^ ACADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. J SEANCE PUBLIQUE TENUE LE 3o AVRIL 1817. A DIJON, CHEZ FRANTIN, IMPRIMEUR DU ROi ET DE L'ACADEMIE. M. Dccc xyii. ^. ACADEMIE DES SCIENCES , ARTS ET BELLES- LETTRES, DE DIJON. SEANCE PUBLXQUE TENUE LK 3o AVRIL 1817. J^'assemblee etoit n.ombreuse et composoe des personnes les plus distinguees par leur rang, leurs ibnctions et leiirs talens. Un grand norabre de Dames rendoient encore cette reunion plus briliante. M. Berthot, president, ouvre la seance, et dit : Messieurs , Lorsque I'Academie , dans cette seance solennelle , vient vons rendre conipte do SOS travaux , si elle n'a pas la satisfaction de vous annoncer d'importantes decouvertcs , elle a du molns I'csperance de vous prott- ver qu'elle ne s'est point ecartee des princi- ( o^ pes qui clolvent faire la regie de sa conduite; Meprisant ces succes epliemeres , fruits d'une curiosite avide , qui veut tout expli- quer ,elle n'oublie point que robservation et I'experience sont les seuls raoyens d'etudier et d'interroger la nature ; elle ne la suppose point soumise k des lois creees par I'imagi- nation , et n'invente pas des systemes qui pourroient peut-etre seduire un instant , mals qui rentreroient bientot dans la classe des illusions , lorsqu'ils auroient la raison pour juge. D'un autre cote , Messieurs , si 1' Academie salt admirer lemagnlfique ensemble des con- noissances humaines , elle ne se dissimule pas combien les diverses parties de ce vaste tableau laissent encore a desirer j elle est loin de penser que I'homme , bien que capa- ble de surmonter les difficultes dela science, ne puisse rien rencontrer qui solt au-dessus de son intelligence ; elle reprouve et con- damne I'orgueil de celui qui pretend que la sphere , dans laquelle 11 peut se mouvoir , n'a point de bornes. Cette honorable severite , qui nous defend d'adopter tout ce qui , dans les sciences phy- siques^ ne serolt pas solidement etabli sur des faits , qui nous prescrit de ne lieu risquer , (3) «3ans les sciences morales, qui ne soLt con- sequence necessaire des verites eternelies qui les constituent , peut nous exposer a nous presenter quelquefois les mains presque vides j mais elle n'en meritera pas moins Tap- probation de cette assemblee , composee d'hommes trop instruits et trop vertueux , pour ne pas preferer un petit nomhre d'idees justes et utiles, a des productions varices et brillantes , mais qui devroientleur existence a des ecarts de I'esprit ou du coeur. D'ailleurs, Messieurs , lorsque les sciences etles arts sontassezpertectionnes, pourfour- nir non-seuleraent auxbesoins , mais encore aux agremens de la vie j lorsque riiomme a pour se guider ce flambeau divin qui ne s'eteindra jamais, malgre le souffle impe- tueux de la perversite j ce qui reste de plus important a faire , n'est peut-etre pas de decouvrir des verites nouvelles , mais bien de conserver celles qui sont connues , et de corabattre I'erreur qui cliercherpit a les renverser. Un des principaux moyens d'atteindre ce but etant de diriger I'attention sur les f'aits anterieurement etablis, et d'exciter les sen- timens genereux et eleves qui , en disposant aux douces impressions du bien , le font (4) distinguer sans effort , et nous pretent de9 arrnes contre tout ce qiii lui seroit etranger 5 r Acadeniie j apres avoir fait, I'an dernier , le plus noble appel k I'honneur et a la. sensi- bilite,en proposant pour sujet de prix I'eloge du DUG d'Enghien , choisira cette annee une question , qui sauvera peut-etre de I'oubli quelques observations qui , n'ayant aucun interet en restant isolees , pourront acque- rir beaucoup d'importance , lorsqu'apres les avoir reunies ct comparees , on en de- duira la solution de la question proposee. Un membre de cette compagnie vous fera connoitre cette question, ainsi que la ma- niere dont elle devra etre traitee , et vous entendrez la lecture du discours , qui a ete distingue dans le grand nombre de ceux qui nous ont ^te adresses, et qui doit etre cou- ronne aujourd'hui , inalgre les taclies qu'on y a remarquees , mais que I'auteur pourra •facilement faire disparoitre. Nous ne pouvions esperer , Messieurs , obtenir un monument digue du jeune lieros, dont il falloit celebrer I'infortune et la gloirej car ou trouver un Bossuet ! Les suffrages de I'Academie ont done dtl etre accordes k un ouvrage, dont le style est generalement no- ble et soutenu , qui offre des pensees et des (5) intentions fines et delicates , dont plusleurs passages se font remarquer par lo moiive- nient et la chaleur , qui n'appartiennent qu'a. la veritable eloquence , et qui , abstraction faite du sujet , si toucliant pour des Fran- cais , et sur-tout pour les liabitans d'une cite , o^ le nom de Cokde rappellera toujours de si precieux souvenirs , doit faire le prin- cipal objet de I'interet, qui pourra se ratta- clier a cette seance , qui va etre remplie ainsi qu'il suit : Apres la lecture du compte rendu par M. le secretaire Vallot , D. M. M. GuENEAU DE MussY lira un rapport sur les pieces de vers envoyees au concoiirs ; M. GiRAULT , une discussion sur I'epo- que du martyre de Saint Benigne ; M. GuENEAU DE MussY , la traduction d'une idylle de Moscus , intitulee : I' Amour L'ouvrage couronne , dont le sujet est I'e- loge de Monselgneur le due d'Enghien , et qui porte pour epigraphe : Sta viator I he- roem calcas, sera ensuite lu par le presi- dent, qui proclamera le nom du. vainqueur. La seance sera terrainoe par M. Antoine , qui I'era connoxtre le sujet du prix pour 1818. m COMPTE RENDU D E s travaiix de V Academie des sciences , arts et belles-lettres de Dijon. Messieurs , L' Academie des sciences , arts et belles- lettres de Dijon , en vous communiquant la notice des objets qui I'ont occupee , depuis sa derniere seance , sera satisfaite s'il en est qiielques-uns qui meritent de fixer votre at- tention. On clierche depuis long-temps un precede sur et facile pour conserver les porames de terre , d'une recolte a I'autre. Tous les livres d'agriculture indiquent des moyens qui sont insuffisans , et conseillent des pre- cautions si embarrassantes , qu'il est diffi- cile d'y recourir. Le hazard nous a servi de la maniere la plus satisiaisante , et le procede nous a ete communique ( xgjanvier i8iy ) par M. Bon- NET-Co(iUEAU , associe resident. ( 7 ) Un pere de faraille cles environs de la ville, desiroit soustraire au gasplUage de ses enf'ans , les pommes de terre qu'il avoit recolteos ; pour y parvenir , il prit le parti d'enfermer dans des tonneaux ces tubercu- les , qui s'y conserverent tres bien j seule- ment iorsqu'il les planta , il fut surpris de ne les point voir genner. II apprit de notre collegue que cet effet dependoit de la pri- vation d'air a laquelle ces tubercules avoient ete soumis. M. Bonnet employa cette methode pour conserver les pommes de terre qu'il desti- noit a sa consommation , et le succes en constata refficacite. Ce precede , qui est tres simple , consiste « a defoncer des tonneaux , cc des foudres , et k remplir ces vases de ^ ^ 5 ij Arsenic blanc ' On le prepare comme le precedent ; la dose doit etre d'un tiers ou de moitie moindre , on la delaie avec de la salive. Ce remede est la pate arsenicale ^Vifrere CosME , et M. le professeur Dubois I'emploie encore a Paris , avec un grand succes. Le troisieme de ces remedes , que Ton at- tribue a M. Lassus , se prepare ainsi qu'il suit : B^ Arsenic blanc 3 iij Eau pure . . tb ij Faites bouillir et reduire a trois setiers , conservez dans une bouteille pour s'en ser- vir au besoin , en humectant de la charpie ou des compresses, que I'on applique sur les ulceres superficiels. M. Groffier termlne, en assurant que le remede dont la dame Damoiseau , de Cha- Ions, fait un secret ,-n'est que la prepara- tion arsenicale , dont son mari , chirurgien a Verdun-sur-Doubs , lui a laisse la recette. M. Fbron , ancien chirvirgien-major du 36,® regiment de ligne , correspondaut a Paris, a enwoye (zxmai i8i6)nn. memoire intitule : Nouvelies considerations sur I' en- tente adynamique , et sur I'utilitS des toniques dans son traitement. L'auteur , apres la description de I' en te rite adyna- mique (£evre enteroinesenterique de M. Petit ) , annonce que cette maladie est le resultat de rinllammation de la derniere partie de VilSon ; il conseille dans le prin- cipe les boissons mucilagineuses , et lorsque la maladie devient plus grave , il y substitue le quinquina , dont Taction est eminemment secondee par I'application des vesicatoires. Dans un rapport, sur le Memoire de M. le comte Chaptal , relatif a la Fabrication du Sucre de better ave , M. Masson , pharma- cien , associe resident, a donne (2.4 avril 1816) une notice sur I'etablissement forme h. la Colorabiere, pres Dijon ; il nous ap- prend que les proprietaires de cette fabri- que sont parvenus , a force d'essais , a ob- tenir les memes resultats que ceux indiques par le savant cliimiste j la machine h raper est tr^s simple, tres expeditlve et sans au- Cun danger pour les ouvriers. Trois presses construites avec solidite , expriment tres promptement tovit le sue qu'il est possible d'extraire de la betterave. La depuration ,re- vaporation du sue , la clarification , la cuite du sirop , enfin la cristallisation du sucre s'ex^cutent sans peine et par le secours d'un seul ouvrier. Aussi les annees prece- dentes, les proprietaires de I'etablissement ont livre dans le commerce , au-dessous du cours , des sucres terres et des moscoiiades de bonne qualite. Des echantillons de ces divers produits ont ete deposes a I'Academie. Aujourd'hul que le prix du Sucre de canne a baisse , les proprietaires ne pourroient plus soutenir la concurrence , et ils se conten- tent de fabriquer des sirops , dont ils ver- sent, tons les ans, environ dix milliers dans la circulation. M. TouRNON , docteur-medecin , associe correspondant , a envoye (8 mai i8i6) une notice sur la terrible explosion du magasin a poudre de Toulouse : explosion qii'il re- sarde commeref'fet d'un accident occasionne o par le choc dvi cliarbon. II appuie son opi- nion , sur un article contenu dans la notice de la seance publique , tenue le 6 septembre ( i3 ) 1802, par I'Academie de Dijon. Cet article, relatif aux trois explosions successives de la Poudrerie de Vonges , en moins de trois niois , apprend qu'elles avoient ete produites par le choc du charbon. Tous les chimistes savent que Ton peut retirer la gelatine des os , a I'aide des aci- des affoiblis. M. Darcet a mis a profit cette decouverte , pour fabriquer des tablettes de bouillon , et il a pris un brevet d'invention, afin de s'assurer la propriete des operations par le moyen desquelles il reussit. M. Masson , pharraacien , deslrant met- tre a profit ses connoissances cUiraiques , s'est aussi occupe de I'extraction de la gela- tine des OS , a I'aide des acides affoiblis. Par une serie de procedes qui luiestpropre , il est parvenu a se procurer de la gelatine , qui reunit toutes les qualites de la gelee de viande , comme on a pu en juger d'aprea i'echantillon qu'il a presente a I'Academie j aussi on peut employer cette substance avec le plus grand avantage , pour la confection des bouillons dans les hopitaux , les prisons , les casernes et autres etablissemens , ou la reunion des individus force k recourir pour leur nourriture, k des procedes economiques, d'accord cependant avec la salubrite des substances allmentalres et la sante des liom- iiies. M. Masson ignore si les procecles dont il fait usage sont les memes que ceux em- ployes par M. Darcet j mais il est certain que les resultats sont les memes. Le desir d'eclaircir quelques points d'his- toire naturelle a engage M. Vallot a redi- ger, sur ces objets, plusieurs memoires qu'il a communiques a I'Academie. Le premier est intitule : Notice sur deux especes de Jleurs doubles ( 7C) juin i8i6). Quoique les botanistes regardent comme des monstruosites les fleurs doubles, et qvie par suite de cette opinion , ils rie les fassent pas entrer dans levirs catalogues systematic ques , comme especes 5 I'auteur a cru devoir noter le sureau k lleurs doubles , sambu- cus nigra, ver. fl. pLen. Cette variete, inte- ressante pour les amateurs , ressemble telle- ment au sureau vulgaire, que ce n'est qu'a I'epoque de la floraison , qu'oji peut Ten dis- tinguer , par la forme et la couleur des fleurs tr^s blanches : la conversion des etamines en corolles, fait disparoitre la teinte jauna- tre que leur presence donne a la fleur du sureau commun j il arrive quelquefois que I'anthere subsiste au sommet ou m^me sur les bords de la decoupure ; Fauteur a vu ( iM cinq etamines exister sur une corolle iiit^- rieure j cette disposition explique comment 11 arrive que ce sureau k fleurs doubles pre- sente quelquefois des bales , peu nombreuses a la verite : en semant les pepins , on ob- tiendroit peut-etre des varietes plus belles , mais I'experience n'en a point ete faite. La variety dont nous parlons s'est trouvee par hazard , dans une hale , qui bordoit un champ de Vantoux , sur le chemin de Dijon a Messigny j aussi dans toutes les excursions botaniques dirigees de ce cote, on avoit grand soin de falre remarquer aux eleves cette variete, d'autant plus singuli^re qu'elle n'etoit point ie resultat des soiiis de I'liomme. Par le secours des boutures, I'auteur s'en est pro- cure deux tr^s beaux pieds qui , avec celui du Jardinde botanique , sontactuellementles seuls connus : la haie dans laquelle se trou- voit le premier pied a ^te enti^rement arra- cliee. Parmi les nombreuses varietes de renon- cules , renonculus asiaticus Linn , il en est une que I'auteur n'a trouvee decrite nulle part, ni indiquee dans aucun catalogue, C'estune variete a fleur tres double, inodore, dont les petales, d'un vert d'herbe, sont coria- ces^, terraines ^ leur soramet trilobe par un ( 16 ) point noir et cjuelques polls blancs forC courts , qui , avant repanouissement com- plet de lafleiir, la font paroitre comme cou- verte d'une tres mince tolle d'araignee. L'auteur a vu cette variete dans le jardin. de feu I'abbe Bretj cet amateur , qui en avoit re^u les grifies du Poitou , Ignorolt com- ment son correspondant s'etolt procure cette singullere variete, cultivee, il y a plus de clnquante ans , dans les jardins de I'Eveque de Blois. L'auteur de la notice , frappe de la struc- ture extraordinaire des petales de cette va- riete , a faitinfructueusement des reclierches, pour en retrouver ]e type primitlf , qui lui paroit devoir etre different de celui de toutes les belles varietes , si recliercliees des fleu- ristes. Les trols observations siilvantes ont pour objet certains etres et certaines substances mal observees, on observees avec peu de soin et prises pour d'autres. ( igfevricr iSiy. ) A. II est question dans les ephemerides des curieux de la nature (1682 dt^cad. II, 1.'^ annSe J p. 081 , ohs, cuii) d'lm roissoN a PATTES. L'observalion est de Georges Wolf- ganq Wedel , fameux professeur a Jena. Dans sa bibliotheque analomlque {torn, 1 j ( '7) pag. 470 , §. ccccxxxviii ), Haixer donne le titre de tons les ouvrages de Georges Wolf- gang Wedex , et a la page ^'j'2. , il met soiis la rubrique E. N. C. Dec. II, anriee i/^, obs. 'i.Sj ^ piscem bipedem. M. Vallot temoigne son etonnement de ne troiiver ^ cette citation aucune reflexion de Haller j cet anatomiste si habile n'a pu laisser echapper la singularite iiiwnpoisson a deux pattes ; il a dii recherclier ce qui avoit donne lieu k tuie observation anssi etrange ; il ne I'a pas fait, quoiqu'il conniit les ouvra- ges de SwAMMERDAM et ceux de Roesel , ce qui pourroit laisser croire que Haller adinettoit I'existence d'un pareil etre. Un professeur Italien appele Jean-Antoine Battara , de E-imini , dans un supplement i^pag. 2.37^ S- y^i > i'^i>- ^^^ >fig- G' H.), ajoute a la nouvelle edition in-folio , qu'il a publiee en 17/3 , du cabinet de Kircher , donne la description et la figure d'un petit poisson inconnu , dit-il , a tous les ichtliyo- logistes ; il I'appelle bratrachoscelos , et le conserve precieusement dans I'alcohol pour le montrer aux curieiix. M. V ALLOT , en rapportant cet article , ajoute qu'il n'a pu concevoir , comment le (^8) professeur Italien a meconnu , dans son pr^- tendu poisson , dont il dit que les intestins sont roules en spirale , la larve de la Gre- nouille , lorsqu'elle est pourvue de ses deux pattescoxales. II suffit en ef'fet de comparer les descrip- tions et les figures de Wedel , de Battara, avec celles de Swammerdam , de Roesel , de Spaleanzani , et sur-tout avec I'observation, que cliacun peut faire aujourd'liui , pour demeurer convaincu que \e poisson bip^de , est la larve d'un batracien 4 I'epoque que j'ai assignee. Sur les plantes ou sur les arbres , qui ont ete charges d'une grande quantity de puce- rons , aphis Linn. , on observe quelquefois cc des filets blancs longs de plus d'un pouce , torn. 3, pag. 386-089) , rapporte ces deux observa- tions, signale I'erreur deGAHRLiEP, et prouve que les productions en qiiestion sont les oeufs de I'hemerobe Perle , Hemerobius Perla. Linn. D'apres une decision aussi f'ormelle , ct d'apres I'observation qui nous a fait con- ( ^o ) noitre deux autres insectes dont les oeiifs son£ pedicules (i) , on pouvoit croire qu^ Ton ne prendroit plus les oeuf's d'heinerobe pour de petits champignons} le contraire est cependant arrive. ToDE , yi/z/o'. Meckl. sel.i, pag. i5 , les a decrits corame un champignon , sous les noms d^ Ascophora ovalis^ et sous celui (\^ Asci- dium ovatum J Sclirifft. d. G esse Is. Natur- forsch. in Berlin jtovci. 3 , pag. 247, t. 4 , i- 4"^* Ilaetesuivipar J(^ col. 1) admet VAscopliore perenelle. Bosc ( Nouv. Diction. d'Hist. natur. , 2.® edition, Deterville , torn. 2, pag. 588) dit que le genre de V Ascophore n'a qu'une es- pece. M."" Vallot termine sa notice en obser- vant , d'apres ce qui precede , que tous les auteurs cites se sont copies , et qu'il est im- portant de detruire une erreur qui , a. la fa- veur du nom des savans qui la repetent , prendroit par la suite I'apparence d'une ve- rite. I/C dernier Memoire d'Histoire naturelle, communique par M."" Vallot, a pour litre : Sur le suif mineral ( 26 fev. 1817). Apres des considerations gcnerales sur la prudence qui dolt presicler a radmission de certains i'aits, I'auteur rapporte dilf'erentes anecdotes, fournies par la precipitation , avec laquelle quelques observateurs ont admis des objets fkctices pour des etres naturels ; il en cite plusieurs c|ui par-la sont devenus le plastron d'une mystification sanglante. II iudique la Dent d'or ( Dan. Sennerti D. M. jprofes. •practicae inedicae ^ lib. II , Lugduni , i6^o , 8.° , pag. 60 , cap. XV de Dente aureo puerl Silesii ); les pretendues petrifications decrites par Beringer (. Lithographia FTirzebur' gensis. Voy. Gesner, de petrijicatis ^ p. 58 j Le Journal de Phj/siqiie , an VIII , floreal, p. 826 ', Le Magasin encyclopedique y 1808 , iiovembre , torn. 6, pp. 116 et seq. ; ) le ver intestinal, admis par Scopori ( Delic. insub. pag. ^6 y n.** xx) , sous le nora de F/iyscis intestinalis ; ( Gmelin , Syst. naturae , edit. XIII. , torn. 1 , pars vi , pag. 0080 , nota) , et qui n'est que la trachee artere d'un poulet ( Bulletin de I'Ecole et de la Societe de md- decine de Paris , 1807, n°. viii , pag. 114 ) } la fameuse Hydre de Hambourg dont P. JBoiSTEAU ( Histoires prodigieuses , p. 3i5 ) a parle un des premiers , et dont Seba {Thes, torn. 1 , tab. 611 , f. 1 ) a donne la gravure citee par Linnee ( System, naturae ^^dixX. xii. ( ^3 ) torn. 2, pag. 358 , n^.), Gmelin {System, naturae y edit, xiii , pag. io56 , n^^.) , et in- diquee par Haller {Bibliotfieca anatom. , torn. II , pag. ^'j^. , §. dcccclxxvii) , sous le nom de Hydra septic eps Haniburgensis ', les basilics f'abriques avec des raies , et connus des la plus haute antiquite ( Boistuau , Hist. prodigieus , pag. ii5). L'auteur a vu dans une collection, le P^c^5/(?i/z de Menil-mon~ tant ou menilite, {Manuel du mineralogiste , torn. 1, pag. 339, S cxxvi. S. Opalus piceus, Gmelin, System, nat. , edit, xiii.'" , torn. 3 , p. 159 , ii.° 2 ) , designe sous le nom de Ko- seau des In des petrifid. Ces diverses anecdotes sont citees a. Toc- caslon d'une notice que Ton lit dans le Journal de Physique ^ torn, lxxiv , 1812 , juin, pag, 434. Cette notice rappelle la de- couverte dont feu Hermann , celebre natu- raliste de Strasbourg , avoit fait part en 1764 aGuETTARD sur le Suif mineral. M."" Vallot ecrivit en 1812 au Redacteur du Journal , pour lui faire part de ce que • Hermann pensoit lui-meme de cette de- couverte ; la lettre n'a point ete publiee ; c'est ce qui a decide M/ Vallot k commu- niquer i I'Academie ce qu'il avoit appris de la bouchede M. Hermann lui-meme. Voici ( =4 ) le fait. En 1764 , le pere du naturallste Her- mann etolt alle a Bai' prendre les eaux pour raison de sante ; il remarqua a la surface de I'eau une substance graisseuse, pareille a du Buif fondu; il en fit part a son Ills, qui I'ecri- vit sur-le-champ aGuETTARn: lalettre Futlue a. TAcademie des Sciences de Paris. Quelque temps apres, M. Hermann decouvrit que ce pretendu suif mineral , etoit le resultat de la superclierie d'un valet intelligent , qui , pour achalander les eaux, dont son maitre etoit proprietaire , jetoit dans les chaudieres des boules f'aites d'un melange d'ar£;ile et de suif. Hermann s'enipressa d'ecrire a Guettard pour lui annoncer cette decoiiverte , et le prier d'annuller son observation precedente. Guettard lut cette nouvelle lettre a 1' Aca- demic , et les clioses en resterent-la. Dix ans apres, Hermann fut tres surpris de voir publier dans le Journal de Physique ( i774> n^S'i » tom. 3, part, v , p. 346) , cette observation sous son nom , que Ton avoit tronque , car il est dit Hermand ; il fut en- core plus etonne de la retrouver dans Y>ji^- yv \j!i yAoMsle Manuelde Mineralogie {torn. 3, pag.