le nom d'Hydroïdes : ce sont les Antliozoaires ou
Actinozoaires , lesquels constituent les colonies con-
nues sous le nom de Coraux et de Madrépores.
L'animal du Corail du commerce présente l'aspect
général de l'Hydre d'eau douce et est essentiellement bâti
de la même manière : son corps a la forme d'un cylindre
surmonté d'une couronne de tentacules, et il offre égale-
ment un ectoderme et un endoderme séparés par une
lamelle de soutien. iMais la cavité digestive est étrange-
ment compliquée : au lieu de présenter sur une coupe
transversale une section circulaire, elle montre un aspect
étoile dû à la présence de replis de l'endoderme qui con-
stituent des cloisons séparant des festons ou loges cœlen-
tériques disposées radiairement autour de l'axe central.
A la partie supérieure du polype, il existe un repli de
l'ecdoderme qui descend dans le corps de l'animal et qui
vient clore les loges : une coupe transversale de l'Âctino-
zoaire en cette région offre donc une cavité centrale limi-
tée par l'ectoderme autour de laquelle sont disposées des
cavités tapissées entièrement par l'endoderme.
<08 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
11 résulte des recherches approfondies des frères
Hertwig f) que les Actinozoaires possèdent un système
nerveux : il est constitué par un lacis de cellules ecto-
dermiques sous-épidermiques, surtout abondantes sur les
tentacules et autour de la bouche oii elles forment un
véritable anneau nerveux central.
Des polypes ainsi constitués peuvent être dérivés
directement d'animaux ressemblant à l'Hydre d'eau douce
en supposant qu'il s'est produit chez ces derniers un
plissement de l'endoderme qui a donné naissance aux
cloisons : ce plissement nous le trouvons déjà indiqué
chez certains Hydroïdes. Il n'est pas jusqu'au système
nerveux des Actinozoaires qui ne se trouve également
chez l'Hydre. Jadis, à la suite des études de Kleinenberg,
on niait l'existence de cellules nerveuses différenciées
chez cet animal; on prétendait qu'il possède des cel-
lules dites neuro-musculaires, à la fois musculaires et
nerveuses, mais c'est une erreur. L'endoderme de l'Hydre
renferme des cellules nerveuses et des cellules muscu-
laires parfaitement distinctes; j'ai fait faire par M. Cha-
peaux, aujourd'hui docteur en sciences, il y aura tantôt
trois ans, des recherches en ce sens dans mon laboratoire :
il en est résulté que des cellules nerveuses se trouvent
chez l'Hydre principalement, comme chez les Actino-
zoaires, sur les tentacules et autour de la bouche, où
elles constituent également un véritable anneau. Ces
découvertes ont été confirmées récemment par un natu-
raliste allemand (**).
Les Actinozoaires nous représentent donc des Hydroïdes
(•) 0. u. U. Hertwk;. Die ^ctimen. Jena, 1879.
(") K. C. ScHNEiDKR. Ilistoloqie an ITiidrn ftixrn iiiif bcsonderer
Bcrucksicktiqun(i des Ni'rvcHsy.slcins der Ilydrupolypcii. Arcli. f. iiiikr.
Anal., nd. ô:i, \m).
BULLETIN DES SÉANCES.
i09
perfectionnés, à cavité digestive festonnée, ayant par
conséquent une surface beaucoup plus considérable, ce
qui offre un grand avantage pour l'animal, puisque
une plus grande quantité d'éléments nutritifs peuvent
être ainsi élaborés en même temps : c'est ce qui explique
la taille de ces polypes, souvent beaucoup plus considé-
rable que celle des Hydroïdes.
Parmi les Actinozoaires, il existe encore des for-
mes qui ne constituent point de colonies, et qui ne
donnent lieu a aucune production squelettique : ce sont
de gros polypes mous qui vivent. isolés et que l'on con-
nait sous les noms vulgaires d'Anémones de mer ou
Fig. 7. — Schéma d'une coupe transversale faite dans la région buccale d'un
Cériatithe, d'après les frères Hertwig (les détails histologiques de l'ecto-
derme ont été supprimés). — ec ectoderrae ; l lamelle de soutien ; m loge
cœlentérique ; b invagination buccale.
110 SOCIÉTÉ HELGE l>E MICROSCOPIE.
d'Actinies. Il en est dont la bouche n'est point circulaire
comme celle du Corail, mais se présente comme une
fente allongée. Tels sont par exemple les Cériantlies,
dont une coupe transversale passant par la région supé-
rieure du corps, coupe dont j'emprunte le schéma aux
frères Hertwig (fig. 7), offre un intérêt exceptionnel. Elle
nous montre d'une façon saisissante une symétrie bila-
térale qui se trouve d'ailleurs parfaitement indiquée
chez tous les Actinozoaires. A droite et à gauche de l'inva-
gination buccale se voient des loges qui se font vis-
à-vis, de telle façon que sur la coupe, l'animal nous appa-
raît comme segmenté, c'est-à-dire que nous pouvons le
fractionner en parties semblables disposées les unes der-
rière les autres : cette segmentation est due à la dispo-
sition des loges, et nous savons que celles-ci constituent
une portion de la cavité digestive et que le feuillet cellu-
laire qui les tapisse n'est qu'une partie de l'endoderme.
Or la segmentation de VAmphioxus provient de l'exis-
tence des saccules mésodermiques dont la cavité n'est
qu'une portion détachée de la cavité digestive, et dont
le revêtement cellulaire est une partie de l'endoderme
primitif. (Test-à-dire que nous pouvons directement com-
parer les saccules mésodermiques aux loges cœlentéri-
ques du Cérianthe, de sorte qu'en faisant l'hypothèse que
les animaux segmentés descendent d'organismes ayant
eu une structure semblable à celle de certains Actino-
zoaires, nous arrivons en même temps à expliquer l'ori-
gine du mésoderme, du cœlome et de la segmentation.
Il suffît pour admettre cette théorie de concevoir
l'existence d'un Actinozoaire aplati, allongé dans le
sens du plan qui détermine sa bilatéralité et offrant les
loges cœlentériques entièrement séparées de la cavité
BULLETIN DES SÉANCES. ill
digestive centrale. Or, l'on connaît des Actinozoaires
aplatis, on en a décrit qui au lieu d'être circulaires
sur une coupe transversale sont elliptiques, on en a
découvert entin un dont les loges sont entièrement indé-
pendantes et qui pourrait en quelque sorte être défini :
un polype pourvu d'un cœlome (*).
C'est là l'hypothèse due à Adam Sedgwick qui y a été
principalement amené par des considérations tirées de
l'embryologie du Peripatus, un Arthropode qui ressemble
à un lombric pourvu de pattes, et qui est aux Insectes ce
que VAmpliioxiis est aux Vertébrés.
Cet organisme offre une gastrula dont le blastopore
s'allonge en une fente, en même temps qu'apparaissent
les saccules mésodermiques. La comparaison de l'em-
bryon arrivé à ce stade avec une jeune Actinie est frap-
pante. Le blastopore, homologue de la bouche de
l'Actinozoaire, s'allonge de plus en plus, en même temps
que sa partie moyenne se rétrécit, de telle façon qu'à un
moment donné, il se trouve représenté par deux ouver-
tures, une antérieure qui deviendra la bouche de l'animal
adulte, l'autre postérieure, le futur anus, réunies encore
pendant un certain temps par une étroite fente longitu-
dinale disparaissant plus tard (fig. 8). Or, il est précisé-
ment certains Actinozoaires dont la bouche offre un aspect
inusité : elle a la forme d'une fente allongée dont les
deux lèvres sont accolées dans leur plus grande étendue,
ne laissant subsister que deux ouvertures terminales,
dont l'une joue le rôle d'orifice d'entrée et l'autre d'ori-
fice de sortie : cette bouche réalise la disposition que
nous observons transitoirement chez le Peripatus.
(*) D. C. Danielssen. Actinida ofthe Norwegian North-Atlantic Expé-
dition. Bergens Mus. Aarsber. f, 1887.
H2
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
cm
Fig. S. — Schéma de l'organisation du Peripatus, vue ventrale. — b bouche;
a anus ; cm ancienne fente blastoporique aj'ant fait communiquer la bouche
et l'anus; n système nerveux; m cavité mésodermique; at antenne;
p patte.
■ Tn.
Fig. 9. — Schéma de l'organisation d'un Actinozoaire , vue du disque buccal,
t bouche ; n système nerveux ; m loge cœlentérique; t tentacule.
BULLETIN DES SÉANCES. , 113
Autour de la bouche des Actinozoaires, nous trouvons
un anneau nerveux (fig. 9) : le système nerveux du
Peripatiis se montre sous forme de deux cordons situés
longitudinalement de chaque côté de la ligne médiane,
c'est-à-dire de l'ancienne fente qui réunissait la bouche
et l'anus, ces deux cordons étant rattachés l'un à l'autre
devant l'oriiice buccal et derrière l'orifice anal, de telle
façon que le système nerveux du Peripatiis est l'homo-
logue du système nerveux des Actinozoaires et occupe
la même position dans le corps de l'organisme.
De plus, les cavités mésodermiques du Peripatiis
envoient un prolongement dans chacune des pattes de
l'animal, absolument comme les loges des Actinozoaires
se continuent dans les tentacules de ces Polypes, et
nous voyons que les membres des Arthropodes ne sont
pas autre chose que les tentacules de leurs ancêtres
perfectionnés.
Une coupe transversale du corps du même Peripatus
(fig. 10) mise en regard d'une coupe longitudinale d'un
Actinozoaire (fig. 11) nous montre immédiatement l'ho-
mologie des principaux organes, mais présentant une
disposition inverse par rapport à l'orientation normale
de ces animaux : le Peripatus progresse en effet sur
la face neurale de son corps, c'est-à-dire que son ventre
correspond au disque buccal des Actinozoaires. Il des-
cend donc d'un polype retourné, marchant sur sa face
tentaculaire, et nous devons admettre la mêm.e origine
pour tous les Arthropodes, pour les Vers de tout genre (*)
et pour les Mollusques, ces organismes n'étant que les
variations d'un même thème, et ne devant constituer
qu'un seul embranchement dans le règne animal.
Y compris les Cténo[)hores qui sont des Turbellariés pélagiques.
i14
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
D
Fig. 10. — Schéma de l'organisation du Peripatus, coupe transversale. —
D dos; "V ventre ; d tube digestif; n système nerveux; m cavité méso-
dermique; s organe segmentaire ; î patte.
Cette similitude dans l'organisation des Vers, et des
Actinozoaires, se retrouve dans bien d'autres particula-
Fig. 11. — Schéma de l'organisation d'un Actinozoaire, coupe longitudinale.
— b bouche ; d cavité digestive ; n système nerveux ; m logé cœlenté-
rique (les lignes pointillées représentent les feuillets qui manquent à l'im-
mense maiorité des Actinozoaires, et qui constituent l'endoderme et la
splanchnopleure des Cœloraates); 6' les trois genres d'ouvertures que peu-
vent offrir les loges ; t tentacule.
BULLETIN DES SÉANCES. 415
rites de leur anatomie, mais il m'est impossible de m'éten-
dre davantage sur ce sujet : je dirai seulement que les
différenls faits qui ont été allégués par les partisans de
l'hypothèse qui veut que les animaux segmentés soient
constitués par une colonie à individualités multiples,
trouvent une explication plus complète dans la théorie
de Sedgwick.
D'abord les Vers dépourvus en apparence de segmen-
tation, et considérés comme ayant une organisation plus
simple que les Annélides, les Turbellariés et les Tréma-
todes, sont en réalité des formes complexes qui ont subi
une longue évolution ; malgré la profonde transformation
de toute leur structure, malgré les vicissitudes nom-
breuses auxquelles ils ont été soumis et qui nous sont
reflétées par les bizarreries de leur embryogénie, ils
oflrent encore le témoignage irrécusable de l'existence
du cœlome : il n'y a point de Ver qui n'ait été au début
segmenté.
Le bourgeonnement suivi de scissiparité qui s'observe
chez beaucoup d'entre eux n'est que le rappel du mode
de division des Actinozoaires, lesquels se scindent égale-
ment de manière à donner naissance à des individus
nouveaux.
Entin l'évolution larvaire des Annélides marines a son
pendant dans le développement des Actinozoaires : ceux-
ci ne sortent point non plus de l'œuf avec leur struc-
ture définitive. Leur embryon peut être entièrement
comparé au début à une Hydre; ce n'est que plus tard
qu'apparaissent les cloisons qui déterminent la sépara-
tion de loges cœlentériques faisant de l'organisme un
Actinozoaire, et ces cloisons ne se forment pas toutes en
même temps : elles se montrent les unes après les autres
116 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
à droite et à gauche par paires symétriques, délimitant
successivement de nouveaux couples de loges. Cette
croissance se fait dans un ordre parfaitement régulier,
mais variable, suivant les divers ordres d'Actinozoaires,
et il est bien intéressant de constater que dans le groupe
des Cérïanlliides, la formation des couples de loges
s'accomplit exactement d'après la même loi que l'appari-
tion des couples de saccules mésodermiques, c'est-à-dire
des anneaux, chez les animaux segmentés.
La segmentation n'est donc point la résultante d'une
colonisation d'individualités distinctes : elle est un phé-
nomène purement morphologique qui a sa source dans
une multiplication de surface de la cavité digestive chez
les Polypes (*).
Revenons-en aux Vertébrés. Le fait qu'ils offrent des
cavités mésodermiques nous prouve que, comme les Vers,
ils descendent d'animaux ayant eu une structure sembla-
ble à celle des Actinozoaires, et il nous reste à nous
demander si leurs ancêtres ont subi les mêmes vicissi-
tudes que ceux des Vers, s'ils se sont également retour-
nés pour marcher sur leur disque tentaculaire, en d'au-
tres termes si les Vertébrés ont passé par un stade
comparable à l'organisation des Vers.
Il est évident qu'il ne peut être question de trouver
O Cette conclusion s'applique également aux Échinodermos dont un
certain nombre de types ont à juste titre reçu le nom d'Etoiles de mer :
il n'y a pas lieu de considérer ces organismes comme étant constitués
par un certain nombre d'animaux simples réunis en société autour d'un
axe (HîL'ckel) ou d'un individu central (Perrier). Ils forment avec le
Balanoglnssus un troisième embranchement d'animaux à cœlome, égale-
ment issus d'Actinozoaires, et la persistance de la symétrie rayonnée qui
l'emporte ciiez eux sur la symétrie bilatérale, nous montre que leurs
ancêtres ont subi leurs perfectionnements sans cesser d'être k l'état
adulte des animaux fixés, comme le sont les Actinozoaires actuels.
BULLETIN DES SÉANCES. 417
avec Hubrecht (*) l'origine des Vertébrés dans des Vers
qui, comme les Némertiens, ont perdu en grande partie
la segmentation primitive, et qui offrent une embryogé-
nie très compliquée, témoignant de profondes altérations
secondaires, le développement si pur de YAmpliioxiis
parlant immédiatement contre cette manière de voir.
La seule bypothèse plausible parmi toutes celles qui
tendent à rattacher les Vertébrés aux Vers est celle qui voit
dans les Annélides inférieures les ancêtres des Chordés,
mais elle n'est basée que sur deux considérations : la
possession commune de la segmentation et des organes
segmentaires.
La segmentation n'est pas particulière aux Vers et aux
Chordés : nous venons de voir qu'elle existe déjà chez
les Actinozoaires leurs ancêtres.
Les organes segmentaires sont des tubes qui se
trouvent disposés par paires dans chaque anneau des
Vers : ils constituent, en dernièi'e analyse, des ouvertures
qui mettent en communication les cavités mésodermi-
ques avec l'extérieur. Semper les a découverts dans les
embryons de Squales et récemment Boveri les a trouvés
chez YAmphioxus (**). Or, ces ouvertures nous les ren-
controns dans les Actinozoaires où elles font commu-
niquer chaque loge cœlentérique avec l'extérieur : elles
sont placées ou bien à l'extrémité des tentacules, ou bien
à leur base, c'est-à-dire à la place correspondant à celle
des organes segmentaires du Peripatus et des Vers, ou
bien encore dans la paroi du corps, à l'endroit où ces
organes semblent se trouver chez les Chordés.
(') A. A. W. Hubrecht. ReLations of tlie Nemerlea to tlie Yertebrata.
Quarl. Journ. of mikrosc. Science, 1887.
('*) Th. Boveri. C/e^gr die Nieren des Amphioxus. Miinchener Medicin.
Wochcnschrilt, 1890. a" 2(î.
418
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOI'IR.
nn
P
Ttt
77,
L'hypothèse qui t'ait descendre les Vertébrés des
Annélides est donc inutile, puisque les deux particula-
rités sur lesquelles elle se fonde existent déjà chez les
ancêtres communs de ces animaux.
L'hypothèse se heurte en outre à des difficultés insur-
montables : je n'insisterai
que sur les plus impor-
tantes d'entre elles.
Le système nerveux des
Vertébrés se développe le
long du dos comme chez
VAmpliioxtis (fig. l'2); il
entoure son canal central,
en lequel communique pri-
mitivement avec l'exté-
rieur dans toute son éten-
due, mais plus tard, par
^i^^ deux ouvertures seule-
ment : une antérieure, le
neuropore, qui est peut-
„. ,„ o UA ^ 1' ■ +• ^. être homologue à la bou-
Fig. 12. — Schéma de lorganisation d un o
Chordozaire.yneàorsâle.-npneuro- chc du PevWatUS, l'autre
pore ; bp blastopore ; cm canal me- r '
vitéïésodermrS^ nerveux; m ca- postérieure, Ic blastOporC,
comparable probablement
à l'anus de cet animal. La comparaison de coupes trans-
versales représentant l'organisation schématique du Ver-
tébré (fig. lo), du Peripatiis, (fig. 10), et d'un Actino-
zoaire (fig. 11), nous montre que le système nerveux de
ces trois groupes d'animaux occupe la même région du
corps. Rien dans l'embryogénie de VAmphioxiis et des
Vertébrés ne nous témoigne d'un déplacement de cet
appareil : chez les Vers nous voyons que c'est dans la
BULLETIN DES SEANCES.
119
région où il se forme qu'apparaissent les saccules méso-
dermiques; chez Y Ampliioxus ceux-ci occupent d'abord
D.
n^
r/
-m
Fig. 13. — Schéma de l'organisation d'un Chordozoaire, coupe transversale.
— D dos ; V ventre ; d tube digestif ; ch corde dorsale; [n système nerveux ;
6 canal médullaire ; w cavité mésodermique ; s organe segmentaire.
également la région du corps adjacente au système ner-
veux. Il en résulte que la face neurale des Vers corres-
pond à la face neurale des Vertébrés, et comme ces
derniers ont la partie du corps qui renferme le système
nerveux tournée vers le haut, comme au contraire les
Vers marchent sur cette même partie du corps, le ventre
des Vers correspond au dos des Vertébrés et réciproque-
ment. Si donc les Vertébrés descendent d'un Ver, il faut
supposer que ce Ver s'est retourné, et il est bien difficile
de concevoir sous quelle intluence naturelle pareil phé-
nomène aurait pu se produire. 11 serait en outre étrange
que l'Actinozoaire ancestral après s'être retourné lui-
même et s'être transformé en Ver, se soit promptement
<20 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE.
remis dans sa position primitive pour évoluer en Ver-
tébré.
II est donc très invraisemblable que les Chordés aient
passé par la forme de Ver : tout prouve au contraire que
l'Actinozoaire qui leur a donné naissance a conservé son
orientation normale, la face neurale en haut.
Cet Actinozoaire devait en outre avoir des mœurs
spéciales : nous savons que les Vertébrés inférieurs, que
la larve de ÏAmphioxus et les larves des Tuniciers sont
des animaux nageurs vivant à la surface de l'océan, et ces
habitudes nous amènent à penser que les polypes qui
ont évolué en Chordozoaires devaient avoir des" mœurs
pélagiques, c'est-à-dire qu'ils constituaient des polypes
flottants.
L'on sait que les larves des Actinozoaires sont des
animaux pélagiques : nous pouvons donc supposer que
l'ancêtre des Chordés a été un polype ayant subi ses
dernières métamorphoses sans aller se fixer au fond des
mers comme ses congénères.
Cette hypothèse seule nous permet d'expliquer l'ori-
gine de la corde dorsale et des protoverlèbres si émi-
nemment caractéristiques de l'embranchement.
Pour un être mou et dépourvu de point d'appui
comme un Actinozoaire flottant, il aura été d'un grand
avantage qu'il se produisît un épaississcment de Ten-
doderme donnant lieu à un axe rigide, lequel aura joué
dans le corps du premier des Chordés le rôle d'un tuteur
de tous les organes.
Il aura encore été très avantageux pour le premier
Chordé d'acquérir un organe de locomotion plus efïicace
que les tentacules, les protovertèbres. Ce sont en effet
ces portions détachées des loges cœlentériqucs piiini-
BULLETIN DES SÉANCES. 12!
tives qui, se remplissant de tissu musculaire, constituent
l'appareil locomoteur de YAmpliioxiis et des Poissons,
les nageoires de ces animaux ne leur servant qu'cà se
diriger dans leurs mouvements. Les Vers nageurs ont au
contraire un mode de locomotion tout différent.
Tout concourt donc à nous faire admettre que les
Chordés n'ont pas passé par un stade de Ver, mais qu'ils
proviennent directement d'un animal ayant la structure
générale d'un Actinozoaire et qui aurait persisté à flotter
à la surfacedes océans.
Résumons donc : d'un état comparable à un Flagellate
du groupe dcsVolvocinées, le Vertébré aurait passé aune
organisation qui nous est rappelée par la structure de
l'Hydre; il se serait élevé ensuite au stade d'Actinozoaire,
et, sans jamais avoir offert de parenté directe avec un
Échinoderme ou avec un Ver, il serait devenu, en
s'adaptant d'une façon permanente à la vie pélagique, le
type primitif de tous les Chordés.
Ainsi, les animaux qui, dans la Nature actuelle, nous
représentent le mieux les ancêtres les plus rapprochés
des Vertébrés, sont ces belles Anémones marines qui
remplacent dans les océans les fleurs que les Végétaux
n'y épanouissent jamais.
Présentation de luicroplioto^rainnieis
coloriés.
M. le Secrétaire présente, de la part de M. Cogit, plu-
sieurs microphotogrammes obtenus d'après le procédé
de MM. Lumière, à Lyon.
XVII 10
^22 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Les photographies en noir ne donnent qu'une idée
bien imparfaite des préparations coloriées qui sont géné-
ralement teintées par des couleurs vives.
Il était intéressant de chercher un procédé qui permit
de les reproduire mécaniquement et plus fidèlement.
Les auteurs du procédé dont il s'agit ont pu atteindre
le but et obtenir facilement les doubles colorations en
combinant les procédés photographiques avec les mé-
thodes de coloration des préparations microscopiques.
Les meilleures images ont été produites en opérant
de la manière suivante :
On choisit un papier dit au charbon, dont la couche
est pauvre en matière colorante (il est indispensable, en
effet, que les positives soient très claires, si l'on veut
que leur teinte n'agisse pas sensiblement sur la colora-
tion que l'on doit leur donner définitivement), et on
sensibilise ce papier dans une solution de bichromate de
potassium contenant :
Eau , 650 grammes.
Bichromate de potassium . 25 —
Alcool 350 —
En été la solution est refroidie; sa température ne
doit pas dépasser 15°.
Après cinq minutes d'immersion, le papier est sus-
pendu pour sécher à l'abri de la lumière et de la pous-
sière.
Le papier est ensuite exposé sous le cliché dans le
châssis-presse, en se conformant aux règles qui se rap-
portent au procédé au charbon.
En un mot, la sensibilisation et l'impression s'effec-
tuent avec les précautions que commande ledit procédé.
BULLETIN DES SÉANCES. 423
La durée de l'impression est déterminée à l'aide d'un
photomètre.
Lorsque les indications du photomètre montrent que
l'exposition est suffisante, l'image est développée, d'après
les méthodes connues, sur un verre mince douci, préa-
lablement décapé et parfaitement propre, l'épreuve étant
appliquée sur le côté douci.
Le développement doit être bien complet. Aussitôt
terminé, la positive est lavée à l'eau froide, immergée
dans l'alcool pendant dix minutes et enfin mise à sécher.
Si l'on a bien opéré, l'épreuve est faible, quelquefois
même peu visible.
Pour la colorer, on prépare des solutions aqueuses des
couleurs employées en micrographie ou de celles qui
s'en rapprochent, telles que le violet et le bleu de mé-
thyle, le violet de gentiane, le bleu coton, le rouge de
magenta, le nacarat, la safranine diméthylée, le vert
malachite, etc.
La concentration qui paraît le plus convenable varie
entre -^ et -^ suivant la solubilité et le pouvoir colorant
de la substance.
Lorsque celle-ci n'est pas soluble, ou trop peu soluble
dans l'eau, on la dissout dans une quantité d'alcool aussi
faible que possible, puis on étend ensuite la liqueur avec
de l'eau.
On pourrait évidemment ajouter à la liste des colo-
rants, cités plus haut, un grand nombre d'autres sub-
stances; mais il ne faut pas perdre de vue que certaines
couleurs d'aniline sont rapidement altérées à la lumière.
Celles qui présentent cette propriété doivent être reje-
tées.
La solution que l'on a choisie pour colorer la positive
iU SOCIÉTÉ BELGE DE MICP.OSCOPJE.
est versée sur rimage. En quelques secondes, le liquide
a pénétré la gélatine qui retient la couleur et qui prend
une teinte vive, identique à celle de la préparation
^ microscopique si l'on a bien fait le choix de la teinture.
Lorsque la coloration est trop intense on lave abon-
damment à l'eau. Généralement, la décoloration s'effec-
tue lentement et régulièrement.
On suit facilement l'effet du lavage, que l'on cesse au
moment opportun.
L'action décolorante de l'eau est le plus souvent suffi-
sante, dans le cas où l'on fait fusa^e du vert malachite,
du nacarat ou du bleu de méthvle.
Quand le lavage à l'eau est insuffisant, on traite par
l'alcool. La décoloration s'effectue beaucoup plus rapi-
dement que dans le cas précédent ; aussi doit-on suivre
l'opération avec plus de soins.
Letraitement par l'alcool est toujours suivi d'un lavage
sommaire à l'eau ordinaire.
L'effet de l'alcool est l'apide avec le violet de méthvle
et le rouge de magenta. La décoloration est beaucoup
plus difficile avec le bleu coton et la safranine.
Ces dernières teintures doivent, pour ce motif, être
employées plus diluées, afin que l'on puisse en suivre
l'action de plus près et pour qu'il ne soit pas nécessaire
de recourir aux décolorants.
Il est facile, à l'aide de ces indications sommaires,
d'obtenir les colorations doubles que l'on remarque dans
certaines préparations microscopiques; dans une pré-
paration de microbes par exemple, le microbe est fré-
quemment coloré en rouge et le fond en bleu.
Pour que la positive photographique présente le même
effet, on la traite d'abord par une teinture rouge intense.
BULLETIN DES SÉANCES. 123
mais qui ne s'oppose pas à la décoloration partielle ulté-
rieure de l'épreuve. La solution à 7^- de rouge de
magenta se trouve dans ce cas.
A la suite de ce traitement, l'épreuve est colorée dans
toutes ses parties.
Revenant au cas précédent pour fixer les idées, on voit
que le microbe est coloré en rouge foncé et le fond en
rouge clair.
C'est alors que l'on procède à la décoloration partielle,
d'abord par l'eau, puis par l'alcool si cela est nécessaire.
Lorsque le fond commence à perdre sa teinte, on traite
de nouveau par la teinture qui doit colorer le fond.
Il faut alors une solution faible, telle que la solution
aqueuse de bleu coton à ~.
Le grain du verre dépoli, qui sert de support à
l'épreuve, nuit à la transparence de la positive.
Il est important, pour la projection, de vernir afin de
aire disparaître l'aspect grenu de la surface. Les images
projetées sont alors beaucoup plus brillantes.
Le vernis suivant convient à cet usage :
Benzine -300 grammes.
Gomme Dammar .... 5 —
Il s'applique à froid à la manière du collodion. On peut
éviter le vernissage en remplaçant le verre douci par un
verre poli ; mais avec ce dernier il peut survenir quel-
quefois des décollements de la gélatine pendant le déve-
loppement.
Projetés sur l'écran, les spécimens qui font l'objet de
la présentation montrent combien ces positives produi-
sent un effet supérieur à celui des épreuves en noir
obtenues à l'aide des procédés ordinaires.
XVU 10.
426 SOCIÉTÉ BELGE DE MICBOSCOPIE.
On trouve les microphotographies colorées de Lumière
chez Cogit, 17, quai St-Michel, Paris.
Il convient de remarquer qu'il s'agit ici d'un procédé
de coloration générale avec décoloration partielle consé-
cutive, ahsolument analogue aux procédés employés
pour teinter la préparation elle-même. Cela conserve à
la reproduction un caractère d'authenticité absolue. Il y
a donc lieu de féliciter vivement les auteurs du procédé
et d'exprimer à M. Cogit les remerciments de la Société
pour son très intéressant envoi.
BULLETIN DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVI[. N' VII. 1890-1891
Procès-verbal de la séance luensuelle
du 25 avril 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, D' Coppez,
H. Coppez, Delogne, Destrée, Dewevre, De Wildeman,
Dubois-Havenitli, Gallemaerts, Gedoclst, M"" Leclercq
etVerhoogen, secrétaire.
M. Van Gehuchten assiste à la séance.
Communica Lions :
Lies récentes découvertes dans Fanatoiuie et
riiistolo^ie du système nerveux central,
par M. le D' Van Gehucfiten, professeur à l'Université de
Louvain.
Après une description étendue du trajet des fibres
XVII -Il
428 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
nerveuses médullaires et de leurs connexions, telles
qu'on les concevait il y a quelques années à peine,
l'auteur passe à l'indication des découvertes récentes
consécutives à l'emploi de la méthode de Golgi. M. Yan
Gehuchten présente de nombreux dessins et un grand
nombre de remarquables préparations microscopiques
faites par lui-même et par M. Ramon y Cajal, à l'aide
desquelles il démontre les rapports de simple contiguité
(et non de continuité) qui existent entre les différentes
fibres nerveuses affectées à une même fonction, et leurs
ramifications terminales. Passant ensuite plus particu-
lièrement à l'examen d'un organe des sens spécial, il
décrit le trajet de la fibre olfactive depuis la cellule spé-
ciale terminale jusqu'au glomérule olfactif et de là au
nerf olfactif.
Le détail de cette conférence sera publié aux Annales
de la Société.
L-a Fibre nerveuse, Conférence donnée à la Société
de microscopie Belge, le 19 avril i891, par le docteur
Paul Héger, professeur de physiologie à l'Université de
Bruxelles.
Messieurs, en prenant la parole aujourd'hui devant
vous, il m'est impossible de ne pas évoquer le souvenir
du jour où je suis venu, il y a dix ans (*), vous entre-
tenir de l'émigration des globules blancs du sang. Je
défendais alors cette idée que l'émigration n'est pas un
phénomène qui s'improvise par le fait de l'inflammation,
mais une fonction physiologique, une condition première
(*) 9 octobre 1881.
BULLKTIN DES SÉANCES. 1-29
OU, pour mieux dire, un épisode de la nutrition des
tissus.
dette manière de voir était alors eombattue, mais elle
a trouvé parmi les membres de votre société mieux que
des défenseurs et je suis heureux de profiter de la cir-
constance actuelle pour rappeler l'extension que les
travaux de Gallemaerls, et plus tard ceux de Massart et
Bordet lui ont donnée; on ne conteste plus aujourd'hui
la phagocytose et les maîtres de notre science, en Alle-
magne comme en France, s'occupent de lui assigner son
vrai rôle dans la nutrition normale ou pathologique.
Je souhaite obtenir aussi, relativement aux proposi-
tions nouvelles que je viens vous soumettre, la sanction
de vos recherches personnelles.
A vrai dire, peu de questions ont été aussi controver-
sées que la structure de la fibre nerveuse : de Leeuwen-
hoek à Schwann, de Schwann et de Remak à Ranvier,
nombre de monographies ont paru sans que le problème
nous apparaisse encore comme vraiment résolu : à l'an-
cienne notion qui représentait le nerf comme un tube
continu, l'influence de la théorie cellulaire a substitué
l'idée de la contiguïté des segments représentant chacun
une cellule différenciée; le cylindre d'axe, la myéline,
le réticulum, la gaine de Schwann, sont les produits de
cette différenciation.
Pendant que les recherches microscopiques éluci-
daient le problème de la morphologie de la fibre ner-
veuse, les physiologistes attaquaient, de toutes parts, une
question non moins ardue, celle de la fonction des
nerfs.
Cette fonction se résume dans le mot « conduction. »
Le nerf sensible conduit la modification moléculaire
130 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
qui correspond à une impression jusqu'au centre cor-
respondant.
Le nerf moteur conduit l'incitation motrice du centre
à la périphérie. Conduction centripète, conduction cen-
trifuge, cela résume toute la fonction du nerf. Au sur-
plus, l'une et l'autre se valent : Philippeau et Yulpian
nous montrent, par la soudure du lingual et de l'hypo-
glosse, que le mouvement moléculaire se propage de l'un
à l'autre. Paul Bert, en greffant la pointe de la queue
du rat sur la peau du dos du même animal, donne de ce
même fait une nouvelle démonstration.
Comment se fait celte conduction? Et d'abord, s'agit-
il ici d'une conduction véritable? Dubois-Reymond nous
prouve que la transmission nerveuse est intimement
liée à une modification électrique se propageant de place
en place : l'oscillation négative parcourt le nerf avec la
même vitesse que l'impression elle-même.
De la nature intime de cette modification électrique,
des causes qui déterminent la lenteur de la transmis-
sion nerveuse, nous ne savons jusqu'ici pas grand'cbose:
on se refuse cependant à identifier le fluide nerveux et
l'électricité en raison même de la lenteur de l'un com-
parativement à la foudroyante rapidité de l'autre, mais
on ne va pas au-delà et les progrès mêmes de l'histologie
ne sont pas utilisés pour nous faire mieux comprendre
la fonction. Nulle part, en effet, je n'ai vu invoquei' l'exis-
tence des étranglements de Ranvier comme étant de
nature à élucider le mécanisme de la transmission ner-
veuse, généralement nous nous représentons le cylindre-
axe comme un cordon vecteur, comme une tige continue
allant du centre à la périphérie dans les nerfs moteurs,
de la périphérie au centre dans les nerfs sensitifs.
BULLETIN DES SÉANCES. 431
Aux yeux de tous, le cylindre-axe est un til conducteur
logé ici dans un simple gaine, ce sont les libres deRemak,
là dans un manchon de myéline, ce sont les nerfs encé-
phalorachidiens, mais toujours ce fil conducteur est
continu. Sur ce dernier point, pas de doute. Si Engel-
mann a un jour prétendu le contraire, s'il a osé affirmer
que le cylindre d'axe est discontinu, ses vues n'ont pas
été admises. Je pense, Messieurs, que cette idée de la
continuité du cylindre d'axe est préconçue : nous nous
représentons le nerf comme un conducteur, et, à nos
yeux, la première condition que doit réaliser un con-
ducteur, c'est la continuité. Tant que nous imaginons
la transmission nerveuse comme identique à la trans-
mission de l'électricité se faisant à travers un fil de cuivre
ou de fer, nous croyons, nous devons croire à la conti-
nuité de ce dernier ; sinon, nous ne pouvons plus com-
prendre cette transmission; cela nous gène de ne pouvoir
comprendre et dès lors le cylindre-d'axe doit être continu.
Je n'impute pas seulement aux autres ce préjugé; c'est
ainsi que je pensais moi-même il n'y a pas plus de deux
ans et, disons-le à notre décharge, les préparations
ordinaires des nerfs colorés au carmin étaient bien faites
pour nous confirmer dans cette opinion.
Lorsque, en octobre 1889, des expériences furent
entreprises par M. Léon Gérard et par moi, à l'Institut
Solvay, sur les courants des nerfs, nous nous trouvâmes
en présence de certains faits (sur lesquels je n'ai pas à
insister ici) qui ne cadraient nullement avec l'idée que
le nerf serait un conducteur pur et simple, à la manière
d'un fil continu.
L'idée d'une discontinuité possible dans le cylindre
d'axe nous pénétra peu à peu, non comme un fait mor-
132 SOCIÉTÉ liELGR UE MICROSCOI'IE.
phologifiuc, mais comme une conséquence imposée par
les constatations faites au galvanomètre.
Je me souviens qu'à cette époque Léon Gérard ayant
préparé, chez lui, des fibres nerveuses fraîches (nerf de
moineau), en se servant d'un solution au millième d'acide
osmique, prétendit l'invoquer comme un argument en
faveur de la discontinuité du cylindre d'axe; ces prépa-
rations furent vivement discutées entre nous : les uns
croyaient voir le cylindre d'axe traversant l'étrangle-
ment; les autres ne le voyaient pas à ce niveau et deman-
daient qu'on le leur démontrât. Il y eût aussitôt là,
comme partout, deux camps qui se formèrent : les con-
servateurs et les progressistes.
Parmi les conservateurs se trouvait M. De Moor; ses
travaux antérieurs lui donnaient sur ce sujet une convic-
tion bien arrêtée. Aussi, de commun accord, c'est à lui
que la question fut confiée et il l'étudia depuis cette
époque consciencieusement.
Ce sont les résultats de ses recherches que je compte
exposer devant vous aujourd'hui. Je lui avais demandé de
faire lui-même cet exposé, mais il s'y est refusé et, malgré
mes instances, il a préféré que je me charge de ce soin.
Vous connaissez tous les descriptions de Ranvier,
vous avez présentes à l'esprit les figures représentant
les étranglements dans les nerfs rachidiens préparés,
en extension physiologique, soit au moyen du nitrate
d'argent, soit au moyen des solutions diluées d'acide
osmique, Ranvier a formulé cette loi que les segments
interannulaires sont, toutes circonstances égales d'ail-
leurs, d'autant plus courts que le diamètre des tubes
nerveux est plus petit (*).
(■) Trailt' IcclinhjHC d'hisioloijie, 2* oïlilion, p. .'iGO.
BULLETIN DES SÉANCES.
133
Ranvier envisage à ce point de vue des fibres grosses
(i5,a) des fibres moyennes (10/x) et des fibres minces (5^).
Dans les premières la longueur des segments est de
1 millimètre 15, h 1 millimètre 20; dans les moyennes,
0,92 à 1 millimètre; dans les plus minces 75 à 80 cen-
tièmes de millimètre.
Ces dernières mesures se rapportent au sciatique du
chien. Chez la grenouille, les segments sont comparati-
vement plus longs. Ce qui revient à dire que chez un
même animal il existe un rapport entre la longueur des
segments et le diamètre de la fibre nerveuse. Pour une
même espèce ce rapport est constant tandis que d'une
espèce à l'autre, ce rapport varie.
M. De Moor a mesuré chez différents animaux la lon-
gueur des segments interannulaires en la rapportant au
diamètre de la fibre; d'après lui, la loi de Ranvier est
fondamentalement exacte, mais il ne faudrait pas croire
cependant que dans un même nerf, les segments ont
d'un bout à l'autre la même dimension. En effet, ayant
mesuré ces dimensions dans trois régions d'un même
nerf sciatique, c'est-à-dire près de la moelle, à la région
poplitée et dans les branches terminales, il a obtenu les
chiffres suivants :
LONGUEUR DES SEGMENTS
miliini.
DIAMETRE DE LA FIBRE
Région centrale
0,227 IOac
1,150 ...... 25^
1,610 25^
1,740 25^
1,070 19^
1,525 15^
0,190 G/^
■134 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
LONGUEUR DES SEGMENES DIAMETRE DE LA FIBRE
millim.
1,560 10^
Région poplitée
1,560 2-2^
1,400 15^
0,990 2-2^
1,565 25^
1,525 11^
Région périphérique/ 1,420 11^
0,570 4^
1,515 11^
Il y a donc, dans un même nerf des différences selon
la région considérée.
En général, comme le ditRanvier, à des fibres volumi-
neuses correspondent des étranglements plus distants,
mais il s'en faut qu'ils soient équidistants pour une
même fibre, ou même qu'ils obéissent à la loi de Ranvier
d'une façon mathématique : il y a des irrégularités,
comme on doit le prévoir, du moment où l'on considère
le nerf comme formé de cellules juxtaposées : pourquoi
ces cellules ne présenteraient elles pas des écarts de
dimension, ici comme dans tout autre tissu?
M. De Moor a observé que les libres grosses sont plus
nombreuses dans la partie de nerf voisine du centre. Il
admet, comme une hypothèse dont des recherches ulté-
rieures doivent démontrer ou infirmer la réalité, qu'une
même fibre nerveuse ne garderait pas dans tout son
trajet un diamètre constant : elle diminuerait peu à peu
de calibre en se prolongeant. Cette opinion est déjà
mentionnée par Renaut (*).
Si j'insiste sur ces considérations, c'est qu'elles ont une
(*) Dict. encyclop. des sciences médicales, de Dechambre, article Nerfs.
BULLETIN DES SÉANCES. 135
réelle importance au point de vue de l'intelligence
de la fonction du nerf telle que nous la comprenons
aujourd'hui.
Pour nous, la signification des étranglement de
Ranvier n'est pas seulement celle qu'on lui accorde habi-
tuellement, elle est bien plus étendue.
En général on considère l'étranglement comme le
siège des échanges nutritifs qui permettent la vie du
nerf; la membrane de Schwan amincie fonctionne
comme un dyaliseur; on invoque à l'appui de cette
manière de voir la pénétration facile, à ce niveau, des
matières colorantes solubles.
D'autre part, au point de vue morphologique, si
chacun des segments interannulaires est une cellule, la
signification de l'étranglement est bien nette : il est le
point de jonction des cellules entre elles.
Mais nous pensons à tout autre chose : nous attri-
buons aux étrandements de Ranvier la valeur d\iu
contact électro-capillaire : il résulte des constatations
galvanométriqucs faites par M. Léon Gérard et moi, que
le nerf rachidien ne peut, en aucune façon être assimilé
à un conducteur homogène : les nerfs à mvéline sont le
siège de forces électro-motrices, de nature électro-capil-
laire.
Chacun des segments d'un nerf aurait à ce point de
vue une valeur propre, une capacité électrique ; chaque
segment fonctionne comme un condensateur et le secret
de la lenteur de la propagation nerveuse est tout entier
dans le mécanisme de cette transmission qui, vous le
comprenez, n'est pas assimilable à une conduction.
Partant de cette donnée nous devons attribuer une
valeur à la forme, aux dimensions de chacun des
13G SOCIÉTÉ BELGE DE MICIIOSCOPIE.
segments inlerannulaires car sa capacité électrique y est
directement liée.
Le fait signalé par M. De Moor, que les étrangle-
ments le long d'un même nerf ne sont pas équidislants
mérite donc d'être étudié en lui-même; il y a lieu
notamment de rechercher si nous ne tenons pas là une
des raisons pour lesquelles le « seuil de l'excitation »
varie d'une région à une autre, dans un môme nerf.
Vous tirerez aussi de ce que je viens de dire cette
conclusion que l'on ne saurait identifier la fonction des
nerfs à myéline et celle des fibres de Remak. Dans les
premiers, la transmission s'opère par des éléments élec-
trocnpillaires petits et nombreux; dans le système du
sympathique le mécanisme est plus simple.
M. Heger fait une série de projections se rapportant à des pré-
parations d'après différents auteurs ; il montre que l'aspect des
étranglements est variable, non-seulement d'après les espèces,
mais encore chez le même animal, ou encore dans un môme nerf.
Arrivant aux préparations de Engelmann, il rappelle les argu-
ments fournis par cet auteur à l'appui de sa manière de voir.
Dans un premier travail, dit-il, Engelmann a observé
les effets de la dégénérescence traumatique dans les
deux bouts d'un nerf sectionné; du côté central il a vu
cette dégénérescence atteindre rapidement toute la lon-
gueur du segment entamé par la section, puis s'arrêter
au niveau de l'étranglement pour subir, tout au moins,
un retard avant d'aller au-delà.
Engelmann tire de ce fait un premier argument
contre la continuité du cylindre d'axe : à première vue
il semble en effet que la continuité du cylindre devrait
avoir pour conséquence l'extension du processus de
dégénérescence au-delà de l'étranglement; au contraire,
BULLETIN DES SÉANCES. Ul
si le cylindre d'axe est discontinu on s'explique parfaite-
ment cet arrêt ou ce retard.
iM. De Moor ne croit pas que cet argument invoqué
par Engelmann ait, au point de vue de la discontinuité
du cylindre d'axe une portée probante : on sait en effet
que la dégénérescence de la myéline précède celle du
cylindre d'axe; s'il est vrai qu'en sectionnant un nerf,
on ait divisé une cellule représentée par le segment
interannulaire, on comprend que celui-ci dégénère;
dans cette cellule dégénérée, le cylindre d'axe est plongé
dans un fover où sa nutrition doit être insuffisante ou
viciée; ses altérations succèdent à celles de la myéline
qui l'entoure, sa dégénérescence est secondaire. Mais
pourquoi dégénérerait-il dans l'autre segment? Qu'il se
continue ou non à travers l'étranglement, cela n'est pas
nécessairement en cause : dans le segment resté intact,
la myéline ne dégénérant pas, le cylindre d'axe persiste.
Sans doute le voisinage d'une partie dégénérée pourra,
dans certains cas, entraîner une dégénérescence ascen-
dante ; mais la discontinuité de la mvélinc suffit à faire
en sorte que ce voisinage ne soit pas immédiat ; dès lors
il y aura lutte et possibilité d'arrêt dans le processus de
dégénérescence.
En résumé, M. De Moor admet que les observations
d'Engelmann sont exactes mais il n'y trouve pas la preuve
de la discontinuité du cylindre d'axe.
M. Heger projette une série de préparations de M. De Moor,
montrant que le temps de réduction par le nitrate d'argent n'est
pas le même au niveau de l'étranglement où le cylindre d'axe
commence par rester incolore, et au niveau des parties voisines,
de part et d'autre dans le segment interanuulaire.
Il résulte de préparations faites par M. De Moor sur
438 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
les nerfs de différents animaux (préparations dont le
détail sera donné dans un travail qui paraîtra prochaine-
ment], que le nitrate d'argent ne réagit pas exactement
de même sur toutes les parties du cylindre d'axe ; c'est
la partie annulaire de ce cylindre qui résiste le plus
longtemps à son action, la réduction s'accusant dès les
premières minutes, au contraire, sur les parties voisines
ou intra-segmentaires du même cylindre.
Ce premier stade de la réduction fait voir nettement
un espace clair interposé entre les segments ; c'est ce
stade qui, observé par Engelmann, a pu lui faire croire
à la complète discontinuité du cylindre d'axe : il semble
qu'il n'y ait rien entre les deux culots d'argent réduit.
Cependant, à mesure que la réaction a le temps de se
produire, on voit de plus en plus nettement apparaître
dans la partie restée claire du cylindre d'axe, d'abord un
contour foncé, puis une teinte sombre qui envahit la
totalité de cet espace et réunit, par conséquent, les deux
extrémités du cylindre d'axe précédemment réduites;
c'est ce stade de réduction tardive, mais totale, qui,
observé par Ranvier, et déjà très marqué au bout d'une
heure et demie, a porté cet auteur à conclure à la conti-
nuité parfaite du cylindre d'axe au travers de l'étrangle-
ment.
M. De Moor se demande comment il faut expliquer
cette réduction tardive qui se produit dans la région
même où il semble, d'après toutes les données reçues,
que la solution du sel d'argent doit pénétrer en premier
lieu; ce retard peut reconnaître une cause physique ou
bien une cause chimique : s'il existe une cause de ralen-
tissement dans le mode de pénétration de la solution
argentique, si elle gagne d'abord l'intérieur du segment
BULLETIN DES SÉANCES. 139
et plus tard seulement la poi'tion annulaire, la différence
dans le temps de réduction reconnaîtrait une cause phy-
sique; au contraire, si on s'assure que le sel d'argent a
pénétré partout et qu'alors cette différence de réduction
persiste, elle devrait être attribuée à la nature même des
éléments en présence, elle impliquerait l'existence, au
niveau des étranejlements annulaires d'une substance
moins attaquable par l'argent que le reste du cylindre
d'axe ; il y aurait donc hétérogénéité dans la tige axiale
elle-même.
Dans le but de trancher cette question, M. De Moor
s'est servi de procédés de préparation très simples qui
lui ont fourni des résultats concluants :
En premier lieu, il a recours à l'emploi simultané
d'éther et de nitrate d'argent.
Par l'action de l'éther, la myéline ayant partiellement
disparu, l'espace clair apparaît plus évident encore, au
niveau des étranglements, parce qu'il contraste mieux
avec les régions voisines du cylindre d'axe, qui sont
foncées. Mais un autre phénomène se produit, bien plus
caractéristique que les précédents : on attend vainement
la réduction de la partie annulaire : après deux heures
elle ne s'observe pas encore, l'espace clair persiste.
En second lieu, M. De Moor a recouru à l'emploi
successif de dissolvants (éther, chloroforme) et de nitrate
d'argent.
Comme il fallait s'y attendre après ce que nous venons
de dire, l'emploi préalable de l'éther ou du chloroforme
permet d'accuser parfaitement la différence d'aspect
entre la région annulaire et les autres parties du cylindre
d'axe ; si on laisse le nerf dans l'éther pendant une ou
même deux heures, jusqu'à ce que la myéline soit par-
440 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPJE.
faitement dissoute, et que l'on fasse ensuite l'imprégna-
tion au nitrate d'argent, celle-ci ne provoque pas la
réduction dans la partie annulaire, même après trois
jours. Que faut-il en conclure sinon que l'élher, le
chloroforme, même quand on leur laisse le temps d'agir
sur la totalité de la fibre nerveuse, n'influencent pas
identiquement toutes les parties du cylindre d'axe? Et
comment ne pas admettre, en ce cas, l'hétérogénéité de
ce dernier? Telle est, en effet, la première conclusion
du travail de M. De Moor. Il passe ensuite à l'examen
de la constitution du cylindre d'axe qu'il considère
comme un véritable capillaire ayant une région périphé-
rique différenciée, moins avide de réactifs colorants
(safranine, hématoxyline, et surtout éosine) pendant
que la région centrale, l'axe du cylindre d'axe, est plus
liquide, mobile, et surtout plus avide de matières colo-
rantes. Enfin, entre la myéline et le cylindre d'axe
existerait un espace périaxial traversé par des filaments
très ténus, se colorant par l'hématoxyline mais ne
fixant pas l'éosine. Ce reticulum n'a rien de commun
avec Vinnere Hornsclieide décrite par Ewald et Kiihne
dont M. De Moor, comme d'ailleurs aussi M. Gedoelst,
n'a pu admettre l'existence.
Comme vous le voyez, Messieurs, le travail de
M. De Moor se rapporte à l'histologie pure; je voudrais
cependant, en terminant, vous montrer l'importance que
je lui attribue au point de vue de l'électro-physiologie.
En nous montrant d'abord les variations de forme de
la partie annulaire du cylindre d'axe, M. De Moor nous
apporte un précieux argument en faveur de la mobilité
BULLETIN DKS SÉANCES. 141
des parties placées en contact à ce niveau ; à vrai dire,
tous les auteurs qui se sont occupés de la question ont
fourni des préparations que l'on peut interpréter dans le
même sens, car, ainsi que je vous le disais au début de
cet entretien, rien n'est plus variable que les aspects
donnés aux étranglements de Ranvier,
En second lieu, en nous démontrant la discontinuité
cbimique, l'hétérogénéité du cylindre d'axe, M. De Moor
nous fournit la preuve que le nerf n'est pas comparable
à un conducteur homogène. Nous le savions déjà, par
les expériences d'électro-physiologie, mais l'argument
tiré de la morphologie n'en est pas moins précieux; il
nous fait entrevoir que les étranglements de Ranvier
auraient la signification de contacts électro-capillaires.
En partant de cette donnée, beaucoup de faits inexpli-
qués jusqu'ici deviennent faciles à comprendre : telle
cette ingénieuse démonstration donnée par Rowditch
montrant que le nerf est inépuisable; tel encore ce fait
bien connu qu'une ligature jetée sur un nerf suffit pour
entraver la transmission sans anéantir la conduction
électrique.
M. le secrétaire donne communication d'une lettre de
M. le secrétaire de la Société royale des Sciences médi-
cales et naturelles de Rruxelles, qui annonce l'institution
d'un Congrès national des sciences médicales et natu-
relles et invite la Société à y prendre part.
L'assemblée admet le principe de la participation de
la Société au Congrès et désigne le secrétaire pour la
représenter dans la réunion préparatoire annoncée par
la lettre.
142 SOCIÉTÉ BELRK UE MICROSCOPIE.
M. le secrétaire donne ensuite communication d'une
lettre du Comité exécutif de l'exposition internationale
organisée à Anvers à l'occasion du 500'^ anniversaire de
l'invention du microscope, invitant la Société à partici-
per à cette exposition.
Il est décidé qu'il n'y a pas lieu pour la Société de
participer officiellement à l'exposition, chacun des mem-
bres conservant toutefois son entière liberté personnelle.
Le programme de l'exposition sera inséré au Bulletin.
VILLE IVAIV¥ER!S
EXPOSITION INTERNATIONALE D'ANVERS
ORGANISÉE SOUS LES AUSPICES DE l'AdMINISTRATION COMMUNALE
ET DE LA Province
A l'Occasion du SOOme anniversaire
DE L'INVENTION DU MICROSCOPE
Prograiiiiiie de rE:i:position de luicroscopie
<»•
énéralc et rétrospective.
Classe I. — Microscopes pour toutes les recherches
courantes.
A. Microscopes à platine et à sous-platine « substage »
à mouvements mécaniques. — Modèles à tube anglais
et à tube continental. — Microscopes ordinaires pour
recherches usuelles. — Microscopes à bon marché pour
les études élémentaires.
B. Microscopes spéciaux.
Microscopes binoculaires. — Microscopes pour la mi-
BULLETIN DES SÉANCES. 143
néralogie et la pétrographie. — Microscopes compara-
teurs.
Microscopes spéciaux pour la photographie.
Microscopes renversés. — Microscopes de voyage. —
Microscopes de poche. — Microscopes de démonstration.
— Microscopes à deux ou plusieurs corps.
Microscopes pour musées, à platine portant de nom-
breuses préparations, etc.
Microscopes de projection.
Objectifs et oculaires.
Objectifs achromatiques et apochromatiques. Objec-
tifs à sec, h immersion dans l'eau, à immersion homo-
gène, etc.
Oculaires : de Huygens, de Ramsden, holostériques,
compensaleurs, à projection.
Appareils optiques pour l'éclairage.
Condenseurs achromatiques et non achromatiques.
Classe II. — Appareils d'éclairage.
Lampes à pétrole — lampes à gaz — appareils pour la
lumière oxyhydrique — appareils pour l'éclairage électri-
que à arc, à incandescence; — piles électriques spéciales.
Classe III. — Appai^eils pour la plwtomicrograpliie.
Microscopes spéciaux, chambres photographiques
diverses.
Photomicrogrammes.
Classe IV. — Appareils divers.
Appareils binoculaires ajustables à volonté sur des
microscopes quelconques.
xvn 12
144 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
Revolvers — adapteurs — spectroscopes-microspec-
trom êtres.
Appareils de polarisation — chambres claires : pour
microscope vertical, pour microscope incliné, pour mi-
croscope horizontal.
Goniomètres — hématimètres — chromomètres.
Chambres de culture « groiviiujell ».
Compresseurs.
Platines à chariot indépendantes du microscope.
Prismes redresseurs — oculaires redresseurs — ocu-
laires binoculaires — oculaires stéréoscopiques.
Plaque de diffraction d'Abbe.
Appareil à chauffer l'objet sous le microscope.
Appareils divers non mentionnés.
Classe V. — Appareils de mensuration.
pour l'oculaire, pour la platine; appareils de mensura-
tion pour les couvre-objet.
Classe Y1. — Microtomes.
A mouvements mécaniques, à main.
Appareil à diviser pour tracer les micromètres et les
tests dits de Nobert.
Classe VII. — Appareils et accessoires pour les prépa-
rations microscopiques et les dissections.
Microscopes simples, doublets, loupes montées.
Classe VIII. — Préparations microscopiques.
Préparations de toute espèce. — Préparations sim-
BULLETIN DES SÉANCES. 145
pies. — Préparations systématiques. — Typen-Platten
et Test-Platten.
Classe IX. — Appareils pour la bactériologie.
Étuves à culture.
Étuves à températures basses et constantes.
Étuves à stériliser par l'air sec et par la vapeur.
Appareils pour la coagulation du sang.
Appareils pour la stérilisation des sérums.
Boîtes pour désinfecter les instruments et pour stéri-
liser les plaques à gélatine.
Régulateurs pour la pression du gaz.
Lampes inextinguibles et lampes se fermant automa-
tiquement lorsque la flamme s'éteint.
Appareils pour les recherches des microbes dans l'air
et dans l'eau.
Verrerie pour bactériologie (ballons, tubes, billots,
plaques, entonnoirs à eau chaude, crochets, etc.).
Classe X. — Ouvrages de microscopie.
Traités de Micrographie. — Ouvrages traitant de
toutes les applications du Microscope.
BULLETIN DES SÉANCES
DE LA
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVn. N" VIII. 1890-1891,
Procès-verbal de la »«éance mensuelle
du 30 mai 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Ch. Bommer,
Delogne, De Wildeman, Gravis, Lewin, Van den Broeck
etVerhoogen, secrétaire.
^i Le procès-verbal de la dernière séance est adopté.
Ouvrages reçus en hommage :
Saccardo. — L'invenzione del microscopio composta.
Dati et commenti (Malpigliia, anno V, lasc. I-Il).
J. Van den Bekghe. — Tourteaux et farines de tin
(Organe de l'Industrie, Ph. Velghe directeur, 1891).
XVII 4S
U8 SOCIÉTÉ BKLGE UE MICROSCOPIE.
Amei'ican postal microscopiccd club. Sixteentti annual
report. Troy. iV. Y. 1891 (Hommage de M. Ward).
D' Baumgarten. — Ueber die Einwirkiimj des Koclischen
Mittels aiif die ïmpftidierciilose der Kaninchen. (Her-
liner klin. Wochensclirift, 1891, n° 19.)
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
M. le Président informe l'assemblée que notre Société
et la science viennent de faire une grande perte : Tun de
nos membres honoraires les plus éminents, l'illustre
professeur de botanique de l'Université de Munich, Cari
von Nâgeli, est mort le 10 mai de cette année.
Réservant pour les Bulletins de la Société royale
de botanique une notice plus complète, M. le Pré-
sident rappelle brièvement la carrière si remplie du
défunt, les découvertes et les idées nouvelles qu'on lui
doit.
Cari Nageli est né à Kilchberg, en Suisse, le
27 mars 1817. Il a professé successivement aux Univer-
sités de Zurich, de Fribourg-en-Brisgau et de Munich.
C'est dans cette dernière ville qu'il est mort, à l'âge de
74 ans.
Ses premiers travaux, commencés sous l'impulsion
des idées de Schleiden, se rapportent à la genèse des
cellules et à la genèse des tissus végétaux. Là, il sut
établir entre la « division » et la « formation cellulaire
libre « une distinction qui s'est maintenue dans la
science pendant près de quarante ans; ici, nous lui
devons la notion des tissus embryonnaires ou « méris-
tèmes » et des tissus définitifs. Ensuite, paraissent des
observations fondamentales sur l'bistogenèse chez les
BULLETIN 1»KS SÉANCKS. 149
Algues, chez les Floiiclées, chez les Mousses. Presque en
même temps que Hanstein, il interprète exactement le
cylindreligneux des Dicotylédones etdes Gymnospermes,
première base de toute explication de cet accroissement
en épaisseur des plantes qui semble, au preuiier ahord,
si mystérieux.
Il découvre les spermatozoïdes des Fougères, décrit
et classe une foule d'Algues inférieures. Ses recherches
sur la flore des Alpes sont justement célèbres. Adhérent
de la première heure des idées évolutionnistes — aux-
quelles il associe cependant une tendance interne au
perfectionnement, assez difficile à comprendre — , il
montre à l'œuvre la lutte pour l'existence et la sélection
naturelle, étudie l'hybridation et la formation en com-
mun d'espèces végétales affines, puis, appliquant toutes
ses idées à l'un des groupes les plus embrouillés de la
nature, il donne du genre Ilieraciiim une mémorable
monographie.
Les conséquences les plus hardies et les moins atten-
dues ne l'effraient. Ne conseille-t-il pas aux Clubs alpins
de rechercher si des graines appartenant à des époques
géologiques lointaines n'ont point, par hasard, gardé
intact leur pouvoir germinatif sous le manteau im-
muable des neiges éternelles — comme s'est conservée
dans les glaces de Sibérie la chair du mammouth
quaternaire?
La botanique n'absorba point tout entière l'activité
infatigable de Nâgeli. On sent à chaque page, dans ses
œuvres, que les mathématiques, la physique, lui sont
également familières. On a de lui des expériences remar-
quables sur la capillarité, sur le mouvement des parti-
cules solides extrêmement petites en suspension dans
450 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
l'eau, sur tout ce domaine auquel il a donné le nom de
« microphysique ».
Il est particulièrement intéressant pour notre Société
de rappeler qu'il publia, de 1865 à 1867, en collabora-
tion avec Schwendener, un traité sur le Microscope, dont
une deuxième édition parut en 1877, et qui est resté
l'un des plus complets, des plus approfondis, des plus
savants que l'on possède.
Mais mieux encore que toutes ces recherches patientes
sur des questions spéciales, certaines idées générales
que Nageli a jetées dans la science, ont contribué à sa
renommée. Nous ne songeons pas seulement à ses belles
expériences sur la nutrition des Champignons inférieurs
et à la théorie générale de la fermentation qu'il y a ratta-
chée. Deux autres théories qu'il a fondées ont surtout
exercé sur le développement scientifique une action pro-
fonde et durable : la théorie de l'intussusception et de la
structure moléculaire des corps organisés, et la théorie
de l'idioplasmc. Celle-là régna longtemps sans conteste,
et, si les découvertes des dix dernières années ont singu-
lièrement restreint le domaine de l'intussusception, ce
n'en demeure pas moins une des synthèses les plus
vastes et les mieux ordonnées par lesquelles on ait
cherché à ramener à une loi commune la structure si
variée de la matière vivante. L'autre, la théorie de l'idio-
plasmc, ne date que de 1885. Elle cherche à donner la
clef du grand problème de l'hérédité, et l'on peut dire
qu'elle a été véritablement prophétique. Les travaux
récents sur la transmission des anses nucléaires de
cellule en cellule et de génération en génération en sont
la démonstration définitive.
Ainsi, pour les faits et pour les idées, comme obser-
BULLETIN DES SÉANCES. 151
vateur et comme penseur, Nageli laissera à jamais dans
la science la trace lumineuse de son activité.
A la suite de cette communication, M. le Président
propose d'adresser, au nom de la Société, une lettre de
condoléances à la veuve de l'illustre défunt ; ce qui est
adopté à l'unanimité.
Communications :
Un eliainpig'iioii pyréiioiii^céte se clovoloppant
sur le ifi'fit des Balaiies, par M. Ch. Bommër.
Ce champignon a été trouvé l'été dernier en Zélande
et retrouvé cette année plus au Nord, en Hollande. Il se
développe sur le test des Balanes vivantes (Balanus
balanovies, L.) où il apparaît sous forme de très petits
périthèccs (117 à 207 /z) noirs, à demi immergés dans la
substance calcaire qui recouvre l'animal. Ces périthèces
possèdent un pore proportionnellement très grand (27 à
45 /«.); les asques sont claviformes, brièvement pédicellés
(65 à 95 fy. sur 10 à 16 /y.), octospores; ils sont accompa-
gnés de paraphyses filiformes de même longueur, parfois
peu distinctes; les spores sont oblongues, sub-byalines,
uniseptées (12 à 18 ^ sur 4 5 7 fj.). Ces caractères se rap-
prochent de ceux du Pliarcidia hijgropliila (Arn.), mais
cependant la forme des asques et la grandeur du pore
engagent à faire du Pharcidia parasite des Balanes une
forme nouvelle, le Pharcidia marina.
Lorsqu'on décalcifie les parties du test des Balanes qui
portent des périthèces, on voit que ceux-ci sont toujours-
AM SOCIÉTÉ BELGE UE MICKOSCOPIE.
immergés dans une couche superficielle d'algues unicel-
lulaires apj3artenant au groupe des Chroococcacées. Cette
couche d'algues et les portions sous-jacentes du test sont
parcourues par un réseau assez serré de filaments
hyalins très minces, anastomosés entre eux, qui ont tous
les caractères des filaments mycéliens et présentent une
sorte de relation symbiotique avec les cellules d'algues
de la couche superficielle. Kôlliker a décrit des produc-
tions filamenteuses analogues chez les Balanes et on les
a, depuis longtemps déjà, observées dans le test de beau-
coup d'animaux marins.
M. Bommer a également trouvé en Zélande, VHijpoxij-
lon serpens, croissant sur des pilotis en compagnie de
Fucus vivants.
Le fait que des champignons habitent un milieu marin
n'est pas nouveau; on connaît, en effet, outre différentes
espèces de Saprolegniées, deux champignons apparte-
nant au groupe des Sphériacées, \esAn}pliispliœria Posi-
doniœ et biturbinala (Dur. et Mont.) qui se développent
sur les tiges du Posidonia occanica^ plante de la famille
des Zostéracées.
Le détail de cette communication sera publié aux
ii??«a/c.s de la Société.
Discussion :
37. Errera. Quelle est la nature de la relation obser-
vée par M. Bommer entre les périthèces et les filaments
qui les environnent?
M. Bommer. Ces filaments sont mycéliens, ce n'est
pas douteux, mais les jeunes périthèces se trouvent
BULLETIN DES SÉANCES. 453
environnés d'un tel fouillis de filaments qu'il est très
difficile de découvrir la relation qui existe entre eux.
Après dilacération, on arrive cependant à voir le péri-
thèce couvert de cellules au milieu desquelles courent
ces filaments. Pour pouvoir conclure à une synbiose
rigoureuse, il faudrait trouver un filament se terminant
par un élément du péritlièce. Je n'y ai point encore
réussi jusqu'ici.
M. Errera. Mais l'on trouve ces filaments dans un
^rand nombre de coquilles.
M. Bommer. Je ne pense pas que l'on puisse rappor-
ter ces filaments à un seul type, leur vaste dispersion
indique au contraire qu'ils appartiennent à un grand
nombre de champignons différents.