^18, §. cxxxviii , F), d'ou plusieurs au- teurs I'ont tiree pour en parler dans leurs ouvrages. Gmelin. Sjst.nat.j edit. xiii,tora. (^5) 3, pag. 081 , n." 10 , 1'appelle Bitumen Sevum, Malgre les reclamations continnelles (I'Her- MANN , I'erreixr s'est propagee et se soutient encore , tant il est difficile cle revenir au vrai , quand on s'en est ecarte. A cette oc- casion, Hermann parloit de la cire de mon- tagne , decrite par Resler j elle n'etoit ega- leinent que le resultat d'une superclierie. Un de nos coUegues , a vu lui-meme que les eaux de Contrexeville , en Lorraine , ne devoientleur qualite ferrugineuse ([u'a cinq ou six cents clous que le proprietaire faisoit placer secrettement a la source , apres les pluiesabondantes, afin que par leur oxida- tion, lis donnassent a I'eau une legere sa- veur astringente. Si Ton reussit a tromper sur des faits qu'il est aussi facile de verifier , on doit etre tres reserve sur le degre de confiance qu'll faut accorder a une foule d'autres faits plus dif- ficiles a constater. La litterature a occupe plusievirs de nos coUegues , qui ont communique a I'Acade- mie quelques pieces que nous allons faire connoitre. Un anonyme a adresse (24 avril i8i6) a I'Academie line piece de versintitulee : Hom- ( ^6 ) MAGE A l'Academie de Dijon J la lecture de cette piece a prouve que I'auteur etoit anime des meilleures intentions , et qu'il annon- ^oit des dispositions heureuses. M. Couturier , professeur de rlietoriqtie , au College royal , associe resident , lit ( z6 mai iSij) une epitre sur I' amour de lagloire , a madame de Vannoz. L'auteur commence par des reflexions ge- nerales sur les divers sentimens qui animent riiomme ; il les envisage ensuite sous leurs differens deeres de force et sous la direction qu'ils peuvent prendre : il conclut que leur exaltation ou leur mauvaise direction en de- terminent I'abus , et il regarde I' amour de la renommde aprbs la mort , comme la suite de Tabus du sentiment de Timmortalite de notre ame j rnalgre les preuves qu'il donne , I'auteur se delie de ses propres conclusions ; illessoumet a Madame de Vannoz , dont le talent est bien connu , et il la prie de lui communiquer ses prOpres reflexions sur un cbjet aussi abstrait. Outre cette piece , dans laquelle I'auteur a encadre , avec beaucoup d'adresse , quel- ques passages des poesies de Madame de Vannoz, il a lu ( Z2 mai i8i6) une Ode ( ^7 ) Sur le mariae,e de Charles - Ferdinand d'Artois , Due de Berry , avec Marie- Caroline-Thdrkse , Princesse de Naples. Un exemplaire , obtenu par les precedes li- thographiques , a ete depose ^ la Biblio- t]iequ.e(^iojuillel:i8i6). M. le Marquis de Courtivron , acaderni- cien honoraire , a communique ( /z fai/i i8i6) a rAcademie , la traduction qu'il a f'aite d'une piece allemande , en cinq actes , de Schiller , intitulee : La Pucelle d'Or- rEANS 5 11 a fait preceder cette traduction de quelques observations sur le theatre alle- mand. Dans cette preface, M. de Courtivron fait un examen raisonne de la piece de Schiller j il la critique judicieusement ; il lui donne des eloges mesures, sans adopter Penthousiasme que cette piece a excite en. Allemagne. On sait que c'est a Weymar que Schiller coraposa sa Pucelle d'OrUans. Lorsque la premiere representation en fut donnee h. Leipsick , il y assistoit \ le public fit eclater , en ce jour , sa joie et sa satisfaction , d'une -maniere unique , peut-^tre, dans les annales du theatre aiicinaud. Malgre i'excessive cha- ( ^8 ) leur , la salle etoit remplie de spectatenrs / rattention fut tres soutenue ; et a peine la toile , apres le premier acte , fut-elle balssee , que le cri unanime de vive Schiller ! se fit entendre J le bruit des timballes et des trom- pettes se raeloit aux acclamations de I'assem- blee. Le poete saluoit, de sa loge, avec mo- destie. Lorsque la representation fut achevee , tout le raonde sortit avec impetuosite de la salle , pour le mieux considerer ; et en un instant, la place, qui est devant le theatre , fut couverte d'un peuple immense ; Schi ller tra versa ainsi en triomphe la foule de ses ad- mirateurs. Tons , la tete decouverte , se pres- soient sur son passage , et les peres disoient a leurs enfans, qu'ils soulevolent dans leurs bras : Le voila ! ( La Q^uinzaine litteraire _, torn. I , pag. 42,7. ) Una pareille scene prouve que les AUe- mands sont moins difficiles que nous , et qu'ils ne tiennent point a la regie des trois unites tracee par Aristote , Horace et Boi- XEAU : en effet, la tragedie de Schiller cora- prend la vie entiere de Jeanne d'Arc ; et cette heroine, representee suivant le gout du poete , est totalement differente de cette Pucelle que nous peint I'Histoire. Aussi , dans ( 29 ) cette tragedle, ne retrouve-t-on aticime dea qualites qui rendent Jeanne d'Arc , si inte- ressante pour les Fran^ais. On voit, par cette seule observation , qu'il existe une grande difference entre les pieces alleraandes les plus celebres , et les chefs-d'oeuvre qui il- lustrent le theatre francais. M. PoNCET , professeur a la Faculte de droit , membre resident , a lu {■^juillet i8i6) un memoire intitule : De I' influence rdci- proque du Jury sur la morale publique , et de la morale publique sur le Jury. Ce me- moire a obtenu une mention honorable de la part de I'Academie du Gard , qui n'a point accorde de prix. EUe avoit propose cette question pour i8i3 : le concours avoit ete proroge jusqu'en i8i5, epoque a laquelle la question a ete retiree. L'auteur. commence par definir ce que si- gnifie le mot mosurs; ensuite il parle du Jury, dontilfaitreraonterl'originejnsqu'alaforma- tion de la societe. llsuit cetetablissement dans ses variations chez les differens peuples , et enfin il le decrit tcl qu'il est aujourd'hui ins- titue en France. Ses recherchesl'ont amene a etablir un parall^le tres frappant entre la na- tion fran^aiseetla nation anglaise j il le fonde ( 3o ) sur la difference du caractere de ces deux peuples , sur la diverslte de leurs mceurs , de leurs usages , de leurs habitudes , sur la di- vergence de leurs opinions. C'est en lisant I'ouvrage , que I'on pent se faire une idee de la peinture extremement ressemblante qui caracterise clracun de ces peuples , et qui eta- blit entre eux une digue qu'il sera impossible de detruire. L'auteur finlt par s'en rapporter au temps pour donner la solution de la ques- tion proposee par I'Academie du Gard, qui , en la retirant du concours , a reconnu elle- nidme que la reponse ne pouvoit encore etre donnee , parce que le temps , qui s'est ecoule depuis I'etablissement de cette institution , n'est pas suffisant pour fournir les rensei- gnemens necessaires. M. GiRAULT, avocat, membre resident, a continue son travail sur I'arrangement et le classement des medailles de I'Academie , et en a communique ( iz mars i8iy) le re- sultat. U s'est occupe de la seconde partie des medailles , qui comprend les pieces et mon- noies des Rois de France , du Baronnage et des pays etrangers , des medallions , des Je- tons de diff^rens types et de differens me- taux. De ce travail, il resulte que I'Acade- ( 3i ) mie possede quatorze cents pieces , qui , join- tes a celles de la premiere partie , C Seanc* pub. du 2,0 mars i8i6, p. i£.J donnentune suite iiiteressante. Savoir : Monnoies Jetons Medallions Papes Monnoies gauloises.. Or. Argent. Bronze. 7 77 4.4 I 6 636 33 33 5 47 33 33 4 87 33 33 JO 100 8 33 102 1284 M. le Prefet de la Cote-d'Or, par une lettre , en date du 1 2 novembre 1816, deman- doit al' Academie son avis sur deux machines , I'une a retordre , et I'autre a echeveaux , presentees par M. Quatremere-Disjonval* Erapressee de repondre aux vues bienfai- santes du premier administrateur , I'Acade- mie a nommeune Commission ( i^ novembre i8i6) J qui , par I'organe de M. Mathieu , a fait (x7 novembre 1H16) un rapport etendu , dont nous allons presenter la substance. Il n'est personne qui ii'ait quelqucfols ( 30 examine la manlere dont les cordierS tra- vaillentj on a pu observer que toute corde, grosse ou petite , est forniee de plnsieurs brins tordus ensemble , en sens contraiie de leur torsion partielle. Ces manoeuvres neces- sitent deux operations successives,ct exigent beaucoup d'espace. La machine a retordre , qui a ete placee sous les yeux de I'Academie, fait disparoitre ces deux inconveniens ; un espace , de quel- ques metres carres , suflit pour le jeu des machines , destinees a fabriquer des objets de dimension moyenne ; la meme machine tord dans les deux sens. Elle est construite d'une maniere simple et ingenieuse ; par le mou- "vement de ses roues elle a quelqu'analogie avec le moiivement de la sphere terrestre. Elle peut servir a retordre depuis la sole aix- dessus de celle appelee organsin , jusqu'^ des cordonnets en sole , laine , etc. , des ficelles et cordelettes de deux a trois milli- metres de diametre. La machine a echeveaiicc , est egalement fort simple j elle presente I'avantage de fabri- quer tres promptement les echeveaux de toutes les longueurs, d'en serrer et d'en regu- lariser la contexture ; eh augmentant les di- (33) mensions, on pourroit s'en servir pour tou- tes les substances reduites en fil , inais le modele qui a ete soumis a I'Academie , ne peut etre employe que pour oLtenir des eche- veaux de sole , et ce n'est gucre que pour cette substance que Ton a besoin de cette gi'ande regularite. M. BoNNET-CoQUEAir , associe resident , annonce {^i6 avril iSij ), que M.^ J. B. Ch \u- VEi-OT a singulierement aineliore son systeme de filature , puisqu'll obtient avec de la laine cardee des files n.° 43- Pour rendre intelli- gible la nature de ce perfectionnement , il f'aut observer que dans les manufactures, on distingue deux sortes de laine , ceWe p eigne e et celle cardee. Pour obtenir la premiere, on la passe sur un pelgne de fer alongues dents, cliauffe sur un feu doux ; le contact du fer cliavid dresse les brins de laine , leur enleve une partle de leur ressort et de leurs aspcrites, et les rend llsses et brillans. Cette sorte est employee ^ la confection des schalls et autres etoffes legeres et unies , qui ne sont point soumises a la trituration du foulon. La laine cardee se prepare h. froid; elle conserve son resrsort, ses asperites j elle se feu- 3 (34) tre facilcment et fournit cles vetemens plus ciaauds. Elle est plus difficile^ filer que la premiere J aussi jusqu'a present, dans aucune £lature , on n'a pu depasser en laine cardee le n.^ 3o J les numeros dont on se sert pour designer les files , indic[uent la longueur du HI fournl par une livre de matiere premiere j ainsi le n.° 3o apprend qu'une livre de laine filee a fourni un fd dont la longueur est de vingt-trois mille quatre cents me- tres , et le n."4^> l^i ©st celui obtenu par M. Chauvelot , indique que ce fil atteint la longueur de trente-trois mille cinq cent qyarante metres. Par suite de ce ])erf"ection- neraent , M. Chauvelot peut fournir aux fabricans, des laines cardees, filees a un de- gre de finesse , bien superieur a tons ceux connus , et leur procurer ainsi la faculte de faire des draps tres legers et tr^s cliauds. On emploie , presentement a Dijon, ces laines cardees pour la fabrication de bas qui sont tres cliauds , qui ne piquent point la jambe et qui joignent a une grande douceur, une legerete telle qu'une paire de bas pour homme lie pese pas plus de quatre onces. M. Bonnet a fait voir a I'Academie , deux livres de laine mgrinos cardee et filee d'apres le nouveau (35) procede , et deux palres de bas , confectioniiees avec ces lalnes. Ces bas sont bien pliAs avantagenx que ceux fabrlqu^s avec des laines peignees , qui sont a la verite brillaiites, mais seches et ne tiennent point chaud. En etablissant a Dijon des metiers pour employer des lalnes cardees de la filature de M. Chauvelot , on reuniroit sur le inerae sol, les animaux qui nous fournissent leura precieuses depouIUes , et les mains indus- trieuses qui en tirent un parti aussi avanta- geux. On fourniroit a la classe indigente , et sur-tont aux individus debiles , des moyens d'existence tres utiles , et on donneroit k Dijon une renommee d'indnstrie, qui pro- curerolt a cette ville une nouvelle branclie de commerce, extremement importante. Mais les faculte's pecuniaires de M. Chauvelot , sont trop restreintes pour lui permettre de .{"aire une pareille entreprise. L'Academie des sciences , arts et belles- lettres de Dijon a recu des envois de La Societe royale et centrale d'agrlcul- ture , a Paris. La Societe d'agrlculture, commerce et arts, u Besancon. (36) La Soci^te d'agriculture du departement de rindre , k Chateauroux. La Societe d'agriculture , sciences , arts et belles-lettres , a Tours. L'Acadeinie des sciences , lettres et arts , a Marseille. L'Academie du Gard , a Nismes. La Societe d'agriculture , d'histoire natu- relle et des arts utiles, a Lyon. La Societe des sciences , belles-lettres et arts , a Bordeaux. La Societe d'emulation et d'agriculture , ^ Bourg. La Societe de medecine , h. Toulouse. L'Academie des jeux floraux , a Toulouse. L'Academie des sciences , belles-lettres et arts , a Rouen. La Societe d'agriculture , commerce , sciences et arts , a Chalons-sur-Marne. OUVRAGES IMPRIMES Envoy es a I'Academie, iXNNALES de I'agriculture francaise , par MM. Tessier et Bosc. (37) Journal des proprietaires ruraux pour le midi de la France. Lettre sur le rliy thme grammatical des lan- gues , par M. La Salette, adressee a M. le rapporteur de la Commission de la seconde classe de I'lnstitut. Paris, i8i5 , 8.° 32 pag. 1.*^"" mai i8i6. Annuaires statistlques , liistoriques et ad- ministratif's du departenient de I'Orne , pour les annees i8o8 • — 1812, , par M. Louis Dubois, 5 vol. 12. Des melons et de leurs varietes , par le meme. Paris, 1810 , vol. 12. L'avenue des Chatelets , elegie , 4 pages. Notice sur les bains de Bagnoles , 7 pag. Dissertation sur le camp du Chdtelliery vulg. appele Camp de Cesar^ situe dans la commune de Mont-Mere , pres Argenton , 4 pages. Reclierclies sur le jeu des ecliecs, 8 pag. Toutes ces brochures de M. Louis Dubois ont ete adressees a 1' Academic le i5 mai 1816. Courte notice sur la vie et les travaux de Louis-Franqois-Emmanuel J\'J£rm£t. Paris, 1814. ( 38 ) Addition a cette notice , par le m^me ^ Lons-le-Saunier , 1816. Elogede Louis XVI, de glorieuse memolre, B-oi de France et de Navarre , par M. I'abbe Mermet. Lons-le-Saunier, octobre i8i5. Reflexions sur les evenemens presens , 1.^' juillet 1810. Ces brochures ont ete communiquees a I'Academie le 2,2 mai i8i6. Eloge liistoriqne de M. Vabenne de Fenille , par M. Mermet. 10 juiLlet 1816. Discoui-s prononce le Jeudi 9 mai 1816, par M. Bourree de Corberon , procureur du Roi pres le tribunal civil de Beaune , lors de I'installation de ce tribunal. 29 mai 1816. Recueil de TAcademie des jeux floraux , 1814, i8i5 , 1816. Toulouse^ vol. 8.". 5 mai 1816. Ode sur le mariage de Charles-Ferdinand d'Artois , jouc de Berry , avec Marie- Ca- roUne-Therkse , princesse de Naples, par M. Couturier , professeur de rhetorlque au College royal j exemplaire tire sur pierre. \oiuiLlet 1816. Memoire sur I'lnstruction publique dedle aux parens chretiens , par Jean CauTURiER^ (39) professeur au Lycee (College royal) de Di- jon , iBi5. \o juillet i'6i6, Le Printemps, premier chant du poeme chinois des saisons, traduit en vers fran^ais , et mele d'alkisions au regne de Lou is XVIII, par Charles- Leopold Math ieu , ancien. siibstitut au ci-devant parlement de Nancy, membre de plusieurs societes savantes , na- tionales et etrangeres. Naiicy, 1816, xii et 28 pages. Premiere elegie de Tibulle , traduite en vers f ran^ais par Charles-Leopold M J thieu, lue a la seance pviblique de la Societe academique de Nancy , le 18 aout 1814. JSancy , sans date, 2.0 pages. 01 juillet 1816. Hygiene mllltaire , par le D. J.-Rom.- Louis Kerckhoffs , medeciii niilltaire de premiere classe , etc. Maestricht , i8i5 , 8.° XXII et 187 pages. 6 aout i8i6. Instruction sommaire sur I'eplzootie con- tagieuse , par M. Hurtrel d'arboval , 2.® edition. Paris, 1816, 8." 267 pages. 6 aoilt 1816. Meprises d'un geometre de I'lnstitut, ma- iiifestees par un provincial, oz/ Observations critiques sur le traite de physique expe- ( 4o ) Timentale et mathematique de M. Biot , en ce qui concerne certains points d'acousti- c]ne, par M. Suremain de Missery , ancien officier d'artillerie , de la Societe royale des sciences de Paris , et de I'Academie des sciences de Dijon. Pans, 1816 , 8.° 74 pages, a 3 navcmbre 1816. Projet d'interet public , recommande a I'attention dii gouvernement et de tons les amis de I'agriculture , par J.- A. - Victor YrjRT. Paris, 1816, 8.'^ 92 pages. Relation de la surprise de Berg-op-zom, les 8 et 9 mars 1814, par M. le chevalier Legrand. Paris, 1816, 8.° 102 pages. i3 Tiovembre 1814. Memoires d'agriculture , d'economie ru- • rale et domestique , publies par la Societe royale et centrale d'agi^iculture , annee i8i5. Paris y i8i5, Ji.° 5oo pages. Itineraire descriptif de la France , par M. Waysse, inspecteur des postes - relais , cor- respondant de I'Academie , 8 livraisons. 4 decenibre 1816. Preface de la nouvelle edition des Provin- ciales de Pascal , par M. le comte Francois DE Neufchateau , faisant partie des clas- siques franrais imprimes par M. Didot I'aine. ^Janvier 1817. (4i ) Sur les subslstances , par M. Toulot. 12 f'dvrier 1817. Supplement au dictlonnaire de medecine do^matique, par M. Marchand , docteur en medecine a Besangon. i.() fevrier 1817. lElloge historique de feu Pierre Thouve- NEL, premier medecin consultant du Roi , par M. DE Haldat. 5 mars 1817. Eloge historique de Nicolas S^ucerotte, par le merae. 5 mars 1817. M.'" Gueneau de Mussy , Inspecteur d'Acadcmie , a la parole , et dit : Messieurs , Si I'Academle doit se feliciter d'avoir a decerner aujourd'hui une couronne, qu'elle avoit egaleraent proposee a I'eloquence et a la poesie, elle ne pent se defendre en meme temps d'un juste regret , en voyant les poetes vaincus dans cette lutte glorieuse et si digne de les inspirer. La vie , et sur-tout la mort du due d'ENGHiEN, ne soiit-elles point I'he- ritase des Filles de Memoire ? Nos douleurs et le sublime caractere du Heros ne nous donnoient-ils pas le droit d'atteudre des ef- (40 forts plxTS heureux cle ceux qui ont entrepri^ de le celebrer dans leurs chants? Sans doute , la Iiauteur m§ine du sujet a rebute plus d'un poete , dont la Muse a du etre d'autant plus effrayee, que son coeur etoit niieux penetre des sentimens dont elle avoit a se rendre I'in- terprete : si nous devons apprecier ce mo- deste et respectueux silence , I'Academie doit aussi des encouragemens et meme quelques eloges a la courageuse temerite de ceux qui ont essaye de jeter quelques fleurs sur la tombe du vertueux prince, dont la cruelle flu sera una source eternelle de regi'ets, pour la France. Trois pieces de vers ont ete adressees pour le concours. Au milieu d'un grand nouibre de vers mediocres et incorrects, TAcadeniie ia remarque des germes de talent qui, muris et developpes par le travail , peuvent pro- niettre pour I'avenir des applaudissemens moins restreints et de plus eclatans succes. Celle des trois pieces qui a plus particulie- rement fixe I'attention de rAcadeinie , a pour epigraphe : Purpiireus veluti cumjlos succisus aratro. Telle une tendre fleur , etc. L'auteur debute par uue apostrophe au ( 43 ) cliateau de Vincennes, ou il confoncllt ses sermens avec ceux des braves qui sollicite- rent en vain I'honneur de mourir potir leur Roi : Lorsque d'un vil tyran , snr nos tristes remparts Pour la seconde fois flottoient les eteiidards , Quand Louis, s'eloignant d'une rive cherie', Emportoit loin de nous les dieux de la patrie. J-ik , devant ces murs si f'econds en souve- nirs, tandis que I'auteur etoit enfonce dans^ de penibles reveries, un vieux gueri-ier lui apparoit soudain : Tout-a-coup j'apercus un vieux guerrier sans armes A genoux et courbe , de ses brulantes larmes Arrosant un tombeau que I'lierbe avoit cache. Ce venerable vieillard avoit ete constamment attache a la personne du dv^c d'Engliien j apres avoir donne des lecons de sagesse a son en- fance , il avoit plus tard coznbattu sous ses ordres : qui mieux que lui pouvoit faire con- noitre ce Heros et deplorer sa fin prematu- ree ? Le poete le represente racontant tout ce qu'il sait de la vie et de la mort du jeune Prince. Apres un tableau rapide de la revolution, il transporte son Heros sur ces rives qui de- vlnrent le theatre de ses exploits , et ou les defenseurs du trone s'etoient reunis pour protester en quelque sorte contre les horri- bles attentats qui avoient souille la France. Contraste merveilleux de forfaits , de vertus ! Quand le Rliin etonne voit sur ses flots emus Fuir tons les defenseurs d'une cause cherie , II semble qu'avec eux ait passe la patrie : Sur nos bords malheureux le crime arme ses mains , Et la vertu s'exile aux rives des Germains. C'est la que d'ENoiiiEN , combattant a cote de son pere et de son aieul , se montre le digne emule de leur valeur et le dlgne he- ritier de la gloire des Con des j c'est sur- tout au combat de Berstheim qu'il signale savail- lance , et il a la plus grande part au succ^s de cette journee. D'Enghien sur son coursier vole dans tons les rangsj De bonheur et d'espoir ses yeux sont rayonnans , Et son air belliqueux et sa taille imposante , Tout annonce un heros : tel on nous represente , Dans un jour de combat, Achille ou le dieu Mars Embrasant les guerriers du feu de ses regards. II voit, il est par-tout, pres des siens il s'empresse. Excite la valeur , anime la foiblesse. 