M. Errera. Il n'est pas douteux que certains cham-
pignons pyrénomycètes sont parasites de lichens Basi-
diomycètes. Je ne pense donc pas qu'il y ait lieu de faire
des réserves aussi expresses au sujet de fexistence de
champignons lichenicoles.
M. Bommer. Il y a cependant lieu de faire ces ré-
serves pour certains cas sur lesquels je ne puis m'étendre
ici. On en a fait alors des lichens sans thalle, croissant
sur d'autres lichens.
M. Gravis. Il y a des cas où des Basidiomycètes et
des Ascomvcètes croissent sur un même thalle de
lichen.
M. De Wildeman. Le mycéliun, est-il de même nature
dans l'intérieur de la substance calcaire et à sa sur-
face?
M. Bommer. La seule différence existe dans le mode
de nutrition. Les filaments mycéliens situés dans la
couche d'algues superficielle sont plus larges que ceux
iU SOCIÉTÉ BELGE DE M1CR0SC0F>1E.
qui sont situés plus profondément, mais cela tient pro-
bablement aux conditions favorables dans lesquelles ils
se trouvent; on observe d'ailleurs la continuité des deux
espèces de filaments.
La question de la synbiose reste donc en suspens jus-
qu'à ce que je sois arrivé à déterminer nettement sa
nature.
8tii* la luorpliologie des Cladopliora,
par E. De Wildeman.
M. Gay vient de publier un intéressant mémoire sur
le développement et la classification de quelques chloro-
phycées (*). Les genres principaux étudiés dans ce travail
sont Cladopliora, Rliizocloniiim, Chaetopliora, Stigeo-
cloniiim, Draparmaldia, Ulot/irix, Schizogoniiim, Sti-
cliococciis.
J'avais entrepris, depuis assez longtemps, l'étude mor-
phologique de quelques-uns de ces genres, mais je
n'avais pas encore pu publier le résultat de mes observa-
tions, lorsque parut dans le Journal de Botanique, de
M. Morot (**), la note de M. Gay, sur le genre Clado-
pliora. Je me permettrai d'ajouter quelques mots aux
faits consignés dans la thèse de M. Gay.
Les espèces comprises dans le genre Cladopliora, sont
pour la plupart fort mal connues; il est fort probable
qu'un grand nombre de celles qui ont été décrites (***),
(■) Fh. Gay. Recherches sur le développemeni et la classification de
quelques algues vertes. Paris, 1891.
(") Fr. Gay. Sur la Morphologie des Cladophora in Journ. de Bota-
nique, 18!)l, n" I,
-■ ('"} M. De Toni, dans le Sylloge algarum, décrit 228 espèces.
BULLETIN DES SÉANCES. 1S5
ne sont que des formes qui appartiennent au cycle d'évo-
lution d'une même espèce. Ces algues varient en effet
beaucoup suivant les conditions extérieures auxquelles
elles sont soumises.
Parmi les espèces d'eau douce, le Cladopliora glome-
rata est un type qui se reconnaît facilement, et dont la
forme est assez constante. Mais elle peut cependant varier
beaucoup. Si on sépare une touffe de cette algue de son
support, et qu'on la cultive dans un milieu confiné, il
se présente des modifications, qui déforment la plante
jusqu'à faire douter de l'espèce.
La présence de rhizines se voit chez le CL cjlomerata
aussi bien que chez le Cl. fracta. Elles se forment à
n'importe quel niveau du thalle.
Le 67. cjlomerata, quand il est cultivé en aquarium,
forme souvent des rameaux étroits à cellules allongées
qui changent complètement l'aspect de l'algue.
La culture du Cl. fracta, ou d'une des espèces du
même groupe dans un espace confiné, donne lieu à de
nombreuses variations, soit dans le port général de
l'algue, soit dans la forme et la constitution de la cellule.
Si dans un thalle ainsi modifié, une cellule vient par
une cause quelconque à perdre son contenu cellulaire,
on voit fréquemment la cellule voisine pousser des rhi-
zines qui vont se loger dans la cavité de la cellule morte.
-Ces rhizoïdes peuvent, au bout d'un certain trajet dans
la cellule, percer la membrane, sortir et continuer à s'ac-
croître dans le liquide ambiant. Plusieurs de ces rhiaines
peuvent se loger côte à côte dans une même cellule ;
ce qui donne dans ce cas un aspect des plus curieux à
l'algue.
Ces formations radicantes peuvent, dans certains cas,
i«6
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
posséder une coloration verte très accentuée, et être
donc analogues à des rameaux, dans d'autres, être presque
complètement privées de
matière colorante. Elles se
soudent parfois à des fila-
ments de l'algue, ou à un
support quelconque, elles
peuvent aussi être libres.
Après une longue cul-
ture dans un aquarium,
j'ai obtenu sur une des
formes de Cl. fracta, une
modification analogue à
celle que M. Gay a décrite
et figurée [loc. cit. pi. I,
fig. 7), mais les renfle-
ments étaient plus forte-
ment accentués.
Les cellules sont ren-
flées vers leurs extrémités,
et présentent souvent plu-
sieurs renflements succes-
sifs. La culture avait été
faite dans un aquarium, où
avaient été déposés quel-
ques morceaux de tourbe.
C'est au contact de la
tourbe que les filaments
ont acquis la coloration la
plus accentuée, et qu'ils se sont le plus fortement
épaissis.
La fig. 2, nous montre quelques uns des nombreux
Fig, 1. — Quelques formes de rhizines
du genre Cladophora.
BULLETIN DES SÉANCES.
457
aspects sous lesquels les filaments de Cladopliora ainsi
modifiés se présentent.
FiG. 2. — a, a, a, b Formes variées sous lesquelles les cellules du Gladophora se
présentent; c, c, d'autres formes à un grossissement plus réduit ; d, traces de
membranes laissées sur la cellule après son accroissement en longueur.
Si l'on compare certaines de ces figures avec celles
1S8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
«les Tabulae pliycologicae de Kùtzing, on devra recon-
naître qu'elles ont de grandes analogies. Il faut se rap-
peler cependant que ces formes ont eu pour origine
des cellules cylindriques. Il faut donc être on ne peut
plus circonspect dans la détermination des espèces de
ce genre et dans la description d'espèces nouvelles.
Chez le CL glomerata, j'ai observé une variation à
peu près identique, mais pas aussi accusée; il est vrai
que les échantillons sur lesquels j'ai observé ces modifi-
fications n'avaient pas été cultivés en présence de tourbe.
La tourbe est probablement un milieu nutritif excellent
pour ces algues, mais je n'ai pas pu faire d'expériences
suffisantes, de sorte qu'il ne m'est pas possible de savoir
si la présence d'une matière nutritive, est la seule cause
qui occasionne ces modifications. M. Strasburger (*), a
d'ailleurs indiqué la tourbe comme un milieu de culture
excellent pour les Spirogyrn.
La membrane cellulaire très épaisse de ces Clado-
pliora, montre dans bien des cas d'une façon très nette
la croissance intercalaire, par la présence de fragments
de la membrane qui sont restés accolés à la membrane
nouvelle. Le dessin cl de la tigure 2, représente une
cellule vue en coupe optique et sur la membrane de
laquelle, nous remarquons les traces de la membrane.
J'ai observé parfois, sans pouvoir cependant suivre la
culture, des germinations de Cladopliora; ces germina-
tions me paraissaient devoir former des plantes chétives.
Elles se trouvaient dans et au voisinage d'une cellule
fructifère du Cladopliora. La lig. 5 nous montre diffé-
rents états de ce développement. Quelle est l'origine de
(*) Strasburgeu. Ueber Zeilbildung und ZelUheiLung, Jena, 1875,
p. 34.
BULLETIN DES SÉANCES.
159
ces développements, est-ce la germination directe des
zoospores?
J'ai pu observer également quelquefois des cellules à
FiG. 3.
Germination.
FiG. 4. — Une cellule de Cladophora
à membrane cellulaire épaissie et
striée; cavité fortement diminuée.
membrane cellulaire très fortement épaissie et dont la
surface présentait des anneaux comme ceux que l'on
voit chez les Oedogonmm. La figure 4 nous montre une
cellule dans cet état, l'on remarque la cavité diminuée et
les anneaux très visibles.
J'espère pouvoir présenter bientôt quelques notes sur
le reste du travail de M. Gay, et particulièrement sur
quelques unes des espèces du genre Sticliococciis.
■160 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE.
IVotes bibliog^rapliiqiies.
Tourteaux et farines de lin. — Composition. — Impuretés. —
FALSIFICATIONS, par Julcs VAN DEN BERGHE, directeur du Labo-
ratoire agricole provincial, à Rouler s.
(6 planches. — 24 micro-photographies.)
Dans ce travail, M. Van den Berghe expose les con-
clusions qui lui ont été suggérées par 14 années de
recherches analytiques et microscopiques se rapportant
aux tourteaux et farines de lin.
Il attribue les impuretés si fréquentes de ces tourteaux
à différentes causes : 1° Leur origine. Ils proviennent
de contrées où les procédés employés pour les récolter
sont encore peu perfectionnés ; 2° La mauvaise foi du
vendeur qui, par esprit de gain, introduit des substances
minérales ou végétales étrangères.
Les tourteaux ainsi adultérés pouvant occasionner de
graves accidents, l'auteur a recherché les procédés
propres à dévoiler l'existence des falsifications.
La teneur en matières protéiques et en matières
grasses variant dans chacun des 1G9 échantillons de
tourteaux et farines de lin purs qu'il a analysés, l'auteur
en conclut que l'analyse chimique seule est impuissante
à donner la certitude de la pureté des tourteaux et farine
de lin.
De là, la nécessité de recourir à l'analyse microsco-
pique comme moyen de vérification.
C'est l'examen microscopique qui a surtout attiré
l'attention de M. Van den Berghe.
Ses observations ont porté sur la cellulose brute et sur
la farine.
BULLETIN DES SÉANCES. 161
A) Cellulose brute. — Pour les examiner, il traite suc-
cessivement le tourteau par l'acide sulfurique(2.5p. 100),
la soude (2.5 p. 100), l'alcool et l'éther. Le résidu de
l'opération est mis à digérer pendant quelques heures à
froid avec une solution concentrée de chlorure de cal-
cium (1 à 5).
Le péricarpe des fruits, ainsi que le spermoderme
des graines étant devenus transparents, on peut alors
les observer sous le microscope et leur reconnaître cer-
tains caractères distinctifs dont l'auteur a utilement tiré
parti.
Ces péricarpes et spermodermes ont été photographiés
et 2i reproductions accompagnent le travail. Parmi
celles-ci, on remarque principalement, le lin, le colza,
les différentes espèces de moutardes, l'arachide, le
pavot, la nielle, le chanvre, le ricin, etc. etc.
B) La farine. — Les réserves alimentaires des graines
de lin étant surtout l'aleurone et des gouttelettes d'huile,
la solution d'iode dans l'iodure potassique ne doit
pas donner de coloration bleue quand le tourteau est
pur.
L'auteur termine en rappelant les accidents survenus
par l'emploi des tourteaux et farines de lin falsifiés. 11
relate un certain nombre de cas d'empoisonnement du
bétail, dus à la présence des graines de ricin, des
graines de nielle, des graines de moutarde.
L. Remy.
16-2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Ueber CAPiLLAR- analyse UND IHRE VERSCHIEDENEN ANWENDUN-
GEN , SOVVIE LEBER UAS EMPORSTEIGEN DER FARBSTFFE IN DEN
l'LANZEN. (L'maly se capillaire et ses différentes applications ;
l'ascension des matières colorantes dans les plantes), par
Friedrich G0PPEL8R0EDER; analyse par M. H. POTTELLET.
Dans ce très intéressant travail, l'auteur expose et
étudie successivement :
I. L'analyse capillaire.
Si dans un mélange aqueux d'acide picrique et de
curcumine, on plonge à une profondeur de quelques mil-
limètres, des bandes de papier non collé, on remarque
que l'ascension capillaire de l'eau est plus rapide que
celle des matières qui y sont dissoutes, et que celles-ci
ont des vitesses d'ascension inégales. Cette différence
dans la vitesse d'ascension avait été signalée par Schoen-
bein, professeur de chimie à l'université de Bâle. Les
trois corps dont il vient d'être question (eau, acide
picrique, curcumine) se séparent ainsi en trois zones
faciles à distinguer sur la bande de papier :
a) Une zone supérieure, étroite, ne contenant que
de l'eau ;
h) Une zone moyenne, large, renfermant de l'acide
picrique ;
c) Une zone inférieure, formée de jaune E MICROSCOI'IE.
la bactériologie et l'hygiène publique pourraient en reti-
rer d'immenses avantages.
Au point de vue de la science pure il y aurait lieu,
non pas comme le demande M. D'Arsonval de refaire la
physique et la chimie drins le champ magnétique, ce
qui serait inutile, mais de tenir compte des conditions
magnétiques et électriques du milieu dans lequel on
opère, au môme titre que l'on note actuellement sa tem-
pérature. Pour la bactériologie notamment, ces consta-
tions auraient une importance capitale.
Au point de vue philosophique enfin, l'exposé que je
viens de vous faire peut avoir une bien autre valeur. Il
en résulte une preuve en plus de l'identité des diverses
forces physiques qui ne sont que des manifestations
variables d'un même facteur, Vénerfjie. Il en résulte
aussi, et une fois de plus, que la force vitale n'est qu'un
mot; que les actes de la vie ne sont point soumis à
d'autres lois que celles (}ui résultent de l'application des
forces naturelles; qu'il n'y a par conséquent à faire
aucune distinction entre le monde organique et le monde
inorganique. Il en résulte encore que la science se sim-
plifie de plus en plus; que les notions acquises, à mesure
qu'elles s'accumulent se lassent en quelque sorte en se
coordonnant. 11 en résulte enfin (|ue, sur quelque point
de la biologie (jue la science porte ses investigations,
elle ne découvre en dernière analyse que deux éléments :
la Matière et la Force.
Discussion :
M. Errera. — J'avoue ne pas oser suivre Tau-
BULLETIN DES SÉANCES. i89
teur clans toutes ses déductions théoriques. Quelques
unes d'entre elles semblent un peu prématurées ou, si
l'on aime mieux, en avance sur l'état actuel de la science.
C'est là d'ailleurs une simple réserve plutôt qu'une
critique. Pour citer un exemple, il y a quelque har-
diesse à affirmer dès à présent Yidenlité des différentes
forces physiques vis-à-vis du protoplasma, comme l'a fait
l'auteur en terminant. Ne savons-nous pas au contraire
que les organismes sont doués de sensibilités spéciales
et que les diverses forces ne sont nullement équivalentes
pour eux?
Telle cellule, très sensible aux variations thermiques,
sera très indifférente aux changements d'éclairage. En
revanche une feuille verte a besoin de lumière pour
assimiler l'anhydride carbonique : pense-t-on qu'il suffise,
lorsqu'on la met dans l'obscurité de lui fournir beaucoup
d'énergie calorifique pour tenir lieu de l'énergie lumi-
neuse dont on la prive?
Pour tout dire, les phénomènes vitaux ne sont peut-
être pas aussi simples que pourraient le faire croire les
généralisations que M. Verhoogen vient de nous exposer.
M. Vcrlwogeii. — Il n'entre aucunement dans ma
pensée, comme semble le croire M. Errera, d'affirmer
l'équivalence des agents physiques. J'ai dit au contraire,
qu'ils sont des modalités de l'énergie. En d'autres
termes, si la qualité est la même pour tous, la quantité
diffère cependant. Ainsi les radiations solaires repré-
sentent l'énergie sous une très faible quantité. C'est
cependant encore de l'énergie qui, appliquée au radio-
mètre de Crookes, peut produire du mouvement. La cha-
leur au contraire repi^sente, si je puism'exprimer ainsi,
l'énergie sous une tension autrement considérable.
-190 SOCIÉTÉ BliLGE DE MICROSCOPIE.
Ces différences de quantité et aussi de forme, ne l'ou-
blions pas, impliquent naturellement la production
d'effets fort dissemblables. On peut donc parfaitement
admettre l'identité des forces sans croire à leur équi-
valence.
De la manière dont M. Errera envisage la question,
il y a lieu aussi, je pense, de faire entrer en ligne de
compte un autre facteur. S'il n'y avait qu'une force appli-
quée toujours d'une même façon à un seul protoplasme,
les lois de la biologie deviendraient d'une simplicité
mathématique. Mais il n'y a pas qu'une cellule : il y a
des races et des espèces, et dans une même catégorie
d'êtres réunis par des liens morphologiques, physiolo-
giques, chimiques même, il y a encore des susceptibilités
individuelles dont il serait injuste de méconnaître l'im-
portance. Telle cellule sera sensible à la lumière, qui ne
le sera pas à la chaleur et réciproquement, au même
titre qu'en chimie une combinaison donnée se produira
sous l'action de tel agent physique et non de tel autre. La
fleur de soufre et la limaille de fer se combinent très
bien si l'on chauffe ; on cherchera en vain des traces de
sulfure de fer dans le mélange si on s'est contenté de
l'exposer à la lumière. De même en physique, une barre
de fer se dilatera sous l'influence de la chaleur (andisque
l'action de la lumière n'y sera point appréciable. Ques-
tion de quantité en ce qui concerne l'excitant, de com-
position chimique et de groupement moléculaire en ce
qui regarde le corps influencé.
Il n'en est pas autrement en biologie. Si on admet
l'identité des agents physiques en ce qui concerne le
monde inanimé, et cette identité d'essence est univer-
sellement reconnue aujourd'hui, je ne vois point sur
DULI.ETiN DES SÉANCES. 191
quelles consklérations on s'appuierait pour nier cette
même identité en ce qui concerne les choses de la vie.
L'électricité, la chaleur, la lumière, le magnétisme res-
teront toujours autant de modes de l'énergie, qu'ils
s'adressent à une cellule vivante ou simplement à une
molécule inorganique.
Conformément aux usages étahlis, la société décide
de ne pas siéger pendant l'époque des vacances, et
s'ajourne au mois d'octohre prochain.
XMI 16.
BULLETIIV DES SÉAI\CES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVII. N' X. 1890-1891.
Procès -verbal de rassemblée g^énérale
annuelle du 11 octobre 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 11 heures.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Bray, Clau-
triau, Crépin, Delogne, De Wildeman, Lameere, Mar-
chai, Rouffart et Verhoogen, secrétaire.
Ouvrages reçus en hommage :
Bonney and Miss Raisin. — Report on some Rock-speci-
mens from tlie Kimberley Diamond mines, witli
notes by Rupert Jones (Geologica magazine, septem-
hre 1891).
R. Jones and Kirkby. — On the Ostracoda foimd in tlie
shales of the upper coal-measure at Stade lane, near
Manchester (Trans. Manchester geol. soc. Part. 111,
vol. XXÏ, décembre).
XVII ^^
494 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
R. Jones. — Address to the geologicai section of tlie
Britisfi association, Cardiff, 1891.
A. Lameere. — Prolégomènes de zoogénie (Bull, scient,
de la France et de la Belgique, t. XXIII, 1891 .
Balbiani. — Sur la formation des monstres doubles chez
les infusoircs (Journ. anat. et pliijs. de Pouchet et
Duval, t. XXVII, 1891).
— Sur les régénérations successives du péristome
comme caractère d'âge chez les Stentors et sur le
rôle du noyau dans ce phénomène (Zoot. Anz., 572
et 575, 189i;.
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
Le secrétaire donne lecture, au nom du Conseil, du
RAPPORT ANNUEL SUR LES TRAVAUX DE LA
SOCIÉTÉ
Messieurs,
Nous avons l'honneur de vous présenter au nom du
Conseil, le dix-septième rapport annuel sur la situation
de notre Société.
La Société belge de microscopie compte actuellement
165 membres : 14 membres honoraires, 40 membres
correspondants, 95 membres effectifs et IG membres
associés.
Nous avons eu le regret cette année de perdre un de
nos membres honoraires les plus distingués, M. le pro-
BULLETIN DES SÉANCES. 49S
fesseur Car! v. Nageli. Une lettre de condoléances a été
adressée au nom de la Société à la famille de l'illustre
savant.
Parmi les travaux que nous avons insérés dans nos
Bulletins, nous pouvons citer :
Communication préliminaii^e sur la métamérisation
du corps de l'insecte par M. A. Lameere.
Lupus de la conjonctive par M. Gallemaerts.
Le traitement de la tuberculose par la méthode de
Kocli, par M. Hendrickx.
Les monadines et leur place systématique, par M. De
Bruyne.
Les Bolétés, par M. Delogne.
L'origine des vertébrés, par M. Lameere.
La fibre nerveuse, par M. Héger.
Lin champignon pijrénomycète se développant sur le
test des Balanes, par M. Ch. Bommer.
Sur la morphologie des cladophora, par M. E. De
Wildeman.
Action du coinçant constant sur les microorganismes
pathogènes, par M. R. Verhoogen.
Nous avons continué la publication de nos annales
par la distribution du tome XV qui contient des travaux
de M. De Wildeman, sur XInfluence de la température
sur la marche, la durée et la fréquence de la caryoci-
nèse dans le règne végétal; de M. Enklaar (traduction
de M. Hegenscheidt) sur les limites de la physique et
de la chimie; de M. Yan Gehucbten sur les récentes
découvertes dans l'anatomie et l'histologie du système
nerveux central.
Le tome XYI paraîtra bientôt. Il contiendra des tra-
vaux de M. Firket, sur la nature du cancer, de M. Cli.
496 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Boni mer, stir un champignon pyrénomycète se dévelop-
pant sur le test des Balaiies\ de M. P. Pelseneer, sur
les Organes des sens chez les mollusques, et de
M. P. Pelseneer, Stir l'œil de quelques gastropodes.
Plusieurs ti'avaux envoyés à la Société ont fait l'objet
d'analyses par MM. De Wildenian, Polellet et Remy.
M. le docteur Gallemaerts s'est vu obligé par suite de
ses occupations de renoncer aux fonctions de secrétaire
de la Société. M. le président s'est fiait notre interprète à
tous en lui exprimant les vifs regrets que nous cause
sa retraite.
Nous avons eu pendant l'année écoulée le plaisir d'en-
tendre des conférences très remarquables de MM. les
professeurs De Bruyne, Firket, Gilkinet, Héger,
Lameere, Pelseneer et Van Gebucbten. Le conseil est
heureux de renouveler ici ses remercîments à ces mes-
sieurs pour la preuve d'intérêt qu'ils ont bien voulu
donner à la Société et pour la façon brillante dont ils se
sont acquittés de la tâche qu'ils avaient assumée.
La publication des recherches de Koch ainsi que la
communication de M. Hendrickx ont donné lieu au sein
de notre Société à d'intéressantes discussions sur la
tuberculose.
Nous avons encore à adresser nos remercîments à
M. Cogit qui nous a envoyé de remarquables micropho-
togrammes coloriés, lesquels ont fait l'objet d'une notice
dans le bulletin, ainsi qu'à MM. De Wildenian et
Dewevre qui se sont occupés des projections oxhydri-
ques. Nous sommes heureux aussi d'exprimer notre
reconnaissance à M. Crépin qui veut bien nous per-
mettre de disposer de la grande salle des herbiers.
Nous voyons avec plaisir que la Société continue à se
UULLETIN DKS SÉANCES. 197
tenir au courant du mouvenient scientifique, et nous
espérons qu'elle saura, comme par le passé, soutenir
la réputation dont elle jouit dans le monde savant.
Aussi comptons-nous, Messieurs sur le concours dévoué
de tous les membres. [Applaudissements.)
BILAN ET BUDGET
M. Bauwens, trésorier, présente le bilan de l'exercice
1890-1891 qui se solde par un boni de fr. 46.28. Il
dépose en même temps le projet de budget pour l'exer-
cice 1891-1892.
Les comptes sont approuvés.
M. De Wildeman donne lecture du
RAPPORT SUR L'ÉTAT DE LA RIRLIOTHÈQUE
ET DES COLLECTIONS
Messieurs,
Aux termes des statuts de notre Société, le Bibliothé-
caire est tenu de vous faire, à l'asseinblée générale
d'Octobre, un rapport sur l'état de la Bibliothèque et des
collections.
Comme l'année précédente, nous pouvons dire, que
leur état est assez satisfaisant. Nous avons encore mal-
heureusement à regretter un grand nombre de lacunes
dans plusieurs de nos collections importantes ; quelques
sociétés nous ont déjà fourni les volumes manquants de
leurs publications et nous espérons, qu'au fur et à
mesure que nous pourrons avancer dans la mise en
498 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
ordre complet de la bibliothèque, nous pourrons com-
pléter, grâce à la bienveillance des sociétés avec les-
quelles nous sommes en relations d'échange, les collec-
tions qui actuellement sont encore dépareillées.
De nouvelles publications sont venues augmenter
encore notre liste d'échange; nous envoyons maintenant
nos Bulletins à 175 institutions savantes.
Plusieurs membres et même des personnes étrangères
à la Société nous ont envoyé leurs publications, dont
les titres ont été mentionnés dans les comptes rendus
mensuels des séances de la Société; parmi ceux-ci, il
faut citer : MM. Balbiani, Baumgarten, Behrens, Cox,
E. et J. Cutter, Deby, De Man, De Toni, De ^Yildeman,
Jabez Hogg, Kôlliker, Lameere, Remouchamps et Sugg,
Rupert Jones, Saccardo, Vanden Berghe, Ward.
SÉANCES MENSUELLES
L'assemblée décide que les séances mensuelles conti-
nueront à avoir lieu le dernier samedi de chaque mois
à 8 1/2 heures du soir.
ÉLECTIONS
Il est procédé à l'élection :
1° D'un vice-président en remplacement de M. le doc-
teur Van Ermengem sortant et rééligible;
M, le docteur Van Ermengem est réélu vice-président.
■2" D'un secrétaire en remplacement de M. le docteur
René Verhoogen sortant et rééligible ;
BULLETIN DES SÉANCES. 199
M. le docteur Yerhoogen est réélu secrétaire.
5° D'un trésorier en remplacement de M. Bauwens
sortant et rééligible;
M. Bauwens est réélu trésorier.
i" De deux membres du Conseil en remplacement de
MM. L. Coomans et A. Renard sortants et rééligibles ;
MM. Coomans et Renard sont réélus membres du
Conseil.
Le Conseil a désigné M. De Wildeman pour remplir
les fonctions de bibliothécaire-adjoint pendant l'année
1891-189-2.
Le secrétaire fait appel au dévouement des membres
pour la publication dans les Bulletins mensuels d'ana-
lyses des travaux qui paraissent dans les Bulletins étran-
gers. Il fait ressortir l'importance et la richesse de la
bibliothèque où se trouvent de nombreuses publications
qui n'existent pas dans les autres bibliothèques du
pays.
Il engage également les membres qui se proposent de
faire des communications lors des séances de la Société,
à l'en prévenir assez à temps pour qu'il puisse l'annon-
cer à l'ordre du jour.
La séance est levée à midi.
COMPOSITION DU CONSEIL ADMINISTRATIF
POUR L'EXERCICE 1891-1892
M. L. Errera, Président. 1890-1892
M. le D'- RouFFART, Vice-Président. 1890-1892
M. le D^ Van Ermengem, Id. 1891-1893
M. le D-- R. Verhoogen, Secrétaire. 1891-1893
M. L. Rauwens, Trésorier. 1891-1893
M. C. H. Delogne, Bibliothécaire-Conservateur. 1890-1892
M. L. CooMANS, Membre. 1891-1893
M. Crépin, Id. 1890-1892
M. A. Renard, Id. 1891-1893
M. Laurent, Id. 1890-1892
M. De Wildeman, Bibliothécaire-Conservateur-Adjoint.
Secrétariat : chez M. le D"" R. Verhoogen, 16, rue de la
Sablonnière.
Trésorier : M. Bauwens, receveur des contributions, rue
Ganshoren, 15, Koekelberg, lez-Bruxelles.
LISTE GENERALE
des
MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
AU 11 OCTOBRE 1891.
illoiiibrcs honoraires (*).
MM. Abbe, prof, à l'Université d'Iéna (Allemagne).
Balbiani, prof, d'embryologie au Collège de France, Paris.
Cohn, F., prof, de botanique à l'Université de Breslau.
Fol, H., prof, d'embryologie à l'Université de Genève.
Jabez Hogg, docteur, 1, Bedford square, Londres.
Jones Rupert, prof. F. R. S., 10, Uverdale Road, King's
Road, Chelsea, Londres.
Koch, R., prof, d'hygiène à l'Université de Berlin,
von Kôlliker, A., prof, d'embryologie à l'Université, Wurz-
bourg.
Pasteur, membre de l'Institut, Paris.
Rauvier, L., prof, d'histologie au Collège de France, Paris.
Saccardo, directeur au jardin botanique de Padoue.
Smith, H. L.,prof. Hobart Collège, GenevaN. Y. (États-Unis.)
Sorby, Broomfleld (ShefHeld).
D'' Ward, R. H., Troy, New- York (États-Unis), 53, Fourth
Street.
membres eorrespoiiclaiits (**).
MM. Andrews, R. R., D. D. S., Haward street, 432, Cambridge,
Mass. (États-Unis.)
Baumgarten, professeur, à Tûbingen.
n Le nombre des membres honoraires est limité à quinze (art. 7 Ces Statuts).
(") Le nombre des membres correspondants est limité à quarante (art. 7 des
statuts).
202 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
MM. Behrens, D'' Wilhi, directeur du Zeitschrift fur mikroskopie,
Gôttingen.
Bertrand, C. Eg., professeur à la Faculté des sciences, Lille.
Bieler, vétérinaire, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse).
Boeclver, docteur. Institut fur Milvrosls.opie, Wetzlar.
Bonté, docteur, J. H. C, secrétaire de l'Université de Cali-
fornie, Berkeley, Cal. (États-Unis.)
Brun, professeur à l'Université de Genève.
Bûtschli, professeur, à Heidelberg.
Cox, C. F., uo 100, East, 17th St., New-York (Etats-Unis).
Cox, D., Cincinnati, Ohio.
Crisp, Frank, secrétaire de la Société royale de Microscopie,
King's Collège, Londres.
Crosier, E. S., M. D., Masket street, 277, New Albany,
Indiana (États-Unis).
Curties, Thomas, membrede la Société royale de Microscopie,
244, High Holborn, Londres.
Cutter, docteur Ephraira, 1730. Broadway, New-York,
de Castracane (abbé). Comte François, Rome,
de Man, docteur J. G., Middelbourg (Pays-Bas).
Dod, A. P., 279 1/2, Main street, Memphis (Etats-Unis).
Engelmann, Th. W., prof, de physiologie à l'Université
d'Utrecht.
Gibier, docteur, aide naturaliste au Muséum, rue Palestro,
23, Paris.
Guinard, E., rue du Cardinal, 15, Montpellier.
Harrisson, docteur W. G., 26, Mount Vesnon Place, East
Baltimore (Maryland) États-Unis.
Hueppe, docteur, Ferd., professeur, Prague.
Kinne, C. Mason, 422, Califoruia street, San Francisco, Cal.
(États-Unis.
Lanzi, docteur Matteo, 6, via Cavour, Rome.
Lockwood, Samuel, Secretary to the New-Jersey Microsco-
pical Society, Freehold, Monmouth County (New-Jersey),
(États-Unis).
Mauler, E., 8, Terreaux, Neuchâtel (Suisse).
Maupas, à Alger (Algérie).
Metschnikoir, chef de service à l'Institut Pasteur, à Paris.
Rosenbusch, professeur de minéralogie à l'Université de
Heidelberg.
BULLETIN DES SÉANCES. 203
MM. Senoner, docteur, 14, Krieglergasse, Vienne.
Stevenson, W. C, 1525, Green street, Philadelphie, Pens.
(États-Unis).
Stidham, rev. J. F., Colombus, Ohio (États-Unis).
Strasburger, docteur Ed.., professeur à l'Université à Bonn.
Trois, conservateur de la collection scientifique de l'Institut
royal des sciences, Palais ducal, à Venise (Italie).
Van Bruyssel, chargé d'affaires de Belgique à Caracas
(Venezuela).
Ward, James W., Grosvenor Library, Buffalo (États-Unis).
Zimmermann, 0. E. R., docteur, Chemnitz (Saxe).
Zirkel, Ferd., prof, de minéralogie à l'Université de Leipzig.
Meiubrei§ effectifs (*).
MM. Barré, Philippe, chef de bureau au Ministère des chemins de
fer, postes et télégraphes, rue du Progrès, 233«, Bruxelles.
*Bauwens, L. M., receveur des contributions, rue Gansho-
ren, 15, Koekelberg.
Bayet, 30, Marché-aux-Grains, Bruxelles.
Berteau, Zenon, profes. à l'école moyenne de Schaerbeek,
rue Villegas, 23, Jette-Saint-Pierre.
Bommer, Ch., docteur en sciences, rue des Petits-Carmes, 19,
Bruxelles.
Bray, A., docteur en sciences, rue de Namur, 48, Bruxelles.
Carnoy, J.-B. (l'abbé), professeur à l'Université de Louvain.
Camusel, rue Wautier, 83, Laeken.
Cogit, E., boulevard Saint-Michel, 49, Paris.
'Chalon, Jean, docteur en sciences naturelles, Namur.
Clautriau, G., pharmacien et docteur eu sciences natu-
relles, à Marchienne-au-Pont.
Coomans, V., chimiste, rue Notre-Seigneur, 1, Bruxelles.
Coomans, L., pharmacien, rue Notre-Seigneur, 1, Bruxelles.
Xoppez, docteur en médecine, 17, boulevard du Jardin Bota-
nique, Bruxelles.
Coppez, H., étudiant en médecine, boulevard Botanique, 17.
Cousot, docteur en médecine, à Dinant.
*Crépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'As-
sociation, 31, Bruxelles.
Dans, ingénieur-industriel, rue du Commerce, 32.
(*) Membre fondateur.
204 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
MM. 'Davreux, Paul, inspecteur-adjoint de l'enseignement profes-
sionnel, rue Vondel, Schaerbeek.
Deby, Julien, ingénieur, 31, Belsize Avenue South Hamp-
stead, London.
De Fay, J., docteur en médecine, 5, rue de Fiennes,
Curegliem.
De Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Baliia (Brésil).
Delogne, C.-H., aide-naturaliste au Jardin Botanique de
l'État, Bruxelles.
Denaeyer, pharmacien, place Liedts, 3, Schaerbeek.
Denys, ingénieur, à Havre, près Mons.
Depaire, J.-B., conseiller communal, professeur à l'Univer-
sité de Bruxelles, rue Royale, 54, Bruxelles.
De Sélys-Lonchamps, Edm. (baron), sénateur, 34, quai de la
Sauvenière, Liège.
Destrée, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 57,
Bruxelles.
De Wildeman, préparateur au Jardin botanique de l'Etat,
rue Verte, 54, Schaerbeek.
Drosten, Rob., rue des Boiteux, 21, Bruxelles.
Dubois, E., docteur en médecine, 7, rue du Gouvernement
provisoire, Bruxelles.
*Dupont, E., directeur du Musée royal d'histoire naturelle,
Bruxelles.
Durin, Th., chanoine honoraire, rue de Paris, à Moulins,
(Allier).
Duwez, docteur en médecine, rue Joseph II, 3, à Bruxelles.
Errera, Léo, docteur, professeur à l'Université, rue Stépha-
nie, 1, Bruxelles.
Félix, Jules, docteur en médecine, rue Marie-de-Bourgogne,
22, Bruxelles.
Florez, docteur en médecine, Jésus Maria, 5, Lima (Pérou).
Francotte, P., docteur en sciences, professeur à l'Athénée
royal et à l'Université libre, rue Gillon, 5ii, Saint-Josse-
ten-Noode.
Gallemaerts, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 33,
Bruxelles.
Garbini, A., docteur en sciences naturelles, Leoncino, 38,
Vérone.
(•) Membre fondateur.
BULLETIN DES SÉANCES. 20S
MM. Gedoelst, docteur, rue du Canal, 20, Louvain.
Gevaert, G., docteur en médecine, rue du Gentilhomme, 2,
Bruxelles.
Gilsou, professeur à l'Université de Louvain.
Gravis, Aug., professeur de botanique à l'Université de
Liège, rue Bassenge, 33, Liège.
Heger, Paul, docteur en médecine, professeur à l'Université,
rue des Drapiers, 35, Bruxelles.
Hendrix, Léon, docteur en médecine, rue Montoyer, 14,
Bruxelles.
Houzeau de Le Haie, professeur, membre de la Chambre des
représentants, Hyon (Mons).
Hovelacque, M., licencié ès-sciences naturelles, rue des
Sablons, 88, Paris.
Jacobs, Ch,, docteur en médecine, rue des petits Carmes, 12,
Bruxelles.
Lameere, Auguste, docteur eu sciences, professeur à l'Uni-
versité de Bruxelles, chaussée de Charleroi, 121, Bruxelles.
Laurent, Em., professeur de botanique à l'École d'horticul-
ture de l'Etat, à Vilvorde, et à l'Institut agricole de
Gembloux.
Lebœuf Louis, docteur en méd., rue Rogier, 288, Bruxelles.
M>'® Leclerq, Emma, docteur en sciences naturelles, Rempart de
la Biloque, 320, Gand.
MM. Lewin, docteuren médecine, rue de la Concorde, 68, Ixelles.
Loiseau, 0., ingénieur, à Ougrée.
Lorthioir, docteur en médecine, rue Defacqz, 6, Bruxelles.
Mantin Georges, quai de Billy, 54, Paris.
Marchai, E., conservateur au Jardin Botanique de l'État,
professeur à l'École normale, 55, rue Vonck, Saint-Josse-
ten-Noode.
'Michelet, G., ingénieur, rue Pascale, 6, Bruxelles.
Nypels Paul, docteur en sciences naturelles, rue Forgeur, 7,
Liège.
Pechère V., étudiant en médecine, rue Marie-Thérèse, 16,
Bruxelles.
Petermann, A., docteur en sciences naturelles, directeur de
la station agricole de l'État, Gembloux.
Pierson. H., rue de la Poterie, 6, Paris.
{*) Membre fondateur.
206 SOCIÉTÉ BELGK DE MICROSCOPIE.
MM. Piron, pharmacien, rue du Comte-de-Flandre, 77, Molen-
beek-Saint-Jean.
Treudhomme deBorre, 11, rue Seutiu, Bruxelles.
Ramlot, docteur en médecine, rue de Florence, 17,
Bruxelles.
Remy, L., assistant de micrographie au Laboratoire agri-
cole de l'État, Liège.
Renard, A., professeur à l'Université de Gand, Wettereu.
Rouffart, E. docteur en médecine, boulevard du Régent, 9,
Bruxelles.
*Rutot, A., ingénieur, conservateur au Musée royal d'histoire
naturelle, rue du Chemin-de-Fer, 31, Bruxelles.
Rynenbroeck, L., étudiant en sciences, 2, chaussée d'Alsem-
berg, Uccle.
Simon, A., docteur en médecine, rue Haute, 106, Bruxelles.
Simon, J. B., docteur, rue Haute, 106, Bruxelles.
Slosse, Aug., docteur en médecine, rue de Galilée, 8,
Bruxelles.
Stappers, Léon, rue Jacobs, 59, à Anvers.
Stas, Jules, docteur en médecine, à Rupelmonde.
Sury, H., pharmacien, rue d'Havre, 12, Mons.
Thiriar, docteur en médecine, professeur à l'Université, rue
de Hornes, Bruxelles.
Tillier, Achille, architecte. Pâturages (Hainaut).
Tocheflf, étudiant en sciences, Stara Zagora, Bulgarie.
Van Beneden, Ed., professeur à l'Université de Liège.
'Vanden Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'his-
toire naturelle, 39, place de l'Industrie, Bruxelles.
*Van den Corput, docteur, avenue de la Toison d'Or, 19,
Bruxelles.
Van den Kerkhove, Ern., rue d'Oran, 17, Marseille.
Van Ermengem, professeur de bactériologie à l'Université
de Gand, Wetteren.
*Van Heurck, Henri, docteur en sciences, directeur du Jardin
Botanique, rue de la Santé, 8, Anvers.
Venneman, professeur d'ophtalmologie à l'Université de
Louvain.
Verhoogen, R., docteur en médecine, 16, rue de la Sablon-
nière, Bruxelles.
(*) Membre fondateur.
BULLETIN DES SÉANCES. 207
MM. Von Sehlen, à l'Institut hygiénique de Munich.
Walker, industriel, boulevard Montebello, Lille (France).
Warlomont, René, médecin militaire, docteur en sciences
naturelles, Bruges.
*Weverbergh, docteur en médecine, avenue Brugmann, 205,
Bruxelles.
Ysebrant de Difque, rue Belliard, 66, Bruxelles.
lleiiibres associés.
MM. Bordet, étudiant en médeciue, rue de la Ruche, 42, Schaer-
beek.
Botte, docteur en médecine, rue de l'Hôtel des Monnaies, 9."5.
Brouwez, F., étudiant eu médecine, rue des Chevaliers, 15,
Bruxelles,
De Nobele, étudiant, rue des Plantes, 14, Bruxelles,
De Restia, pharmacien, rue Royale-Sainte-Marie, 152,
Schaerbeek.
Dewevre, Alfred, docteur en sciences naturelles, chaussée
de Watermael, 59, Watermael-Boitsfort.
Dineur, E,, docteur en médecine, chaussée de Haecht, 272,
Schaerbeek.
Fano, Léopold, étudiant, rue Royale, 233, Bruxelles.
Funck, Maurice, étudiant, rue de Livourne, 30.
Hegenscheidt, Alfred, étudiant, rue Gauthier, 30, Molenbeek
Saint- Jean,
Lor, Louis, rue de l'Écuyer, 14.
Massart, docteur en sciences naturelles, à Etterbeek.
D"" Mersch, rue du Trône, 90, Bruxelles.
Mills, Albert, docteur en médecine, boulevard Bischoft-
sheim, 25, Bruxelles.
Orgels, L., étudiant, 14, rue Wiertz, Ixelles.
Rins, L., rue Van Aa, Ixelles,
(*) Membre fondateur.
ACADEMIES, SOCIETES ET INSTITUTIONS
avec lesquelles
LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
EST EN RELATIONS D'ÉCHANGE.
Belgique.
Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Belgique
Bruxelles.
Académie royale de médecine de Belgique, Bruxelles.
Association belge de photographie. Ch. Puttemans, Palais du
midi.
Bulletin scientifique et pédagogique de Bruxelles, M.Robie, direc-
teur à Forest lez-Bruxelles.
Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, M. Lubbers,
au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles.
Gazette médicale de Liège, place Saint-Pierre, 16, à Liège.
Musée royald'Histoire naturelle de Belgique, M. E.Dupont, direc-
teur, Bruxelles.
Société royale de Botanique, au Jardin Botanique de l'Etat,
Bruxelles.
Société entomologique de Belgique, au Musée royal d'histoire natu-
relle, Bruxelles.
Société scientifique de Bruxelles, rue des Ursulines, 14, Bruxelles.
Société belge de géographie, M. Dufief, rue Potagère, 171,
Bruxelles.
Société géologique de Belgique, M. G. Dewalque, Liège.
Société malacologique de Belgique, M. Lefebvre, rue des Parois-
siens, 7, Bruxelles.
Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, place
de l'Industrie, 39, Bruxelles.
Société médico-chirurgicale du Brabant, M. le docteur De Becker,
100, chaussée de Tervueren, à Etterbeek.
Annales de la Société médico-chirurgicale, Hôtel-Vénitien, rue
Hamal, Liège.
BULLETIN DES SÉANCES. 209
Société des naturalistes dinantais, Dinant.
Société royale des sciences, à l'Université de Liège.
Société des sciences, lettres et arts du Hainaut, Mons.
Société royale des sciences médicales et naturelles, M. le doc-
teur Stiénon, rue du Luxembourg, 5, Bruxelles.
Université de Bruxelles.
Université de Gand.
Université de Liège.
Université de Louvaiu.
Alleiiiag;iic.
Botanisches Centralblatt, D*" Uhlworm, Cassel.
Deutsches Medizinal Zeitung, M. le D'' Grosser, Prenzlau.
Kaiserliche Leopoldinisch-Carolinische Akademie der Naturfor-
scher, D^ Kuoltauch, à Halle.
Jahresbericht ûber die Fortschritte in der Lehre von den patho-
genen Mikroorganismeu, professeur Baumgarten, à Tûbingen.
Naturœ novitates. M. Friedlander et fils, Carlstasse, 11, à Berlin.
Naturwissenscbaftliche Gesellschaft, Chemnitz.
Naturwissenschaftlicher Verein, Elberfeld.
Naturwissenscbaftlicher Verein des Reg. Bez., D"" Hering, bibliot.,
Francfort s/Oder.
Offenbacher Verein fur Naturkunde, Offenbach S/M.
Physikalisch-œkonomische Gesellschaft, Kœnigsberg.
Société d'histoire naturelle de Colmar, docteur Faudel, secrétaire
Colmar.
Société d'histoire naturelle, rue de l'Évêché, 25, Metz.
Verein fur Naturkunde. D"" Akermann, Cassel.
Zeitschrift fur wisseuchaftliche Mikroskopie uud raikroskopische
Technik, M. Behrens, rédacteur en chef, à Gottingue.
Zoologischer Anzeiger, professeur Carus, Querstrasse, 30, Leipzig.
Centralblatt fur algemeine pathologie undpathologischeanatomie.
M. Gustave Fischer, à lena.
Aiitriclie-Hoiig;i*ie.
K. K. Naturshistorischen Hofmuseum, Vienne.
K. Akademie der Wissenschaften, Vienne.
Mittheilungen der section fur naturkunde des « Osterreichischen
Touristen-club ", Burgring N° I. Vienne.
18
2i0 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOI'IE.
Bulletin international de l'Académie des sciences de Cracovie.
Institut I. etR. Géologique d'Autriche, Vienne.
K. K. Zoologisch-Botanische Gezellschaft, Herrengasse, 13, à
Wien I.
Naturforschender Verein, M. Stadboff, Briinn.
Naturwissenschaftlicher Verein fiir Steirmark, Gratz.
Ornithologischer Verein. Mittbeilungen, Red. Von Pelzeln und
C. Pallisch, à Vienne.
Société des sciences naturelles de Croatie à Zagreb, Agram.
Société royale hongroise des sciences naturelles, Budapest.
Société adriatique des sciences naturelles, Trieste.
Ungarischer Karpatben verein, Lôese.
Verein zur Verbreitung naturv\ issenscbaftlicher Kenntnisse, IV,
techn. Hochscbule à Vienne.
Ei«ipag;iic et l^orliigal.
Boletin de medicina y farmacia, calle del Hôpital, 93, Piso 2",
Barcelone,
Gazeta Sanitoria à Barcelone. Casas consistoriales.
Cronica cientiflca. Barcelone, Rédacteur M. le D"" Raphaël Roig
y torres. Ronda de S. Pedro, 38.
Gaceta Medica Catalana, D'' Rodriguez Mendez, à Barcelone.
Revista sciencias naturaes e sociaes (Sociedade C. Ribeiro), rua da
Paz, 126, à Porto.
Sociedade de Instrucçao do Porto. St-Domingos, 57, à Porto Largo.
Revista clinica de los Hospitales. Madrid, PI. de Isabel, II.
France.
Annales de l'Institut Pasteur, M. le professeur Duclaux, rue
Malebranche, 15, Paris.
Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Dijon.
Bulletin scientifique du nord de la France, M. le professeur Giard,
Lille.
Feuille des jeunes naturalistes, M. Dolfus, 35, rue Pierre Charron,
Paris.
Journal de Micrographie, M. le docteur Pelletan, rue de Berne,
24, Paris.
Revue internationale de bibliographie médicale, M. le docteur
Raoult, 47, rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris.
BULLETIN DES SÉANCES. ^H
Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles, à Béziers.
Revue des sciences pures et appliquées, 34, rue de Provence, à
Paris.
Le Botaniste. M. Dangeard, impasse Bagatelle, 3, Caen (Calvados).
Revue bryologique, M. Husnot, à Cahan,par Athis,COrne.)
Société Borda, à Dax.
Société des sciences physiques, naturelles et cliraatologiques, M. le
docteur Bertrand, secrétaire-général, rue Bruce, à Alger.
Société Linnéenne du nord de la France, M. René Vion, rue Voi-
ture, 8, Amiens.
Société des sciences physiques et naturelles. Hôtel des Facultés,
Bordeaux.
Société Linnéenne de Bordeaux.
Société de médecine de Caen (l'Année médicale), rue Froide, 2, à
Caen.
Société d'étude des sciences naturelles, 16, rue Bourdaloue, Nîmes.
Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts, M. Loiselin,
secrétaire général, à Orléans.
Société des études scientifiques, Angers (Maine et Loire).
Société française de photographie, rue Louis-le-Grand, 20, Paris.
Société des amis des sciences naturelles de Rouen (Seine infé-
rieure).
Société d'histoire naturelle de Toulouse, 44, rue Saint-Rome.
Société d'histoire naturelle de l'Hérault, Montpellier.
Société des sciences naturelles, M. le secrétaire, à Semur (Côte
d'Or).
Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, (Auxerre.)
Société des sciences naturelles, M. Le Jolis, directeur, à Cher-
bourg (Manche). •
Société Linnéenne de Normandie, Caen (Calvados), M. Lignier.
Société d'études scientifiques, 55, rue Pierre Charron, Paris.
Société Linnéenne de Lyon, place Sathonay, Lyon.
Graiiclc-Brcta^iie.
Brighton and Sussex natural history Society, Brighton.
Croydon Microscopical and natural history Club. M. B. Sturgé,
20, the Waldrons. Croydon.
Norfolk and Norwich, naturalist Society, Norwich.
Quekett Microscopical Club, Londres.
Royal Microscopical Society, King's Collège, Londres.
212 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Royal physical Society of Edinburgh.
Patent Office Library, 25, Southàmpton Buildings, Loudou W. C.
Hollande.
Société hollandaise des sciences de Harlem.
Société néerlandaise de zoologie, D"- P.-P.-C. Hook, Leyde.
Société royale de zoologie (Natura artis magistra) d'Amsterdam.
Italie.
Academia pontificia de Nuovi Lincei, Palazzo délia Cancellaria,
Rome.
Académie des sciences de l'Institut de Bologne.
Académie des sciences, lettres et arts de Modène.
Académie royale des sciences de Turin.
Ateneo de Brescia.
Bollettino scientiflco, Pavie.
Comité géologique d'Italie, Via S. Lusama Rome.
Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise.
Natura, Rivista délie Scienze e délie loro applicazioni aile Indus-
trie ealle arti, M. Paolo Mantegazza, rédacteur en chef. Trêves
fratelli, éditeurs, via Palerno, 2, Milan.
Neptunia, rivista mensile per gli studi di scienza pura ed applicata
sul more et sui organism. Red. D"" David Levi. Mounos S.
Samuele, 3422, Venise.
Notarisia, commentarium Phycologicum. Parte spéciale délia
Neptunia.
Société des naturalistes de Modène, D"" L. Piccaglia, secrétaire,
à Modène.
Societa italiana dei microscopisti, à Acireale (Sicile).
Revista de Scienze naturali e bolletino del naturalista, à Sieua.
R. Academia dei lîsiocritici ù Siena (Italie).
Nuova Notarisia, rassegna trimestrale consacrata alla studio
dellc alghe. M"" le D'" G. B. De Toni, institut et Jardin botanique
de Padoue.
Academia medico-chirnrgica di Perugia (Pcrousc).
Monitore zoologico italiano, Instituto anatoraico à Florence.
BULLETIN DES SÉANCES. , !2i3
Lui^eiuboiirg;.
Institut royal Grand-ducal. Section des sciences naturelles, place
Guillaume III, Luxembourg.
Aarsberetning, Bergens muséum (Bibliothèque).
Rédacteur des publications du « Tromsoë Muséum « à Trorasoë,
(Norwège).
Rédacteur des publications du « Stavanger Muséum », Stavanger.
Russie.
Académie impériale des sciences, Saint-Pétersbourg.
Xsociété impériale des naturalistes de Moscou, maison Arkarkha-
N^oflf.
Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie, Odessa.
Société des naturalistes de l'Université de Kielf.
$!»iiècle.
Botaniska n(\iser, D'' Otto Nordstedt, 10, Kraftstorg, à Lund.
Académie des^ciences de Stockholm.
I§»iiisse.
Société des sciences naturelles (bibliothèque) Helmhaus, Zurich.
Institut national genevois, M. H. Pazy, secrétaire général, à
Genève.
Naturforschende Gesellschaft, Muséum, Bâle.
Naturforscheude Gesellschaft, Berne.
Gesellschaft Graubûndens, r. Juan Sand, Goire.
Schweizerische Entomologische Gesellschaft, M. Théod. Steck,
Berne.
Société helvétique des sciences naturelles, Berne,
Société des sciences naturelles, M. L. Coulon, Neuchâtel.
Société vaudoise des sciences naturelles, M. Bieler, vice-président,
avenue Agassiz, Lausanne.
Jahresbericht der Naturforschenden Gesellschaft, Chur.
2i4 SOCIÉTÉ BELr.E BE MICROSCOPIE.
Turquie.
iR,evue médico-pharmaceutique, 6B, Yuksek-Caldirim, Galata,
Constantinople.
Brésil.
Museu Nacional do Rio de Janeiro.
Boletin du Conimissao geographica e geologica da proyiucia de
S. Paulo : Le Roy King. Boskurlter, à Sao Paulo (Brésil).
Canada.
Le naturaliste canadien. Rédacteur, M. l'abbé Provancher, Cap
Rouge. Province de Québec,
Costa Kica.
Officine de deposito y Cauje de publicationes Hepublica de Costa
Rica (Amérique centrale).
Cuba.
Cronica médico-Quirurgica de la Habana. Calzada de la reina, \)2
apartada 465.
Etat!$-Lnis>^ trAïuériquc.
Àcâderay of sciences of Saint-Louis, Missouri.
Acaderay of science, Rochester (New- York).
Académie des sciences do Philadelphie.
Albany médical Aunals, 481,- Broadway, N. Y.
American Monthly microscopical Journal. Washington, D, C. W.
Smiley. •
American uaturalist, prof. Kingsley-Malden, Mass.
Boston Society ofnatural history, Boston.
Collège of Physicians of Philadelphie.
Essex Institute, Salem (Mass).
Journal ol' tlie Xow-York microscopical Society, M. Zabriskie,
Waverley Avenue, Flatbu.sh, L. S., New- York.
BULLETIN UES SÉANCES. 215
Journal of mycology. N. S. Department oi agriculture (section of
vegetable patliology), à Washington.
Minnesota Academy of natural sciences. Minneapolis. Minn.
Rochester Academy of science. G. W. Rafter, secrétaire, à
Rochester N. Y. (États-Unis).
Journal of comparative Neurology L. Herrig, professer ofbiology.
University of Cincinnati (Ohio).
Librarian of the Surgeon general's Office. U. s. Army, Washington.
M. L. Brithon h. D. of the Columbia Collège school of Miner, New-
York.
Scientiflc Association, Meriden, Connecticut. United States of
America.
The Library, Missouri Botanical garden, Saint-Louis Mo.
The microscope, 514, E. State Street. Treuton N. J.
TheTrenton Natural history Society, Trenton.
Wagner Free Institute of Science, Philadelphie.
Washington, Smithsonian institution.
Californie.
California Académie of Sciences à San Francisco (Etats-Unis).
Mexique.
Sociedad Cientiflca « Antonio Alzate ", à Mexico.
Observatorio Meteorologico maguetico central, Mexico.
Chili.
Sociedad Pedro R. Videla, Santiago de Chile.
Boletin de Medicina, Santiago de Chile, Delicias, 252.
IWouYelle Galles dit Niid.
Linneau Society of New-South Wales, Linnean Hall, Elisabeth
bay, Sydney.
Fletcher Microscopical Society of Victoria, à Sydney, Melbourne.
TABLE GENERALE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE TOME XA'II
nu BlLLËTI^ DE L\ SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Pages.
BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIETE.
Skaxce nu 2o octobre 4890 1
Communication préliminaire sur la métamérisation du
corps de l'insecte, par M. A. Lameere 2
Nouvelle communication sur un traitement de la tuber-
culose, par M. R. Koch Il
Skaxce m: 29 novembre 1890 25
Lupus de la conjonctive, par M. É. Gallemaerts. . . 26
Le traitement de la tuberculose par la méthode de
Koch, par M. L. Hendrickx 34
Analyse de l'ouvrage de M. Behrens : Leitfaden (1er bota-
nischen mikroshopie, par M. De Wildeman .... 37
Notes de technique 40
Séance du 27 décembre 4890 43
Discussion sur la tuberculose 45
Notes de technique 48
Troisième communication sur un traitement de la
tuberculose, par M. R. Koch 48
Séance du 34 janvier 4894 S9
Élection 60
Notes micrographiques 62
Séance du 28 février 4891 63
Les monadines et leur place systématique, par M. C. De
Bruyne 64
Les Bolétés, par M. C. Delogne 70
Séance du 41 avril 4894 89
Les organes des sens chez les mollusques, par M. P.
Pelseneer 90
18.
218 TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
L'origine des vertébrés, par M. A. Lameere .... 91
Présentation de niicrophotogramnies colo iés . . . 121
Séance du 2o avril 1891 127
La fibre nerveuse, par P. Heger 128
Programme de l'Exposition d'Anvers 142
Séance du 30 mai 1891 147
Notice nécrologique sur Cari v. Naegeli 148
Un champignon pyrénomycète se développant sur le
test des Balanes, par M. Cil. Bommer loi
Sur la morphologie des Cladophora, par M. E. De
Wildeman lo4
Analyse du travail de M. Van den Berghe : Tourteaux
el farines de Un, par M. L. Remy ItiO
Analyse du travail de M. Goppelsroeder : Ueber capil-
lar analyse, par M. H. Potellet 162
Séance mensuelle du 27 juin 1891 107
Action du courant électrique constant sur les micro-
organismes pathogènes, par M. René Verhoogen . 168
AsSEMRLÉË générale du 11 OCTOBRE 1891 .... 193
Rapport annuel du Conseil 194
Budget 197
Rapport annuel sur l'état de la bibliothèque . . . 197
Élections 198
Conq)Osition du Conseil pour l'exercice 1891-1892. . 200
Liste générale des membres de la Société 201
Académies, Sociétés et institutions avec lesquelles la
Société est en relations d'échanges 208
FIN DE LA TARLE DES MATIÈRES.
ANNALES
DE LA
SOCIETE BELGE DE ÏICROSCOPIE
TOME XVIII
ier FASCICULE
BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEdR
12, rue des Trois-Tètes, 12
1894
ANNALES
DE LA
• ^
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE
ANNALES
DE LA
SOCIETE BELGE DE ilCROSCO
iD
:e
TOME XVIIl
BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
12, rue des Trois-Tètes, 12
4894
/MEMOIRES
NOTES SUR QUELQUES ESPÈCES
DU GENRE
TRENTEPOHLIA
(MARTIUSI
PAR
E. DE WILDEMAN
DOCTEUR EN SCIENCES NATURELLES
NOTES SUR QUELQUES ESPECES
DU GENRE
TRENTEPOHLIA ..un.
s)
Depuis que j'ai publié dansJes Annales du Jardin
botanique de Builenzorg (I) une élude sur les Trcnle-
polilia, récoltés dans les Indes néerlandaises, par
M" Weber van Bosse, d'autres travaux sur les espèces
de ce genre ont para dans cette même publication et
dans le Journal de Botanique de Morot.
iM. Hariota terminé la publication de ses « Notes sur
le genre Trentepolilia (2] », et M. Karsten a fait paraître
peu de temps après la publication de ma note, un tra-
vail assez important dans le premier fascicule du tomcX
des Annales de Buitenzorg. Il y a traité des espèces du
genre Trcnlejwlil la cl do celles des genres voisins P/n/-
copeltis et Mijcoidea (.")). M. Karsten ne connaissait pas
le travail, publié par moi, dans le volume IX, il s'est
fait ainsi qu'il a décrit des espèces déjà figurées et dénom-
mées dans mon mémoire.
(1) Les Trenlepoliita des Indes Néerlandaises in \nn. Jard. bot. de
Buileniorrj, voL IX, p. 127-Li2.
(2) iXotcs sur le genre TrcntepolUia in Journ. de Bot., 1889- 1890.
(j SOCIETE BELGE DE MICP.OSCOPIE.
Ces trois travaux ayant donc paru presque en même
temps, M. Hariot jugea utile depublierune note spéciale
sur les Trentepolilia des Indes néerlandaises, et d'exa-
miner la valeur des espèces, créées par M. Karsten et
par moi (1).
Nous allons examiner quelques-unes des espèces con-
tenues dans ces travaux et dont certaines ne sont pas
reconnues par M. Hariot. Nous aurons aussi l'occasion
de dire quelques mots, en passant, de formes étudiées
par M. Hariot, dans ses « Notes » et qui ne se trouvent
pas aux Indes, ou du moins n'y sont pas indiquées jus-
qu'à ce jour.
Dans ces « Notes » M. Hariot cheiche les caractères
(listinctifs dans la forme des cellules et dans la grandeur
relative de leurs deux diamètres; les caractères fournis
par les fructifications, sont, d'après lui, trop peu cons-
tants pour pouvoir servir à différencier les espèces.
Il arrive dès lors à décrire et à conserver comme
espèces distinctes des Trenlepolilia stériles. Il est cer-
tain que le seul bon caractère pour former des sections
dans le genre, est celui qui est fourni par la forme des
cellules. Mais comme je l'ai déjà fait voir antérieure-
ment, il est certaines espèces pour lesquelles cette forme
est assez variable, mais c'est surtout la grandeur rela-
tive des deux diamètres extrêmes qui est susceptible de
varier. Ce caractère peut à mon avis, moins que tout
autre, servir de base à la différenciation de deux espèces.
Sans vouloir attaquer ici la valeur de certaines de ces
espèces, il me paraît que l'ensemble des caractères, four-
nis par les cellules de ces Algues, caractères tirés de la
(i) A propos (les TrenlCj)ùhtia «les Iiitlcs néerlandaises hi Jouru.de
Loi.. 18tt'2. p. 1M.
MÉMOIRES. 7
grandeur des cellules et des modes de fructitication, est
à peine suffisant pour définir l'espèce. La couleur ne
peut être employée pour tous les cas, généralement elle
disparaît dans l'herbier, et de rouge qu'elle était passe
au vert-jaunâtre ou au blanc sale. Certes, la forme des
fructifications est très variable dans les espèces de ce
genre, et sur le même filament peuvent se trouver plu-
sieurs genres de cellules reproductrices, comme j'aurai
l'occasion de le démontrer tout à l'heure; mais j'estime
aussi, que dans bien des cas des filaments stériles ne
peuvent être rapportés avec certitude à l'une ou l'autre
espèce connue.
Nous étudierons dans cette note les espèces suivantes:
Trentepolilia Monilia DeW., T. torulosa DeW., T. ar-
borum (Ag.) Hariot, T. Wainioi Hariot, T. dialepla
Hariot et T. Pitlieris\). nov.
Trentepohlia torulosa DeW.
(Bull. Soc. bot. de Belgique 1888, ^' partie, p. 181).
(Annales du Jardin bot. de Buitenzorg, t. IX,
p. 159, pi. XIX, fig. 9-14-18).
PI. III, fig. 10.
Dans ces « Notes », puis après dans son article sur
les Trente}wlilia des Indes néerlandaises », M. Hariot
indique cette espèce comme synonyme du T. monilia
DeW. (1). Décrite sous le nom de 7'. torulosa dans le
Bulletin de la Société de botanique de Belgique sur des
échantillons, provenant du Chili et de l'Australie,
M. Hariot trouve qu'il faut appeler cette espèce T. rifji-
. Membrane lisse, mince, jamais squaini forme,
colorée en brun assez accentué. Cette teinte communique
à tout l'échantillon et à reçoive sur laquelle l'Algue
végète un aspect très spécial, qui difféi'encie, à première
vue, le T. Monilia du T. Torulosa.
Zoospnranges inconnus.
14 SOCIÉTr-; BELGE UE WICROSCOCIE.
Hab. -Amérique : Chili (Poeppig); Costa-Rica (Pittier
et ïonduz) ; Indes néerlandaises (Mad. Weber van Bosse.
Trentepohlia arborum (Ag.), Hariot.
(Notes sur le genre Trentepohlia, p. 20, fig. 8-9).
PI. 1; pi. H, fig. 8-10-16; pi. 111, fig. 1-7-12.
Sous ce nom, et d'après des échantillons authen-
tiques, l'auteur décrit une espèce à laquelle il donne
pour syuonyme le Cœnogoniiim confervoides Nyl., et le
Tr. pleiocarpa Nordst.
M. Hariot n'indique pas clairement ce qu'il fait dans
ce cas du C. disjunchim, admet-il que ce Lichen soit
synonyme du C. confervoides, et que, dès lors, il
devienne également synonyme du T. arborum'!
Si cela est l'opinion de M. Hariot, nous ne pouvons
admettre sa manière de voir, ayant eu l'occasion d'étu-
dier, parmi les Cœnogonium de l'Herbier Boissier, un
spécimen de celte forme de Lichen pourvu de nom-
breuses apothécies. En outre, l'Algue était stérile, on
ne pourrait donc certifier, d'une façon certaine, que
dans ce cas l'on ait bien affaire au Trenlcpolilia arbo-
rum, même comme gonidie, la caractéristique de cette
espèce, étant de posséder des zoosporanges pédicelles,
réunis en général par deux à plusieurs sur une cellule
renflée qui termine un rameau. 11 faudrait de plus, me
semble-t-il, si même l'on admettait que cette Algue fut
le T. arborum, que l'on dise qu'elle forme les gonidios
du Lichen, et non pas que le Lichen est synonyme.
Il n'y a pas de doute, que d'après les dessins de
M. Hariot, le T. pleiocarpa Nordst. doive être rapporté
MÉMOIRES. 43
au Conferva arhoriim Ag. qui doit devenir T. arboriun,
par suite des lois de la priorité. C'est bien la même
forme de friictilication, le même port. Les caractères
principaux de cette espèce sont les suivants, d'après
M. Hariot.
«Cellules de 16-28/^- d'épaisseur sur 40 à 60/x de long.
Zoosporanges rarement solitaires, ordinairement par
2-7, supportés par des cellules recourbées en crochet,
celles-ci réunies sur une cellule renflée, arrondie au
sommet, de 18 à 2V de large sur 24-52/y, de long ».
Ces caractères, et principalement celui que l'on tire
des organes de reproduction, rappellent dans leurs
traits généraux ceux du Mijcoidea parasitica Cunningli.
Les fructifications pédicellées naissent toujours à l'extré-
mité des rameaux principaux ou à l'extrémité des rami-
fications de l'axe. Lorsqu'on possède de nombreux
matériaux d'étude de cette espèce, on peut suivre tous
les stades de passage entre l'état jeune et l'état adulte.