3 ■ ( 63 ) Louis- Antolne-Henri de Bourbon Cond^ , Dug d'Ekchien , Prince du sangde France , naquit a ChantlUy, le 2 aout 1772 , de Louis* Henri-Joseph Due de Bourbon et de Louise- Marie-Ther^se-Bathilde d'Orleans. Je n'ou- vriral point les f'astes de I'Histoire , je ne retracerai point les actions lieroiques de taut de glorieuxanc^tres; mais je dirai seulement que depuis I'oncle du bon Henri IV , c'est-a- dire , depuis I'intrepide Louis de Bourbon , qui fit des prodiges de valeur k la bataille de Jarnac, apres lacjuelle il fut si lacheraent assassine , jusqu'au vainqueur de Rocroi , de Fribourg , de Nortlingue et de Lens , et de- puis cet iramortel Conde, jusqu'au jeune he- ros de Bertsheim , on compte une suite non interrompue de vaillans capitaines ; et telle a ete la ^loire de cette branclie de la Maison de Bourbon , que ses membres ont dA naitre grands-hommes pour ne pas degen^- rer. Jamais noblesse ne fut done plus an- cienne , mieux soutenue , moins contestee ; mais aussi jamais personne n'cut moins be- soin des avantages de la naissance que le Due b'Enghien. La figure la plus agreable , la taille la plus noble , un goiit et une adresse inconceva- Lles pour tous les exercices du corps, beau- (64) coup cle finesse dans I'esprit et non molns de simplicite dans le coeur , un son de voix tou- chant, se joignoient en lui aux plus belles cjualites de Tame, L'edticatlon ne lit que per- fectionner les graces de sa personne et de son esprit : elle.fut meme, tant il serabloit qu'on dut prevoir I'avenir, plus severe que ne Test ordinairement celle des Princes. Les principes de religion dans lesquels il avoit ete eleve , contribuerent aussi a lui donner cette fermete de caractere et cette resigna-, tion admirable qui dlstinguent particuliere- ment le pliilosophe cliretien. On vivoit alors dans uii temps ou les choses les plus saintes etoient poursuivies par le ridicule ; un. esprit pretendu philosophique s'etoit empare de toutes les classes de la societe ; une secte d'ecrivains , precliant partout la moderation et la tolerance , et n'ayant au fond du coeur que rage et qu'esprit de persecution , se ven- geoit de la puissance qui I'avoit protegee, en meditant sa ruine : deja on pouvoit pre- dire les funestes evenemens qui se prepa- roient. C'est a une epoque aussi critique , que le Due d'Enghien f'ut presente a la Cour ; c'est au moment ou la societe alloit se dissoudre , au moment ou tons les fer- mens de discorde etoient prets d'eclater , (65) qu'il parvit dans le monde. Dans toute autre circonstance , il eut iixe I'attention gene- rale j raais elle s'occupoit entiereinent de la lutte qui venoit de s'eiever entre la Religion et I'incredulite , entre le Trone et I'anarchie. Le Prince pronon^a cependant au parleraent de Paris , oh il siegea pour la premiere fois , en T788 , un discours qui reunit tous les suffrages. On vit alors , cirsconstance re- marquable , un Conde prendre place dans les Conseils , entre son pere et son aieul : plus tard, il devoit combattre et triompher a leurs cotes. Enfin , le signal de la revoke est donne ; les institutions les plus saintes et les plus an- tiques totnberit devant un fantoine de li- berte j une affreuse anarchie succede au regne des lois ; un Souverain , trop avare du sang de ses sujets , porte sa tete sur un echafaud. Sa mort trouve des vengeurs ! A la voix de CoNDE , une armee de heros se rassemble sur la frontiere ; sous I'etendard des lys vient se ranger une foule de nobles combattans. Le leune Due d'Enghien, qu'anime une bouil- tante ardeur , se distingue au milieu de tous , et fait assez connoitre , par sa fi^re conte- 5 (66) nance , quels exploits on dolt attendre de riieritier des Conde. II sera sans doute reserve a une plume plus eloquente que la niienne , de retracer les raerveilies de cette armee de braves qui , abandonnant a-la-fois leur famille et leurs biens , n'emportant que I'lionnenr et una epee , seul reste , et desormais seul apanage de leur noblesse , se devouoient a la defense duTrone, et prodii^uoient leur sang pour cette cause sacree. Si le sort a quelquefois trahi leur courage , si la force des circons- tances leur a fait depuis deposer les armes , du moins ils n'ont point a rougir , ils n'ont rendu que leur epee. La campagne de 1792. s'etoit passee en iparclies et en contre -marches ; Taction n'a- voit ete que defensive , et aucune occasion importante ne s'etoit offerte a la valeur du jeune Due. I^a campagne de 179^ s'ouvrit, sous des auspices plus brillans , et le Prince avide de glolre sentit que le moment etoit venu de se montrer digne de ses aieux. II avoit sous les yeux de grands modeles : le prince de Conde et le due de Bourbon. Le premier , arrive a cet age ou la tactique est consomm^e , ou le coup d'ceil est toujours juste , ou les passions moins vives laissent (^7) k Tame plus de liberie cl'aglr j le second jeuiie encore , mais parvenu a ce point de maturite necessaire pour reunir la prudence du conseil et la hardiesse de I'execution j tous deux nes pour la guerre , et aus&i Iiabiles dans la pratique que dans I'en- seignement : tels etoient les maitres du due d'Enghien , et il est facile de concevoir quel fruit un jeune el^ve , qui montroit de si bonnes dispositions , dut tirer d'un pareil apprentissage. Ce fut au passage des lignes de Weissem- bourg , que Ton vit des deux cotes , tout ce que pouvoit la valeur frangaise ; aussi fran- chement attaquees qu'habilement defendues, elles devinrent ime lice brillante , qu le& deux partis se signalerent avec un egal cou- rage , et ou le sang des valnqueurs se con- fondit souvent avec celui des vaincus. II ne s'agit point de fosses , de palissades , de re- tranchemens j ce sont des lignes mouvantes , des remparts vivans, qui semblent so relever aussitot qu'on les abat , et se retablir a me- sure qu'on les detrult ; ce sont des murs de terre et des creneaux de gazon , mais gar- nis d'un triple airain , dont les bouches ton- nantes vomissent lepouvante et la mort Cependant tout tombe, tout cdde, tout s'ecroule, et les assiegeans, maitrese nfindes hauteurs, lancent la foudre a leur tour, et pulverisent leurs ennemis. Mais c'est sur- toutau brillant combat de Bertsheiin, que le due d'Engliien surpassa toutes les esperan- ces. Quelle gloire pour la Maison de Cond^ ! O spectacle vraiment etonnant : trois gene- rations de heros combattent a-la-fbis. Le prince de Conde marche a la baionnette sur le village de Bertslieim , et s'en empare mal- gre la resistance la plus vive ; d'un autre cote , le due de Bourbon et son fils char- gent a la tete de la cavalerie ; mais le due de Bourbon blesse au fort de la melee , est oblige de quitter le champ de bataille j le due d'Enghien prend alors le commande- ment , et tandis que son grand-pere, s'aban- donnant k une impetuosite naturelle , ou- blie ses annees , s'expose comrae un simple soldat , et montre sous ses cheveux blancs un feu , une audace extraordinaires, le jeune Due fait preuve d'un sang froid , d'une pre- sence d'esprit et d'une precision, que I'age et I'experlence peuvent seuls donner. La victoire fut complette , malgre la force d'un ennemi deux fois plus nombreux ; que lui servoiteneffetcetavantage contreune armee que trois Conde guidoient au champ d'hon- ( 69 ) neur ! A peine le combat est-11 termine , a peine le heros s'est-il assure qne la blessure de son valeureux pere n'est point mortelle , qu'il vole visiter les prisonniers. Cos infor- tunes attendoient le moment de leur sup- plice ; I'horrible loi des represailles avoit dicte leur arret ; le dtic d'Engliien paroit au milieu d'eux. « Le sang de nos compagnons , ■> Arretons-nous : I'lmao-e et les actions du grand Conde viennent ici se retracer natu- relleraent a notre esprit. Que de traits de ressemblance et quel rapprochement !Le du^c d'Engliien n'avoit que vingt-un ans lors- qu'il vainquit a Bertslieiin ; Conde n'en avoit pas vingt-deux , lorsqu'il triomphoit a Ro- croi. A Bertsheim , le due d'Engliien voit son pere blesse entre ses bras ; dans une autre bataille , Conde voit son fils frappe entre les siens. Le due d'ENoniEN oublie sa victoire pourne s'occuperque dusalutdesesennemlsj Conde, raalgre une traliison , baisse son epee (70 sanglante devant des soldats disperses, et d'un seul geste interrompt le carnage. Aussl les adinirables expressions de Bossuet , a cette occasion , conviennent egalement au Grand- Conde et a son petit-fils. « Quel lut I'eton- cc nement des vaincus, dit I'orateur, loaiS- « qu'ils vlrent qu'il n'y a volt plus de salut A cetto reponsecourageuse, a cette male assurance , les juges, etonnes, se regardent entre eux ; ils hesitant un moment. Mais un ordre arrive de condamner a raort : ils si^nent , d'une main mal assiiree , cet arr^t , dont ils com- anandent I'execution sur-le-charap. Entouree de f'arouches satellites , la vic- tlme estconduite dans les fosses du chateau. La lune a retire sa lumi^re ; la pale lueur des flambeaux precede le lugubre cortege. Le Heros traverse sans crainte les rangs des sol- dats destines a son supplice j 11 apergoit une fosse fraicliement preparee , creusee sans doute avant le jugement ! il s'arrete alors et se met k genoux. Prive des derniers secours de la Religion , il eleve un coeur pur au Dieu de misericorde , et prie pour ses bourreaux. O CoNDE ! si ton ame est avide d'un spec- tacle sublime , si tu veux contempler , dans toute sa splendeur , la vertu luttant contre I'adversite , abaisse tes regards vers cette tour ou un de tes glorieux ancetres rendit la jus- tice , et au pied de laquelle un de tes descen- dans va etre si injustement imraole. Regarde cet appareil terrible qui ne sauroit I'emou- voir ; ne crains rien pour la gloire de ton nom : d'Enghien ne la dementira pas. Il a conserve cet air intrepide qu'il portoit aux (85) combats ; et a la noble fierte qui regne sur ce front desarme , se joint je ne sais qiielle majeste divine , signe imposant de son pro- chain martyre Qu'ai-je vu ? le Heros s'est releve j un fanal , place sur son coeur , jette en meme temps unevive lumiere sur son visage auguste , et sert a diriger les coups. Les armes sont baissees : on donne le si- gnal L'eclair brille, le fanal s'eteint ! I'ame de d'Enghien a rejoint celle du grand CONDE. Douze ans se sont ecoules depuls ce meur- tre execrable j et par une suite d'evenemens presque miraculeux , la monstrueuse puis- sance de I'assassin est tombee , piece apiece, comme cette statue qu'un roi de Babylone vit en songe ; I'auguste Maison de Bourbon est rentree dans ses droits j le frere de I'in- fortune Louis XVI est remonte sur le Trone de ses ancetres Les Conde sont venus prendre possession du tombeaude leur unique heritier ! On a vu un prince octogenaire , affoibli par les souff ranees et les travaux guerriers , s'appuyer avec douleur sur son fils , que les chagrins , plus que I'age , avoient vieilli , etqui, lui-meme, cherclioit vaine- ment un soutien. lis ont redemande h. la terre ce tresor qu'elle avoit recele si long-temps , et dont elle devoit rendre un compte si inii- (86) delle ! .......... Des os , a deml i:onges , quel- ques debris de vetemens , un peu de pous- siere liumide r voila tout ce qu'ils ont re- cueilli : voila tout ce qui restoit d'un. He- ros ! ! ! Apres la lecture de I'ouvrage couronne , le president ouvre le billet cachete qui y etoit joint, et proclame le nom de I'auteur, qtti est M"". Aiitoine-Nlcolas-FrangoisM.x(i\5 kB.T , employe au Ministere de la Marine , a Paris. M. Antoine , docteur en medecine , a la parole , et lit : Prix propose par V Academie des sciences f arts et belles-lettres de Dijon y pour Vannee i8i8. J_j'AcADEMiE , apr^s avoir , par un eloge public et solennel , eleve un monument a la niemoire de I'infortune petit- fils de son au- guste protecteur , de cet illustre dug d'En- GHiEN, dont elle deplore, avec tous les bons Frangais , la perte cruelle et prematuree , a du s'occuper d'un nouveau sujet de prix pour le concours de I'annee prochaine. Parmi plu- sieurs questions , toutes dirigees vers des ob- jets d'une utilite incontestable , et la plupart fournies par I'ordre des sciences physiques , elle a partlculierement distingue un sujetde medecine , qu'elle a juge d'un inteiet plus general , parce qu'il est lie a tout ce qui tient au domaine de I'art conservateur de la santo des hoinmes. On pourroit peut-etre comparer la mede- cine k un vaste territoire dont toutes les par- ties ne sont pas egalement bien cultivees , parce qu'elles ne sont pas toutes egalement bien connues , malgre les constantes recher- clies et les travaux assidus de ceux qui se li- vrent k ce genre de travail. II n'est mallieu- revisemen t que trop certain qti'il exlstedes ma- ladiesdontle caractere propren'estpasencore suffisamment etabli j telle est , entre autres , Tine affection tresmeurtrierequi reclame tou- tel'attention des gens de I'art j affection d'au- tant plus redoutable que sa marche est insi- dieuse, ses premiers temps obscurs, ses symp- tomes assez legers d'abord pour ne pas donner d'inquietude, et tellement equivoques qu'ils I'ont fait trop souvent confondre avec d'au- tres affections totaleraent differentes. Moins commune sans doute que beaucoup d'autres maladies , elle est loin ccpendant d'etre une maladie rare, et c'est cliez les enfans, depuis I'age d'un an jusqu'a celui de douze , qu'ou la rencontre le plus ordinairement j les ages ( 88 ) plus avances n'en sont cependant p^s exempts . Des calculs fails tant a Geneve qu'a Paris , elevent, parmi les enfans malades dans cette derniere ville , a mille , le nombre de ceux qui sont atteints de cette maladie , tou jours si dangereuse , qu'elle compte , pour ainsi dire , autant de victimes que d'individus qu'elle a frappes ; ce qui donneroit, pourle reste de la France , ou les circonstances sont generalement moins defavorables , un total de pres de dix-huit rnllle enfans destines a perir chaque annee des suites de cette affec- tion. II faut en effet qu'elle soit bien perni- cieuse , puisqu'un tres habile medecin sue- dois, digne a tous egards de la haute repu- tation dont II a joui , n'a pas hesite de pro- noncer qu'elle estpresquetoujours incurable, ou du moins qu'elle ne laisse , a ceux qui semblent lui etre echappes, qu'une existence malheureuse et, pour Tordinaire, de courte duree. Une telle assertion seroitdesesperantepour les peres de famille , et capable de jeter les medecins dans le decouragement, si des ob- servations assez nombreuses , et I'ecueillies avec un soin extreme , ne fournissoient pas la preuve la plus positive que la maladie dont il s'agit est susceptible de guerison , pourvu. (89) totitefois que le traitement , reconnu pour le plus efiicace , solt mis en usage avant I'epo- que funeste ou les ressources de la nature et les raoyens de I'art devlennent desormais itn- puissans. II importe done , pour arr^ter les ef'f iets desastreux de cette raaladie , d'en bien connoitre le veritable caractere , d'en obser- ver les temps avec une scrupuleuse attention, et de lui opposer des secours rationnels , con- firmes par I'experience. C'est dans la vuc d'atteindre ce but que TAcademle, toujours empressee de faire servir a quelque objet d'u- tilite publique les foibles nioyens qui sont h sa disposition , presente , par la voie du con- cours , a I'emulation des gens de I'art , un sujet aussi interessant a trailer. EUe a lieu d'esperer qu'en excitant le zele de ceux qui voudront descendre dans I'arene, elle pourra, corame cela lui est deja plusieurs fois arrive, laire eclore un ouvrage propre, a inspirer aux parens une frayeur salutaire, sur le sort des objets de leurs plus cheres affections ; a servir de guide aux jeunes medecins, moins familiarises avec les si^nes de cette desolante maladie , en leur tra(^ant la conduite qu'ils doivent tenir dans I'eniploi du traitement qui lui est applicable. Par ces considerations , I'Acaderaie pro- ( 90 ) _ pose pour siijet du prix a distribuer en 1818, de determiner, d'apres des observations exac- tes, «c Quelles sont la nature et les causes de « rhydrocephale interne ouhydropisie aigue « des ventricules du cerveau ? cc En quoi cette maladie dii'fere des autres cc affections du meme organe , et quels en « sont les signes caracteristiqvies ? cc Quel est le traitement qu'il convient « d'appliquer , tant a cette espece d'hydro- « pisie , qu'aux varietes qu'elle pent offrir ? Le prix est une medaille d'or de la valeur de 3oo fr. Les Memoires pourront etre ecrits en fran- cais ou en latin, et seront adressesy^^c^ de port au Secretaire de I'Academie avant le 1.^*" avril 1818, terme de rigueur. Les concurrens inscriront leurs noms dans uji billet cachete , et y joindront la inerae epigraplie que celle mise en tete du Me- raoire. Les meinbres r^sidens de I'Academie sont seuls exclus du concours. BERTHOT , Trhident. VALLOT , D. M. , Secretaire. (90 TABLE DES MATIERES. Discotirs d'ouverture pag. i . Compte rendu 6. Conservation des pommes de terre d'une recolte a L'autre 6. Affections cancereuses au visage ... 8. Aloyens curatifs 9. Entente adynamique ........ 11. EtabLissement de la Colombiere . . n. Explosion dii mo gas in a poudre de Toulouse 12. Gelatine des os par les acides qffui- blis i3. Sureau a feurs doubles 14. Renoncule d feurs doubles herba- cees i5. Toisson a pattes 16. Ascophore perennelle 18- Suif mindral 21. Hommage a I'Academie de Dijon . . 2.6. Epttre sur I'amour de la gloire . . . a5. Ode surle mariagedu due de Berry . . 27. Traduction de la Puce lie d' Orldans de Schiller vj. ( 90 De I'injluence reciproque du Jury SW la morale publique 2.9. Happort sur le medailler de I'Aca- deniie 3o. Machine h retordre 33. Machine a echeveaux. ....... 32. Systeme de Jilature perjectionne . . 33. Rapport sur les pieces de vers envoyees an concours 4^* Discussion sur I'epoque du martyre de Saint Benigne 4*^' L' Amour fugitif j traduction ...... 58. Memoire couronne . . 60. Programme du prix 86« SEANCE PUBLIQUE DE L'ACADliMIE DE DIJON. ACADfiMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. ^.•^.'■^...''^■'X. '%.» SEANCE PUBLIQUE TENUE LE SAMEDI 4 JUILLET 1818, A DIJON, CHEZ FRANTIN, IMPRIMEUR D U ROI ET DE L'ACADEMIE, M. DCCC. XVIII. ACADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES, DE DIJON. StANCE PUBLIQUE TEIfUE LE SAMEDI 4 JUILLET 1818. JLi'ASstiMBLEE etoit aussl nombreuse et aussi brillante que les annees precedentes. M. Aktoine , D. M. , President, ouvre la stance et lit le discours suivant : Messieurs , Les Societes academiques ont toiijours mis au rang de leurs obligations I'usage ou eiles sont de rendre compte , dans une seance pnblique et solennelle , du resultat de leurs travaux. L' Academic de Dijon s'honore de remplir aujourd'hui ce devoir , devant une assemblee d'liommes instruits et distingue's sur-tout par les qualites eminentes du cceur ( o et par les dons brlllans de I'esprlt. Elle petit assurer que le zele de ses membres ne s'est point ralenti , bien que leurs productions ne soient pas aussi nonibreuses qu'elle Fauroit desire j mais elle est loin, de penser que ce soit un inconvenient grave : dans la culture des sciences et des lettres, il Iraporte tou jours moins de I'aire beaucoup que de laire bien. Au reste , sa correspondance n'a pas cesse d'etre utile et tres active ; elle s'en promet les plus heureux succes. Pourroit-on , en ef'fet, ne pas entrevoir des avantages reels dans ce concert d'elforts multiplies qiie font les hommes eclaires de tous les pays pour cooperer au bonheur de la societe? .On en jugera tout autrement si Ton considere I'eai- pressement avec lequel des personnages il- lustres et plusieurs savans d'une nation voi- slne ont temoigne le desir d'etre associes aux travaux de VA cademie .Personne n'ignore que I'Angleterre, depuis long-temps celebre par les grands liommes qu'elle a produits, et a la- , quelle la nation franijaise doit tant de recon- noissance pour I'asyle sacre qu'elle a procure a ses Princes pendant une grande partie de la trop longue duree de leur exil, possede encore aujourd'hui des hommes de lettres superieurg dans tous les genres , et des savans du pre- (3) Itiier ordrc. He bien ! c'est parmi ces liom- mes d'un merite reconnii qiie rAcadcniic compte aujoui'd'Imi plusieursdesesinembres} et sans doute elle a quelque sujet de s'enor- gueillir d'une telle association , peut - etre tiniqtie en France. Aiissi espere-t-elle tirer de grandes lumieres de ses communications avec des savans laborieux dont les produc- tions les plus importantes ne penetrant pas facilemeut dans ce Royaume. Cette seance , vous le savez , Messieurs , est particulierement consacree a la distri- bution du prix propose dans celle de I'annee derniere , ou la raerae recompense fut de- cernee a I'auteur du mellleur Eloge du Due d'Enghien petit- fils de son axiguste protec- teur. Mais en s'acquittant de ce triste devoir, elle s'attendoit peu qu'elle en auroit sitot un semblabie k remplir , et plus douloureux peut-etre, celui d'lionorer par un eloge pu- blic la memoire de I'aieul de ce jeune et in- fortune Prince que le Ciel sembloit avoir destine a perpetuer chez les races futures le nom iramortel de Conde. Ce nora , dejk de- puis long-temps I'embl^me de I'Jieroisrae et de la gloire militaire , doit etre encore celui de fide! ite a son Roi, d'attachement et d'amour pour sa personne , de Constance k supporter (4) le poids de I'adverslte , de resignation a la volonte supreme de celui qui conduit et di- rige a son gre les evenemens. Mais que de- vintcette inebranlable Constance d'un Prince si superieur k sa mauvaise fortune , lorsqu'il apprit la foudroyante nouvelle de I'assassinat de son petit- fils ordonne par le feroce ennenii des Bourbons ? Ses f'acultes furent-elles tout- a-coup aneanties , ou conserva-t-il assez de force pour prendre dans cette fatale conjonc- ture une resolution vigoureuse? C'est , Mes- sieurs , ce que je livre a vos reflexions ; le Prince de Conde etoit pere , mais il etoit re- ligieux , et sa grande ame ne lui permit Ja- mais de laisser ^erraer dans son coeur le moindre desir de vengeance. A peine commen(2oit-il a jouir des heureux effets de la restauration du Trone , qu'il lui a fallu subir la loi commune a tous les hom- ines. L'Academie n'eut pas plutot acquis la certitude d'une perte si affligeante pour elle, qu'elle s'est liatee d'en temoigner sa vive dou- leur a S. A. S. Mg.*' leDuc de Bourbon , et d'annoncer en meme temps , sans attendre I'epoque de sa seance publique, I'Eloge du Pri^icede Conde, poursujetduprix dei8i9. Dans cette triste circonstance , elle a ose , non pas dans la vue de mettre un terrae a ses (5) regrets , mais seulement pour en adoucif ramertume, prier Mg'". le Due de Eourbon cl'accepter le litre de Protecteur qu'avoit porte si long-temps son illustre pere. Ce ge- nerenx Prince tout a la fois , coinme il I'a dit lui-meme , le plus malheureux pere et le plus malheureux fils , a cede sans hesiter aux instances de I'Academie ; il a consenti que son nom fut place en tete du tableau de ses membres. Si, penetres du sentiment le plus penible, k la seule pensee des longs malheurs d'une famille auguste qui les a si peu merites , nous cherchons k en connoitre la source , nous la trouverons dans la foiblesse et I'inexecution des lois , dans i'aneantisseraent de la morale publique et dans le relachement de tons les liens sociaux , effets necessaires des princi- pes corrupteurs scandaleusement repandus dans les ecrits monstrueux qui ont pris nais- sance dans la derniere moitie du 18/ siecle, et qui ont attire sur la malheureuse France tous les fleaux destructeurs accumules pres- qu'en meme temps sur elle. Oui, c'est aux ecrivains trop fameuxde cetteepoque sinistre que I'on doit la publication des doctrines anti-sociaJes qu'ils ont dirigees, sanspudcur comme sans remords , centre I'Autel et le (6) Troiie, certains d'operer par-la phis surement la ruine de nos belles et antiques institutions. Se croyant appeles a la reforme du genre liumain , iis ont eu I'audace de regenter les Rois , sans autre mission que celle qu'ils te- noient d'une ambition el'frenee et d'une pro- fonde perverslte. Mais trop novices encore dans Part de gouverner les liomraes , ils n'ont pu prev^oir les consequences f'unestes d'un pernicieux apostolat , qui devoit aboutir a epouvanter le monde et a ensanglanter la terre. Que les Societes savantes reupissent done tons leurs efforts pour opposer une digue insurmon table au torrent de ces desolantes doctrines, deja dcpuis long-temps reprou- vees par I'experience et par la raison : I'Aca- demie de Dijon les repousse loin d'elle et se fait un devoir de ne rien accueilllr qui soit entache d'un vice aussicontagieux. Bien re- solue de ne point s'ecarter de la ligne de ses obligations, elleveut fermemententrer dans les vues d'ordre et de tranc piillite que travaille k niaintenir un Prince ardemment desire et rendu enfin par le Ciel , las de punir, aux vceux de tons les bons Franijais. N'en doutons pas , Messieurs, c'est a cette Providence eternelle qui donne aux hommes (7 ) etqul leur retire, quand il lui plait, I'appul de sa protection toute puissante , que la France doit le signale bienlait de posseder son legi- time Souverain deux f'ois remonte , corarae par miracle , sur le Trone de Louis XIV , de HenrilV etde Saint Louis. Esperons qu'apres avoir ete long-temps agitee paries plus vio- lentes tempetes et poussee par de grands de- sastres jusques sur le bord du gouffre pr^t k I'engloutir , elle n'oubliera pas que c'est la main paternelle et protectrice de son Roi qui I'a sauvee de I'abime j que c'est sur la t^te de cet auguste monarque, pacilicateur et le- gislateur, et sur celle des princes de son an- tique dynastie, que reposent desormais ses destinees , et que I'exemple du passe ne doit pas etre perdu pour I'avenir. Apres la lecture du compte rendu par M, Vali.ot D. M. Secretaire, M. le Marquis de Courtivron, membre honoraire, lira I'eloge liistoriquede la Reine de Prusse : M. GiRAULT, la relation du sejour d'HENRi IV a Dijon , en juin i5g5 : M. Peionot , un fragment de son ouvrage sur le luxe et la somptuositc des Romains : M. Couturier , une ode sur la mort du Prince de Conde ; M. Antoine, D. M. , lira le rapport sur les ouvrages envoyes au concoiirs. Le prix sera ensuite decerne a I'auteur du meillevir memoire, et la seance sera terminee parraniionce du sujet de prix pour 1819. \ ( 9) COMPTE RENDU D E s travaiix de V Academie des sciejices y arts et belles-lettres de Dijon. M ESSIEURS , L'AcademIe , fidelle a remplir ses obliga- tions, eprouve une satisfaction bien douce en vous rendant compte de ses travaux. L'extension qii'a re^iie depuis iin deml- siecle I'instruction pubiique , la mnltiplicite des foyers de lumiere , la publicite donnee , par la voie des journanx , a. toutes les decou- vertcs iiiteressantes, enlevent le merite de la nouveaute a plusieurs objets dont nous au- rons riionneur de vous entretenir; cepen- dant, comme ilsontetecomniuniquesd'abord. a TAcademie , nous pensons qii'elle doit vous en entretenir, quoiquc plusievirs soient deja rendus publics. M. GiRAULT , notre coUegue , continue de se livrer avec ardeur a tout ce qui tient aux antiquites. 