Voici comment se développent ces organes. L'extré-
mité d'un filament se renfle et acquiert bientôt une forme
ovoïde. Des bourgeonnements apparaissent alors dans
la partie la plus large de l'ovoïde, d'abord sous forme
de petits mamelons, qui vont en s'accentuant et finissent
par se séparer de leur cellule mère, au moyen d'une
cloison fortement courbée en verre de montre. Le
mamelon, une fois séparé, s'allonge et se présente
bientôt sous la forme d'un cylindre à base un peu
renflée et terminé à son extrémité par une calotte sphé-
rique. Celte dernière qui se sépare du reste du tube par
une cloison transversale plane, donnera naissance au
zoosporange.
Cette cloison n'est pas de même épaisseur sur toute
16 SOCJÉTÉ BELGE DE MICROSCOIME.
son étendue, il existe un cercle central moins épais que
le bord. C'est par ce fait que l'on voit, le zoosporange
étant séparé du support, deux cercles concentriques dans
la cloison qui séparait le support et le sporange.
Quant au sporange lui même, primitivement globu-
leux, il devient souvent ovoïde et paraît alors attaché
par le côté, le plus gros des bouts de l'ovoïde étant dis-
posé au dessus.
Les cellules en crochet qui supportent ces zoospo-
ranges ne se forment en général pas en même temps, ou
n'acquièrcjit pas leur complet développement au même
?Tioment sur une même cellule rentlée ; il peut se
trouver ainsi des cellules en crochet flétries et des cel-
lules à peine séparées dans lesquelles on n'observe pas
encore de cellule mère des zoospores.
I/on pourrait se demander si ces zoosporanges pédi-
cellés, de forme assez spéciale, donnent naissance à des
produits qui sont en tout comparables à ceux qui naissent
dans les zoosporanges sessiles que l'on trouve chez
presque tous les espèces de ce genre, et même chez le
T. arborum, comme nous le verrons plus loin.
Comme nous venons de le voir, ce mode de fructifi-
cation est très semblable à celui du Mijcoidea parasitica
Cunningham, dont le développement a pu être suivi en
partie par M. Ward (1).
Dans cette espèce, 31. Ward (2) a observé, outre des
zoosporanges pédicellés, des zoosporanges sessiles logés
dans le thalle ou situés perpendiculairement à celui-ci.
(1) M. Waud, 0» tlie slnicl lire, dcvcloijment, and lifc-liistoni o[ tro-
pical cpiphiillous Lichen in Trausaction of Linn. Soc. London. 2e série
vol. -2. p. 87. '
(2) Loc. cit., pi. 2a.
MEMOIHES. 47
Malheureusement il n'a pu établir, d'une fiu-on claire,
la tbnction de ces deux modes de fructifications.
Dans leurs formes extérieures et dans leurs disposi-
tions, il existe une certaine analogie entre les organes
reproducteurs de cette Algue et ceux de certains Pero-
nospora (Champignon). On sait que ces derniers peuvent
donner naissance au détriment de leur cellule terminale
d'une conidie ou de zoosporcs. Ces deux organes ayant
originairement la même forme, on trouve donc une
conidie homologue à un zoosporange. N'en pourrait-il
pas être de même ici?
Les deux modes de fructification sont donc à étudier
en détail, mais leur étude n'est possible que sur des
matériaux vivants. C'est donc aux Instituts des régions
tropicales qu'il faut laisser le soin de tirer cette question
au clair.
Le Trentepofdia que M. Karsten décrit sous le nom
de T. bisporanfjiata{[)es{ bien identique au 7'. arbonim
(Ag.) Hariot, ce nom doit entrer dans la synonymie.
M. Hariot a créé également, d'après des échantillons
reçus de M. Wainio, une espèce nouvelle qu'il dédie à
ce lichénologue sous le nom de T. Wainioi. A cette
espèce doit se rattacher ce que Grunow a signalé sous
le nom de Cliroolepus flavum var. talnlensis (2). M. Ha-
riot indique ce rapprochement et j'ai pu me convaincre,
par l'examen d'échantillons originaux provenant des
collections de M. Nordstedt, que c'est bien à cette forme
de Trentepoliliaque se rapporte la variété de M. Grunow.
Mais je ne puis admettre la spécificité du 7'. Wainioi
(1) Karsten, loc. cit., p. 13, pi. III, fig. 3-5.
(2) Grunow. Reise seiner Majesteit Fregalte Novara um die Erde.
Alg., p. il.
xvm 2
18 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOIME.
Hariot, celte soi-disant espèce n'est autre qu'une forme
du T. arborum et dès lors ce nouveau nom devient
synonyme de cette espèce.
En étudiant les nombreux matériaux qui m'ont été
communiqués par M. Pittier, directeur de l'Institut
physico-géographique national de Costa Rica, récoltés
par lui ou par M. Tonduz, dans différentes régions de
ce pays, j'ai eu l'occasion d'étudier des Treulepolilia à
zoosporanges, sessiles et solitaires ou réunis en groupes
plus ou moins nombreux sur des ramuscules courts.
Ces derniers caractères sont bien ceux que l'on rap-
porte au T. Wainioi, et que l'auteur a reproduits dans
les dessins (fig. G et 7 du tiré à part) de ces « Notes sur le
genre Trentepoldia ». Mais comme le montrent les des-
sins des planches, jointes à cette note, on peut voir
sur la même branche à l'extrémité des rameaux des
zoosporanges pédicelles [T. arborum) et sur le côté des
zoosporanges sessiles ou réunis en espèces de grappes
{T. \Vaimoi){av. pi. 1, fig. 13).
M. Karsten avait attiré l'attention sur la présence de
ces deux modes de Iructilication, en décrivant son
T.bisporomj'mUi; le nom de l'espèce, à lui seul inditjue
déjà les deux formes de zoosporanges, mais on n'avait pas
attiré l'attention sur ce caractère.
Dans l'Herbier Martius (Jardin botanique de Bruxelles)
se trouvait avec l'indication C\i'«07o»///m? Surinam in
mûris n° 1264, un Trcnlcpo/ilia pur dont les tilameiils
portent des zoosporanges sessiles et des zoosporanges
pédicelles. Les ligures 15 et 15 de la pi. H et G et 7
pi. m montrent l'aspect sous lequel se présentent quel-
ques-uns de ces filaments.
Kn examinant {QCo'nogonium inlerple.vum Nyl.fllcrb.
MÉMOinES. 19
Lindig :2o61) récolté à la Nouvelle Grenade, j'y ai trouvé
des gonidies de formes analogues à celle que présente le
T. Wainioi; des rameaux latéraux portent de nom-
breuses zoosporanges sessiles.
Je rapporte donc les gonidies de ce lichen au T. ar-
borum (Âg.) Hariot.
Suivant les échantillons, on peut trouver tantôt chez
cette espèce (2\ arborum, s. lat.jdes rameaux entièrement
couverts de zoosporanges sessiles, tantôt des rameaux
possédant des zoosporanges pédicelles et sessiles mélan-
gés, plus rarement des rameaux qui ne possèdent que
des zoosporanges pédicelles. Quant à la grandeur des
zoosporanges, de quelque forme qu'ils soient, elle est
des plus variable.
On en trouve qui n'ont que iï y. de diamètre tandis
que sur le même filament d'autres ont plus de 50^,
et cela pour des zoosporanges arrivés à maturité,
puisque l'ouverture destinée à livrer passage aux zoospo-
res est ouverte.
Quant aux dimensions des cellules suivant leurs deux
axes, je ne crois pas que l'on puisse leur accorder une
importance considérable dans les caractères de cette
espèce. Dans le T. arborum, tel que nous devons le com-
prendre, on trouve des cellules qui ont 9,5 y. de large
sur 20 /-i de long, c'est-à-dire que leur longueur est envi-
ron trois fois leur largeur, dans d'autres cas la longueur
est trois aussi grande que le diamètre, parfois même plus,
dans les cellules terminales amincies, la longueur peut
égaler six fois la largeur. Si l'on étudie des Algues dont
la surface cellulaire a été enveloppée par les hyphes d'un
champignon, on pourra observer dans les cellules d'un
même filament de grandes variantes dans la longueurpar
i'O SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOI'IE.
rapport à leur diamètre. La présence d'un grand nombre
d'Iiypbes empêche la croissance cellulaire, et l'on trouve
alors des filaments de T. arborum, dont les cellules ont
leurs deux diamètres à peu près égaux.
Le caractère sur lequel M. Hariot a basé la formation
de son genre ileterollialliis, c'est-à-dire la présence de
tilamenls couchés, rampants à la surface du subslratum,
doit, me semble-t-il, être employé avec prudence. Dans
notre espèce, par exemple, et d'ailleurs, dans la plupart
des formes de TreiUepohlia des tropiques, il existe un
système de filaments qui s'appliquent fortement sur le
substratum, et fixent la plante qui développe alors ses
filaments fructifies perpendiculairement à la couche
rampante. Les figures que nous donnons du système de
filaments couchés (PI. I, fig. 24, PI, II, fig. 8), mon-
trent la plus grande analogie avec la figure de ces fila-
ments chez le 7'. d'iHusa DeWild. (Hariot. xXotes sur
le genre Trentepolilia, p. 59, fig. 19).
Zeller a décrit, en 1875, dans ses études sur les Algues
récoltées par Kurz, dans l'Arracan et dans la Birmanie,
un Cliroolcpus hurzii, qui est devenu 7". lûirzii (Zeller)
De Toni. M. Hariot a figuré dans ses « Notes » deux
rameaux de cette plante, dont il a pu examiner un échan-
tillon (loc cit., p. 45, fig. 25). Par l'examen de la figure,
comme parle texte qui l'accompagne, c'est du T. Wainioi
que se rapproche cette espèce dont elle ne diffère guère.
M. Hariot, dit d'ailleurs, lui-même : « ces deux plantes,
qui pourraientn'êtreque des formes d'une même espèce».
Puis « peut-être aussi le T. Kurzil devra-t-il rentrer
dans le sous-genre llelerol/iallns ». Nous avons vu que
la présence d'un thalle rampant et la constance de /oo-
sporanges sessiles ou rajjprochées sur un court rameau,
MÉMOIRES. 21
ne constituent pas des caractères différentiels suftisants.
Dans sa courte note sur les Trentepohlia des Indes
néerlandaises, M. Hariot attire bien l'attention sur le
fait de la synonymie du T. bisporangiala Karsten et de
T. arborum (Ag.) Hariot, mais il ne tire pas la conclu-
sion qui nous parait toute naturelle, à savoir que les
différentes espèces que nous venons d'envisager doivent
toutes se rapporter au T. arborum. Celte dernière espèce
forme ainsi un ensemble dont les caractères sont assez
variables. /
Il est bien certain que la forme que j'ai signalée dans
mon travail sur les « Trentepofilia des Indes néerlan-
daises » sous le nom de T. pleiocarpa, rentre complète-
ment dans \e T. arborum, les fig. 1-5 de la pi. XVÏII
des Annales du Jardin botanique de Buitenzorg, le prou-
vent suffisamment.
C'est encore à la même espèce qu'il faut rapporter ce
que j'ai décrit dans le même travail et figuré sur la
pi. XVII, fig. 7-14 sous le nom de T. pokjcarpa. C'est
la forme à laquelle Hariot avait donné le nom de
T. Wainioi.
D'après ce que nous venons de voir, nous devons
établir la synonymie du T. arborum de la façon sui-
vante. Nous ne pourrons considérer le T. Wainioi
comme variété, puisque les caractères sur lesquels nous
devrions, nous baser pour la différencier du type, se
retrouvent sur les rameaux du type.
TRENTEPOHLIA ARBORUM (Ag.) Hariot (1890)
in Notes sur le genre Trentepolilia , p. 20, fig. Set 9 ;
Conferva arborum Ag. (1824) ; Cliroolcpus flavum var.
tafiitense Grun. ; T, Wainioi Hariot loc. cit., p. 19,
2'J SOCIÉTÉ BELGK DE MlCUOSCOPlt:.
fig. 0,7; Tr. Kurzii (Zeller) De Toni, Hariot loc. cit.,
|). 45, tig. 23; T. pleiocarpa Nordstedt; DeW. in Ann.
Jard. botanique de Buitenzorg, t. IV, p. 155, pi. XVIII,
iig. i5, T. hisporangiata Karsten in Ann. Jard. bota-
nique de Buitenzorg, t. X. p. 15, pi. III, fig. 5-5;
T. polycarpa in DeW. loc. cit., p. 151, pi. XVII,
tig. 7-14; formant les gonidies du Cœnogonium con-
jervoidcs Nyl. et du C. inlcrplexum Nyl.
Filamenls allongés, rcimeux ; rameaux disposés à
angles droits, souvent de diamètre wi peu inférieur à
eelui des rameaux principaux surtout aux extrémités ;
cellules de 16-28 /-^ de diam., sur 32-73 [j. de longueur,
cellules de l'extrémité des rameaux stériles souvent très
allongées e.l plus ou moins aiguës. Jeunes rameaux
s'enroulant parfois autour des rameaux plus âgés. Mem-
brane lisse un peu rugueuse, plus ou moins épaisse.
Zoosporanges lisses, souvrant par im pore arrondi
disposé du côté opposé au point d'attache. Zoosporanges
scssiles globulaires disposés latéralement, solitaires ou
par deux à trois sur ime même cellule du filament, ou
réunies en plus ou moins grand nombre sur im rameau
Uitéral court del i-52/^ de diamètre. Zoosporanges pédi-
cellés ovo'ides ou globulaires, rarement îiniqiies, en
général au nombre de 2-7, portés chacun sur tine cellule
allongée, recourbée en crochet. Ces dernières cellules,
disposées elles mêmes sur une cellule renflée en forme
de massue qui termine le filament. Cellule renflée
de 18 à 25 /■^ de large sur 24-32 y. de long.
Espèce très répandue dans les régions tropicales sur
les écorces, les feuilles. Asie, Océanie, Amérique cen-
trale et méridionale. En Europe elle a été observée dans
les serres.
MKMOIRES. 23
J'ai pu examiner les échanlillons des provenances
suivantes :
Cosla-Rica (PiUier, ïonduz).
Surinam (sous le nom de Cœnor\niiiii$> iiijrer.
Chez ces trois espèces, la localisation de Talcaloïde
dans la graine se fait suivant le même type, avec celte
MÉMOIRES. 37
seule différence que la couche renfermant l'alcaloïde
est plus ou moins développée.
De ces trois plantes, la belladone seule, a été étudiée
avec soin microchimiquement par De Wevre (1) en
1887, et par Anema (2) en 1892.
Le premier auteur, dans son travail, ne mentionne
pas de recherche microchimique dans la graine. Anema,
a vérifié et contirmé les résultats de De Wevre. En plus,
il a examiné la semence; mais il n'a pu y déceler d'al-
caloïde, et il dit à la page 54 de son travail : « Zaad.
In het zaad werd geen alkaloïde gevonden ». Cette con-
clusion ne peut être admise, et contrairement à l'opi-
nion d'Anema, l'alcaloïde existe dans la graine de
belladone, comme il se trouve également dans les
semences de stramoine et de jusquiame qui servent
depuis longtemps à l'extraction de l'atropine. L'erreur
est due vraisemblablement à ce que l'auteur a recher-
ché l'alcaloïde dans l'albumen et dans l'embryon, où il
ne se trouve jamais. En etïet, Valcalotde existe unique-
ment dans une couche sous-tégunientaire située entre
l'albumen et le tégument proprement dit de la graine.
A la maturité, cette couche est très réduite, surtout
chez VAlropa et V II ijoscyamus. Maïs au cours du déve-
loppement de la graine, elle joue un rôle très considé-
rable.
Si Ton examine une coupe d'un ovule de Datura en
voie de développement, quelque temps après la fécon-
dation, on remarque un embyron de petite dimension
(1) A. De Wevre. Localisation de Valropine. (Bull, des séances de la
Socit'lé belge de niicroscopie, octobre 1887).
(2) P. Anejia. De zetel der alkaloïden bij enkele narkolische planten-
(Utrecht. J. G, Van Tcrveen en zoon, 1892).
38 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
placé excentriqucment, entouré d'une étroite couche de
cellules qui constitue l'albumen. Autour de cet albumen
rudimen taire se trouve une assise très développée for-
mée de nombreuses cellules riches en contenu, et que
limitent les cellules du tégument, réduit à une seule
couche périphérique.
C'est dans cette assise que se localise complètement
tout l'alcaloïde, et à aucun stade du développement ni
l'embryon ni l'albumen n'en renferment.
Cette assise à alcaloïde est l'assisenourricière de l'em-
bryon et de l'albumen. Dans ses cellules s'accumulent
une grande quantité d'amidon, bleuissant par l'iode, et
de matières albuminoïdes qui donnent une réaction
intense par le réactif de Millon.
A mesure que l'albumen s'accroît, l'amidon disparaît
de cette assise ainsi que les subtances albuminoïdes,
tandis que l'alcaloïde y persiste; et peu à peu, toutes les
cellules se vident, se dessèchent et meurent, ne conser-
vant que le principe actif qui ne semble pas diminuer
en quantité. En même temps, l'accroissement considé-
rable de l'albumen refoule cette assise et comprime ses
cellules contre le tégument, de sorte que, à la maturité,
ces cellules fortement comprimées, semblent constituer
une sorte de membrane dans laquelle se trouve inclus
l'alcaloïde à l'état de sel facilement soluble dans l'eau.
L'alcaloïde semble être combiné, au moins partielle-
ment, à un acide organique qui se colore en jaune sous
l'influence des alcalis. Beaucoup de graines, d'ailleurs,
surtout celles à alcaloïdes, renferment de ces acides
organiques colorables en jaune par les alcalis, dont
l'étude chimique et physiologique est encore à faire.
Si l'on veut vérifier, sous le microscope, la localisation
MÉMOIRES. 39
de lalcaloïdc dans une graine mûre de Daliira Stramo-
iiiiim, il faut opérer de la façon suivante : on choisit
une coupe dont le tégument est bien adhérent à l'albu-
men et on la place à sec sous le microscope. Puis, tout
en examinant, on fait arriver lentement de l'iodure de
potassium iodé. En opérant avec précaution, on voit
l'assise sous-tégumentaire à alcaloïde se gonfler et se
remplir d'un abondant précipité brun foncé qui, par-
fois, peut devenir cristallin, comme dans les cellules
riches en alcaloïde de la tige de belladone. Sous l'action
du réactif iodé, il n'y a pas de précipité caractéristique
dans le tégument : l'albumen et l'embryon deviennent
brun opaque, réaction due aux matières proléiques
de réserve et non à un alcaloïde, ainsi que l'on peut s'en
assurer par le traitement à l'alcool tarlrique.
Si au lieu d'opérer avec soin sous le microscope, on
commence par passer à l'eau distillée la coupe de graine,
ou si on la plonge directement dans une certaine quan-
tité de réactif, on n'observe plus de localisation nette.
Le simple lavage à l'eau distillée suffit pour débarrasser
presque complètement la coupe de tout son alcaloïde —
contenu à l'état de sel très soluble dans des cellules
mortes, désorganisées. De même, en plongeant la coupe
dans le réactif, le fin précipité qui se forme se mélange
immédiatement au liquide, en même temps que s'émul-
sionnent dans celui-ci les corps gras provenant des cel-
lules entamées par le rasoir. Ces gouttelettes grasses
absorbent de l'iode, et se colorent plus ou moins.
Dans les graines mûres de stramoine cette assise à
alcaloïde est formée de cinq à six couches de cellules.
Chez la belladone et la jusquiamc elle en renferme
moins, ce qui la rend peu visible, mais cependant, on
SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOPIE.
peut, chez ces deux espèces, constater également la
présence de l'alcaloïde dans cette assise et uniquement
dans celle-ci. Les réactifs à employer sont : l'iodure
de potassium iodé, l'iodure double de mercure et de
potassium, et l'acide pliosphomolybdique.
Coiiiiiiii maciilaliiiii.
La coniine existe en grande quantité dans le tVuii du
Coninm maciilalum,et l'on peut employer, pour la carac-
tériser microchimiquement, l'iodure de potassium iodé,
l'iodure double de mercure et depotassium, l'acideplios-
pbomolybdique.L'on doit opérer avec précaution et suivre
sous le microcope l'action du réactif. Le précipité qui
se produit avec l'iodure de potassium iodé et l'iodure
double de mercure et de potassium se présente sous
forme de gouttelettes qui se redissolvent dans le réactif
au bout d'un certain temps. Lorsque le réactif pénètre
dans les cellules contenant des alcaloïdes, les premières
portions tuent le protoplasme : immédiatement la plus
grande partie du principe actif diffuse au dehors, et l'on
n'obtient généralement, à l'intérieur de la cellule, qu'un
trouble plus ou moins manifeste.
L'acide phosphomolybdique donne de bons résultats,
et si l'on veut rendre plus visible le très fin précipité
obtenu par ce réactif on ajoute un peu d'iodure de potas-
sium iodé. L'iode s'unit au précipité produit par l'acide
phosphomolybdique qui devient brun. Il faut avoir soin
de faire des essais comparatifs avec des coupes traitées
par l'alcool tartrique.
Dans un travail publié en 1878, M. Moynier de Ville-
MÉMOIRES. 41
poix (l) déci'it avoc quelques détails la structure du fruit
du Coniiim maculatuni. 11 distingue, de dedans en
dehors, d'abord l'albumen, puis deux zones de cellules
caractéristiques limitant extérieurement cet albumen et
enfin le péricarpe proprement dit composé de divers
éléments.
Les deux zones de cellules qui entourent l'albumen
nous intéressent particulièrement. Elles sont colorées en
brun. L'assise la plus interne est formée de cellules
tabulaires à parois minces, tandis que l'assise externe se
compose de grandes cellules très caractéristiques et
spéciales que l'on appelle les « cellules cubiques de la
ciguë ». Ces cellules cubiques ont été désignées comme
contenant de la coniine, et l'auteur a pu le vérifier
microchimiquement au moyen du chlorure d'or et du
nitrate d'argent. Au bout d'un certain temps il a obtenu
une réduction intense de ces deux réactifs dans les
cellules cubiques. 11 ajoute ensuite : « il demeure donc
parfaitement avéré pour nous, que le plus grand emma-
gasinement de coniine a lieu dans les cellules cubiques
mais nous sommes loin de penser qu'il ne puisse s'en
trouver dans les autres parties du fruit, y)
L'examen microchimique du fruit de cigùe permet de
constater en effet une forte accumulation d'alcaloïde dans
l'assise des cellules cubiques. Les réactions obtenues
sont extrêmement intenses. L'assise sous-jacente à
cellules tabulaires renferme également de la coniine.
L'albumen ainsi que l'embryon peuvent être consi-
dérés comme privés d'alcaloïde. L'embryon n'en ren-
(1) MOYNiER de ViLLEPOix. Rccliefclies sur les canaux sccrc'leurs du
Iruit des OmbelUlères. (Ann. se. iial. Botanique, 6'- série, l. V, p. 552
et 353).
1-2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIE.
ferme jamais. Toutefois on obtient fréquemment dans
les cellules les plus périphériques de l'albumen, mais
pas dans toutes, des réactions nettes par les réactifs. Cet
alcaloïde provient par diffusion des cellules cubiques,
car les semences très fraîches ne présentent pas, ou très
peu, ces réactions dans les cellules périphériques de
l'albumen.
La péricarpe renferme également de l'alcaloïde et la
proportion sera variable suivant l'état de maturité
du fruit au moment de sa récolte. Les réactions sont sur-
tout caractéristiques au voisinage des faisceaux et dans
les cellules épidermiques.
En résumé, l'alcaloïde chez la cigiïe existe en grande
quantité dans les cellules entourant l'albumen, et en
plus petite quantité dans le péricarpe.
Il y a une distinction à faire entre l'alcaloïde du péri-
carpe et celui des cellules cubiques. Ce dernier est l'alca-
loïde de la graine proprement dite, déchet de l'activité
des cellules de l'ovule, résultant de sa croissance, et
-s'accumulant, comme chez VAtropa, vers la périphérie,
sans être utilisé ou détruit. Dans le péricarpe, au con-
traire, l'alcaloïde présente la même localisation que dans
la plante verte, et son évolution est la même. Il dispa-
raît à la mort des cellules, sans que sa disparition
semble présenter une utilité immédiate pour la plante.
J'ai signalé antérieurement (I) que dans la capsule de
pavot l'alcaloïde disparaît en grande partie à la maturité,
et qu'il n'y a pas lieu de faire intervenir cette dispari-
lion des alcaloïdes pour expliquer l'augmentation des
substances proléiques dans les graines.
(l) G. Cr.ALTRiAU. L'azote dans les capsules de pavot. (Bulletin de la
Société beljîc de Microscopie, t. XVlil.)
MKMOIKES. 43
Le même fait se préseiUc chez le Conium. Les cellules
du péricarpe, en dépérissant, détruisent leurs alcaloïdes,
et ceci nous explique pourquoi les fruits verls,non mûrs,
sont beaucoup plus actifs que les fruits desséchés et
mûrs (1). 11 n'y a pas lieu de voir dans cette diminution
de l'alcaloïde à la maturité, une utilisation du principe
actif pour la formation des albuminoïdes de la graine.
Aconidiin Hapellus. — Delphinium Slapliisagria.
Dans les graines de ces deux Renonculacées, la locali-
sation du principe actif se fait uniquement dans l'albu-
men, mais d'une façon différente. Tandis que l'alcaloïde
dans la semence de staphisaigre se trouve uniformément
répandu dans toutes les cellules de l'albumen, il montre,
dans la graine d'aconit une tendance très marquée à
s'accumuler vers la périphérie. Non pas, cependant, que
les cellules centrales en soient dépourvues, mais les
réactions qu'elles donnent sont bien moins intenses que
celles obtenues dans les cellules périphériques. Parfois
même, chez l'aconit, les cellules en contact avec le tégu-
ment sont fortement comprimées, et leurs parois appli-
quées les unes contre les autres semblent, par leur
réunion, constituer une membrane unique, épaisse,
entourant l'albumen, et qui donne d'intenses réactions
d'alcaloïde. Celui-ci, toutefois ne se trouve pas dans la
membrane; il est emprisonné entre les parois des
cellules aplaties.
Pour localiser l'alcaloïde dans les cellules de l'albumen,
(I) A. JORISSEN. Les phénomènes cliimicf uns de la germination. (Mémoires
couronnés de l'Académie Royale de Belgique, t. XXXVIll, p. 60.)
4i SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOI'IE.
le meilleur réactif est Tiodiire de potassium iodé, en
opérant comparativement avec des coupes traitées par
l'alcool tartrique. Les différences de teintes sont très
nettes, et ne laissent aucun doute sur la présence de
l'alcaloïde. A cause du contenu très abondant et très
granuleux de ces cellules, riches en albuminoïdes,il n'est
guère possible de distinguer le précipité d'alcaloïde du
précipité produit par les matières protéiques, lorsque
tous deux existent à la fois dans la même cellule.
Dans ce cas, il est préférable d'employer l'iodure de
potassium iodé après addition de carbonate d'ammo-
nium. La réaction est beaucoup plus nette et plus carac-
téristique, car, en présence de l'alcali, ni les substances
albuminoïdes ni les peptones ne sont précipitées par
le réactif iodé; elles se colorent en jaune, tandis que
l'alcaloïde continue à se précipiter en brun foncé. •
L'iodure double de mercure et de potassium, ainsi
({ue l'acide pliosphomolybdique peuvent être également
employés; mais comme les précipités qu'ils forment sont
peu colorés, et comme ils agissent aussi sur les matières
protéiques, ils peuvent, s'il y a peu d'alcaloïde, donner
des résultats incertains.
Ainsi qu'il a été dit plus haut, l'albumen très déve-
loppé est le siège du principe actif, qui, chez l'aconit,
tend à s'accumuler vers la périphérie.
Ni le tégument de ces deux graines, ni l'embryon très
petit, entouré par les cellules de l'albumen, n'ont
fourni de caractère net de la présence d'un alcaloïde.
MKMOIUES.
Slryoliiios H'iix voniioa.
Différents auteurs (i) se sont occupés de la localisa-
lion des alcaloïdes dans la noix vomique. Otto Lindl
les localise dans la membrane. Rosoll, au contraire,
obtient les réactions dans les cellules de l'albumen.
Plus récemment, Gerock et Skippari (2) ont repris
celte étude et le résultat de leurs recberches confirme les
conclusions de Rosoll. Je n'ai pu trouver le travail
détaillé de ces auteurs. Ils ont employé comme réactif
l'iodure double de mercure et de potassium, dans lequel
ils faisaient macérer les coupes. Après lavage, le préci-
pité était mis en évidence au moyen de l'hydrogène
sulfuré. Ce procédé n'est pas très rigoureux. J'ignore si
les auteurs se sont servis d'autres réactifs, et s'ils ont
déterminé la localisation dans les différentes parties de
la graine.
Toutes les cellules de l'albumen du Slnjclnios con-
tiennent de l'alcaloïde, et il ne m'a pas été possible, sur les
matériaux assez vieux que j'avais à ma disposition, de
constater un emmagasinement plus ou moins considé-
rable dans les diverses parties de cet albumen.
Comme l'a signalé Rosoll, les alcaloïdes existent bien
dans le contenu cellulaire. Pour les déceler, le mieux est
d'employer l'iodure de potassium iodé et le même réactif
en présence de carbonate d'ammonium, en n'omettant
(1) Voir à ce sujet Krreua, Maistriau el Claitriau, Premières recher-
ches sur la localisation cl la signification des alcaloules dans 1rs plantes,
p. 25. (J. de méd. de Bruxelles, 1887, et Ann. Soc. belge de Miscrosc,
t.'XU, mémoires.)
(2) Gerock et Skippari. Ueber den Siti- der Alkalo'ide in Stryclinos-
samen.{kvo.\\\\. der Pharmacie. Ucl'or. inUericlile derdeutscli.Cbcmiscli.
j^eselsch. Berlin 1895, p. 2i8.
iU SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
pas l'emploi de l'alcool tartrique comme moyen de con-
trôle. On peut ensuite distinguer l'un de l'autre les alca-
loïdes strychnine et brucine an moyen des réactifs
spéciaux. Les teintes obtenues sont généralement peu
intenses, à cause surtout du fort gonflement des mem-
branes, mais elles permettent d'affirmer la présence
s'imultanée des deux principes azotés.
Outre l'albumen, l'embryon, qui est assez volumi-
neux et fait saillie au dehors, renferme également des
alcaloïdes dans toutes ses cellules, toutefois en porpor-
tion un peu moindre que dans les cellules de l'albu-
men.
Les poils caractéristiques en forme de cornue qui
recouvrent la noix vomique d'un épais duvet, ne con-
tiennent pas d'alcaloïde.
Lupinus alliiis.
L'examen microchimique de la graine de lupin blanc
a donné peu de résultats. Par suite de sa richesse en
matériaux azotés divers, les résultats obtenus avec les
réactifs généraux des alcaloïdes sont peu caractéristi-
ques. Il semble y avoir de l'alcaloïde surtout dans
les cotylédons, très volumineux. La plumule en ren-
fermerait également. Quant au tégument, il en est
dépourvu.
MÉMOIUES. iT
II
La théorie la plus probable au sujet de la signitioation
des alcaloïdes dans les plantes, est certainement celle
qui les considère comme des déchets (1), provenant de
la destruction des matières albuminoïdes; déchets que la
plante a pu utiliser ensuite, par sélection, pour se pro-
téger contre certains ennemis. On a souvent objecté à
cette théorie, la présence de grandes quantités d'alca-
loïde dans les graines. Partant de l'idée que tout ce qui
se trouve dans la semence doit servir au développement
de l'embryon, on s'est refusé à ne voir que des déchets
dans les alcaloïdes. D'aulant plus que certaines expé-
riences de germination semblaient être favorables à la
théorie adverse, qui envisage les principes actifs comme
des produits transitoires, servant à la formation des
matières albuminoïdes et constituant, lorsqu'ils s'accu-
mulent, de véritables matériaux de réserve. Jorissen (^)
admet l'utilisation des alcaloïdes dans la germination.
E. Heckel (5), dans une note très sommaire publiée
en 1891, conclut dans le même sens. Ses expériences
ont porté sur le Stcrculia acuminala,\e Slriiclinos Niix
vomica, le Plujsosligma venenosum et le Datiira Stra-
monium, et il a constaté que les graines de ces plantes
ont perdu la plus grande partie de leur principe au cours
de la germination. L'auteur en déduit immédiatement
(1) Sachs. Yorlesimgen ïiber Pflanzenphxisiologie, 1882, p. 596.
Eurera, Maistriau cl Claltuiau. Premières recherches sur la loca-
lisation et la signification des alcaloïdes dans les plantes, 1887, p, 27.
(1) A. Jorissen. Les phénomènes chimiques de la germination.
(Mémoires couronnés de l'Acad. Royale de Belgique, t. XXXVIIF, p. 75.)
(2) E. Heckel. Sur C utilisation et les transformations de quelques
alcaloïdes dans la graine pendant la germination. (Comptes rendus Ac.
Se, Paris, janvier 1891 .)
~48 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
que ce qui a disparu a été transformé en substances plus
assimilables et cela sous l'influence de Tenibryon : car,
dit-il, privées au préalable de leur germe, les mêmes
uraines enfouies dans la terre humide conservent
longtemps les alcaloïdes sans transformation.
Malheureusement, Heckel ne donne aucun détail sur
ses expériences, et je ne pense pas qu'il ait publié ulté-
rieurement un travail plus complet sur cette question.
Des plantes qu'il a examinées, je n'avais à ma dispo-
sition que le Daturn Stramoniiim, chez lequel précisé-
ment il admet une utilisation complète de l'alcaloïde
comme aliment.
Si l'on considère la localisation du principe actif dans
la semence de stramoine, que nous avons décrite dans la
première partie de ce travail, il est difïicile d'admettre à
priori, la théorie d'Heckel. Pourquoi, en etïet, si l'alca-
loïde est une réserve nutritive, ne disparaît-il pas de
l'assise nourricière, alors que celle-ci, au cours du déve-
loppement de la graine, se vide de l'amidon et des sub-
stances albuminoides qu'elle contenait. La graine ne
l'utilise pas pendant sa formation : le ferait-elle lors de
sa germination ?
La solution directe de cette question n'est guère
possible expérimentalement, car le fait de la disparition
de l'alcaloïde n'est pas suffisant pour affirmer qu'il a servi
d'aliment. Tout ce qui disparaît d'une cellule végétale
n'a pas été nécessairement utilisé par elle. La cellule
végétale ne pourrait-elle pas modifier ou détruire la
molécule alcaloïdique, comme sait le faire la cellule
animale? Et au lieu d'utilisation, ne peut-on, avec autant
de raison, parler de destruction ?
Mais, auparavant, il est préférable de s'assurer si
MÉMOIRF.S. 43
l'alcaloïtle de la graine est nécessaire au développement
normal de l'embryon et de la planlule. Celte expérience
est réalisable, et elle montre que la germination se fait
tout aussi bien après l'enlèvement des alcaloïdes. Il est
très aisé de priver la semence de stramoine de tout son
principe actif. Pour cela, il sutïit d'enlever le tégument,
opération qui ne demande qu'un peu de patience.
Comme la couche à alcaloïde adhère à celui-ci, elle
s'e^ilève en même temps, pour la plus grande partie. Ce
qui reste accolé à l'albumen est facilement débarrassé de
tout le principe actif par quelques lavages à l'eau distillée.
On pèle donc un certain nombre de semences de
Datiini Slramonitnn, et on les traite par de l'eau dis-
tillée jusqu'à ce que celle-ci ne donne plus aucun trouble
par les réactifs des alcaloïdes. Les graines sont alors
complètement privées de principe actif : je m'en suis
assuré à deux reprises, en broyant chaque fois une cin-
quantaine de ces graines pelées et lavées, et les épuisant
plusieurs fois par de l'alcool absolu acidulé. L'alcool a
été évaporé au bain-marie; le résidu repris par l'eau, et
<3ette solution aqueuse filtrée a été réduite à un petit
volume et essayée par l'iodure de potassium iodé et
l'iodure double de mercure et de potassium. Il ne s'est
produit aucun précipité, tandis qu'une seule graine non
pelée donne déjà un précipité abondant parle même trai-
tement.
Ces graines privées d'alcaloïde, mises en terre humide
ou sur une étamine en atmosphère saturée de vapeur
d'eau, germent rapidement, plus rapidement que les
graines non pelées, et donnent des plantules qui ne
diffèrent en rien des plantules normales de Dalura.
On peut également fidre la même expérience a^ee le
XVI H 4
30 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Conium macidatum. Elle est toutefois un peu moins
probante, car il n'est pas possible d'enlever complète-
ment l'alcaloïde. Les semences de ciguë sont placées
dans l'eau un certain temps, jusqu'à ceque l'enveloppe
du fruit soit suffisamment imbibée. Elle se détache
alors facilement. Avec l'ongle, on gratte ensuite soigneu-
sement toute la surface de la graine de façon à enlever
les couches périphériques à alcaloïde, et on la soumet à
un lavage répété à l'eau distillée. On parvient à obtenir
ainsi des graines qui ne renferment plus que la très
petite quantité de coniine qui se trouve dans les cellules
de l'albumen.
Un essai chimique d'un certain nombre de ces graines
m'a permis de constater qu'il ne restait qu'une très faible
quantité d'alcaloïde.
La germination de ces semences s'est produite nor-
malement, et, comme chez la stramoine, elles ont donné
naissance à de jeunes plantes identiques à celles pro-
venant de graines intactes.
L'examen microchimique de ces plantules, issues de
graines pelées de stramoine et de ciguë, permet de
déceler la présence d'une grande quantité d'alcaloïde,
principalement au point végétatif (1). L'iodure de potas-
sium iodé, l'iodure double de mercure et de potassium,
l'acide phosphomolybdique produisent un abondant pré-
cipité au point végétatif. Après traitement par lalcool
tartrique le précipité ne se forme plus. On constate
également un peu d'alcaloïde autour du faisceau central
de la jeune racine. Microchimiquement, ces plantules
ne diffèrent pas des plantules normales.
Il résulte de ces expériences que l'alcaloïde n'est pas
(I) EURERA, op. cil.
MÉMOIRES. SI
nécessaire à la germination, ^i que, de plus, fait impor-
tant, il y a production, pendant celle-ci, d'une certaine
quantité de principe actif. Dans le développement de
l'embryon comme dans celui de l'ovule, une activité
protoplasmique considérable se manifeste ; dans les deux
cas, une grande quantité de matières protéiques est
métabolisée, et il en résulte une production et une
accumulation d'alcaloïde (1), que l'on ne peut considérer
que comme un déchet.
Cette production d'alcaloïde au cours de la germina-
tion n'est pas uniquement propre à la stramoine ou à la
ciguë. On peut également la constater chez des plantes
dont la graine est dépourvue de principe actif. Chez 4e
tabac, par exemple, la nicotine apparaît pendant la ger-
mination, et des plantules dont les cotylédons sont ù
peine étalés, donnent une réaction nette d'alcaloïde au
point végétatif. Chez le pavot (2), la morphine n'apparait
pas au début du développement de la plante. Elle semble
être précédée d'un autre alcaloïde, à réactions peu nettes,
que je n'ai pu jusqu'à présent identifier, au microscope,
avec aucun des principes azotés extraits de l'opium.
Le principe actif des graines d'aconit, de staphisaigre,
de noix vomique, etc., est-il également inutile à la ger-
mination? On ne peut donner une réponse certaine à
cette question. Il n'y a pas moyen, en efïet, de répéter
avec ces semences, les expériences faites avec celles do
Dalitra et de Conium.
(1) Puisque la graine, dès qu'elle germe, produit de l'alcaloïde, il esi.
permis de douter de l'exactitude du résultat obtenu par Heckel, en ce
qui concerne le Datiira Siramonium. M n'a plus trouvé d'alcaloïde dans
les semences en germination, et cependant il devait y en avoir.
(2) Claltruu. Recherches microchimiques sur la localisation des
alcaloïdes dans le Papavcr somniferum. (Mém. de la soc. belge de
Microscopie, t. XII.)
Si SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOPIE.
Toutefois, durant le développement de l'ovule, la
signification de l'alcaloïde parait être la même que chez
la stramoine. Il semble également être le résultat de
l'activité protoplasmique, sans utilité directe pour la
graine en voie de formation. Il est probable que cette
analogie avec le Daliira se continue au cours de la ger-
mination, car les plantules d'aconit et de staphisaigre
présentent au point végétatif de la racine une accumu-
lation d'alcaloïde, et celui-ci résulte selon toute proba-
bilité du métabolisme des matériaux protéiques de
réserve, comme chez le tabac.
Si telle n'était pas l'origine de l'alcaloïde de ces plan-
tules, il faudrait admettre que le principe actif a émi-
gré de la graine vers le point végétatif où il s'accumule,
et d'oîi il ne disparait plus, ce qui tendrait à prouver
également qu'il ne représente dans la graine ni une
réserve, ni une substance alimentaire. Il est possible,
effectivement, qu'une partie des alcaloïdes de la graine
en germination passe sans modification dans la plantule,
ot augmente sa richesse en principe actif, lui procurant
de ce fait, une protection plus efficace. Mais il reste
établi, par les expériences citées plus haut sur le
DcUitra, le Conium, le Nicotiana et le Papavcr, que la
graine qui germe produit des alcaloïdes.
Par suite de ce qui précède, la fonction essentielle que
remplissent les alcaloïdes dans les graines comme dans
les plantes doit être une fonction de protection. La
localisation si variable ici, s'interprète de la façon la plus
naturelle en partant de ce rôle.
Les graines très petites sont privées d'alcaloïdes
(tabac, pavot). Klles sont généralement produites en
quantité considérable, et ce grand nombre assure d'une
5IEM0IRES. o3
manière eftîcace la continuation de l'espèce. L'avantage
d'une protection par une quantité d'alcaloïdes forcé-
ment très minime, n'est guère manifeste.
Lorsque les graines acquièrent un certain volume, la
plante en produit un nombre plus restreint, et l'utilité
des alcaloïdes comme moyen de protection devient évi-
dente. Dans chacune s'accumule une certaine quantité
de principe actif. Cette accumulation, ainsi que nous
l'avons vu dans la première partie de ce travail, est très
variable. Elle se fait sous le tégument, dans les graines,
relativement petites, des Solanées à atropine et de la
cigûe. Quand l'albumen est mieux développé, c'est dans
ses cellules que l'on retrouvera le principe actif, comme
cela se voit chez l'aconit ou la staphisaigre. L'embryon,
s'il est petit, enfoui dans l'albumen, pourra n'en pas con-
tenir ou n'en renfermer que très peu ; tandis qu'un
embryon bien développé et surtout faisant saillie au
dehors, comme celui duS^rj/c/tMo.s,sera riche en alcaloïde.
Lorsque, comme chez le lupin, les cotylédons prennent
un développement considérable, ce sont eux qui emma-
gasinent l'alcaloïde en même temps que les matériaux
nutritifs. Nous voyons donc que les alcaloïdes se loca-
lisent toujours de façon à assurer une protection efficace.
Conclusions.
1" La localisation des alcaloïdes dans les graines varie
considérablement suivant les espèces.
2" Dès que l'ovule se développe, l'alcaloïde, apparaît
comme résultat de l'activité protoplasmique.
5" L'alcaloïde ne sert pas à l'élaboration des matières
54 SOCIETE BELGE DE MICUOSCOPIE.
protéiques de réserve de la graine. Il s'accumule dans
celle-ci sans se modifier au cours de la maturation.
4" L'alcaloïde de la graine n'est pas nécessaire à la
germination.
5" Lorsque la graine germe, il y a une formation
abondante d'alcaloïde résultant de la transformation et
de l'utilisation, par la cellule vivante, des matières pro-
téiques de réserve. Il s'accumule principalement au point
végétatif de la racine.
(>" Le rôle essentiel des alcaloïdes dans les graines, est
un rôle de protection.
Février 1894.
lostitul Botanique, Universilé de Bruxelles,
OBSERVATIONS CRITIQUES
SL'R QUELQUES ESPÈCES DE LA FAMILLE DES
DESMIDIÉES
PAR
É. DE WILDEMAN
DOCTEUR EN SCIENCES NATURELLES
ATTACHÉ AU JARDIN BOTANIQUE DE L'ÉTAT A BRUXELLES
OBSERVATIONS CRITWUES SUR QUELQUES ESPÈCES DE LA FAMILLE
UES
DESMIDIÉES
Quand on considère le nombre de Desmidiées décrites
dans ces dernières années, on est en droit de se deman-
der si toutes les espèces créées méritent bien le titre
d'espèce? Leurs créateurs ne sont-ils pas un peu comme
certains phanérogamistes, enclins à trouver dans les
formes qu'ils rencontrent des types spécifiques nouveaux,
sans trop se soucier des variations que peuvent subir
les individus constituant une espèce. Ils sont ainsi
arrivés, me semble-t-il, à décrire non plus des espèces,
mais des individus; toute cellule présentant une petite
modification du contour par rapport à ce qu'ils consi-
dèrent comme un type, constitue pour eux une forme,
une variété et même une espèce.
La plupart des descripteurs semblent avoir oublié
certains travaux de leurs devanciers. Le mémoire publié
en 1875 par M. Jacobsen dans le Journal de botanique
de Copenbague, parait être tombé dans l'oubli (1). Rap-
pelons donc sommairement les conclusion du travail de
cet auteur; il a signalé dans le groupe des Desmidiées
les nombreuses variations présentées par certaines
espèces. Il cite les « variations spontanées », les
(1) Aperçu siistémaliqueet oiliqiie sur les Dcsmidiacées du Danemark,
par Jacobsen, in Journal de bot. de la Soc. bol. de Copenhague, I87i,
p. liô.
58 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
a variations adaptives », les « variétés par division ».
M. Jacobsen, signale en outre, l'existence de « races
géographiques ». Ces dernières ont probablement donné
fort souvent lieu à des créations spécifiques; ces races
devraient être étudiées avec soin, car il me semble
qu'elles doivent avoir été considérées souvent comme
espèces distinctes. Les difTérents points que nous
venons d'indiquer ne devraient pas être perdus de
vue par les descripteurs d'Algues, et en particulier par
les botanistes s'occupant de la systématique des Desmi-
di ées.
Les travaux de M. Klebs sur la variabilité des Closle-
riiim et des Cosmarium sont également à consulter à ce
sujet (1). Enfin une note récente doit encore être lue,
c'est celle dans laquelle M. Schmidle examine les nom-
breuses variations que peut présenter une espèce de
Cosmarium, quand elle est étudiée sur un nombre suffi-
sant d'échantillons (2).
Il serait à désirer que de pareilles éludes fussent
entreprises par les auteurs pour plusieurs espèces; ces
monographies spécifiques permettraient de se faire une
idée des variations de l'espèce.
Nous avons nous même, dans un travail présenté à la
Société royale de botanique de Belgique (5), appuyé
par des exemples nombreux, les variations résultant de
la réduplication de la cellule chez les Desmidiées. I\ous
aurons l'occasion de revenir plus loin sur ces résultats,
(1) Veber die Forinen ciniger Galtunqen dcr Desmidiaceen Ostpreiis-
sens in Abhandl. Senckenberg. Kiinigsberg, 1879.
(2) Ueber die individuelle variabiliidt einer Cosmarienspecies in Hcd-
wigia, 1895, Heft. ô, p. 109-115.
(5) Observations sur quelques Desmidiées in Buli. soc. bot. de Bel-
gique, t. XXVI. p. -271-288, 1 pi.
MÉMOIRES. S9
quand nous examinerons les espèces nouvellement
créées dans les divers genres.
Tout récemment M. Johnson a publié dans la « Bota-
nical £[azette » un article où il étudie les variations de
certains Micrastenas, et arrive à des conclusions dont
nous parlerons plus loin (1).
11 me paraît indiscutable, que l'espèce chez les Algues
est comme dans tout le règne végétal sujette à varier;
cette variation doit il est vrai avoir une limite, mais
elle peut probablement être assez étendue, pour que
certaines formes, puissent être prises, quand elles sont
isolées, pour de véritables variétés et même pour des
espèces. On ne peut dans l'état actuel de nos connais-
sances, généraliser trop vite, et du fait qu'il existe ou
semble exister entre différentes espèces des formes de
transition, on ne peut déduire que toutes ces soi-disant
formes intermédiaires et même ces espèces constituent
un seul et même type spécifique. On arriverait dès lors
à des conclusions analogues à celles que M. Edwards
formulait pour le groupe des Diatomées; or, ce raison-
nement ne se base sur rien de fondé (2).
Nous arrivons tout naturellement à nous demander
oii se limite l'espèce, où résident les caractères spécifi-
ques? Les travaux de MM. Klebs et Schmidle cités
plus haut, sont dirigés dans ce sens. Dans la notice de
ce dernier auteur, nous trouvons les conclusions sui-
vantes, elles nous montrent les caractères sur lesquels
pourront se baser les espèces (5).
(i) On somc species of Micrasterias in The Botanical gazelle, vol. XIX,
1894, no 2, p. 56.
(2) Edwards, Wlmt is a species i7i the Diatomaceœ in Amer.Monilily.
Microsc. Journal 1892, n"» 9.
(5) Schmidle, loc. cit., p. 115.
(50 SOCIÉTÉ BELGE DE MICP.OSCOPJE.
1. Die Chloropliyllstruklur ist konstaiit bci einer
Species dieselbe.
2. Die Gestalt der Zelle variirt innerhalb eiiger
Grensen.
5. Die Scheitelansicht zeigt konslant dieselbe Âus-
sehen. (Une exception à ce principe a été observée par
l'auteur).
4. Die Granulation ist relativ sehr variabel. Doch is
eine gewisse Gesetzmiissigkeit in der Anordnung der
Punkte immer vorbanden, so jedocb, das dadurcb nocb
sehr heterogenen Stellungen moglich sind.
Certes de nouvelles recherches sont nécessaires pour
compléter ces conclusions, mais elles nous montrent
déjà bien la variation de certains caractères que plu-
sieurs auteurs croyaient stables.
Quoiqu'il en soit, de la description d'un si grand
nombre d'espèces, de variétés et de formes dénommées,
il résulte un tel fouillis dans la littérature algologique,
et particulièrement chez les Desmidiées, que la détermi-
nation spécifique devient excessivement difficile, pour
ne pas dire impossible dans certains genres. Parmi ces^
derniers il faut citer les genres Closterium, Cosmarium
et Staurastrum, dont le nombre d'espèces s'est accru
considérablement dans ces dernières années. Il est
fort peu de travaux qui s'occupent de la dispersion
des Desmidiées, où l'on ne trouve au moins une
espèce nouvelle appartenant à l'un ou l'autre de ces
genres.
Ces travaux paraissant souvent dans des recueils peu
accessibles à beaucoup de botanistes, iM. de Lagerheini
et après lui M. Borge ont essayé de donner tous les
ans un travail résumant les acquisitions dans cette
MÉMOIRES. 61
partie de la science (1), mais malgré ces revues, des des-
criptions passent encore inaperçues.
Dans une analyse d'un travail publié récemment par
M. W. Barwell Turner (2), nous avons attiré l'attention
sur un certain nombre d'espèces créées par cet auteur;
nous voudrions aujourd'hui compléter ces observations
et examiner avec un peu plus de détails un certain nom-
bre de Desmidiées, non seulement celles proposées par
M. B. Turner, mais encore celles publiées par beau-
coup d'autres auteurs.
Pour citer un exemple numérique de l'accroisse-
ment des espèces dans ce groupe, disons que M. Tur-
ner signale dans son travail 622 espèces; de ces 622,
600 appartiennent au groupe des Chloropbycées et dans
ce nombre 556 à la famille des Desmidiées. De ces 556
espèces près de la moitié sont nouvelles pour la science.
Comme je le disais plus haut, il est difficile d'émettre
des considérations quelconques sur les espèces du genre
Clostermm.M. W. Barwell Turner signale (5)24 espèces
de Clostcrium et sur ces 24, 5 sont nouvelles, c'est-à-
dire que plus du cinquième sont décrites pour la pre-
mière fois. Si nous recourons au Sylloge Algarum de
M. De-Toni (i) nous trouvons déjà 105 espèces dans ce
genre. Or, le travail de M. De-Toni remonte à d889, et
il faudrait pour se faire une idée des espèces admises
dans le genre, exécuter un long travail. Ce genre deman-
(1) Lagerheim. UbersiclU (1er iieu erscheinendcn Bcxmidiaceen-LJttc-
ralur, /, 7/. IIJ, in La Nuova Nolarisia. 1891, 92 cl 95.
BORGE. Ubersichl de)' ueu crscheinenden Desmid'mccen-Litleratur, I,
in La >uova Notaiisia, 1895.
(2) Cfr. Nolarisia, n» G, 1895.
(5) Turner. Atq. aqiiae ditlcis Indiae Oricntalis. The freshwuler Alf/n'
ol East Indie in Kongl. Sv. Vol. Ak. Handl. M. 25, n" 5, p. 18.
62 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
derait une monographie générale ; dans l'état actuel de
la science on ne peut déterminer ce qui mérite le nom
d'espèce et ce qui doit être relégué au rang de syno-
nyme. Cette étude n'est pas facile à mener à bonne fin
avec les matériaux en notre possession ; il faudrait étu-
dier des échantillons nombreux sur le vivant, car les
descriptions publiées par les auteurs sont souvent très
incomplètes et presque jamais comparables, dès lors
les véritables caractères distinctifs sont difficiles à
retrouver.
Le genre Docidium renferme dans le tra^ail de
M. Barwell Turner 51 espèces, parmi celle-ci 36 sont
nouvelles pour la science (1). Ce nombre nous parait
exhorbitant. Ces nouveautés portent le nombre des
espèces du genre, en se basant sur celles reprises par
M. De-Toni et en tenant compte des espèces décrites
depuis cette époque, à plus de 57. En d'autres mots,
M. Turner a trouvé, dans les récoltes des Indes, plus
d'espèces nouvelles qu'on n'en avait décrites dans le
genre avant l'apparition de son travail.
Il faut cependant bien avouer qu'en comparant les
dessins des planches II à IV du travail de M. Turner,
on trouve une telle similitude entre les espèces, que
sans recourir à l'explication des planches, on serait tenté
de rapporter un grand nombre de ces figures à la même
espèce.
Je citerai par exemple les fig. 9 (D. quautillium
Turn.), 17 (D. polijmorpinim Turn.), 15(0. pobjmor-
plnmiTuvn.), 18 [D. romphaciim Turn.). Les figures 9
et 17 appartiennent à deux espèces paraissant différer
(1) Turner, loc. cit., p. 27,
MEMOIRES.
63
seulement par la longueur de la cellule. Cela constitue-
t-il un caractère suffisant? Les Hg. 15 et 17 qui se
rapportent à la même espèce, semblent aussi différentes
entre elles que les figures 9 et 17. Quant aux figures 15,
17 et 18, elles diffèrent seulement par leur grandeur et
par le nombre de dents ornant l'extrémité de la cellule.
Ce sont là des caractères si variables, qu'ils ne peuvent
constituer, à mon avis, des caractères spécifiques. Met-
tons d'ailleurs en regard la description de deux de ces
espèces :
D. QUANTILLILM Tum.
loc. cit., p. 28.
D. minus, cire. 9 plolongius
quam latum, rectum vel leriiter
curvalum.
Regulariter attenuatum, mem-
brana laevis vel levissimepunclata;
Sutura prosiliente;
Apicibus rolundato, truncalis;
Dentibus 6 praediiis, supra tumo-
rem basalcm tumore minore
'ucium.
Long. .
. 160 — 19o u
Lat.bas. .
16 — 18 .oc
Lat.apic .
9 — 1 1 .a
D. POLYMORPHUM TuiH.
loc. cit., p. 29.
D. tenue, cire. 17-19 plolongius
quam latum, rectum, margine fore
planum.
Regulariter attenuatum, mem-
brana laevis;
Sutura(sedeliam non)prosilientc;
Apicibus truncalis, pauUo rotun-
datis ;
Dentibus 4 munitis.
Tumor basalis plus minus promi-
nens.
Long . . 270 — 308 /^
Lat. bas .16—18 /*
Lat. apic . 9.-5 — \0 i^
On peut le voir et je l'ai fait remarquer, la diffé-
rence qui existe entre ces deux espèces, consiste donc
uniquement en une plus grande longueur et dans un
plus petit nombre de dents chez la seconde. Ne devrait-
on pas considérer ces deux espèces comme deux formes
très voisines, peut-être même comme des stades de déve-
loppement?
Nous pourrions d'ailleurs citer beaucoup d'autres
Ci SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
exemples parmi les Docid'nim, mais cet examen nous
entraînerait trop loin. Ce genre comme la plupart de ceux
de la famille des Desmidiécs demande une révision com-
plète.
M. B. Turner ne considère lui-même pas toujours,
la constance dans le nombre de dents qui ornent
l'extrémité des cellules de certaines Desmidiées comme
un caractère spécifique. Dans le genre Triploccras, il
décrit uniquement des variétés et des sous espèces dont
les diagnoses reposent sur la forme et le nombre des
épines qui terminent la cellule. J'irai plus loin encore,
dans ce dernier genre, ces caractères ne me semblent
même pas suffire, pour créer des sous espèces, ni des
variétés.
Les figures 2 et 4 de la planche II de ce travail, et
qui se rapportent la première au T. (/racilc f. gracitlima
Turn., la seconde à la sous espèce Inlohalum Turn. du
même Triploceras, toutes deux nouvelles, sont si sem-
blables qu'il me paraît impossible de les séparer. Dans
les deux cas, il existe de chaque côté de l'extrémité
deux épines, et vers le milieu il n'en existe qu'une, le
mamelon supportant cette épine est plus ou moins déve-
loppé. Ce sont là sans aucun doute des caractères
individuels, en rapport peut-être avec la vie de l'Algue,
avec les luttes qu'elle a à soutenir contre ses ennemis.
Les épines, les mamelons des Desmidiées ont été con-
sidérés avec assez de raison nous semble-t-il, comme
un moyen de protection de ces organismes contre cer-
tains int'usoires et contre les amibes.
Si les deux formes comparées plus haut sont sem-
blables, nous devons aussi attirer l'attention sur la
grande ressemblance qui existe entre certaines des
MEMOIRES. 6S
nouveautés créées parNordstedt et celles que nous citons
plus haut. Les figures 12, 15 et 17 de la pi. YII de son
travail sur les Algues d'eau douce de la Nouvelle Zélande
et de l'Australie sont très instructives à cet égard, elles
se rapportent toutes à des formes du T. gracile (1). La
figure 1:2 est déterminée sous le nom de T. gracile
f. paulo gracilior, la figure 15 se rapporte au T. gracile
sub. sp. aculeatum Nordst. ; ces deux Algues me
paraissent des plus semblables, elles ne diffèrent en
efïet que par la présence de deux petites épines vers le
milieu de la cellule, au lieu d'une que possèdent les
formes décrites et figurées par M. Turner.
Quant à la figure 17, T. gracile sub. sp. biclenlaltim
f. inlermedia Nordst., on peut se demander en quoi
elle diffère de la sous espèce aculeatum Nordst., si ce
n'est par des épines un peu plus fortes et un peu plus
nombreuses, mais l'aspect général de la cellule est
conservé. Plusieurs de ces noms pourraient je pense
rentrer dans la synonymie.
Dans ce genre Triploceras, M. De Toni signale les
espèces, variétés et formes suivantes (2) :
Triploceras verticilatum Bail.
— var.superbum(]VIask.)Nordst.
— gracile Bail.
— — sub. sp. aculeatum Nordst.
— — bidentatum Nordst.
— — — var laticeps Nordst.
— — — f. intermedia.
— occidentale (Turn.) De Toni.
(1) NORUSTEDT. Freskwater Algae coUeclcd bij D. S. Berqgren, in New-
Zealancl,and AiislnUia in Kongl. Vet. Ak. Handl. Bel., 2-2, n'^ 8, p. Gi.
(2) De Toni. Syll. AUj., I, p. 870.
xvni 5
66 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Le travail de M. Turner nous donne :
ïr. cjracilc Bail.
— f. eloncjala ïurn.
— f. gracillima Tiirn.
— f. quadriloba Tiirn.
— sub. sp. bilobatum Tiirn.
— sub. sp. bidcntatum Nordst.
— abbreviatum Turn.
C'est-à-dire 5 formes et une sous espèce nouvelles,
à ajouter à la liste déjà longue que nous avons repro-
duite plus haut. Si nous comparons la forme eloH'
(jala Turn., représentée pi. II, lig. 1, avec celle que
M. Nordstedt a appelée var. laliceps de la sous espèce
bidcntatum , nous reconnaîtrons de grandes ressem-
blances entre les deux dessins. En effet, les hémi-
somates sont terminées par trois prolongements, munis
chacun de deux dents, la longueur de la cellule est à
peu près la même; dans le type de M. Nordstedt elle
varie de 500 à GOO /x, dans la forme de M. Turner elle
est de 570 /^ (1).
Le diamètre est un peu différent, mais cela ne consti-
tue pas à mon avis un caractère sutfisant, car par tous
■les autres détails de structure, les deux Algues sont si
pareilles qu'on ne peut s'empêcher de les réunir.
D'ailleurs les T.vcrlicUlalum Bail. et T. gracile Bail.,
constituent-ils bien deux espèces? Si l'on compare leurs
descriptions, on trouve que les divergences sont bien
peu accentuées, les caractères différentiels sont basés
presque uniquement sur la grandeur des cellules. Certes
la var. supcrhimi (Mask.) Nordst. possède une forme
bizarre qui pourrait la faire admettre jusqu'à un certain
(I) Turn., Ioc. cit.. \^. "la.
MÉMOIIIES. 67
point comme espèce, mais ne sommes nous pas là en
présence d'un cas tératologique, d'une malformation.
Ce peu de régularité dans le contour de la membrane
cellulaire est rare et doit en tous cas nous mettre sur
nos gardes.
Quant au T. occidentale (Turn.) De-Toni, il me parait
constituer, tout au plus, une sous espèce du T. f/racilc
Bail., et viendrait se ranger près de la sous espèce biden-
talum var. laticeps Nordst.; il dilï'ère uniquement par
le nombre de dents que possède cliaque lobe. On pour-
rait donner à cette sous espèce le nom monodenlalum.
D'après cet examen sommaire le nombre des variétés
et môme celui des espèces se trouve déjà réduit. Nous
pourrions réunir coujme suit les sous espèces, les
variétés et les formes du T. (jracile Bail.
Tr. gracile Bail.; De-ïoni, Syll. Alg., vol. I, p.
— sub. sp. aculeatum Nordst.; ï. gracile
sub. sp. bidentatum var. laticeps
f. intermedia.
— sub. sp. bidentatum Nordst.
— — var. laticeps Nordst.; ï. gracile
f. elongata Turn.
— sub. sp. monodentatum De W.; ï. occi-
dentale Turn.
— sub. sp. bilobatum Turn.; T. gracile
f. gracillima Turn.
— — var. quadriloba.
Mais sont-ce là les seules espèces que renferme ce
genre, et le genre lui-même, peut-il être conservé?
M. De-Toni dans son Sylloge(I) donne les diagnoses
suivantes des deux genres :
(1) De Toni. Suit. Alg., vol. I, p. 8GG.
(i8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Triploceras. Cellulse recta?, valde elongata', promi-
nentiis numerosis serratap, apicibus trilobis, lobis
rotundatis; ceterum ut in Docidio.
Docidium. Cellulœ diameti'o G-50-plo longiores; cel-
lulse recta?, oblongo-cylindraceœ, apicibus truncatae vel
sul)rotundie; chloropbora '2-4 radiata; locclli liyalini,
terminales (corpusculis tremulis pra?dili) haud extantes.
La différence entre ces deux genres est donc basée
surtout sur l'extrémité des cellules, entières dans un cas,
divisées dans l'autre. D'autres auteurs ne font de ces
deux genres qu'un seul.Wolle ne tient pas compte dans
ses Desmidiées des États-Unis {\), des sections qu'il faut
faire dans le genre Docidium lorsqu'on réunit Triploce-
ras et Docidium. Dans l'étude publiée sur cette famille
par M. Wille, dans les Natïirlicben Pflanzenfamilien(2),
l'auteur constitue deux sections qui correspondent assez
bien aux deux genres. Ces deux sections portent les
noms suivants et sont caractérisées par ces diagnoses.
Section I. — Eudocidium Wille. Extrémités des
cellules sans lobes proéminents et sans épines rameuses.
Section II. — ÏV//>/ocfrrts (Bail.) Wille. Extrémités
des cellules à 2-5 lobes, ou munies d'épines rameuses.
Les caractères que nous venons d'indiquer d'après
M. De-Toni,et d'après M. Wille ne sont doncplus tout à
fait exacts, depuis que M.Turncr a trouvé un Triploceras
dont les cellules sont divisées en 4 lobes à leurs extré-
(I) Dcsmhls oj llie Vnited-States America, Belhleliem. 1884, p. 49.
■(r2) Conjitqalen iii Kngi.eu kt Piuntl Die natiirUchen P/hunenlawi-
lien, I/ief. 10, p. 10.
MÉMOIRES. 69
mités. Nous devrons donc remplacer dans la diagnose
précédente les mots 2-5 lobes, par 2-4 lobes.
Considérée de cette manière, la section Triploceras
ne pourra pas contenir le T. abbreviatum Turn., il fau-
dra que cette espèce rentre dans la section Eiidocidiiim
sous le nom de D. abbreviatum (Turn.).
Les caractères des deux sections seront dès lors les
suivants :
Section I. — Eudocidiiim Wille. Extrémités des cel-
lules arrondies ou rectangulaires, lisses ou munies de
dents simples en plus ou moins grand nombre, formant
parfois une couronne complète, ou munies de granules
perlés disposés en cercle (coronula) continu ou inter-
rompu.
Section II. — Triploceras (Bail.) Wille. Extrémités
des cellules munies de2 à 4 lobes proéminents, généra-
lement terminés à leurs extrémités par des épines par-
fois rameuses. Épines disposées aussi sur les parois de
la cellule.
Dans la section I, nous pourrions faire des subdivi-
sions suivant que l'extrémité des cellules est lisse,
qu'elle est munie de dents ou d'épines, ou qu'elle est
ornée d'une couronne de granules, les caractères de ces
trois subdivisions pourraient se résumer ainsi :
Subdivision 1. — /«fe^rcc. Extrémités des cellules
arrondies ou rectangulaires, jamais munies de dents,
d'épines ou de granules.
Subdivision 2. — Dentalœ. Extrémités des cellules
munies de dents ou d'épines plus ou moins développées
et plus ou moins nombreuses (5-30 ), formant parfois une
couronne complète.