11 s'est occupc d'enricliir le me- ( 10 ) dailler sur lequel il a fait plusleurs rapports ( z4 mai, i6 ju'iilet iSiy , i8 fevrier i8i8). Dans I'urL d'eux , on reraarque une note cu- rieuse relative a une medaille en bronze , ex- tremement rare , portant d'un cote la tete de Pertinax , et de I'autre une liberalite a. cinq figures ( 2.1 /nai 1817). Dansun autre rapport, M. Girault a en- tretenu rAcademie , d'une petite figure en bronze , dont la structure fort singuliere est faite pour piquer la curiosite ( 2,9 avril 1818 ). La tete de cette fisure se trouve tellement placee , que le visage regarde la face dorsale de la statue. Si cette disposition n'est point une malice de I'ouvrier , on peut presumer que I'intention de I'artiste a ete de repre- senter le supplice des devins decrit si ener- giquement par le Dante , dans sa divine co- medie. cells (les devins) ont, dit-il , la tete tc et le cou renverses , etleur visage, tourne tc a contre-sens , ne voit que leurs epaules , « qui sont inondees de leurs larmes. « Clie'l pianto degli occlii Le natiche bagnava per lo fesso. M. Girault a communique ( i8 mai 1818) le dessin qu'il a rcQu de M. Guiton , biblio- thecaire a Autun , d'une mosaique trouvee dans une cave de cette \ille. (11) La presence des monumens antiques agran- dit notre existence , en nons rejioitant aux epoqiies qui les ont vu construire : nous aimons a nous identifier avec nos ancetres , conime a vivre dans I'avenir , avec nos ne- vetix. Tels sont les motifs qui font desirer la conservation des monumens. C'est pour rassurer contre la crainte de les voir devenir la proie du temps , ou de les voir succomber sous les coups du marteau destructeur , que Ton s'empresse de les decrire ; c'est dans ces vues, que M. Girauxt a lu {^3.6 novembre , 17 ddcembre 1817), un resultat de ses re- cherches , intitule : JSIonumens des Arts h Dijon. II parle des edifices consaci'es au culte , de ceux tlestines au soulagement de riiumanitesouffrante, al'instruction, a fad- ministration municipale , etc. ; et a chacun de ces edifices , il rappelle les peintures ou les sculptures qiii les decorent. Cetto notice a ete iraprimee. Jalouxde constater tout ce quitientanotro ville , et de lui rendre ce qui peut augmenter sa celebrite , M. Girault nous a communi- que ( i3 mai 1818) une Dissertation sur le Conc'ile de Dijon. L'Histoire apprend que Philippe- A ugustc fit casser son mariage avec sa seconde femme ( lO Jngeburge ou Isamburge , fille de Valdemar et soeixr de Canut VI , rois de Danemarck. A Toccasion de ce divorce , le Pape Inno- cent III convoqua a Dijon , un Concile , qui se tint le dernier mois du donzieme siecle , et s'ouvrit, dans I'eglise de Saint-Beiiigne , le jour de Saint Nicolas , I'an 1 199- Ce Concile decreta la mise en interdit du royaume de France. Cat interdit dura sept mois J il eut des suites tres f "unestes povir la France : Philippe - Auguste , pour le laire cesser , reprit sa femme. Par ses recherches , M. Girault a demon- tre, i." que le Concile a reellement eu lieu a Dijon ; a.** que la promulgation du decret n'a ete effectvtee que vingt jours apres , lors- que le Legat du Pape se lut retire a Vienne en Dauphine j 3.° qu'il n'y a point eu de translation du Concile de Dijon a Vienne , comme I'avance le P. Labbe , d'apres une chronique dont la faussete est demontree par les preuves qu'allegue M. Girault. « Ce D'autres reclierches tres interessantes pour notre ville , ont egalement occupe M. Gi- RAULT , qui les a coramuniquees a I'Academie ( 8 ^^ i5 avril y 1 et ij juin 1818 ). La disser- tation qui les renferme , a pour titre : Entrees solennelles des dijferens Rois de France ^ dans la ville de Dijon j depuis la rdunion de la Boursrotrne a la Couronne . Ce travail offre un double interet; d'abord sous le point de vue general , il fixe des dates qui se rap- portent ^ I'histoire de nos Rois ; et sous le point de vue local , il donne des details tres curieux sur les usages du temps , et sur I'eti- quette du ceremonial a ces diverses epoques. Apr^s s'etre empare de la Boiirgogne , LouisXI voulut preiulre solennellement pos- session de ce Duche j il vint k cet effet , ^ Dijon , dans le mois de juillet i479 5 ^ ^® rendlt en I'eglise Saint-Benigne , ot!i, la main sur les Saints Evangiles, il jura la confirma- tion des droits et privileges de la ville et de la province , et re^ut le serment de fldelite ( i4 ) des habitans. Confbrmeinent atix iTsas;es oId^ serves sous nos Dues, rabbedeSaiiit-Benigne mit au doigt du Monarque , en signe d'al- liance , I'anneau ducal conserve au tresor de I'abbaye , pour servir a cette ceremonle. Ce fut pendant ce voyage que Louis X I ordonna la construction du clidteau qu'on volt encore aujourd'hui. Charxes YlII , pour se rendre en Ttalie , traversa la Bourgogne. II fit son entree a Dijon le 29 juin i4<)4 • ^^ ^^^ conduit a Salnt- Benigne ou Ton suivit le meme ceremonial que pour son predecesseurj ce monarque tint line seance a. la cliambre des Comptes et ren- dit sedentaire a Dijon, le Parlement, qui jus- qu'alors avoit tenu ses seances, a Dijon, pour le duclie ; a Salins, pour le comte de Bourgo- gne , et a Saint-Laurent-les-Clialon pour le comte d'Auxonne. Louis XII vint a Dijon au mois de juin i5oo, accorapagne de la reine Anne son epouse J il prit possessicyi de la Province sui- vant le mode accoutume : la ville lul off'rit deux grands pots d'argent dore du poids de cliacun 12 marcs , etdeux coupes de 6 marcs chacune furent offertes k la Reine : la conta- gion qui regnoit alors dans la ville empecha LL.MM.d'ylairecettefbisiinpluslongsejour. I (i5) Louis XII revlnt a Dijon le 2.3 avrll i5oi, et f'ut re^u au Logis du Roi : le 29 avrll i5o5 il fit remettre par deux herauts d'armes , au cliapltre de la Sainte-Chapelle , la couronne d'or de son sacra , pour etre deposee sur I'os- tensoir qui renfermoit la Salnte-Hostie , in- vltant les chanoines de supplier Le Tout" Puissant de le maintenir en sante pour fairs service a son peuple. Ce bon Prince revint k Dijon le 7 mai i5io , il y resta 4 jours : tous ceux-la so rSputoient heureux qui le pouvoient voir ; il ordonna le parachevement du chateau commence sous Louis XI , et la construction du Palais de justice; il quitta Dijon le 121 mai. Des ponts furent jetes sur I'Ouche et les Tilles pour faciliter le passage de la Cour. Francois F"". vint a Dijon au mois d'avril i52i , le 16 , suivant la couturae romaine, porte le journal de Louise de Savoie ; le 2.6 dudit mois , sv/ivant les registres de la ville et du Parleraent : la difference de ces dates donne lieu k une discussion, de laquelle il resulte que d^s le Concile de Latran en i5i8 , aucjuel elle f'ut proposee , la refbrme du calendrier f'ut suivie par la Cour de Rome. Ce Monarque tint une seance royale au (i6) Parlement , accor Ja des fonds pour faire pelndre les vitraux de la grand - chambre , et pour paracliever les salles du Palais de justice. II etolt a Citeaux au raois de juin de la m^me annee , et il y tint un cliapitre de I'ordre de Saint-Micliel , dans lequel il fit beaucoup de promotions j le 5 juillet ce Prince etoit k Argilly ; le 17 du meme mois , il re^ut ^Dijon, les Ambassadeurs des cantons Suisses et leur declaration de deraeurer a jamais unis a la couronne de France ; il accorda aux olficiers municipaux de Dijon, Beaune et Auxonne , le droit de posseder des francs liefs. Ce monarque revint a Dijon le 3o mars i52i , V. St. , ou iSzQ. ; le 10 avril suivant, la Reine Claude de France et la Reine re- gente vinrent I'y trouver; le 8 juillet , meme annee , fut signe ^ Saint- Jean-de-IiOne , un traitedeneutraliteentre les deux Bourgognes. Le 18 Janvier i53o , la Reine Eleonore d'Au- triclie , seconde epouse de Francois P', fit son entree a Dijon : c'est dans le raemoire de M. G.... qu'il faut lire le detail de la fete superbe qui lui fut donnee ainsi qu'aux en- fans de France qu'elleramenoit del'Espagne j (17) jamais porape ne fut plus magniflque , plus galante , plus ingenieusement ordonnee. Franqois I.^*^ etoit a Is-sur-Tille en octobre i535 ; il y slgna sa belle ordonnance pour radministration de la justice : il etoit a Ar- giily en septembre 1746 , il y donna un edit de suppression de la Cliambre des requetes du palais a Dijon. II etoit a Rouvres au mois d'octobre suivant et y scella plusieurs edits; mais rien n'af'fime que , si pres de Dijon , ce Prince soit revenu dans cette ville , et M. G... respecte le silence de I'histoire. Le i.^*^ juillet i548 , Henri II fit son en- tree a Dijon par la porte d'Ouclie; il fut con- duitsouslepoele a Saint-Benigne, ouil pr^ta et recut les sermens en la maniere accou- turaee : ce monarque resta dix jours en cette ville. Charles IX vinti Dijon le 18 mai i564', il descenditauxChartreux, et fit son entree dans la ville park porte d'Ouclie ; il fut conduit a Saint-Benigne , ou le ceremonial accoutume pour la reception des Rois fut suivi : plu- sieurs arcs-de-triomplie furent dresses sur sou passage ; le lendeniain Ton donna a la Cour le spectacle d'un superbe tournoi prepare par les soins du marechal de Tavannesj le surlendemain , Charles IX tint au Parle- (i8) ment de Dijon , un lit de justice oii se trou- verent la Reine et le Chancelier , plusleurs Princes, Cardinaux , Dues et Eveques j une cause fut plaidee a. cette seance memorable , le Roi prononga I'arr^t. Le 2.6 mai , la Cour partit de Dijon, pour se rendre a Chalon- sur-Saone. Catherine de IMedicis , en all ant au de- vant (X' Henri III , qui quittoit le trone de Pologne pour prendre celui de France , ar- riva a Dijon le 19 aout 1674 ; elle dina aux Cliartreux, et le soir elle fit son entree solen- nelle dans la ville j elle etoit accompagnee du R,oi de Navarre , du ducd'Alengon, et autres grands personnages J le lendemain elle prit la route de Lyon. Henri III fit son entree a Dijon , par la porte Saint-Pierre , le 3i Janvier 1575 , et fut descendre au Logis du Roi : le lendemain S,M. donna audience aux Cours; elle fit Iiau- tement I'eloge de la conduite qu'avoit tenue Chabot-Charny qui preserva cette ville du massacre de la Saint-Barthelemi, et gratifia le ' sieur Desbarres d'une charge de Conseiller , en recompense de ses services pendant les annees i573et xS']^ qu'il fut maire de Dijon j le soir les Princes de la suite du Pi.oi s'ainu- serent a courir la bague dans la grande rne Saint- Jean j le 3 fevrier la Cour quitta la Bourgogne j)Our se rendre a Pvheims ou le Koi alloit se faire couronner. L'entreede Henri IV sera lue par I'auteur dans cette seance , comme I'une des plus in- teressantes pour les faits etpour le lieros. M. Vallot D. M. , a communique C 3^ juiLlet iSiyJ ^ uue notice sur un ouvrage d' Anatomic , qui paroit rare , puisqu'il n'est mentionne ni par Haller , ni par Portal dans leur Biblioth^que anatomlque. Get ou- vrage a pour titre : Figures et Portj'alcts des parties du corps humaln. A Fails , par Jacques Kerver y rue S. Jaques , aux deuoc Cochetz. i55j y In-Jbllo , figures. Get ouvrage n'est compose que de planches enbois,au nombre de soixante-une sur trente feuillets , graves des deux cotes , a. I'excep- tlon du premier feuillet qui porte Au lecteur, et au verso une figure. Les gravures sont d'loLLAT et de Pierre AVoEuiOT , ainsi qite I'indiquent les mono- grammes qui se voient sur plusieurs d'entre elles.Ges planches ne seroient-elles point une relmpression de celles faltes pour I'ouvrage de Charles Etienne, intitiile : de dlssectione partlum corporis humanly Uhrl tres ^ una cumjigiiris et incislonum decLarationibus a StepJiano Riverio , chirui'go , compositis. JPatisiis i§45 , fol. ? L'ouvrage de Charles Etienne ne se trouve point a Dijon , aussi la comparaison n'a-t-elle pu etre laite. M. GiRAULT a lu ( 7.7, juillet i8iy ) , des l\dflexionssurles nouvelLes editions projetees des OEuvres de Voltaire. Le but de M. Girault est de signaler le danger de publier des produc- tions qui n'auroient jamais du voir le jour. II examine les difierens titres de Voltaire. II distingue parrai ses ouvrages , ceux qiii sont dignes d'etre publics , et il s'eleve avec force contre les autres. II termineen demon- trant que ces derniers , loin de contribuer a augraenterla gloire du Patriarche de Fer- ney, en ternissent I'eclat , et ne prouvent que les ecarts ou peut entrainer Tabus du genie. Parmi les preuves employees pour donner au monde une antiquite extremement recu- lee , les auteurs s'attachent sur-tout a des jieriodes , dont la duree avoit jusqu'^ pre- sent ete regardee comme absoluej c'est k cette occasion queM. Vallot, D. M., a commu- nique ( x^ fevrier i8i8 J une Dissertation sur les anciennes periodes Sgyptiennes. (i) Apres avoir rappele les opinions de MM. de (i) EUe est imprimee en entier dans la Bibliothecjue tiniverselle pour i8t8. ( 21 ) XA Nauze , DupuY , C Memoires de I'Aca" demie des inscriptions , torn. XXIX J , du docteur Marcoz ( BibLiotheque univevselle , i8iy , decembre , Sciences et arts, vol. 6 , n.° 4 , P^g' 2-37 6t siiiv. ) f"^ developpe celle deM. DE Saint-Paul, mousquetaire du Roi. ( Mercure, I'^Gx, avril , x^ . vol. Precis ana- lytiqiie des travauxde I' Academic de Rouen, Tom. 3 )pag. 184. J Ce dernier savant , pen- dant son sejour dans I'lnde, s'etoit instrvilt dans la connoissance des anciens livres ; il s'etoit assure que I'allegorie et le mystere etoient dans I'Orient, le moyen de trans- mettre les connoissances. II decouvrit cliez les Indiens I'abus que leurs ancetres avoient fait des diverses periodes j il en donna la preuve , en expliquant leur periode de 4 niil- lions d'annees et plus, et en demontrant , qu'elle n'indique que des heures. Cette de- couverte a conduit M. de Saint-Paul , h I'explication du passage d'Herodote , qui parle d'une periode de n,34o ans. On sait que les Egyptien^ partageoient le jour et la nuit en 60 parties , puisque les In- diens , successeurs des Egyptiens qui pas- serent aux Indes , lorsque Cambyse devasta I'Egypte , avoient conserve cette meme me- tliode.(Hist. cles ceremonies religieuseisi74i. Tom. 6 , pag. 235. ) D'apres ce princIpe , M. de Saint-Paul , prouve ([ue la periocle de ii,34o ans, est rindicatlon du nombre d'lieures (5gyptlennes qui s'ecoulent entre I'ecpiiioxe du printemps et celui d'automne , c'est-a-dire pendant 189 jours, et la preuve s'en deduit des reflexions suivantes : Plutarque nousapprend que tous les temples egyptiens ^toient orientes j que les Sabeens et les Chaldeens se tournoient pour prier, vers le pole arctiqttej que les pretres qui avoient soin des chosessacrees, les conservoient dans un lieu ai^^eXe Amenthes , situe a I'orient ; que c'etoit de-la qu'ils ti- roient I'image du Soleil , pour I'exposer dans le sanctuaire de leur temple, et que le soir, ils reportoient cette image au m^rae lieu de dep6t. Nous savons que le langage mysterieux et allegorique etoit employ e par les pretres egyp- tiens. II n'est done plus surprenant qu'ils aient donne le nom de Soleil a son image, D'apres ces considerations diverses, le passage d'Herodote s'explique avec la plus grande facilite. Ce passage est ainsi con^u : «c Les pretres « egyptiens me dirent ( c'est Herodote qui (23) cc parle) que durant les ii,34o ans, dontils a ra'avoient parle , aucun Dieu n'avoit paru « sous une forme hvimaine , et que pas un. cc cles rois qui avoit regne dcvant ou apres cc en Egypte , n'avoit ete deifie ; que dans cc cet espace de temps, le Soleil s'etoit leve cc quatre fois des points ou il a couturae de cc se lever , et que deux fois il avoit recom- cc mence son cours du cote ou il se couchoit, cc deux fois il I'avoit fini du cote ou il se le- cc voit en meme temps ; et que neanmoins , « ce prodige n'avoit apporte aucun chan- ce gement dans I'Egypte , soit a la terre , cc pour la production de ses fruits , soit an cc fleuve , pour ses debordemens ordinaires, cc et que les maladies n'en avoient pas ece cc plus frequentes , ni la vie des liommes Brachionus tubifex. Lamarck range cette espece dans son genre tubi- colaria. Le Kotifcr albivestitus , Dutrochet,a ete designd par Leuwenoeck , et ensuite decrit et grave exactement par Baker ( Microsc. pag. 100, tab. 8 , f. 2.?i. ) Eicborn ( Bcytreg. pag. Zj , tab. xii , fig. F. ) Les aulres especes de Rotif^res, decrites par M. Du- trocbet , sont nouvelles. II faut admettre plusieurs especes de tardigrades : Celle observee d'abord par Spallanzani ( O^a^c. /. 2, pag. 346 , tab. 5 , y. 9 ) , a le corps ride , et 8 pattes coniques. Elle a ete appelee par Muller, Acarui ur^- (36) scUus : c'est sous ce nom qu'on la trouve dans Gmeliit ( S. n. ed. jciii , pag. 2924 , n. 36 ) , et sous celul de Mitte ouisonne (^Encycl. meth. entom. torn, rii ^ pag- 5()5 , n.° 1 )• Celle observee par M. Dutrochet est Iiexapode ; elle a le corps alonge , annele ; et les deux appendices do sa queue sont fourchus. Elle a ete parfaitement decrite et figuree par Eichorn , pag. 74 , tab. vii , f. E. J'appellerai la i"^^ espece Lentigradus Spallanzani . nob. la 2."^ Lentigradus Eichornii. nob. Sur la TszizE des seaujc ( i3 juillet iSty). Cette singuliere plante cryptogame se trouve presque toute I'annee sur les seauxde bois de chene, qui, apres avoir servi quelque temps , eprouvent a leur surface une demi-decoinposition. Elle est d'une consistance de cire , blanche ; elle est petite , glabre , d'abord hemi- splierique, puis concave et portee par un court pedicule. Onlaprendroit pour une goutte de suif , si on ne I'exa- minoit pas avec soin : c'est sur-tout en ete qu'elle est le plus visible. Son habitation m'a determine a lui donner le nom de Peziza situlaeseda. Nob. Par sacou- leur et ses dimensions , cette espece dilf^re totaleraent de la Pezize aquatique. Sur I'YcHO. ( 10 aout iSiy ). Cette plante gramlnee , qui crolt au Perou , remplace le bois , sert a faire des nattes , a couvrir les maisons eti nourrlr les bestiaux. Frezier (^Relat. du Voyage de la mer du sud, aux cStes du Chili et du PSrou. Paris, 1732 , in-4°- , pag. i38, i65 , 25o), dit que le Llama, mouton du Perou, ne se nourrit que de cette plante. Elle a ^te convertie en animal par »e la Ch£snay« ( 37 ) J5E9 Bois, dans son Dictionn. des Animaux ^ font. JVf pag. 58o. II est question de cette plante dans VEncycIopedie in-fol. , torn, x^vii , pag. 666 ; dans la 4*^ edit, da Diet. d'JIist. nat. par M. Valmont de Bomare, torn, lo , pag. u , torn. i5 , pag. 178; dans le Nonveatt Diet. d'Hist. nat. , torn, jcjciii , pag, 5io , ou il est dit qu'on ignore a quel genre cette plante appartient. Cette assertion n'est point exacte , puisque Ruiz et Pavon ( Flor. peruv. i , p. 6 , tab. 6 , f. 6) I'ont ap-r pelee Jarava ichu , Palissot de Beauvois ( Essai d'une nouv. agrostographie y Paris, iS\2,p. igj At las, p. 6, tab, viffig. III.') Stipa jarava; Poiret ( Encyc. rndth.. Diet. Eot. suppl. torn. 3 , p. iSo), Jarava iisilata, Ne seroit-elle pas la Stipa eriostachya , Kuntli ? Don Felix de Azara ( Voyag. dans I' Amerique nierid. , torn. 7. , pag. 4^9) dit que « I'ychoicho est •c une paille haute du genre de XdLfestuca^ on la mele «c avec les excremens sees des differentes especes de cc chameau du Perou. 3> Par une erreur typographique assez grave, I'editeur a reuni en un seul mot les deux, ycho icho, qui indiquent les deux nianieres d'ecrire le noni de la plante dont il s'agit, J'observerai qu'il est surprenant de trouver dans I'Amerique meridionale un usage des deserts de I'Afri- que et de I'Arabie. Dans ces deux regions si opposees, les excremens des ckameaux, meles avec quelques subs- tances vegetales , sont employes comme combustibles. Sur le Clymekos nioscoRinxs (24 decemb, i8iy'). La savante dissertation de FabiusCoL.v^i'sx ( minus cognitariimrariorurrique nostra coelo orientiumstirpium EK(J)PASIS p. i54, cap. xLix) prouve que le Cly- ( 38 ) mcnosDloscoridis est la chenillette , Scorpiurus sulcata, Linn. , ainsi que I'ont note C. B. Pin. , png. 287 , I. Scorpioides huplevri folio ^ etHerm. Boeihaave, Index Plant. , pars 2 , pag. Si , Scorpioides. I. 11 est extraordinaire que Janus Plancus, dans I'edi- tion qu'il a donnee en 1744» <1^ (DyTO/Sclcrctvofl' de Co- lumna, n'ait pas , dans son annotation xi , remarqiie que Columna, qui avoit d'abord cru que le Clymenos JDioscoridisiiioitXe souci, Calendula officinalis, Linn, j ainsi que le rapporte C. B. Pin. , pag- 274 j !