70 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
I
Subdivision 5. — Coromilatœ. Extrémités des cel-
lules pourvues de striations en relief ou de granules
plus ou moins serrés, formant une couronne.
Dans chacune de ces subdivisions l'on pourrait alors
former des groupements en se basant sur les caractères
tirés de la membrane qui est lisse (Membrana levis),
verruqueuse ou ponctuée [Membrana punctata vel ver-
r«cosr/), munie de côtes ou de stries (Membrana costata),
ou qui possède des épaississements quadrillés [Mem-
brana tesseUala),oii bien encore munie de petites épines
courtes et nombreuses qui lui communiquent un aspect
hérissé, hirsute [Membrana liirsiita).
Dans la section Triploceras[B?ii\.] Wilie, nous pour-
'rions classer les sous espèces et les variétés, en nous
basant sur le nombre de lobes présents aux extrémités
des cellules. Nous formerions ainsi les groupes des
variétés dont l'extrémité est divisée en 2 lobes [Apicibus
bilobatus), en 5 lobes [Apicibus trilobatus) et en 4 lobes
[Apicibus cjuadrilobalus).
Le genre sera divisé dès lors comme suit, et les espèces
aftines prendront place dans la même section.
Geii. UOCIUILII.
Section I. — Eldocidium Wille.
Subdivision 1. — Inlegrœ.
A. — Membrana levis.
Docidium Baculum Bréb.
— Baculoidi's Uoy et Biss.
— repandum Wolle,
— dilattim (Cleve) Lund.
MÉMOIRES. 71
Docidium undulatum Bail.
— pevlœve Turn.
— œquale Turn.
— longiusculum Turn.
— irregiilare Turn.
— inornatum Tnrn.
— pannmi Turn.
— bacuU forme Tiwn.
— abriiptinn Turn.
— parvum Tarn.
— Indicum Grun,
— — f. major Turn.
/)>. _ Membrana punctata vel verrucosa.
Docidium annulatum Joshua.
— (jramdiferum Joshua.
— Iruncatulumlwvn.
C. — Meinbrana hirsuta.
nocidium hirsulumlàaiW. ■
— WoUeanum Turn. ; D. spinosum Wolle.
— spinosum Wallich.
— setigerum Turn.
— Sonthalianum Turn.
Subdivision 2. — Denlalœ.
A. — Membrana levis.
Docidium sinuosum Wolle.
— tridentulum Wolle.
— abbreimlum (Turn.) De W. ; Triploceras — Turn.
— mammillalum Turn.
— quanlillum Turn.
— salebrosum Turn.
— polymorphum Turn.
romphaeum Turn.
72 SOCIÉTÉ BELGE DE WICROSCOPIE.
Dodcliiim nodosum Turn.
— excisum Turn.
— crispulum.
B. — Membrana piinctala vcl verrucosa.
Doddium Burmense Joshua.,
— altenians Nordst.
— venucosum (Bail.) Ralfs. (Appartient peut-être au
groupe du Z>. tessellatum).
— egregium Turn.
— Ehrenhergii Ralfs.; var. tiwiida Turn.
— sceptnnn Roy; f. punctata Turn.
C. — Membrana transversaliter costata.
Doddium costatum Wolle.
D. — Membrana tessellala.
Doddium tessellatum Joshua.
Subdivision 5. — Coromdalœ.
A. — Membrana Icvis.
Doddium coromdatum Grun.
— nobile (Richt.) Lund.
— cyUndncum Turn.
— oedematum Turn.
rohusium Turn.
— subcoronulatum Turn.
— T ] ^allicli ianu m T u r n .
euyeneum Turn.
— (jlonosum Turn,
— regale Turn.
— uudulatum Bail.
— conjundum Turn.
MÉMOIRES. 73
B. — Membrana piinctata.
Docidium Bengalaise Turn. ,
— orientale Turn.
— maculatuni Turn.
Section II. — ïriploceras (Bail.) Wille.
Docidium verticillatum Ralfs.
— — var. siiperbum (Mask.) Nordsf.
— gracile Wittrock; Triploceras gracile (Bail.) De-Toni,
Sylloge Alg., vol. 1, p.
a. — Apicibus bilobatus.
— — sub. sp. aculeatiun Nordst.; T. gracile, sub.
sp. bidendatum var. laticeps f. intermedia
Nordst.
— — sub. sp. bilobatiun Turn.; T. gracile f. gra-
cillima Turn.
b. — Apicibus trilobatus.
— — sub. sp. bidentatum Nordst.
_ __ _ var. laticeps Nordst.; T. gracile
elongata Turn.
— — — monodentatum De W. ; T. occidentale
Turn.
c. — Apicibus quatlrilobatus.
— — var. quadriloba Turn.
Les espèces de ce genre demandent comme on peut
le voir une revision sérieuse; en classant les espèces
comme nous venons de le faire, on réunit dans de petits
groupes les espèces les plus voisines. 11 sera facile dès
74 SOCIÉTÉ BELGE DE MICIIOSCOPIE.
loi's à ceux qui auront Toccasion de rencontrer Tune ou
l'autre de ces formes, de les étudier en détail, et de voir
si elles niéi'itent un nom spécifique, ou si elles entrent
dans le cycle de l'évolution d'une autre espèce.
11 est fort possible, je dirai même probable , que la
liste qui précède ne soit pas le relevé complet de toutes
les espèces du genre Docidium ; nous n'avons pas eu
pour but de faire une monographie ni un species, mais
bien de montrer de quelle manière les espèces peuvent
être groupées.
De nombreuses classifications ont été proposées pour
les espèces de ce genre. M. Barwell Turner lui-même en
propose une, nous la trouvons à la fin de son article sur
le genre Docidium. Wisons que cette manière de placer la
classification, à la suite de la description des espèces,
nous semble fort peu pratique, surtout parce que l'auteur
n'indique pas la liste des espèces qui doivent entrer dans
chacune de ses sections.
M. Turner forme 5 subdivisions, dans le genre qui
correspond à ce que M. Wille a appelé Eiidocidiiim.
Les caractères de ces groupements reposent sur la mem-
brane externe lisse ou granulée, sur la torme de la
coupe de la cellule et sur celle du contour. 11 nous
a semblé que dans les subdivisions que nous présentons
plus haut, les différences sont plus nettes, c'est pour-
quoi nous nous sommes éloignés en certains points de
la disposition adoptéepar cet auteur. La forme de la coupe
de la cellule nous avait paru surtout un caractère diffi-
cile à saisir. Certes on pourra nous objecter qu'en pro-
posant des divisions basées sur l'aspect externe de la
membrane, nous serons forcés de séparer des variétés
jtitnclala, des types auxquels elles ont été réunies. Mais
MÉMOIRES. 75
l'on peut aussi se demander pourquoi ces formes ont été
réunies à des types dont les membranes sont lisses.
Je crois que l'absence et la présence de granulations
sont des caractères que Ton peut considérer comme spé-
cifiques.
Voici la manière dont M. ïiirner divise le genre
Docidium.
DOCIDIU»!.
Lateribus fere rectis, vel leniter curvatis.
A. — Orthidium. — Cellulubis laevibus, punctatis
vel granulatis.
B. — RuTiDuiM. — Cellulis plus minus rugosis.
Lateribus undulatis vel nodiferis.
C. — Hammatidium. — Cellulis nodibus instructis;
sectio stellatis.
D. — Oedematidium. — Cellulae tumores ferentes;
sectio circulares.
Lateribus valde curvatis.
E. — Ontidium. — Semicellulis plus minus ovatis.
Quant à la classification que M. Raciborski a proposée
en 1889, elle nous a paru former des réunions assez
artificielles (I).
Nous ne pouvons entrer ici dans l'étude approfondie
{!) Raciborski. Desm. nov., p. 59.
76 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
(les espèces du genre Cosmarium; comme celles du
genre Closterium, elles réclament une revision mono-
graphique, et cette revision nous mènerait trop loin.
Faut-il admettre à propos de ce genre, l'opinion de
certains algologues qui veulent réunir Cosmarium et
Euaslrum pour former le genre Cosmaridium, comme
le fait M. Gay (1), ou celle qui réunit sous le nom de
Didijmidhun, les Cosmarium, Xanlhidiiim, Euaslrum,
Micrasterias,Staurastrum comme le fait M.Reinsch (2).
Nous ne trancherons pas la question ici, il est certain
que si l'on admet l'une ou l'autre de ces opinions^ il
faut créer dans ces deux genres des subdivisions qui cor-
respondent, à fort peu de choses près, aux anciens
genres. Ces changements ne nous viennent donc pas en
aide quant on se place au point de vue de la connaissance
des espèces.
M. De-Toni décrit dans le Sylloge Algarum (5)
507 espèces de Cosmarium, le travail de M. B. Turner,
cité déjà plusieurs fois, en signale 157; parmi ces der-
nières, 79 sont décrites pour la première fois. Le nom-
bre des espèces de Cosmarium est ainsi porté à plus de
400 en tenant compte des espèces nouvelles introduites
dans la science par d'autres algologues, dont nous
n'avons pas pointé tous les travaux. M. Gutwinski, lui
seul, décrit 12 nouvelles espèces dans sa^ Flora algarum
agri Leopoliensis » (4).
Plus de la moitié des espèces qui ont passé sous
(1) Essai d'une monographie locale des Conjugue'es, Montpellier, 1884,
p. 41.
(2) Die Algenflora des mittleren Theiles Franken, p. 106.
(3) De Toni, loc. cit., p. 931.
(1) CUTwiNSKi Roman. Flora AU/amm ngri Leopoliensis in Sparw.
Kom. lizyf. A.K l'mioj., t. XXVIl, Krakow, 1891.
MÉMOIRES. 77
les yeux de M. Tiirner étaient donc nouvelles. Si nous
jetons un coup d'œil sur certaines des planches du
mémoire de cet auteur, nous remarquerons le peu de
difTérence qui existe entre plusieurs de ces soi disant
species novae.
La création de tous ces types, dont les auteurs indi-
quent rarement la position systématique, a amené un
tel encombrement, que le débutant et même l'algo-
logue habitué à déterminer ces Algues, ne parviennent
plus à dénommer les formes qu'ils trouvent sous le
microscope.
Les espèces du genre Euaslrum sont plus intéres-
santes au point de vue qui nous occupe. Par la forme
souvent très élégante de leurs cellules, elles ont attiré
l'attention des micrographes, et ont donné lieu ainsi,
plus encore peut-être que les genres précédents, à des
créations spécifiques nouvelles et à des morcellements
d'espèces anciennes.
M. De-Toni(l) signale 99 Euaslrum ;M. B. Turner 61
(2). Parmi ces dernières 20 sont nouvelles pour la
science. Le nombre des espèces de ce genre se trouve
porté ainsi à plus de 128. Examinons sommairement
quelques types spécifiques proposés dans ces derniers
temps par divers auteurs, et nous verrons la similitude
qui existe entre plusieurs de ces créations. Pour prouver
cette analogie de formes, consultons d'abord la plan-
che X du travail de M. Barwell Turner; les fig. lo, et
18à2i, nous paraissent représenter les différents aspects
(1) De-Tonf, loc. cit., p. 951 ,
(2) Turner, loc. cit., p. M.
78 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
(l'une seule et même Algue; pour l'auteur il n'en est rien^
car si nous recourons à l'explication des planches nous
trouvons :
Fig. 15 — Cosmarium cambricum Cooke et Wills.
18 — Euaslrum erosum Lund. f. altemialum
Turn.
19 et 20 — Cosmarium venustum Bréb. forma.
21 — Eiiastrum erosum Lunù. t altcnualum
Turn.
22 — Euaslrum sp. (intermédiaire entre E. ero-
sum et Cosmarium crenatum Ralfs).
25 — Euaslrum erosum Lund.var.H«f/rtfrtTurn.
24 — Cosmarium i'e/iîfs/«;H(Bréb.)Ârcli. forma.
Ce n'est plus seulement à des espèces différentes
d'un même genre ou sous genre que ces figures sem-
blables se rapportent, mais comme on le voit à des
genres différents; on se demande dès lors, comment il
sera possible de déterminer ces diverses Algues quand
elles seront mélangées, ou quand l'une ou l'autre se
trouvera seule.
Un des seuls bons caractères qui peuvent servir à dif-
férencier les espèces, c'est-à-dire l'aspect de la cellule
vue du sommet n'est fréquemment pas signalé par
M. B. Turner.
Voici d'ailleui's ce que dit cet auteur de certaines des
espèces que nous avons citées plus haut.
Cosmarium venustum Bréb. forma. — Thèse two
plants much ressemble each other, except tbat the latter
is langer and more attcnuate; possibly they are aber-
rant forms oi' Euaslrum crassicolle Lund. (Turner loc.
cit., p. 70).
C. cambricum Cooke et Wills. — TJiis species is
MÉMOIRES. 79
separated from C. venustum Bréb. wilh some doubt
(loc. cit., p. 70).
Pourquoi admettre les variétés minor et major eu
faisant suivre ces noms de celui d'un auteur; ces formes
résultent me parait-il tout naturellement de l'évolution
de l'espèce et ne diffèrent en général du type que par la
taille. La réduplication des cellulfs occasionne souvent
parmi les Desmidiées, une diminution de grandeur des
hémisomates, comme elle amène une diminution de la
grandeur des valves chez les Diatomées. Ces deux grou-
pes d'Algues que certains auteurs séparent encore, sont
cependant des plus voisins, leur mode de reproduction
asexuelle est très comparable. Il faut admettre pour les
espèces de Desmidiées, que la grandeur de leurs cellules
peut varier dans une certaine mesure.
Comme le fait remarquer M. Cooke le C. cambricum
est séparé avec doute du C. vemisium. Pourquoi dans
ces conditions, l'auteur ayant eu sous la main de nom-
breux matériaux de cette Algue, ne l'a-t-il pas étudiée
avec soin, de façon à vérifier si ce doute est fondé;
il aurait peut-être supprimé ainsi ce nom de la liste des
espèces de Desmidiées. Nous ne pouvons en effet
trouver de différences entre ces deux espèces, même en
comparant les descriptions originales de Brébisson et
de MM. Cooke et Wills, et les figures publiées par
Cooke dans ses « British Desmids ».
Relevons dans les publications de quelques Algolo-
gues, les opinions relatives aux Desmidiées que nous
examinons.
Dans la description originale du Cosmariiim cambri-
cum publiée par M. Cooke dans la « Grevillea » (1), à la
(I) Notes on Brilish Desmids, in Grevillica, vol. IX, 1880-81, p. 91.
80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
suite de la diagnose M. Cooke écrit : « Allied to
C. teU'agomim and C Nijmanniamim, from, etc. ».
Si nous recherchons dans le Sylloge Algarum de
quelle espèce se rapproche ce C. ISymanniamim, nous
trouvons p. OOi, ces mots « C. suhlobalo simillimum «.
Le C. letragomim renferme lui aussi un grand nombre
de formes que certains auteurs ont élevées au rang de
variétés.
Comme on le voit, toute une série d'Algues placées
par les auteurs, souvent assez loin les unes des autres,
semblent avoir des affinités, elles ne diffèrent souvent
(jue par le contour plus ou moins sinueux. Le nombre
des espèces de ce groupe serait probablement fort à
réduire si on étudiait avec soin leurs formes.
Le fait que M. B. Turner trouve très remarquable,
de rencontrer des formes filamenteuses d'un Cosma-
rium (d), ne me paraît pas si extraordinaire, puisque
la multiplication des cellules se fait dans ce genre comme
nous l'avons déjà rappelé plus haut par une bipaitition.
Par suite de conditions qui nous sont inconnues, on
voit assez fréquemment deux ou plusieurs cellules de
Cosmarium rester réunies après la division, et consti-
tULM" ainsi un filament, dont l'aspect général se rappro-
che dès lors des espèces du genre Spliœrozosma .
Pour les deux formes de C. vcnuslum, séparées par
M. Turner, l'auteur montre bien dans la remarque
suivant la seconde de ces formes, que les caractères
différentiels entre les genres Eiiastnim et Cosmaruim
ne sont pas faciles à trancher, ces genres eux-mêmes
ayant beaucoup d'affinité.
(\) Tvw^mjoc. cit., p. 70; CIV. I.L'NDEi.L. Obscrv. oil. Desmidiac
Succiac, p. 2ô.
MÉMOIRES. 81
Si l'on compare d'ailleurs les Cosmarhim dont nous
avons parlé avec d'autres espèces du même genre
Cosmarhim, tels les C. Meneghini, Reinscliii, nous
devrons avouer qu'il existe entre eux de grandes ressem-
blances.
Toutes ces espèces et variétés ne constitueraient-elles
pas un groupe dont les formes simples de VEuastrum
binale seraient peut-être le type.
Plusieurs auteurs ont démembré cet Eiiastriim et en
ont élevé les variétés au rang d'espèce. A leur tour de
nouveaux algologues ont créé dans ces nouveaux Euas-
trum des variétés.
Certes si nous consultons les travaux de Lundell (1),
nous verrons que certaines espèces qui paraissent très
semblables, quand on les voit de face, diffèrent sensi-
blement si l'on considère la coupe de leurs cellules.
Nous pouvons citer VE. crassicoUe Lund.; à première
vue tout à fait semblable au C. veniistum (Bréb.) Arch.,
il en diffère par ce caractère : « A fronte visum ad
E. venuslum Bréb. quodammodo accedit, sed a vertice
et a latere visum longe est diversum, semicellulae
enim illius et e vertice et e latere conspectae ellipticae
sunt (2). »
Mais d'un autre côté, nous savons aussi que tout en
insistant sur la valeur d'un tel caractère, M. Schmidle,
a cru devoir faire une restriction, il a observé une cel-
lule qui ne semblait pas le posséder (C./:>/i«seo/î ; E. elegans var.
Lundellii \si\. •,E.bi(lenlattim Nàg. Einz. Alg., pi. VII,
fig. D. ib-c.
Euastrum elegans var. monodentaluni nob.
— — f. annulalum; E. annulatum
Turn. et incurvatiim Turn.
— — f. exannulatum ; E. spinosum
Turn.
— — t ornatum;E.pseudo-elegans
Turn.
— — spinosum Ralfs; E. spinosum
Turn.
— — prorum; E. prorumTurn.
— — nudum Turn.
— — medianum Nordst.
— — f. planum ; E. elegans var.
planum Turn.
— — f. punclatum; E. bidentatum
Nag., loc. cil., pi. VII,
fig. D. 1 a et /.
— — Novae semliae Will.
— — ccbennense Gay.
— — oculalum Istv.
Les autres variétés devraient se rapporter comme
suit :
E. elegans var. Danicum Jacob. ; E. inerme.
— inermis Halls ; E. inerme.
— lobulala A'âcohs.; E. binale.
MÉMOIRES. 95
E. eleg(ius\Av. Divaricata Jacobs.; E. divaricalum
Liind.
— rostratum Jacobs. ; E. rostratum
Ralfs.
La variété inerme que Ralfs et Jacobsen rangeaient
dans T^". elegans Bréb., doit être complètement séparée
du type; il faut en faire une espèce spéciale, du moins
provisoirement, comme l'avait fait Lundell, dans ses
études sur les Desmidiées de la Suède (1). C'est à cette
espèce que doit dès lors se rapporter la var. danictim
Jacobs. (:2); ÏE. inerme et l'^". elegans var. danicum
Jacobs. devront fort probablement être considérés
comme synonymes.
Beaucoup d'auteurs n'accepteront pas notre manière
de voir, ne voudront pas ranger dans la même espèce
toutes les espèces intercalées dans VE. elegans Bréb.,
fort peu cependant je pense n'admettront pas les
synonymes donnés à plusieurs des variétés de ces
espèces. On pourrait certainement élever ces variétés
au rang d'espèces de second ordre, mais il me
semble que quand l'on aura étudié avec suffisam-
ment de détails les espèces de ce genre Eiiastrum,
on trouvera des rapprochements plus grands encore que
ceux que nous avons essayé d'établir.
LE. rostralum Ralfs que nous laissons encore en
dehors des formes dépendant de 1'^. elegans et qui
constituait pour M. Rabenhorst une variété rostratum
de ceiE. elegans Bréb., et toutes les espèces et variétés
que nous avons rapprochées de VE. Tiirneri nob.
devraient peut-être, être intercalées dans les formes de
(1) Lundell, loc. cit., p. 20.
(2) Jacobsen, loc. cit., p. l'Jl.
96 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
cette espèce polymorphe. Mais comme nous le disions
nous ne pouvons entrer ici dans cette discussion, nous
n'avons eu en vue que de citer quelques exemples, pour
faire voir le peu de valeur des caractères sur lesquels
beaucoup d'auteurs ont basé leurs espèces.
Parmi les figures de la planche X du travail de
M. Turner, nous en trouvons encore quelques unes,
qui nous semblent représenter des espèces des plus voi-
sines. Ainsi par exemple les figures 51 et 60 se rappor-
tent la première 1'^. inermins (Nordst.) Turn., que
Nordstedt considérait avec raison comme dépendant (sous
espèce) de 1'^. spimdosum Delp.; et la seconde VE. car-
(luetumTnvn. me paraissent très semblables, elles peu-
vent tout au plus être rangées comme variété du type
spécifique de Delponte.
Si même ces deux Desmidiées devaient constituer
deux espèces, le nom que propose M. Turner, n'est pas
des mieux choisi, en élevant au rang d'espèce et sous
le même nom la var. inerm'ms il pourrait y avoir confu-
sion entre les E. inerme Lund. et E. inermiiis (Nordst.)
Turn.
Par la forme les deux espèces [E. inermius et cardue-
ttim) sont très voisines, par les mensurations que
donne M. Turner on ne peut guère les différencier non
plus(l).
E. inermius (Nordst.) Turn.
E. carduetum Turn
Long. . . 51/-C
Long. . 58^
Lat . . , 47^
Lat ... 52^
LaL isth. . 15/ct
Lat. isth . 14ytc
Les petites différences qui existent entre ces chiffres
(1) Turner, loc. cit., p. 86, n»» 53 et 53.
MÉMOIRES. 9T
pourraient être dues à des variations entre échantillons
d'une même espèce. L'auteur après avoir donné la dia-
gnose de son E. carduetum dit : « This seams to be
near tojE". spimdosiim Delp.; but it differs there from in
the arrangement and number ot' the aculei, in the cen-
tral verrucae and in the ventral inflation and ornamen-
tation being absent ».
Or plusieurs de ces caractères ne sont pas spécifiques,
en eff'et M. Schmidie a démontré que la disposition des
granulations et, par suite, des épines, peut varier dans une
assez large mesure. Dans l'une de ces formes (Turner,
toc. cit., pi. X, fig. 51) nous voyons au centre de chaque
hémisomate un cercle de granule; chaque lobe est orné
de dents assez nombreuses. Dans la figure 60 {loc. cit.],
il n'existe pas de cercle central, ce cercle est remplacé
par une ligne de gros granules qui existe près de
l'isthme, et les dents des lobes sont moins nombreuses.
Ces deux moditications sont comparables à celles que
M. Schmidie a signalées et figurées pour le Cosmarium
étudié par lui; la première peut être représentée par les
figures 7-9, et la deuxième, par les figures 1 et 3 (1).
Je réunirais donc VE. carduetum Turn. à VE. spinu-
losutn Delp., en formant une var. carduetum de la sous
espèce inermius de Nordstedt, peut-être même ne pour-
rait-on la considérer que comme forme.
M. Turner figure sur la pi. XI, fig. 6, sous le nom
de E. orbiculare Wallich, une espèce absolument com-
parable à ce que M. Nordstedt a décrit et figuré dans
son travail « De Algis et Characeis (2j », sous le nom
(1) SCHMIDLE, loc. cit., p. 110.
(2) Nordstedt, De Atgis et Characeis, in Act. Univ. Lundens, t. XVI,
p. 9, pi. 1, tig. 16.
XVllI 7
98 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
de^. spimUosum sub. sp. Afrïcanum Nordst.; aussi je
n'iiésite pas à ranger l'espèce de Wallicli comme variété
de la sous espèce de Nordstedt.
L'observation faite pour l'espèce précédente s'applique
ici également.
VE. sculptum Turner, me semble encore une espèce
par trop semblable aux précédentes, et en particulier
à la sous espèce Africamim de ÏE. spimilosum Delp.
L'auteur dans la cliagnose qu'il donne à la p. 87 de son
travail dit : « E. spimilosum Delp. sub. sp. Africamim
Nordst. proximum sed mullo minus ». Et plus bas il
ajoute : « 1 can scarcely tbink tliat Nordbledt's form is
a sub. sp. of Delponte's, it would probably rank as a
species, ofwbicb tbis would be a minor form ».
Pourquoi dès lors, M. Turner n'a-t-il pas décrit cette
soi-disant espèce nouvelle comme forme minor de la
sous espèce de M. Nordstedt qu'il aurait élevée au rang
d'espèce. Je proposerai celte réunion, et dénommerai
l'espèce de M. Turner f sculptum, en la rapportant à
VE. spimUosum sub. sp. Africamim Nordst. Cette forme
n'aurait-elle pas certaine analogie avec la var. minus
Nordst?
M. De-Toni, dans le Sylloge Algarum (1) classe de
cette manière les sous espèces et variétés se rapportant
à VE. spinulosum Delp.
E. spinulosum Delp.
sub. sp. Africamim Nordst.
— — \9iV. minus Novdsl.
— — incrmius Nordst.
— — var. Olivcri Scbaarscbm.
Comme nous venons de le voir, nous serions déjà for-
(I) De-Toni, Ioc.cU., \). 1065. . .
MÉMOIRES. 99
ces de modifier un peu ce tableau. Mais en comparant
certaines des formes examinées plus haut, avec celles
que des auteurs ont fait connaître comme espèces nou-
velles, nous serons frappés de leur ressemblance et
nous arriverons à la conclusion que le cadre de VE. spi-
nulosum doit être encore fortement élargi. Je citerai par
exemple VE. quadratiim et sa variété. Si nous compa-
rons entre elles, espèce et variété, nous trouverons des
différences fort peu accentuées, les ligures publiées par
M. Nordstedt lui-même, le prouvent suffisamment.
Quant auxjE'. quadratiim^ovdsl. var. jawf/iici/mNordst.
et VE. spinulosum sub. sp. inermius Nordst. (2), ils
sont des plus voisins. Je proposerai donc de réunir éga-
lement cette espèce à 1'^. spinulosum Delp.
Cette dernière pourrait donc être comprise de la
manière suivante, et l'on pourrait ranger les formes qui
la composent comme suit :
E. spinulosum Delp.
— sub. sp. Africanum Nordst.
— — f. sculptum (Turn.) nob.;
E. sculptum Turn.
— — var. minus Nordst.
— — — orbiculare (Wall.) nob.;
E. orbiculare V^âW.
— — inermius Nordst.
— — var. Oliveri Scliaarschm.
— — — carduetum (Tuvn.) noh.;
E. carduetum Turn.
— — quadj-atum (Nordst.) nob. ;
E. quadratum Nordst.
(1) Nordstedt, DeAlgis, elc, loc. cit., pi. I, lig. 15 et 17.
400 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
E. spimilosum sub. sp. var. javanicum Nordst.
Ces trois sous espèces me semblent pouvoir être pla-
cées au même niveau ; si l'on veut les élever au rang
d'espèce, il faudra modifier un peu la description du
type. Il n'existe pas, je pense de raisons suffisantes pour
faire de VE. quadratum un type spécifique, quand l'on
n'élève pas les sous espèces Africanum et inermius au
même rang. Des recberches sur des matériaux vivants
ou bien fixés seraient à désirer, pour voir si vraiment
les caractères de ces différentes formes sont constants et
permettent de donner à ces trois groupes le nom de
sous-espèce, ou si ce titre ne devrait pas être changé en
variété.
\jE. spicatum Turn. [loc. cit., p. 89, pi. X, fig. 45),
me semble une forme un peu plus ornée, les épines sont
plus nombreuses et un peu plus longues, que dans
l'Algue que M. Nordstedt (pi. 1, fig. l'2) rapporte à 1'^.
gemmalum Bréb. Quant à la figure 44 de la même
planche représentant pour l'auteur une variété de l'^^.
platijceriim Reinsch (var. pulchrum Turn.), je ne vois
pas comment l'auteur peut la distinguer du type.
Ce dessin me paraît représenter simplement une varia-
tion du type.
La f. Bengalensis de 1'^^. siihstcllatum Nordst. me
semble peu différente du type figuré par M.Nordsledt(l).
Les différentes espèces que nous avons passées rapi-
dement en revue, ont assez grande ressemblance avec
les E. hélium Nordst. et E. quadriceps, décrits par
M. Nordstedt dans son « Symbolae ad floram Brasilae
cenlralis cognoscendam ».
(1) Nordstedt. De Algis, pi. I, fig. 12.
MÉMOIRES. 401
La forme Bengalensis de 1'^. siibstellatum Nordst.
semble, de même que le type très comparable à
1'^^. hypocliondriim Nordst. C'est d'ailleurs l'opinion de
plusieurs algologues; M. De-Toni dit, p. 1074 de son
Sylloge à propos de cette dernière espèce : « Euastro
stellato Nordst. et E. substellato Nordst. valde simile,
imprimis differt, etc. »
Nous avons fort probablement affaire ici à une espèce
très polymorpbe, dont les variations ont été élevées au
rang d'espèce et de variété. Pour VE. platycenim
Reinsch, je ne trouve aucun caractère suffisant pour le
séparer spéciliquement de 1'^. gemmatiim Bréb., on
pourra peut-être conserver cet Eiiastrum comme variété
platijcerum (Reinsch).
Je pourrais dans ce genre multiplier les exemples,
montrer la similitude des E. cuspidatum (Wolle, Desm.
U. S., pi. XXVII, lig. 52) et XE. nummularium Delp.
var. planum Turn. {loc. cit., pi. XI, fig, 5), mais je
veux surtout, dans ces observations, attirer l'attention des
auteurs sur le réel danger qu'il y a pour l'étude des Des-
midiées et des Algues en général de créer un tel nombre
de nov. spec; elles doivent tôt ou tard rentrer dans la
synonymie déjà si embrouillée et si difficile à déchiffrer.
Les petites modifications dans la forme, dans l'orne-
mentation des hémisomates, qui servent de base pour
la création des espèces, ne sont-elles pas dues au milieu
dans lequel ces Algues végètent, n'avons-nous pas affaire
dans ces cas à des races géographiques? Malheureuse-
ment on n'est pas encore à même de le dire, car les
recherches de géographie botanique se rapportant à ces
organismes, ne sont pas assez nombreuses pour en tirer
des conclusions.
102 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Les divisions que les divers algologues ont essayé de
faire dans le genre Euastrmn, n'ont pas donné lieu à la
formation de groupes naturels. Nous avons vu plus
haut que la clef analytique de Ralfs ne pouvait servir à
différencier avec certitude les espèces les unes des
autres. La classification proposée par M. Turner ne me
semble pas préférable. L'auteur divise le genre en deux
sections, comprenant la première quatre sous genres, la
seconde deux sous sections.
Les caractères différentiels des deux sections sont les
suivants :
Section L — Euastrum (sensu strict.). Lobus polaris
(vel apex) incisus.
Section IL — £'î^cosm»,w»-
BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
12, rue des Trois-Têtes, 12
1894
NOTES
MYCOLOGIO.UES
PAR
E. DE W^ILDEMAN
(2® FASCICULE^
XYIli 10
NOTES MYCOLOGIQUES w
Le troisième fascicule de ces notes mycologiques est
consacré à une partie des observations que j'ai réunies
sur les Champignons aquatiques, pendant mon séjour au
laboratoire de la Faculté des sciences de Nancy. Je ne
puis dans ce fascicule faire usage de toutes les données
que j'ai recueillies; un certain nombre d'elles ont trait
à des formes rencontrées en différents pays et sur les-
quelles j'attirerai l'attention dans un fascicule prochain.
D'autres se rapportent à des Saprolégniées vivant à l'in-
térieur de certaines Algues ; leur étude doit être encore
complétée par l'examen de nouveaux matériaux.
Je saisis avec plaisir cette occasion pour remercier
M. Lemonnier, directeur du Jardin botanique et profes-
seur à la Faculté des sciences de Nancy, de l'amabilité
avec laquelle il m'a reçu à la Faculté et de l'obligeance
qu'il a eue de mettre à ma disposttion les instruments
nécessaires à mes recherches.
Je remercie également M. I^emaire, D'' en sciences et
professeur au Lycée de Nancy, des matériaux qu'il a bien
voulu me communiquer; ils m'ont servi, dans bien des
cas, à élucider des points intéressants du développement
de certains Champignons inférieurs.
(1) Voir Annales de ta Sociélé beige de microscopie, l. XVII.
-136 SOCIÉTÉ BELGK DE MICKOSCOPIE.
Au fur et à mesure que l'on étudie les Champignons
aquatiques et particulièrement les espèces du groupe des
Ch}lridiacées et des Saprolégniées, on s'aperçoit que les
caractères génériques et spécifiques sont mal connus.
Peu de botanistes se sont d'ailleurs occupés de l'élude
de ces organismes; le peu de données qu'on possède
sur le développement d'un assez grand nombre d'espèces,
nous force à placer beaucoup d'entre elles parmi les
« incertae sedis ». Cela provient en grande partie de la
difficulté de suivre les diverses phases du développement
d'une espèce.
Quand on observe dans une culture, un parasite dont
on espère suivre le développement, il se produit fré-
quemment, pour des causes inconnues, une disparition
du parasite sans que pour cela l'Algue attaquée dispa-
raisse.
Faut-il donc dans ce cas, laisser perdre l'observation? .
Il y a, me semble-t-il, tout avantage à décrire con-
sciencieusement les formes observées, à les figurer quand
il est possible, de manière à attirer l'attention de
tous les chercheurs sur elles. C'est, je pense, le seul
moyen par lequel nous arriverons à connaître un jour
les parasites si nombreux des Algues, et non seulement
ceux-là, mais encore tous les Champignons aquatiques,
plus nombreux à coup sûr qu'on ne le suppose généra-
lement.
Nous nous occuperons dans ce fascicule en premier
lieu de trois Champignons acjuatiques n'appartenant pas
au groupe des Chytridinées ; parmi ces trois espèces
deux ont été décrites et déjà étudiées dans le fascicule
précédent ; nous avons eu l'occasion d'en retrouver des
échantillons à Nancy et dans les environs. La troisième
MÉMOIRES. 437
doit, dans l'état actuel de nos connaissances, former un
genre nouveau parmi les Hyphomycètes. Les autres
formes dont nous parlerons appartiennent toutes aux
Chytridiacées.
VIII
Tetracladium Marchalianum De W.
PL IV, fig. 1-2.
Dans le deuxième fascicule de nos « Notes mycolo-
giques » (i), nous avons décrit et figuré un Champignon
sous le nom de Tetracladium Marchalianum; nous
avons à cette époque observé uniquement un organisme
constitué par quatre branches, munies à leur aisselle ou
à leur base de bourgeons elliptiques ou globulaires.
Dans les récoltes algologiques, faites à Nancy et dans
les environs, nous avons retrouvé ce même Champignon
en assez grande abondance. Nous l'avons vu, pour la
première fois, à Nancy même, dans l'eau d'un bassin du
Jardin botanique, pendant le courant du mois de jan-
vier.
Les premiers échantillons observés correspondaient à
ceux dont nous avons publié les figures antérieurement.
Mais un peu plus tard, nous avons eu l'occasion de voir
que ces organismes isolés se rattachaient à des filaments
très étroits à rameaux alternes ou situés d'un même côté
du filament principal. C'est à l'extrémité de ces rameaux
que se développent les tétrades ; celles-ci donnant à leur
tour naissance à des bourgeons. La tétrade entière peut
(1) Mémoires Société belge demicroscopie, t. XVlf, p. 35, pi. IV, fig 1-13.
138 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
être facilement détachée du filament qu'elle termine, et
nage alors dans le milieu ambiant.
Plus récemment encore, pendant le courant du mois
d'octobre, j'ai pu observer le Tetracladiiim en très
grande quantité. J'ai pu voir le point d'attache des fila-
ments rameux. Les échantillons croissaient sur les tiges
de V Ilippuris vulgaris. Ce Champignon ne paraît pas être
parasite, mais plutôt saprophyte, car il se rencontre sur
les tiges pourrissantes, toujours sous le niveau de l'eau.
Son mycélium filamenteux est ramifié, irrégulier
cylindrique ou renflé, possédant de distance en distance
des cellules arrondies; de celles-ci naissent les filaments
qui traversent l'épidermo de la tige et se dirigent dans le
liquide. La ramification de ces rameaux paraît générale-
ment dichotome, mais c'est là une dichotomie fausse,
car les rameaux sont toujours latéraux, ils forment à
leur naissance un angle presque droit avec le rameau
principal. A l'extrémité de ce dernier et de ses subdivi-
sions, on voit apparaître successivement les trois branches
à l'aisselle où à la base desquelles, apparaissent alors pro-
gressivement des corps arrondis qui s'allongent et se
fractionnent. Ils constituent sans aucun doute, les
organes de reproduction, lesconidies.
Ou trouve enefïet sur l'épiderme de la tige, parmi les
algues et les nombreux mycéliums qui s'entrecroisent,
des quantités de petites cellules oblongues allongées
semblables à celles qui naissent sur la tétrade. Je n'ai
pu voir germer ces corps, il est d'ailleurs fort difficile
de certifier leur similitude complète.
J'ai retrouvé à Saint Max (près Nancy), dans un fossé
peu profond, le même organisme. Il se présentait sous
l'aspect que nous avons reproduit dans la figure de la
MÉMOIUES. 439
planche, nous n'avons pas observé les filaments de sup-
port. Certaines de ces formes possédaient encore une
particularité de plus. Un des bourgeons axillaires, avait
poussé un filament mycélien, comme le montre la
figure 5. Cela semble bien prouver que l'on se trouve en
présence de conidies.
Nous avons attiré en passant, dans notre fascicule pré-
cédent, l'attention sur l'analogie qui paraît exister entre
le Tetradadium et certaines Algues, Polyedrium, Ceras-
terias. Tel que nous le connaissons actuellement le
Tetradadium n'a plus aucune ressemblance avec ces.
Algues. On pourrait cependant se demander si ces
Algues ne sont pas à écarter de ce groupe, et à faire
entrer dans les Champignons, mais malheureusement
les descriptions sont trop incomplètes. Le genre Astero-
tlirix Kutz. (Phyc. germanica, p. 166), possède de
grandes analogies avec toutes ces formes, il ne paraît
pas devoir être conservé parmi les Algues ; du moins
[a. microscopica Kutz., tel que nous le voyons figuré
dans la « Phycologia germanica, tab. 5 » me paraît être
un Champignon.
Nous avons signalé dans le premier paragraphe du
deuxième fascicule de ces notes, un organisme assez
semblable à notre Tetradadium, mais qui en différait
par la forme du rameau de soutien des trois branches
latérales. Ce rameau était assez fortement renflé, et c'est
de son extrémité plus ou moins capitée que partaient les
deux ou trois branches. J'ai retrouvé des formations
tout à fait pareilles dans les eaux du bassin du Jardin
botanique de Nancy. Si je les signale encore ici, c'est
pour attirer à nouveau l'attention des botanistes sur elles.
i4Q SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Je n'ai pu jusqu'ici trouver des échantillons plus com-
plets, il est cependant probable que cette forme, elle
aussi, se rattachée un filament mycélien et appartient à
un Champignon d'un certain développement. J'ai
observé un assez grand nombre de ces organismes, mais
-seulement pendant le courant du mois de février, depuis
cette époque plus une seule forme pareille ne s'est mon-
trée dans le champ du microscope. Les figures 12-14
' reproduisent quelques uns des aspects sous lesquels se
présentent ces formes bizarres; elles ne peuvent être, du
^ moins jusqu'à ce jour, rapportées complètement à notre
Tetracladium. Une seule fois cependant j'ai observé un
échantillon, dont la cellule renflée paraissait encore
attachée à un filament mycélien pluricellulaire, brisé
malheureusement, comme le montre la figure 15 de
notre planche IV.
J'ai attiré également l'attention dans les notes anté-
rieures sur des formes que l'on doit sans aucun doute
rapporter aux Champignons, j'en ai figuré loc. cit.,
pi. iV, fig. 14-28.
J'ai eu l'occasion de revoir des organismes semblables,
soit dans des récoltes faites à Nancy même, soit parmi des
Algues à Malzéville. Les figures 12-25 de la planche IV
sont à comparer à celles citées plus haut. De nouvelles
observations sont à effectuer pour essayer de débrouiller
forigine de ces formations. Ces diverses formes sont en
tous cas à écarter de ce que nous devons considérer
comme Tetracladium.
Mais ce que nous venons d'exposer nous force à modi-
fier, et surtout à compléter la description publiée anté-
rieurement.
MÉMOIRES. iH
Nous devons actuellement la comprendre comme suit :
ÏETRACLADIUM Dc W.
Champignons pluricellulaires, constitués par un
mycélium rameux, vivant à l'intérieur des cellules de
divers tissus (saprophyte végétal), et par des filaments
ressés rameux, dont les rameaux sont terminés par
deux à trois branches divergentes. Branches plus ou
moins aiguës. A l'aisselle des rameaux ou vers la base,
naissent des bourgeons (conidies) ovales, cylindriques ou
globuleux.
«.
Tetracladium Marchalianum De w.
Cliampiynons piiu^iceUulaires, constitués par un
mycélium inégulier rampant dans les cellules de divers
tissus végétaux^ De ce mycélium s'élèvent des rameaux
rameux, dicliotomes. A leur extrémité naissent deux à
trois brandies divergentes. Branches plus ou moins
aiguës, mais jamais terminées par un poil ou une soie.
Cloisons peu nombreuses et peu apparentes. Protoplasme
non coloré, vacuoleux. Branches ayant jusqu'à 70 y. de
longueur sur 4 /w environ de large. A l'aisselle des deux
à trois branches ou vers leur base naissent des bourgeons
ovales, cylindriques ou globuleux au nombre de un à
quatre par tétrade; bourgeons cloisonnés à extrémités
souvent capilées. Ces bourgeons (conidies) paraissent
pouvoir se détacher. Ils peuvent germer sur place, à cet
effet, une des articulations pousse latéralement un fila-
ment mycélien.
Wi SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Hab. — Sur les feuilles nageant dans l'eau, sur les
tiges de plantes aquatiques, dans les fossés, bassins.
Souvent les tétrades isolées, parmi les Algues et les
débris de végétaux aquatiques.
Belgique. — Étangs de La Hulpe (E. M. 1890);
Étang du Jardin botanique à Bruxelles (1890 à 1894);
Watermael (A. D. 1890) ; Bois de la Cambre (1895).
France. — Jardin botanique de Nancy (1894); Saint-
Max près Nancy (1894).
Suisse — Genève, bassin à l'école de médecine (Cho-
dat, 1894)(1).
* *
Quelle place doit occuper ce genre dans la classifica-
tion? Le Tetradadium est un Hyphomycète de la famille
des Mucédinées. C'est dans la troisième section de cette
famille qu'il devra se ranger, en eîfet,\es Pliraymosporae
Sacc. sont caractérisées d'après Saccardo (2), par cette
phrase :
Conidia oblonga vel fusiodea, vel elongata vel vermi-
cularia 2- pluriseptata iiyalina vel laete colorata.
Dans cette section, Saccardo formedeux sous-sections.
A. Conidia non catenulata vel interdum brevi-catenu-
lata;
B. Conidia catenulata.
C'est donc dans la première de ces deux sections que
s'intercalera le genre Telracladium, et dans celle-ci
parmi les Macronemeac Sacc. à « Hyphae manifestae et a
conidiis distinctae » Nous avons vu que notre genre
(1) Cette localité m'a élé signalée \)ar M. le professeur Chodal, do
l'Université de (ienève, perulaiU mon séjour au laboratoire de Botanique
syslémalique de celte ville.
(2) Saccardo, SyUoge fitng., vol. 4, p. 188.
MÉMOIRES. 143
était saprophyte; Saccardo forme deux divisions « Sapro-
philae » et « Biophilae », nous devons donc le placer
dans le voisinage d'un des six premiers genres de la
famille.
Si nous essayons de construire un tableau analytique
nous trouvons :
PHRAGMOSPOR4E Sacc.
A. CoNiDfA NON CATENULATA VEL (in Ramularia) interdum
brevi-catenulata.
Saprophilae (Dactylieae).
a. Hyphae fertiles romosae
1. Hyphae verticillato ramosae
Conidia subsolitaria Dactijlïum.
Conidia capitata Mucrosporium.
2. Hyphae ramosae (non verticillato).
Blastotrichum.
Tetracladium.
b. Hyphae fertiles simplices
Monacrosporium
Dactylella,
Dactylaria.
Les autres genres venant se ranger comme Saccardo
l'indique dans le Sylloge.
IX
Lemonniera aquatica gen. et sp. nov.
PI. V.
Dans des récoltes d'Algues faites au Jardin botanique
iM SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
de Nancy, j'ai trouvé en même temps que le Tetracla-
diiim (février 1894], un organisme, Champignon sans
aucun doute, constitué lui aussi par quatre branches
disposées à peu près comme le Tetracladium, mais tou-
jours privées de bourgeons à leur aisselle. Les branches
qui le composent sont en général droites, rigides. Ces
organismes ne pouvaient en aucune façon se rapporter à
notre Teti^acladium.
Après quelques recherches, j'ai pu me convaincre
qu'ils appartenaient en effet à un Champignon tout diffé-
rent, dont j'ai pu suivre une partie du développement et
étudier certains détails. C'est un mycète filamenteux,
pluricellulaire, entièrement aquatique, il se développe
sur les feuilles pourrissantes, et cela souvent à une assez
grande profondeur sous le niveau de l'eau. L'étude de
son mycélium n'est pas facile, car de nombreux filaments
de Champignons s'enchevêtrent dans les tissus morts des
végétaux sur lesquels il vit, il est par suite très difficile
de suivre un filament fructifère jusqu'à l'intérieur de la
cellule. Au point où ce dernier sort de l'épiderme du
végétal, on trouve sous la paroi épidermique une cellule
arrondie globuleuse. C'est cette dernière qui perce en un
point la paroi de la cellule et forme à l'extérieur le fila-
ment dressé qui portera les fructifications. Ces rameaux
dressés sont en général renflés, bulbeux à leur base, ils
s'épatent un peu contre la paroi des cellules dont ils
sont sortis, comme le montre la figure 22 de la
planche V.
Les rameaux sortis de l'épiderme présentent à leur
tour des ramifications, elles sont formées par le bour-
geonnement d'une des cellules du rameau principal. Ce
bourgeon naît en général à la partie supérieure de la
MÉ.MOIUES. 44S
cellule, près d'une cloison transversale; dès que cette
expansion latérale a atteint une certaine grandeur, elle
se sépare de la cellule mère par une nouvelle cloison.
Les extrémités des rameaux principaux et secondaires
sont constituées par des cellules cylindriques dont le
sommet est légèrement pointu. On voit à cette extré-
mité apparaître un petit bourgeon; d'abord globuleux, il
s'agrandit et en poussant, dans quatre sens différents,
quatre prolongements, il prend bientôt la l'orme que nous
avons représentée dans les figures 7, 8 et 9 de la
planche V. Les quatre prolongements continuent leur
développement, elles s'allongent fortement et l'on trouve
bientôt les cellules support terminées par une conidie à
quatre branches très allongées, elle peuvent atteindre
jusqu'à 70 ycc de longueur (fig. 1-5).
A l'extrémité d'un même rameau on peut trouver une
véritable ombelle de telles conidies, dont les longues
pointes s'enchevêtrent les unes dans les autres. Le Cham-
pignon forme ainsi des toufïes d'un aspect très curieux.
Les hyphes dressées peuvent s'anastomoser; les anas-
tomoses se forment en général vers la base des fila-
ments (pi. V, fig. 19). Dans ce Champignon comme
dans beaucoup d'autres, on peut voir les cellules, dont
le protoplasme est très actif, proliférer dans celles dont
le contenu cellulaire a, pour une cause quelconque, été
enlevé. La figure *21 de notre planche V, montre de telles
proliférations.
J'ai essayé la culture de ce Champignon, mais je n'ai
pu le conserver longtemps dans le liquide où il avait été
récolté, les bactéries, les infusoires, ont très vite détruit
le contenu du vase de culture. J'ai cependant pu
observer quelques variations intéressantes.
i46 SOCIÉTÉ BELGE bE MIGROSCOPIE.
On peut ainsi observer la transformation des conidies
à quatre brandies en conidies globuleuses. Cette transfor-
mation était des plus visible; au premier abord on aurait
pu douter et croire qu'il y aurait lieu de créer pour ces
formes deux noms spécifiques, j'ai pu parfois même sur
une ombelle observer de nombreuses formes de transi-
tion entre les conidies globuleuses et les conidies à
quatre branches. On rencontrait souvent des rameaux ter-
minés par une cellule arrondie dont la partie inférieure
était munie de trois rameaux très courts, d'autres dont
les rameaux étaient plus allongés, mais dont par contre
la partie globulaire était moins renflée (pi. V, fig, 18).
J'ai dit plus haut que les rameaux se formaient en
général vers l'extrémité supérieure de la cellule ; ils
peuvent aussi prendre naissance en d'autres points. Le
rameau qui se constitue alors, se dispose perpendicu-
lairement à celui dont il est issu. J'ai observé de tels cas,
uniquement dans la forme à conidies globuleuses (pi. V,
hg. 17).
Je donne à ces organes le nom de conidies, sans avoir
pu cependant observer leur germination. J'ai néanmoins
eu l'occasion de trouver des conidies à quatre branches
dont l'une et même parfois trois des branches avaient
poussé un filament mycélien, soit à l'extrémité, soit près
de l'extrémité [toc. cit., fig. 12-15). Il ne m'a pas été
possible de suivre le développement plus loin, depuis le
mois février je n'ai plus eu l'occasion de retrouver ce
petit Champignon (1).
C'est dans le grand groupe des Hyphomycètes et
(1) Au mois de novembre dernier j'ai retrouvé à Nancy, (luelquos fila-
ments de la forme à conidies globuleuses. (Note ajoutée pendant l'im-
preBsion.)
MÉMOIRES. 147
dans la famille des Mucédinées que rentre ce mycète.
Je n'ai trouvé dans cette famille aucun Champignon de
cette structure, je propose donc de le décrire sous le
nom générique de Lemouniera le dédiant à M. le pro-
fesseur Le Monnier dans le laboratoire duquel j'ai étudié
cette intéressante espèce. La description du genre et de
l'espèce serait dès lors la suivante :
Lemonniera nov. gen.
Champignons aquatiques pluricellulaires, constitués
par un mycelien (uni ou pluricellulaire?) se développant
à l'intérieur des cellules de divers tissus végétaux (sapro-
phyte) et de filaments dressés pluricellulaires, rameux,
terminés par des conidies à quatre branches portées sur
des cellules de forme allongée conique.
Lemonniera aquatica sp. nov.
Cliampiijnon aquatique, piiiricellidaire. Rameaux
principaux en général renflés à la base, qui est appli-
quée contre l'épiderme. Rameaux latéraux situés géné-
ralement à la partie supérieure d'une cellule près d'une
cloison transversale. Cloisons très apparentes. Ramifi-
cations formant des angles aigus avec la brandie prin-
cipale, rarement des angles droits. Rameaux de 5 à7 fx,
de diamètre, protoplasme vacuoleux. Rameaux anasto-
mosés à la base. Rameaux principal et secondaires
terminés par une ombelle de cellules, en plus ou moins
grand nombre, terminées chacune par une conidie à
quatre branches rigides, dont trois sont dirigées vers le
le bas. Conidies à 4 branches, parfois remplacées par des
conidies globuleuses.
148 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Branches conidiennes mesurant jusqu'à 70 fx de long.
Conidies globuleuses de 5 à 12 /^ de diamètre. Conidies
létra-branches pluricellulaires se détachant de leur
support et germant par les extrémités.
Hab. — Sur les feuilles mortes tombées dans un
bassin, Jardin botanique de Nancy (France, 1894).
Quelle place doit occuper dans la classification des
Mucédinées, le nouveau genre Lemonniera, tel que
nous venons de le décrire. Son intercalation dans la
famille des Mucédinées est indiscutable. Mais parmi les
4 sections Amerosporae, Didymosporae, Phragmospo-
rae, Staurosporae, il n'y a que la dernière dont la défi-
nition puisse comprendre le Lemonniera. La diagnose
de cette section est en effet :
« Conidia stellata, radiata vel bifurca, hyalina vel
laete colorata, septala vel continua. »
Nous pourrons dès lors former la clef analytique sui-
vante :
A. HyPHAE MANIFESTAE.
a. ITyphae simplices, continuae.
Conidia arrecto digitata Prismaria Preuss.
Conidia pluriradiala Trinacrium Riess.
Conidia subtriradiata Titaca Sacc.
h. Ilyphae ramosae.
Conidia quadriradiata r. globosa Lemonniera De W.
li. — Hyphae obsoletae.
Conidia tridentit'ormia Tridenlaria Preuss.
MÉMOIRES. 149
Ce nouveau Cliampignon, vient donc se caser clans
les environs du genre Tilaea, mais les différences sont
faciles à saisir. L'ensemble de tout ce groupe ne parait
d'ailleurs pas très homogène. Il existe probablement
bien des formes intermédiaires qui relient ces genres
entre eux.
X
FUSARIUM ELONGATUM De W.
Dans le deuxième fascicule de ces notes nous avons
décrit ce Fiisarium (1), sur des matériaux trouvés en
Belgique, j'ai eu la bonne fortune de le retrouver cette
année à Nancy. Ce sont toujours les mêmes conidies
longues, fusiformes, falciformes ou courbées en S.
Elles possèdent 9 à 10 cloisons et même parfois plus.
Je n'ai pu rien voir de plus quant à son développement.
Je l'ai récolté en mélange avec des Algues et des débris
de végétaux, au faubourg des Tanneries (Nancy, mars
1894) et à Malzéville près^Nancy (avril 1894).
Il est fort probable que cette espèce est assez répandue.
XI
CHYTIÎÏB>I1CÉES.
1. Cladochitryum HippuRiDis De W.
Il n'est pas sans intérêt de signaler ici la présence à
Nancy, du Cladocliijlrium llippiuidis que nous avons
décrit et figuré dans un fascicule précédent (2).
(I) Loc. cit.. p. iO. pi. V.
i'2) Loc. cit., I). 46, pi. VII, tig. l-ô.
xviii a
150 SOCIÉTÉ RELGE DE MICROSCOPIE.
J'ai observé cette espèce pendant le courant du mois
d'octobre, au Jardin botanique de Nancy; elle y existait
en grande abondance dans un bassin, toujours dans les
tiges de VHippiiris.
Les taches que l'on peut facilement voir à l'œil nu
sont de grandeur très diûérente, parfois indéfinies, sou-
vent définies, ovalaires ou arrondies, brunes. Les spores
durables possèdent les caractères dont nous avons donné
la description précédemment. Le suc des cellules atta-
quées par le parasite est souvent coloré en rose.
2. Ancylistes Closteru Pfilzer.
Cette espèce attaquait dans les environs de Nancy,
plusieurs espèces de Clostohun. Je l'ai trouvée dans le
Clostcriiim acerosum à Saint-Max et dans les Cl. accro-
sum et Elircnhcryii entre Maxéville et Chanipigneulles.
Au bout de peu de jours tous les Closlcrium contenus
dans une récolte étaient envahis par le parasite. De
nombreuses spores étaient contenues dans les cellules.
Les récoltes avaient été faites en avril et en mai.
La cellule mycélienne, de ce Champitinon, qui va
infester une nouvelle Algue s'applique contre la mem-
brane du Closlerium. Le protoplasme s'écoule dans l'hôte
et refoule devant lui le protoplasme et le suc cellulaire
de l'Algue. Le mode d'infection est d'ailleurs sufïisam-
ment connu par les travaux que MM. Pfitzer et Dangeard
ont publiés sur cette forme curieuse de Champignon (1).
(I) Cfr. Die Pilze Deutschlands . Oes/erreirlis iind der Scliweiz.
Ablh. IV, Phycomycrtes, von A. Fischor, p. «-2.
MÉMOIRES. ISf
o. Endolpidium HoRMisciAE gen. et sp. nov.
PI. VI, fig. 1-8.
Dans les cellules de VHonniscia zonata, j'ai trouvé à
Nancy un parasite singulier. 11 signalait sa présence par
les modifications qu'il amenait dans les cellules de
l'hôte. Les cellules composant les filaments d'Hormiscia
sont généralement moins hautes que larges, rarement
elles ont leurs deux diamètres égaux. Or les cellules
attaquées par notre parasite étaient de 2 à 10 fois plus
longues que larges. Le diamètre est d'ailleurs supérieur
à celui des filaments normaux. Les filaments de cette
Algue présentaient ainsi un aspect très curieux. Les
cellules attaquées ne sont pas toujours isolées, elles
peuvent se suivre et l'on en rencontre parfois une série
de 5 et 6 cellules.
Les figures 1-8, H de notre planche VI montrent
l'aspect sous lequel se présentent les filaments de VHor-
miscia.
Le parasite débute sous forme d'une petite masse
ovoïde logée à fintérieur du protoplasme, c'est du moins
là le premier stade que j'ai pu observer. A ce moment
la cellule quoique considérablement allongée, quand on
la compare à la cellule normale, est en général peu
modifiée; le chromatophore a conservé quoique agrandi
sa forme et sa position ordinaire. Le parasite s'agrandit,
il devient de plus en plus apparent, en même temps la
cellule s'allonge, gagne en diamètre; le chromatophore
est déchiré, refoulé contre les parois ou vers les extré-
mités de la cellule. Puis le parasite forme en un point
quelconque de sa surface un petit mamelon qui s'ouvre
1S2 SOCIÉTÉ BELGE UE MICKOSCOI'IE.
à son extrémité. Mais chose remarquable ce col ne perce
pas la paroi cellulaire de {'Hormiscia. Dans aucun des
échantillons dont j'ai pu suivre le développement sous le
microscope, je n'ai vu le col du parasite percer la mem-
brane de l'hôte. Il s'échappe par cette ouverture des
corpuscules mobiles (zoospores) en grande quantité, ils
se répandent dans la cellule (pi. V, fig. 7).
Comment se fait dès lors l'attaque d'une nouvelle
cellule? C'est probablement par la décomposition de
la membrane, que les zoospores sont mises en liberté
et qu'elles peuvent ainsi aller infester de nouvelles cel-
lules. On ne voit en tous cas pas sur les cellules infestées
la trace du passage de la zoospore.
Chez les filaments dHormiscia attaqués par le para-
site, on observe la prolifération des cellules normales
dans celles dont le contenu est en grande partie détruit
par la Chylridiacée. Cette prolifération communique à ces
cellules un aspect tout particulier; nous l'avons repro-
duit dans la figure 7 de notre planche VI.
De quel genre devons-nous rapprocher cet organisme;
si nous sommes en présence d'un développement nor-
mal, si le zoosporange se vide toujours, chez ce parasite
de Vllonniscia, à l'intérieur de la cellule, cette Chytri-
diacée appartient à un genre tout nouveau.
Quoiqu'il en soit c'est dans la famille i\ciiMo)wljn(liées
Fischer qu'il viendra se ranger, et dans le voisinage des
genres Olpidium, Pscudolpidium, Olimliopsis.
Le parasite de VlJormiscia constitue pour ainsi dire
un genre intermédiaire entre le Sj}lutcrita cnduyena
Dang. et les trois genres cités plus haut.
Il diffère du Spliaerita par la présence d'une mem-
brane et la formation d'un ostiole par lequel sortent
MÉMOIRES. 1o3
les zoospores. Le Spliaerita libère ses zoospores par la
destruction de la membrane de zoosporange et par celle
de l'hôte dans lequel il se développe (Euglènes, Proto-
zoaires, etc.). Notre parasite diffère des Olpidiopsis,
Olpidium, Pseudotpidium, dont il se rapproche énor-
mément, par le fait que le col de son zoosporange ne
perce pas la paroi cellulaire.
Je proposerai donc pour cette espèce la création du
genre Endolpidium gen. nov., désignant l'espèce sous le
nom de E. Hormisciae.
F]ndolpidium gen. nov.
Chytridiacée parasitant à l'intérieur des cellules d'Al-
gues, constituée par une masse protoplasmique entourée
d'une membrane; tout le contenu se change en zoospo-
range. Zoosporange muni d'un col court, par lequel
s'échappent les zoospores, ce col s'ouvre dans la cavité
de la cellule de l'hôte, sans jamais percer la membrane
cellulaire. Spores durables, structure des zoospores et
germination de ces dernières inconnues.
Endolpidium Hormisciae sp. nov.
PI. VI, fig. 1-11.
Chytridiacée parasite dans les cellules de Yllormiscia
zonata, constituées par du protoplasme incolore entouré
d'une membrane. Un seul parasite, rarement deux par
cellule. Cellules de l'Algue, déformées plus ou moins
fortement par la présence du parasite, généralement
d'un diamètre plus considérable que celui des cellules
ihi SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
normales; longueur de la cellule infestée pouvant équi-
valoir 10 fois sa larejeur. Masse totale du parasite se
transformant en zoosporange muni d'un col court par
lequel s'échappe les zoospores qui se répandent dans la
cellule de l'hôte.
Spores durables, structure des zoospores et germina-
tion de ces dernières inconnues.
Hab. — Dans les cellules de l'Hormiscia Zonata,
dans un fossé près du canal à Nancy (mars 1894).
4. Olpidium Oedogoniarum (Sorok.) nob.
PI. VI, fig. 9 et 10.
Dans mon travail sur les Chytridiacées de Bel-
gique (1), j'ai signalé sous le nom de Olpidiopsis Soro-
kinei, un zoosporange dans les cellules de Conferva
bombijcina, je considérais cette espèce comme très voi-
sine de X Olpidiopsis fiisiformis var. Oedogoniarum,
Sorok. J'ai eu cette année l'occasion de trouver dans une
récolte faite à Dommartin-lès-Toul (Env. de Nancy), des
parasites très semblables à ces deux formes; ils étaient
logés dans les cellules d'un Ocdogouium.
Le zoosporange assez allongé, possède un, parfois,
mais rarement deux cols assez allongés. Ils percent la
membrame externe des Oedogonium. Je n'ai pu voir
l'émission des zoospores et n'ai pas observé les stades
du développement.
M. Fischer estime que la variété de M. Sorokine est
une forme de V Olpidium enlophylum Braun. Si nous
comparons cependant les figures de cette espèce [H) avec
(1) Aiw, soc. bcUjc de microscupie, t. XIV, p. "2^ (1891).
(2) Uangeaud. iri An7i. se. nat., 7« sér., t. IV, pi. 14, tig. H.
MÉMOIRES. 4K8
celles que l'on trouve dans Sorokine (1) et dans notre
planche VI, fig. 9 et 10, nous devrons avouer que l'as-
pect est très différent.
Les descriptions de VO. entopliytum Braun, ne
semblent pas convenir complètement au parasite des
Oedogonium; c'est pourquoi il m'a semblé préférable
de conserver le nom publié par Sorokine en l'élevant au
rang d'espèce.
Il me semble préférable de signaler une espèce peu
connue sous un nom spécifique, que de la laisser tomber
dans l'oubli.
5. ECTROGELLA BaCILLARIACEARUM Zopf.
J'ai trouvé cette espèce dans les f'rustules de plusieurs
espèces de Diatomées au Jardin botanique de Nancy et
au Faubourg des Tanneries (Nancy) (Mars-Avril 1894).
6. Rhizidium Schenku Dang.
J'ai récolté cette intéressante et très variable espèce à
Saint-Max (Nancy) sur des Spirogyra. Cette espèce
n'avait jusqu'à ce jour était observée dans la nature que
sur des Oedogonium, mais M. Dangeard avait pu la voir
passer dans des cultures sur des Spirogyra, Zygnema,
Cladopliora et même des Closterium.
Les zoosporanges étaient en général elliptiques, le
grand axe dirigé dans le sens de la longueur des cellules
des Spirogyra. Les formes étaient donc très semblables
à celles figurées par M. Dangeard (2).
(1) Sorokine. Aperçu des Chyiridiacées recollées en Russie et dans
l'Asie centrale, in Arcli. bot. du nord de la France, t. Il, p. 28.
(2) Ann. se. nal., loc. cit., p. XIU, fig. 24-50.
i86 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
7. Rhizophidium transversum (Braun) Fischer.
Cette espèce rangée primitivement dans le genre
Chytridium a passé depuis dans le genre Plilijclidiiim.
M. Fischer la place actuellement parmi les Rhizophi-
dium. Jusqu'à ce jour elle avait été trouvée uniquement
sur le Chlamydomonns pulvisculus et le Gonium pecto-
rale, par Braun; en Belgique je l'ai trouvée sur le
Chlamijdomonafi. J'ai retrouvé cette année le Rhiz.
transversum à Nancy (Faubourg des Tanneries) sur
ï Hormiscia Zona ta.
Quoique rangée par M. Fischer dans le genre Rhizo-
phidium, cette espèce ne m'a pas semblé présenter des
rhizoïdes; Braun n'en a pas décrit non plus.
Ce Rhizophidium possède des zoosporanges ellip-
tiques, dont le grand axe est dirigé parallèlement à
l'axe de filament d'Hormiscia. Chaque zoosporange est
muni de un, deux ou trois pores; ceux-ci sont latéraux,
sauf dans le cas de trois pores, le troisième étant en
général situé vis-à-vis du point d'attache de la cellule.
A l'état jeune les zoosporanges sont globuleux, forme
qu'ils peuvent conserver parfois à l'étal adulte; on trouve
aussi dans quelques cas des zoosporanges plus ou moins
ovoïdes, légèrement plus haut que larges.
8. Rhizophidium Fusus (Zopf) Fischer.
Cette espèce a été observée sur les filaments de Melo-
sira au Jardin l)()tani(|ue de Nancy; elle était relative-
ment rare, je n'ai pu en voir que quelques zoosporanges.
Jus(ju'à ce jour on l'avait trouvée exclusivement sur de
grands espèces deSynedra; Zopf parait être le seul à
MÉMOIRES. i57
l'avoir signalée en Allemagne, M. Fischer reprend l'indi-
cation de M. Zopf, sans citer de distribution.
Nous l'avons trouvée antérieurement en Belgique.
(Voyez Ann. Soc. belge de microscopie, t. XIV, p. 12.)
Les rhizoïdes sont très difficiles à déceler, surtout
dans le protoplasme des Melosira.
9. Rhizophidilm GLOBOSLiM (Brauu) Fischer.
Très abondant sur les frustules du Melosira au Jardin
botanique de Nancy ; trois et même quatre zoosporanges
par cellule.