• Caltha vulgaris , avoit par la suite change d'idee , et pvouve qu'il ne s'agissoit que de la chenillette , Scorpiurus sul- cata, dont il donne une excellente gravure, que je sui* surpris de ne voir citee par aucun Botaniste moderne. Sur le RAPuyTiuM vmbezlatum. {24 dec. iSty). Tabius Columna ( oper. citat. pars 1^. , pag. 22 , cap. IX. ) decrit cette plante , et donne la gravure de deux fleurs et d'une capsule , pag. 24. H y rapporte le Telephium purpurenm , Lobel , icon. tab. 47^ j ce qui a fait que tons les auleurs ont regarde conime unorpin^ le Rapuntium umbellatum de Columna. C. B. Pin., pag. 287, le place sous la rubrique, Telephium pupureum majns. Raj , Hist. Plant. , torn. 1 , pag. 689 , a Particle Anacampseros purpurea, ajoute, an Rapuntium umbel- latum , Colurn. ? Pag. 745, ^Particle Rapuntium umbellatum, Col. Raj ajoute , an Telephium purpureum ma jus, C. B. ? Telephium floribus purpureis , Park ? Herm. Boerhaave {Index, pag. 0.38) cite le Rapun- tium umbellatum , Col. , parmi les orpins , a la. 8.' (39) espece designee sous le nom de A^acampseros pur- purea. Tournefort, Linne , et I'Encyclop. meth., n'ont cite ni la figure ties bonne de Lobel , ni la description par- faite de Columna : cependant avec une legere attention on auroit reconnu laTrachele bleue , TraclieUiim caeru~ leum f Linn. , dans la plante de Lobel et dans celle de Columna. II est a croire qu'une transposition de nom , sur la figure de Lobel , aura ete faite par Pimprimeur ou le graveur en bois; car on ne pent pas supposer que I.obel ait range parmi les polypetales une plante monopetale , et qu'il ait appele rouge une fleur bloue. Si/r I' IIoRAu. ( i4 decembre f8i^). Kaempfer (^Amaenit. exoticac , pag. 354) , en ci- tant le Pere Avril ( Koyag. liv. 2 , p. 89 ) , a lu sauge au lieu de saule 5 ce qui lui a donne occasion de dis- serter inutilement. Olivier ( Voyag. en Perse , torn, r , pag. 247) parle aussi des feuilles de saule , qui de la mer caspienne vont au golfe persique. Kaempfer dit que les feuilles qui flottent sur le golfe persique , sont cellcs de I'Horau , ^e// Amygdalus marina sinus persici ; Saga, Malaicoriim. Les details curieux fournis par Kaempfer sur cet arbre , m'ont inspire le desir de savoir a quel genre les Botanistes I'ont rap- porte. Adanson ( Famille des Plantes, torn. 3, tableau, p. 9 , pag. 77 , 79 , 80 , 585 ) met I'Horau dans sa fa- mille des Eleagnus. En parcourant la Flore d'Arabie par Forskobl , j'ai trouve , pag. lxxxii et pag. Z'j , la des- cription d'un arbre qu'il appcUe Sceura marina. J'ai compare la description de Kcempfer avec celle de Fors- ( 4o ) kcilil , et i'ai reconnu que I'horau du premier etoit I» Sceura marina Aw second. Belon {Singularitez , pag- 277, Uv> 2, c%ap. iix) parle d'un arbre de Rhamnus, qui croit aux rivages de la mer rouge : ne seroit-ce pas le Sceura ? Le genre du Sceura est indique par Gmelin, S. n. ed. xiii , t. 2, pag. 260. Je ne sais sur quoi I'on s'est fonde pour dire que le Sceura de Forskoih est I'Avicenne cotonneux. Cette opinion , avancee dans le Nouv. Diet. d'Hist. natur.f edit, de Deterville , torn. 2, p. 293, torn. 20, pag. 218 ; deuxieme edition , torn. 3 , ^. 98, torn. 9 ^ pag. 539 5 repetee dans I'Encyclopedie methodique 5 JJictionn- d'j4gvic. , torn. 6 .^ pag. 271 , col. 1 ,• Diet, de Botan. , suppl. , torn, v , pag. 83 5 a besoin d'etrfl prouvee , puisque la corolla du Sceura est reguliere ^ campaniforme , a 4 ou 5 divisions , tandis que celle de l'i\vicenne est a deux levres. J'ai cru important de signaler cette erreur , pour s'opposer a ce qu'elle se propage. OBSERVATIONS DIVERSES. Le merite des coUaborateurs , qui publient la 2.* edition du Nouveau Dictionnaire d' Histoire naturelle ^ chez Deterville , devoit donner la certitude que cet ouvrage ne contiendroit que peu de fautes , et que les editeurs auroient eu le soin d'eviter celles typogra- phiques qui s'y rencontrent assez souvent. J'ai cru rendre service a la science en notant quel- ques-uns des articles qui m'ont presente de graves erreurs. Parmi les fautes typographiques , je n'ai note que le» suivantes : (4i ) If. Elegante Striee (torn, x, png. i38) I'animal ^e cette coquille est pom-vu de deux dards 'veneiieux, Obs. II est extraordinaire que I'on ait laisse subsister line epithete aiissi peu convenante. On sait que les helices sont hermaphrodites ; que le mode de Icur fecondation presente une singnlarite , qui realise I'allegorie des traits de I'amour 5 puisque les deux individus , en presence , se lancent recipro- quement un dard , nullement ■veneneux , mais designs sous le nom de dard venerien , ( spicula venerea. ) 2. Un gordius.... ( torn, xi , pag. 83 ) , trouve dans I'abdomen A\i faucheur cornu, peut faire croire que ces arachnides sont siijettes a se nourrir de ces vers. Obs. L'auteur a certainement voulu dire que ce* arachnides sont sujettes a nourrir de ces vers , parce qu'en effet , il existe une Filaire que I'on tiouve quel- quefois dans le corps des insectes et dans celui des arachnides. 3. Agerite , Agerita ( torn, i , pag. 2o4- ) Genre de plantes etc. clabli par Persoon. Obs. Persoon a dit iVEgerita , et dans la flore fran- gaise , derniere edition , on lit Egerile. 4. Al'article Agul, on trouve... ( torn, r, pag. 221 ), c'est une esp^ce de manne qu'on appelie Trangebris. Obs. II faut lire Trangehin ( enc. meth. Bot. torn, vr pag. 397, 1 .'* col.) Dans I'histoire generale des plantes* Lyon, i653, torn. 11 , pag. 558, Dalechamp rapporte : Trunschibin,par lesPerses ; tereniabin et trungibin, par les Arabes. Dans C. B. Pin. , pag. 497 , iv , transchibil, Rawolf., mannas genus aliud , tyriam jabyn , seu trungibyn dictum. (40 5. Ces fibres ( torn, ii , p^g. 2.9S , lig. 29) , compo- sent un tissu reticulaire dont la cessation de dilecta- bilite Obs. Lisez dilatabilite. 6. Graine de lance ( torn, xiii , pag. 349)- Obs. Cette denomination est tres fautive 5 il faut substituer celle de graine de jl'anse, donnee par les Creoles aux fruits de Vomphalier grimpant , parce que cet arbre croit , sur le bord de la mer , et dans les enfoncemens qu'elle forme et C[ui sont connus sous le nom 61'anses. 7. Le gratgal a larges feuilles (torn, xiit , pag. 435), on le nomme bois de lame. Obs. Lisez bois de lance , a cause del'usage auqnel I'employoient les sauvages. 8. Alipha virginica ( torn, xx , pag. 207 , lig. 4)* Obs. Lisez acalipha virginica. 9. Merendere.... ( Tom. xx , pag. 208 ) , ce genre auquel Bergeron avoit donne le nom de geophylle. Oes. Z,z5ezBergeret geopliile. 10. De ce petit coquillage (torn, xx , pag. 323 ) j qu'il croit etre V ambrette de Geoffrey. Obs. Lisez Ambree. 11. MicRoscoME (torn. XX, pag. 521 ). Obs. Lisez Microcosme. Pour peu que I'on veuille recourir a I'etymologle , on sent de quelle importance , il est de ne point laisser subsister de transposition de lettres. 13. Klopode, klopoda (torn, xvii , pag. 104 et io5). Obs. Lisez Kolpoda. C'est en effet ce dernier nom qui a ete employe par O. F. Muller , dans son ou- (43) Trage intitule : 'Animalctila infusoria. .,.* Haunine , 1786, 4'° P'^'T designer un animalcule dontle caractere se tire d'une echancrure ( sinus ) , que I'on y remarque. i3. Malaperttjre, Malaperturus. IjSice^. (t. xviir, pag. 453. ) Obs. Lisez Malapterure, Malapterurus. i/\. Macropode Berglax (torn, xviii, pag. 356.) Obs. Lisez Macroure Berglax. i5. Jabebinette ( torn, xvi , pag. 436 ), raie, qu'on peclie sur les cAtes du Bresil. Obs. Z/irr jabebirette. Voy. Margr. Bres. lib. iv , cap. 1 6 , et Dictionn. des animaux j par de la Chesnaye- des-Bois , torn. 11, pag. 5i i . 16. Jabil (torn. XVI, pag. 4^^ )j Adanson appelle ainsi une espece de rocher. Obs. Lisez jabik ; Adans. coq. pag. 121. 17. Batan (torn, iir, pag. 3o8), ]\I. de Jussieu pense que I'arbre dc I'Inde ainsi nomnie par le voya-geur Lii:'Cot est probablement la divrion. Obs. M. de Jussieu dit qu'il est probable que Linscot a voulu parler du Durion. Voy. Die. sc. nat. , torn, iv, pag. i33. C. B. Pin., pag. 434 5 ''m 5 avoit deja rapporle le batan au durion. 18. Clusius a figure- la graino du cafeyer (torn. iVj pag. 44^)^ et lui donnoit le nom de mattes. Obs. Lisez Mates. Voy. Clus. exot. lib. 2 , cap. 3oj tab. 3. Dalecbamp, Hist. gen. des plant. , tora. 2, p. 712, x. C. B.Pin. p. 404 » fruclus xiii. Plukenet mantiss. p. i5i . Raj. Hist. Plant, p. ^yj^^ 3. (44) ^ ■ _ 19. Les anclens ( torn, v, pag. i5g), ont designele Tadorne , en lui donnant la denomination de Chelalopex ou de vulpanser. C. a d. oie renard ( torn, vi , pag. 228. ) Obs. Lisez Chenalopex. II est demontre anjourd'hui que le Tadorne n'est point le vulpanser des anciens : Buffon , sur la foi de Turner, I'a cru, mais a tort. Le vulpanser des anciens est I'oie d'Egypte , anas aegyptiaca, reveree par les anciens epyptiens, a catise de son attachement pour ses petits. Voy. Cuvier reg. anim. , torn, i , pag. 532 at 607. 20. Ceomice, ceomyce (torn, v, pag. 477 ) ' genre de lichen qui rentre presque entierement dans celui appele beombice et phyllocarpe. Obs. Lisez Cenomyce et nou Coenomyce^ comme il. est dit (torn, iii , pag. 621 ), en renvoyant a ce mot. II n'y a point de genre beombice, mais bien y.io- M.YCES , Dec. bceomyces , Ach. ; c'est done a tort que (torn. Ill , pag- 521 ), on lit boemyce , bosmyces au lieu de beomyces qui est le nom latin francise. 21. Elphide (torn. X, pag. 182), noureau genre de coquille.... a bouche triangulaire.... , cette coquille ne presentant point de bouclie.... Obs. Comment accorder la bouche triangulaire avec la non existence de la bouche ? d'oil peut venir una contradiction aussi forte ? 22. Ekneute ou ernote (torn, x, pag. 4^7) > no"i Tulgaire de la Terre Noix. Obs. Le nom vulgaire de la Terre Noix , Bunium hulbocastanum , Linn, j est Siro 5 Adans j fam. nat. j t. 2 j (45) pag. 528 , 6o5. Suron, ibid , pag. 52S , 608. Les gens de la campagne disent que cette plante a etc appelee Siro , k cause de la saveur sucree et syrupeuse de sa racine. En Bourgogne les mots aneute , anotte ( venant ^vi- demment d'erneute, ernote) , sont employes unique- men t pour designer la racine de la gesse tubereuse j Lathy rus tub erosus , Linn. N. B. Je u'ai note que quelquesunes des fautes typo- grapliiques les plus graves jactuellement je vais indiquer une autre sorte d'incorrection , dont on a fait dans le temps un reproche tr^s fonde aiix redacteurs de la pre- miere Edition de I'encyclopedie. Eile a pour objet les renvois qui quelquefois sont mal indiques, et presque toujours illusoires. 23. Faux perdrieux (torn xi , pag. 281). Voy. fau perdrier. Oes. On chercbe inutilement ce mot qui devroit se trouver k la pag. 157. Ce nom du temps de Eelon desi- gnoit le busard , proprement di t , /a/co aeruginosus , Linn. Circus oeruginosus , Vieillot ( torn, iv , pag. 45i.) 24* Gecko a tAte Plate ( torn, xri , pag. 5i4 ) > appele a Madagascar , famocantraton , selon Drapper ^ qui a fait a son sujet un conte que Ton pent lire au mot famocantraton. Obs. En consultant le mot famocantraton (tom. xr, pag. 5i ) , on lit gecko k t^te plate ; et Ton cherche en vain le conte cjiii y est indique. Je sais que ce conte, fait par Dapper, descrip. de I'Afriquc , pag. 4^8, est assez ridicule; mais il ne falloit pas le promettrc ; a quoi sert de piquer la curiosite pour ne pas la salis- faire ? (46) 25. On trouve ce cynips (torn, vii , pag. i3o)j dans la galle du CHiiNE tozin. Voy. ce mot. Obs. On ne trouve point ce mot parmi les especes de chene mentionnees , tom. ti, pag. 228 et suivantes. Ce- pendant ala 3.'''variete de chene rourea larges feuilles, nommee chene roure noiratre , il auroit ete utile de dire qu'elle est le quercus pyrenaica. Wild, et connue sous les noms de Tauziri ou Tonza dans les Landes et les Pyrenees. 36. Dryandre, dry andra {torn, ix, p. Sga ), genre de plantes etabli par R. Brown, aux depens du genre Protee. V. Driandre. Oes. Pourquoi renvoyer au driandre ( pag. 578 ) , qui est un genre de la famille des tithymaloides j et en- tierement distinct de celui de la pag. 692 ? 27. Le giii de chene ( toni. xiv, pag. 33 ). Voy. Loranthe. Obs. L'article Loranthe (tom. xviir , pag. 188), ne dit rien sur le gui de chene , et n'offre rien qui ait rapport a la curieuse dissertation inseree dans le Dictionu. des sciences medicales, art. gui. Apres avoir lu cette dissertation , on ne peut plus douter que le gui des druides ne fiit le loranthus europosus. Linn. 28. Lapis fungifer ( tom. xvii , pag. 3i3), voy. fon suites. Obs. FoNGiTE(tom. xi , pag. 599). Guettard aainsi appele des madrepores fossiles en entonnoir etc. Cette citation n'a, commeonle voit, nul rapport avec le lapis fungifer ou plut6t lapis fungifsrus ,decv'il par beaucoup d'auteurs.Boet. pag. 261, cap. 298. Mus. Worm. p. 91. J. B. Porta lib. 10 , cap. 70. Mus. Septal, pag. 4^ cap. XVII. Mus. Besler, pag. 110. tab. 40 j etc. etc.j et qui est W pier re a Champignon. (47) ^ . ^ C'est un tuf volcanique , impri^gne de carclte( blanc de champignon) , qu'il suffit d'arroser pour lui faire produire des champignons dont ont parle beaucoup d*au- teurs. C. B. Pin. pag. 373, XXXIII, fungus In saxis prove- niens. J. Bauh. hist, plant. , topi. 3, p. 386 , cap. 36 , fungi supra lapides. Micheli , nov. plant, gener, p. i53 , n.° 4 5 fungus esculentus ex ingenti perenni... radice. Boccone mus. tab. 000. Battara fungi arimin., pag. 59 et 61 , tab. 24- A. Tu- beraster, -vulgo pietra fungifera. Jacq. collect. austr. sup., tab. 8 , 9. Encycl.nieth. botan.sup., toni. 2, pag. 674 j n.° 72. Boletus tuberaster. NouY. diet, d'hist. nat. , ed. 2 , torn, vi , p. Sg. La fameuse pierre a champignon de Naples ... est im- pregnee de carcite.... du bolet tuberastre, et d'un agaric voisin de I'oronge par sa couleur. 29. JuBEE, i'amande de ce palmier (torn, xvi , p. 669), se mange sous le nom de coquito. CoQUiTo. (torn. VII, pag. 586) nom vulgaire du 3UBEE au Perou. Obs. Pourquoi dans un article dire que coquito est le nom du palmier , et dans ua autre le nom de ton fruit ? 30. Hyvourahe (torn, xr , pag. 55o ), c'est le gayac au Bresil. HtvoURAH^ (torn. XIV, pag. 574)5 f'uit d'Ami^rique mentionne par Thevet II paroit etre celui du Soon- dias myrobalanus. ( 48 ) Obs. II me paroit que la plante decrlte par Thevet (singularitez de la France antarct. pag. 85 vers., pag» 9* 5 P^g" 94 vers.)} n'est pas encore parfaitement con- nue. liCS auteurs qui en ont parle apres lui sont : J. Bauh. Hist. Plant. , torn, i , p. 20o ; lib. ii , cap. xv. (y. B. Pin. p. 144? II J Prunus brasiliana. Raj. Hist. Plant., torn, ii, p. iSzc^y n. 2. Plukenet Almagest. , p. Zoy. Prunifera americana dipliyllosj laurifolia, glyciphyllos. Mautiss. , p. i56. Hivourae, tab. 327, f. 5. Malgre toutes mes recLercIies , je n'ai pas encore pu savoir posilivement a quelle espece de vegetal appar- tlent I'Hivouralie. Thevet dit bien que la decoction de I'Hiuourahe est employee contre le plan; mais cette indication ne sufllt pas pour prouver que c'est le gayac, et encore bien nioins que c'est un fruit. iV^. B. Si I'on s'attaclie aux etymologies , on s'assurera que les editeurs n'ont point ete constamment heureux , et que dans plusieurs circonstances la maniere dont ils lesexpliquent,ou dontilsecrivent les noms, lesrendent difficiles a. saisir. 3i . Grassette , torn, xiir 5 p. 438. Nom de I'Orpin reprise, a cause de I'epaisseur de ses feuilles et de leur apparence graisseuse. Qbs. Les feuilles d'orpin n'ont point une apparence graisseuse ; elles sont seulement epaisses , cliarnues , et I'on sait que cette structure se retrouve dans toutes les plantes designees en fran^ais sous le nom de plantes grasses. D'ailleurs on doit so rappeler que ce mot feuille grasse, est traduit par_/cp//K//? crassunif et now folium pingue. (49) 32. Herbe maur ( torn, xiv, p. 352). Reseda lutea. Obs. II me semble que la denomination doit etre Herbe maure et designer le Reseda odorant, parceque cette plante , qui croit en Afrique , a ete apporiee en Europe par les Sarrazins ou les Maures , et a ete desi- gniie d'abord sous le nom d'herbe des Maures et ensuite herbe maure. 33. Herbe du Tan ( torn, xiv, p. 358). C'est la Bryone , Bryonia alba. Obs. On pourroit croire que la Briolne a des proprietes astringentes et qu'elie peut servir pour tanner les cuirs j il n'en est rien. La Bryone est appelee par les gens de la campagne Herbe du temps , parce qu'elie croit tres-vlte et s'eleve tres-haut en grimpant, lorsqu'elle est dans le voisinage des arbres. On sait que dans le langage populaire ^ temps et cicl sont synonymes, ainsi qu'on peut le con- clure de diverses locutions usitees. Telle par exemple que celle haut comme le temps pour indiquer un or- gueilleux. 34» Herbe du vent ( torn, xiv, p. 359 ), c'est I'a- nc'mone dont les fleurs ne s'ouvrent que lorsqu'il fait du vent. Obs. L'anemone ou I'lierbe au vent est ainsi appelea parce qu'elie croit dans les lieux battus des vents. 35. Burserie , Burseria ( torn, iv , p. 45o ). Genre de plante etabli par Loefiling, sur la verveine lappu- lacee. Busseria ( tom. IV, pag. 4^4 )• Loefiling appelle ainsi la Verbena lappulacea. Linn. Obs. Ce double emploi ne peut qu'induire en erreur, et s'opposer k ce que I'on connojsse le veritable nom ; il 4 ( 5o ) est done utile de dire que Bitrseria est le veritable nom et que Busseria doit 6tre efface. En multipliant ainsi les denominations A'icieuses , on embrouille la science. 36. Cagarelle , torn, iv, p. 568). Nora vulgaire de la mercuriale annuelle, dans le midi de la France. Obs. Je pense qu'il faut lire Cacarelle , synonyrae de Foirolle , autre nom vulgaire de la meme plante. Ces deux denominations tres significatives, designent de la maniere la plus exacte les proprietes relachantes de la mercuriale. On doit faire les memes remarques sur Caquenlit ( torn. V, p. 249 ) J Mercurialis perennis } il faut lire Cac-en-lit. 37. CiiATA ( torn. 6 , pag. 208 ). Plante de I'lsoi'de, dont la racine sert a la teinture. C'est xxne ga ranee ou un Gaillet raie aigle. Obs. II faut lire chayaver , plante de I'Inde. Elle est connue des botanistes sous le nom d' Oldenlandia um.~ hellata. Que veut dire Gaillet raie aigle ? 38. Coucou ( Pain de ). (torn, vm , pag. 238 ). La primevere officinale porte ce nom. Obs. La primevere officinale est appelee Jleurs de coucou , hrayes de coquu , en latin brachulae cuculi ^ de hracae ) hrachae ; et I'oxalis acetosella porte le nom de pain de coucou , Brunsfol. , soit parce que le coucou en mange , soit plut6t parce qu'i I'epoque oil cette plante fleurit, le coucou commence a chanter. Les ha- bitans de la Calabre donnent a I'oxalis acetosella le nom de juliola , que les Barbaras ont change en lujula , d'oi I'on a fait alleluia. C. B. Pin. , pag. 33o , col. 2, Piaj. Hist. Plant. , torn. 2 j pag. 1098. ( 5i ) 39. Galiette et bien salee ( torn, xir , png. 3 ?"!§• 168, n. 289 j tinea lapidella. I>ict.| Aniui^,jj.top. 4? p« 3c7, telgnes des niurailles. (55) Nouv. Diet. Hist, nat., torn. 23 , p. 5i2, la teigne des lichens. On trouve aiissi aux environs de Dijon les fouireaux tournes en spirale de la larve d'une espece de teigne , tinea helicoidella. Nob. 54. LucET (torn. XVIII, p. 227). On ignore a quel genre appartient cette plante. Obs. Molina dit que le lucet est una espece de myrte, qu'il designe sous le nom de myrtus ugni. Voy. Encyc. met. bot. , torn. 4 1 P^g* 4i2 •> ri-" ^6 , ntyrte miisque. 55. LuNOT (torn, xvirr, p. 242) ; coquille , proba- blement du genre des tellines. Obs. Cette coquille est designee parGmelin , ( S. n. ed. xrit , torn, i , part, vi , p. 3282 , n.° 67 ) , sous le nom de veniis sene£;alensis. N. B. II existe aussi dans ce Dictlonnaire une certaine qnantite de doubles emplois qui multipUent inutilement ies reclierches , causent une perte de temps considera- ble , et augmentent la confusion qu'il seroit bien im- portant de bannir de la science. Parmi les preuves , je me contenterai d'alleguer les suivantes : 56. Le LuTJAN ADRIATIQUE ( tOm. XVIII, p. 256), Labrus adrtaticus. Linn. Obs. II auroit ete utile d'ajouter que le Labrus adria- ticus est le meme que le Labrus hepatus , et qu'il etoif: designe dans le tom. xiii des Annal. du Mus. d'Hist. natur. , xxii. 8. ^ sous le nom de holocentJirus siago- notus. 5j. Le LuTJAN MAGNIFIQUE ( tom. XVIII , pag. 256 ) , Perca nobilis. Linn. Obs. La Pcrca nobilis de Linne a etd appelee chae- ( 56 ) iodon capistrattis f Linn. (torn. vr,p. 32.3^ clietodon >bricle). Chcetodon octo fasciatus y Linn. ( torn, vi j p. 324 5 chetodon huit bandes ). D'oii I'on voit que le merae poisson a ete decrit sous trois noms differens. 58. Le LuTjAN CHRYsoPxiRE (torn. XVIII , p. 257), Perca chrysoptera. Linn. Obs. Ce poisson est deja decrit ( torn, ix , p. 494 )» sous le nom de Diptdrodon queue jaune. Lacep. 59. Macroramphose (torn, xviii, p. 356), genre de poisson etalili par Lacepede pour placer le Silurs cornu , qui differe assez des autres pour en etre separe. Obs. II en differe tellement qu'il est le meme que le Centriscus scolopax , comme I'observe tres bien Cuvier ( Regne Anim. , torn. 2, p. 35o. ) II paroit que I'indi- vidu mal desseche , qu'a observe Forskael , ne hu aura pas permis de reconnoitre un centrisque , et I'aura porte a en faire un silure, qu'il a appele cornu. Ce ii'est pas la premiere fois que des ecliantillons mal conserves ont ete pris pour des especes differentes. 60. Iberide a tiges nues ( torn, xvr , p- 5). Elle constitue le genre appele teesdalie par Aiton , et gue'- pinie par Bastard. Obs. On trouve ( torn, xiv, p. 27 ) guepinie , genre de plantes que R. Brown a appele teesdalie ; ce qui rend fort incertain sur le createur du genre teesdalie. 61. L'Inule glutineuse (torn, xvi , p. 879 ) cons- titue aujourd'hui le genre Donie. Obs. 11 auroit fallu rappeler que I'inule glutineuse a eted^crite (torn, in , p. aS) sous le nom d'astere glu- tineuse , et que Wildenovs^ en a fait un doronic. Ces (^7 ) rapprocliemens sont extremement utiles pour guider les recherches de ceux qui veulent s'instruire. 62. HoRAu de Ksempfer (tora. xv , pag. aSg ) Adanson en a fait un genre particulier. Obs. Get arbre, tres bien decrit par Kaempfer , a ete aussi observe et decrit par Forskael , sous le nom da Sceura marina. Voyez notre notice , p. 89 . 63. GociiET (torn, xm, p. 277 ), turbo fulminea f Gmel. Cette coquille fait aujourd'hui partie du genre natice. Obs. II n'y a point de turbo fulrninea , mais bien nerita fulminea. Gmel. pag. 0672 , n.° 10. 64. GoEziE ( torn, xrii , pag. 278 ) : genre de vers intestlnaux qui ne comprend qu'une seule espece , le cucullanus ascaro'ides. Gmel. Obs. II filloit ajouter que Zeder a donne a ce genre le noni de cochle , et que Rudolplii I'a reuni aux Lio~ rinqucs. ( Tc^. vii , p. 257 ; torn, viix , p. 536 ). 65. GuAiNuaiu ( torn, xiii , p. 566 ) On ignore a quel genre il appartient. Obs. Ce crustace appartient au genre gecarcin. ( Tom. xti , p. 5i 1 ). 66. GuNDON ( torn. XIV, p. 52 ) , insecte que Dapper regarde comme iine fourmi. Obs. Ne seroit-ce pas plutAt une espece de termes? 67. HjiMEROCALLE DU JaPON ( tom. XIV, p. 3o7 ) , Jlemerocallls japonica , Tliunb. Feuilles entieres asept nervures, fleurs bleues, disposees en grappe au sommet d'une lianipe. Obs. Cette description ne pent convenir a Vllemo- rncallis japonica , Thuiib. , qui a des fleurs blanches; mais bien a V Hemerocallis caerulea. ( 58 ) 63. Herbe d'arlot (torn, xiv , p. 34^) > J--ei>v'-tt trisulca. Linn. Hebbe de hahot (torn, xiv, p. 049) : nom doiine a la marchane des fontaines. Obs. Ces deux denominations sont vicieuses , et la premiyre est mal appliquee. On appelle en Bourgogne, HERBE d'alaud , la Marcluintie protee , Marchantia polymorpha. Linn. V. Durande, Flore de Bourgogne > 1/^ part. , p. 474 , n." 1246 j et 2.^ part, , p. 386 , n. 1246 •) et p. XXV. Je pense qu'a raison des grandes vertus supposees a cette plante , les anciens I'auront jugee digne de louan- ges , laudes ; et que pour la designer , ils I'auront ap- pelee Lerbe que I'on ne sauroit trop louer , hcrba lan- dnm; d'oii I'on a fait hcrba laud , puis lierbe d'alaud. 69. Herbe cassienne ( torn, xiv , p. 343), Herba cassiana Les Botanistes ne connoissent point cette plante , que J. BauLin croit etre une espece de tabac. Obs. II paroit reconnu aujourd'hui que cette plante est VApalachine. Voy. C B. Pin. , pag- IJO , VI » cassina herba. Cassina vera Floridanorum , Pluken. amaltJi. ,/? is, pL 8 , tab. 377 , f. 4- Almag. mantiss, , p. 40 , pi. 5 , tab. ?>y6 , J". 1. Lamarck , Encyc. ineth. , torn. 1 , p. 652. , n.