10. Septocarpus corynephorus Zopf.
Abondamment représenté sur les Melosira au Jardin
botanique de Nancy, sur diverses Diatomées dans des
fossés (Faubourg des Tanneries) (février 1894). 11 n'est
pas sans intérêt peut-être de faire remarquer, que les
échantillons observés étaient en général logés entre deux
cellules conliguës, le mycélium rameaux et assez déve-
loppé s'enfonçait dans l'intérieur des frustules, par leur
surface de jonction. Il est probable que cette surface est
plus facile à traverser. On peut trouver parfois trois et
même plus de zoosporanges de Septocarpus logés à la
même surface de jonction.
Signalée seulement sur des Pinnularia par Zopf,
nous l'avons trouvée déjà antérieurement (SocîVfe micros-
copie, t. XIV, p. 26), sur diverses Diatomées. 11 est
probable que toutes ou presque toutes ces Algues peuvent
servir de support à cette Chytridiacée.
1{)8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
11. Entophlyctis CiENKowsKiANA (Zopf) Fiscliei".
Quelques zoosporanges de cette espèce dans des cel-
lules de Cladopliora, au Jardin botanique de Nancy ;
les zoospores n'ont pas été observées.
Octobre 1894.
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE IV
Tetracladium marchalianum De W.
Fig. 1-14.
FiG. 1-3, 9. — Différents aspects sous lesquels se présente le
thalle fructifié du Champignon. A la base de la figure 2 on
trouve un fragment de mycélium. Dans la figure 3 la tétrade
terminale est légèrement anormale.
Fig. 5-8, 10-11. — Différentes formes et aspects de la tétrade
séparée des filaments mycéliens. — Fig. 6 et 11. Formes com-
plètement développées. — Fig. 5. Une des conidies a germé.
— Fig. 7 et 8, stades de développement, apparition de bour-
geons latéraux, sur le bourgeon médian.
Fig. 12-14. — Champignons constitués par 3 ou 4 branches; la
cellule support renflée.
Fig. 15. — Une de ces formes, située à l'extrémité d'un filament
mycélien brisé.
Obs. — Dans les figures 12 à 14 la base de la cellule support
paraît former un filament mycélien, ce prolongement est plus
étroit que la cellule.
Fig. 16 à 22. — Champignons constitués par 3 à 5 branches sim-
ples ou rameuses.
Fig. 23. — Champignon constitué par 3 branches à extrémités
plus ou moins aiguës. (Voir Notes mycologiques, fasc. 2,
pi. IV, fig. 22-28.)
160 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE.
PLANCHE V
Lbmonniera aquatica nob.
FiG. 1-3. — Aspects de divers fragments de thalle à conidies à
4 branches.
FiG. 4. — Extrait de rameau mycélien, montrant le développe-
ment de cellules soutien (basides) des conidies.
FiG. 5-9. — Différents stades du développement d'une conidie.
FiG. 10. — Forme anomale d'un rameau terminal.
FiG. 11-15. — Formes variées de conidies, montrant toutes des
tendances à la germination.
FiG. 16. — Extrémité d'un rameau, du Champignon développant
des conidies globulaires; une d'elles a formé un nouveau
rameau, terminé à son tour par deux basides et des conidies
globuleuses.
FiG. 17. — Ramification à angle droit.
FiG. 18. — Forme transitoire entre la conidie à 4 branches et la
conidie globuleuse,
FiG. 19. — Anastomoses des filaments mycélieus.
FiG. 20. — Deux cellules voisines, produisant des bourgeons,
destinés sans doute à une anastomose.
FiG. 21. — Prolifération des cellules actives du filament dans des
cellules mortes.
FiG. 22. — Base d'un filament mycélien.
PLANCHE VI
Endolpidium Hormisciae nob.
Fig. 1-8, 11.
FiG. 1-3, 8. — Aspects du parasite et de la cellule infestée; c =
Endolpidium. Dans la figure 3 les contours des chromato-
phores sont seuls indiqués.
Fig. 4, 7. — Zoosporange ouvert.
MÉMOIRES. 161
FiG. 5. — Cellules infestées, 4 en série. Chromatophores indiqués
par un simple contour, c = Endolpidium.
FiG. 6. — Jeune zoosporange, cellule encore peu modifiée.
FiG. 11. — Cellule à'Hormiscia, considérablement allongée et
renflée à sa partie moyenne, chromatophore déchiré et
refoulé vers les deux extrémités de la cellule, c = Endolpi-
dium.
Olpidium Oedogoniarum (Sorok.) nob,
FiG. 9. — Zoosporange à 2 cols.
FiG. 10. — Zoosporauge à 1 col.
Ann. Soc. -"Belge de Micro^copie^ i.xcnr. PT ]T
JL. d&Wilâexncin . ad . nal . eJù,
A]an. SoG. Belg'e de AA.icroscopie , I.xvtît. PL V.
«C . dtWïldeman . ad. nat . delin^
Ann. 5oC'. Belge de N\}cro$copie ^ t,sttiL. Pl.m"
K . de.mytJTiaii ad. naf-.Mii
EN VENTE CHEZ LE MÊME ÉDITEUH.
Daiubre. — Traité de médeciue légale et de jurisprudence de
la médecine, par A. Dambre, docteur en médecine, chirurgie
et accouchements; membre de la Société médico-psycholo-
gique, de médecine pratique, et, d'anatomie pathologique de
Paris. 3*^ édition, revue par un professeur. 1 vol. grand in-8"
de 612 pages. 8,00
Uelfraysse. — Nouveau guide pratique de médecine populaire
positive, basée sur l'action physiologique de médicaments
complexes, d'après leur finalité thérapeutique et divisés en
spécifiques pour chaque maladie, selon les méthodes des doc-
teurs Belloti et Finella, par le docteur E.-G. Deltraysse de
Fraysses. 1 vol. iu-16, 214 pages. 3,00
Cartonné. 4,00
Oenaeyer. — Les végétaux inférieurs, thallophji^es et crypto-
games vasculaires. Classification en familles, en genres et en
espèces, par A. Denaeyer, pharmacien chimiste, membre de
la Société belge de microscopie, membre de la Société royale
de botanique de Belgique, officier de l'ordre de la Rose du
Brésil, etc. Premier fascicule : Analyse des familles, avec
photomicrographies. ■ 2,00
Fascicules 2 et 3 — 399 figures hors texte — pour les sous-
cripteurs. 6,00
Les fascicules 2 et 3 contiennent une monographie com-
plète des Schizomycète^ et des Myxomycètes.
Uencubourg. — Traité pratique d'obstétrique ou de la partu-
rition des principales femelles domestiques, comprenant tout
ce qui a rapport à la génération et à la mise bas naturelle,
les soins à donner à la mère et au nouveau-né, de suite après
la naissance, pendant l'allaitement et l'époque du sevrage,
par M. Deneubourg. 1 vol, grand in-8° de 583 pages, avec
38 figures dans le texte. 8,00
Francotte. — La diphtérie considérée principalement au point
de vue de ses causes, de sa nature et de son traitement, par
le docteur X. Francotte, assistant à l'Université de Liège.
2® édition. Bruxelles, 1885. Vol. in-S*^, 416 pages, avec pi.
lithogr. 8,00
Francotte. — Résumé d'une conférence sur la mici'ophotogra-
phie appliquée à l'histologie, l'anatomie comparée et l'embryo-
logie, par F. Francotte. 1887, 2,00
Lahoussc. — Recherches histologiques sur la genèse des gan-
glions et des nerfs spinaux, par le docteur Lahousse, à An-
vers. Broch. in-8° de 30 pages et une planche. 2,00
Poskiii. — '• Les trous " au mauvais air de Nivezé (Spa). No-
tice sur les sources naturelles d'acide carbonique, par le doc-
teur Ach. Poskiu, médecin consultant aux eaux de Spa. Br.
m-8<>, de 42 pages. 1,00
Blcynnc. — Topographie médicale de la Belgique. Etudes de
géologie, de climatologie, de statistique et d'hygiène pubUque,
par le docteur Meynne, médecin de régiment, etc. 1865. 1 vol.
in-S"^, 582 pages et cai'tes. 10,00
BULLETIN
DE LA
lETÈ BELGE DE MICROSCOI
E
DIX-HUITIÈME ANNÉE
BKUXELLES
A. MANCEAUX, ÉDITEUR
Rue (les Trois-lïHcs, 12 (Moniaone de la Cour)
1892
BULLETIN
DK LA
ETE BELGE DE MICROS
DIX- H UITIÈME A NNÉE
-gi»™ ►-g'cGSS^ê-*^ — -
BRUXELLES
A. MANCEAUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
Rue de.s Trois-Tètes 12 (Montasiie de la Courl
1891
BULLETIN DES SEANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVIll. N" ï. 1891-1892.
Procèï^-verbal de la séance iiiensiielle
du 31 octobre 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 heures l/:2.
Sont présents : MM. Errera, Bauweus, Clautriau,
V. Coomans,L. Coomans, Drosten et Verhoogen, secré-
taire.
Fuhlications reçues en liornmacje :
D' J. De Boeck et D' A. SIosse. — De la présence de
l'acétone dans l'urine des aliénés (Bulletin de la Soc.
de méd. mentale de Belgique, 1891).
D' J. De Boeck et D' J. Verhoogen. — Contribution à
l'étude de la circulation cérébrale (Bruxelles, Institut
Solvay, 1891).
J. Demoor. — Contribulion à l'étude de la fibre ner-
4 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
veuse cérébro-spinale (Bruxelles, Institut Solvay,
1891).
E. NiHouL. — Contribution à l'étude anatomique des
Renonculacées. (Ranonculus arvencis, L.j. (Mémoires
couronnés et mémoires des savants étrangers, Acad.
des sciences de Belgique, t. LU, 1891).
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces envois.
M. le secrétaire annonce la constitution de l'Associa-
tion belge pour l'avancement des sciences.
Cette Association a été créée dans le but de provoquer
la réunion périodique d'un congrès national des
sciences. L'empressement avec lequel le public scienti-
fique a répondu à l'appel des organisateurs est un gage
certain du succès promis à cette œuvre.
Dès à présent un grand nombre de participants se
sont fait inscrire et il est probable que la première réu-
nion du congrès aura lieu, à Bruxelles, l'été prochain.
Le secrétaire du premier congrès est déjà nommé, c'est
M. le docteur Warnots, un des promoteurs de l'idée.
Le président sera choisi ultérieurement. Le congrès
désignera à chaque réunion la date et le siège de sa
prochaine session et en nommera le président et le
secrétaire.
On a fait à l'institution de ces congrès quelques objec-
tions que peut seul justifier l'esprit d'inertie malheu-
reusement trop souvent inhérent à notre caractère natio-
nal, celle-ci notamment, que notre pays est trop petit et
ne contient pas assez de travailleurs pour qu'un sem-
blable congrès puisse avoir des chances de succès.
C'est évidemment là un mauvais prétexte pour ne
jamais rien faire.
BULLETIN DES SEANCES.
I
Nous ne manquons heureusement pas de travail-
leurs, et si les résultats de leurs recherches se répandent
habituellement peu en dehors du pays, ce n'est assuré-
ment qu'un motif de plus pour que l'on cherche à les
faire connaître davantage à l'étranger, et l'institution
d'un congrès nous en offre un excellent moyen. C'est
d'ailleurs ce qui s'est fait dans les Pays-Bas, région
moins peuplée encore que celle que nous habitons et où
les congrès nationaux qui ont été tenus jusqu'ici, n'ont
assurément pas manqué d'intérêt.
Quoi qu'il en soit, l'institution est créée et notre
société peut se féliciter d'avoir, pour sa modeste part,
contribué à ce résultat. Il nous appartient cependant
encore de soutenir l'Association de toutes nos forces.
Comme le congrès comprendra les sciences physiques
et naturelles, cliacun y pourra prendre part et les com-
munications qui y seront faites, seront appréciées par
un public d'élite. Les travaux en seront résumés dans
un bulletin spécial. Ils pourront être publiés ailleurs
in extenso.
Nous devons donc engager vivement les membres de
la Société belge de Microscopie, à prendre part à ce con-
grès. Le nombre et la valeur des participants qui se sont
actuellement déjà fait inscrire lui promettent en effet un
succès éclatant. {Applaudissements) .
I*i*ô^. L'eau
est chauffée dans un petit récipient qu'on relie par un
tube de coulchouc avec le tube a. En réglant au moyen
d'une pince à pression la sortie de l'eau en />, on peut
obtenir une température très constante ne variant que
d'un demi degré.
Cette platine, étant entièrement en verre, peut être
employée avec tous les objectifs jusqu'aux grossissements
les plus forts.
Trois cupules y sont creusées pour les observations à
l'aide de gouttes suspendues.
M. Drosten montre en outre des petits vases en cristal,
munis de rainures. Ces récipients sont construits de
la même façon que la platine chauffante, c'est-à-dire que les
parois sont constituées par des plaques de glace réunies
par un émail vitrifié au feu qui ne se dissout ni dans
l'alcool ni dans aucun autre liquide. Le grand modèle
lU'LLKTIN DRS SKANCKS.
(le ces boites est pourvu de rainures qui peuvent rece-
voir des porte-objets de 70 x 'âG""" et le petit modèle est
construit pour des couvre-objets de 18""" de côté.
Figure 2.
Fijiure 3.
Ces boites rendront de grands services en micros-
copie pour la manipulation des diverses préparations
sur porte ou couvre-objets. Comme elles sont tout en
verre le nettoyage en est nutiirellement très facile.
l'rÔHcntatioii do préparations
iiiicroME MICItOSCOI'IK.
pouvoir colorant est intense, ce qui provient ainsi que
Gierke l'a démontré, de la formation de carmin carbo-
nate, l.a celloïdine reste incolore. Les préparations pré-
sentent une coloration très délicate et se conservent sans
modifications.
m. — Schmaus conseille encore comme colorant du
cylindre-axe le black-blue anglais. 11 met 1/4 p. 100 de
la solution dans 50 p. 100 d'alcool avec un peu d'acide
picrique. Coloration pendant I heure. Lavage à l'eau. Ce
procédé réussit également avec les coupes qui ont été
traitées par le cuivre. Louis Rynenbroeck.
Przewoski. — Elu VerJ'ahren der DurcJitrànkung der gewebe mit
Paraffhi behufs Evhallumj mikroshopisclier Pràparate von vtr-
hàltnissmàssig betrachtliclia- grosse. {Centralbl. f. Allg. Pa-
IhoL u. Pathol. Anatom. 1890, n° 26).
Quand on veut inclure une pièce à la paraffine, on
peut remplacer la déshydratation à l'alcool absolu, par
le procédé suivant, qui est moins coûteux, plus sûr, et
s'applique à des pièces de plus grand volume.
La pièce, sortant de l'alcool ordinaire, est ^)longée dans
de l'huile d'aniline anhydre ou ne contenant que peu
d'eau, dans laquelle elle reste au moins :2i heures.
On l'essuie et on la plonge dans le chloroforme qui
la pénètre en dissolvant l'huile d'aniline.
Après un séjour de :2i heures on la plonge dans une
solution de paraffine dans le chloroforme (iO p. 100), et
le lendemain dans la paraffine fondue, qu'on doit refroi-
dir immédiatement pour éviter que la pièce devienne
cassante.
RULF.EÏIN DES SÉANCES. ■IS
On peut facilement déshydrater soi-même l'huile
d'aniline par distillation ou en y plouii^eant un morceau
de potasse caustique. Cette huile en impréti;nant la
pièce lui donne un aspect jaune ambré et translucide
qui disparait à mesure que le chloroforme la pénètre.
Cette méthode a encore l'avantage de permettre l'emploi
de pièces non complètement déshydratées, le chloro-
forme enlevant fort bien l'eau lorsqu'elle est mélangée à
l'huile d'aniline. On termine la préparation par les pro-
cécédés liabituels. R. V.
Lichen. — Eiiie neue Farbungsmethode des Centralnerven-
systems. (NeuroL Centralbl. 1891, n° 3).
Les fragments de tissu nerveux sont mis pendant
5 semaines dans un mélangea parties égales d'une solu-
tion de chlorure d'or (1 p. 100) et d'une solution de
sublimé corrosif (I p. 100). On les coupe alors dans la
solution de Lugol diluée (i/4). Les libres avec ou sans
myéline, les cellules nerveuses et celles de la névroglie
sont colorées en bleu. Dans les cellules ganglionnaires
on distingue nettement le noyau et le nucléole.
R. V.
FManese. — Un nuovo metodo di colorazione doppia. {La Rifor-
ma medica, 1890, n" 155).
On prépare la solution de Martinotti en faisant dissou-
dre dans l'alcool de l'acide picrique et de la nigrosine
jusqu'à satui'ation. On mélange ensuite deux parties de
cette solution et une partie d'eau d'aniline et on laisse
U SOCIÉTÉ BKLGE DE MICROSCOPIE.
évaporer à l'air libre. Il se dépose des crisUiiix qu'on
dissout dans l'alcool rectifié. On laisse évaporer de nou-
veau et l'on obtient des cristaux cubiques d'un vert
d'olive, solubles dans l'eau, l'éther et l'alcool. On fait
avec ces cristaux une solution à 2 p. 100 dans l'alcool
pour les tissus, dans l'eau pour les microorganismes.
Les coupes que l'on veut préparer sont d'abord colorées
au carmin de Beale ou au carmin litliiné de Ortb, déco-
lorées par l'alcool acidulé, lavées à l'eau, déshydratées et
plongées dans la solution alcoolique de picronigrosine;
on les y laisse de 2 à 10 minutes jusqu'à ce qu'elles aient
pris une teinte brun-marron. On les décolore dans une
solution alcoolique d'acide oxalique, on déshydrate, on
éclaircit et on monte dans le baume. Avec cette méthode
les noyaux sont colorés en rouge, leprotoplasma en jaune
foncé, le tissu conjonctifen vert clair, les faisceaux élas-
tiques en violet, la substance cartilagineuse en jaune.
Si l'on veut teinter en même temps les microorganis-
mes contenus dans les tissus, après avoir coloré au car-
min, on décolore par la méthode de Gram (par celle de
Koch-Ehriich pour les bacilles tuberculeux) et on plonge
pendant 5 minutes dans la solution aqueuse de picroni-
grosine puis on termine comme précédemment.
R. V.
BULLETIIV DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVIII. N" IL 1891-1892.
Procès-verbal de la séaiiee lueiisiielle
du !S8 novembre 1891.
Présidence de M. Rouffart, vice-président.
La séance est ouverte à 8 heures 1/2.
Sont présents : MM. Rouffart, Bauwens, Bordet,
Clautriau, Coppez, Delogne, De Wevre, De Wildeman,
Dineur, Gallemaerts, Gedoelst, Rynenbroeck et Verlioo-
gen, secrétaire.
Correspondance :
1. M. Errera fait excuser son absence.
2. La Naturforscliende Gesellschalt von Graubûnden
fait part du décès de son président, M. le docteur Killias.
Publications reçues en hommage :
F. HuEPPE. — R.Koclis Miltlieilmujen ûher Tuberkulin
(Berl. Idin. Wochensclirift 1891, n°46).
XVUl 2
\Q SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
F. HuEPPE. — Uebei' Kresole cils Desinfectionsmittel
(BerL klin. Wochensclirift, 4891, n° 45).
Communications :
L.es recherches récentes sur la structure
cellulaire, par E. De VVildeman.
Depuis la découverte des sphères attractives faite en
i885, par M. Van Beneden (*), l'étude de la division
nucléaire et cellulaire est entrée dans une nouvelle phase.
Des travaux nombreux ont paru successivement sur
cette intéressante question et leur nombre va toujours
croissant.
Dans une communication faite à la réunion des natu-
ralistes, tenue à Munich du 18 au 20 mai de cette
année, M. W. Flemming a exposé un résumé des idées
émises depuis la publication du travail de M. Van
Beneden (**).
Les opinions publiées au sujet des phénomènes qui
se passent pendant la division nucléaire sont très diver-
gentes, et leurs descriptions ont été interprétées de
façon très variée. Aussi n'est-il pas possible de présenter
dès à présent un schéma général de la multiplication
des noyaux.
Quelques points fondamentaux sont cependant acquis.
La plupart des noyaux se multiplient en se divisant
E. Van Beneden, Recherches sur la maturation de L'œuf, la féconda-
tion cl la division cellulaire in BuLl. de L'Acad. royale de Belgique, 1883;
voyez aussi Van Beneden cl Neyt, loc. cit., 1887.
{••) W. Flemming, Vebcr Zelltheilung in Yerliandl. Anat. Gcsetlscli.,
fiinftc Ycrsanwil., Miinchcn, 1891.
BULLETIN DES SÉANCES. il
indirectement, la substance chromatique qu'ils con-
tiennent se fragmente en anses ou, en employant le
terme proposé par Waldeyer, en chromosomes.
Les exemples de division directe sont peu nombreux
et pourraient être, du moins dans quelques cas, consi-
dérés comme des phénomènes pathologiques.
Les chromosomes, après leur division longitudinale
et le voyage des demi-anses vers le pôle opposé (phase
du phénomène que M. Fiemming propose de dénommer
« hétéropolie «) se réunissent en passant par des phases
interprétées difleremment par les auteurs.
Pour les uns, le voyage des chromosomes vers les
deux pôles du fuseau se ferait par contractilité des
fibrilles achromatiques de ce même fuseau; pour les
autres, par une véritable attraction dont le siège se trou-
verait dans le ccntrosome, qui occupe le centre de la
sphère attractive, les anses ou chromosomes glissant sur
les fils du fuseau comme sur des rails.
La reconstitution des noyaux se ferait en deçà des
sphères attractives. Pendant la caryocinèse, celles-ci se
présentent généralement de la façon suivante : au centre
se trouve un corpuscule dense, puis une zone plus
claire et enfin une enveloppe de granulations disposées
radiairement. Pour M. Henneguy (*), la structure de ces
sphères, que M. Boveri a appelées dans leur ensemble
archoplasma, ne serait pas aussi simple; elles sont
plongées dans un aster, au centre duquel viennent se
loger les noyaux filles.
Les centrosomes ont été retrouvés dans un grand
O L.-F. Henneguy, Nouvelles recherches sur la division cellulaire indi-
recte in Journal de l'anal, et de la physiol. de Poucliet, t. XXVII, sopt.-
ocl., 1891; p. 597.
iS SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
nombre de cellules animales et dans quelques cellules
végétales; dansées dernières, c'est surtout M. Guignard
qui les a étudiées.
Dans un travail préliminaire que M. Bûtschli a publié,
nous le voyons annoncer la découverte de ces sphères
dans une espèce du genre Surirella (Diatomées) (* . Ces
corps peuvent s'étudier sur le vivant et l'on peut suivre
tous les phénomènes de la division. L'auteur a pu éga-
lement étudier les phases sur des matériaux fixés. Il les
a préparés de la façon suivante. Tuées par l'alcool iodé,
il place les diatomées dans une solution d'hématoxyline
de Delafield ; l'on voit alors le centrosome se colorer
en bleu très intense et trancher nettement sur les autres
parties du contenu cellulaire.
Le procédé que M. Flemming emploie pour mettre
les sphères en évidence est plus compliqué et exige plus
de manipulations ('*). Il place les objets à colorer dans
une solution de safranine, pendant deux à trois jours;
après un lavage à l'eau, ils sont plongés dans l'alcool
absolu auquel l'on a ajouté de l'acide chlorhydrique, à la
dose maxima de i/1000, jusqu'à ce que ce dernier n'en-
lève plus de colorant. On lave ensuite à l'eau distillée,
puis les objets sont mis pendant un temps variant de
une à trois heures dans une solution aqueuse de violet
de gentiane. Après un nouveau lavage rapide à l'eau, les
matériaux sont plongés dans une solution aqueuse con-
centrée d'orange, de là, assez rapidement passés dans
l'alcool absolu où ils abandonnent une partie de la
C) tSuTScnM, Ucber die sog. CeiUralkorper der Zeile und ilire Bedeu-
tuuq, in Ver/ninul. ncUiniusL ined. Ver. Heulelberq, M. IV, Heft, 3,
1891.
Cl W. Flemming, Neite BeUiagezur Kenlniss der Zdle, II T/ieiL in
^rcli. /. mih-. Anal., lioiin, Bd. 37, Heft 4, Ksyi.
BULLETIN DES SÉANCES. 19
matière colorante; après les avoir transportés dans un
nouvel alcool, on les inclut dans le baume en passant par
l'essence de girofle ou de bergamote.
Les résultats obtenus par cette méthode sont très
variables. M. Flemming recommande surtout de ne pas
laisser la décoloration aller trop loin, de manière que
les corpuscules centraux et les noyaux soient encore
fortement teintés.
L'orange employé par M. Flemming est l'orange G,
de chez Grûbler; cette matière a une réaction acide.
Dans ses recherches sur le même sujet, M. Hermann (*)
a employé une autre méthode encore, très simple celle là,
et qui lui a donné les meilleurs résultats. Les matériaux
sont fixés par un mélange de chlorure de platine, d'acide
osmique et d'acide acétique. Après avoir laissé séjourner
les tissus pendant 18 heures dans ce liquide, ils sont
lavés rapidement à l'eau, puis traités par le vinaigre de
bois. Celui-ci précipite l'osmium à l'état métallique sur
les chromosomes, et sur certaines portions du proto-
plasme.
Dans le récent travail de M. Henneguy (**], nous trou-
vons la description d'un autre procédé. Après avoir fixé
les matériaux, (qui dans ces études sont les cellules
embryonnaires de la truite), par le liquide de Flemming
fort, qu'on laisse agir de deux à six heures, on colore le
contenu cellulaire par une solution alcoolique d'héma-
toxyline. Cette solution est composée de 100 "grammes
d'alcool à 90" et de 0,5 gr. d'hématoxyline ; les matériaux
ne séjournent dans ce liquide qu'une dizaine de minutes.
Hermann, Beiirag zur Le/ire von der EnLstehung der karyokiuc-
tisclien Spindel, m Arch. [. mikr. A7iat., Bonn, Bd. 57, Hefl IV, 1891,
p. 569.
(") Henneguy, Loc. cit., p. 598.
20 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Après lavage à l'eau, les coupes sont placées dans une
solution de bichromate de potasse à 2 p. 100 pendant
10 minutes. On lave à nouveau, et l'on immerge pendant
5 minutes dans du permanganate de potasse à 1 p. 100.
Puis après avoir lavé encore une fois à l'eau distillée,
on colore par la safranine, la rubine, le violet de gen-
tiane, etc. ; mais les meilleurs résultats s'obtiennent par
la safranine, quand on l'emploie en solution dans de
l'alcool absolu et de l'eau d'aniline. On peut employer
cette même méthode sur des matériaux qui n'ont
pas été fixés par le liquide de Flemming. Après
coloration on monte au baume, en évitant autant que
possible de laisser sous la lamelle de l'essence de girofle.
De la fonction exacte des sphères attractives, on ne
connaît encore que fort peu de chose. Tout ce que l'on
peut dire, c'est qui; leur division paraît toujours précéder
celle du noyau, et qu'elles occupent pendant la caryoci-
nèse les extrémités du fuseau. M. Henneguy a observé
la division de ces sphères, avant même que la reconstitu-
tion des deux noyaux filles ne se soit opérée.
Dans des cas plus ou moins pathologiques, il a vu des
divisions irrégulières qui tendraient à faire admettre une
action attractive des centrosomes. Les figures 11 et 17
de la planche qui accompagne son travail sont des plus
intéressantes à ce sujet.
Quant à l'origine du fuseau nucléaire, les opinions
émises sont encore plus diverses, et contradictoires.
Quelques auteurs ont vu, dans certains cas, un fuseau
externe entourant complètement le noyau, avant même
que celui-ci ne montre de grands changements dans son
intérieur. M. Went a soutenu cette opinion et l'a fort
BULLETIN DES SÉANCES. 21
bien démontrée dans sa note sur le noyau et la division
cellulaire (*].
M. Hermann a également pu mettre en évidence un
fuseau externe, mais il n'entoure pas le noyau ; il est
complètement formé en dehors, et a son origine dans la
séparation des deux centrosomes.
En employant sa méthode de coloration et de fixation,
il a pu voir à l'extérieur du noyau et tout à côté de lui,
les deux centrosomes encore presque voisins, réunis par
quelques fibrilles. A un stade plus avancé, la séparation
était devenue plus complète, et il s'était formé entre les
deux centres un fuseau continu d'un centre à l'autre, qui
tranchait en clair sur le fond gris du contenu cellulaire.
Jusqu'à ce point, ces observations sont en rapport avec
celles que M. Van Beneden avait faites depuis longtemps.
Vers le même moment, le noyau perd sa membrane,
les chromosomes paraissent refoulés sur le côté; la
partie achromatique du noyau se dispose comme si elle
était attirée vers les extrémités du fuseau. L'on voit
bientôt partir des deux centrosomes un pinceau de
fibrilles qui se dirigent vers les chromosomes : ce
seraient elles qui s'attacheraient aux anses nucléaires,
et qui les ramèneraient par contractilité à l'équateur du
fuseau dérivé de la division des sphères attractives.
L'origine de ces fibrilles n'a pu être définie d'une
façon complète par M. Hermann; il suppose (comme il
paraît assez probable d'ailleurs) qu'elles sont, du moins
en partie, formées par la substance achromatique du
noyau .
D'après cet auteur, il existerait donc deux fuseaux
Went, Beobaclitungen i'iber Kern- und ZelUheilung in Ber. cleutsch.
bol. GeseUscli-, B(J. 5. p. 247, pi. XI.
22 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
concentriques : le fuseau central composé de fibrilles
qui vont sans interruption d'un corpuscule polaire à
l'autre, sans jamais être en rapport avec les chromo-
somes ; le fuseau externe servirait à la reconstitution
des noyaux filles : celle-ci se ferait par la contractilité des
fibrilles, ce qui amènerait les chromosomes de l'équateur
vers les pôles.
Mais ici il y a une lacune dans l'intéressant travail
de M. Hermann. L'auteur ne nous dit pas, en effet,
comment et où se reforment les deux noyaux filles?
Est-ce en deçà ou au delà des centrosomes? Et dans les
deux cas que devient le fuseau primitif qui a résisté
pendant le voyage des anses vers les pôles?
Pour M. Hermann, il n'y a pas de fibrilles qui réunis-
sent les chromosomes pendant le cheminement. M. Van
Beneden, a cependant vu de minces fils réunir pendant
fort longtemps les anses des deux plaques nucléaires,
après leur séparation.
Le travail de M. Hermann, fait sur les cellules mères
des spermatocytes de la Salamandre, est concordant en
bien des points avec les recherches publiées en même
temps par M. Flemming.
Mais il a ajouté quelque chose de neuf. Ce point
demande à être réétudié, surtout pour ce qui concerne
les dernières phases de la division nucléaire.
Comme on le voit, si les observations de M. Hermann
cadrent avec celles de M. Flemming, sur le même
sujet, elles ne sont pas comparables à celles que
M. Went a faites sur des cellules végétales. Dans ces
dernières, en effet, pas de doute : il y a un fuseau
externe qui entoure complètement le noyau, et qui paraît
pouvoir être mis sur le même pied que le fuseau central
BULLETIN DES SÉANCES. 23
de M. Hermann, quoique M. Went n'ait pas pu voir de
centrosomes.
M. Strasburger a déjà d'ailleurs attiré l'attention sur
de semblables fuseaux externes, et j'en ai signalé chez
la Spirogyra (*).
Quant au fuseau interne existe-t-il vraiment dans les
types étudiés par M. Went? On ne saurait le dire, l'étude
n'ayant pas porté sur ce point.
Cependant dans certains cas, nous trouvons figurés,
pour des noyaux assez spéciaux, il est vrai, des fuseaux
qui paraissent tout à fait internes à la membrane nucléaire,
en même temps que nous voyons des fibrilles externes.
Certaines figures des travaux de M. Flemining rappel-
lent cette disposition (**).
M. Schewiakofï', dans un travail sur la caryocinèse de
VEuglijplia alveolata (***) a pu observer aussi bien sur le
vivant que sur des matériaux fixés, des phases qui mon-
trent un fuseau interne au noyau.
Ce fuseau se formerait sous l'action de deux masses,
probablement les sphères attractives qui viennent s'ac-
coler au noyau et qui enverraient au travers de la mem-
brane des filaments achromatiques qui iraient constituer
ce fuseau interne.
C'est d'ailleurs l'opinion de M. Henneguy,qui a figuré
un stade analogue dans la figure t5 de la planche de sa
Note.
Sur les sphères attractives dans les cellules végétales, in Bull, àc.,
BeUiique, 5» série, t. 21, p. 600, el Bull. soc. bnt. Belgique, t. XXX 2,
p. 167-169.
(**) Voyez Strasburger, Zellbildung und Zelltlieilung. 3<' édit., pi. XIV,
fig. 29, et W. Flemming. Zellsubstanz, Kern und Zelltheilung, p. 319,
322, pl.IVa.
(***) W. ScHEwiAKOFF, Ubcr die karyokinetische Kerntheilung der Eu-
glijpka alveolata, in Morpholog. Jalirbucli., 13.
24 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Trouvera-t-on toujours chez les végétaux deux fuseaux
concentriques? Ou bien n'y a-l-il généralement qu'un
seul système, le double système fibrillaire étant une
exception ?
D'où proviennent, chez les végétaux, les fibrilles qui
composent le fuseau formateur de la cloison cellulaire
(phragmoplaste)?
N'y aurait-il pas, chez certains organismes, sinon chez
tous, un troisième système de fibrilles, d'origine proto-
plasmique, dont le rôle serait exclusivement de former
la membrane cellulaire chez les végétaux, la plaque cel-
lulaire là où elle existe chez les animaux?
Quoi qu'il en soit, le schéma de la division cellulaire
n'est donc pas aussi simple à tracer qu'on le croyait
généralement jusqu'à ce jour. Il nous faut chercher de
plus en plus les causes de la division nucléaire, non
seulement dans le noyau lui-même, mais bien dans les
centrosomes et dans le protoplasme environnant, surtout
depuis que M. Flemming a attiré l'attention sur une
différence de structure si remarquable entre le cyto-
plasme des cellules en division et celui des cellules du
même tissu dont le noyau est au repos (*).
Novembre 1891.
]\[otes l>il>liog;i*apliic|iies.
■ M. N. Wille a traité dans le bel ouvrage Natïuiiclie
Au moment de corriger cette note, vient de paraître un nouveau
travail de M. Guignurd, dans lequel toute riiisloire des sphères allraclives
du règne végétal se trouve examinée. Nous aurons l'occasion d'y revenir
plus tard. (Note ajoutée pendant l'impression.)
BULLETIN DES SÉANCES. 25
Pflanzenfamilien, que rédigent MM. Engler et Prantl,
la partie se rapportant aux algues vertes.
C'est le premier travail de ce genre que nous trou-
vons publié jusqu'à ce jour, sur un sujet aussi difficile à
traiter. Disons donc, tout de suite, que si même bien
des algologues ne peuvent être d'accord avec M. Wille
sur certaines délimitations génériques que l'auteur a
inscrites dans son travail, l'auteur a fait une œuvre dura-
ble qui devra être très souvent consultée.
En effet, M. Wille ne se contente pas de donner une
analyse des familles à un point de vue général, mais il
traite avec un certain détail toute la vie des organismes
qu'il étudie. A ce point de vue, son travail est donc des
plus importants, car il nous donne une idée d'ensemble
de la biologie de ces plantes inférieures.
Nous pourrions bien regretter qu'un index bibliogra-
phique très complet ne précède pas le texte consacré à
chaque groupe, et que pour les genres l'auteur ne nous
ait pas donné une dispersion plus ou moins générale;
mais ce sont peut-être là des critiques de détail.
Ce qui donne à coup sûr une grande valeur au travail
de M. Wille, ce sont les tableaux analytiques de genres,
qui accompagnent l'étude de chaque famille.
Les nombreuses figures intercalées dans le texte
seront de la plus grande utilité pour la compréhension,
et feront que l'ouvrage sera toujours consulté avec fruit
par ceux qui s'occupent de l'étude des algues.
M. Wille passe successivement en revue les Des'mi-
diacées, les Zijfjnémacées, les Mésocarpacées, les Clilo-
ropliycées et termine par l'étude des Cliaracées.
Les Cliloropliycées sont divisées par l'auteur en trois
groupes à peu près d'égale valeur. Le premier est le
2g SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE.
groupe des Protococcacées qui est la souche des deux
autres et d'où dérivent les trois premières familles. Les
autres sont les Confervoïdées et les Siplionées, qui
paraissent avoir des points de contact, comme essaie de le
montrer M. Wille, dans un graphique. E. D. W.
Des différentes luéAliocles de coloration par
les sels d'arg;ent «l'après le procédé deGol^l.
— Résultats obtenus, par H. Riese, privatdocent et
prosecteur à Fribourg en Brisgau. (Cenlralblatt f. allg. Path.
und path. Anat.,i^ juin 1891). Traduit par L. Rynenbroeck,
étudiant en sciences, membre effectif.
A côté des excellentes méthodes de coloration à l'hé-
matoxyline et au ferrocyanure de potassium, imaginées
par Weigert et Pal pour mettre en évidence les fibres à
myéline dans le système nerveux central et périphérique,
il faut placer, et au même rang, celles de Golgi perfec-
tionnées par Ramôn y Cajal; ces méthodes sont basées
sur l'emploi de sels d'argent et les pièces doivent avoir
été fixées au préalable dans le liquide de Millier ou dans
une solution de bichromate de potassium. Tandis que
les premières faisaient connaître d'une façon plus précise
le trajet et la répartition dans le système nerveux central
des différentes sortes de fibres, on peut, grâce à la
méthode de Golgi, examiner de plus près les détails
microscopiques les plus fins des cellules et leur relations
avec les fibres nerveuses. C'est surtout à Kôlliker qu'ap-
partient le mérite d'avoir attiré l'attention en Allemagne
sur la valeur de cette méthode de Golgi ; il en avait déjà
BULLKTIX DES SÉANCES. 27
fait l'essai en 1887 (11), et il montra dans différentes
communications (12.15.14) que ses résultats concor-
daient parfaitement avec ceux des savants étrangers. Il
exposa également, d'une façon détaillée, dans les deux
mémoires plus importants qu'il fit sur cette matière,
(15.14) les résultats des procédés de Golgi et Ramôn y
Cajal appliqués au cervelet et à la moelle épinière.
Technique.
I. — Golgi opérait primitivement de la manière sui-
vante (6a) : il plaçait des morceaux de système nerveux
central gros de 1-1 1/2 c. c. pendant 14-50 jours ou plus,
(moins longtemps lorsque la température est élevée, plus
longtemps lorsqu'elle est basse), dans du liquide de
Millier ou dans une solution aqueuse à 2 p. 100 de
bichromate de potassium dont il portait rapidement la
concentration à 5 p. 100; il les lavait dans une solution
faible de nitrate d'argent (0.25 p. 100), puis les portait
pendant 2-5 jours ou plus dans une solution de nitrate
d'arg. à 0.75 p. 100. Les pièces passaient alors dans de
l'akool fréquemment renouvelé, puis on les coupait à
l'aide d'un rasoir mouillé. Elles étaient ensuite déshydra-
tées à l'alcool absolu et éclaircies dans la créosote ou la
térébenthine.
II. — Plus tard Golgi remplaça le nitrate d'argent
par le sublimé; après avoir mis les pièces pendant
6-8 semaines dans le liquide de Millier, il les porte pen-
dant 5-4 semaines dans une solution aqueuse de sublimé,
renouvelée tous les jours; il obtient ainsi, au lieu de
précipités de chromate d'argent, des précipités de chro-
mate de mercure. Les morceaux ainsi traités doivent être
28 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
bien lavés; ils ne donnent de bons résultats que pour le
cerveau. Mondino modifia ce procédé : au lieu de placer
le cerveau dans le liquide de Mùller, il le laisse pendant
un temps très long dans une solution de bichromate; il
obtient ainsi une coloration des cellules nerveuses et
de leurs prolongements dans tout le cerveau. Flechsig
imagina une combinaison de la méthode au sublimé de
Golgi avec celle de Branca à l'hématoxyline sur laquelle
je n'insisterai pas (*).
III. — Pour obtenir plus rapidement les préparations,
Golgi modifia son procédé lent et au lieu du liquide de
Millier prit comme fixateur un mélange de 2 parties
d'une solution d'acide osmique à 1 p. 100 et de 8 parties
de bichromate de potassium, à 2 p. 100 dans lequel les
pièces ne devaient rester que 2-5 jours pour être ensuite
traitées par l'argent de la manière qui a été décrite plus
haut.
IV. — Cette méthode, dite méthode i^apide de Golgi
fut alors perfectionnée par Ramôn y Cajal (35,54) qui
place les pièces dans un mélange de :
Bichromate de potassium 3 parties
Solution d'acide osmique à 1 p. 100. 25 —
Eau distillée 100 —
et les en retire après quelques heures. Le liquide
employé peut servir à nouveau. On s'en sert comme
premier bain pour les pièces que l'on veut durcir par la
suite.
Des pièces provenant d'embryons ne doivent y rester
que 24-50-48 heures dans fobscurité, des parties d'ani-
Flechsig. Archiv /. Anat. u. PInjs., Phys. ^bili.. 1889, Heft 5 u. 6;
voir aussi Bcr. ilber d. Verh. cl. konigl. Sachs. Gesellscli. d. ^yixsenscn.
zu Leipzig, Malli. Phys. KL., 1889. II, 111, IV, Leipzig, 1890.
BULLETIN OES SÉANCtS. 29
maux jeunes et âgés pendant un temps plus long (d'autant
plus long que l'animal est plus âgé [41]). Elles passent
alors directement pendant 56-48 heures dans une solu-
tion de nitrate d'argent à 0.75 p. 100. Kôlliker par
contre les place (14), suivant Golgi (voir I), d'abord
pendant 1/4-1/2 heure dans une solution à 0.25 p. 100
de nitrate d'argent, puis dans une grande quantité du
mélange plus concentré. Ensuite Cajal, aussi bien que
Kôlliker, lave les coupes dans l'alcool à 40 p. 100 puis
les déshydrate à l'alcool absolu. Kôlliker les met alors
1/4 d'heure dans la créosote, puis dans la térébenthine,
et les étend sans couvre-objet dans du baume au xylol.
Cajal les éclaircit légèrement à l'essence de girofle et
les place dans de la résine Dammar au xylol ou dans de
la colophane à la benzine.
L'inclusion ordinaire à la celloïdine ou à la paraffine
est à éviter ; le mieux est de couper les pièces à la main
ou à l'aide d'un microtome à congélation. Kôlliker
recommande fort de placer les pièces pendant 1 heure
dans l'alcool absolu, puis de les mettre 1 heure dans la
celloïdine et de les couper ainsi; mais on doit alors faire
cette dernière opération immédiatement, car un retard
d'un seul jour abîme déjà la préparation. Les pièces que
l'on ne peut préparer aussitôt après les avoir retirées de
la solution d'argent ne se conservent en général que pen-
dant un temps restreint dans l'alcool cà 40 p. 100, tandis
que les pièces préparées par la méthode lente de Golgi
s'y conservent intactes pendant plus longtemps. Ramôn
y Cajal conseille aussi (40) d'enfermer les pièces dans de
la moelle de sureau et d'inclure le tout à la paraffine;
Riese lui même, d'après une communication personnelle
de Yon Lenhossek, coupe les pièces encore moins péné-
30 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
trées de celloïdine que ne l'indique Kolliker et les place
dans un morceau de moelle de sureau, sur lequel on a
versé de la celloïdine. Il est du reste inutile que les
coupes soient trop minces.
Comme on l'a dit plus haut, les préparations ne sup-
portent absolument aucun couvre-objet; malgré cela elles
se conservent longtemps intactes, et même, comme Riese
a pu le reconnaître, deviennent plus claires après un
certain temps. Lorsque la masse résineuse qui les ren-
ferme est entièrement durcie, elles peuvent être facile-
ment examinées avec des lentilles à immersion. Samassa
montra que l'action nuisible du couvre-objet provient de
ce que la diffusion se fait très lentement sous celui-ci ;
par suite de cette lenteur, le courant agit avec une grande
énergie et enlève aux éléments cellulaires les précipités
de chromate d'argent qui s'y sont déposés.
V. — Dès 1888, Greppin (10] imagina une méthode
pour obtenir des préparations durables, même sous un
couvre-objet, et un moyen de les traiter par les procédés
ordinaires de coloration consécutivement à l'imprégna-
nation, but que Sehrwald (55fl) et Obregia (25) cher-
chaient aussi à atteindre. Greppin fixe des morceaux de
cerveau dans du liquide de Mùller qu'il renouvelle tous
les jours pendant une semaine, puis seulement toutes les
semaines; il obtient les meilleures préparations après
5-8 semaines. On peut aussi en obtenir, mais de moins
bonnes, après 8 jours de fixation. Les pièces passent
alors dans une solution de nitrate d'argent déjà employée
où elles séjournent pendant 10 minutes; puis on les
laisse dans une autre solution à 0.75 p. 100 pendant
54-56 heures ; elles sont coupées à l'aide du microtome
à congélation, sous l'action du chlorure de méthyle. Les
BULLETIN DliS SÉANCES. 31
coupes enroulées sont portées dans l'eau distillée où elles
s'étalent tout de suite et sont rapidement lavées; elles
passent alors pendant 50 à 40 secondes dans une solu-
tion à 10 p. 100 d'acide bromhydriquc où la coloration,
primitivement d'un brun noir, devient d'abord jaune
paille, puis blanche. Elles sont rincées 3 ou 4 fois à
l'eau distillée, dans laquelle elles peuvent rester un
certain temps; elles sont ensuite portées quelques jours
dans l'alcool, puis, après déshydratation à l'alcool absolu,
éclaircies à l'essence de girofle pendant 10 à 15 minutes,
montées dans le baume de Canada et recouvertes d'une
lamelle. Les précipités de chromate d'arg. se transfor-
ment en bromure d'argent. Lorsqu'on expose à la lumière
solaire les coupes ainsi préparées, elles prennent une
teinte d'un brun violet. Si au sortir de la solution à
10 p. 100 on les place encore pendant 20 secondes dans
une solution d'acide bromhydrique à 40 p. 100, on peut
suivre les effets différents de cette solution sur les diffé-
rentes catégories d'éléments; on rend l'image encore
mieux définie par une exposition de 25 à 50 minutes à
la lumière solaire. Le plus grand avantage de cette
méthode de Greppin est de pouvoir recouvrir les prépa-
rations d'une lamelle, car le fait qu'elle donne des
coupes de toutes les teintes possibles, présente d'après
Riese l'inconvénient de rendre les préparations très diffi-
ciles à examiner. Moller loue beaucoup (25) ce procédé,
mais Riese dit qu'il ne lui a rendu aucun service; peut-
être parce qu'il a employé l'éther pour congeler ses
pijèces, après les avoir fixées par la méthode rapide de
Golgi, quoique Greppin affirme que son procédé con-
vient également dans ce cas.
YI. — D'ailleurs on peut employer aussi pour les
xviu 3
32 SOClÉfÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
coupes traitées par l'argent la méthode de coloration de
Weigert modifiée par Pal. Ces coupes, traitées par de
l'acide bromhydrique à 10 p. 100, sont lavées avec
soin, placées pendant vingt-quatre heures dans l'acide
chromique à 0.5 pour 100, rincées 1 à 2 minutes dans
de l'alcool à 70 p. 100, puis transportées dans l'héma-
toxyline (1 gramme d'hématoxyline pour 90 c. c. d'eau
bouillante à laquelle, après refroidissement, on ajoute
10 c. c. d'alcool absolu. Ceci est la solution mère, à
50 c. c. de laquelle on doit ajouter chaque fois qu'on
l'emploie 8 à 10 gouttes d'une solution de carbonate de
lithine saturée à froid). Les coupes de cerveau doivent y
séjourner au moins 6, et mieux encore 24 heures ; les
coupes de la moelle allongée de 2 à 5 heures; puis elles
sont rincées dans de l'eau distillée mélangée de quelques
gouttes de carbonate de lithine.
On procède à la décoloration de la manière suivante.
Les coupes passent successivement : pendant 50 à 40
secondes dans une solution aqueuse de permanganate
de potassium à 1/4 p. 100; 1 à 2 minutes dans l'eau dis-
tillée; 5 minutes dans la solution suivante :
Acide oxalique 1 partie.
Sulfite de K 1 partie.
Eau distillée 200 parties.
Cette opération doit être répétée plusieurs fois. Elle
est terminée quand la substance grise est devenue
blanche et la substance blanche d'un bleu noir. On met
alors les préparations une minute dans l'eau distillée.
Avant ou après l'application de la coloration de Weigert-
Pal, on peut exposer les préparations à la lumière solaire
ou à l'action de l'acide bromhydrique concentré.
BLLLETIN DES SÉANCES. 33
VII. — Pour transformer en sulfite le précipité de
chromate d'argent, Greppin recommande encore un
autre procédé : les coupes traitées par l'acide bromhy-
drique à 10 p. 100 sont portées pendant 8 à 10 minutes
dans le sulfite de soude de Pal, préparé de la manière
suivante : 10 grammes de soude caustique sont dissous
dans 1 litre d'eau ; la moitié de cette solution est saturée
d'hydrogène sulfuré, puis mélangée à l'autre moitié; le
tout bien secoué est bouché hermétiquement. Lorsque
le sulfite de soude a agi on place les coupes pendant
15 minutes dans l'eau distillée, puis dans l'alcool,
l'essence de girofle, le baume de Canada. Pal lui-
même (*) employa cette méthode avec succès sur des
coupes traitées par la méthode au sublimé de Golgi : les
précipités de mercure étaient ainsi changés en ceux plus
résistants de sulfite de mercure. Tal (54) employa de la
même façon le sulfite de soude après la coloration à
l'argent de Golgi. Pour mieux faire ressortir les images
obtenues, Greppin (d'après les conseils de His) portait
en dernier lieu les coupes préparées d'après Golgi dans
une solution de chlorure de sodium à 5 p. 100 où elles
restaient une minute.
VIII. — Tandis que Greppin transformait en bromure,
au moyen de l'acide bromhydrique, le chromate d'argent
qui se dépose dans les éléments nerveux, Obregia (25)
préconisait une méthode par laquelle ces précipités
étaient changés en chromate d'or.
D'après lui il faut surtout se garder de mettre les
préparations en contact avec l'eau après les avoir traitées
par l'acide chromique; aussi conseille-t-il vivement de
porter les pièces dans l'alcool à 54 ou 55 p. 100 aussitôt
Pal, Mecl. Jahrbucher, Wien, ISSG, Heft IX et 1887, Hcft IX.
34 SOCIÉTÉ BELGE DE MILROSCOPIE.
après qu'elles ont été traitées par l'argent. Elles peu-
vent d'après lui être coupées dans la celloïdine ou la
paraffine.
Les coupes sont alors placées dans un mélange
qui doit être préparé et exposé à la lumière blanche,
1/2 heure avant d'y déposer les coupes; il se compose de
de 10 c. c. d'alcool absolu et de 8 à 10 gouttes d'une
solution à 1 p. 100 de chlorure d'or dans l'eau distillée.
Les coupes y restent dans l'obscurité de 15 à 50 minutes
d'après leur épaisseur, sont rincées rapidement à l'alcool
faible, lavées à l'eau distillée, puis mises pendant
5 à 10 minutes dans une solution aqueuse à 10 p. 100
d'byposulfite de soude cristallisé. Cette méthode d'Obre-
gia colore les cellules ganglionnaires en gris-noir ou en
violet foncé; elle peut être combinée avec d'autres pro-
cédés de coloration, tels que ceux au carmin aluné ou à
l'hématoxyline. Les préparations sont éclaircies dans la
créosote et montées dans la résine Dammar. On ne
peut naturellement se servir que d'instruments en verre.
IX. — Sehrwald (55a) est d'avis que pour rendre les
préparations de Golgi plus durables et plus belles, le
mieux est de transformer le précipité de sel d'argent en
argent métallique et il y arrive en plaçant les coupes
dans une solution alcaline d'hydroquinone (le mieux est
d'employer un mélange d'hydroquinone et de carbonate
de soude) ; il lixe les images au moyen d'byposulfite de
soude. Le désavantage de celte méthode sur laquelle
Riese n'a aucune expérience personnelle, est qu'elle
donne lieu à la production d'images artiticiclles {Ai-le-
faclcn).
X. — Pour éviter des insuccès fréquents, Sehrwald
propose de saturera chaud par du bichromate de potas-
BULLETIN DES SEANCES. 35
sium tous les réactifs par lesquels doivent passer les pré-
parations retirées de la solution d'argent, tels que
l'alcool, lexylol, la résine Dammar.Il prétend que lors-
qu'on ne prend pas cette précaution les dépôts argen-
tiques des tissus se dissolvent dans ces produits chi-
miques. Samassa (5*2) s'opposa à cette manière de voir
parce que la dernière hypothèse de Sehrwald manque
tout à fait de fondement.
XI. — Pour éviter une précipitation trop abondante
de chromate d'argent, en dehors des éléments histolo-
giques, qui couvre souvent tout le champ visuel, Marti-
nolti ('21) imagina le moyen suivant :
Avant de porter dans la solution d'argent les pièces
imprégnées de sels de chrome, il les entoure d'une masse
formée de morceaux de papier à filtrer et d'eau distillée,
et augmente alors de la façon ordinaire la concentration
de la solution d'argent. Sehrwald (55J) chercha à amé-
liorer cette méthode; il emploie au lieu de cette pâte une
solution aqueuse à 10 p. 100 de gélatine, qui se fige
par le froid mais se liquéfie déjà par une température
inférieure à celle du corps. Il entoure les pièces de cette
solution chauffée qu'il laisse refroidir, puis place le tout
dans la solution d'argent où l'imprégnation se fait au
bout de vingt-quatre heures. Avant de couper les pièces,
Sehrwald liquéfie la gélatine dans l'eau chaude à laquelle
il a ajouté d'avance, conformément à l'opinion émise
plus haut (voir X) du chromate d'argent en excès.
Par toutes ces méthodes (sauf par celle d'Obregia), les
cellules nerveuses et leurs prolongements, ainsi que tous
les cordons nerveux qui ne sont pas munis d'une gahie
de myéline se colorent en noir foncé; les cellules de la
névroglie avec leurs prolongements, en noir rougcâtre;
36 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
il en est de même des vaisseaux; d'après Greppin [loc.
cit.] certains espaces périvasculaires, périgliaires et péri-
ganglionnaires, qu'il faut considérer comme des trajets
lymphatiques, se coloreraient également. On reconnaît
ces espaces à ce fait que les précipités qui s'y forment
sous l'action de l'acide bromhydrique disparaissent avant
ceux qui se déposent dans les cellules et les fibres ner-
veuses. Parfois les fibres à mvéline se colorent aussi.
La coloration des divers éléments est-elle due à une
imprégnation du protoplasme par les sels d'argent et de
mercure, ou s'agit-il seulement d'une incrustation? Les
auteurs ne sont pas d'accord à ce sujet. Golgi, Kôlliker,
Cajal (55) sont pour la première explication; Rossbach
et Sebrwald (51) pour l'autre. Ces deux auteurs pensent
que l'argent se précipite exclusivement dans les espaces
péricellulaires. Sehrwald a constaté des cassures dans
les prolongements des cellules ganglionnaires lors du
durcissement des pièces argentées dans l'alcool; il les
attribue, ainsi que leur raccourcissement, à ce fait que les
inci'ustalions sont rompues et comprimées par suite du
resserrement que subissent les tissus dans l'alcool. De
là les effets mécaniques dont nous venons de parler.
C'est pour ce motif qu'il recommande de couper direc-
tement à la main les pièces telles qu'elles sortent de la
solution d'argent ou de les imprégner très peu de celloï-
dine.
Les inconvénients généraux de la méthode à l'argent
sont au nombre de deux : le premier est qu'elle échoue
fréquemment, ce qui tient à la façon différente dont les
éléments histologiques retiennent les réac-ifs qui servent
à les fixer et le second, que tous les éléments d'une pré-
paration ne se colorent jamais simultanément ni égale-
BULLETIN DES SÉANCES. 37
ment bien. Cette dernière circonstance doit, à un autre
point de vue, être considérée comme une avantage ; sans
elle, l'observateur aurait de la peine à se reconnaître dans
la confusion des cellules et des fibres : en effet, les fibres
nerveuses se colorent le plus facilement, puis viennent
les cellules nerveuses, puis celles de la névroglie. D'après
Martinotti (22) on peut obtenir uniquement l'imprégna-
tion des fibres nerveuses, en faisant agir sur les pièces
bien durcies une solution de nitrate d'argent à 0.25 p. 100
ou à 1 p. 100, mais ayant déjà été employée 2 ou 5 fois.
Les appendices cylindraxiles des cellules ne sont pas
très faciles à distinguer des autres prolongements, mais
avec quelque pratique on y réussit toujours et on trouve
alors les cylindre-axes colorés d'une façon nette et déli-
cate; ils ont un aspect liyalin et des bords lisses, tandis
que les prolongements protoplasmatiques présentent
comme les cellules un aspect granuleux ou strié (Marti-
notti).
La méthode de Golgi donne de bons résultats surtout
pour le système nerveux embryonnaire; elle en donne
aussi pour celui d'animaux jeunes ou adultes et pour
celui de l'homme.
Résultats.
[Les renseignements, donnés par la méthode de Golgi
sur la structure du système nerveux central (cervelet,
cerveau et moelle épinière) ont été résumés dans une
conférence récente donnée à la Société de Microscopie,
par M. A. Van Gehuchten. Cette conférence a été publiée
dans les Annales de la Société belge de microscopie
(tome XV, 1891). Nous croyons inutile d'y revenir ici.
38 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Nous ne nous occuperons donc que des recherches
entreprises" par k^ procédé rapide de Golgi sur les élé-
ments nerveux des organes des sens. Elles ont porté
sur la rétine, le bulbe olfactif, la muqueuse olfactive et
l'organe du goût.]
Rétine. — En ce qui concerne l'organe de la vue, il
est très remarquable que les résultats que Cajal et ïar-
tuferi ont obtenus, le premier en étudiant la rétine des
oiseaux (52), le second en étudiant celle des mammifères
(55), concordent en tous points avec les faits observés par
Dogiel (*), par une toute autre méthode, l'injection de
bleu de méthyle à des animaux vivants.
Dans la rétine, la méthode de Golgi colore bien les
segments internes des cônes et des bâtonnets, incom-
plètement ou pas du tout leurs segments externes. Leurs
noyaux (grains de la couche f/ramileiise externe) se voient
clairement, ainsi que les fibres qui partent de ces noyaux
vers l'intérieur et se terminent à la couche limitante
externe. Celles qui ont pour point d'origine les noyaux
des cônes présentent la forme de renflements triangu-
laires, celles qui partent des bâtonnets sont à peine
épaissies. De la base des renflements des cônes partent
de fins filaments qui s'entrelacent dans la couche réticu-
lée externe; il en est de même pour les bâtonnets, mais
seulement chez les oiseaux diurnes; ils se terminent
librement chez les mammifères et les oiseaux nocturnes.
La couche (jranulcuse interne se partage en trois
zones : celle des cellules subréticulaires, celle des cel-
(*) A. DOGiEi,, Vcher \das Yerhnllen der ncrvôsen Elemenle in der
Retina der Ganoiden, Rcplilkn, Viiqcl und Siiugelhierc. — Anal. Anzei-
ger, 1888.
• BULLETIN DES SÉANCES. 39
Iules bipolaires et, en troisième lieu, la zone des spon-
gioblastes.
A. Zone des cellules subréticidaires. — Elles ont 5
ou 6 appendices, très longs et variqueux qui, d'après
Cajal etTartuferi,présententcette particularitéde s'entre-
lacer au-dessous du renflement des cellules visuelles et
de former ainsi un réseau sous-épitliélial dans la couche
réticulée externe.
On n'a pas constaté de prolongement de ces cellules
vers la périphérie. A la même hauteur s'en trouvent
encore d'autres dont les prolongements ne se dirigent
que vers l'extérieur, jusque contre la couche des bâton-
nets et se terminent librement sous celle-ci. Cajal les
considère comme des cellules de la deuxième zone
dont le prolongement inférieur n'est pas coloré.
B. Zone des eellules bipolaires. — Elles envoient
vers la couche des bâtonnets un premier prolongement
qui se termine en fines ramifications et dont les bran-
ches principales vont finir dans le réseau sous-épithé-
lial provenant des cellules sous-réticulaires ; un seul
prolongement d'une ténuité extrême (aperçu chez les
oiseaux par Cajal, mais que Tartuferi n'a pu voir chez
les mammifères), se continue jusqu'à la couche limitante
externe et se termine par un renflement conique. Ces
prolongements ont été déjà vus, en 1876, par Emery, et
Landolt, en 1870, en avait décrit les terminaisons chez
les amphibies, sous le nom de corps en massue. L'autre
prolongement des cellules bipolaires se rend sans se
diviser jusqu'à la couche réticulaire interne et s'y ter-
mine librement par une arborisation. Tartuferi prétend
avoir vu, chez les mammifères, des anastomoses entre ces
arborisations; leur existence est mise en doute par Cajal.
40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
C. Zone des spongioblastes. — W. Mùller les a ainsi
nommés parce qu'il croyait qu'ils séparaient la sub-
stance cornée (Hornsubstanz) de la coucbe réticulée
interne. H y a trois espèces de spongioblastes : ce sont
les spongioblastes géants, moyens et petits, parmi
lesquels les premiers se caractérisent manifestement
comme cellules nerveuses par les prolongements qui se
joignent aux fibres du nerf optique; les derniers —
petits spongioblastes — méritent seuls leur nom : ils
sont tout à fait semblables aux cellules de la névroglie.
Les spongioblastes moyens montrent des prolongements
qui se terminent par des ramifications ; leur nature ner-
veuse est douteuse.
La couche des cellules ganglionnaires comprend plu-
sieurs séries d'éléments qu'on peut rapporter à trois
types : de petites cellules, puis des cellules ganglion-
naires géantes multi- et bipolaires. Les prolongements
de toutes ces cellules se terminent dans la couche réti-
culée interne par des arborisations. Ainsi est constitué,
dans la couche réticulée interne, un réseau très riche
qui, d'après Cajal, est de nature protoplasmatique; il
est formé par des prolongements des cellules bipo-
laires et de toutes les espèces de spongioblastes, et par
les prolongements des trois espèces de cellules que nous
venons de décrire.
Dans la couche des fibres nerveuses il faut considérer
deux espèces défibres, savoir : les prolongements cylin-
dre-axiles qui proviennent de la couche des cellules gan-
glionnaires et des spongioblastes géants, et des fibres se
terminant librement par un bouton au niveau de la cou-
che des spongioblastes.
BULLETIN DES SÉANCES. 41
Les fibres de soutènement de Millier se colorent aussi,
surtout après un long durcisscFiient.
Tartuferi signale des anastomoses entre ces différentes
espèces de fibres, Cajal nie leur existence; il n'admet
même pas qu'il y en ait, ni entre les prolongements des
cellules bipolaires de la couche granuleuse interne et les
fibres des cellules visuelles , ni entre les filets du nerf
optique et les arborisations des cellules bipolaires. II
soutient donc pour la rétine la même opinion que pour
la moelle épinière et le cerveau, savoir : que l'excitation
provenant des cellules visuelles agit par contiguité sur
les cellules ganglionnaires.
Comme tout le monde, il divise l'ensemble des élé-
ments de la rétine en trois catégories.
„ / 1. Epithéliaux t gr^^'"
z
5 l ( Fibres de MûUer.
H g| 2. Névrogliques j Probablement spongioblastes névrogliques (petits
S -I ( spongioblastes).
z *w I
g ^/ ' / Il Cellules ganglion-
^^\ l Tons les antres éléments- U ^) "aires. Spongioblas-
H i l ions les autres éléments, l^^j géants à fines
zSJ 11 ny a de doutes que b „„™:g„„tio.,s
H «I 3. Nerveux. \ pour les spongioblastes / ^ ramincaiions.
1 «"b - réticulaires et de ^ , ^ j^ j^^ ^ arborisa-
^^ \ grandeur moyenne. L ^ uons terminales li-
\ \ \ ^ ( bres.
Muqueuse olfactive. — Nous ne parlerons pas ici du
bulbe olfactif (28, 55). Les recherches entreprises sur la
muqueuse olfactive sont venues donner un nouvel appui
aux affirmations de Max Schuitze, attaquées par Exner
et d'autres; pour M. Schuitze les deux sortes de cellules
épithéliales, les cellules de soutènement et les cellules
olfactives, doivent être nettement distinguées l'une de
l'autre. Grassi (.5), notamment, voit se terminer à la
partie basale des cellules olfactives des filets nerveux
42 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
très fins et variqueux ; on ne remarque rien d'analogue
à la base des cellules de soutènement. On aperçoit bien
de très fines fibrilles nerveuses qui se prolongent entre
les cellules de soutènement, mais il est probable qu'elles
se terminent librement à la surface de l'épithélium.
Toutes les fibrilles situées dans l'épithélium constituent
un réseau serré, mais sans anastomoses.
On trouve dans la muqueuse un autre réseau de même
aspect formé de fibres provenant du nerf olfactif. Grassi
n'est pas parvenu à constater la réunion du réseau épi-
thélial et des fibres olfactives. La méthode qu'il a em-
ployée est digne d'attention, car il n'a obtenu ces résultats
qu'en procédant de la façon suivante : il laisse les pièces
six à huit jours, ni plus, ni moins, dans le mélange d'a-
cide osmique et de bicbromate, et, après les avoir trai-
tées par l'argent, les coupe directement à la main.
Muqueuse de la Langue. — Les recherches sur la ter-
minaison des nerfs dans la muqueuse de la langue (4)
ont été faites chez des chats, des lièvres et des chevreuils,
et il a été possible, par la méthode de Golgi, de recon-
naître les ganglions microscopiques, déjà décrits par
Remak, qui sont placés sur le trajet des fibres du glos-
sopharyngien qui se rendent dans les papilles fungi-
formes et filiformes.
Dans les deux plexus nerveux des papilles on ren-
contre des cellules nerveuses; dans le plexus de la base
elles sont analogues aux cellules ganglionnaires ordi-
naires; dans le plexus du sommet elles rappellent celles
du système nerveux central. Krause les avait déjà décrites
sous le nom de corpuscules guslatifs.
Celles-ci présentent des prolongements qui sont en
BULLETIN DES SÉAiNCES. 43
connexion, d'une part, avec le plexus nerveux, d'autre
part, se dirigent vers i'épithélium et s'y terminent libre-
ment par des rentlements. Dans le réseau nerveux,
comme on le savait déjà, on voit par la méthode nouvelle
le nombre des cellules ganglionnaires augmenter pro-
portionnellement à celui des fibres sans myéline.
Celles-ci forment, sous I'épithélium, un nouveau plexus
d'où se détachent de très fines fibrilles variqueuses qui
se dirigent parallèlement à I'épithélium et lui envoient
de toutes parts des ramifications. Quelques-unes de
ces fibrilles vont se perdre à la base des cellules gusta-
tives des papilles caliciformes, fait que Schwalbe (*}
soupçonnait déjà depuis longtemps, tandis queW. Krause
pensait qu'il n'existait aucune connexion entre les cel-
lules gustatives et les fibres nerveuses. D'autres fibrilles
se terminent sous forme de bâtonnets à la surface libre
de ces papilles, d'autres forment un fin réseau à leur
surface concave, d'autres enfin, à leur surface convexe.
Fusari et Panasci décrivent aussi de fines fibrilles ner-
veuses entre les cellules glandulaires des glandes à mucus
de la muqueuse linguale.
Enfin R. y Cajal étudia à l'aide de sa méthode les ter-
minaisons nerveuses dans les villosités intestinales, les
glandes salivaires et les fibres musculaires (55). Les
dernières recherches de cet excellent observateur por-
tèrent sur les muscles des insectes (4-0); il trouva chez
l'hydrophile (Wasserkâfer), la mouche et la guêpe que les
fibres musculaires sont enveloppées de 2 réseaux ner-
veux, dont l'un provient des nerfs qui environnent ces
fibres, l'autre des prolongements de cellules mullipo-
(') Lelirbucli der Analomie der Sinnesorgane.
44 SOCIÉTÉ DELGE DE MICROSCOPIE.
laires qu'on y trouve. Quant à la question de savoir s'il
existe des anastomoses entre les fibres nerveuses de
chacun de ces réseaux ou entre les deux réseaux, elle
n'est pas encore résolue.
Pour terminer, Riese examine rapidement les résultats
obtenus par la méthode de Golgi sur les éléments qui
n'appartiennent pas au tissu nerveux. C'est ainsi que
A. Bôhm (1) appliqua sur des morceaux de foie frais la
méthode modifiée par Cajal et obtint une coloration
des capillaires biliaires ; procédé que Cajal lui-même
employa dans le même bu( (55). Du reste, comme Oppel
(27/>) l'a reconnu, il donne encore, pour le foie pris
24 heures après la mort, des résultats favorables et qui
ne sont pas sans valeur en anatomie pathologique. Oppel
essaya même avec succès la méthode lente de Golgi (27a),
dans le but de rendre visibles les capillaires biliaires. Il
place un morceau de foie pendant 5 semaines dans une
solution aqueuse de bichromate de potassium à 2 p. 100
dont la concentration est rapidement portée à 5 p. 100;
et le laisse au moins 8 jours dans la solution d'argent
à 0.75 p. 100.
Bôhm, par un procédé un peu différent, montra dans
le lobule hépatique les fibres spéciales que Kupfïer
nommait fibres en treillis (Gitterf\isern). Oppel les décrit
d'après ses préparations non seulement dans le foie mais
aussi dans la rate. On peut encore en établir l'existence
par une autre modification de la méthode de Bôhm, que
voici : Bôhm (1) laisse des morceaux de foie frais de 1 c. c.
pendant 48 heures dans une solution d'acide chromiquc
à xj-i p. 100, puis il laisse agir le nitrate d'argent à
3/4 p. 100 pendant 72 heures, les porte pendant quel-
BULLETIN DES SÉANCES. 45
qiies heures dans l'eau et les durcit à l'alcool. Oppel (27a)
prend de la rate, des glandes lymphatiques et du foie
durcis dans l'alcool pendant 6 mois à un an et laisse les
morceaux pendant 24 heures dans une solution aqueuse
de chromate jaune de potassium à 1/2 p. 100 si les
pièces sont petites, à i p. 100 si elles sont grandes;
les lave avec une solution très faible de nitrate d'argent
(quelques gouttes d'une solution à 3/4 p. 100 dans 50c.c.
d'eau distillée), puis les dépose dans une solution d'ar-
gent à ùji. p. 100 pendant 1-6-24 heures. Il les porte
alors pendant quelques heures dans l'eau distillée, puis
les durcit à l'alcool. On peut alors sans danger les inclure
à la paraffine. Du reste on peut employer aussi, pour la
fixation, du bichromate de potassium à 5 p. 100 ou de
l'acide chromique à 1/2 p. 100. Dans ces derniers temps
Oppel (276) a recommandé l'emploi d'une solution à
10 p. 100 de chromate jaune de potassium et conseillé
de faire les coupes à la main.
D'après ces préparations qui proviennent d'hommes
sains et adultes, les capillaires biliaires apparaissent
comme des canaux à diverticules nombreux qui naissent
du conduit biliaire du foie par un pédicule étroit et se
terminent dans les cellules du foie par une petite boule.
Ce sont probablement les vacuoles (Secretvacuolen) que
Pfeifïer a décrites dans ces cellules du foie.
Les fibres en treillis du foie ressortent avec une
netteté remarquable lorsqu'on emploie la méthode de
Golgi modifiée, mais on ignore encore quelle est leur
nature, si elles sont conjonctives, élastiques, ou si elles
appartiennent à une autre espèce de tissu. Elles ont une
structure particulière pour chaque espèce animale.
Oppel put les étudier, entre autres, dans le foie de deux
40 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
criminels exécutés en plein état de santé. 11 vit dans
chaque lobule hépatique une irradiation de fibres volu-
mineuses d'où partent des fibres plus tines qui entourent
les espaces périvasculaires et lymphatiques. Les pre-
mières s'étendent depuis le tissu conjonctif intei'lobu-
laire jusqu'à la veine centrale.
Comme dans presque tous les organes, dans la rate
humaine, les vaisseaux capillaires fins deviennent visi-
bles et se colorent parla méthode de Golgi, mais elle
donne des renseignements plus intéressants sur la struc-
ture spéciale de cet organe. On y rencontre : 1" au
centre des corpuscules de Malpighi, des filets nerveux
tins en forme de ï; 2" autour des corpuscules de Malpi-
ghi, une première couche de lilets nerveux analogues
aux précédents, en rapport avec eux, et qui constituent
autour du corpuscule une enveloppe réticulée serrée;
5° puis une seconde enveloppe extérieure formée de
filets nerveux moins délicats. Les fibres de ce dernier
réseau pi-ennent une coloration rougeâtre, tandis que
les autres sont colorées en noir. Se colorent en outre
dans la pulpe de la rate, des fibrilles qui forment un
tissu réticulé épais et qui paraissent séparer les conduits
sanguins et lymphatiques. On y voit de petits vais-
seaux sanguins, des globules rouges, des cellules lym-
phatiques et du pigment. A l'intérieur de ce réseau on
rencontre un nouveau réticulum autour des vaisseaux;
on ne le trouve qu'autour des vaisseaux d'un certain
calibre. Ces filets nerveux ressemblent à ceux qu'on a
mentionnés au 2" : ils en ont la forme et comme eux se
colorent en rouge.
Lorsqu'on jette un coup d'œil sur tout ce qui précède
BULLETIN DES SÉANCES. 47
on doit reconnaître que la méthode de Golgi et ses mo-
difications ont une grande valeur pratique, et permettent
de faire ressortir nettement différents éléments histolo-
giques. Tous ceux du moins qui l'ont employée soi-
gneusement approuveront ces mots de Kôlliker (11),
disant que « jusqu'à présent on ne connaît aucun pro-
cédé qui fasse voir les cellules nerveuses des organes
centraux et les éléments de la névroglie avec une telle
perfection. »
XVJU
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DULLKTIN DES SÉANCES. .SS
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BILLETIIV DES SÉAI\CES
DE LA
1^
SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XYIII. N" III. 1891-1892.
Proeés-verbal de la séance lueiisiielle
du 98 décembre 1891.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 heures 1/2.
Sont présents : MM. Clautriau, L. Coomans, De
Wevre, Errera, Gallemaerts, Elle Marchai, et E. De
Wildeman, ff. de secrétaire.
M. Emile Marchai assiste à la réunion.
M. Errera annonce qu'un deuil récent retient M. le
docteur Verhoogen chez lui. L'assemblée décide que
M. De Wildeman lui adressera, au nom de la Société,
une lettre de condoléances.
Correspondance:
La Société a reçu de M. L. Olivier, directeur de la
lievue ç/cnéi'dle des sciences, de Paris, une lettre par
wm 8
56 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIE.
laquelle il s'offre à insérer, dans un supplément de son
journal, le sommaire de nos bulletins; en échange, il
demande que nous publiions de même les sommaires de
la Revue.
La Société décide d'accepter la proposition de M. Oli-
vier.
Publications reçues en hommage :
E. De Wildeman. — Notes sur quelques organismes
inférieurs. [Bull. soc. roy. bot. Belgique, t. XXX,
p. 169-177).
Des remercîments sont votés à M. De Wildeman.
Élection :
Sur la proposition du Conseil, M. Emile Marchai,
ingénieur agricole, présenté par MM. Errera et De Wil-
deman, est élu membre associé.
Addition au procès-verbal de la séance du 28 no-
vembre :
M. Bordet parle de l'irritabilité des globules blancs
du sang : ces cellules sont excitables par la pression ;
elles se montrent aussi sensibles aux propriétés chimi-
ques de diverses substances , particulièrement d'un
grand nombre de produits microbiens et de certaines
su!)stances sécrétées par des cellules de l'économie dont
BULLETIN DES SÉANCES. 57
la nutrition est altérée. De plus, les leucocytes perçoi-
vent les difterences de concentration des milieux en
présence desquels ils se trouvent.
M. Bordet expose la technique expérimentale et
montre au microscope les résultats de ces recherches.
Communications :
JEAN-SERVAIS STAS
par L. Errera
Le pays, la science viennent de faire une irréparable
perte.
L'homme illustre qui s'est éteint n'appartenait point
à notre société et ses études habituelles étaient fort éloi-
gnées des nôtres. Mais le vide produit par la mort de
Stas est si profond qu'il sera ressenti par tous ceux qui
s'occupent de science, par tous ceux qui ne sont point
indifférents au développement intellectuel de la patrie.
Notre société a pris part récemment au jubilé acadé-
mique du célèbre chimiste; elle ne saurait manquer de
s'associer aussi au deuil que sa mort a causé.
I
Jean-Servais Stas est né à Louvain, le 21 août 1815;
il est décédé à Saint-Gilles (Bruxelles), le 15 décembre
1891. Il appartenait à une famille modeste, et je le rap-
pelle pour lui en faire un mérite : c'est à son propre tra-
vail, à ses efforts, à son génie qu'il doit de s'être élevé
aux plus hautes régions de la science.
o8 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
A l'époque où Stas fit ses études, les universités
belges étaient profondément désorganisées. Dans sa ville
natale, il n'y avait plus ni Faculté des sciences, ni Faculté
de droit, et c'est sans doute ce qui l'amena à faire son
doctorat en médecine. Mais son goût pour la chimie
s'était manifesté de bonne heure, et sans laboratoire,
sans instruments, dans le grenier de la maison pater-
nelle, livré à sa seule ingéniosité, il s'était mis, dès
1855, à l'étude d'une substance organique nouvelle qu'il
venait de découvrir avec L.-G.de Koninck,dans l'écorce
de divers arbres, et à laquelle les deux jeunes savants
donnaient le nom de phloridzine. Stas avait alors 22ans.
Il parvint à démontrer que la phloridzine est un glyco-
side, tandis que son ami de Koninck en avait tenté vai-
nement le dédoublement par l'acide sulfurique.
Stas avait fabriqué de ses propres mains la balance
qui lui servit pour ce travail. Les couteaux étaient en
acier, tout le reste également en métal (il avait appris
dans les ateliers de son père à travailler les métaux);
l'aiguille seule était en verre et fixée à la balance au
moyen de cire à cacheter. Les matériaux, tous ensem-
ble, n'avaient pas coûté plus de cinq francs. Et la balance
était exacte au milligramme! (*)
C'est en 1857 que Stas se rendit à Paris, pour con-
tinuer ses études de chimie dans le laboratoire de
Dumas. Il y reçut le meilleur accueil et conserva la plus
vive gratitude envers celui qu'il a toujours considéré
comme son maître, et qui, de son côté, s'est montré
fier d'avoir formé un tel élève. Lorsque Dumas, vers la
fin de sa vie, fut nommé grand cordon de l'ordre de
Léopold, il écrivit à Stas une lettre charmante que le
Ces détails ni'oni été racontés par Stas lui-même.
BULLETIN URS SÉANCES. 59
hasard a mise sous mes yeux et dans laquelle on lit
cette phrase :
« Je me sens digne de la distinction dont le Roi veut
bien m'honorer, par cela même que je vous ai donnés à
la Belgique, vous et Melsens. »
En collaboration avec Dumas, Stas fit en 1859 et
18i0 une détermination du poids atomique du carbone
' — doublement mémorable, puisqu'elle forme depuis lors
la base de l'analyse organique et qu'elle décida en quelque
sorte de la direction ultérieure des recherches de Stas.
On sait que vers le début du siècle, le D' William
Prout avait émis une hypothèse hardie d'après laquelle
les poids atomiques des corps simples seraient tous des
multiples exacts de celui de l'hydrogène. Les divers élé-
ments semblaient ainsi se ramener à la condensation
progressive d'une matière unique, primordiale.
Les nombreuses et patientes déterminations de poids
atomiques que publia Berzélius n'étaient point con-
formes à l'hypothèse de Prout. Aussi l'avait-on aban-
donnée assez généralement, surtout en Allemagne et en
France. Or, voici que le chiffre obtenu par Dumas et
Stas pour le carbone en fonction de l'oxygène s'accorde
entièrement avec cette hypothèse. Cela ne manqua point
de frapper les chimistes. Mais bientôt les expériences
de Marignac sur le chlore vinrent montrer que l'unité
admise par Prout doit être réduite au moins de moitié;
et dans son grand mémoire de 1857, Dumas lui-même,
tout en se prononçant énergiquement en faveur de
l'idée de Prout, reconnaît qu'il est nécessaire de prendre
une unité égale au quart seulement de l'atome d'hydro-
gène, si l'on veut représenter tous les poids atomiques
par des nombres entiers.
60 SOCIÉTÉ 15ELGK DE MlCItOSCOI'IÉ.
Il est clair qu'en diminuant ainsi de plus en plus
l'unité fondamentale, il faut des expériences de plus en
plus minutieuses pour mettre à l'épreuve l'hypothèse de
Prout. Ces expériences, Stas les entreprit, et il y apporta
une précision telle qu'elles sont demeurées et qu'elles
demeureront à jamais classiques.
Les chiffres auxquels Stas arriva par l'étude appro-
fondie de sept éléments contredisaient absolument la
célèbre hypothèse. Il formule ainsi la conviction qui se
dégage pour lui : « Il n'existe pas de commun diviseur
entre les poids des corps simples qui s'unissent pour
former toutes les combinaisons définies (*). » Le résultat
est d'autant plus significatif que Stas avait commencé
ses recherches en ayant « une confiance presque absolue
dans l'exactitude du principe de Prout » (**). Il était
donc, suivant une expression dont il aimait à se servir,
un vaincu de l'expérience.
A peine avait-il publié ces conclusions, qu'il entrepre-
nait, infatigable, de les soumettre à un nouveau et rigou-
reux contrôle (***). Il se livra même à une deuxième véri-
fication (****). Notons ici un trait caractéristique et tout
à l'honneur de Stas : en achevant son mémoire de 1865,
il émettait le vœu qu'un chimiste dont l'autorité fut suf-
fisamment établie, voulût bien se donner la peine de
contrôler l'une quelconque des données fondamentales
de ses recherches. Eh bien! personne ne l'a cru néces-
saire, tant était grande la confiance que ses travaux
Rcclicrclics sur les rapports réciproques des poids atomiques, 1860, p.9.
{") Ibid., p. 8.
('") Nouvelles recherches sur les lois des proportions chimiques, eic,
186';.
("") Rapport proportionnel entre l'argent, les chlorures et les bro-
mures, 1881.
BULLETIN DES SÉANCES. 61
inspiraient, et nul n'a répondu à cet appel, si ce n'est lui-
même.
Les Nouvelles rec/ierclies furent, comme on devait
s'y attendre, une éclatante confirmation des précédentes.
« La simplicité de rapport de poids que présuppose
l'hypothèse de Prout entre les masses qui interviennent
dans l'action chimique, ne s'ohserve point dans l'expé-
rience; elle n'existe point dans la réalité des choses. En
effet, ces rapports tels qu'ils se présentent à nous sont
incommensurables. » Ainsi concluait-il dans Vlntroduc-
tioii magistrale qui figure en tête du mémoire de 1865.
Dans sa forme absolue, l'hypothèse de Prout était défini-
tivement renversée.
Pourtant, ce n'était pas encore là le résultat le plus
important des expériences de Stas. Avec son admirable
souci de la précision, il avait été amené dans le cours de
son travail à se demander si la loi des proportions défi-
nies, qui est le fond même de la chimie, est bien l'ex-
pression d'une relation mathématique, ou si elle n'est,
comme la loi de Mariotte, comme celle de Gay-Lussac,
comme celle de Dulong et Petit, qu'un à peu près, qu'une
loi-limite. Les méthodes imaginées par Stas pour résou-
dre ce problème, son habileté expérimentale ont provoqué
parmi les chimistes une admiration, on pourrait presque
dire une extase universelle : une telle rigueur n'avait
jamais été atteinte et n'a pas été dépassée. Il établit ainsi
que la loi des proportions définies est une loi absolu-
ment exacte; que la température, la pression, la combi-
naison avec un troisième corps sont sans influence aucune
sur le rapport suivant lequel deux corps simples se com-
binent; que les poids atomiques sont de véritables con-
stantes; et en même temps il déterminait ces constantes
62 SOCIETE BELGE DE MICHOSCOPIE.
pour une série d'éléments. Les lois fondamentales de la
chimie pouvaient, désormais, rivaliser de certitude avec
l'astronomie elle-même.
La chimie a pris, dans notre siècle, un essor prodi-
gieux. Ses conquêtes s'étendent chaque jour, ses procé-
dés se perfectionnent, ses théories s'élargissent, ses appli-
cations deviennent sans cesse plus nombreuses et plus
fécondes. Ce progrès constant est dû à une légiom
d'hommes de travail et de dévouement, et chacun d'eux
peut revendiquer sa part dans l'œuvre collective. Mais
s'il fallait se hasarder à fixer des rangs et à assigner des
places parmi tant d'esprits distingués, on devrait recon-
naître qu'il y a eu, sans doute, depuis l'immortel Lavoi-
sier, des travaux plus brillants et plus bruyants : il n'y
en a pas de plus solides, de plus durables, de plus fon-
damentaux que ceux de Stas. On ne saurait trop le répé-
ter : si la base sur laquelle repose le gigantesque édifice
de la chimie moderne est inébranlable, c'est à Stas sur-
tout qu'on le doit.
Pour montrer en quelle estime Stas était tenu à
l'étranger par les maîtres de la chimie, il suffît de trans-
crire les paroles que l'illustre Kekulé lui adressait au
mois de mai dernier, au nom de la Deulsclie cliemisclie
Gesellscliaft : « Vos laborieuses recherches sur les lois
des proportions chimiques, sur les poids atomiques et
leurs rapports mutuels sont devenues les appuis les plus
solides de la chimie tout entière... La sagacité, le soin
infatigable avec lesquels vous avez exécuté ces travaux
serviront d'exemple aux chimistes de tous les temps (*]. »
Manifestation en L'honneur de Jean-Servais Stas, Bruxelles, 1891,
p. 61.
BULLETIN DES SÉANCES. 63
II
Il nous faut remontera 1850 pour rappeler une cir-
constance qui permit au grand public d'apprécier la
pénétration de Stas, que ses travaux avaient déjà rendu
célèbre parmi les savants.
Au cbàteau de Bitremont, près de Mons, un crime
horrible venait d'être commis. Le comte HippolyteVisart
de Bocarmé avait empoisonné son beau-frère. Telle était
du moins la rumeur publique. Mais il fallait transformer
en preuves ce qui n'était encore que des présomptions.
C'est Stas que la justice chargea de la recherche du
poison. Grâce aux révélations d'un domestique et grâce
aussi à la finesse de son odorat, Stas avait été mis sur la
voie : le toxique employé devait être de la nicotine. Il
s'agissait maintenant de la retrouver. Stas y parvint
« par un prodige d'habileté, « comme le disait récem-
ment un chimiste éminent, M. Spring, et il sut extraire
quelques gouttes du poison « du cadavre de la victime
et même du plancher du lieu où le crime avait été
accompli (*). » Combien une telle recherche, encore
délicate aujourd'hui, offrait à cette époque de difficultés à
vaincre! Procédé d'extraction et propriétés de l'alcaloïde,
tout était pour ainsi dire à découvrir. C'est à cette occasion
que Stas inventa une méthode générale pour la recherche
des alcaloïdes qui porte son nom et qui est restée d'un
emploi courant en chimie organique et en toxicologie.
III
Vaincu de l'expérience, Stas était l'homme de l'expér
Manifestation en i' lionnmr de Jean-Servais 5^a5, Bruxelles, 189i,
p. 53.
64 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
rience avant tout. 11 s'en explique très nettement dans le
discours académique remarquable qu'il prononça en 1880
sur La science et l'imagination. « L'observation, l'expé-
rience et le calcul, y est-il dit, sont les seuls fondements
de la certitude, telle que l'homme peut l'atteindre en
quoi et sur quoi que ce soit, dans l'ordre matériel et
intellectuel. » Encore faut-il que les observations et les
expériences soient faites loyalement, sans parti pris et
avec tous les soins nécessaires. Sur ce point, Stas avait
le droit de se montrer exigeant. Aussi ajoute-t-il fine-
ment dans son discours : « Tout le monde dit : j'ai
observé, j'ai expérimenté tels faits, et cela avec une faci-
lité qui étonne profondément ceux qui ont passé leur
vie à apprendre comment interroger la nature par la
voie de l'observation et de l'expérience. »
Ce n'est pas tout. Il ne suffit point d'observer ou
d'expérimenter à l'aventure. On n'est pas un savant
parce qu'on enregistre au hasard tous les faits qui se
présentent, pas plus qu'un appareil photographique
n'est un artiste. Quoi qu'on en ait dit, Stas reconnaît
formellement la nécessité d'une idée directrice, préalable
à toute recherche scientifique : « L'observation et l'expé-
rience ne sont instituées que pour vérifier l'exactitude
des idées. » Il est aussi d'avis « qu'il faut une théorie
pour pouvoir établir la corrélation des faits entre eux. »
Mais ce qu'il redoute et ce qu'il critique, c'est l'abus de
la spéculation, « f envahissement de l'imagination dans
le domaine de la science. » Il constate avec regret com-
bien fhomme est « dominé par les préjugés qu'il tient
de son imagination ou de l'imagination d'autrui. » Je
pense, dit-il plus loin, « qu'il est indispensable d'aban-
donner, de répudier immédiatement toute hypothèse
BULLETIN DES SÉANCES. 65
qui n'est pas d'accord avec les faits et avec tous les faits
observés. » Puis, il ajoute cette remarque par laquelle il
se place sur le terrain de l'école positiviste : « En science
surtout, on doit éviter soigneusement d'émettre des
hypothèses dont l'exactitude ou l'inexactitude n'est pas
susceptible d'être démontrée par l'observation, l'expé-
rience et le calcul. »
Très frappé de l'erreur de ceux qui réduisent, suivant
son expression, l'enseignement de la chimie « à un pur
symbolisme, à une véritable imagerie », Stas a voulu
justement réprimer les abus de l'imagination. Qui sait,
cependant, s'il n'est pas allé un peu loin? Ainsi — pour
en revenir à l'hypothèse de Prout — il a assurément
démontré l'inexactitude de cette théorie fameuse, telle
que son auteur l'avait formulée. Aucun doute n'est plus
possible à cet égard. Mais de là à n'y voir qu une pure
illusion (*), il y a peut-être une nuance. Sans être une vé-
rité mathématique, ne serait-ce pas une première appro-
ximation, une loi-limite, c'est-à-dire une loi troublée par
l'intervention d'un facteur secondaire et encore inconnu?
Car, c'est une particularité indéniable et, certes, curieuse
que la plupart des poids atomiques les mieux connus se
rapprochent extrêmement de multiples exacts du poids
atomique de l'hydrogène. Cela est vrai pour six(**)desdix
éléments dont la détermination a été faite par Stas lui-
même. Déjà, Marignac avait noté cette remarque. Il sem-
ble difficile de ne voir là que des coïncidences fortuites.
IV
Omnia in mensura et numéro et pondère... Ce mot
Stas, Recherches, p. 9, 134; Nouv. rech., p. 4.
(■') Oxygène, azoïe, carbone, lithium, potassium, sodium.
06 SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
qui n'a peut-être pas dans le texte biblique le sens phi-
losophique profond que nous sommes tentés de lui don-
ner, n'en pourrait pas moins servir de devise à l'œuvre
de Stas. Aussi, lorsqu'il s'est agi de fournir à tous les
peuples des unités concordantes de mesures et de poids,
nul n'avait plus de titres que notre illustre compatriote
à faire partie du Comité international qui fut institué. 11
a exercé dans ce Comité une action considérable. Cha-
que fois qu'une question délicate s'est présentée, on peut
dire que l'opinion de Stas a été décisive.
Bien peu de personnes se font une idée de l'impor-
tance et de la difficulté des problèmes dont le Comité
international des poids et mesures a à s'occuper. On se
figure qu'il est tout simple de donner à chaque pays un
mètre et un kilogramme étalons. Et de fait, qu'importe
dans l'existence quotidienne si les poids et les mesures
d'une contrée ont quelques milligrammes ou quelques
millimètres de plus que ceux de la contrée voisine? Mais
quand on songe que ce n'est pas seulement la base des
transactions commerciales qui se trouve ici enjeu, mais
encore le fondement de toute mesure scientifique, la
question grandit et s'élève. Pour que la science soit une
et universelle, il faut que les unités employées en tous
pays soientrigoureusementcomparables.il faut aussi que
les mètres et les kilogrammes authentiques soient faits
d'une substance qui ne s'use ni ne s'altère, et il doit y
en avoir de par le monde un nombre assez grand pour
que leur multiplicité même les mette à l'abri des révolu-
tions — je ne parle pas seulement de celles du globe.
Les conseils de Stas ont été suivis pour l'organisa-
tion du Comité international. Ils ont été suivis encore
pour la forme et la matière des étalons. C'est grâce à lui
BULLETIN DES SEANCES. 67
que le platine iridié à 10 pour cent a été adopté univer-
sellement.
En dehors même de la gloire impérissable que ses
travaux ont fait rejaillir sur la Belgique, Stas n'a cessé,
toute sa vie, de rendre au pays les plus grands services.
C'était un patriote, dans la plus noble et la plus haute
acception.
Professeur de chimie à l'École militaire pendant plus
d'un quart de siècle, commissaire du gouvernement
auprès de la Monnaie, conseil technique de la Banque
nationale, longtemps président de la commission de la
carte géologique et de la commission de l'Observatoire,
membre du conseil supérieur d'hygiène et de la com-
mission centrale de statistique, enlin, depuis un an,
membre du conseil d'administration de l'Université de
Bruxelles, — il faudrait allonger outre mesure cette
notice déjà longue pour rappeler dignement ce que Stas
a fait dans ces multiples fonctions, les oppositions qu'il
a parfois rencontrées, son action toujours utile et le plus
souvent efficace. 11 est permis d'affirmer — aujourd'hui,
qu'il n'est plus là et que beaucoup des orages d'antan se
sont apaisés — que Stas a été le défenseur des grands
intérêts contre les petits calculs, indulgent autant que
possible, énergique quand cela était nécessaire, toujours,
loyal et désintéressé. Seulement, comme il envisageait
les questions du point de vue le plus élevé, il n'était pas
donné à tout le monde de le suivre et d'apprécier suffi-
samment ses raisons. C'est là sans doute le secret de
plus d'une des luttes qu'il a dû soutenir.
En sa qualité de commissaire des monnaies, Stas
G8 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPJE.
s'est opposé avec énergie à certaines opérations qu'il
désapprouvait. Il comprit aussi les dangers de la frappe
excessive de l'argent, autorisée sans doute par la con-
vention monétaire, mais qui, à son avis, n'en était pas
moins désastreuse pour le pays. Un changement minis-
tériel opportun vint empêcher ses avis de prévaloir : le
nouveau ministre des finances rogna les pouvoirs d'un
commissaire des monnaies trop consciencieux. Stas,
jugeant cette décision illégale, contraire à l'intérêt de
l'État et humiliante pour lui, n'hésita pas à se démettre,
à la fin de 1872, de fonctions qui lui procuraient
cependant le plus clair de ses revenus.
A l'Observatoire, son intervention salutaire s'est sur-
tout manifestée pendant cette sorte d'interrègne qui
suivit la démission du regretté Houzeau. L'autorité
scientifique de Stas et celle de son ami Liagre ont beau-
coup contribué à maintenir et à conserver au pays, mal-
gré cette période de crise, l'établissement que Quetelet
et Houzeau avaient illustré.
Il est superflu d'énumérer ici les académies, les insti-
tutions, les sociétés savantes des deux mondes qui avaient
appelé Stas à entrer dans leurs rangs, comme il serait
sans intérêt de donner la liste des distinctions et des
ordres qui lui ont été conférés. Il était de ces hommes
supérieurs qui ennoblissent les titres qu'ils reçoivent,
mais qui ne peuvent à coup sur être ennoblis par eux.
C'est à peine s'il se décidait, dans les circonstances
officielles, à porter l'un ou l'autre des rubans, plaques,
décorations de toute sorte dont il avait des tiroirs rem-
plis.
Il était membre étranger de la Société royale de Lon-
dres, et l'on sait qu'elle lui décerna, le 50 novembre
BULLETIN DES SÉANCES. 69
1885, la grande médaille Davy, destinée à récompenser
les travaux de chimie les plus remarquables. Il était
aussi, depuis 1875, l'un des quatorze membres d'hon-
neur de h Deutsche cliemiscfie GeseUscliaft de Berlin;
correspondant de l'Institut de France, depuis 1879, et
que sais-je encore? J'en passe beaucoup. Mais tout un
côté de l'activité de Stas serait laissé dans l'ombre, si
l'on omettait de parler de la grande place qu'il occupait
à l'Académie de Belgique et de la place que l'Académie
a occupée dans sa vie. Il lui a appartenu pendant plus de
cinquante ans, ayant été élu en 1841, et l'on se souvient
de l'unanimité avec laquelle les trois classes des sciences,
des lettres et des beaux-arts fêtaient, l'an dernier, un si
are jubilé. Comme le président de l'Académie, M. Ti-
berghien, le disait en cette séance solennelle, Stas était
a le digne représentant de la tradition et de l'honneur
de la Compagnie ». Célibataire, vivant modeste et seul,
il aimait à se trouver chaque mois parmi ses confrères,
dont il était, depuis plusieurs années, devenu le doyen
d'ancienneté : il s'y sentait un peu comme un chef de
famille environné des siens.
VI
C'est à une séance publique de l'Académie que Stas
communiquait, il y a un an à peine, les admirables
résultats de son dernier travail scientifique. Il avait
consacré à cette œuvre onze années; mais, scrupuleux
et précis à son ordinaire, il n'avait rien voulu publier
avant d'avoir accumulé preuves sur preuves, et vérifica-
tions sur vérifications.
La vieille question de la transmutabilité des éléments
70 SOCIKTE liELGK DK JIICKOSCOCIK.
avait élé, en quelque sorte, rajeunie par le célèbre
specfroscopiste anglais jNorman Loekyer : l'unité de la
matière que Prout avait cherché à établir par la compa-
raison des poids des atomes, Loekyer croyait la démon-
trer par l'étude des raies spectrales.
On sait qu'une flamme incolore dans laquelle on
plonge une petite quantité d'une substance volatilisable
quelconque, devient colorée. Si l'on décompose alors
ses rayons au moyen d'un prisme, on obtient une série
de lignes brillantes, séparées par des espaces obscurs.
Ces lignes sont différentes pour chaque substance, et la
caractérisent. On les nomme les raies spectrales. On
en observe également en prenant pour source de lumière
une étincelle électrique qui traverse un espace rempli
des vapeurs de la substance à étudier. Dans certaines
conditions, les raies, au lieu d'apparaître brillantes sur
un fond sombre, se détachent, au contraire, comme des
lignes noires sur un spectre continu, éblouissant de
lumière. Tel est aussi l'aspect qu'elles présentent dans
le spectre de la lumière solaire. Mais ce sont là choses
élémentaires que tout le monde aujourd'hui connaît, ou
devrait connaître.
Se fondant sur ce que les spectres de certains corps,
réputés simples, présentent à haute température les
raies caractéristiques d'autres corps, Loekyer en déduit
qu'il y a eu dissociation, dédoublement des éléments
employés. Ainsi, le potassium se dissocierait par la
chaleur en sodium et en un autre métal. De telles disso-
ciations s'accompliraient sur une vaste échelle dans l'at-
mosphère du soleil et des étoiles.
Stas reprend le problème. Mais, selon sa méthode
accoutumée, il le reprend par sa base. Aux généralisa-
BULLETIN DES SEANCES. 71
tions hardies il oppose les infinies précautions, la minutie
expérimentale; et, entre ses mains, ces moyens, petits
en apparence, suffisent ta faire tomber la théorie la plus
orgueilleuse. C'est l'éternelle histoire du grain de sable
de Pascal.
Les sels de potassium préparés par les chimistes les
plus habiles sont-ils absolument purs? Stas démontre
que non, il arrive à y déceler quelques cent-millièmes
de matières étrangères et, dans ces matières, il prouve
qu'il existe constamment du sodium. Débarrassés de ces
impuretés et observés dans un milieu lui-même bien
purifié, les sels potassiques ne présentent plus jamais à
l'analyse spectrale les raies du sodium, quelle que soit
la température, quels que soient les courants électriques
auxquels on les soumet. Les autres corps étudiés par
Stas lui donnent les mêmes résultats : lorsqu'ils sont
parfaitement purs, leurs spectres demeurent immuables.
Et devant ce simple fait, bien établi, s'évanouissent
comme des mirages les brillantes conceptions de l'astro-
physicien anglais.
De même que les formules mathématiques nous révè-
lent souvent plus que nous ne croyons y avoir mis et
semblent douées d'une puissance propre, les recherches
expérimentales soignées ne nous apprennent pas seule-
ment ce que nous leur demandions, mais souvent bien
davantage. C'est ce qui est arrivé pour Stas. Il voulait
établir que les apparitions de raies étrangères, invoquées
par Lockyer, s'expliquent tout simplement par des traces
d'impuretés, et il y parvint. Mais il trouva encore tout
autre chose. L'étude approfondie des spectres lumineux
lui démontra qu'ils sont radicalement différents, pour
une même substance, suivant qu'ils sont produits par la
xvin 6
72 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
chaleur d'une flamme ou par un courant électrique :
ainsi, pour le sodium et plusieurs autres corps, les
spectres électrique et calorifique sont irréductibles.
Bunsen et Lecoq de Boisbaudran l'avaient déjà reconnu
dans certains cas ; mais c'est un fait dont Stas, le
premier, saisit toute la portée. En efl'et, c'est toujours
avec le spectre électrique des éléments terrestres, et non
avec leur spectre calorifique, que s'observent les coïnci-
dences de raies du spectre solaire qui ont permis à
Bunsen et à Kirchhoff de faire l'analyse chimique du
soleil. Stas en conclut « que toutes les raies du spectre
solaire qui coïncident avec les raies terrestres sont égale-
ment des raies électriques disruptives. »
Donc, la lumière qui nous éclaire est de la lumière
électrique.
Citons les propres paroles, aussi remarquables par
leur précision que par leur réserve, par lesquelles Stas
terminece mémorablediscoursDe/a nature de la lumière
solaire :
« Empruntant à l'immortel Newton, parlant de la
gravitation universelle, son expression d'une si grande
et si profonde sagesse, je dirai : les choses se passent
sur la terre co3ime si la lumière de l'astre du jour était
le résultat de décharges disruptives incessantes, c'est-à-
dire discontinues et répétées à intervalles infmiment
courts... »
Nous avons ici l'œuvre d'un vieillard de 77 ans, un
an avant sa mort. On avouera que l'on était mal venu à
parler d'affaiblissement sénile, à propos d'un discours
qu'il adressa au Roi quinze jours plus tard, le P' jan-
vier 1891.
BULLETIN DES SÉANCES. 73
VII
Un labeur immense, de grandes et fondamentales
questions résolues définitivement, des résultats expéri-
mentaux d'une précision jusqu'alors inespérable, et qui
resteront, voilà, à grands traits, ce que la science doit à
Stas. Encore n'avons-nous pas son œuvre tout entière.
11 a laissé en mourant les manuscrits relatifs à ses
recherches spectroscopiques sur le sodium, le potas-
sium, le lithium, le calcium, le strontium, le baryum,
le thallium, dont les conclusions générales sont seules
indiquées dans son dernier discours; des travaux sur
l'argent; sur le rapport proportionnel entre l'argent et
le chlorure de potassium. Souhaitons que ces écrits pré-
cieux (dont l'Académie de Belgique a confié l'examen
à deux hommes hautement compétents, MM. Spring et
Depaire) soient suffisamment complets pour être bientôt
publiés, et tenons pour assuré qu'ils ajouteront encore
à la gloire scientiiique de l'illustre chimiste.
S'il fallait définir cette gloire, on pourrait être tenté
de voir le mérite particulier de Stas plutôt dans la per-
fection des méthodes que dans l'originalité des concep-
tions. Plusieurs de ses œuvres maîtresses ont été la réfu-
tation des erreurs des autres, et non la proclamation
d'idées personnelles. Mais cela tient surtout à la nature
des questions qu'il a traitées. Lorsqu'il s'agit des bases
mêmes d'une science, la solidité est la chose essentielle,
et la rigueur des démonstrations importe beaucoup plus
que leur nouveauté. On a pu voir, d'ailleurs, par le dis-
cours sur la lumière solaire, que Stas ne reculait pas
devant les inductions originales et hardies, pourvu
74 SOCIETE BELGE DE MICROSCOPIE.
qu'elles fussent largement appuyées sur l'observation,
l'expérience et le calcul.
Tel fut le savant. Il reste à dire ce qu'a été l'homme.
Dans les dernières années de sa vie, voûté par l'âge,
Stas était de petite taille. Sa tête était singulièrement
intelligente et expressive, encadrée, dans sa vieillesse,
d'un collier de barbe blanche, plus touffue que longue,
la moustache fournie et retombante, le front haut. Il
avait les sourcils épais des hommes de volonté. Ses yeux
perçants et pénétrants, ses arcades sourcilières très for-
tement saillantes et remontant légèrement vers l'attache
du nez, donnaient à sa physionomie quelque chose à la
fois de bon, d'austère et de malicieux. Cette impression
devenait encore plus vive lorsque, vous faisant asseoir
auprès de lui, il vous prenait la main entre les siennes,
et de sa petite voix, et de son sourire, vous exhortait à
causer de vos occupations favorites, des difficultés ren-
contrées, des efforts accomplis. Quoiqu'il eût une légi-
time conscience de sa valeur, il était très modeste et ne
parlait guère de lui-même, ni de ses travaux.
Dans sa jeunesse, il avait été de stature moyenne et
fort i)ien de sa personne, à en juger par le célèbre mar-
bre de Rude, le Pêcheur napolitain jouant avec une
tortue, qui est au Louvre, et pour lequel il a posé.
Il avait la gorge délicate. Des vapeurs irritantes, res-
pirées au cours de ses recherches sur les métaux du
groupe du platine, avaient encore aggravé cet état et
affaibli son larynx. On peut dire que, depuis une ving-
taine d'années, sa santé n'a cessé d'être chancelante, et il
ne s'est conservé qu'à force de soins, de régime, de régu-
larité dans les habitudes. Par crai»? ie des courants d'air,
BULLETIN DES SÉANCES. T5
il portait toujours une calotte de velours, qui ne le quit-
tait pas. Allait-il en visite, il avait sa calotte en poche et
la mettait aussitôt qu'il avait ôté son chapeau. Souvent
aussi, lorsqu'il descendait de sa bibliothèque du second
étage à la salle à manger pour y recevoir un de ses amis,
il prenait la précaution de se jeter un pardessus sur les
épaules, et il le gardait après s'être assis dans la chambre
moins chaude du rez-de-chaussée. C'était alors un de
ses mouvements familiers de rattraper le pardessus qui
glissait constamment dans cette position d'équilibre peu
stable.
N'ayant presque pas de fortune, consacrant le peu
qu'il gagnait à l'achat d'instruments de précision et au
soulagement de ceux qu'il savait dans le besoin, il vivait
très modestement dans une petite maison de la rue de
Joncker, à Saint-Gilles (l'un des faubourgs de Bruxelles).
Le mobilier était de la plus extrême simplicité : les por-
traits d'un grand nombre de ses amis, quelques dessins
de feu son ami Navez, et un vase de Sèvres que lui avait
offert le gouvernement français à l'occasion de la confé-
rence du mètre en formaient à peu près les seuls orne-
ments.
J'ai parlé de sa calotte de velours noir. Il en possédait
une magnifique, aux couleurs brésiliennes — jaune et
vert — que lui avait brodée l'Impératrice du Brésil,
Mais on conçoit qu'il ne la portât pas. C'est à l'occasion
de la frappe de monnaies pour le Brésil, par la Monnaie
de Bruxelles, que dom Pedro avait pu apprécier tout
particulièrement la loyauté scrupuleuse et le désintéres-
sement de Stas, et qu'il lui avait, ainsi que l'Impératrice,
voué une véritable et profonde amitié.
Stas était sincèrement libéral et libre-penseur. Il a
■7(; SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
vécu, il est mort et il a voulu être enterré en dehors de
l'Église catholique. Mais telle était la droiture de sa vie
et la noblesse de son caractère, qu'il commandait l'estime
même chez ceux qui partageaient le moins ses idées. 11
a compté presque autant d'amis dans le camp catholique
que dans le parti libéral : tels Montalembert, le père
Secchi,et,en Belgique, Thonissen, Victor Jacobs le cha-
moine Gilson, le chamoine Van Weddingen, et bien
d'autres. C'est lui — chose curieuse — qui amena une
réconciliation entre un prélat catholique et les jésuites.
L'aventure vaut peut-être qu'on la raconte, d'autant
que l'auteur de ces lignes en tient le récit directement
de Stas et l'a noté sur-le-champ.
Stas était lié avec l'évêque de Namur, M*'''" Deheselle,
le prédécesseur de M*^*" Dechamps, et allait le voir chaque
fois qu'il passait par Namur. Un jour qu'il s'y arrêtait
pour quelques heures, en compagnie de l'une de ses
sœurs, il la laisse à la gare et se rend à l'évêché faire sa
visite habituelle. On cause de mille choses, puis, au
bout de quelque temps, comme Stas fiiit mine de s'en
aller, Monseigneur le retient :
« Je compte bien que vous restez pour dîner avec
moi?
— Impossible, Monseigneur. Je dois encore aller
voir un autre de mes amis.
— Qu'à cela ne tienne. Faites dire à votre ami de
venir également dîner à l'évêché.
— 11 s'agit d'un jésuite, le P. Macs. «
Stas avait, en effet, promis de rendre visite au P. Macs,
jésuite du collège de la Paix, qu'il connaissait pour
avoir siégé avec lui au jury central, et qu'il estimait
beaucoup.
BULLETIN DES SÉANCES. 77
Au mot de jésuite, l'évêque devint grave. Il était
catholique libéral — cette race éteinte existait encore à
cette époque reculée — et il n'aimait pas les jésuites.
« Si c'est un jésuite, la chose est difficile. Jamais un
jésuite n'a mis les pieds ici, depuis que je suis évêque.
— Bah ! répond Stas. Je suis plus tolérant que vous.
Je n'ai pas de préjugés contre la Compagnie. »
Après un instant de réflexion, l'évêque accepte et donne
ordre d'atteler pour aller quérir le P. Maes.
« Mais, reprend Stas, ce n'est pas tout. J'ai ma sœur
qui m'attend à la gare et qui s'inquiétera si elle ne me
voit pas revenir.
— Je l'invite également.
— Monseigneur, vous êtes trop aimable pour qu'on
refuse. Mais il reste un petit obstacle...
— Lequel?
— Ma santé exige que je prenne tous les jours un
bifteck à dîner. Et comme c'est vendredi, je crains...
— Vous aurez votre bifteck, interrompt l'évêque.
Maintenant, mon cher ami, la voiture vous attend :
hâtez-vous d'aller chercher nos invités. «
Lorsque la voiture épiscopale s'arrêta devant le collège
de la Paix, ce fut un événement. Le carrosse de Monsei-
gneur, qui avait toujours boudé jusqu'ici l'ordre de
saint Ignace! Et l'étonnement redoubla quand on en
vit descendre le petit bonhomme Stas. Il demande le
P. Maes et lui explique ce qui l'amène. Le révérend
père, en jésuite correct, consulte le supérieur ; on
examine, on discute et l'on linit par décider que le révé-
rend père peut accepter le grand honneur qui lui est
fait. Seulement, il reste à lui trouver une soutane con-
venable, car la sienne est décidément trop râpée. On fait
78 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
le tour des armoires et on finit par mettre la main sur
une soutane presque neuve d'un eollègue oblicjeant.
Et en route pour la gare, où il faut chercher encore
W Stas.
Quelques instants après, le premier jésuite entrait à
l'évêché, et cela grâce au plus affreux des mécréants. Et
l'on eût pu voir Stas, assis auprès du jésuite, et man-
geant un bifteck, un vendredi, à la table d'un évêqueî...
Très tolérant lui-même, Stas trouvait toute intolé-
rance haïssable. Quelqu'un ayant un jour écrit un article
sur les juifs dans lequel il établissait l'inanité des pré-
jugés aiitisémitiques, Stas devina quel était l'auteur, et
vint, dès le lendemain, le féliciter de défendre des idées
qui étaient aussi les siennes.
Le trait dominant du caractère de Stas était la bien-
veillance. Il ne marchandait ni ses encouragements, ni
son assistance efficace aux débutants des carrières scien-
tifiques, dès qu'il avait trouvé en eux des promesses
d'avenir et un amour désintéressé du travail. Cette bien-
veillance allait à tous les mérites et n'a jamais connu
aucune des étroitesses de l'esprit de parti. Combien de
nos compatriotes ont recouru à Stas, ont sollicité son
appui, doivent à son intervention une grande partie de
ce qu'ils sont, parmi ceux-là même que la forme de leur
habit ou la couleur de leur drapeau a tenus éloignés de
son cercueil !
Stas a du reste été l'homme le plus sollicité de Bel-
gique. On le savait inthient, on connaissait sa bonté —
et l'on en abusait. Qu'il s'agît d'une nomination de
professeur à l'Université ou d'un emploi de garde-cham-
pêtre, de l'avancement dans fadministration supérieure
BULLETIN DlîS SÉANCES. 19
OU d'une place d'aspirant commis surnuméraire, on
s'adressait à lui. Et si le candidat était méritant, on pou-
vait être sûr que Stas se mettrait en campagne et qu'il
ne négligerait aucune démarche.
Cette bonté inépuisable n'excluait point la fermeté.
Stas était intraitable quand les intérêts supérieurs de la
science et du pays étaient en jeu. Il n'admettait pas qu'ils
fussent sacrifiés à des raisons politiques ou personnelles
et il a toujours combattu tout passe-droit, toute injus-
tice, qu'ils fussent commis dans l'un ou dans l'autre
parti.
On l'a bien vu par les paroles énergiques qu'il pro-
nonça au Palais de Bruxelles, à la réception du nouvel
an de 1891, en présentant au Roi les vœux de l'Aca-
démie de Belgique. Le mode de recrutement du per-
sonnel enseignant dans les universités de l'État, disait-il,
« est absolument défectueux... Au lieu de répartir les
chaires universitaires entre les hommes les plus capa-
bles, comme leur revenant de droit, avec la pensée uni-
que de hausser le niveau des études et d'accroître le
patrimoine intellectuel de l'humanité, on a vu trop sou-
vent, on a vu trop longtemps l'esprit de parti en dis-
poser arbitrairement au détriment de l'esprit scienti-
fique. » Lorsqu'il parlait de la sorte, on peut être sûr
qu'il ne faisait point une attaque politique. Il ne visait
pas un parti; il critiquait un système. Ni dans les
termes, ni dans la pensée de Stas, il n'y a autre chose.
Ceux qui seraient tentés de prendre le blâme pour eux
seuls ne feraient que se juger et se condamner eux-
mêmes.
Ainsi, jusqu'à son dernier jour, ce vieillard au corps
80 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
frêle, au vouloir ferme, a continué à servir la cause de
la science, de la justice et de la vérité. On a pu lui dire
aux applaudissements de tous, lors de son cinquante-
naire académique : « Vous avez le respect de la vérité,
vous l'estimez comme une chose sainte et sacrée, vous
ne voulez la compromettre ni par des réticences, ni par
des exagérations (*).
C'est un rare et précieux exemple, en ce temps de
volontés affaiblies et d'égoïsmes encombrants, que cette
vie active, modeste, bien remplie. Stas a été plus encore
qu'un penseur et un savant : un caractère.
L^azote dans les capsules de Pavot,
par G. Clautriau.
Absorbé dans le sol sous forme de composés nitriques
ou ammoniacaux, parfois aussi, emprunté directement
à l'état libre à l'atmosphère, l'azote est assimilé par la
plante, et entre dans un certain nombre de combinai-
sons organiques. Parmi ces composés azotés, les uns
se rencontrent d'une manière générale dans tous les
organismes, constituant les matières albuminoïdes,
éléments essentiels de toute vie, tandis que d'autres,
moins répandus, sont spéciaux à certains groupes de
plantes, et même à certaines plantes.
Les différentes fonctions chimiques des combinaisons
organiques azotées peuvent, pour la plupart, se rencon-
trer chez les végétaux. On y trouve des aminés, des
Discours de M. Tiberghien, Manifestation en L'honneur de Jean-
Servais Stas, 1891, p. â.
BULLETIN DES SÉANCES. Si
acides amitiés, des uréïdes, des composés cyanogènes,
des composés aromatiques, appartenant aux groupes de
la benzine, de l'anthracène, de la pyridine, de la quino-
léine, etc. Mais tous ne sont pas également communs;
et ils peuvent jouer des rôles très divers dans l'économie
du végétal. Un acide amidé, par exemple, l'asparagine,
aurait, d'après certains auteurs, une signification impor-
tante dans la synthèse des matières albuminoïdes, et
constituerait le premier stade de l'assimilation de l'azote
organique.
A côté de l'asparagine, il existe un certain nombre de
combinaisons azotées, dont le rôle physiologique est
encore très peu connu. Certaines, sans doute, doivent
constituer des déchets de l'activité protoplasmique, com-
parables à l'urée et aux autres corps azotés d'excrétion
des animaux. Mais tous sont-ils des rebuts? La sola-
nine, glycoside à radical alcaloïdique, de la série pyri-
dique, qui existe chez un certain nombre de plantes,
semble, d'après diverses observations, servir à la nutri-
tion. Est-elle entièrement assimilée, ou bien la plante
n'utilise-t-elle que la molécule de glycose unie à la molé-
cule d'alcaloïde?
En ce qui concerne les alcaloïdes, surtout, la ques-
tion est loin d'être élucidée. Elle présente cependant un
intérêt considérable, car le nombre de ces corps déjà
connus actuellement est très grand, et il augmentera
certainement encore de beaucoup, lorsque l'on aura
examiné, d'une manière complète, la grande quantité de
plantes qui n'ont été jusqu'à présent l'objet d'aucune
recherche chimique, ou qui ont été analysées trop som-
mairement.
Pourquoi tant de plantes forment-elles des alcaloïdes?
82 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Sont-ils des produits transitoires nécessaires pour la
synthèse de combinaisons plus complexes, comme quel-
ques auteurs sont portés à l'admettre? Ou bien, ne sont-
ils que des déchets, que la plante peut utiliser ensuite
comme moyen de protection contre la voracité des ani-
maux?
Mais avant de pouvoir tirer des conclusions générales
à cet égard, il est nécessaire de connaître d'une manière
exacte, la façon dont se comportent les alcaloïdes chez les
diverses plantes qui en forment, et de déterminer les
conditions qui modifient leur production. Carde grandes
différences s'observent dans la façon d'être des alcaloïdes,
selon les plantes. Tantôt l'alcaloïde existe dans la graine
et tantôt celle-ci n'en renferme point. Parfois la plante
très jeune en contient beaucoup, parfois il n'apparaît
qu'au cours de la végétation ; et si, dans certains cas,
on le retrouve intact dans les tissus morts, dans d'autres,
au contraire, il disparaît pour la plus grande partie dès
la maturité de la plante.
La quantité aussi en est très variable. Parmi les plantes
les plus riches en alcaloïdes on peut citer en première
ligne le pavot, Papavcr somnifcrum, chez lequel j'ai
pu déterminer microchimiquement, outre la localisa-
tion, la marche des alcaloïdes (*). Les graines mûres
n'en contiennent pas, et il ne s'en forme ni pendant
la germination, ni même pendant la première période
de la végétation. Il faut que la plante ait acquis un cer-
tain développement, atteigne une hauteur d'environ dix
centimètres, pour que l'on puisse constater leur pré-
(*) Recherches microchimlques sur la localisa (ion des alcaloïdes daus
le Papaver sonmifernm. Mémoire de la Socié belije de microscopie,
t. XII, 1888.
BULLETIN DES SÉANCES. 83
sence. A partir de ce moment, la richesse en alcaloïdes
va en croissant jusqu'à ce que la capsule arrive à son
complet développement. Alors, durant toute la matura-
tion des graines, les alcaloïdes diminuent petit à petit,
et lorsque la plante, ayant mûri ses semences, se des-
sèche, tous les alcaloïdes ont presque complètement
disparu.
Ici, les alcaloïdes sont donc liés à toute la vie de la
plante adulte, et le fait de leur disparition lors de la
maturité des graines, permet de supposer a priori, qu'il
pourrait exister une certaine relation entre eux et la
maturation des semences. Les alcaloïdes ne serviraient-
ils pas à la formation des matières albuminoïdes des
graines?
Il était intéressant de vérifier expérimentalement cette
supposition. Dans ce but, il s'agissait de voir ce que
devenaient les alcaloïdes dans des capsules séparées de la
plante, coupées peu de temps après la fécondation des
ovules. L'azote des alcaloïdes ne deviendra-t-il pas de
l'azote albuminoïde? La capsule peut parfaitement bien
mûrir ses graines, ainsi détachée de la plante, et ce fait
est connu depuis assez longtemps (*). En opérant de
cette manière, on supprimait toutes les causes d'erreur
pouvant provenir d'un apport plus ou moins grand de
matériaux azotés assimilables ou non, des feuilles à la
capsule. Celle-ci seule devait donc fournir aux graines
tout l'aliment nécessaire à leur développement complet,
et comme elle renferme de l'azote sous ses formes albu-
minoïde, nitrique et alcaloïdique, des analyses chimiques
spéciales pour chacune de ces formes devaient permettre
(*) Pfeffer, in Jahrbiichcr fur wissensclinflliche Bolanik, Band 8,
1872, p. 510.
84 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
de constater les différences survenues dans leurs quan-
tités respectives, au cours delà maturation.
En se basant sur ces considérations, les expériences
ont été établies de la façon suivante ;
Dix-huit capsules de Papaver somniferum album,
provenant d'une même culture de plantes vigoureuses et
aussi semblables que possible, ont été cueillies peu après
la chute des pétales. Chaque pédoncule a été coupé sous
l'eau à cinq centimètres environ de la capsule, et toutes
les capsules ainsi traitées sont restées quelque temps
baignant dans l'eau afin de laisser écouler l'excès de
latex. Quand cet écoulement eût cessé, toutes les surfaces
de section furent débarrassées du latex coagulé qui pou-
vait encore y être adhérent, et l'on partagea les capsules
en trois lots identiques de six, devant servir à trois séries
d'expériences.
La première série, après avoir été pesée, a été immé-
diatement soumise à l'analyse chimique d'après le pro-
cédé indiqué plus loin.
La seconde série, pesée, a été abandonnée à l'air, en
laissant la dessiccation s'opérer lentement, ce qui per-
mettait, pendant un jour ou deux, la continuation de cer-
tains échanges intimes, et durant toute la dessiccation,
l'action de la lumière et de l'oxygène de l'air.
La troisième série enfin, pesée également, a été placée
dans des conditions lui permettant de continuer à vivre
et à mûrir ses graines. Pour cela, les capsules repo-
saient sur une mousseline tendue au-dessus d'un cristal-
lisoir contenant de l'eau distillée, dans laquelle plongeait
l'extrémité des pédoncules. Le tout était recouvert d'une
grande cloche de verre pour maintenir l'atmosphère
humide. L'expérience, commencée le 9 juillet, a été
BULLETIN DES SÉANCES. 85
arrêtée le 28 du même mois. Les capsules avaient pris
une teinte grise, et leur volume avait diminué. De plus,
par suite d'une trop grande humidité de l'atmosphère,
des mycéliums commençaient à se développer sur les
pédoncules et formaient quelques taches sur certaines
.capsules.
L'analyse chimique de ces trois séries a été faite de la
même manière. D'ahord on commençait par séparer
complètement les graines des capsules. Cette opération
présentait quelques difficultés pour la première série :
les graines, très jeunes, étaient très adhérentes aux
placentas, et en les détachant, on emportait parfois de
petits fragments des tissus placentaires, un peu impré-
gnés de latex. La séparation des graines terminée, les
capsules étaient découpées en petits morceaux et mises
en macération dans de l'alcool absolu contenant 2 p. 1000
d'acide tartrique. Ce traitement par l'alcool tartrique
était répété à plusieurs reprises, à froid d'abord, puis à
chaud, jusqu'à ce que l'alcool passant incolore à la
filtration, ne laissât plus de résidu à l'évaporation. Les
liqueurs alcooliques ont alors été évaporées au bain-
marie pour chasser tout l'alcool, et le résidu a été
repris par de l'eau distillée pour séparer surtout la
chlorophylle. Après filtration, le liquide aqueux fut de
nouveau évaporé au bain-marie jusqu'à consistance de
sirop épais, qui fut épuisé ensuite par de l'alcool absolu
à chaud, pour dissoudre les tartrates d'alcaloïdes et les
nitrates. La séparation de ces corps a été obtenue en
filtrant et évaporant la liqueur alcoolique, reprenant le
résidu de l'évaporation par de l'eau distillée acidulée par
de l'acide chlorhydrique, et précipitant ensuite les alca-
loïdes par un excès d'acide phosphomolybdique. Le pré-
86 SOCIKTÉ BELGK DE MICISOSCOTME.
cipité des phosphomolybdates d'alcaloïdes a été recueilli
sur un petit filtre taré, lavé à l'eau acidulée, puis à l'eau
pure, desséché et pesé.
Dans la liqueur débarrassée des alcaloïdes et à laquelle
on a ajouté les eaux de lavage du précipité de phospho-
molybdates, les nitrates ont été dosés sous forme de
bioxyde d'azote, par le procédé de Schloesing.
Le dosage des matières albuminoïdes a été fait par le
procédé de Will et Varrentrapp, en opérant sur le résidu
séché et pulvérisé du traitement par l'alcool tartrique,
lequel ne dissout pas les substances protéiques.
Les semences, de leur côté, ont été soumises aux
mêmes traitements et à des dosages analogues par les
mêmes procédés ; et pour les trois séries en expérience
le mode opératoire a été absolument identique. L'eau
distillée dans laquelle baignaient les pédoncules des
capsules de la 5'"" série a été évaporée, et le faible résidu
recueilli avec soin, a été ajouté aux capsules.
Le dosage de l'azote des alcaloïdes n'a pu être fait par
suite des faibles quantités de matière, et les chiffres
donnés dans le tableau ci-après représentent la quantité
d'alcaloïdes, calculée en morphine d'après le poids des
précipités de phosphomolybdates. Il y a de ce chef une
légère erreur, car le précipité obtenu par l'acide phos-
phomolybdique, ne renferme pas uniquement le sel de
morphine, mais bien le mélange des sels des divers alca-
loïdes du pavot. Toutefois, cette erreur ne peut être
considérable, d'abord parce que la majeure partie des
alcaloïdes doit être effectivement ici de la morphine, et
ensuite parce que les poids d'une molécule de phospho-
molybdate de morphine, de codéine, de papavérine,etc.,
sont assez voisins. Divers essais préliminaires ont été
BULLETIN DES SÉANCES.
87
fiiits avec de la morphine pure pour vérifier le poids du
phospliomolybdate; et en outre, dans des expériences
ultérieures, le dosage par l'acide phosphomolybdique a
été également contrôlé par un dosage au moyen de
l'iodure double de mercure et de potassium.
En ce qui concerne les nitrates, on pourrait objecter
que l'alcool absolu ne dissout pas le nitrate de potassium
et que, par suite, il aurait fallu surtout les doser dans
les résidus du traitement par l'alcool tartrique. Mais,
ainsi que des essais préliminaires l'ont démontré, tous
ces résidus ne renfermaient plus de nitrates, et il faut
admettre que la grande quantité d'alcool employé, eu
égard aux faibles proportions de nitrates en présence,
a donc entraîné en solution la totalité de ces sels.
Les chiffres obtenus dans ces différents dosages sont
indiqués dans le tableau suivant :
ire SERIE
2'"e SERIE
3nie SERIE
Poids frais
172 GRAMMES
175 GRAMMES
179 GRAMMES
Poids sec
Azote albuminoide.
Azote nitrique. . . .
Alcaloïdes
Se-
mences
Cap-
sules
Se-
mences
Cap-
sules
Se-
mences
lgr906
ISgrgl
2gr072
14gr50
4g'-07
0,1155
0,2840
0,0795
0,2565
0,1069
0,0076
0,1087
0,0021
0,0181
0,0021
0,0039
ym-
0,0787
traces ?
Cap-
sules
llerio
0,2070
0,0129
0,0130
On peut constater, d'après ces résultats, que la quan-
tité d'alcaloïdes dans la capsule, qui est de 0,0817 dans
la l'" série, tombe à 0,0787 dans la 2'"" série où la vie
a pu se prolonger quelques jours, et qu'elle n'est plus
XVIIl 7
88 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
que de 0,0150 dans la 5'"' série où les phénomènes
vitaux ont pu continuer à se manifester assez longtemps.
On peut afïirnier aussi que les alcaloïdes n'existent pas
dans les graines. Dans la 1' série on trouve, il est vrai,
0,0059 d'alcaloïdes, mais ceux-ci proviennent de la cap-
sule lors de la séparation des graines, ainsi qu'il a été dit
plus haut. La capsule étant complètement sèche dans la
2'"*" série lors de la séparation des graines, celle-ci a pu
se faire d'une façon complète et facile. Aussi n'a-t-on pas
retrouvé ici la moindre trace d'alcaloïde. Dans la 5' série,
on a obtenu un très léger trouble qui, recueilli sur un
filtre taré, n'a pas donné de différence de poids appré-
ciable — à peine un dix-milligramme. — Ce trouble
était dû probablement à des produits sécrétés par les
mycéliums déjà mentionnés, et dont l'apparition a
fait interrompre l'expérience qui était toutefois, dès
ce moment, concluante. Car les graines avaient mûri.
Leur poids avait plus que doublé et elles contenaient
une proportion d'huile normale, tandis que dans la
1" série il n'y avait aucune trace de matière grasse.
L'azote nitrique, ainsi que l'on devait s'y attendre,
diminue rapidement. Tout ce qui peut encore être assi-
milé, l'est immédiatement. Aussi, voyons-nous que les
quantités restant dans les deux dernières séries sont sen-
siblement les mêmes; ce qui permet de supposer, ou que
ce reste était dû à des nitrates situés en dehors des
endroits où se fait l'assimilation, ou qu'il est constitué
par d'autres combinaisons oxygénées de l'azote, que la
plante ne peut ou ne pouvait assimiler dans les condi-
tions de notre expérience.
Quant aux matières alhuminoïdes des capsules, on
voit qu'elles vont en diminuant de la 1" à la 5" série; et
BULLETIN DES SÉXNCES. 89
il n'y a pas eu d'accroissement de la quantité des albu-
minoïdes dans les graines.
On peut se rendre compte d'après ce tableau que si la
proportion d'alcaloïde va en diminuant, la perte en
azote qui provient de cette disparition n'est pas com-
pensée par un accroissement correspondant d'azote albu-
minoïde, et la quantité totale d'azote combiné que ren-
ferment les capsules décroît à la fin de la végétation,
ainsi que le montrent les chiffres suivants :
,,, , . 1 » Il • 1 ( semences 0,1155
/■« sene. - A^ote albunnnoide j ^^p^^^,^^ ^ .^g,^^
. , ., . ( semences 0,0076
Azote nitrique , .. ,.^o-
^ capsules 0,108/
Total. 0,5158
Alcaloïdes 0,0856, renfermant 4.90 p. 100 environ
d'azote.
,,, , . 4 . Il -1 ( semences 0,0795
2^ série. - Azote albuminoide } ^^^^^^^^^ ^^ ^.
. , ... i semences 0,00^1
Azote nitrique \ , n Vnoi
' ( capsules 0,0181
Total . 0,o562
Alcaloïdes 0,0787, renlérmant i.90 p. 100 environ
d'azote.
_,, , . 4 « 11 • -i i semences 0,1069
3' sene. - Azole alhuminoidc } ^^^^^^^^ ^^,^^^.^^
4 , . . semences 0,0021
Azote nitrique , fi,^i^a
' capsules 0,01^9
Total. 0,5289
Alcaloïdes 0,0150, renfermant i.90 p. 100 environ
d'azote.
90 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
D'après ces chiffres, la faible quantité d'azote des
alcaloïdes ne paraît être d'aucune nécessité pour la for-
mation des matières protéiques des graines.
Mais une autre conclusion s'impose, en consultant ces
chiffres, qui constituent en somme le bilan de l'azote
dans la capsule. On constate que ce bilan clôture par un
déficit assez considérable. Ce déficit est peut-être même
un peu trop considérable ; car il y a lieu de faire remar-
quer que dans la 5'' série, une partie de la perte en azote
peut être attribuée aux mycéliums qui vers la fin de l'ex-
périence, commençaient à envahir les capsules, ainsi
que cela a été signalé plus haut. Peut-être aussi le chiffre
trouvé pour l'azote albuminoïde des semences de la
1" série est-il trop fort. Je suis porté à croire qu'il y a
là une légère erreur d'analyse, mais la vérification n'a
pu être faite, par suite de la trop petite quantité de
substance.