° 3, cassine caroliniana. Ilex vomitoria , Vf^illd. Ilex cassine, TValt. Cassine peragua , Mill. 70. Her.ee de guinee , (t. XIV, p. 349) 5 c'est le Milium altissimum de Linnjeus. OiJS. Linne n'a point deciit de plants sous le nom ( 59 ) tie milium altissimum. L'herbe de Guiiiee est le Panl- cum maximum ^ Jacq. ; Panicum altissimtini , Hort. Paris. ,• Panicum laeve , Lam^ Encyc. , torn. 4> p- jA^y n.° 5i. 71. GuiRA TiRicA C torn. XIV , p. 4^ ) '• fiovo. brasi- Jien d'un oiseau rouge. Obs. Margrave a design^ sous le nom de guira ti- nea, I'oiseau appele Xo:r/a dominica. Linn. 72. Gl'ron : coquille du genre dcs liuitres. Obs. Le mot guron est employe pour designer I'huitra a talon , spondylus gaederopiis. Linn. Voy. Diet. Anim. , torn. % , pag. 38x. 73. La Bacile (torn, iii, p. io^ , ne s'eleve qu'a quelques pouces. Obs, La bacile s'eleve de douze a quinze pouces ^ ( Encyc. meth. botaa. , torn, i , p. 34/ ) , et c'est a cette hauteur que crolt le pied cultive depuis long- temps au Jardin Botanique de Dijon. 74. Byssonie ( torn. IV , p. 489 ) 5 genre auquel la moule pliolade sert detype. 1 »J Obs. II auroit fallu aj^uter que le Mytulus pTioladis Linn. , ( Gmel. S. 11. ed.i xiii ^ t. i , part, vi , p. 3357 ^ n". 23 ) est le meme ^ue le Mya byssifera , Gmelin ^ p, 32a3 , n.° 21 . Ces indications de dcjiible emploi sont extremement avantageuses pour perfecbionner la synonymic. 75. Le Byssus flottawt ( torn, iv, p. 49° ) . Byssus fios aqi^ae, estune veritable conferve , ou plus souvent un resultat de confervas decomposijes. : f Oiis.; Cette production est enQoie peu coimue dans sa nature.. • ;::• j- / .;;:r' Beaucoup de Botanistes la regardent comme vegiitale ; (6o ) ceptndant Weiss ( Cryptog. , p. 39 ) a dit, je crois Is premier, que cette substance n'est point un vegetal, mais une matiere formee par la reunion de particules des plantes aquatiques detruites par la putrefaction. Vaucher la regarde comme une oscillatoire , c'est-a- dire , comme un amas d'animalcules microscopiques. Uecandolle ( Fl. frang. , torn. 2, p. 53) adopte cette opinion. Girod Chantrans (RecKerches chimiques et miscros- copiques, p. 38 , n.° 1 1 ) regarde le Byssusflos aquae comme appartenant au regne animal 5 a la verite , ies preuves qu'il en apporte ne peuvent pas convaincre , puisqu'il a confondu des animalcules infusoires avec le Byssus flos aquae. 76. Calaf ( tom. IV , p. 579) : il est tres pro- bable que c'est un chalef. Obs. Le CALAF des Arabes a ete tres bien decrit par Prosper Alpin , qui I'appeloit aussi Ban. C. B. Pin., p. 474* col. 2. I. Salix exotica. Forskolil , qui I'a re- trouve et I'a designe sous le nom de Salix aegyptiaca ( Fl. Arab., p. 170 , n.° 63) , observe que c'est par la distillation des fleurs males que I'on obtient cette li- queur si odorante designee soits le nom de Macahalef. 'j'j. Camaruma ( tom. v, p. 55) : c'est la feve de Tongo des Boutiques, le dipteria Ae Wild. Obs. Get article contient ideux fausses indications ; car le nom de la plante est coumarouna : Aublet , t. 2, pag. 740, f.1296. Dipterix odorata , Willd. spec. pi. tom. 3, p. 910, gen. iSao. Baryosma tongo , Gaertn. , tom. 3 , p. 70 , gen. 679 , tab. 90 , f. 1 . Gmelin , ( S. n. edit, XIII, tom. 2), a decrit celte plante sous deux noms dilferens. Pag. 6.09 , Heinzia peregrina. Pag. io84> Cumaruna odorata. (6i ) II est question de cette plante clans I'Encyc. tnetli. botan. , torn, s , p. 14^5 torn, n , p. 589. , col, 1. 78. Capilline (torn, v, p. aSa ). On compte six especes tie capilline , etc. Obs. II aiiioit ete tres utile , en decrivant les six especes de BuUiard , d'observer que la premiere , la seconde et la cinquieme ont ete rapport^es par Decan- doUe , Fl. franc., n.° 691-693, an genre Stemonitis. 79. Casia poetica (torn, v, p. 344)- Clusius a donne ce nom au rouvet , Osiris alba. Camerarius , Lobel , Prosper Alpin , Gesner et Tournefort ont donne le nieme nom que Clusius au rouvet. Obs. Prosper Alpin n'a point parle de V Osiris j aussi le Redacteur de I'Enclycl. nieth. botanique, torn, vr ^ p. 3i9 , a eu I'atLention d'avertir qu'il ne falloit point rapporter kV Osiris alba le synonynie de Prosper Alpin. En effet, ce dernier auteur , sous le nom de casta la- tinorum , decrit une plante entierement differente du rouvet. II paroit que C. Bauhin n'a su ou la rapporter, puisqu'il n'en parle pas, et qu'il ne cite, p. 096 , que la cassia latinonim de Guilandinus , sous la rubrique spartum triphyllon. Les Botanistes modernes n'ont point fait connoitre de quelle plante Prosper Alpin , ( Exot. , p. 40 ) f a. voulu parler. 80. HiEROCHLOE (torn. XIV, p. 47^ ) > hieTOchloa f genre de plantes etabli par Gmelin. Obs. II n'y a pas de genre de ce nom dans Gmelin , S. n. edit. xiii. Je ne le trouve que dans Palissot de Beauvais , Agroftographie , p. 62 , gen. 53. 81. Colli bes Chinois ( torn, vh , p. Z%?))^aletris chinensis. Obs. C'est aussi le Dracaena terminalis. Linn, (62) 82. Dragoneau de Medine , etc. ( torn, ix , p. 572)^ Larrey, qui a observe en Egypfe plusieurs de ces pre- tendus vers , afilrme que ce n'est que du tissu cellu- laire frappe demort, c'est-a-dire, le bourbillon d'un faroucle beuin , qui prend una forme cylindrique , par suite de I'operation qui tend a I'extlrper. La Filaire de Medine ( torn, xr , pag. 4^4)? quoique d'une existence plus que douteuse , teste dans le genre ntAIRE. Obs. II me paroit difficile de revoquer en doute I'exis- tence de la Filaire de M(5dine , puisqu'une foule de te- moins I'ont vue , et que plusieurs rapportent en avoir dte atteinls. Voyez Kaempfer f Amcejiit cxoticae , p. 534- Bruce : Koy. aux Sources du Nil, torn. J, p. 347 5 torn. Ill , p. 43 ; torn, v , p. 76. Diet. Sciences medicales , art. Dragonneau. d' Obsonville , Essais philosopk. , p. 48. Sajon^ Hist, de Cayenne , I. jj. 021. Je ne cite que quelques autorites principales, on pourroit facilement enaugraenter le nombre; et jusqu'a ce que I'on prouve par des faits que I'opinion des Na- turalistes sur le dragonneau est fausse , il faudra ad- mettre cet animal. 83. Pierre Borelli avoit signale quelque espece de sentiment ( torn, ii , p. 6 ) obscur , dans les fleurs de la centaurea jacea. Obs. Ce n'est point sur la centaurea jacea que Pierre Borel fit cette observation , mais bien sur la. jacea aro' matica , ainsi qu'il est aise de s'en assurer en recou- rant h. la page 99 de son ouvrage. 84. Lang { torn, xvix , p. 289 ) : quadrupede de la (63) CIijne,Jont quelques anciens voyageurs font mention y sans dire autre chose , sinon qu'il a les jambes de de- vant fort longues et celles de derriere fort courtes. Obs. II est facile , a cette description, de reconnoitre cette singiiliere espece de singe que Buffon a decrite sousle nom de grand et petit ^/'Z'^on^Zf goto lar, Linn. } Simia longimana , Erxleben ; langarm , MuUer. La description ne pent point convenir a la girafle, qui ne se trouve qu'en Afrique, tandis que les gibbons n'habitent que I'Asie. 85. Le Langouium littoreum ( torn, xvii , p. 291) Rumph. 4 ) tab. 19 , est le vitex negundo , Linn. Obs. Lamark ( Encycl. meth.botan., torn. 2, p. 612), regardele langodium littoreum Rumph.commele vitex paniculata : il s'y est decide par la comparaison d'echan- tillons rapportes par Sonnerat. 86. Les Turcs ( t. xviii, p. 33 ) font des tuyaux de pipes avec les branches de lilas, videes de leur moelle. Obs. N'y auroit-il pas erreur dans cette allegation ? Je serois tente de le croire d'apres ce que dit Forskahl ( Flor. Arab. , p. xvxii. , n.° 5 ). On cultive le jasmin commun^ dit-il , dans les jardiiis de Constantinople y k cause de sa tige que I'on soutient artificiellement , et dont on fait des tuyaux de pipes, qui sont d'autant plus estimes qu'ils sont plus longs. Quand ils sont impr^gnes d'huile de Tabac, ils sont plus doux et plus flexibles. Les branches de lilas sont rarement assez longues et assez egales pour ^tre employees k cet effet. 87. Hatri ( torn. XIV, p. 144 ) de Thevet ; c'est le schunda - panna des Malabares , ou caryota urens des Botanistes. Obs. Cet article , compart avec celui de 1'atri (torn. (^4) III, p. 123 ) , palmier du Brusil qui parolt etre une es- pece d'AvoYRA, JElais^ laisse des incertitudes. Jussieu ( Diet. Sc. nat., torn, i , p. 4^0) dit que 1'aib.i , ayrt, peut etre une espece d^Elais ou de Bactris. Lamarck ( Encycl. meth. botan. , tom. 2 , p. 58 ) regarde comme synonyme du cocos guineensis ^ Linn.} bactris minor. , Jacq. ; le palma americana epinosa y C. B. Pin. , pag. 6oj. VII , dont le rairi de Thevet et 1'ayri des Bresiliens est synonyme. Plukenet, Almag., p. 277, plant. 2 , tab. io3jf. i) Amaltli.) p. 164? plant. 2. regarde le hairi comme le cocos gulneensis. A la verite Adanson (Families naturelles , tom. 2 , p. 602, 1.^ colonne ) , sous la rubrique scliunda pana, {Hort. Mai. , tom. i, tab. 11), range I'ayri, Thevet , hairi , Tlicvet. Tous ces rapprochemens prouvent que les Naturalistes regardent I'hairi comme appartenant a la famille des palmiers ; mais qu'ils ne savent point positivement a qaiel genre ils doivent le rapporter ^ puisqu'Adanson en fait un caryota^ Jussieu, un Elais ou un bactris ; Lamarck , un cocos. J'avoue que la description incomplette , donnee par Thevet, ne peut gueres guider ; mais il me semble que les voyageurs , qui I'ont suivi , auroient pu retrouver I'avri , et le faire connoitre plus exactement. C'est au cocos guineensis qu'appartient cette epine dont parle Clusius ( Exot. , lib. 2 , cap. 6 ) , en de- crivant les fruits etrangers que lui envoyoit Garet, qui les avoit recus de la Guiane. 87. Une chenille ( tom. r , pag. 2S0 ) , celle de la NocTUEi-LE DE LA CARDERE , noctua dipsacea, Linn- p. 856 , n.° i85} vit dans Pinlerieur des tetes de cette ( (65) plante , et nuit souvent beaucoup aux produits de s% culture. Obs. La larve de la noctuelle de la cardi^re est polyphage; ellevitsurlacentauree, le plantain, le char- don a foulon, etc. ( Encyc, math, ent., torn. riii,p. 272, sp. io^), etnuUement dans Tinterieur des tetesdu char- don a bonnetier. ' En consultant mes observations entomologiques{ in- sereesdans le magasin encyclopedique , aoiit 1812), on s'assurera que la larve de I'interieur du chardon a bon- netier est celle de la pyrale de i.a card^re, Pyralis dipsacana. nob. On verra que tous les anciens natu- ralistes, et plusieurs modernes, ont parid du ver dana les tetes du chardon a bonnetier. Mouffet theat. , p. 256 , 257. Aldrov. de ins. , p. 272 , f. 5. Jonst. de ins. , p. i35, col. 2. u4ynien . act. ext. acad. paris. , torn, iv , p. 389. Reaiini. ins., torn, ir , p. 473, tab. 34, f • 4 j tab. 09 ) f. 7. 8. Bonnet, OEuvres, in-4-°j torn. i, obs. xix, p. 370-397. KiiJin, naturforsch. . 11 , Stuck. , p. 42-46. Encycl. meth. entom. , torn, v , p. 611-614. Extrait de Bonnet. Cette larve ne vit que dans I'interieur de la tete du chardon a bonnetier, oil elle devore la moelle qui y est renfermee. Tous les paysans , qui supposent a cette larve des propri^tes medicales merveilleuses , savent qu'on la trouve depuis le mois de septembre jusqu'au mois d'avril; :\ cette derniere ^poque , elle se file una coque de soie mince , sans sortir de sa demeure. Elle yeste quinze a vingt jours en chrysalide , devient insecte 5 (66) parfalt, qui s'echappe du canal medullaire par ime ou- verture que la larve avoit pieparee. La jolie pyrale qui en sort, est une pyrale a Crete, a deux palpes en spatule ; le corcelet gris est marque de deux points noirs , et les ailes bleuatres , piquetees de noir, presentent une bande de cettederniere couleur. II est tres probable que la presence de la larve dans la tete du cbardon a bonnetier , nuit aux produits de sa culture 5 mais il n'existe point de raoyens humains pour s'y oppose r. J^. B. Je n'ai pas pousse plus loin mes observations fiiir le N. D. H. N. ed. 2 5 je desire que celles que j'ai notees puissent tourner a I'avantage de la science. M. Degouvenain C iHfevrier iSiSj , an- nonce deux decouvertes dont il est I'autetir. L'une a poiir objet de faire connoitre , dans tous les cas ou cela sera juge necessaire^ si le porteur de litres , billets et eflets quelcon- ques en papier , en est le legitime possesseur. Cette decouverte , snr laquelle , d'apres une lettre de S. Exc. le mlnistre de I'interieur, descommissaires ont fait un rapport tres avan- tageux, presente une importance d'autant plus grande , qu'elle tend a conserver le cre- dit , et a tranquilliser tous les negocians. La seconde decouverte est relative a la fabrication du vinaigre, par un precede si facile a executer , que cliaque individu pourra sans difliculte se procurer cette liqueur , dont Tusage dans nos cuisines est si repandu. ( 6? ) C'est rendre un service important a I'liuma- nite , que de s'occuper de la bonne prepara- tion des substances dont use I'liorame pour soutenir sa vie, puisque sa sante depend de leur salubrite. M. MoREAU DE JoNNES, correspondaut a Paris, a envoye ( j^ fevrler iSiH ) des Ob- servations sur I'ouragan des Antilles , da 2,1 o dob re dernier. Cet ouragan eut lieu un mols apr^s I'e- quinoxe de septembre, et il preceda dequatre jours la pleine lune d'octobre j ce qui of'fre une anoinalie rare , dans les ouragans qui , depuis deux siecles , n'ont jamais exerce leurs ravages plus tard qu'au mois d'aout , excepte cependant en 1780 , ou il y eut un ouragan le looctobre. Dans celui dont il est question , le vent a passe du nord au sud par Test jusqu'au sud-ouest , mais n'a pas depassece dernier terme; ce fait fortifieune remarque de M. Moreau de Jonnes qui a observe que dans la mer des Antilles , les vents ne souftlent jamais de I'occident. L'ouragan du mois d'octobre dernier ne dependroit - il pas de la debacle des glaces du p61e ? C'est une question que propose M. Moreau de Jonnes. M. Petitot, statuaire , correspondant ^ (63 ) Paris , a envoy^ un superbe morceau de scul- pture representant la mort de Pindare. Cast un groupe en platre d'une belle execution et qui rappelle les beaux temps de I'art. A sa derni^re seance publlque, I'Academie avoit propose pour sujet de prix une question de medecine. Huit memoires ont ete adresses a I'Acade- mie. La Commission chargee deles examiner a trouve dansle plus grand nombre des recher- clies d'erudition tres savantes , un historique bien trace des travaux relatifs a la maladie proposee; plusieurs des concurrens se sont livres a une theorie de cabinet qui n'etoit point ce que deraandoit I'Academie; d'autres ont expose des calculs tr^s citrieux sur la frequence de la maladie , etc. j mais Je ne dois point anticiper sur le rapport qui sera fait dans cette seance. Depuis sa derniere seance publique , I'Aca- demie a fait des pertes dans la personne de MM.HoiN , Antoine CAntoineJj Maulbon- d'Arbaumont et Durey de Noinville. Claude HoiN naquita Dijon le 5 juin 17505 11 etoit un des fils de Jean-Jacques Hoin , cliirurgien distingue , pensionnaire de cette Academic, associe de I'Academie royale de cbirurgie de Paris. Son gout Pentraina de bonne lieure dans la carrlcre des beaux-arts : ses talens pour le portrait et la miniature lui lirent accorder par Monsieur , aujourd'hui Louis XVIII^ le litre de peintre de S. A. R. A I'epoque dela revolution , M. PIoin revint dans sa patrie : il fut nomme conservateur du Musee de notre ville. II donna k ceteta- blissement un arrangement plus convenable a raison desonnouvel accroissement. L' Aca- demic de Dijon I'avoit associd, des 1776, k ses travaux j il en etoit le plus ancien raembre resident, lorsqu'ilsuccombalei6 juillet 1817. Cet artiste reussissoit sur-tout dans le pastel et la gouache j il a laisse un cabinet precieux de tableaux originaux. M. Antoine ( Antoine) , associe non-re- sident, naquit k Auxonne le 22, aout i744« II se livra de bonne heure a I'architecture , et fit partie du corps des ingenieurs des ponts et chaussees jusques au commencement de la revolution, epoque i laquelle il le quitta, dans I'intention de se livrer exclusivement k ses gouts pour I'etude ; il fut nomme juge de paix du canton de Dijon extra muros , et s'acquitta de sesfonctions k la satisfaction de tous ses concitoyens. II a public sur la navigation plusieurs ou- vrages. M. Antoike ecriyoitfort bien , et il (70 savolt manier avec adresse Tarme de la plai- santerle. Concentre dans le seln de sa f'amille, il coulolt des jours heureux, lorsque la inert est venue le frapper en niai dernier. Jean -Nicolas Maulbon - d'Arbaumokt , Juge honoraire au Tribunal de i /^ instance de Dijon , est raort le 3o juin 1818. Sa vie laborieuse fut consacree a I'etude des lois J il se delassoit de ses fatigues dans le sein d'une f'amille dont il I'aisoit le bonlieur , comme elle contribuoit au sien. II se livroit a des recherches naathematiques et physiques, dont il faisoit un amusement j il aimoit sur- tout a verifier les experiences delicates. C'est ce qui I'amena a confirmer una decouverte bien etonnante. On salt qu'il existe dans certains vinaigres, des animalcules appeles improprement An- guilles du vinaigre, vibrio aceti , Mull. Le corps alonge de ces animalcules , laisse aperce voir dans son interieur, parlesecours du microscope , une rangee d'ceufs. Si avec un canif on partage I'animalcule en deux , les oeufs s'ecliappent du corps, augmentent rapi- dementde volume, et laissent aperce voir dans leur coque un embryon qui croxt tres rapide- ment , perce I'enveloppe et nage dans le fluide. Cette observation f'aite d'abord par Leuwe- (70 noeck, a ete repetee par le confrere que nous regrettons , et la complaisance, qu'il mettoit a coininuni([uer le resultat de ses re- cherclies , a donne a I'lin d'entre nous la fa- cilite de repeter , avec un succes complet , une experience aussi extraordinaire. M. A/phonse- Louis-Bernard Durey-de- NoiNviLLE, lieutenant-general des armees du Roi , est mort k Paris le 20 mai dernier , age de 82 ans. Cet of'ficler superieur , raembre honoraire de i'Acadeinie de Dijon , depuis le 2 juillet 1769, etoit le fils de M. Joseph DuREY, marquis du Terrail (1) et de M.'"® deCRUSSOL d'Uses, qui avoient fonde en 1766 un prix annuel de 4oo I'r. pour un sujet au clioix de I'Academie. La distribution s'eii estfaite regulierement , jusqu'en 1792. Mais en 1793 la suppression de toutes les corpo- rations savantes decretee par laConvention, fit entrer dans le domaine de I'Etat les fonds de cette fondation , qui , ainsi que tous les autres , n'ont point ete retahlis. M. DUREY-DE-NOINVILLB fit tOUtCS IcS campagnes pendant la guerre de sept ans j ilsuivit constammentle prince deConde avec (0 Son eloge a ^te prononce en 1770 par le docwur Maret. ( 7^ ) lequel il rentra en France , et fut iiomra6 Cominandeurdel'ordre royal de Saint-Louis. Parmi ces pertes auxcjuelles I'Academie a ^te tres sensible , il faut mettre en premiere ligne, celle de son auguste protecteur, Louis- Joseph DE Bourbon , prince de Cokde , mort le i3 mai 1818. Les resiets de I'Acadeinie ont ete adoucis par la reponse autograplie de S. A. S. Mg"". le due de Bourbon , a la lettre de condo- leance qu'elle lul avoit adressee, pour prier S. A. S. de succeder au Prince son pere dans le protectorat. L'Academie a adjoint a ses travaux comma membres correspondans 5 M. Cesar Moreau, eleve vice-consul de France en Angleterre , a Londres ( ix noveiii- bre iSiy.J L'activite de ce correspondant tient I'Academie au courant de toutes les nou- veautes dans les sciences et dans les arts , qui paroissent a Londres. M. MoREAu DE JoNNES , 3. Parls C x6 no- vembre i8ij J dont les travaux sont bien connus des naturalistes. M. Edward Dodwell , ^ Londres ( 14 Janvier 2818 J , qui s'occupe de la publica- tion d'un voyage en Grece , curieux par MAIftlE DE DIJON. Repouse autooraphe de S. A S. le Due de Bourbon , d la Itttre de condoleance que AI. le ^aire de Dijon avoit adresse'e d ce Prince au nam de la villc. « Paris, ce 26 mai 1818. — C'est avec la plu» « vive sen.>-ibiliie , Monsieur, que j'ai recu votre « lettre qui m'ex])riiiie d'une m.tniere si toucViiiiue «c les regreis qii'eprouvem les habitans de la bonne cc villp de Dijoii de la perte irreparable que je viens « de faire de tnon venerable pere. Ses sentiinens « pour eiix et'iient depuis long-ilus mal- *c iieurenx des^peres et des fils, c'est ce| endaiit une « coiiijolation douce 4 inon coeur a breuve d'a mer- I « tume, d'avoir, dans cette triste occasion, b '<>'<™« « prier de temoigner a vos bons et fidelles habji'^'/Js « de toutps les classes , nia reconnoissance et I'in- « terSt que je ne cesserai de prendre , tant que j'exis- «< terai , a leur bonlieur , ainsi qu'au -vAtre person- « sonnelleineni , Monsieur. Je suis votre veritable et « affectionn^ ami. et Signs L.-H.-J. DE BOURBON. » Pour copie conforrae : Le Maire de Dijon , Sign6 Theodore Morelet. ACADEMIE DES SCIENCES, ARTS ST BEI.1ES-1.ETTRES DE Dijon. Copie de la reponse autographe de Mgr. le due de Bourbon , a la lettre que M. le secretaire de I' Academic a e'crite au nam de cette Compagnie ^ d S. A. S. « Paris ce 26 mni 1818. I « J'elois bien sAr, Monsieur, des regrets qij« or r Academic de Flon epronveroi't de la perte cruelle « que je viens de faire du meilleur des peres j je « suis tr6s reconnoissant de I'lnt^ret qu'elle me te- cc nioigne dans cette triste circonst ince , et le sujet tc du prix qu'elle a choisi pour 1819 fait honnenraux « sentiiueiis qu'elle sait si bien exprimer. J'»ccep'e « avec plaisir le litre qu'ellf me pro|)Ose , bien cer- o tain de ne pouvoir remplacer sou venerable Pro- « tPcleur que par nion zele pour tout ce qui pourra « eire utile ou agrijable k 1' Academic : fn assuq^nt tc les membrei qui lacomposent dp mon affection pbur cc eux , croyez , Monsieur , a celle que je voue ai cc vouee personnelleiueiit. a Signti L. H. J. DE BOURBON. » Pour ron:.» r.onf .r.nr (73) les reclicrclies auxquelles s'est llvre raiiteuf. MM. F. J. Pettigrew, R. Collyer , O/int/ius GRicOKY C%8 Janvier i8i8j raembres de lasociete philosophlque de Londres , avec laquelle I'Acaderaie de Dijon est en corres- pondance directe. M. CoiNDET, D. M. C iSfdvrler iSiS) a Gen8ve , I'un des redacteurs de la biblio- tlieque universelle. M. Arnaud aine^ D. M. au Puy ^i." avril iSi8. ) M. J. A. Deluc , a Geneve ( 7.^juin. 2818 J auteur de I'ouvrage intitule : Passage des Alpes , par Annibal. M. Richard Poweli, , membre du Col- lege royal de medecine, vice-president de la societe des arts , etc. ( i8 mai 1818. ) M. John Christian Curwen , member of Parliament, President de la societe d'agricul- ture de Workington , vice-president de la societe des atts , etc. ( i8 mai 1818. ) M. Z%o^;z jusqu'a Tepoque de sa restau ration le 29 juin i8o3; par M. Gosseaume, Docteur-Mede- cin , membre et archiviste de I'Academie. 3 v. in-8°. 28. Traduction de I'Eneide en vers et en prose , de M. MoLLEVAUT. 29. Precis liistorique et analytique desPragmatiques, Concordats, Declaration , Constitution, et autres actes relatifs a la discipline de I'Eglise en France , depuis St. Louis jusqu'a Louis XVIII ; par Gabriel Pjcignot, Paris, 1817. In-8.° , i56 pages. 00. Essai d'Hvsiene niilitaire des Antilles: Observa- tions sur la fievre jaune , avec des tables necrologiques; Precis topographique et geologique sur la Martinique: par IVI. MoREAU DE JoKNES. 3 1 . Histoire du Velay , par M. Arnaud aine , Doc- teur-Medecin. Au Puy , 1816. 2 vol. in-S." 32. Liste des Membres de la Societe philosophique de Londres. 33. Reglement de cette Society. 34. An Oration , delivered at the anniversary of the philosophical Society of London June 12 , 1817. By Qllnthus Gregory. London 1817. In-8.° 36 pag. 35. An Oration delivered at the anniversary of the Philosophical Society of London, november 22 nd , »8i5; before his royal highness tbe Duke of Kent, and the officers and members of the institution. By W. B. CotLYER. London i8i6. In-8.°, vii et 34 pages. 36. Sonie account of the lives and vsrritings of Lope (8o) Fsttx DE Vega Carpio, and Guillen de Castro by Henry Richard, lord Holland. London, 1817. in-8.° 2 V. 37. Rapport sur les troupeaux Merinos de M. le Comte de Polignac, dans le departement du Calvados, fait a. la Societe Royale d' Agriculture et du Commerce de Caen. 38. Monumens des Arts a Dijon ; par M. Giiiavlt. 39. Liste desMembres de la Societe d'Agriculture ds Londres. 40. Catalogue des Ouvrages relatifs a la navigation, publics en Angleterre. 4i. Description et gravure d'un nouveau mode d'at- telage invente en Angleterre. 42. Catalogue des instrumens de Physique et de Chi- mie, confectionnes par Guillaume Harris, dansle ma- gasin duquel on peut les trouver. 43. A practical and historical treatise on consumptive diseases deduced from original observations and col- lected from authors of all ages j By Thomas Young. London 181 5. 44- Notation musicale en general et en particulier de celle du syst^nie grec; par M. de la Salette. Paris, 1817. In-8°. 3i pages. 45. Notice des Seances tenues par I'Academie des Sciences , Belles-Lettres et Arts de Besancon , des a5 aoAt 1817 et 28 Janvier 1818. In-8°, 78 pages. 46. Notice sur lesMarbres du departement delaC6te- d'Or et des environs. In-8.°, 6 pages. 47. Liste des Membres de la Societe royale de Londres pour i8i8, et celle des Membres de la Societe des anticjuaires de Londres pour 1817. ( 8i ) 48. Carte polaire ; tracee par le capltalne Jean Ross , commandant une partle de I'expedition pour le pole- nord. 49. Le Jubile acaderalque, ou la 5o/ annee d'line asso- ciation litteiaire, epitre k M. Dumas, Secretaire de i'Academie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, liie k la seance extraordinaire de I'Academie francaise , du mardi 3 fevrier 1818 : par M. le Comte Francois de Neufchateau. Lyon, 1818. i5 pages. 50. Tableau de la distribution des Prix par la Societe pour I'encouragement des arts et manufactures de Londres , le 27 mai 1817. 5 1 . Programme des Prix proposes pour 1818 , par la jiieme Societe. 52. Discours prononce, le 27 mars 1817 , par Arthur AiKiN , a la seance de la distribution annuelle des prix et recompenses par S. A. R. le Due de Sussex, president. 53. Memoire surl'Instructionpublique,dedie aux pa- rens Chretiens ; par Jean Couturier , Professeur au Lvcee de Dijon : seconde edition revue et augmentee par Tauteur. Dijon , 1818. In-8.° , 75 pages. 54- Compte rendu des travaux de I'Academie royale des Sciences , Belles-Lettres et Arts de Lyon, pendant I'annee 1817 ; par M. J. A. Dumas, president ; la dans la seance publique du 28 aout de la meme annee, Lyon , 1818. In-8.° , 47 P^g* 55. An account of the mode of draining land according to the system practised, by M. Joseph Elkingtoi*; se- cond edition , corrected and enlarged. Drawn up for the consideration of the Board of agriculture , by John Johnstone , land-surveyor, London , 1801 , 8.° fig. ( 82 ) 56. Rapport fait a laSociete royale et ceiitrale d'Agri- culture , par M. Francois de Neufchateau , sur I'agricultiire et la civilisation du banc de la Roche , suivi de pieces justificatives , seance publique du 29 mars 1818. Paris , 1818. ^1-8." , 4^ pages. 57. Transactions of the Society instituted at London j for the encouragement of arts , manufactures and com- merce with the premium offered in the year 1817. vol. XXXV. London , 1818. Iii-8.° , fig. 58. Programme des concoiirs proposes par la Societe royale et centrale d'Agriculture , pour la culture de la pomnie de terre , la preparation et I'emploi de ses produits. 5c). Programme de la seance publique du Dimanche 29 mars 1818 , et des Prix proposes et distribues par la Societe royale et centrale d'Agriculture, presidence de M. Tessier. 60. Programme d'un Prix propose par la Societe royale et centrale d'Agriculture , pour Tannee 1820, sur le crapaud des betes a cornes et k laine. 6 1 . Avis aux Cultivateurs sur la maniere de multiplier la pomme de terre par le secours de ses graines , public au nom de la Societe royale et centrale d'Agriculture. 62. Rapport fliit a laSociete royale et centrale d'Agri- culture, dans sa seance publique du i3 avril 1817, sur le concours pour des observations de medecine vete- rinaire-pratique ; par Messieurs Desplas , Girard f Tessier , Yvart et Huzaru , rapporteurs ; suivi du programme sur ce concours. Paris , 1S17. In-8.° , 3o pages. 63. Expose d'un moyen mis en pratique pourempecher la vigne de couler et hater la maturite du raisin j par (83) M. L AMBRY, pepinieriste a Mandres , canton de Boissy -Saint -Leger , departement de Seine et Oise. Seconde edition. Paris, mars, 1818. 02 pages , avec vine planclie. 64. Note sur la culture et les usages du Pin laricio de Corse , Finns laricio. Lam. Encycl. do. The code of agriculture including observations on gardens, orcliards , voods , an plantations, by the right honorable sir John Sinclair , Bart, founder of the Board of agriculture. London , 1817. In-8.° , fig. au fr>ntlspice duquel est une suscription tr^s flatteuse de )a part de I'auteur. 66. Annual report of the royal humane society for the recovery of parsons apparently drowned or dead 1818. London , in-8.° , fig. 67.]\Ielangeslitteiaires, philologiques etbibllographi- ques , contenant des recherches sur I'otymologie des noms propres dans les premiers temps de la Monar- chic , etc. ; sur I'origine connue de quelques mots de la langue francaise avant la revolution ; sur les langues, et particuli^rement sur les ouvrages polyglottes , avec I'Oraison dominicale et quelques mots rendus en un grand nombre de langues ; sur la disposition de I'ecri- ture chez les differens peuples; sur les langues celtique et gauloise 5 sur les differentes editions de Part de veri- fier les dales , etc. , etc. : Par Gabriel Peignot , pro- viscur du College royal de Dijon, membre des Acade- mies de Besancon , Paris , Dijon , etc. j etc. Paris ,1818. Li-8.° , 167 pages , tir^ k i5o exemplaires. ■68. Histoire du passage des Alpes par Annibal, dans laquelle on determine, d'une manidre precise , la route de ce g''^ncral depuis Carthagene jusqu'au Tesin jd'aprej (84) la narration de Polybe, comparee aux reclierches faite* sur les lieux ; suivie d'lin examen critique de I'opiniort de Tite-Live et de celle de quelques auteiirs modernes. Par J. A. Deluc , fils de feu G. A. Deluc , membre de la Societe de Physique et d'Histoire naturelle de Geneve , et de la Societe helvetique des Sciences na- turelles ; avec una carte. Geneve, i8«8. In-8°. , 3o3 pages. 69. Avis aux Peres et Meres sur la Vaccine , ou re- sultat des vaccinations pratiquees 5 par M"". F. M. Remond , Medecin du depAt de mendicite du depar- tement de la C6te-d'0r , ex-Chlrurgien interne des hfipitaux des veneriens et de la Charite de Paris , etc. Dijon, 1818. Iii-8.° , 24 pages- 70.Recueil deMonumens antiques, la plupart Inedits et decouverts dans I'ancienne Gaule ; ouvrage enrichi de cartes et planches en taille douce , qui pent faire suite aux recueils du comte de Cayhis et de la Sauva- g^re ; dedie a S. A. R. Mg'. le Prince hereditaire de Baviere , par Grivaud de la. Vinceele , membre de plusieurs Academies. Tom. i. Paris , 1817, et Atlas de 4o planches. In-4.° 71 . Reflexions sur un Memoire du Docteur Marcoz , insere Bibl. univ. , Sciences et Arts, 1817 , decembre. Tom. VI, p. 337 et suiv. Par M. Vali-ot , Doct. M. In -8.° , 16 pages. 72. Annales de I'Agriculture francaise (1), par MM, Tessier et Bosc. In-8.° (1) Dans le cahier du 28 fevricr 1818, p. aSi , M. Desma- zieres , en parlant de I'influence du Vinettier ( Berberis vulga- ris ) sur la production de la rouille des cdreales , designe a. tort (85) yS. Journal des Proprietaires ruraux pour le midi de ^a France ; redige pardes membres de la Societe royale d'Agriculture de Toulouse. In-8.° 74- Memoires d'Agriculture , d'economie rurale et domesticjue ; publit's par la Societe royale et ceulrale d'Agriculture. Annee 1817. Paris, 1817. 75. Itineraire descriptif, ou Description routiere , geo- graphique , historisque et pittoresque de la France et de I'ltalie. ...... Region du sud-est. Routes de Paris a Geneve Paris , 1817. In-S." , avec une carte ....Region du sud-ouest ; routes de Paris a Bordeaux. Paris , 1818. In-8.° , avec une carte. Par M. Vatsse, inspecteur des postes. 76. Suite des Controverses m^dicales , par G. Gas- TEI.LIER. Paris, 1818. In-8.° , 56 pages. 77. A Catalogue of the uiacLines, models and other articles in the repository of the Society instituted fort the encouraaement of Arts , Manufactures and Com- merce , etc. London, i8i4- In-8.°, 24 pages. 78. List of the members of the royal Academy of Arts in London 5 1818. 79. Premium offered by the Board of Agriculture for 1818. 1819 , in-8.° , 9 pages. ce champignon par le nom iWredo segetum. UUredo Segetum est le cliarbon ( Uredo Carbo , Dec. Fl. I'r. , toin. 5, p. 76 , n. 6i5 ), et la rouille des cereales est V Uredo rubigo vera. Dec. FI. fr. , torn. 5 , pag. 83, n. 623.'' Ces deux champignons parasites sont trcs diffcrens. Le charbon ou la niclle attaque les glumes et en- suite les ovaires , tandisque la rouille des agriculteurs nait sur la face superieure , sur la gaine des f'euilles ou sur la tige des graminees, et principalemeut du fVoineiit. Ceitc derniere est r (lit-on , produite par riulluence du Yincttiur. ( ?^^ ) 80. On the use of salt for agricultural purpose by the ric,ht hoiiorable sir John Sinclair , Baronet. 81. Rules and orders of the Society instituted at London , for the encouragement of Arts, Manufactures and Commerce. London, i8i5. In-8.° , 4^ pages. 82. A catalogue of the Books, maps , prints , dra- wings.... belowing ditto Society.... by John Robinson. London, i8o4' In-8.° , 72 pages. 83. A continuation q'l precedent catalogue London, i8i3 j 12 pages. 84. Rapport sur la collection de pommes de terre..... lu i la Societe d'Agriculture et des Arts de Seine et Oise. In-fol. 3i pages. M. le marqnis de CoaRTiVRON, membre honoraire, lit I'eloge historique de la Reine de Prusse. II peint cette princesse , dans les dl verses circonstances ou elle s'est trouvee, toiijoiirs grande, ton jours courageuse. Ilrappelle que I'estime dont elle a joui , et I'inter^t qu'elle a inspire, venoient autant desqualites person- nelles qui la distinguoient , que des malheurs qu'elle a essuyesj etl'auteur finit en la pro- posant corame un modele de tendresse con- jugale, etun exemple d'amour maternel. Les sentimens de religion dont cette princesse etoit penetree, lui ont aide a supporter la dou- loureuse maladie , h. laquelle elleasucconibe en laissant sa famllle dans ime desolation profonde , que le temps seul aura le pouvoir do diiainuer. M. GiRAULT, anclen maglstrat , a la pa- role , et lit le morceau suivant. Parmi lesepoqiies interessantes d'une ville, on. doit sans doute placer les jours ou elle aetehonoreede la presence desesSouverains: nous avons dirige quelques recherclies sur ce point, et nous avons successivement fait part a I'Academie de ce que nous avions decou- vert sur les entrees solennelles des Rois et des Reines de France a Dijon , depuis la prise de possession de cette ville par Louis XI , jus- qu'a la conquete de la Franclie-Comte par Louis XIV , ]e dernier de nos Rois qiii ait ete recu dans la capitale de la Bourgogne. De ces dlverses relations , 1' Acaderaie a re- serve pour la seance publique, celle du sejour de Henri IV en cette ville pendant tout le mois dejuin 1595, biencertaine que tout ce qui a rapport k ce bon Roi saura toujours interesser les Francais. HENRI IV A DIJON, Pendant le mois de juin 1 SgS. La solennelle abjuration de Henri IV avolt ramene en son obeissance la plus gvandc ( 88 ) partle des provinces cle la France j cepen- dant la Bourgogne tenoit tovijours pour le parti de laligue, etcelan'etoit pas etonnant 5 frontiere d'un pays soumis a I'Espagne qui fournissoit des secours a la ligue , elle etoit encore sous le gouvernement particulier du due de Mayenne , principal clief de cette faction. On voyoit alors en Bourgogne deux par- lemens : Fun deraeure fidele au Roi de France, retire d'abord k Flavigny et qui se transfera ensuite a Semur j I'autre devoue au parti de la ligue , et continuant de sieger a Dijon ; tons deux cassantrespectivementleurs arrets et decernant des contraintes contre ceux qui declinoient leur juridiction. — Le comte de Tavannes etoitlieutenant-generalpourleRoi enBourgognejle vicomte son frerey comman- doit en la meme qualite pour le due de Mayenne : ces deux freres , cliacun a la tete des soldats de leur parti , ne clierchoient qii'k se surprendre et a se combattre , ne s'occu- poient qu'a liarceler les paysans ou a forcer quelques cMteaux -.cenxd' Argilly, Salniaise et Mirebeau etoient au pouvoir des ligueurs ; ceux de Flavigny , Corcelles et Vergy etoient restes fideles auRoi; les royalistes f'u- rent forces d'evacuer Z)//;^^/we^ Longecourt €t Sallves , mals ils reprlrent aux ligueurs J\Iontbard etSaulieu :\es villes cle Semiir et Saint- Jean- de-Laone perslsterent dans la bonne cause j Dijon et Seurre tinrent forte- mentavi particle la X\^(i\Beaunee\.Auxonne etoient comprimees par leurs garnisons j le maire Laverne et le capitaine Gault , pour avoir tente de remettre Dijon en I'obeissance de Henri IV , porterent leurs tetes sur tin. echaiaud: les campagnes desolees, ravagees, les paysans rangonnes, les voyageurs deva- lises , les liabitans emprisonnes soit par I'un ou par I'autre parti, les Fran(jais armes , sans cesse aux prises les uns contre les autres ; tel flit I'etat de la Bourgogne sous le gou- vernement du due de Mayenne. Son lieutenant a Dijon etoit le vicomte de Tavannes : les vexations que ce dernier exergoit sur les Kabitans produisit nn eff'et tout contraire a celiii qu'il en attendoit j deja la section du Parleinent qui avoit tenu, et meine avec clialeur le parti de la ligue , ne craignoit pas de publier que la cause, qui I'avoit einpeclie de reconnoitre Henri IV pour Roi, avoit cesse d'exister, et parloit d'envoyer des conimissaires au mareclial de Biron , qui apres s'etre empare de Beaune et de Nuits , etoit venu jusque sous les niurs de ( 90 ) DlJon, et s'etoit etabli an faubourg Saint- Pierre , dont la porte etoit la seule qui lut restee a la disposition des habitans. Apres plusieurs conl'erfencesqui n'avoient fait que perdre un temps precieux , le Con- seiller Breunot, prit sur lui d'introduire le mareclial dans la ville : celul-ci y entra le 28 mai i595acinqheuresdusolr : il etoit temps, car le vicomte de Tavannes avoit fait entrer au Chateau , par la porte de secours , tin renfort considerable de soldats contre les- quels le raalre Fleutelot etoit aux prises dans la rue Saint-Jean : le mareclial y accourt de suite en s'ecriant : a mot , noblesse ; a moi mes amis ; on lui repond par des crls de VIVE LE Roi ; 11 se fait gulder vers la place Saint-Jean, par le cliemln le plus court, franclilt les barricades , tombe sur les soldats de la ligue et les repousse j usque dans la Tour du Mlroir dont lis s'etoient fait un poste avance dans la ville : au meme instant six cents liommes de renfort entrent tambour battant par la porte Saint-Pierre , et mar- chent au lieudu combat; le vicomte prend I'e- pouvante,abandonnelaTour du Mlroir pour se retirer au Chateau , ne s'y crolt pas meme encore en surete, et pendant la nuit 11 court se renfermer dans la citadellc de Talant. (9^ ) Le mareclial s'empressa de rendre compte ail Roi de cet heureiix evenement , priaiit S. M. de venir I'alder a prendre les forts de Dijon et deTalant : Henri IV etoit a Troyes lorsqn'il rc^ut ces depeclies ; sa sagaclte hii fit deviner ce dont le due de Biron ne I'in- fbrmoit pas , que le connetable de Castille , qui venoit de forcer Tremblecourt d'evacuer la Haute-Saone , pourroit bien marcher sur Dijon alind'y retablir les affaires du due de Mayenne ; ce Monarque sentit qu'il n'avoit pas un moment a perdre pour le devancer 5 il fit partir de suite le comte de Tliorigny a la tete de 900 hommes de cavalerie j lui- meme se rendit promptement en Bourgogne, et le 3 juin arriva a I'abbaye de Saint-Seine ou les deputes des corps furent admis a, le complimenter. Le lendcmain , dimanclie 4 juin 1595, vers dix lieures du matin , Henri IV entra a Dijon , a clieval , par la porte Saint-Pierre, aux acclamations de tons les liabitans , ayant a sa drolte le mareclial de Biron , et ^ sa gauche le maire de la ville , suivi d'un grand norabre de chevaliers do ses ordres et des principaux habitans ; le clerge qui etoit alia le recevoir a la porte de la ville , en habits de clioeur , le conduisit processlonnellcment ( 90 a la Salute - Chapelle , ou S. M, entendit la messe fort clevotement , adora la croix, baisa la paix , recita tout haut le confiteor y decla- rant aux assistans sa ferme volonte de vivre et de mourlr dans la religion catliollque , apostoliqiieetroraaine, qu'onle conkoitroit PAR LES EFFETS, DiEU AIDANT, Qu'lL VOULOIT TOUT ENTRETENIR ET MAINTENIR EN PAIX. En sortant de cette eglise , ce Prince se rendit au Logis du Roi , on des appartemens lui avoient ete prepares , salua aff'ectueuse- ment tous les habitans et principalement les dames , permit a tout le monde d'assister a son diner j on remarqua que ce jour-la , ce chef de la branche royale des Bourbons etoit vetii d'un pourpointde futaine blanche perce aux deux coudes. Apres son repas , S. M. se rendit en I'ap- partement du marechal de Biron qui logeoit chez le president Fremyot derriere Notre- Dame , pour lui demandcr , ainsi qu'il le lui avoit promis, la moitie de son lit (i) sur le- quel il dormit jusqu'a quatre lieures : alors (i) II n'y a pas plus d'un siecle, ditSt. Foix iv-109, qu'il etoit d'usage de retenir son ami a couclier avec soi ; et ce qu'il y a de singulier , c'est que la purete du lit conjugal ne s'elTarouchoit point de J'approclie d'un ( 93 ) il monta h clieval , accompagne de deux seigneurs de sa Cour , et suivi de quelquea arquebuslers, pour aller reconnoitre les de- hors du Chateau de Dijon et les approches de celui de Talant : il descendit aux Char- treux, et s'y occupa des inoyens d'intercepter toute communication entre ces deux forte- resses. — Infbrme le meme Jour que le due de Mayenne , qui s'etoit retire enFranche- Comte , s'etoit reuni a Gray au connetable de Castille , et qu'iis venoient d'y passer la Saonesnr desponts; Henri IV resokxt d'aller arreter I'Espagnol dans sa marche , pour donner le temps aux troupes franc^aises d'ar- river ; des le meme soir il expedia ses ordres, assigna k tons pour rendez-vous le chateau de Lux : un de ses billets nous a ete conserve, il estremarquable par son extreme concision, il etoit adresse au marechal de Fervaques en son chateau de Grancey , et portoit : Fer- vaques, A CHEVAL J l'eNNEMI APPROCHE , J*AI BESOIN UE ton BRAS. TON AMI ; HENRI. Le lendemain , lundi 5 juin i5g5 , des les etranger : Louis XIII alloit souvent coiicher avec le Connetable de Luynes , et quoique amoureux de la duchesse , il s'endormoit tranquilleniant sur le meme cLevet, (94) cinq lieiires du matin, Henri IV etoit a I'of- fice des matines dans les stalles de la Sainte- Chapelle , et prioit avec la plus ^rande f'er- venr : en sortant de cette egllse, il se rendlt , suivi d'un seul valet de cliainbre, aulogisdu niaireFJeutelot, pour avoir les clefs de la villej la vieille servante du maire qui ne connois- soit pas le Roi , lui repondit d'un air grognard : JMonsieur dort , il a ete sur pied toute la nuit et je ne peux pas le reveiller. Henri lui replique avec bonte , eh bien, ma bonne, ALLEZ SEULEMENT LUI DIRE QU'lL FAUT SUR- XE-CHAMP AVOIR LESCLEFSDES PORTES. Nou- veaux refusauxquels cette fille ajouta j quand ce seroitpour le Roi y je ne le reveiUerois pas . — Or, donc , lui dit ?Ienri , vas lui dire QUE c'est le Roi qui le deaiande et qui te PARLE. — Fleutelot, que ce colloque avoit reveille, s'habille a la hate , ac ourt avec les clefs , s'excuse et demande grace pour les propos de sadotncstique; cette mepriseamusa beaucoup le bon Henri. Asixheuresdu matin le Monarque sortit, par laporte Saint-Nicolas, suivi de 3oo arque- busiers et d' environ 4° gentilsliommes j sa troupe se grossit en chemin de tons ceux auxquels il avoit assignerendez-vous sur cette (95) route , et vers tine heMreapres-mldi, il arriva pres de Fontaine-Fran^aise. Les circonstances de ce combat, celebre dans les fastes de Henri le grand, sont detail- lees dans lerecit que nous avons lu k 1' Acade- mic en 181 3 J nous nous born eronsseulement a rappeller que dans cette demi-journee , Henri IV remporta I'honneur de la plus brlllante victoire et de la plus belle retraite dent les annales de son regne nous aient conserve le souvenir. Le sur-lendemain de cette memorable jour- nee , le mercredi 7 juin 1595, vers dix lieures du matin , Henri IV rentre en triompha- teur a Dijon : son premier acte fut *\e se rendrealaSainte-Chapelle ou il fit chanter un Tc Deum d'actlons de graces pour le succes do ses arraes ; une procession solemnelle fut ordonnee pour le diraanclie suivant j elle eut lieu a Dijon et a Paris le jour indique j celle de Dijon eut I'honneur d'y voir le Monarque victorieux rendant graces de ses triomphes du Dieu des armees. Ce prince continua de rester en cette ville pour y travailler a la pacification de la Bour- gogne et principalement k. la reduction des cliateaux de Dijon et dc Talant , dont le si^ge se contlnuoit ayec activlte : le canon (9^ ) du cliateau ne cessoit de tonner sur la ville j aux somraations qui leur etoient faites , les assleges repondoient par des decliarges d'ar- tlllerie j une , entre autres , fit tomber un pan de la galerie de plerre au-dessus de la salle des gardes du logis du Roi , palals que Henri IV habitoit ; ce Monarque se rend le 12 juin aux Chartreux pour parlementer an sujet de la reddition de Talant , et le can on de cette cltadelle tire sur ce monastere j le lendemain le Roi va se baigner dans I'Ou- clie et les canonnades du cliateau de Dijon I'y poursuivent : enfin ce chateau est battu k son tour depuis les tours Saint-Nicolas et la Tremouille , par les canons qu'Henri IV avoit fait venir de Langres j le 16 juin la garnison de ce fort capitule conditionnelle- raent, et le 3o juin , S. M. entre en vainqueur dans les deux citadelles. Pendant les operations et les travaux de ces sieges, Henri IV s'occupoit de la reor- ganisation des Cours. La section royaliste du Parlement qui s'etoit transferee a Seraur , fut rappelee a Dijon , et y rentra le 19 juin, aux acclamations generales : elle etoit com- posee de