Pour vérifier les résultats obtenus et s'assurer que les
mycéliums n'étaient pas l'unique cause de la perte
d'azote, ces expériences ont été reprises avec un nou-
veau lot de capsules plus fortes, plus âgées que celles des
expériences précédentes (la saison s'avançant), mais qui
toutefois n'avaient pas encore terminé leur croissance.
Dix-huit capsules traitées de la même manière que
dans les recherches précédentes, mais en laissant des
pédoncules plus longs, de 12 1/2 centimètres environ,
ont été réparties en deux séries seulement de neuf cap-
sules, la 1" série correspondant à la P'' série des autres
expériences, et la 2'' série correspondant à la 5' série
précédente. Cette 2' série a été disposée de façon à éviter
tout développement de mycéliums. Les capsules, non
recouvertes d'une cloche de verre, ont été plus espacées,
BULLETIN DES SÉANCES. 91
et les pédoncules étant beaucoup plus longs et ne plon-
geant que très peu dans l'eau distillée, l'air pouvait cir-
culer librement empêchant ainsi les capsules de devenir
humides. L'expérience, commencée le 7 aoùl, a été
arrêtée dans les premiers jours de septembre.
Dans les recherches précédentes, les dosages avaient
été faits par la méthode de Will et Varrentrap, et par le
procédé de Schloesing. Mais on peut objecter avec raison
que ces deux méthodes, même combinées, ne permettent
pas de doser tous les composés azotés. Il en est, et de
ceux qui existent dans les végétaux, dont on ne peut
déterminer de la sorte la teneur en azote. Aussi, pour
plus de garantie, était-il nécessaire de doser l'azote total
par la seule méthode certaine connue : la méthode de
Dumas. Car le fait que la chaux sodée met en liberté une
quantité d'ammoniaque plus faible à la fin de la végéta-
tion, n'implique pas nécessairement une disparition
d'azote, et l'on pourrait l'expliquer en admettant qu'une
partie des corps protéïques s'est transformée en compo-
sés inaptes à dégager de l'ammoniaque sous l'action de la
chaux sodée.
Donc, avant de traiter les tissus des capsules et les
graines, dans les deux séries, par l'alcool tartrique, on
a prélevé quelques grammes de matière pour y doser
l'azote total par le procédé de Dumas. Puis, les albumi-
noïdes ont été soumis au procédé par la chaux sodée et
les alcaloïdes ont été précipités par l'iodure double de
mercure et de potassium.
Les nitrates n'ont pas été dosés.
Le tableau suivant indique les chiffres obtenus dans
ces divers dosages.
92
SOCIETE BELGE DE MLCROSCOPIE.
ire SÉRIE
2fne SERIE
Poids frais
265 GRAMMES
268 GRAMMES
Semences
Capsules
Semences
Capsules
Poids sec
ggrso
26gr60
10gr97
2281-40
Azote total
0,4782
0,8875
0,6165
0,5839
Azote albuminoïde. . .
0,8714
0,4461
0,4305
0,3522
Alcaloïdes
0,2415
§,1124
Si nous additionnons dans chaque série les quantités
trouvées pour les semences et les capsules, nous con-
statons que le poids sec qui était dans la ]''" série de
l),80-(- 26,60 = 56 gr. 40, tombe après la maturation,
dans la îl' série, à 10,97 + ^2,40 = 35 gr. 57, soit une
diminution de 5,05 ou 8,5 p. 100.
L'azote total dans la l^"" série est de 0,8875 + 0, 4782
= 1 gr. 5657, et dans la 2' série il est de 0,6165
4- 0,5869 = 1 gr. 2054; |>«r conséquent une perte de
gr. 1625 d'azote a eu lieu, ce qui fait 1 1,8 p. 100.
L'azote albuminoïde diminue également et tombe de
0,8175 à 0,7827.
Les alcaloïdes, outre leur absence complète dans les
graines, ont subi une diminution de plus de moitié. Cette
diminution a été plus considérable dans la première
expérience; mais il faut tenir compte qu'ici les capsules
étaient plus âgées et renfermaient par conséquent beau-
coup plus d'alcaloïdes. En outre, comme elles étaient
moins éloignées de leur maturité la durée des phéno-
mènes vitaux a été plus brève et elles s'étaient dessé-
chées avant la tin de l'expérience. Enfin, comme la inatu-
BULLETIN DES SÉANCES. 93
ration s'est faite dans l'air sec, les cellules épidermiques
ont pu se dessécher plus tôt, abolissant ainsi leurs
phénomènes vitaux et leurs transformations intimes; et
nous savons par l'examen microchimique que l'alcaloïde
est surtout accumulé dans les cellules épidermiques des
capsules du pavot.
Les principales conclusions que l'on peut déduire des
expériences exposées plus haut sont les suivantes :
I. — Il n'y a pas lieu de considérer les alcaloïdes
comme devant servir à la formation des matériaux azotés
de la graine chez le pavot.
II. — A la fin de la végétation, une partie de l'azote
organique de la plante disparaît.
Cet azote doit évidemment se dégager dans l'atmos-
phère, mais sous quelle forme? Ce point reste à résoudre,
et je me propose de continuer l'étude de la question.
Bruxelles, Instilul botanique.
BILLETIN DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVIII. N° IV. 1891-1892.
Procès -verbal de la séance iiiensiielle
du »0 janvier 189%.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 heures 1/2.
Sont présents : MM. Bauwens, Delogne, De Wevre,
Dineur, Errera, El. Marchai, Em. Marchai, Massart,
Rynenbroeck, De Wildenian ff. de secrétaire.
MM. Edom et Bayet fils assistent à la séance.
M. le docteur Verhoogen, secrétaire, fait excuser son
absence.
Correspondance :
La Société hongroise des sciences naturelles invite les
membres de la Société de microscopie à assister à la
séance solennelle du 17 janvier 1892, à l'occasion du
cinquantiènne anniversaire de sa fondation. 11 est décidé
BULLETIN DES SEANCES. 95
que des remerciements et des félicitations seront envoyés
à la société hongroise.
Le Président donne lecture d'une lettre de M. Olivier,
de laquelle il résulte que nous sommes d'accord au sujet
de l'insertion réciproque des sommaires dans la Revue
générale des Sciences dans notre Bulletin.
Publications reçues en hommage :
D' Jules Félix. — Des eaux thermales de Chcmd fontaine
et de leur action physiologique et thérapeutique
(Bull. soc. belge de géologie, de paléontologie et
d'hydrologie, t. IV, 1890.)
D" Féll\ et PosKiN. — Congrès d'hydrologie et de clima-
tologie, Paris 1889. (Bull. soc. belge de géologie, de
paléontologie et d'hydrologie, t. III, 1889.)
D' Féllx. — Rapport sur le congrès international d'hy-
giène et de démographie de Londres, adressé à M. le
Ministre de l'Agriculture, de l'Industrie et des
Travaux publics, Bruxelles, 1891.
S. Laing. — Che antiguity of Man, recul before the
Brighton and Sussex Natural hislory and Philoso-
phical Society, nov. 1890.
El. Marchal. — Champignons coprophiles, VI, (Bull,
soc. roy. botanique de Belgique, t. XXIX, 1891.)
Des remerciements sont votés aux auteurs des envois
précités.
Électio)i :
Sur la proposition du Conseil, M. A. Edom, étudiant
xviu 8
96 SOCIÉTÉ BELGE DE MICP.OSCOI'IE.
en sciences, 95 rue Moris, à Saint-Gilles, présenté par
MiM. Verhoogen et Rynenbroeck, est élu membre effectif
(le la Société.
Communications et lectures :
M. Massart communique à l'Assemblée les résultats
qu'il a obtenus dans l'étude physiologique de certains
organismes marins. A la suite de sa communication,
quelques observations sont émises par MM. Bauwens et
Errera. M. Massart y répond.
M. Dineur, s'occupe ensuite d'une sensibilité nouvelle
des leucocytes, sensibilité qu'il propose de nommer
galvanotaxisme.
A la suite de cet exposé, s'ouvre une discussion à
laquelle prennent part MM. Errera, Massart et Dineur.
M. Massart voudrait voir employer, les termes galva-
notaxisme positif et négatif, qui sont proposés par
M. Dineur, dans un autre sens. Pour lui, on devrait appe-
ler galvanotaxisme positif, non pas celui que présentent
les globules blancs qui se dirigent vers le pôle positif,
mais bien celui que présentent les globules qui suivent
le courant, et vont, par conséquent, vers le pôle néga-
tif; et inversement pour le galvanotaxisme négatif.
Cette manière devoir, serait en rapport avec les termes
employés pour désigner les phénomènes géotropiques et
rhéotropiques étudiés chez les végétaux.
M. Errera présente à M. Dineur quelques observa-
tions relativement au chimiolaxisme qui pourrait aussi
intervenir dans ses expériences. Il pense que M. Dineur
BULLETIN l>KS SÉANCES. 97
ferait chose très intéressante en continuant ses études
sur le sujet et l'engage à en présenter le résultat à la
Société. Il prie M. Dineur de bien vouloir rédiger le
compte rendu de son exposé pour l'insertion dans le
Bulletin.
M. le Président annonce à l'Assemblée qu'à la
demande de plusieurs confrères, qui sont empêchés de
se rendre à la séance le samedi, il est d'avis de convo-
quer une assemblée générale pour discuter s'il y a lieu
de changer le jour des séances mensuelles. Après quel-
ques observations de MM. Bauwens, Delogne, Marchai,
il est entendu que le Conseil s'occupera de la réunion
d'une assemblée générale.
BILLETI^ DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVIII. N" V. 1891-1892.
Procès-vei'bal de rassemblée générale
e.xti*aoi*cliiiaii*e et de la
séance mensuelle du ^7 février 189!2.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 heures 1/2.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Clautriau,
L. Coomans, V. Coomans, De Wevre, De Wildeman,
Dineur, Edom, Francotte, Gallemaerts. Heger, El. Mar-
chai, Em. Marchai, Rouffart, Rynenbroeck et R. Ver-
hoogen, secrétaire.
Modification du jour des séances :
Sur la proposition du Conseil, l'assemblée décide qu'il
y a lieu de modifier pour la suite de l'année 1891-1892
le jour des séances mensuelles.
Après une discussion à laquelle prennent part
MM. Errera, Francotte, Rouffart, Gallemaerts et Ver-
XVJU 9
400 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
hoogen, l'assemblée fixe à titre d'essai, la date de ces
réunions au troisième lundi de chaque mois. La pro-
chaine séance aura donc lieu le lundi 21 février 1892.
I^éance iiiensiielle.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 9 heures.
Correspondance :
Lettre de M. le Ministre de l'Agriculture, de l'Industrie
et des Travaux publics, annonçant l'ouverture d'un cin-
quième concours pour la collation du prix Guinard,
institué en faveur de celui qui aura fait le meilleur ouvrage
ou la meilleure invention pour améliorer la position
matérielle ou intellectuelle de la classe ouvrière en
général et sans distinction.
Les personnes qui désirent participer à ce concours
doivent en informer M. le ministre de l'agriculture, de
l'industrie et des travaux publics, en lui adressant avant
le 1"' juillet 1892, soit l'ouvrage ou le manuscrit écrit
dans l'ordre d'idées indiqué par le testateur, soit le
modèle ou le mémoire descriptif de l'invention concou-
rant au même but.
Le programme du concours est déposé au secrétariat
où il se trouve à la disposition des membres qui désirent
en prendre connaissance.
La valeur du prix est de 10,000 francs.
BULLETIN DES SÉANCES. 101
Publications reçues en hommage :
Célébration du cinquantième anniversaire de la fonda-
tion de l'Académie royale de médecine (12 décembre
1891).
De Toni. — Sijlloge algarum omnium liucnsque cogni-
tarum, vol. II, sect. II, Pseudorhapliideœ. Patavii,
189-2.
Des remercîments sont adressés à M. De Toni et à
l'Académie royale de médecine.
Communications :
Présence et localisation iVun alcaloïde clans
quelques Orchidées, par E. De Wildeman (*).
Au mois de décembre dernier, en faisant aiiir une
solution d'iodure de potassium iodé sur des coupes de
racines aériennes d'Orchidées, j'ai observé dans les
cellules un précipité rappelant ceux que l'on obtient
avec les alcaloïdes. Deux espèces du genre Dendrobium,
le Dendrobium nobile et le Dendrobium Ainswortliii,
ont présenté dans toutes les parties de la plante, depuis
les racines aériennes jusqu'aux fleurs, cette même réac-
tion. Chez le Plialaenopsis Liiddemanniana , le même
précipité se forme dans les cellules de la racine.
C'est par la voie microchimique que je me suis tout
d'abord assuré de la présence d'un alcaloïde. Pour cette
recherche, je me suis surtout basé sur la propriété que
M. G. Clautriau a bien voulu se charger de la partie macrochimique
décolle élude.
lOi SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
possèdent les alcaloïdes d'être enlevés des tissus qui les
contiennent par 1' « alcool tartrique ». M. Errera a prouvé
par ses recherches sur la distinction microchimique des
alcaloïdes et des matières protéiques (*), que ces der-
nières (qui peuvent présenter des réactions communes
avec les premiers) sont insolubles dans l'alcool tartrique.
Elles donnent par conséquent, même après un séjour
prohmgé dans cette solution, les mêmes réactions
qu'avant leur immersion dans ce liquide.
Une difficulté se présentait cependant à première vue
dans l'application de celte méthode aux Orchidées. Dans
ces derniers temps, MM. Molisch, Mikosch, Chn)ie-
lewsky (**) ont décrit des corps cristallins que l'on ren-
contre dans certaines cellules végétales, et qui présentent
les réactions des substances protéiques. C'est dans
VEpipInjUum Iruncatum (Cactées] que ces cristalloïdes
ont été d'abord découverts par Molisch; ils ont été
ensuite trouvés dans l'épiderme des feuilles d'Oncidium
(Oi'chidées).
Ces cristalloïdes sont solubles dans l'alcool d'après
Molisch, solubles en partie d'après Mikosch, insolubles
d'après Chmielewsky. Plus récemment encore, Wak-
ker (***) a décrit un corps également insoluble dans l'al-
(■) L. Eruera, sin- In distinction microchimiiiue des alcaloïdes et des
matières protéiques in Ann. Soc. belge microsc, 1889, t. XIU.
(■■) MOMscH, Ueber merkwiirdip gcformle Proteinkôrper in den Zweigen
von Epiphylluni in Ber. d. dcutscli. bol. Ges., 1H85, Hefi 6.
MiKOSCfi, Ueber ein neues Vorkommen geformlen Eiweisses in Ber.
d. deutscli. bot. ges., 1890, Bd. VIII, p. 35.
C.nMiELEWSKY, Eine Bemerkung iiber die von Molisch bcschriebenen
Prolcinkôrpcr in den Zweigen von Epipinjllum in Bot. Centralblatt,
1887, II.
(■■■) Wakker, Ei7i neiier Inhallskôrpcr der Pllanzenzclle in Pringsheini
Jahrbûcli., Bd. XXIll, 1891, p. 1.
Voyo/, aussi R. E. Fry. Aggregatians of Prolcid in the ceils of Euplior-
bia spLendcns in Ann. of Bot., vol. V., n» XX, 1891.
BULLETIN DES SÉANCES. lOH
cool et qui a beaucoup d'analogie avec les cristalloïdes
des Epipinjllum.
La question qui se posait donc était de savoir si ces
corps sont réellement solubles, si le procédé micro-
chimique proposé par M. Errera était ici en défaut. Quel-
ques réactions que j'ai pu faire sur l'épiderme de la lige
de VEpiphtjlliim, m'ont convaincu de l'insolubilité de
ces cristalloïdes dans l'alcool. Si les auteurs ont cru les
voir disparaître, c'est que l'observation n'a pas été
suivie assez minutieusement. Le corps protéique primi-
tivement massif, et qui présente une belle coloration
par le réactif de Millon, change de forme au bout de
quelque temps lorsqu'on plonge l'épiderme ou la tige
complète dans l'alcool. Il devient fibrillaire, et se pré
sente sous l'aspect d'une botte de fibrilles très ténues,
qui se colorent encore nettement par* le réactif de
Millon. Si l'on observe un fragment d'épiderme déposé
vivant dans le réactif de Millon, on peut voir des trans-
formations très diverses de la masse qui, de fusiforme
qu'elle était d'abord, devient sphéroïdale et finit par dis-
paraître. Ces cristalloïdes ne font donc pas exception et
nous pouvons invoquer la solubilité dans l'alcool comme
un caractère distinctif des sels d'alcaloïdes.
Les réactifs que j'ai employés pour caractériser l'alca-
loïde sont les suivants : l'iodure de potassium iodé, l'io-
durede potassium iodé additionné de carbonate d'ammo-
niaque (Clautriau), l'acide pliosphomolybdique, l'iodure
double de mercure et de potassium, l'iodure de bismuth
et de potassium, l'acide sulfurique, le réactif de Froehde.
Le premier de ces réactifs est le plus sensible; les deux
premiers donnent en présence de l'alcaloïde un précipité
brun acajou très prononcé. L'acide phosphomolybdique
iOi SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
fournit un précipité jaunâtre moins abondant, il se
forme mieux lorsqu'on ajoute un peu d'acide nitrique.
De même pour l'iodure double de mercure, auquel il
faut ajouter de l'acide cblorhydrique. Le réactif de
Froehde est très variable dans ses effets. En général il
communique aux cellules qui renferment beaucoup d'al-
caloïde une coloration jaune verdàtre. L'acide sulfurique
donne également une teinte jaunâtre à la vacuole des
cellules qui renferment de l'alcaloïde, mais cette réaction
est souvent difficile à obtenir d'une façon nette.
Afin de vérifier la présence d'un alcaloïde, M. G. Clau-
triau l'a recberché dans les tissus de Dendrobiuin, par
la voie macrocbimique.
Voici les résultats qu'il m'a communiqués.
Trois tiges fraîches de Dendrobium nubile pesant
ensemble 54 *gr. 82 représentant 6 gr. 81 de matière
sèche, ont été traitées d'après la méthode de Stas. La
solution éthérée a laissé à l'évaporation, un faible résidu,
légèrement jaunâtre, présentant les réactions des alca-
loïdes. Ce résidu, placé quelques jours dans un excica-
teur, n'a pas présenté de traces de cristallisation. Il s'est
ensuite facilement dissous dans l'eau distillée et dans
l'eau acidulée par l'acide cblorhydrique, donnant une
solution qui, évaporée lentement, a abandonné un résidu
renfermant de fines aiguilles cristallines. En ajoutant à
cette solution cblorhydrique de la baryte caustique, puis
de l'acide sulfurique jusqu'à réaction nettement acide,
et neutralisant la liqueur par du carbonate de baryum,
on a obtenu une solution sulfurique de l'alcaloïde. Celle-
ci, évaporée lentemeni à siccité en piésence de carbo-
nate de baryum, a fourni un résidu qui a été épuisé par
l'alcool absolu à plusieurs reprises, et l'évaporation de
BULLETIN DES SEANCES.
cet alcool, n'a laissé que des cristaux de sulfate de l'al-
caloïde.
Ce sont ces cristaux dissous dans l'eau distillée, qui
ont servi aux réactions suivantes permettant d'affirmer
que le Dendrobium nobile renferme un alcaloïde.
La solution aqueuse, précipite en brun-kermes, par
l'iodure de potassium iodé, et par ce même réactif, con-
tenant du carbonate d'ammoniaque.
L'iodure double de mercure et de potassium donne
un précipité blanc-jaunâtre.
L'iodure double de cadmium et de potassium ainsi
que l'iodure double de bismuth et de potassium précipi-
tant le premier en blanc, légèrement jaunâtre, et le
second, en rouge-orange.
L'acide phosphomolybdique forme un précipité blanc-
jaunâtre
L'acide picrique précipite en jaune.
Le chlorure d'or donne un précipité blanc-jaunâtre.
Il ne s'est pas produit de précipité avec les réactifs
suivants : tannin, chlorure de platine, chlorure de pal-
ladium, chlorure d'Iridium, bichromate de potassium et
bichlorure de mercure.
Le réactif de Frœhde donne une coloration verte,
intense, peu persistante.
L'acide sulfurique, en très faible quantité et à une
légère chaleur, produit une coloration rose violacé.
Il ne s'est produit aucune réaction caractéristique par
l'acide chlorhydrique, l'acide azotique ordinaire et l'acide
azotique fumant, de même que par le réactif d'Erdman
et les solutions sulfuriques d'acide tétanique, d'acide
verradique, d'acide sélénieux, de sulfate de cérium et de
bichromate de potassium.
406 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
C'est à ma connaissance, la première fois que l'on
signale un alcaloïde dans cette famille. Il est fort pro-
bable que des recherches entreprises actuellement four-
niront l'occasion d'étudier à ce point de vue les diffé-
rents genres de ce groupe intéressant.
Voici les localisations que j'ai pu obtenir par la voie
microcbimique dans les différentes parties du Dendro-
biiim nobile.
Racines aériennes. — Dans une coupe longitudinale
de racine aérienne, comprenant le point végétatif, on
observe à la partie externe et vers la pointe, des cellules
petites, à protoplasme compact, qui deviendront les
cellules du voile. Sous cette assise nous trouvons une
zone de cellules, à parois plus résistantes, qui forme une
gaine de protection ; puis une zone parenchymateuse.
Plus vers le centre, une nouvelle couche de cellules à
membranes épaissies et enfin à l'intérieur de cette gaine
le faisceau central de la racine. Ce faisceau est formé de
plusieurs lames ligneuses ayant entre elles de petits
massifs libériens. Vers le sommet végétatif, toutes les
cellules présentent une réaction très évidente d'alcaloïde,
les cellules jeunes du voile en contiennent également
dans une forte proportion (*). En remontant le long de
la racine, vers les parties adultes, on voit le précipité
diminuer dans les cellules du voile jusqu'à ce que dans
les cellules, qui ont acquis leur développement complet,
on ne trouve plus qu'une coloration jaune du proto-
plasme. Dans ces mêmes cellules dont la paroi s'est con-
Le point végclaiif cl surloul la coilîe des jeunes racines de Colchi-
cum aiitinnnale, donnent égalcmcni une réaction 1res nclie de colchi-
cine (L. Ekkera, observ. inéd.).
I5ULLET1N DES SÉANCES. 107
sidérablement épaissie, l'on observe souvent une colora-
tion rouge-brun assez foncée, qui siège clans la mem-
brane et non dans le contenu cellulaire. Elle ne peut
être rapportée à la présence d'un alcaloïde, car elle per-
siste encore après l'action de l'alcool tartrique.
Dans la première des gaines, de même que dans celle
qui entoure immédiatement le faisceau, on ne trouve, à
l'état adulte, pas de trace de précipité. Mais ici également
comme pour les cellules du faisceau, nous voyons les
membranes prendre une coloration rouge-brun très mar-
quée, et trancher ainsi nettement sur le reste du tissu.
Les couches intermédiaires, entre les deux gaines,
sont les seules qui présentent une réaction bien nette
d'alcaloïde, presque toutes les cellules du parenchyme
en renferment.
Il n'est pas impossible que dans la région libérienne,
il n'existe quelques cellules qui contiennent de l'alca-
loïde, mais les tubes criblés et leurs cellules annexes sont
très petits et leur contenu est très difficile à observer.
Si nous faisons une coupe transversale assez en
arrière de la pointe de la racine, pour que le voile soit
complètement développé, nous la trouvons formée par
cinq cylindres principaux emboîtés les uns dans les
autres (*). Le premier en partant du centre est formé par
le faisceau et la moelle ; le second par une gaine que
nous avons vue formée de cellules à membranes forte-
ment épaissies, est interrompu de distance en distance.
Le troisième cylindre est constitué par des cellules
lâchement réunies et renfermant des granulations chlo-
rophylliennes. Un quatrième cylindre à cellules égale-
(') Voyez la figure in Strasburger, clas Bolanische Practicum, 2"'eéd.,
p. 191
iOS SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
ment épaissies, se trouve aussi interrompu de distance
en distance par des cellules spéciales qui mettent la zone
parenchymateuse en contact avec le voile. Enfin nous
trouvons extérieurement le voile.
C'est dans la troisième zone seule, que sur une coupe
transversale, on peut déceler la présence d'un alcaloïde.
On ne peut naturellement pas en observer dans le liber,
car les cellules longues de ce tissu ont été infailliblement
entamées par le rasoir, et leur contenu enlevé par le
lavage à l'eau que l'on doit toujours faire subir aux
coupes afin d'obtenir une réaction nette.
Tige. — Dans la coupe transversale de tige adulte,
nous trouvons, à l'extérieur un épidémie composé de
cellules petites à paroi externe fortement cuticularisée et
colorée en brun. Vers le centre, des faisceaux épars dans
un parenchyme à cellules assez grandes. L'alcaloïde se
localise dans les cellules du parenchyme, surtout dans
celles qui entourent les faisceaux. Mais cette localisa-
tion ne doit pas nous induire en erreur, car si l'on fait
une coupe longitudinale, on voit que l'alcaloïde ne se
trouve pas spécialement dans les environs du faisceau,
mais que cette localisation est due au fait que ces cellules
sont en général de beaucoup plus petite taille que leurs
voisines. Elles ont par conséquent beaucoup moins de
chances d'être entamées par le rasoir, et de perdre ainsi
leur contenu. En faisant une coupe tangentielle on
trouve les cellules à alcaloïde disposées dans le tissu à la
façon des vaisseaux laticifères articulés.
Dans le parenchyme se trouvent certaines cellules
spéciales, de même grandeur environ que leurs voisines,
mais qui s'en distinguent par la présence de paquets de
raphides. Ces derniers sont entourés d'une matière
BULLETIN DES SÉANCES. i09
mucilagineuse. Les réactifs cités plus haut, ne m'ont
rien fourni, lorsque je les ai fait agir sur ces cellules, du
moins dans la tige.
Le parenchyme contient des grains d'amidon et de la
chlorophylle, et cela même dans les cellules qui renfer-
ment l'alcaloïde.
Feuille. — Chez cette espèce de Denchobium, la
feuille est engainante à la base. Les tissus qui com-
posent cette gaine renferment de l'alcaloïde, mais comme
à l'état adulte de la feuille, ces tissus sont peu vivants, la
quantité d'alcaloïde qu'on y trouve est très minime.
Dans le limbe la quantité d'alcaloïde est très varia-
ble suivant l'âge de la feuille que l'on considère.
La couche épidermique inférieure et la supérieure
constituées par des cellules polygonales, d'aspect à peu
près identique, donnent une réaction assez abondante.
On peut y voir, surtout par l'iodure de potassium iodé,
le précipité localisé très nettement dans la vacuole con-
tractée. Dans le parenchyme chlorophyllien qui se
trouve logé entre les deux épidémies, l'on trouve des
cellules dont les unes donnent un précipité et les autres
pas. Le parenchyme en palissade fait complètement
défaut dans cette orchidée, tout le tissu est composé de
cellules arrondies. Lorsque le précipité se présente assez
abondamment, on voit la couche qu'il forme sur la
paroi interne du sac protoplasmique interrompue aux
endroits où se trouvent des grains de chlorophylle.
M. Errera a observé le même fait dans les Lupins (*].
Dans le parenchyme foliaire, on rencontre disposées
dans le sens longitudinal de la feuille, de grandes cel-
(■) L. Erreua, loc. cit, Annales de La Société belge de microsc, t. XIII,
p. lu.
HO SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Iules à raphides. Elles ont souvent plus de dix fois la
longueur des cellules du parenchyme ordinaire, et con-
tiennent un mucilage qui prend par l'iodure de potas-
sium une coloration brun rouge. On pourrait peut-être
supposer que cette coloration est due à une autre sub-
stance, car les autres réactifs n'ont fourni aucun résul-
tat, mais elle ne se produit plus après que l'on a fait
agir de l'alcool tartrique. Toutes les cellules à raphides
que l'on rencontre dans une coupe, ne se colorent
cependant pas. Dans des cellules analogues du Nar-
cissiis, M. Errera a cependant trouvé un précipité très
net.
Fleur. — Le tissu du pédoncule présente aussi des
réactions d'alcaloïde. L'épidcrme formé de cellules
allongées montre une réaction nette et en général assez
abondante ; le parenchyme sous-épidermique en ren-
ferme également, quoique en quantité moindre. Quant
Fragment de l'épiderme supérieur d'un pétale de Dendrobium nubile, traité
par l'iodure de potassium iodé.
BULLETIN DES SÉANCES. 111
au faisceau, il est très difficile de s'assurer s'il contient
oui ou non de l'alcaloïde.
Dans la fleur, les deux épidémies et le tissu intermé-
diaire offrent dans leurs cellules un précipité très net
par l'iodure de potassium iodé. C'est peut-être dans les
fleurs qu'il se rencontre le plus abondamment. Presque
toutes les cellules des pétales possèdent de l'alcaloïde.
On peut voir très nettement la localisation du précipité
dans la vacuole centrale plasmolysée, comme le montre
le croquis ci-joint.
Ceci confirme les observations de M. Errera {*) sur la
localisation des alcaloïdes dans le suc cellulaire des cel-
lules vivantes. Dans les poils pluricellulaires qui cou-
vrent le labelle à sa face inférieure, l'iodure de potas-
sium iodé décèle également la présence d'un alcaloïde.
Ces poils, de même que les cellules des pétales, contien-
nent du suc cellulaire coloré en rouge, qui n'empêcbe
pas la réaction de se produire.
Ovaire et Pollinies. — Dans tous les tissus de l'ovaire,
depuis son épiderme, l'alcaloïde se présente en assez
grande quantité. De réactions nettes n'ont pas été obte-
nues dans les cellules mères des grains de pollen, ni
dans ceux-ci.
Dans le Dendrobiiim Ainsivortliii, j'ai obtenu les
mêmes localisations dans les feuilles et dans la fleur
que j'ai seules pu étudier. Dans le Plialaenopsis, je n'ai
pu étudier que quelques fragments de racines aériennes.
Les observations que j'ai exposées plus haut, relati-
vement à la localisation de ralcaloïde, confirment dans
L. EUUERA, loc. cit., p. 85.
112 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
leur ensemble les résultats qui ont été obtenus, par
MM. Errera, Clautriau et Maistriau (**) dans un premier
travail sur la localisation des alcaloïdes.
Nous avons en effet trouvé l'alcaloïde surtout abon-
dant dans les tissus jeunes, dans les cellules en voie
active de division du point végétatif de la tige, des
feuilles et des racines; dans l'épiderme et les poils. Il
paraît aussi se localiser dans certains cas dans des cel-
lules à raphides.
Bruxelles, Institut botanique.
Mars 1892.
M. Errera présente une série d'expériences de démon-
stration faites par M. Massart à l'Institut Botanique et
relatives aux phénomènes de diffusion dans un milieu
solide : la gélatine. Comme l'ont établi de Yries et
divers autres auteurs, la vitesse de diffusion des sub-
stances solubles est la même dans la gélatine ou dans
l'eau. L'emploi de la gélatine — ou d'un autre corps
gélatineux tel que la silice — présente donc de grands
avantages pour ce genre d'études.
M. Heger, à propos de cette communication, rend
compte d'une série d'expériences encore inédites qu'il a
instituées il y a quelque temps à l'Institut Solvay avec
M. Léon Gérard. Le résultat le plus saillant de ces
recherches est la constatation de la différence qui existe
entre les vitesses de diffusion d'un même corps aux deux
pôles d'un courant constant. Le positif accélère la diffu-
(**) Premières recherches sur la localisation et la sidnificalion des alca-
loïdes in A«?i, Soc. belge dcmicrosc, t. XII.
BULLETIN DES SEANCES. H;{
sion et il y a en outre transport des particules solides
entre les électrodes et dans le sens du courant.
j^ote sur la seiisibiliié des leucocTies à
l'électricité, par le docteur E. Dîneur.
Des travaux récents ont mis en lumière l'existence et
le rôle de différents modes de sensibilité chez les leuco-
cytes, notamment la sensibilité tactile, et la sensibilité
chimique.
J'ai recherché comment les globules blancs se com-
portent vis-à-vis de l'électricité. Je me propose de faire
connaître succinctement à titre de communication préli-
minaire les résultats que j'ai obtenus dans les expé-
riences, auxquelles je me suis livré.
Voici le procédé expérimental auquel j'ai eu recours :
j'ai choisi comme source d'électricité un seul élément de
Daniell, afin d'éviter autant que possible l'intervention
d'électrolyse vive dans les phénomènes à étudier. Cet
élément a en outre l'avantage d'être d'une constance suf-
fisante pendant un temps fort long. On relie les deux
pôles de cette pile à deux fils de platine, introduits dans
deux tubes capillaires longs de 4 ou 5 centimètres, et
remplis de solution physiologique de NaCl. Ces fils bai-
gnant dans ce sérum artificiel, sont enfoncés dans les
capillaires jusqu'à environ un centimètre de l'orifice
opposé à celui par où ils sont entrés. Les capillaires eux-
mêmes sont fixés au moyen d'une goutte de cire à cache-
ter sur une lamelle d'ébonite de -, r— ^, de façon que
4 centim. ^
les extrémités où viennent affleurer les fils métalliques
il4 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
dépassent d'environ un centimètre. L'autre bout des
tubes est scellé à l'aide de cire. A côté de ces deux capil-
laires qui serviront d'électrodes, on en fixe sur la même
lamelle d'ébonite, un troisième contenant un til de pla-
tine de même diamètre, baignant de la même façon dans
de la solution de NaCI, mais qui n'est pas en communi-
cation avec les pôles de la pile. 11 est destiné à servir de
témoin aux deux autres. On introduit alors ce dispositif
dans la cavité mésentérique de la grenouille. A cet effet,
on fixe solidement l'animal sur une planchette de liège
au moyen de rubans de coton, et on incise la paroi abdo-
minale au bistouri chauffé au rouge, afin d'éviter toute
hémorragie. La sérosité péritonéale dans laquelle plonge
l'extrémité des capillaires venant fermer le circuit de la
pile, le courant passe, ce dont on s'assure au moyen du
galvanomètre.
Au bout de 24 heures de passage du courant on retire
les capillaires et on les examine au microscope. Le tube
correspondant au pôle positif renferme beaucoup plus de
leucocytes que celui qui correspond au négatif. Dans le
premier, ils sont généralement pourvus de pseudopodes,
leur vitalité est manifeste, ils remontent assez haut le
long du fil métallique. Dans le second au contraire, on
constate qu'une partie d'entre eux sont immobiles, gra-
nuleux, sphériques, et paraissent morts ou doués d'une
vitalité minime. Us remontent beaucoup moins haut
qu'au positif. Quant au tube témoin il renferme à peine
quelques cellules, leur quantité est négligeable en com-
paraison des deux autres.
Il est évident que dans cette expérience, ce n'est pas la
sensibilité tactile des globules blancs qui a pu agir sur les
leucocytes, puisque le tube témoin en renferme à peine.
BULLETIN DES SÉANCES. US
On pourrait se demander d'autre part, si ce n'est pas
le chimiotaxisme, qui agissant à la faveur de l'éleclrolyse
(fort minime il est vrai), attire les leucocytes dans un
tube plutôt que dans l'autre. A priori on peut déjà
répondre qu'il est difficile de comprendre que le leuco-
cyte, qui normalement vit dans un milieu alcalin, aille
de préférence au pôle positif où sedéveloppenl les acides.
L'expérience suivante élucide ce point.
On place un dispositif de tubes réopbores, semblable
à celui qui a servi pour la première expérience, dans un
petit récipient contenant de la solution normale de chlo-
rure de sodium. On ftiit passer le courant pendant
"24 heures. Puis on place les tubes dans l'abdomen d'une
grenouille et on interrompt le courant. Au bout d'une
nouvelle période de 24 heures on les examine au micros-
cope, et on constate qu'ils ne contiennent guère que quel-
ques rares leucocytes, situés tout à l'entrée des tubes. Les
produits d'électrolyse, qui se sont développés à l'intérieur
des capillaires, n'agissent donc pas sur les leucocytes.
On pourrait objecter à cette expérience qu'elle s'effectue
dans des conditions différentes de la première. Parce
qu'ici les tubes plongent dans une solution de NaCl, au
lieu de plonger dans la sérosité péritonéale. Or, les pro-
duits d'électrolyse qui se produisent dans cette dernière
ne sont évidemment pas les mêmes que ceux du sérum
artiffciel. Ils peuvent avoir une action sur les globules
blancs, diffuser jusqu'à un certain point dans les capil-
laires, et y attirer les leucocytes. — Cette objection
aurait une certaine valeur si les cellules lymphatiques ne
pénétraient qu'à l'entrée du tube. Mais nous avons vu
qu'ils remontaient assez haut entre le fil métallique et la
paroi du capillaire, là, où la diffusion ne peut plus pro-
xvin 10
H6 SOCIÉTÉ BELGE DE MICIJOSCOPIE.
diiire son effet. On peut donc admettre, que ni la sensi-
bilité tactile, ni la sensibilité chimique mise en jeu par
l'électrolyse aidée de la diffusion, n'ont pu produire l'émi-
gration au pôle positif de la majorité des leucocytes.
Il reste encore à se rendre compte de l'action cata-
phorique développée par le courant. Nous savons en
effet, que des particules inertes tenues en suspension
dans un liquide, que traverse un courant, sont charriées
par ce dernier dans sa direction, c'est-à-dire du positif
au négatif.
Si on plonge les extrémités des tubes réophores (sem-
blables à ceux des expériences précédentes] dans de la
solution physiologique de NaCl, dans laquelle on a dilué
du sang de grenouille, de manière à avoir des hématies
en suspension, et qu'on fasse passer le courant, on con-
state au bout de 24 heures que beaucoup d'hématies ont
été transportées au pôle négatif. Il en est de même si on
expérimente sur de la solution de NaCl, tenant en suspen-
sion des globules blancs tués par addition d'une minime
quantité d'un sel toxique (bichlorure de mercure). Il
résulte de ceci que les leucocytes inertes ou morts dont
on constate la présence au pôle négatif dans la première
expérience, y ont probablement été amenés par catapho-
rèse.
La netteté de l'émigration au pôle positif de la majeure
partie des cellules lymphatiques diminue considérable-
ment si au lieu d'expérimenter sur une grenouille, main-
tenue immobile par des moyens mécaniques^ on immo-
bilise l'animal j)ar la destruction de la moelle.
Mais le résultat devient complètement opposé si on
modifie davantage les conditions physiologiques dans
lesquelles se trouve l'animal, en lui communiquant expé-
BULLETIN DES SEANCES. 117
rimentalement une inflammation du péritoine, soit en
injectant dans cette séreuse 1 ce. de teinture d'iode, ou
de nitrate d'argent à 1 p. 100, soit en laissant les anses
intestinales exposées à l'air pendant quelques temps. On
voit alors qu'au lieu de se porter au pôle positif la majo-
rité des leucocytes se porte au pôle négatif. On constate
en outre, qu'un grand nombre d'entre ces derniers (pôle
négatif], poussent des pseudopodes et vivent.
Si l'on répète les mêmes expériences sur la souris, on
constate des faits concordants, avec cette seule diffé-
rence, que chez cet animal il suffit de cinq ou six heures
pourvoir se manifester la pénétration des globules dans
les capillaires. Si la souris est à l'état physiologique, les
leucocytes pénètrent avec une préférence marquée au
pôle positif. Si on opère sur un animal atteint d'inflam-
mation du péritoine, par exposition de cette séreuse à
l'air, on voit au contraire l'émigration au pôle négatif
prendre le dessus.
Il y a dans ces expériences de nombreuses causes d'in-
succès ou d'erreur, contre lesquelles il faut se mettre en
garde. Elles résultent de la difficulté qu'on éprouve à
maintenir les animaux dans une immobilité suffisante
par des moyens de contension purement mécaniques.
Elles proviennent encore de petites hémorragies capil-
laires qui se produisent par frottement des anses intes-
tinales, contre les extrémités des capillaires par le fait
des mouvements péristaltiques de l'intestin ou des mou-
vements inspiratoires pour les animaux à sang chaud. Il
faut également éviter toute hémorragie au moment où
l'on incise les parois abdominales pour y introduire les
tubes.
D'autre part, le passage du courant doit être contrôlé
118 SOCIÉTÉ BELGE UE JIICROSCOPIE.
au moyen du galvanomètre. La résistance considérable
opposée par la sérosité péritonéale et la solution dej\a(]l,
au passage du courant, exige que l'on rapproche beau-
coup les extrémités des tubes rhéophores. On veillera à
ce que ces derniers ne contiennent pas de bulles
gazeuses : ce qui interromperait le courant. En outre, on
aura soin qu'il ne pénètre pas d'air dans la cavité mésen-
térique, car si les bouts des tubes viennent émerger dans
une bulle d'air, au lieu de plonger dans le liquide péri-
tonéal, le circuit étant interrompu, le courant ne passe
pas. Ce n'est qu'après avoir analysé scrupuleusement
chaque expérience, et rejeté celles qui sont entachées de
quelqu'une des causes d'erreurs sus-énoncées, qu'on peut
observer des faits concordants.
Je crois pouvoir conclure de ces expériences, qu'il
existe chez le leucocyte une sensibilité spéciale à l'élec-
tricité. Je propose de lui donner le nom de « galvano-
taxisme ».
Le leucocyte normal est attiré par son galvanolaxisme
vers le pôle positif : il se dirige vers la source d'électri-
cité.
Le leucocyte dans l'inflammation au contraire, se
dirige vers le pôle négatif, il s'écarte de la source d'élec-
tricité.
La modification dans les réactions du leucocvte,
qu'elle soit ou non due au galvanolaxisme, est un phé-
nomène digne de remarque, qui nous fait entrevoir la
patliologie du leucocyte.
BILLETIN DES SÉANCES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVIII. N" VI. 1891-1892.
Procès-verbal de la «séance lucnsiielle du
91 mars tH92.
Présidence de M. Rouffart, vice-président.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Rouffiu't, Bauwens, Bayet,
Delogne, De Wildeman, Dineur, Edom, Funck, Galle-
maerts, Heger, Lor, El. Marchai, Em. Marchai, Péchère,
Simon, Slosse, Vander Velde et Verhoogen, secrétaire.
Correspondance :
Lettre de M. Errera, excusant son absence à la séance,
et annonçant l'organisation en l'honneur de M. le baron
de Selys-Longchamps, d'une manifestation à laquelle la
société est priée de prendre part.
Publications reçues en hommage :
E. Cutter. — Clcaned luliolc wlieal.
— Ilearlrest Sanalorij.
XVIII it
120 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
E. Cutter. — The esoteric beauty and utility of the
microscope [The microscope, janvier 1892).
Certes. — Sur la vitalité des organismes microsco-
piques des eaux douces et salées (Comptes rendus ac.
se. de Paris, 22 février 1891).
Des remercîments sont votés aux auteurs de ces
envois.
Présentation de membre effectif :
Sur la proposition du conseil, M. Alfred Walravens,
étudiant du doctorat en sciences, à Tubize, présenté
par MM. Lameere et Rynenbroeck, est élu membre
effectif.
L'assemblée décide que la société participera à la
manifestation organisée en l'honneur de M. le baron de
Selys Longchamps, et charge le bureau de la rédaction
d'une adresse qui lui sera remise à cette occasion.
Communications :
Sur Icj bacille de Pfeiffer (bacille de l'iii-
flueiiza?), par M. V. Péchère.
Messieurs,
La société de Microscopie m'a fait l'honneur de m'in-
viter à vous présenter quelques préparations du bacille
de Pfeiffer; je suis heureux de répondre à son désir.
Remarquez que je ne dis pas le microbe del'intluenza;
en effet, le véritable critérium du rôle pathogénésique
d'un agent microbien résidant surtout dans les expé-
BULLETIN DES SÉANCES. 421
riences sur les animaux, et celles-ci n'ayant encore
donné aucun résultat sérieux, il ne nous est pas permis
d'affirmer, d'une façon positive, la spécificité patholo-
gique du bacille découvert par le savant allemand.
Les préparations que j'ai l'honneur de vous soumettre
sont celles de crachats de malades atteints de grippe à
forme bronchique.
Vous pouvez y voir au milieu de filaments de mucus,
de globules blancs et de débris de cellules épithéliales,
de véritables amas, et comme une culture pure d'un
dipîoccoque.
Diploccoque est, en effet, l'impression première que
cette bactérie produit sur l'œil ; mais en l'examinant
attentivement, on ne tarde pas à voir qu'il s'agit réelle-
ment d'un bacille dont la partie centrale est à peine
colorée alors que ses extrémités le sont fortement.
Chacun d'eux mesure environ 1/2 micro ; on en voit
quelques-uns réunis bout à bout.
Le procédé de coloration employé est la solution de
Ziehl diluée; c'est celui qui est le plus recommandable.
Le bacille est décoloré par la méthode Gram ; c'est là
un caractère qui a son importance pour le diagnostic.
Voilà, Messieurs tout ce que peuvent vous démontrer
les préparations que vous avez sous les yeux ; c'est
vraiment peu; au moins ont-elles cet intérêt d'apporter
aux recherches de Pfeiff'er un contrôle — avec résultat
concordant — de sa découverte. Il se trouve dans
l'expectoration de tous les influenzés que j'ai eu l'occa-
sion d'observer, dans le service de M. le professeur
Destrée, à l'hôpital Saint-Jean, un microorganisme de
forme spéciale qui par son volume, ses caractères de
coloration, en un mot par toute sa morphologie est iden-
42-2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
tique au bacille décrit par le bactériologiste allemand.
M. V. Péclière présente ensuite quelques préparations
faites à l'aide de pus, provenant des ulcérations d'un
sujet morveux, et qui contiennent le bacille de la morve.
A propos de ce cas, une discussion s'engage à laquelle
prennent part MM. Gallemaerts, Heger, Pécbère, Rouiïart
etYerhoogen, concernant l'étiologie de la morve et spé-
cialement celle d'un cas qui se trouve actuellement à
l'hôpital Saint-Jean, dans le service de M. le docteur
Destrée et qui a fourni la matière utilisée pour les pré-
parations de M. Pécbère.
M. le professeur Héger dit tenir de M. Degive, profes-
seur à l'école vétérinaire, qu'il s'est présenté à cet éta-
blissement un certain nombre de cas atypiques de morve,
chez lesquels le diagnostic est, pendant un temps assez
prolongé, resté en suspens, vu l'apparition tardive des
symptômes certains.
Il résulte de la discussion qu'on n'a pu retrouver l'ori-
gine de la contamination chez la malade de M. Destrée.
Il n'a existé aucun cas de morve humaine depuis long-
temps à Bruxelles, et la malade n'avait absolument
aucun rapport avec des chevaux. De plus les symptômes
qu'elle a présentés ont été fort longtemps incertains et le
diagnostic n'a pu être posé avec netteté, qu'alors que le
sujet avait déjà fait un séjour assez prolongé dans les
salles de l'hôpital.
ERRATA
Page 105, lisez : iridium, au lieu de : Iridium,
— — Erdmann, au lieu de : Erdman.
— — titaniquc, - tétani(iue,
— — vanadique, — verradique.
BILLETI^ DES SÉ4^CES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XVIII. N" VII. 1891-1892.
Procès-verbal de la séance lueiisiielle
du 16 mai 189!^.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 heures 1/2.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Bayet, Bor-
det, Clautriau, De Wevre, De Wildeman, Gallemaerts,
Heger, El. Marchai, Em. Marchai, Massart et Verhoogen,
secrétaire.
Publications reçues en hommage :
Rupert Jones and James Kirby. — Notes on tliePalaeozoic
Bivalved Entomostraca [Ann. and. illagaz. of nat.
Hist., april 1892).
Rupert Jones. — Notes of mémoirs [Géol. /l/a^a2.,1892,
n" 334).
D' J. Mascarel. — Le Mont-Dore en 1803 et en 1891.
424 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
0. BÛTSCHLi. — Mitlheilungen ûber die Beivegung der
Diatomeen [Verhandl. Nat. med. Ver. zii Heidel-
berg, N. F. IV, Bd. 5, Heft.).
A. Certes. — Sur la vitalité des germes des organismes
microscopiques des eaux douces et salées [Comptes
rendus, i2 fév. 1892).
E. De WiLDEMAN. — Les recherches récentes sur la
structure cellulaire et la division du noyau [Nota-
risia, n° 50).
Des remerciements sont votés aux auteurs des envois.
Communications :
Une iiiucorinée nouvelle. I§(ynce|>lialastruui
eleg;ans, par Emile Marciial.
En mars dernier, M. Massart découvrait sur un frag-
ment (ïécovce de Cincliona rubra une curieuse Mucorinée
dont il voulut bien nous confier l'étude.
Persuadé que le seul moyen d'arriver à la connais-
sance approfondie d'un champignon est de suivre son
développement, depuis la spore germante jusqu'aux fruc-
tifications nouvelles, nous avons fait des essais de cul-
ture en cellule et en grand dans des milieux variés.
Suivons le développement de notre champignon en
gouttelette suspendue.
La spore semée en gouttelette nutritive, à une tempé-
rature de 52 à 55", se gonfle rapidement et émet, après
quatre ou six heures, une hernie protoplasmique qui
s'allonge et constitue le premier filament mycélien;
celui-ci s'accroît, se ramifie de manière à couvrir bientôt
BULLETIN DES SÉANCES.
de ses ramifications non anastomosées la gouttelette
nutritive toute entière.
Ces filaments sont gros, non cloisonnés, flexueux et
renferment un protoplasme granuleux.
Après douze à quinze heures, apparaissent, çàet là,
sur le mycélium, les premiers tubes fruc-
tifères dressés, cylindriques, non renflés
inférieurement, continus ou rarement cloi-
sonnés à la base des ramifications; leurs ^
dimensions sont variables, leur longueur ^
est comprise entre 0,5 et 5 centimètres de
haut, leur épaisseur entre 10 et 25 /y.. Ils
sont irrégulièrement rameux (fig. 1), à
rameaux espacés, cylindriques, ascendants
ou un peu étalés.
L'extrémité des hyphes fertiles se renfle,
après quelques temps, en une vésicule
globuleuse ou ovoïde; celle-ci donne bien-
tôt, par bourgeonnement à sa surface, des
cellules arrondies qui constitueront plus
tard les sporanges. ^
La vésicule continue à s'accroître, atteint ses dimen-
sions définitives : 50-80 /y., tandis que les cellules péri-
phériques s'allongeant, deviennent ovoïdes, puis ellip-
tiques et enfin linéaires, tout en conservant un contenu
protoplasmique indivis; ce n'est que lorsqu'elles ont
atteint leurs dimensions maximum, soit 40-60 = 2,5-5/^
que leur contenu se fragmente en spores.
L'ensemble de ces sporanges rayonnants dans tous les
sens autour de la vésicule centrale constitue un élésant
capitule qui, à première vue, rappelle une grosse tête
(le Sterigmatocijstis (fig. 2).
/«r. y
126
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
Considéré isolément, le sporange est un cylindre
légèrement atténué vers sa base qui s'attache par un fin
Fcg.2
stérigmate à la surface de la vésicule (fig. 5).
La fragmentation en spores du contenu du sporange
s'opère d'ordinaire uniquement dans le sens transversal,
mais il arrive assez fréquemment que, notamment dans
la partie moyenne alors un peu renflée du sporange,
elle s'opère en même temps dans le sens longitudinal
donnant lieu à la formation de deux rangées incomplètes
de spores; celles-ci sont alors plus petites et plus irré-
gulières (fig. 4).
Les spores globuleuses, cuboïdes, les terminales semi-
globuleuses, mesurent de2-5,5//.de diamètre et sont réu-
nies au nombre de 10 à 18 dans les sporanges à un
rang, au nombre de 15 à 25 dans les sporanges à deux
rangs.
BULLETIN DES SÉANCES.
427
Elles sont blanches, hyalines, de même que les hyphes
fructifères et le mycélium.
a
Q
a
o
a
o
Q
o
o
o
Q
o
o
a
F.^.3
Figr "f
Tels sont les caractères que l'étude attentive du déve-
loppement de ce champignon nous a fait connaître. Son
mycélium mucoréen et ses sporanges linéaires réunis en
capitule lui font prendre place dans le genre Sijnceplia-
lastrum de Schrôter (*).
Il se diftérencie très facilement des deux espèces de
ce genre décrites jusqu'ici.
Du Sijnceplialaslrum racemosum de Cohn, il se dis-
tingue surtout par ses ramifications fructifères non
disposées en ombelle, par ses sporanges beaucoup plus
longs et renfermant un nombre double de spores : ces
deux derniers caractères suffisent également pour le dis-
Schrôter, Krypt. Flor. Schles. Pilze, p. 217.
128 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
tinguer, à première vue, du Synceplialastrum nigricans
de Vuillemin (*), dont les sporanges, très courts, ne
renferment que 2 ou 5 spores au lieu de 10 à 25.
Il y a donc lieu d'en constituer une espèce nouvelle à
laquelle nous proposons de donner le nom de S. elegans
eu égard à la beauté de ses capitules sporifères.
Obs. I. — Comme nous le disions ci-dessus, l'on
rencontre fréquemment des sporanges renfermant deux
rangées de spores. Ce fait, non encore signalé dans le
groupe des syncéphalidées, est un argument décisif en
faveur de l'interprétation de M. Van Tieghem (**) qui
considère l'appareil sporifère de ces champignons
comme un véritable sporange et non comme un chapelet
de conidies exogènes. D'ailleurs l'examen microscopique
au moyen de forts grossissements et de lentilles à immer-
sion, fait voir la membrane du sporange bien distincte
de son contenu et ne laisse subsister aucun doute sur la
nature morphologique de cet organe.
Obs. II. — De même que MiM. Schrôter et Vuillemin
pour les S. racemosum et S. nigricans, nous n'avons
rencontré jusqu'ici chez le S. elegans ni chlamydospores,
ni zygospores.
Dans le cours de cultures faites en vue de la produc-
tion de ces différents appareils reproducteurs, nous
avons déjà pu nous convaincre que cette espèce est douée
d'une plasticité remarquable et que les différents fac-
teurs du milieu retentissent d'une façon profonde sur
son développement.
(•) Vuillemin, BuU. de ta Soc. des se. de Nancy, 2« série IX, p. XXXIV.
(") Van Tieghem el Le Monnier. Recherches sur les Mucorinces, Ann.
se. nat. Botanique. Série 5, lome XVII, page 371.
BULLETIN DES SÉANCES. 129
C'est ainsi que dans certaines conditions on la voit
changer complètement d'aspect, modifier si profonde-
ment ses caractères spécifiques qu'elle devient tout à
fait méconnaissable.
Cette dégénérescence se fait le plus ordinairement
dans le sens d'un raccourcissement des axes : les gazon-
nements courts, alors noirâtres, présentent des tubes
fructifères plus courts très ramifiés, cloisonnés, à
ramifications terminées par des vésicules plus petites,
supportant des sporanges atrophiés ne contenant plus
que quelques spores et pouvant même ne plus se diviser
et constituer, une spore unique grande et elliptique.
Ce qui prouve que l'on a bien afïaire ici à de véritables
monstruosités c'est que d'abord une de ces spores semée
dans les conditions normales reproduit, sans transition,
la forme typique à longs sporanges et que, d'autre part,
l'on rencontre dans ces cultures des anomalies qui font
ressembler la plante tantôt au S. racemosiim tantôt au
S. nigricans.
Examinons maintenant quelle est l'action de la
lumière, de la chaleur, du manque d'oxygène et de la
richesse du milieu nutritif.
Lumière. — L'obscurité semble favoriser le dévelop-
pement de la forme dégradée décrite ci-dessus.
Les spores résistent longtemps à l'insolation.
Dans une culture provenant de spores insolécs pen-
dant 40 heures, nous avons trouvé des capitules entiers
formés de sporanges à deux et même à trois rangs de
spores, certains d'entre eux, très remplis, contenaient
jusqu'à 35 spores.
Chaleur. — L'optimum de température pour le déve-
loppement du S. elegans est d'environ 58" ; à cette
130 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
température, en cellule, le développement est complet
en 30-55 heures tandis qu'il faut près de trois jours à
18-20\
Cet optimum élevé s'accorde très bien avec l'origine
tropicale du champignon.
Oxygénation. — De toutes les causes de dégénéres-
cence celle-ci nous a paru la plus puissante.
Le manque d'oxygène amène très rapidement la pro-
duction des monstruosités décrites plus haut.
Ceci est tellement vrai que, toutes choses égales d'ail-
leurs, il existe de grandes différences entre une culture
faite en tube où le renouvellement d'air est insuffisant et
une culture sur plaque en boite de Pétri, où il se fait
beaucoup mieux.
Milieu nutritif. — Nous avons cultivé le S. elegans
dans des milieux très variés : solides, mous et liquides.
Milieux solides. — Sur crottins de lapin stérilisés,
le développement, d'abord très lent, s'active au bout de
quelques jours; les gazonnements restent cependant peu
compacts; sur pomme de terre, carotte, le développe-
ment est à la fois rapide et luxuriant, mais c'est sur pain
arrosé de jus de pruneaux qu'il est le plus vigoureux.
Il est indispensable de faire remarquer qu'ici déve-
loppement luxuriant n'est pas synonyme de développe-
ment normal; en effet les cultures très vigoureuses pro-
duites en milieux riches nous ont souvent montré,
notamment dans les parties profondes, où l'oxygène fait
défaut, la forme dégradée noirâtre à sporanges courts.
Milieux mous. — L'agar, la gélatine, enrichis au
moyen de jus de pruneaux, ou de moût de bière, nous ont
donné de très bons résultats.
Milieux liquides. — Pour les semis en cellule nous
BULLETIN DES SÉANCES. liJl
avons fait usage avec succès de jus de pruneaux, moût
de bière collés et filtrés.
Les spores de Sijnceplialastrum elegans semées sous
une couche de jus de pruneaux additionné de glucose,
émettent un mycélium formé de gros tubes, ça et là
renflés en de grosses sphères remplies de vacuoles ;
leurs ramifications noueuses donnent par bourgeonne-
ment à leur surface des cellules arrondies qui peuvent
en produire d'autres, aussi par bourgeonnement, et con-
stituer de véritables chapelets de formes- levures.
Ici encore la présence d'oxygène est nécessaire : en
tube scellé le développement s'arrête bientôt.
Nous pouvons donc dire que la lumière, une atmo-
sphère normale et un milieu nutritif plutôt pauvre, sont
favorables au développement du S. elegans typique : ces
conditions sont d'ailleurs celles qu'il rencontre à l'état
naturel.
Cette espèce est une des très rares Mucorinées corti-
cicoles; elle croît sur le tronc des Cincliona, c'est-à-dire
sur un substratum pauvre, à l'air libre et à la lumière.
Tels sont les quelques faits physiologiques que nous
avons pu rassembler jusqu'ici au sujet de cette nouvelle
mucorinée. Au point de vue de la systématique, sa
découverte offre également un certain intérêt. En effet,
par son mycélium gros et non anastomosé, par ses spo-
ranges, souvent à deux rangs (véritable acheminement
vers des sporanges globuleux à spores très nombreuses)
elle coniine d'une part aux Mucorées ; d'autre part, par
ses sporanges linéaires, réunis en capitule, elle rappelle
les Sijnceplialis. Elle constitue donc un trait-d'union
remarquable entre ces deux groupes, en apparence si
disparates, de la grande famille des Mucorinées.
1H2 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
En terminant résumons-en la diagnose ; Gazonne-
ments blancs. Filaments mycéliens gros, flexiienx, très
rainifiés sans anastomoses. Hypiies fertiles dressées,
cylindriques, continues, 1000 — 5000 == 10-25j«. irré-
gulièrement rameuses, terminées, ainsi que leurs ra-
mifications, par une vésicule globuleuse ou ovoïde,
mesurant 50-80 a' en diamètre, couverte de fins stérig-
mates sporangifères. Sporanges cylindracés un peu
atténués inférieurement, 40-60 = 2,5-5 ,«. Spores,
subglobuleuses ou cubdides, 2-5,5 /x en diamètre, hya-
lines, réunies sur un rang au nombre de 10-18, plus
rarement sur deux, au nombre de 15-25 dans le spo-
range.
Instilul botanique de Bruxelles. — Mai 1892.
Discussion :
Des observations sont présentées par MM. Errera et
De Wevre, portant :
1" Sur l'importance, au point de vue de la classifica-
tion, du mode de formation des spores.
2" Sur la formation des spores chez les Mucorinées
en général.
M. Errera reproduit devant la Société une série d'ex-
périences relatives aux bulles de savon, dues pour la plu-
part à Plateau, à Sir William Thomson, et à C.V. Boys,
dont l'excellent petit livre vient d'être traduit en français.
Au moyen de ces expériences, il passe successive-
ment en revue les propriétés de la couche superficielle
BULLETIN DES SÉANCES. 133
des liquides, les ascensions capillaires. Puis, s'occupant
des lames liquides minces, il donne la théorie des pres-
sions que leur courbure engendre et démontre cette
pression par divers procédés. Les conditions d'équilibre
des lames liquides closes ou ouvertes sont exposées
ensuite et vérifiées sur divers exemples : sphère, cylin-
dre, nodoïde, caténoïde, héliçoïde gauche; — pour finir
par les conditions de stabilité des systèmes laminaires.
Le conférencier fait remarquer en terminant quels
grands enseignements les bulles de savon portent dans
leur frêle enveloppe : elles rendent visibles les admira-
bles et fugitives couleurs que produit l'interférence des
rayons lumineux, elles nous instruisent de la grosseur
et du poids des atomes, elles réalisent sous une forme
concrète les théorèmes les plus profonds des mathéma-
tiques; plus encore que tout cela, elles nous apprennent,
— (si les idées que le conférencier a déjà exposées anté-
rieurement se confirment), — à quelles lois obéissent les
formes des cellules, suivant quelles règles elles se grou-
pent, et elles nous font même entrevoir le mécanisme
intime des mouvements de la substance vivante.
Reclierclies e:i[péri mentales sui» le Rliizopus
iiig;ricaiis (Eilrenberg-), par Alfred De VVevre.
Le Rliizopus nigricans est un champignon extrême-
ment commun dans la nature; il suffit d'abandonner à
l'air pendant un jour ou deux, une croûte de pain, un
morceau d'écorce d'orange, une tranche de melon, etc.,
pour les voir se recouvrir au bout de peu de temps,
I3i SOCIÉTÉ BELGE DE MICHOSCOPIE.
d'une innombrable quantité de Rhizopus nigricans.
C'est à son peu de rareté qu'il doit sans doute d'avoir
été signalé et décrit de très bonne lieure. C'est en effet la
première Mucorinée connue, elle fut indiquée pour la
première fois par Maipighi, en 1729, puis rencontrée
par Tode, qui la nomma Ascophora mucedo.
Ehrenberg, qui l'étudia ensuite, la considéra d'abord
comme une sorte de Mucor, et l'appela Mucor stolonifer ;
dans la suite, il cbangea d'idée et il en lit sous le nom
de Rhizopus nigricans le type d'un genre nouveau, le
^enve Rhizopus.
Ses successeurs, Fries, de Bary, etc., en firent tantôt
un Mucor, tantôt un type distinct. C'est M. Van Tieghem
qui décida, d'une façon détinitive, de sa place dans la
classification en en faisant un genre distinct du genre
Mucor, comme Ehrenberg l'avait fait antérieurement, et
en lui restituant le nom que cet auteur lui avait donné.
Les caractères des Rhizopus sont trop nets et trop
constants, pour qu'il soit encore nécessaire de discuter
aujourd'hui la question de savoir si ce sont des espèces
du genre Mucor, où s'ils doivent constituer un genre à
part; ce dernier point étant évident. Cela permet de dire
que le genre Rhizopus est très proche parent des Mucor
proprement dits, mais qu'il possède des caractères suffi-
sants pour qu'il soit nécessaire de réunir les espèces
qu'il comprend, sous une dénomination générique.
C'est probablement aussi à son extrême abondance
dans la nature qu'il doit d'avoir été décrit si fréquem-
ment et cela sous toutes sortes de noms.
Voici d'après Berlèse et de Toni (*) les synonymes qui
peuvent lui être donnés :
(') Saccardo. Sylloge fiuigorum.
BULLETIN DES SÉANCES. 435J
Rliiwpus n'ujricans (Ehrenb.), Miicor stolonifer
(Ehrenb.), Ascopliora Mucedo (Tode), Ascopliora cor-
data (Bon.), Ascopliora cœmancii (Bon.), Zinimermann
y ajoute Ascopliora gtaiica, Mucor ascopliorus.
A ceux-là, j'ajouterai les noms suivants donnés à des
champignons classés par ces auteurs, parmi les Mucor,
mais dont la description très incomplète me paraît devoir
être rapportée au Bhizopus nigricans ; ce sont :
Mucor ametliysteus (Berk.); Mucor cucurbitarum
(Berk. et Curt.), Mucor clavalus (Link), Mucor de Barii
(Bonorden); Mucor fuliginosus (Bonorden); Mucor
pijgaeus? Mucor nigropunctatus? (Berl. et de Toni).
Cultivée sur pain, cette mucorinée forme d'abord un
mycélium blanc qui s'étale à la surface et à l'intérieur
du substratum et d'où partent au bout de deux ou trois
jours des pinceaux de filaments sporangifères. En même
temps que les tubes sporangifères se développent, des
stolons prennent naissance à leur base, s'allongent forte-
ment et viennent s'appliquer contre l'assiette ou contre
les parois de la cloche, où ils développent à leur extré-
mité, d'une part, un pinceau de filaments sporangifères;
d'autre part un faisceau de crampons qui servent à
attacher la plantule au verre. Le contact n'est pas néces-
saire pour déterminer la formation de ces filaments spo-
rangifères, on peut le démontrer facilement en retour-
nant une culture et en la suspendant, tête en bas, sous
une cloche; les faisceaux de sporanges se forment aussi
bien que si l'extrémité des stolons étaient en contact avec
un objet solide quelconque ; on remarque cependant que
les stolons sont plus longs.
. D'abord blancs, les tubes sporangifères ne tardent pas
xvni ■ i2
436 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
à prendre une teinte plus foncée et deviennent finale-
ment noirs.
Au bout d'une douzaine de jours la culture a acquis
un développement considérable et la surface du pain est
recouverte d'un ensemble de tubes sporangifères noirs,
entremêlés de stolons blancs qui se dirigent en tous sens,
produisant à leur extrémité, surtout contre les parois de
la cloche des pinceaux de filaments sporanges noirs.
Pour bien suivre le développement de ce champignon,
il est nécessaire de faire des cultures en chambre humide
en prenant comme liquides nutritifs, du jus d'orange,
de cerises, de groseilles ou de pruneaux, substances qui
lui conviennent très bien.
En opérant de cette façon, on reconnaît que la spore
augmente d'abord de volume puis pousse un tube qui se
ramifie et produit un mycélium incolore d'où s'élèvent
bientôt des filaments sporangifères; en même temps, de
la base des filaments partent des stolons qui développent
à leur extrémité un pinceau de tubes sporangifères et
quelques crampons de coloration brune.
Les filaments sporangifères sont gris-brunâtre, sim-
ples, lisses, non cloisonnés, à parois épaisses, et d'une
hauteur variant entre 2 et 4 millim., exceptionnelle-
ment 5 millim. Les faisceaux peuvent être formés de
7 branches, plus souvent de 5, parfois d'une seule, si le
milieu est très peu nutritif.
Les tubes fructifères sont terminés par un sporange
globuleux piriforme noir, à membrane difïluente, mesu-
rant de 150 (jt. à 250 /x de hauteur.
La columelle des Rhizopus est grande, globuleuse,
aplatie, largement appuyéesurla membrane sporangialc,
d'une coloration gris-brunâtre.
BULLETIN DES SÉANCES. 137
Les spores sont très nombreuses, généralement ellip-
tiques, parfois sphériques, d'un gris-bleuâtre, à surface
externe pourvue de petites crêtes saillantes qui donnent
aux spores un aspect rayé, caractéristique pour presque
toutes les espèces du genre. Leurs dimensions varient
de8 r-i 50 à 9 /-t 71. Elles sont séparées les unes des
autres par une matière granuleuse. Elles conservent très
longtemps leur pouvoir germinatif; j'ai pu, non seule-
ment faire germer des spores vieilles de trois et de six
mois, mais même des spores d'un an et quatre mois; le
fait est absolument certain, car j'ai ensemencé deux mor-
ceaux de pain stérilisés et tous deux m'ont donné des
Rhizopus; comme je n'avais plus cultivé ce champignon
dans le laboratoire depuis trois mois, on ne peut pas dire
que cela est dû à des spores plus jeunes qui y seraient
tombées.
Le Rhizopus nigricans peut donner naissance à des
formes bourgeonnantes. Pour les obtenir, j'ai opéré de
la façon suivante : des spores de Rhizopus étant semées
sur liquide nutritif stérilisé, je les laisse se développer
pendant quelques jours, après quoi j'enlève les plantes
du liquide, je les lave à l'eau stérilisée puis je les plonge
dans une solution de glucose, en ayant soin de les y
maintenir immergées. Au bout de deux ou trois jours,
on voit des cloisons très rapprochées se montrer dans
certains filaments, puis les articles ainsi constitués se
gonflent et donnent lieu à une série de cellules ovales,
sphériques ou elliptiques pouvant avoir jusqu'à 50 et
40 /-' de longueur, placées comme les grains d'un chapelet
les unes à la suite des autres; ces dernières cellules peu-
vent bourgeonner.
Malgré les nombreuses cultures que j'ai faites avec les
438 SOCIÉTÉ BELGE DE MICKOSCOPIE.
substratums les plus divers et dans les conditions les plus
variées, je n'ai jamais vu se former de chlamydospores;
il est donc probable que la plante n'en possède point.
Les zygospores sont connues. Décrites d'abord par de
Bary, elles furent ensuite reétudiées par M. Yanïieghem
qui confirma ce que son prédécesseur en avait dit.
Ces zygospores sont constituées par une masse sphé-
rique, noire à épispore cartilagineuse, hérissée de tuber-
cules; qui est placée entre deux bras, droits, non
recourbés, inégaux, l'un des deux ayant souvent un
volume double de l'autre, colorés en brun, parfois mou-
chetés de blanc.
Leurs dimensions oscillent entre 170 /^ et 2^0 /x. Elles
se forment à l'intérieur du milieu nutritif ou bien entre
les parois du verre et du substratum.
Outre la forme normale précédemment décrite, on
rencontre parfois des individus anormaux ; ainsi il m'est
arrivé de trouverdans une culture un filament dont toute
la surface, depuis le haut jusqu'au bas était couverte de
granules calcaires, solubles dans l'acide chlorhydrique.
Ce fait me semble démontrer le peu de valeur que l'on
doit accorder à des distinctions spécifiques basées sur la
présence, on l'abstence d'aspérités calcaires.
Parfois l'on trouve des Rhizopus dont la columelle est
d'un bleu-noir, alors que le restant du champignon est
noirâtre.
Enfin un Rhizopus m'a montré immédiatement sous
la columelle, un renflement sous sporangial, analogue
à ceux que j'ai indiqués pour le Phycomyces nitens et
pour le Mucor Mucedo.
La forme normale change plus ou moins sous l'in-
BULLETIN DES SÉANCES. 439
fluence des milieux nutritifs et des divers agents phy-
siques. Les faits qui suivent nous l'indiqueront suffi-
samment et nous permettront de nous rendre compte,
des matières nutritives qui conviennent le mieux à cette
espèce. Les substratums essayés étaient :
-1° Solides ;
2» Mous;
3° Liquides.
Milieux solides. — _ Le Rhizopus nigricans pousse
excessivement bien sur les substratums solides, j'ai
expérimenté les diverses substances suivantes :
Le pain humecté d'eau sur lequel le champignon se
développe bien, mais est moins vigoureux que sur pain
humecté d'une décoction de crottins, de pruneaux, de
glycose, de jus de cerise, de moût de bière ou de
bouillon, etc.
Le pain stérilisé arrosé de jus de fruits lui convient
tout particulièrement.
Il croît aussi sur la viande cuite, sur les écorces
d'oranges et surtout sur les fruits de Cucurbitacées
(melon-potiron).
Les excréments (crottins de chevaux et autres) sont
très peu favorables au développement de ce champignon,
on ne l'y rencontre jamais qu'en petite quantité et dans
un état de prospérité médiocre.
Comme milieux solides, ce sont surtout les fruits et le
pain additionné de jus de pruneaux ou de l'une des
solutions minérales dont je vais parler qui donnent les
meilleurs résultats. Le champignon s'y montre alors
avec de nombreux stolons blancs et une grande quantité
de petits faisceaux fructifères dont les filaments ont 4
ou 5 millimètres de hauteur.
440 SOCIÉTÉ BELGE HE MICROSCOPIE.
Lorsqu'il croît sur un milieu pauvre (sur du papier
humide imbibé de crottin de chenilles] il reste tout
petit, chétif et ne produit plus de faisceaux de filaments
fructifères, il ne donne plus alors que quelques rares
filaments isolés, peu élevés.
Milieux mous. — J'ai rangé dans cette catégorie les
diverses gélatines.
J'ai cultivé les Rhizopus sur gélatine au moût de
bière, au jus de cerises, aux poires, aux figues, aux
crottins de chevaux, etc.
Il se développe sur tous ces milieux, mais ce sont
encore une fois ceux aux fruits acides et au moût de
bière qui ont la préférence.
Lorsque l'on veut étudier le développement de ce
champignon il n'y a rien de tel que de le cultiver sur
plaques de verre gélatinisées; on peut ainsi le voir
germer, grandir donner naissance à ses stolons, assister
au mouvement du protoplasme à l'intérieur des tubes, etc.
Liquides. — Ils permettent le développement du
Rhizopus, et cela d'autant mieux qu'ils sont plus nutri-
tifs.
L'eau seule ne convient pas, mais additionnée de
substances chimiques ou de matières organiques, elle
devient un milieu permettant plus ou moins bien le
développement de notre champignon.
Les décoctions d'orge en germination, de crottins,
de poires, les jus de groseilles, cerises, pruneaux, etc.,
peuvent tous servir. Les cultures comparées prouvent
toutefois que le moût de bière, la décoction de pruneaux
et le jus de fruits donnent les meilleurs résultats.
Comme liquide nutritif je me suis principalement
servi d'une liqueur très concentrée que je diluais ensuite,
BULLETIN DES SÉANCES. «1
ce qui me permettait de constater l'effet de la concen-
tration et en même temps de trouver le meilleur liquide
nutritif minéral pour Rhizopus. Voici la formule de la
solution mère :
Phosphate de soude 1 gram.
Chlorure de sodium . 1 —
Sulfale de magnésie 1 —
Nitraie de polasse i —
Acide tartrique 2 —
Glycose 7 —
Eau distillée 100 —
Une semblable solution n'a pas permis la germina-
tion, cela était du reste à prévoir.
Le même liquide additionné de son volume d'eau a
rendu la germination possible; toutefois les filaments
obtenus étaient peu nombreux, rares et grêles.
Un volume de la liqueur concentrée et trois volumes
d'eau ont permis l'obtention de filaments encore peu
nombreux et grêles.
Avec trois volumes de liqueur concentrée, plus un vo-
lume d'eau, la germination a été rendue impossible.
Enfin, j'ai pu constater que les meilleurs résultats
étaient obtenus lorsque l'on ajoutait à un volume de
liqueur mère, neuf volumes d'eau. Avec une semblable
solution on n'obtient cependant pas de résultats aussi
beaux qu'avec des décoctions de cochenilles ou de pru-
neaux, surtout avec cette dernière.
Les Rhizopus sont rendus bien plus vigoureux si à la
solution nutritive minérale on ajoute un peu de peptone.
Un résultat assez curieux est celui que l'on obtient en
prenant une certaine quantité de liquide de culture
(à 1/10] et en l'additionnant de quantités croissantes de
glucose.
142 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
En prenant 20 centim.c. de ce liquide et en y ajoutant
2 gr. de glycose, on constate que la culture contient un
bien plus grand nombre de filaments sporangifères,
mais que par contre ils sont beaucoup plus petits que
ceux d'une semblable culture dépourvue de glycose; ils
n'ont en effet que de 1 millim. 5 à 2 millim. de hauteur ;
en augmentant les doses de glycose suivant la progres-
sion que voici :
Pour 20 centim. de liquide, 4 gr. de glycose 10
— — g' — —
— — 8 — —
J'ai toujours vu le nombre des filaments sporangifères
s'accroître, mais par contre leur taille diminuer.
Est-ce l'efïet de la concentration ou de la glucose, je
ne l'ai pas recherché, mais comme on l'a vu précédem-
ment, plus la concentration est grande, plus les champi-
gnons deviennent grêles.
Ce qu'il y a aussi de certain c'est que dans un essai
pour voir l'effet de la concentration, j'ai obtenu les résul-
tats suivants :
Avec liquide nutritif minéral bien proportionné,
j'obtenais du Rhizopus ayant jusqu'à 5 millim. de hau-
teur; tandis que lorsque j'employais le même liquide
dilué de son volume d'eau, le nombre d'individus obte-
nus était moins considérable et leur taille était plus fai-
ble; ils avaient seulement 2 i/2 millim. de hauteur.
Le zinc est favorable au Rhizopus, c'est ce que démon-
tre l'expérience suivante : ayant pris deux tubes conte-
nant la même dose de liquide nutritif et ayant additionné
l'un de deux ou trois gouttes d'une solution à l/lOO de
chlorure de zinc tandis que l'autre était laissé tel quel,
j'ai pu constater au bout de quelques jours que la culture
BULLETIN DES SÉANCES. U3
avec zinc présentait des filaments plus nombreux et plus
vigoureux que l'autre.
En faisant varier certaines substances minérales j'ai
trouvé : >
1" Qu'avec un liquide minéral renfermant du phos-
phate de soude, on obtierKt de belles cultures, bien four-
nies avec filaments sporangifères atteignant 1/2 centim.
de hauteur.
2° Si au lieu de phosphate de soude on met du phos-
phate d'ammonium, on obtient une culture un peu mieux
fournie et présentant des filaments un peu plus grands.
Cela démontre encore une fois que l'azote sous forme
ammonium, semble être préférable à l'azote nitrique
pour les champignons.
5" Un mélange de parties égales des deux liquides
donnait les mêmes résultats que l'un des deux seul.
4° Si l'on emploie du liquide nutritif au phosphate
d'ammonium additionné de 2 centigr. pour 20 centim. c.
de peptone, les résultats sont beaucoup plus beaux que
ceux obtenus avec liquide nutritif seul.
Puisque je suis aux essais avec liquide nutritif miné-
ral, j'en profiterai pour intercaler quelques expériences
ayant pour but de rechercher l'action de diverses sub-
stances nutritives, poisons ou antiseptiques.
10 centim. c.de liquide minéral nutritif au phosphate
d'ammonium étant additionnés :
1" D'une goutte d'acide, chlorhydrique ; on obtient
un mycélium et des sporanges différant à première vue
plus ou moins du Rhizopus ordinaire.
2° D'une goutte d'huile d'olive ; les Rhizopus obtenus
sont beaux, identiques à la culture témoin.
5° D'une goutte d'aldéhyde, pas de germination.
144 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
4° De 5 milligr. de sulfate de cuivre, le développe-
ment ne s'en est pour ainsi dire pas ressenti.
5" D'une goutte d'essence de girofle, le développe-
ment a été rendu impossible.
6" De 2 centigr. d'hydroquinone ont permis l'obten-
tion d'un mycélium très faible.
7° De 5 centigrammes d'antipyrine le liquide s'est
comporté comme la culture témoin.
8" D'un décigramme de chloral, pas de germination.
9° De 5 centisjrammes de salicine, la culture est aussi
belle qu'avec liquide nutritif seul.
10" D'un gramme de glucose,, la culture ne semble
pas plus belle qu'avec la solution nutritive témoin.
11" De 4 centigrammes de mannite, la culture est ren-
due un peu plus belle qu'avec le liquide minéral seul.
12° De 2 centigrammes d'asparagine, la culture pré-
sente de nombreux individus.
Ces expériences permettent de constater que c'est tou-
jours en milieu azoté que l'on obtient les meilleurs
résultats, les composés hydrocarbonés non anesthé-
siques, ou bien ne renforcent pas les cultures, ou bien
ne leur donnent qu'un surcroît de vigueur insignifiant.
Enfin, il est des corps qui tuent le Rhizopus à des doses
mêmes assez faibles.
Il nous reste maintenant à savoir quel est l'aliment
qui convient le mieux à notre Rhizopus; des expériences
comparatives nous ont démontré que c'étaient les jus de
fruits, les décoctions de pruneaux et le moût de bière
qui semblaient surtout avoir la préférence; il fallait
ensuite déterminer si les milieux solides étaient oui ou
non préférables aux substratums liquides. Pour démon-
trer cela, j'ai fait des essais comparatifs (sous la même
BULLETIN DES SÉANCES. Mo
cloche), avec moût de bière, gélatine moût de bière et
décoction de pruneaux; c'est le milieu mou qui mon-
trait les filaments les plus vigoureux. Les substratums
solides sont encore préférables, c'est ce que l'on a tou-
jours observé dans toutes mes cultures.
Partant de ce fait que la décoction de pruneaux et le
moût de bière sont les meilleurs liquides de cultures, je
me suis dit, en les rendant meilleurs encore, puis en
arrosant alors avec des solutions un milieu solide, du
pain par exemple, j'obtiendrai certainement le meilleur
substratum qu'il soit possible de réaliser. A cet effet j'ai
recherché l'effet produit par l'addition de diverses
matières nutritives à une décoction de pruneaux :
1) 10 centigr.ode décoction de pruneaux, sans aucune
addition donnent après quelques jours une culture pré-
sentant de nombreux individus bien constitués.
2) La même plus 2 centigr. de peptone donne une
culture beaucoup plus belle que la précédente, quatre
ou cinq fois plus fournie,
3) Une addition de 5 centigr. d'azotate de soude ne
rend pas le jus de pruneaux meilleur que sans aucune
addition.
4) Il en de même pour l'addition de 5 centigr. de
phosphate.
5] Une faible addition d'asparagine (2 centigr.) déter-
mine l'apparition rapide de nombreux et beaux filaments
sporangifères.
Cette culture était aussi belle que celle obtenue n** 8.
6) L'acide picrique (1 centigr.) empêche la germi-
nation.
7) L'addition de 15 milligr. d'azotate de soude
et de 15 milligr. de phosphate de soude donnent
446 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
une culture moins belle qu'avec les pruneaux seuls.
8) Les meilleurs résultats ont été obtenus avec une
décoction de pruneaux additionnée de 15 milligr. de
phosphate de soude, 15 milligr. d'azote de soude et
20 milligr. de peptone. Les filaments avaient jusqu'à
l/2centimètre de hauteur, ce qui est très rare sur liquide.
Cet ensemble d'expériences démontre encore une fois
que le Rhizopus aime beaucoup l'azote et que plus on lui
en donne, mieux il se porte. De plus l'azote hâte le déve-
loppement de ce champignon, c'est ce que j'ai pu con-
stater avec les cultures renfermant de l'asparagine, des
peptones, etc.
La résistance du Rhizopus à la chaleur a également
fait l'objet de quelques recherches à cet effet, je prenais
des tubes à réactif, contenant de la gélatine au moût
de bière, je les stérilisais trois fois puis je les ense-
mençais.
Quatre tubes ainsi préparés furent soumis :
Le premier à 45" pendant 1/2 heure.
Le deuxième à 50" —
Le troisième à 55" —
Le quatrième à 00° —
Toutes ont germé.
La culture chauffée à 55° était môme très belle et pré-
sentait des filaments au moins aussi longs que ceux
venus sur des cultures non chauffées.
Cette même culture fut ensuite portée à 55-50° puis
immergée, cette fois elle ne repoussa plus. La chaleur
au-dessus d'un certain degré retarde les cultures, c'est
ce que j'ai pu constater en exposant des tubes ense-
mencés à 45" pendant 5/4 d'heure, 1 heure et 1 h. 5/4,
les spores avaient germé, seulement on pouvait s'aper-
BULLETIN DES SÉANCES. 447
cevoir qu'elles se développaient d'autant plus lente-
ment quelles étaient restées plus longtemps soumises à
l'action de la chaleur.
. Toutes les expériences que je viens de faire connaître
de même que celles qui suivent ont eu deux buts :
1° rechercher le meilleur substratum pour la culture du
Rhizopus nigricans et voir l'influence de celui-ci sur l'as-
pect du champignon.
2° Obtenir les zygospores du Rhizopus.
' Pour se procurer ces zygospores de Rary et Van
Tieghem opéraient de la façon suivante :
Ils prenaient un vase cylindrique, à fond plat, préala-
blement lavé à l'eau bouillante, puis ils le remplissaient
à moitié ou au deux tiers de mie de pain frais, après quoi
ils arrosaient le pain avec quelques gouttes d'eau
bouillie dans laquelle un sporange de rhizopus avait été
délayé, ensuite ils bouchaient le vase et le laissaient
après cela au repos pendant quelques jours. D'après ces
auteurs, après deux ou trois semaines le fond du vase
est tapissé de milliers de petits points noirs qui sont les
zygospores.
J'ai refait à différentes reprises, pendant divers mois
de l'année, cette expérience, en suivant ponctuellement
les indications de de Rary et Van Tieghem, sans cepen-
dant être arrivé au résultat désiré.
En analysant le procédé employé, il est facile de se
rendre compte, comme le dit d'ailleurs, Van Tieghem,
que les zygospores se forment ici dans de mauvaises
conditions; elles n'ont en effet qu'une quantité d'oxy-
gène insuffisante, devenant du reste de plus en plus fai-
ble par suite du développement; ensuite elles se placent
là où l'air ne peut que très difficilement leur parvenir
♦*S SOCIÉTÉ BKLGE DE MICROSCOPIE.
(au fond du vase). Enfin, je ferai remarquer aussi que
le substratum employé n'était pas précisément un ali-
ment de toute première valeur.
Partant de ce fait que les zygospores de ce champi-
gnon, se forment lorsque sa vie est en danger, j'ai
institué toute une série d'expériences destinées à vérifier
jusqu'à quel point cette manière de voir est exacte. Je
dois dire que les résultats de l'expérimentation ne sem-
blent pas du tout confirmer cette hypothèse.
En effet, non seulement en faisant l'expérience de
de Bary et Van Tieghem je n'ai rien obtenu mais
je n'ai pas eu plus de chance en employant d'autres sub-
stratums que le pain.
J'ai aussi enfermé des rhizopus, cultivés tantôt sur
d'excellents milieux, tantôt au contraire sur de détesta-
bles milieux, soit avant, soit pendant le cours de leur
développement, dans des vases clos, et jamais je n'ai vu
la moindre trace de zygospore.
J'ai examiné sans plus de succès des cultures vieilles
d'un mois.
J'ai eu recours aux cultures successives, c'est-à-dire
que je semais des spores de Rhizopus sur du pain nutritif,
placé à l'obscurité, soit sous cloche soit dans un cristal-
lisoir, recouvert d'une lame de verre, puis lorsque les
individus étaient arrivés à maturité je les ressemais
aussitôt et ainsi de suite, ici encore les résultats ont tou-
jours été négatifs bien que Inculture sous cloche ait été
refaite au moins douze fois.
J'eus alors l'idée d'essayer l'insolation, à cet effet, je
prenais des tubes à réactifs renfermant des substances
nutritives, je les ensemençais, puis je les exposais au
soleil pendant un temps plus ou moins long.
BULLETIN DES SÉANCES. 449
Trois tubes de gélatine au moût de bière ensemencés
de Rhizopus ayant été exposés au soleil :
Le 1*' pendant 1/2 heure;
Le 2"® pendant 1 heure ;
Le 5"'" pendant 1 1/2 heure.
Portaient le 4'"® jour des fructifications, mais elles
étaient plus petites que dans les cultures non insolées.
Une autre culture faite en même temps que les autres,
exposée une première fois au soleil pendant 1/2 heure,
puis le lendemain pendant 1 heure à un soleil faible, ne
présentait le 4""' jour qu'un faible mycélium sans trace
de sporanges; le 5"*^ jour elle montrait quelques sporanges
blancs, très petits.
Huit jours après toutes les cultures étaient arrivées à
maturité ; on pouvait alors constater que les groupes de
filaments sporangifères venus en second lieu (à fombre)
étaient plus grands que les premiers apparus.
Ces cultures ne m'ont jamais montré ni chlamydos-
pores, ni zygospores; cependant le champignon se
trouvait manifestement gêné dans son développement.
La seule chose que j'aie parfois vue, c'est l'apparition de
cloisons dans les filaments mycéliens et quelquefois,
m^is plus rarement dans les tiges.
L'effet principal des rayons solaires semble donc être
de retarder le développement du champignon et de dimi-
nuer sa taille.
J'ai pu constater le même fait avec gélatine aux coche-
nilles, toujours les champignons obtenus étaient petits
et malingres.
Plus la lumière agit longtemps, plus les résultats
obtenus sont marqués, c'est ce que j'ai surtout pu obser-
ver avec deux cultures sur cochenilles, exposées d'abord
4 50 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
pendant 5/4 d'heure au soleil, puis l'une d'entre elle, le
lendemain pendant 2 heures à un soleil faible; sur la
première il est venu des sporanges assez nombreux, mais
pas très grands, avec filaments stolonifères; sur la
seconde les sporanges étaient peu nombreux, et à peine
visibles.
Il m'a semblé que l'action du soleil n'était pas la
même avec des substratums différents.
Les spores de deux cultures de Rhizopus sur gélatine
au moût de bière, ayant été insolées successivement
pendant 5 heures, 3/4 d'heure, 5 heures, 2 heures,
1/2 heure, furent ensuite ressemées; au bout de trois
jours elles possédaient déjà de nombreux filaments
stolonifères et de petits tubes sporangiaux.
Le Rhizopus résiste donc bien à l'action des rayons
solaires, puisqu'il permet aux spores de se former et ne
leur enlève pas leurs propriétés germinatives.
Dans une autre expérience ayant pour but de gêner
le champignon dans sa croissance tout en lui fournissant
un bon substratum, je n'ai pas vu non plus de traces de
zygospores; voici en quoi consistait cette, expérience.
Un Rhizopus cultivé sur décoction de pruneaux était
placé sous une cloche bien sèche, où se trouvait fen
même temps un petit vase rempli de chlorure de calcium
ayant pour but de dessécher peu à peu la culture.
Le seul résultat digne d'être noté fut l'obtention de
rhizopus très grêles, peu nombreux, petits, très peu
colorés, mais pas de zygospores où de chlamydospores.
Un autre genre d'expériences, qui à ma connaissance
n'a pas encore été fait jusqu'à présent, consiste à immer-
ger les cultures dans une solution nutritive; voici com-
ment je procédais : je prenais un tube renfermant de la
BULLETIN DES SÉANCES. «81
gélatine au moût de bière, je le stérilisais trois fois,
puis je l'ensemençais deRhizopus; celui-ci se développait
et lorsqu'il était parvenu, soit à l'état de mycélium soit
à l'état adulte, je liquéfiais ma gélatine à une très douce
chaleur (sans déboucher le tube afin de ne pas intro-
duire des spores étrangères), puis j'agitais de façon à
immerger complètement la culture.
Les Rhizopus traités de cette façon repoussaient, mais
étaient plus petits et mettaient plus de temps pour
arriver à maturité.
La même expérience faite avec un Phycomyces nitens,
immergé après deux jours de développement, alors qu'il
ne présentait encore qu'un mycélium m'a fourni des
résultats analogues, la culture a parfaitement repoussé,
seulement tandis que au bout de cinq jours, les phyco-
myces non immergés avaient 6 centimètres de hauteur,
les immergés n'avaient que quelques rares filaments de
4 ou o centimètres de hauteur, après un certain temps,
cette culture est devenue aussi belle et aussi fournie que
l'autre.
En immergeant des Rhizopus chaque fois qu'ils arri-
vaient à maturité et en répétant cela quatre ou cinq fois,
j'ai vu le champignon repousser sans que sa taille en fût
sensiblement affectée, mais finalement après un certain
nombre d'immersions le champignon mourait assez
brusquement. Cette mort peut être attribuée soit à l'épui-
sement du milieu nutritif, soit à la présence de substances
toxiques sécrétées par le Rhizopus et qui en s'accumulant
finissent par annihiler complètement son développement.
En tous cas, même ici, où le champignon était forcé
de se développer successivement, sans interruption, et
où en même temps il était gêné dans sa ci'oissance par
XVUl 12.
452 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
suite des immersions et de l'appauvrissement du milieu,
jamais je n'ai vu la moindre apparence de zygospores.
Tout cet ensemble de faits où le champignon s'est
trouvé dans presque toutes les mauvaises conditions
imaginables prouvent-ils que l'hypothèse avancée par
de Bary et Van Tieghem, est fausse? Cela n'est pas abso-
lument certain.
Ce même champignon, placé dans des conditions tout
à fait inverses, c'est-à-dire dans un milieu très favorable
à son développement et sur les substances que mes
expériences m'avaient indiquées comme les meilleures,
n'a pas non plus montré ses organes sexuels.
Ce qui semble pouvoir être énoncé au sujet des résul-
tats obtenus, c'est que, ou bien le Rhizopus qui a servi à
mes expériences avait perdu la faculté de produire des
zygospores, ou bien que celles-ci ne se forment que dans
des circonstances spéciales et sous des influences parti-
culières, encore qu'il existe des races chez qui la forma-
tion des zygospores ne peut plus se faire.
BULLETIN DES SÉi^CES
DE LA
SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE
Tome XYIIL N° YIII. 1891-1892.
Proeès- verbal de la séance iiieiisiielie
«lu ^O juin 189^.
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à 8 heures 1/2.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Bayet, CJau-
triau, L. Coonians, V. Coomans, Dclogne, De Wilde-
man, Heger, Éin. Marchai et R. Verhoogen, secrétaire.
Correspondance :
La Société des naturalistes dinantais envoie le pro-
gra^nme de ses excursions pour l'été 1892.
Lettre de M. le professeur 0. Penzig, invitant la
Société à désigner un délégué qui la représente otïicielle-
ment au Congrès international de botanique, qui se tien-
dra à Gènes, du 4 au 12 septembre 1892. — Le pro-
gramme sera déposé au Secrétariat. ...:... . . j
XVIU 13
4^i4 SOCIKTÉ nELGK HE MICROSCOI'IE.
Publications reçues :
Catalogue des microscopes et accessoires de la ?««i-
sonNacliet {^aris, 189-2;.
L'assemblée décide qu'il y a lieu d'envoyer un délégué
au Congrès de botanique de Gênes et charge M. De
Wildeman de rcpréscnler officiellement la Société belge
de microscopie.
Communications :
Sur la structure des Bactéries.
M. le docteur Verhoogen fait une communication qui
sera publiée ultérieurement.
Discussion :
A propos de cette communication, M. Errera dit qu'il
a observé dans certaines Bactéries et notamment dans
le Bacillus Amijlobacter, provenant d'une culture sur
gélatine avec pliosphoglycérate de calcium, des masses
irrégulières, brillantes, très réfringentes, prenant une
teinte brunâtre par l'iode. La coloration disparaissait à
chaud et réapparaissait par le refroidissement. La même
Bactérie <;ultivée sur d'autres milieux n'a pas présenté
ces masses particulières. Il s'agit sans doute là d'une
BULLETIN DES SÉANCES. 155
réserve voisine du glycogène typique des champignons,
peut-être même identique avec lui.
M. le professeur Héger annonce la prochaine réunion
al île ra!i»soiiil»I«»«» ftC'iïéralc
Présidence de M. Errera, président.
La séance est ouverte à H heures.
Sont présents : MM. Errera, Bauwens, Bonimer,
J. Coonians, L. Coomans, Crépin, Delogne, De Wilde-
man, Heger, Lameere, Lebœuf, El. Marchai, Em. Mar-
chai, Péchère, Houiï'art, Vandervclde et Verhoogen,
secrétaire.
MM. de Borrc et Gallemacrts font excuser leur ab-
sence.
Correspondance :
Lettre de M. le secrétaire de la société : Les amis des
sciences et arts à Uochechouart (llaiile-Vienne), deman-
dant l'échange des pul)lica[ions des deux sociétés.
XVIU 14
162 SOCIÉTÉ BELGE DE MICI'.OSCOPIE.
Ouvrages reçus en liommcuje :
Bertkaind et Renault. — î*ila llihracicnsis cl IcBogliead
fl'Aulini. (Soc. (l'hist. nat. d'Aiitiin, t. V, 189:^.).
Castracane. — Nota per la studio biologico délie Dia-
tnmee. (Nuova Notarisia, Luglio 1892).
— La Riproduzione délie Diatomee. (Mem. Ac. Pont,
(li Niiovi Lincei, vol. VTÎI).
R. H. Ward. — Walcr ^upphj of Cities. Expériences
relative to présent and future requirement . (Troy
i\. Y., Scicntific assoo. Jan. 1892).
— Impressions of tlie Antwcrp microscopical exposi-
tion. (Monthiy. niic. Journal, Juin et Juillet 1892).
Des remercîmcnls sont votés aux auteurs de ces
envois.
Le secrétaire donne au nom du Conseil, lecture d,u
RAPPORT ANMEL SUR LES TRAVAUX
DE LA SOCIÉTÉ
Messieurs,
Conformément aux statuts, le Conseil a l'honneur de
vous présenter le dix-huitième rapport annuel sur la
situation de la Société helge de microscopie.
Le nomhre des memhres de notre société s'élève
actuellement à IGO et se décompose comme suit ;
BULLETIN DES SÉANCES. 163
44 membres honoraires, 40 membres correspondanls,
89 membres effectifs et 17 membres associés.
Nous avons inséré dans nos bulletins divers travaux
parmi lesquels nous relevons :
Les recherches récentes sur la structure cellulaire,
par M. De Wildeman.
Les différentes méthodes de coloration par les sels
d'argent d'après le procédé de Golgi, par M. Riese.
(Traduction de M. \j. Rynenbroek).
Jean-Servais Stas, par M. L, Errera.
L'azote dans les capsules de pavot, par M. G. Clau-
triau.
Présence et localisation d'un alcaloïde dans quelques
Orchidées, par M. De Wildeman.
Sur la sensibilité des leucocytes à l'électricité, par
M. E. Dineur.
Sur le bacille de Pfeiffer (bacille de l'influenza), par
M. V. Péchère.
Une mucorinée nouvelle, Syncephalastrum elegans,
par M. Emile Marchai.
Recherches expérimentales sur le Rhizopus negri-
cans (Ehrenberg), par M. A. De Wevre.
Sur la variation du point de coagulation des albumi-
noides, par M G. Clautriau.
Diverses comtnunications ont encore été faites à la
Société, par MM. Bordet,Massart, Errera et Verhoogen.
M. Drosten nous a présenté quelques instruments
nouveaux.
Nous avons continué la publication de nos annales
par la distribution du tome XVÏ, qui contient les tra-
vaux suivants :
De l'origine du cancer, par M. Ch. Firket.
i64 SOCIÉTÉ BELGE DE MICItOSCOPlE.
Les organes des sens chez les mollusques, par
M. P. Pelseneer.
Sur l'œil de quelques mollusques gastropodes, par
M. P. Pelseneer.
Sur le Verrucaria consequens, Nyl, par M. Ch. Bom-
mer.
Comme précédemment, le Conseil tient à exprimer
ses remercîments à M. Crépin, directeur du Jardin bota-
nique, qui continue avec la même bienveillance à mettre
un local à la disposition de la Société. [Applaudisse-
ments).
En résumé la Société s'est maintenue au même niveau
que par le passé, et il est permis d'espérer qu'avec le
concours de plus en plus actif de ses membres, sa pros-
périté matérielle et scientiiique ira sans cesse en aug-
mentant. {Applaudissements).
Il est procédé ensuite à l'examen du
r>lLÂN DE L'EXERCICE 1891-1892.
M. Dauwens, trésorier, présente le bilan de l'exercice
écoulé, qui se solde par un boni de t"r. 51-80. Il y a en
outre pour fr. 525-10 de valeurs en portefeuille.
Des remercîments sont votés au trésorier, qui donne
ensuite lecture du projet de
BUDGET POLU L'EXEUCICE 1892-1895.
Le pi'ojet est adopté.
BULLETIN DES SÉANCES. ■IGS
M. De Wildeman, présente ensuite le
RAPPORT SUR L'ÉTAT DE LA BIBLIOTHÈQUE
Messieurs,
Aux termes des statuts de la Société, le bibliothécaire
est tenu de vous présenter lors de l'assemblée générale
un rapport sur l'état de la Bibliothèque et des collec-
tions de la Société.
Cet état est assez satisfaisant. Bien des vides ont été
comblés et nous espérons que ceux qui restent ne tar-
deront pas à l'être à leur tour.
Notre liste d'échanges s'accroît annuellement comme
vous pouvez-vous en assurer, en jetant un coup d'oeil
sur l'énumération des publications qui nous sont
envoyées. Nous sommes d'ailleurs encore en pourparlers
pour obtenir l'échange de nos publications avec plu-
sieurs revues de l'étranger.
Nous prions instamment les membres de la Société
qui posséderaient encore des fascicules séparés de
publications périodiques, de bien vouloir nous les ren-
voyer, afin que nous puissions faire le récolement de
notre Bibliothèque.
Il nous faut aussi remercier MM. lîertrand et Renault,
Castracane, Certes, E.-C. Cutt(;r, J.-A. Cutter, De Boeck,
De Moor, De Toni,Hueppe, Nihoul, Slosse,Verhoogen,
Ward qui ont fait hommage à la Société de plusieurs de
leurs publications.
Des remercîments sont votés à M. De Wildeman pour
166 SOCIÉTÉ BELGE IJE MICROSCOPIE.
le soin qu'il prend des objets que lui sont confiés et leur
gestion au mieux des intérêts de la Société.
SÉANCES MENSUELLES
L'assemblée décide que les séances mensuelles conti-
nueront comme précédemment à avoir lieu le troisième
lundi de cbaque mois, à 8 i/:2 heures du soir.
Le secrétaire annonce que le Conseil a renouvelé le
mandat de M. De Wildeman comme bibliothécaire-,
adjoint, pour l'année 18D:2-181)3.
ÉLECTIONS
Il est procédé ensuite à l'élection d'un président en
remplacement de 3L L. Errera, sortant, et non rééli-
gible.
M. Verhoogen propose la candidature de M. Roufïart,
vice-président actuel, qu'il recommande aux suffrages
des membres tant pour son dévouement aux intérêts de
la Société que pour son mérite scientifique notoire.
M. Heger appuie vivement cette proposition en insis-
tant sur les travaux de M. lloufïarl, (|ui tout absorbé
(ju'il est [)ar ses occupations personnelles, autant que
par les devoirs de son service à l'bôpilal Saint-Jean,
trouve encore le temps de se consacrer à des études
scientifiques.
M. Roufïart remercie mais déclare ne pouvoir accepter
l'honneur qu'on veut lui faire. Il recommande à son
BULLETIN DES SÉANCES. 167
tour la candidature de M. le professeur Ileger, qui joint
à son indisculabic mérite personnel la qualilé d'être un
chef d'école et de grouper autour de lui, dans son labo-
ratoire, des chercheurs nouil)r<'ux, dont les travaux
attestent largement le mérite de leur chef.
Il est ensuite procédé au vote, et M. le profeseur
Heger est élu président. [Applmidisscmcnls). M. Ilegcr,
remercie la Société -et l'assure de son dévouement.
MM. Uoufïart, vice-président, Delogne, hihliothécairc-
conservateur, Crépin et Laurent, membres du (Conseil,
dont le mandat était expiré, sont réélus pour un nou-
veau terme de deux ans.
M. le président félicite les nouveaux titulaires; il est
heureux de voir le choix qui a été fait de M. Heger, pour
les fonctions de président. ïl est persuadé que sous sa
direction la Société entrera dans une voie féconde et mar-
chera plus que jamais vers le progrès scientifique et
matériel.
Après quelques mots de M. Heger, qui exprime à
M. Errera la reconnaissance de la Société pour la façon
remarquable dont il a occupé la présidence pendant ces
deux dernières années, la séance est levée à midi.
TABLE GENERALE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS LE TOME XVIII
Dl BILLËTIN DE LA SOCIËTË BELGE DE HIICBOSCOIME
Pages.
BULLETIN DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ.
Séance du 31 octorre 1892 3
Présentation d'appareils et d'instruments, parM.Dros-
ten 5
Présentation de préparations microscopiques, par
M. Verhoogen 7
Notes de technique 9
Séance du 28 novembre 1891 15
Les récentes recherches sur la structure cellulaire, par
M. DeWildeman. 16
Notes bibliographiques . . , 24
Des différentes méthodes de coloration par les sels
d'argent d'après le procédé de Golgi, par M. Riese.
(Trad. par M. Rynenbroek) 26
Séance du 28 décembre 1891 5S
Jean Servais Stas, par M. Errera 57
L'azote dans les capsules de pavot, par M. Clautriau. 80
Séance du 30 janvier 1892 94
Assemblée générale extraordinaire du 27 février 1892 99
Séance du 27 février 1892 100
Présence et localisation d'un alcaloïde dans quelques
orchidées, par M. De Wildeman 101
Note sur la sensibilité des leucocytes à l'électricité, par
M. Dineur 113
Séance du 24 mars 1892 119
Sur le bacille de Pfeiffer, par AI. V. Pechère. . . . 120
no TABLE DES MATIÈRES.
Pages.
Séance DU 46 MAI 1892 '. . . . 123
Une mucorinée nouvelle. Syncéphalastrum elegans,
par M. Emile Marchai 124
Recherches expérimentales sur le Rhizopus nigricans,
par M. De Wevre 133
Séance du 20 juin 1892 153
Séance du 18 juillet 1892 156
Sur la variation du point de coagulation des albumi-
noïdes, par M. Clautriau 157
Assemblée générale du 9 octobre 1892 161
Rapport du Conseil sur les travaux de la Société . . 162
Rilan et Rudget 164
Rapport sur l'état de la bibliothèque et des collections. 165
Séances mensuelles 166
Élections 166
FIN DE la table DES MATIÈRES
LISTE GÉNÉRALE
des
NËNBRËS DE LA SOCIETE BELGE DE MiCROSCOPlE
AU 9 OCTOBRE 1892,
Membres honoraires (*).
MM. Abbe, prof, à l'Université d'Iéna (Allemagne).
Balbiani, prof, d'embryologie au Collège de France, Paris.
Cohn, F., prof, de botanique à l'Université de Breslau.
Fol, H., prof, d'embryologie à l'Université de Genève.
Jabez Hogg, docteur, 1 , Bedford square, Londres.
Jones Rupert, prof F. R. S., 10, Uverdale Road, King's
Road, Chelsea, Londres.
Koch, R., prof, d'hygiène à l'Université de Berlin,
von Kôlliker, A., prof, d'embryologie à l'Université, Wurz-
bourg.
Pasteur, membre de l'Institut, Paris.
Ranvier, L., prof, d'histologie au Collège de France, Paris,
Saccardo, directeur au jardin botanique de Padoue.
Smith, H. L.,prof.HobartCollege,GenevaN. Y. (États-Unis.)
Sorby, Broomfield (Sheffleld).
D"^ Ward, R. H., Troy, New- York (États-Unis), 53, Fourth
Street.
Strasburger, docteur Ed., prof, de botanique à l'Université
de Bonn.
Membres correspondants (**).
MM. Andrews, R. R., D. D. S., Haward street, 432, Cambridge,
Mass. (États-Unis.)
{*) Le nombre des membres honoraires est limité à quinze (art. 7 des Statuts).
(") Le nombre des membres correspondants est limité à quarante (art. 7 des
statuts).
XVill ig
i70 SOCIÉTÉ BELliK DE MICIJOSCOI'IE.
MM. Baumgarten, professeur, à Tiibingeu.
Behreus, D'" W., directeur du Zeitschrifl fur miki-oskopie,
Gôttingen.
Bertrand, C. Eg., professeur à la Faculté des sciences,
Lille.
Bieler, vétérinaire, avenue Agassiz, Lausanne (Suisse).
Boecker, docteur, Institut fur Mikroskopie, "Wetzlar.
Bonté, docteur J. H. C, secrétaire de l'Uni vei'sité de Cali-
fornie, Berkeley, Cal. (États-Unis.)
Brun, professeur à l'Université de Genève.
Biitschli, professeur, à Heidelberg.
Cox, C. F., grand central dépôt, New-York (Etats-Unis).
Crisp, Frank, secrétaire de la Société royale de Microscopie,
King's Collège, Londres.
Crosier, E. S., M. D., Masket street, 277, New Albany,
Indiana (États-Unis).
Curties, Thomas, membre de la Société royale de Microscopie,
244, High Holborn, Londres.
Cutter, docteur Ephraim, 1730. Broadway, New-York,
de Castracane (abbé), Comte François, Rome. Piazza délie
Coppelle, 50.
de Man, docteur J. G., Middelbourg (Pays-Bas).
Dod, A. P., 279,1/2, Main street, Memphis (Etats-Unis).
Engelraann|, Th. W., prof, de physiologie à l'Université
d'Utrecht.
Gibier, docteur, aide naturaliste au Muséum, rue Palestre,
23, Paris.
Guinard, E., rue du Cardinal, 15, Montpellier.
Harr'isson, docteur W. G., 26, Mount Yernon Place, East
Baltimore (Maryland) États-Unis.
Hueppe, docteur Ferd., professeur, Prague.
Kinne, C. Mason, 422, California street, San Francisco, Cal.
(États-Unis.
Lanzi, docteur Matteo, 6, via Cavour, Rome.
Lockwood, Samuel, Secretary to the New-Jersey Microsco-
pical Society, Freehold, Monmouth County (New-Jersey),
(États-Unis).
Mauler, E., 8, Terreaux, Neuchàtel (Suis.se).
Maupas, à Alger (Algérie).
MetschnikofI, chef de service à l'Institut Pasteur, à Paris,
BILLETIN UES SÉANCES. Ht
MM. Rosenbuscb, profe8seur de minéralogie à l'Université. dé
Heidelberg.
Senoner, docteur, 14, Krieglergasse, Vienne.
Stevenson, W. C, 1525, Green street. Philadelphie, Pens.
(États-Unis).
Stidhani, rev. J. F., Colombus, Ohio (États-Unis).
Trois, conservateur de la collection scientilique de l'Institut
royal des sciences, Palais ducal, à Venise (Italie).
Van Bruyssel, chargé d'affaires de Belgique à Caracas
(Venezuela).
V^^'ard, James W., Grosvenor Library, Buffalo (États-Unis).
Zimmermann, 0. E. R., docteur, Chemnitz (Saxe).
Zirkel, Ferd., prof, de minéralogie à l'Université de Leipzig.
Membres effectifs (*).
MM. Barré, Philippe, chef de bureau au Ministère des chemins de
fer, postes et télégraphes, rue Claesseus, 117, Laeken.
*Bauwens, L. M., receveur des contributions, rue Gansho-
ren, 15, Koekelberg.
Bayet, 33, Nouveau Marché-aux-Grains, Bruxelles.
Berteau, Zenon, profes. à l'école moyenne de Schaerbeek,
rue Villegas, 23, Jette-Saint-Pierre.
Bommer, Ch., docteur en sciences, rue des Petits-Carmes, 19,
Bruxelles.
Bray, A., docteur en sciences, rue de Namur, 48, Bruxelles.
Carnoy, J.-B. (l'abbé), professeur à l'Université de Lou-
vain.
Cogit, E., boulevard Saint-Michel, 49, Paris.
'Chalon, Jean, docteur en sciences naturelles, Namur.
Clautriau, G., pharmacien et docteur eu sciences natu-
relles, rue de la Tribune, 5.
Coomans, V., chimiste, rue des Brigittines, 1, Bruxelles.
Coomans, L., pharmacien, rue des Brigittines, 1, Bruxelles.
Toppez, docteur en médecine, 17, boulevard du Jardin Bota-
nique, Bruxelles.
Coppez, H., étudiant en médecine, boulevard Botanique, 17.
Cousot, docteur en médecine, à Dinant.
Xrépin, directeur du Jardin Botanique de l'État, rue de l'As-
sociation, 31, Bruxelles.
(*) Membre fondateur.
f72 SOCIÉTÉ BELGE UE MICROSCOPIB.
MM. Deby, Julien, ingénieur, 31, Belsize Avenue South Hamp-
stead, London.
De Fay, J., docteur en médecine, rue de la Fiancée, 22.
Bruxelles.
De Lacerda, Antonio, consul de Belgique, à Bahia (Brésil).
Delogne, C.-H., aide-naturaliste au Jardin Botanique de
l'État, Bruxelles.
Denys, ingénieur, place de Flandre, 15, Mons.
Depaire, J.-B., conseiller communal, professeur à l'Univer-
sité de Bruxelles, rue Royale, 54, Bruxelles.
De Sélys-Lonchamps, Edm. (baron), sénateur, 34, quai de la
Sauvenière, Liège.
Destrée, E., docteur en médecine, rue de la Régence, 57,
Bruxelles.
De Wildeman, docteur en sciences naturelles, préparateur
au Jardin botanique de l'État, rue Verboekhaven, 29,
Schaerbeek.
Drosten, Rob., rue du Marais, 49, Bruxelles.
Dubois, E., docteur en médecine, 19, rue du Gouvernement
provisoire, Bruxelles.
'Dupont, E., directeur du Musée royal d'histoire naturelle,
Bruxelles.
Durin, Th., chanoine honoraire, rue de Paris, à Moulins,
(Allier).
Duwez, docteur en médecine, rue Joseph II, 3, à Bruxelles.
Edom Ach., étudiant en science, 93, rue Moris, Saint-Gilles.
Errera, Léo, docteur en sciences naturelles, professeur à
l'Université, Place Stéphanie, 1', Bruxelles.
Florez, docteur en médecine, Jésus Maria, 5, Lima (Pérou).
Francotte, P., docteur en sciences, professeur à l'Athénée
royal et à l'Université libre, rue Gillon, 56, Saint-Josse-
ten-Noode.
Gallemaerts, E., docteur en médecine, rue delà Régence, 33,
Bruxelles.
Garbini, A., docteur en sciences naturelles, Leoncino, 38,
Vérone.
Gedoelst, docteur en médecine, rue du Canal, 20, Louvain.
Gevaert, G., docteur en médecine, rue de Florence, 7,
Bruxelles.
(*} Membre fondateur.
liULLETIN liES SÉANCES. HS
MM. GilsoD, professeur à l'Université de Louvain.
Gravis, Aug., professeur de botanique à l'Université de
Liège, rue Bassenge, 33, Liège.
Heger. Paul, docteur en médecine, professeur à l'Université,
rue des Drapiers, 35, Bruxelles.
Hendrix, Léon, docteur en médecine, rue Montoyer, 14,
Bruxelles.
Houzeau de Le Haie, professeur, membre de la Chambre des
représentants, Hyon (Mons).
Janson, Paul, rue Royale, 260.
Lameere, Auguste, docteur en sciences, professeur à l'Uni-
versité de Bruxelles, chaussée de Charleroi, 121, Bruxelles.
Laurent, Em., professeur de botanique à l'École d'horticul-
ture de l'État, à Vilvorde, et à Tlnstitut agricole de
Gembloux.
Lebœuf Louis, docteur en méd., rue de l'Association, 44,
Bruxelles.
M"« Leclerq, Emma, docteur eu sciences naturelles, Rempart de
la Biloque, 320, Gand.
MM. Lewin, docteur en médecine, rue de la Concorde, 68, Ixelles.
Loiseau, 0., ingénieur, à Ougrée.
Mantin Georges, quai de Billy, 54, Paris.
Marchai, E., conservateur au Jardin Botanique de l'État,
professeur à l'École normale, 55, rue Vonck, Saint-Josse-
ten-Noode.
'Miehelet, G., ingénieur, rue Pascale, 6, Bruxelles.
Nypels Paul, docteur en sciences naturelles, rue Forgeur, 7,
Liège.
Pechère V., étudiant en médecine, rue Marie-Thérèse, 16,
Bruxelles.
Pierson. H., rue de la Poterie, 6, Paris.
'Preudhorame de Borre, 1 1, rue Seutin, Bruxelles.
Remy, L., assistant de micrographie au Laboratoire agri-
cole de l'État, rue Haute, 57, Gand.
Renard, A., professeur à l'Université de Gand, Wetteren.
Rouflart, E. docteur en médecine, boulevard du Régent, 9,
Bruxelles.
*Rutot, A., ingénieur, conservateur au Musée royal d'histoire
naturelle, rue de la Loi, 177, Bruxelles.
(*) Membre fondateur.
n; SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPIE.
MM. Rynenbroeck, L., étudiant en sciences, 2, chaussée d'Alsem-
berg, Uccle.
Simon, A., docteur en médecine, rue Haute, 108, Bruxelles.
Simon, J.-B., docteur en médecine, rue Haute, 108, Bruxelles.
Slosse, Aug., docteur en médecine, rue Galilée, 8, Bruxelles.
Stappers, Léon, rue Jacobs, 59, à Anvers.
Stas, Jules, docteur en médecine, rue Van Straeleu, 26,
Anvers.
Sury, H., pharmacien, rue d'Havre, 12, Mons,
Thiriar, docteur en médecine, professeur à l'Université, rue
d'Egraont, Bruxelles.
Tillier, Achille, architecte. Pâturages (Hainaut).
Tocheff, étudiant eu sciences, Stara Zagora, Bulgarie.
Van Beneden, Ed.. professeur à l'Université de Liège.
*Vanden Broeck, Ernest, conservateur au Musée royal d'his-
toire naturelle, 39, place de l'Industrie, Bruxelles.
*Van den Corput, docteur, avenue de la Toison d'Or, 21,
Bruxelles.
Vandervelde, P.. docteur en sciences, rue du Prince Roj'al,
78, Ixelles.
Van Ermengem, prof<^sseur de bactériologie à l'Université
de Gand, Wetteren.
*Van Heurck, Henri, docteur en sciences, directeur du Jardin
Botanique, rue de la Santé, 8, Anvers.
Venneman, professeur d'ophtalmologie à l'Université de
Louvain.
Verhoogen, R., docteur en médecine, 16, rue de la Sablon-
nière, Bruxelles.
Walker, industriel, boulevard Montebello, Lille (France).
Walravens, Alfred, étudiant en sciences, à Tubize.
Warlomont, René, médecin militaire, docteur eu sciences
naturelles, Bruges.
Ysebrant de Difque, rue Belliard, 66, Bruxelles.
illc'iubres associé»^.
MM. Boi'det, docteur en médecine, rue de la Ruche, 42, Schaer
beek.
(*) Membre fondateur.
BULLETIN DES SEANCES. 175
MM. De Nobele. étudiant, rue des Plantes, 14. Bruxelles.
De Restia, pharmacien , rue Grétry, Bruxelles.
Dewevre, Alfred, docteur en sciences naturelles, rue de la
Linière, 12, Saint-Gilles.
Dineiir, E.. docteur en médecine, rue Rogier, 327.
Schaerbeek.
Fano, Léopold, étudiant, rue Royale, 233, Bruxelles.
Funck, Maurice, étudiant, rue de Livourne, 30.
Hegenscheidt, Alfred, étudiant, rue Gauthier, 30, Molenbeek
Saint-Jean.
Lor, Louis, rue de l'Écuyer, 14.
Marchai, Em., Ingénieur agricole, rue Vonck, 55, St-Josse-
ten-Noode.
Massart, docteur en sciences naturelles, rue grande Haie.
Mersch, docteur en médecine, rue du Trône, 90, Bruxelles.
Mills, Albert, docteur en médecine, boulevard Bischoff-
sheim, 25, Bruxelles.
ACADÉMIES, SOCIÉTÉS ET INSTITITIONS
avec lesquelles
LA SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPiE
EST EN RELATIONS D'ÉCHANGE.
'Belgique.
Annales delà Société médico-chirurgicale, rue des Augustin, 26,
Liège.
Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Belgique
Bruxelles.
Académie royale de médecine de Belgique, Bruxelles.
Association belge de photographie. Ch. Putteraans, Palais du
midi.
Bulletin scientifique et pédagogique de Bruxelles, M.Robie, direc-
teur à Forest lez-Bruxelles.
Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique, M. Lubbers,
au Jardin Botanique de l'État, Bruxelles.
Gazette médicale de Liège, place Saint-Pierre, 16, à Liège.'
Musée royal d'Histoire naturelle de Belgique, M. E.Dupont, direc-
teur, Bruxelles, '
Société royale de Botanique, au Jardin Botanique de l'État,
Bruxelles.
Société entomologique de Belgique, au Musée royal d'histoire natu-
relle, Bruxelles.
Société scientifique de Bruxelles, rue des Ursulines, 14, Bruxelles.
Société belge de géographie, M. Dufief, rue Potagère, 171,
Bruxelles.
Société gèologiquejde Belgique, M. G. Dewalque, Liège.
Société malacologique de Belgique, M. Lefebvre, rue des Parois-
siens, 7. Bruxelles.
Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, place
de l'Industrie, 39, Bruxelles.
Société médico-chirurgicale du Brabant, 181, rue Royale.
Société des naturalistes dinantais, Dinant.
iiULLETIX HES SÈAN<:tS, ^^^
Société royale des sciences, à rUuiversité de Liège.
Société des sciences, lettres et arts du Hainaut, Mons.
Société royale des sciences médicales et naturelles, D'' Galle-
maerts, rue de la Régence, 33.
Université de Bruxelles.
Université de Gand.
Université de Liège.
Université de Louvain.
Alleiuagfiie.
Botanisches Centralblatt, D"" Uhlworm, Cassel.
Deutsches Medizinal Zeitung, D'" Grosser, Prenzlau.
Kaiserliche Leopoldinisch-Carolinische Akademie der Naturfor-
scher, B^ Kuoltauch, à Halle.
Jahresbericht iiber die Fortschritte in der Lehre von den patho-
genen Mikroorganismen, professeur Baumgarten, à-Tiibingen.
Naturse novitates. M. Friedlander et fils, Carlstasse, 11, à Berlin.
Naturwissenschaftliche Gesellschaft, Chemnitz.
Naturwisseuschaftlicher Verein, Elberfeld.
Naturwissenschaftlicher Verein des Reg. Bez., D"" Hering, bibliot.,
Francfort s/Oder.
Offenbacher Verein fur Naturkunde, Offenbach S/M.
l'iîysikalisch-œkonomische Gesellschaft, Kœnigsberg.
Société d'histoire naturelle de Colmar, docteur Faudel, secrétaire
Colmar.
Société d'histoire naturelle, rue de l'Évêché, 25, Metz.
Verein fur Naturkunde. D"" Akermann, Cassel.
Zeitschrift fur wissenchaftliche Mikroskopie und mikroskopische
Technik, D'' Behrens, rédacteur en chef, à Gottingue.
Zoologischer Anzeiger, professeur Carus, Querstrasse, 30, Leipzig.
Centralblatt fiir algemeine pathologie und pathologischeanatoraie.
G. Fischer, à lécna.
Aiitriclie-Hoii^rie.
K. K. Naturshistorischen Hofmuseum, Vienne.
K. Akademie der Wissenschaften, Vienne.
Mittheilungen der section fur naturkunde des - Osterreichischen
Touristen-club ", Burgring N° 1. Vienne.
Bulletin international de l'Académie des sciences de Cracovie.
\TS SOCIÉTÉ BELGE DE MICUOSCOPIR.
Institut [. et R. Géologique d'Autriche, Vienne.
K. K. Zoologisch-Botanische Gezellschaft, Herrengasse, 13, à
Wien r.
Naturforschender Verein, M. Stadhoff, Brimn.
Naturwissenschaftliclier Verein fur Steii'raarlc, Gratz.
Ornithologischer Verein. Mittheilungen, Red. Von Pelzeln und
G. Pallisch, à Vienne.
Société des sciences naturelles de Croatie à Zagreb, Agram.
Société royale hongroise des sciences naturelles, Budapest.
Société adriatique des sciences naturelles, Trieste.
Ungarischer Karpathenverein, Lôese.
Verein zur Verbreitung naturwissenschaftlicher Kenntnisse, IV,
techn. Hochschule à Vienne.
Espagne ei Portug;al.
Boletin de medicina y farmacia, calle del Hôpital, 93, Piso 2",
Barcelone.
Gazeta Sanitoria à Barcelone. Casas consistoriales.
Cronica cientiflca. Barcelone, Réd. D"^ Raphaël Roig y terres.
Ronda de S. Pedro, 38.
Gaceta Medica Catalana, D'" Rodriguez Mendez, à Barcelone.
Sociedade de lustrucçao do Porto. St-Domingos, 57, à Porto Largo.
Revista clinica de los Hospitales. Madrid, PI. de Isabel, II.
Revista de sciencias naturaes e sociaes rua dos Clerigos, 96,
à Porto.
France.
Annales de l'Institut Pasteur, M. le professeur Duclaux. rue
Malebranche, 15, Paris.
Annales de micrographie, D"" Miquel, Rue de Turenne, 1 13, Paris.
Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Dijon.
Bulletin scientifique du nord de la France, M. le professeur Giard,
Lille.
Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles, à Béziers.
Feuille des jeunes naturalistes, M. Dollfus, 35, rue Pierre Charron,
Paris.
Journal de Micrographie. D"^ Pelletan, rue de Berne, 24, Paris.
Revue internationale de bibliographie médicale, D'' Raoult, 47,
rue du Faubourg Saint-Jacques, Paris.
BULLETIN DES SÉANCES. ■I'î9
Revue scientifique du Bourbonnais, M. E. Olivier, 10, Cours de la
Préfecture, à Moulins (Allier).
Le Botaniste. M. Dangeard, maitre de conférences à la Faculté de
Poitiers.
Revue bryologique, M. Husnot. à Cahan.par Athis.fOrne.)
Société Borda, à Dax.
Société des sciences physiques, naturelles et cliraatologiques,
D"" Bertrand, secrétaire-général, rue Bruce, à Alger.
Société Linnéenne du nord de la France, M. R. Vion. rue Voi-
ture, 8, Amiens.
Société des sciences physiques et naturelles. Hôtel des Facultés,
Bordeaux.
Société Linnéenne de Bordeaux,
Société de médecine de Caen (l'Année médicale), rue Froide. 2, à
Caen.
Société d'étude des sciences naturelles, l6,rueBourdaloue,Nimes.
Société d'agriculture, sciences,' belles-lettres et arts, M. Loiseliu,
secrétaire général, à Orléans.
Société des études scientifiques. Angers (Maine et Loire).
Société française de photographie, rue Louis-le-Grand, 20, Paris.
Société des amis des sciences naturelles de Rouen (Seine infé-
rieure).
Société d'histoire naturelle de Toulouse, 44, rue Saint-Rome.
Société d'histoire naturelle de l'Hérault, Montpellier.
Société des sciences naturelles, à Semur (Côte d'Or).
Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, (Auxerre.)
Société des sciences naturelles, M. Le Jolis, directeur, à Cher-
bourg (Manche).
Société Linnéenne de Normandie, Caen (Calvados), M. Lignier.
Société d'études scientifiques, 55, rue Pierre Charron, Paris.
Société Linnéenne de Lyon, place Sathonay, Lyon.
Grande-Bretagne.
Brighton and Sussex natural history Society, Brighton.
Croydon Microscopical and natural history Club. M. B. Sturge,
20, the Waldrons, Croydon,
Norfolk and Norwich naturalist Society, Norwich.
Quekett Microscopical Club, Londres.
Royal Microscopical Society. King's Collège, Londres.
Royal physical Society of Edinburgh.
^gO SOCIÉTÉ BELGE DE MJCROSCOPIE.
Patent Office Library, 25, Southampton Buildings, London W. C.
Hollande.
Société hollandaise des sciences de Harlem.
Société néerlandaise de zoologie, D^ P.-P.-C. Hook, Leyde.
Société royale de zoologie (Natura artis magistra) d'Amsterdam.
Physiologisch laboratorium. Université à Utrecht.
Italie.
Academia pontilicia de Nuovi Lincei, Palazzo della Cancellaria,
Rome.
Académie des sciences de l'Institut de Bologne.
Académie des sciences, lettres et arts de Modène.
Académie royale des sciences de Turin.
Ateneo de Brescia.
BoUettiuo scientiflco, Pavie.
Comité géologique d'Italie, Via S. Lusama Rome.
Institut royal des sciences, lettres et arts de Venise.
Natura, Rivista délie Scienze e délie loro applicazioni aile Indus-
trie e aile arti, M. Paolo Mantegazza, rédacteur en chef. Trêves
fratelli, via Palerno, 2, Milan.
Neptunia, rivista meusile per gli studi di scienza pura ed applicata
sul mare et sui organism. Red. D'" David Levi-Morenos S.
Stefano calle dei Fatri, 3536, Venise.
Notarisia. commentarium Phycologicum. Parte spéciale della
Neptunia.
Société des naturalistes de Modène, D'' L. Piccaglia, secrétaire,
à Modène.
Societa italiana dei microscopisti, à Acireale (Sicile).
Revista de Scienze naturali e bolletino dei naturalista, à Siena.
R. Academia dei fisiocritici à Siena (Italie).
Nuova Notarisia, rassegna trimestrale consacrata alla studio
délie alghe. D'" G. B. De Toni, institut et Jardin botanique de
Padoue.
Academia medico-chirurgica di Perugia (Pérouse).
Monitore zoologico italiano, Instituto anatomico à Florence.
BULLETIN DES SÉANCES. 181
Ltuxemhouvg.
Institut royal Grand-ducal. Section des sciences naturelles, place
Guillaume III, Luxemboui'g.
Aarsberetuing, Bergens muséum (Bibliothèque).
Rédacteur des publications du " Tromsoë Muséum - à Trornsoti,
(Norwège).
Rédacteur des publications du " Stavanger Muséum -», Stavanger.
Russie.
Académie impériale des sciences, Saint-Pétersbourg-.
Société impériale des naturalistes de Moscou, maison Arkarklia-
noff.
Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie, Odessa.
Société des naturalistes de l'Université de Kieff.
Suède.
Botaniska notiser, D"^ Otto Nordstedt, 10, Kraftstorg, à Lund.
Académie des sciences de Stockholm.
Suisse.
Société des sciences naturelles (bibliothèque) Helmhaus, Zurich.
Institut national genevois, M. H. Pazy, secrétaire général, à
Genève.
Naturforschende Gesellschaft, Muséum, Bâle.
Naturforscheude Gesellschaft, Berne.
Société des sciences naturelles, à Coire.
Schweizerische Entomologische Gesellschaft, M. Th. Steck, Berne,
Société helvétique des sciences naturelles, Berne.
Société des sciences naturelles, M. L. Coulon, Neuchâtel.
Société vaudoise des sciences naturelles, Lausanne.
<82 SOCIÉTÉ BELGE DE MICROSCOPJE.
Tiirf|iiie.
Revue médico-pharmaceutique, 68, Yuksek-Caldirim, Galata.
Constantinople,
Brésil.
Museu Nacional do Rio de Janeiro.
Boletin du Commissao geographica e geologica da provincia
de S. Paulo : Le Roy King. Boskurlter, à Sao Paulo
(Brésil).
Canada.
Le naturaliste canadien. Rédacteur, M. l'abbé Provancher, Cap
Rouge. Province de Québec.
Cosla Rica.
Officine de deposito y Cauje de publicationes Republica de Costa
Rica (Amérique centrale).
Cuba.
Cronica médico-Quirurgica de la Habana. Calzada de la reina, 92
apartada 465.
Elats-lnis cIMiiiérique.
Academy of science, Rochester (New-York).
Académie des sciences de Philadelphie.
American Monthly microscopical Journal. Washington, D. C. W.
Smiley.
American naturalist, prof. Kingsley-Malden, Mass.
Boston Society of natural history, Boston.
Collège of Physicians of Philadelphie.
Essex Institute, Salem (Mass).
Journal of the New-York microscopical Society, M. Zabriskie,
Waverley Avenue, Flatbush, L. S., New- York.
BULLETIN DES SÉANCES. /•■183
Journal of mycology. N. S. Department oi agriculture (section of
vegetable pathology ), à Washington.
Minnesota Academy of naturai sciences. Minneapoiis. Minn.
Rochester Academy of science. G. W. Rafter, secrétaire, à
Rochester N. Y. (États-Unis).
Journal of comparative Neurology L. Herrig, professor ofbiology.
University of Cincinnati (Oliio).
Librarian of the Surgeon general's Office. U. s. Army, Washington.
M. L. Brithon h. D. of the Columbia Collège school of Miner, New-
York.
Scientiflc Association, Meriden, Connecticut. (États-Unis).
Missouri Botanical garden, Saint-Louis Mo.
The microscope, Washington, D. C.
TheTrenton Naturai history Society, Trenton.
Wagner Free Institute of Science, Philadelphie.
Washington, Smithsouian institution.
Wisconsin academy of sciences, arts, letters, D'' W. H. Hobbs,
secretary, à Madison.
Californie.
Califoruia Academy of Sciences à San Francisco (Etats-Unis).
.^lexique.
Sociedad Cientifica - Antonio Alzate «, à Mexico.
Observatorio Meteorologico magnetico central, Mexico.
Chili.
Sociedad Pedro R. Videla, Santiago de Chile.
Boletin de Medicina, Santiago de Chile, Delicias, 252.
I%ou%elle Galles du Hud.
Linnean Society of New-South Wales, Linnean Hall, Elisabeth
bay, Sydney.
Fletcher Microscopical Society of Victoria, à Sydney, Melbourne.
■^"^ ♦ i "
fA
New York Botanrcal Garden Library
3 5185 00258 5469
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