MM. Fremyoi et Bourgeois , pre- sidens; des conseillers ^/7 yeux que ceux de Semur 7 (9n AIENT PARMI VOUS LE PREMIER RANG, EW SICNE DE EEURS SERVICES : JE LE VEUX ; ILS ONT SUIVI MA rORTUNE. CeUX DE DiJON m'oNT declare incapable DE REGNER COMME HERETIQUE , c'eST UN MECHANT ARRET QU'lL TAUT BiFEER. II le fut 611 effct par le mlnlstere cles conseillers Brietj, Berbisey , Bernardon et Ocquidam. Le 21 juin , le Roi vouliit lui-meine assister a I'election du maire , mals sans entendre porter aucune atteinte aux privileges de la ville , se contentant de remettre aux liabitans uneliste des echevins qu'il desiroit voir nom- mesj Ben. Fremyot, qui avoit preside la sec- tion du parleraent de Semur , I'ut elu vicomte Ma'ieur , le roi gouta I'ort cette nomination et s'einpressa de la confirmer. Le college Godran fut ferme , les jesuites renvoyes , le P. Gentil leur recteur, banni pour I'ardeur trop outrce (i) qu'ils avoient deployee en faveur du parti de la ligue : il fut donne a ces peres une escorte pour les con- duire jusqu'a Dole. (i) Un paysan d'Etevaux , homme simple , mais de bon sens , assistant par hazard iun sermon que prechoit a la Sainte Chapelle le P. Christophe , et entendant ce Jesuite se repandre en invectiyes centre Henri IV qu'il ( 99 ) Le Rol recut kDljon le serment de Henri cle Montinorenci en qualitd de connetable de France, et pronon^a la mise en liberte de la prIncessedeConde : Ala soUicitationdu presi- dent de Montholon , S. M. fit grace a Etienne Bernard , et lui accorda meme assez de con- fiance pour le charger de ramener Marseille en son obeissance, mission delicate de laquelle Bernard s'acquitta parfaitement. Henri s'at- tacha le president Jeannin qui , de conselller intirae du due de Mayenne , devlnt Tami et le plus fidele ministre du meilleur des R.ois. - — Ce bon prince nededaigna pas de mettre lul-meme le feu a \a.folli^re de la veille de ^la Saint- Jean, au milieu d'une foule de peu- ple que la presence de son Roi a cette anti- que ceremonie remplissoit d'amour et de jole J ILveque de Clidlon , Cyrus de Thyard , dissuadolt Henri IV de se hazarder au milieu de tant de sens de differentes humeurs ; mais ce prince, dontla plus pure jouissance etoit appeloit heretique , relaps , s'amusant avec sa Ga- brielle , etc. , etc. , I'interrompit par cette apostrophe : Tu ferois mieux de prScher ton Evangile , que de de- clamer con-tre ton Roi. On mit de suite en prison le trop veridiciue campagnard qui ne recouvra sa liberttt qu'a I'arriv^e de Henri IV i Dijon% ( lOO ) de se trouver au milieu de son peuple, repondit auprelat, mon p^re , vous n'avez PAS TROUVE SUJET TROPRE A VOS OREILLES. — Quelques jours apres , il se rendit au pavilion du jeu de4'arquebuse pour y tirer le coup d'honneur de I'oiseau de privi- lege ; il prenoit beaucoup de plaisir aux cavalcades et aux divertissemens de la Mere folle qui se donnoit ample carriere sur les ligueurs. Le 27 juin, le Roi donna une seconde au- dience aux Cours du Parlement et Cliambre des comptes : il repondit h. la harangue du Parlement : Je vous ai coimmis ma justice , AVISEZ a EA RENDRE A LA DECHARGE DE MA conscience , ET AU SOUEAGEMENT DE MES PEUPLES 5 VOUS ME TROUVEREZ BON" MAITRE TANT QUE VOUS SEREZ BONS ET FIDELES SER''- viTEURS. Il dit k la Cliambre des comptes : ALLEZ , ET GARDEZ BIEN DE VOUS EQUIVOQUER EN coMPTANT , plaisantcric dont chacun ne put s'empecher de rire tout liaut. Le 2. juillet i5^5 , Henri IV assista reli- oieusement k la procession de la Sainte- Hostie, ^laquelle se trouvt^rent les religieux des dil'ferens ordres , le clerge des sept pa- roisses, les aumoniers de S. M. , les chanoines des collegiales. ( 101 ) Le Roi vetu d'un grand manteau de satin noir, par-dessus lequel etoit le collier de I'ordre du Saint-Esprit , marclioit sous un poele porte parquatre desechevins : — Sui- volent le connetable, le chancelier, les grands oliiciers de la couronne , les chevaliers du Saint-Esprit portant sur leurs nianteaux, le collier de cet ordre j le mareclial de Biron gouverneur de la province ; les Cours de Parlement et Chambre des comptes ; les of- ficiers du bailliage et autres juridictions ; le corps municipal; les archers du Corps, bor- dant la haie et fennant la marclie. — Tel fut I'ordre dans lequel cette procession se rendit en I'eglise Notre-Dame, puis a celle de Saint- Michel , et rentra a la Sainte-Chapelle ou la messe fut celebree par I'eveque de Langres : apres roffice , Henri IV , par veneration pour cette Hostie miraculeuse, voulut lui f'aire toucher son anneau etsa croixdu Saint- Esprit. LeojuilletjHENRiIVpartitpourlaFranche- Cointe , ou il avoit lait passer 25,ooo homines de ses troupes ; il revint ii Dijon le neuf'du in^me mois , y resta jusqu'au i3 qu'il en sortit I'apres-midi pour aller coucher a Au- xonne , accompagne des ditcs d'Elboeuf, de ( 102 ) Guise , de Montmorencl , et le lendemaln il entra dans la Franche-Comte. Henri IV se plaisoit beaucoup en Bour- gogne; ce fat dans cette province , a Arnay- le-Duc, le 27 juin i5jo , qu'il fit ses pre- mieres amies et remporta sa premiere vic- toire : mes premiers exploits d'armes, di- soit ce Prince , sont a Arnay-le-Duc oir IE s'agissoit de vaincre ou d'etre pris ; MAIS RECOMMANDANT A DiEU LE SUCCES DE CETTE JOURNEE , IE EA RENDIT HEUREUSE. Ce fut dans la m^me province que vingt- cinq ans apres , le meme Prince combattit en personne pour la dernierefoiset remporta saplusbrillante, sa plus importantevictoire : PARTOUT AiEEEURS , ecrivoit ce Monarque a sa sceur , j'ai combattu pour ea gloire, MAIS A FoNTAINE-FrANQAISE j'aI COlMBATTtr pour ea vie. Henri aimoit a se rappeler ces deuxepoquesremarquables desa carriere militaire ; il aimoit a retrouver ses anciens compagnons d'armes dans la province qui fut le theatre de leurs exploits et des siens : tels furent les sentlmens que manifesta ce Monarque , lorsqu'il revint en Bourgogne dans le mois de septembre i6o5 : Henri IV aimoit les Bourguignons , et les liabitans de cette province , detrompes des erreurs de la ( io3 ) ligue , rivalisolent d'aff'ectlon pour le meil- leur des Rois. M. Peignot a lu des fVaginens d'uii md~ moire sur la somptuosite des Romains dans leurs triomphes , leurs spectacles j leurs bdti- mens y leurs rep as y leur arneublement , elc. etc. Ces fragmens regardoient particuliere- ment les theatres, les batimens et les repas. Les details sur la maffullicencedes spectacles out parucurieux etinteressans ; M. Peignot a passe en revue les theatres de Scaurus , de Curion , de Pompee, deCornelius-Balbus, de Marcellus, etc. ; il a parle des frais imnienses que leur construction a entralnes, eta donne la description non seulement de ces vastes <5dliices , mais des principaux Jeux que Ton. y a celebres. Passant au luxe des Romains dans leurs batimens , luxe qui a commence peu avant Sylla, M. Peignot a fait con- noitre les edifices somptueux des Crassus , des Catulus, des LucuUus, des Clodius , les proprietes de Ciceron , les jardins delicieux de Salluste, le palais d'or de Neron, les sallcs d'Heliogabale , etc. , etc. Quant aux repas, M. Peignot a detaille les profusions inouies que le luxe de la table a occasionnees cliei^ les Romains. Apres avoir parle des mets les ( io4 ) plus recherclies, et classeles vins solt d'ltalie, solt tie la Grece , auxquels on donnoit la preierence , il a presente les scandaleuses depenses que , pour assouvlr leur gourman- dise et leur voracite , ont f'altes les Apicius , les Sylla , les LucuUus , les Esopus , les Cesar , les Antoine et Cleopatre , les Caligula, les Neron , les Vitellius , les Domitien , les Lucius- Verus , les Geta , les Heliogabale, etc. M. Peignot n'a pas neglige , dans le cours de son memoire , de rapporter au franc ac- tuel, toutes les sommes exprimees en talens , draclimes et sesterces , d'apres un memoire particulier qu'il a prepare sur le rapport des monnoies anciennes au franc. M. Couturier , Professeur , lit I'Ode sul- vante. ODE Sur la mort du Prince de Conde. Quelle morne douleur , comme un sombre nuage Se repand sur Dijon , en ce funeste jour ! Conde s'eteint. La mortj que bravoit son courage, L'enleve k notre amour, 11 n'est plus ce heros que I'arbitre celeste Voulut montrer long-temps illustre et malheureux : Tout perit ici bas 5 comptez ce qui nous reste De ce sang genereux. ( io5 ) Que (lls-je? tout pevit ! Non, ce coeur magnanlme , Au milieu des hazards defiant le trdpas , Cent fois a consacre cette auguste maxime : La vertu ne meurt pas. CoNDE vivra toujours au temple de la Gloire , Dans le sacre parvis des Princes et des Rois j L'univers k jamais gardera la memoirs De ses nobles exploits. Mais que lui serviroit la trisle renommee , Et I'imniortalite que donncnt les mortels ? II voit se dissiper en trop vaine fumee L'encens de leurs autels. Ah! qu'un objet plus grand attire sa grande ame j La terre n'a plus rien de reel a ses yeux ; L'ardente charite , sur ses alles de ilammej Le porte dans les Cieux. Je I'y vois , ce guerrier , ce chretien qui pardonne A la haine en fureur ses plus douloureux traits; II goute au sein du Dieu que la gloire environne ) Une eternelle paix. D'Enghien , le digne objet de sa vive tendresse ^ A ses embrassemens est rendu pour toujours; Rien ne pent desormais de leur saiute alegresse Interrompre le cours. Princes , qui reposcz dans le bonheur supreme f Consolez de Bourbon I'ineffable douleur; Que la divine paix sur un autre vous-meme Hepande sa douceur. ( io6 ) Voyez Louise en pleurs offrir le sacrifice D'un coeur toujoius soiimis aux volontes du Clel; De ses tremblantes mains retirez le calice Dont elle a bu le fiel. Tourne aussi tes regards sur ta cliere province , Et ranime , 6 Conde , ses esprits abattus; Pais que tons ses enfans de leur auguste Prince Imitent les vertus. N. B. Le temps, destine a la seance, ayant ete rempli par les lectures precedentes , n'a pas permis de lire I'article suivant. Cette notice, redigee sur la demande de plusieurs de mes coUegues , avoit ete destinee a une seance particuliere ( ly jiun i8iS ) ; mais I'Academie, apres en avoir entendu la lecture, a pense que le sujet, malgre son peu d'iinportance , presenteroit au moins I'interet du moment. II s'agit d'un instru- ment que la mode a mis entre les mains de tout le monde, et qui est d'ailleurs re- marquable par les el'fets surprenans qu'il produit. L'assemblee me pardonnera de di- riger son attention sur un objet qui n'offre qu'une simple recreation ; elle se rappellera que les jouets de I'enf'ance out quelquefbis ( 107 ) conduit a des resultats qui intoressent essen- tiellement la science et meme Ic bicn-etre de riionime. C'est avec des bulles de savon que le premier desph-ysiciens m.odernes,NE\VTo:N', a confirme sa belle theorie de la coloration des corps 5 c'est avec un cerf-volant que I'il- lustre Franklin nous a enseigne I'art de conduire et de maitriser la f'oudre. Je dois prevenir que j'ai puise dans notre ' correspondance d'Angleterre tous les rensei- gnemens dont j'avois besoin pour ma redac- tion ; i'ai ecarte avec soin tout ce qui auroit pris une forme trop scientifiqne , et toutefois I'ensemble que j'ai I'honneur d'ofirir sur I'histoire et les effets Avi Kaleidoscope y peut etre regarde comme suffisamraent complet. L'j nom qu'il porte est I'assemblage des trois mots grecs , kalos ( beaii ) eidos (forme) skopco (je vois) , en sorte qu'il signilie lit- teralement,/V vois de belles figures. On lui a cherche encore d'autres etymologies j la prccedente est seule naturelle. Sa construction est bien facile. Qu'onjoigne deux petits miroirs rectaisgulaires, de verre oumieuxde metal, par un de leurs longs cotes, de maniere K leur faire former un angle plus ou moins ouvert ; qu'on les encliasse dans un tuyau de carton ou de cuivrc ; qu'on ( loS) fermel'extremite destinee k etre appliqueo centre I'oeil par un verre plan, et I'autre ex- tremite avec deux verres egalement plans , le premier interieur et ordinaire , le second exterieur et depoli ; qu'on place enfin dans I'intervalle que laissent cesderniers,des frag- mens de mousse , des cristaux diversenient colores, de petites figures ou d'autres objets, quels qu'ils soient, et Tappareil sera aclieve. II n'est pas inolns aise d'en concevoir les eff'ets. Si Ton suppose , pour fixer les idees, que Tangle des deux glaces soit contenu un nombre exact de fois dans 4 angles droits, le champ du Kaleidoscope presentera I'appa- rence d'un cercle divise par des rayons dans le ineme nombre de parties egales , et clia- cune offrira une image des objets places entre les deux glaces. Theoriquement parlant , il peut exister deux fois plus d'iraages que de divisions 5 mais si le nombre de ces dernieres est pair, la seconde moitie des images coin- cide exactement avec la premiere, et rien ne peut troublerla nettete et la distinction des contours. Si au ccntraire le nombre des di- visions est impair, il y auroit telle situation de I'ceil et des objets qui feroit apercevoir dans les angles les plus eloignes de celui des rairoirs , line ou deux images de plus , et le ( 109 ) mSnie effet poui'roit se manlfester, quoiqne avec plus de difficulte dans les autres angles. Toutefois ce redoublement d'imases etant produit par des reflexions plus multipliees , n'apporteroit que des apparences foibles , lors ineme que Toeil seroit dans una situation propre a les distinguer ; mais comme elles peuvent alterer la nettete des images primi- tives, il est bon de bannir la division en nom- bre impair. Si Tangle des deux glaces n'est pas une aliqiiote de quatre angles droits, il y a ne- cessairement un peu de confusion ; au reste les lois de la catoptrique sont si simples et cet instrument est si peu complique,qu'il de- vient facile a toutes 1 espersonnes qui possedent les premiers elemens delageometrie,de fixer, pour tous les cas possibles , le nombre , la position et le degre de distinction des ima- ges. L'esprit eprouve une esp^ce de charme h prevoir ainsi les effets par leurs causes, et a retrouver dans I'experience la realisation de ce qu'il avoit devine. L'on sait que I'image de I'objet repete par une glace est exactement egale et semblable a cet objet,maisqu'elle se trouve dans une po- sition differente , tr^s bien caracterisee par le motsjmeirigue.Celte circonstance contribue ( no ) beaucoup k la beaute cles dessins of'ferts par le Kaleidoscope. Ce palais qui ravit notre admiration , ce visage qui nous enchante, ne seroient plus que des objets choquans , si, perdant leur symctrie , leurs deux parties venoient a prendre la menie position. II resulte de ce qui precede, que dans le Kaleidoscope les deux images les plus voi- sines des objets sont dans une position sy- raetrlque et vues par une reflexion ; les deux images suivantes dans une situation directe et vues par deux reflexions , et ainsi de suite. On conQoit que si Tangle des deux glaces est trop aigu , les dernieres images etant aper- (^ues par un trop grand nombre de reflexions, peuvent devenir obscures et meme invisibles. On salt, en effet, qu'une portion seulement de la lumiere qui tombe sur un miroir est reflecliie , et que son intensite depend de I'inclinaison du f'aisceau lumineux et du pou- voir reflecliissant du miroir. La clarte des images dolt done s'af'f oiblir a mesure qu'elles sont produites parun plus grand nombre de reflexions , et il seroit difficile d'assijiner la limite precise ou elles cessent d'etre visibles, parce qu'elle depend de I'cspece de verre employe. Je dois ajouter cependant que les ( 111 ) mirolrs metalllques possedent , sons ce rap- port, une grande superiorite. Oil devine , sans qu'il solt besoin d'en avertir , que le verre depoli est destine k laisscr entrer la lumlere , et a empeclier en menie temps qii'on puisse apercevoir les objets exterieurs ; mais il est necessaire de dire que rintervalle qui le separe de I'autre verre doit etre le plus petit possible , et que ce dernier doit s'appuyer immediatement centre les glaces ; autreuient les images per- droient la regularite de leur arrangement, et ce defaut s'accrolt avec la distance des petits objets aux extremites des miroirs. CependantM.5i{£Ar^r£ii,celebrephysicien anglais , qui a recu une patente d'inventeur du KalSldoscopc , est parvenu , par un ar- tifice tres simple , a lui f'aire representer et multiplier les objets exterieurs. II substitue au verre depoli une lentille d'un court foyer, et rend mobile le tuyau qui la porte. Cette lentille doune derriere elle une image des objets exterieurs, qu'on fait tomber en ti- rant plus ou moins le tuyau , sur le plan ou reposent les deux glaces. Par ce moyen , les feu il les des arbres , I'eclat des lleurs, I'email des prairies , le inouvement des eaux , tons les tableaux de la nature viennent se multi- ( i^O pller et fournlr de nouvelles delices a la vue. On peut encore rendre mobile une des glaces autbur de I'arete qui lui est commune avec sa compagne , et laire ainsi varier son inclinaison depuis le plus petit angle jusqu'a Tangle droit j on a alors I'avantage de mul- tiplier les images a volonte. Ce perfection- njement , dont I'idee se presente d'elle-meme, a ete aiissi donne par M. Breifster, et des artistes frangais out invente divers moyens de I'executer. La quantite de desslns dilferens que peut offrir un Kaleidoscope , renfermant une vingtaine de petits objets , est prodigieuse^ On a dit qu'en en examinant dix par mi- nute, il faudrolt plusieurs centaines de mil- liards d'annees pour les passer tous en revue ( 469,309,800,960 ) : un semblable resultat ne sauroit ^tonner que les personnes qui ne sont pas familieres avec les calculs de com- binaisons. II sembleroit bien plus extraordi- naire encore, si ceux qui I'ont obtenu avoient opere plus rigoureixsement. On n'a eu egard, en effet, qu'au nombre d'arrangemens dif'fe- rens que pourroient prendre ces vingt objets i-anges en ligne droite; mais si Ton considere qu'ils peuvent se placer sur plusieurs lignes. ( ii3 ) et que cliacun d'eux peut prendre toutes les inclinaisons possibles, le nombre des vanetes devient pour ainsi dire inlini, et les chif- fres ne suffisent plus pour I'exprimer. Le Kaleidoscope appartient-il reellement a M. Brewter? Est-on fonde \x. le lui dis- puter f Telle est la question qui me reste a examiner. J'ai eu recours pour la resoudre , aux au- teurs originaux j Je donnerai une traduction exacte de leurs propres paroles , la conclu- sion se presentera d'elle-meme ensulte. Dans un livre intitule : tc J. B. Portce «c Neapolitani , Magics naturalis libri vi- « genti » dont la premiere edition a paru a Naples en i558; on trouve ce passage : ( liv, 17 , ch. 2. ) « On forme un mlrolr,nomme Poljphaton. « (multiplicateur), qui fait voir en s'ouvrant cc et se fermant, vin^t images ou davantase ce d'vm seul objet. Vous le construisez ainsi : cc Elevez perpendiculairement sur la meme « base deux miroirs rectangulaires de verre c- ou de metal , dont la longueur soit une cc fois et demle la largeur , ou dans une autre « proportion quelconque ; assemblez-les par -> imprinie pour la premiere fois a Rome en 1646 , dit ce qui suit : cc II existe , dans I'assemblage de deux mi- ce roirs joints de fagon a s'ouvrir et se ferrner cc comme un livre , une propriete admirable «c qui n'a encore ete remarquee parpersonne cc que je sache. Si on les pose perpendiculai- cc rement sur un plan, sur lequel est trace cc un demi-cercle divise en degres , et que cc I'une des extremites des cotes , par lesquels « ils sont joints, coincide avec le centre de ct ce cercle Side plus, les cotes qui cc touclient le plan , interceptent un angle cc de 120*^, on verra deux images de I'objet cc place entre eux , qui jointes a I'objet lui- meme , f'ormeront trois images Mais si cc les miroirs forment un angle droit , le « plan du cercle semblera divise en quatre « parties et cliacune offrira une image de t^ Tobjet Si les cotes des mlrolrs inter- « cejitent tin angle cle 72*^ , on verra naitre « un pentagone regulier qui presentera cinq « images de I'objet et ainsi de suite a « I'infini ; en sorte que le poligone produit cc aura autant de cotes , et fera voir autant cc d'imagesquel'arcintercepte parlesmiroirs, cc est contenu de f'ois dans la circonf'erence. Le P. KiRCHER place d'abord dans sama- cliineunet§tede dragon quilancedesllarnmes: « les spectateurs , dit-il, qui verront la mul- « tiplication de ces t^tes , tandis qu'on leur « cachera le mouvement des miroirs , seront » Un des evenemens les plus reraarquables du regne de Philippe-Aiiguste est le Concile assemble dans le der- nier mois du XII. ^ siecle, en I'eglise de I'abbaye de St. Beiiigne de Dijon. Le service divin suspendu , le teniporel des eglises saisi , les eveques et les cures chasses at bannis , le tiers du revenu des biens confisqiie , les impAts excessive- nient accrus, des exactions de tout genre autorisees , le rappel des juifs qui n'etoient pas alors pour les peu- ples , dit le veridique Mezerai ( III-170 ) un moindre fleau que la peste et la famine , toute la France pen- dant sept mois dans les angoisses , le deuil et les larmes j (0 Dans la stance du 5 aoAt 1B18 , I'Academie a delibere que ce morceau , qui interesse riiistoire de France ct specialemcnt celle de la ville de Dijon , seroit imprime en entier a la suite da compte rendu de ses travaux. (134) telles I'urent, cle ce Concile, lesdeplorables suites et let tristes effets (i). La cause en etoit la repudiation d'Ingelburge de Da- ncmarck. que Philippe- Augusta avoit fait prononcer,afiri depouvoir epouser Agnes de Meranie : Ingelburge, dit I'archeveque de Rlieims qui avoit beni son niariage , ( Z)r. dii Rad. 11-429 ) aussi belle qu'Heiene , et d'uu port aussi noble que Polixene , sage comtne Rebecca et chaste coinrne Suzanne , joignoit a la devotion d'Ahne la prudence de Sara : Monemus , ecrivoit le Pape In- nocent III au roi de France , ut praedictam reginam ( QUAM EX PJLURIUIVI TESTIMONIO , QUIBUS EST RELI- GIONIS ET DIGNITATIS RATIONE CREDENDUM , MIRAE SANCTITATIS ET HONESTATIS AUDIVIMUS ESSE ) reti-^ neas in gratia conjugali. Epis. Innoc. Ill, I-gS. Comment se fit-il que Philippe -Auguste se fut de- goute d'une princesse aussi accomplie, des la premiere iiuit de ses noces? On n'en a jamais bien su la raison ; les uns I'altribuent a un defaut secret dans le physique de la reine 5 les autres a des charmes magiques et au pouvoir de la sorcellerie ; quoi qu'il en soit , Philippe relegua sa nouvelle epouse a I'abbaye de Cisoin , pr6s de Lille , et cessa de la voir. II fit prononcer la nullite de son niariage, et trois ans apres il passa i de secondes noces avec Agnes de Meranie. (i) Pendant pres de huit mois que dura cette excommunica- tion , dit Saintfoix , les eglises furent fermees , on ne disoit plus ni messes ni vepres , on ne se marioit point, les oeuvrcs Ju nia- riage etoient meme illicites ; il n'etoit permis a personne de couclier avec sa iemme parce que le Roi ne vouloit plus coiitlicr avec la sienne , et la generation ordinaire dut nianquer en France cette annee-la. Essi. hist- surPariSj torn. II— iSj. ( i35 ) • Ce fut contre cette secon Je alliance, sur laquelle le pape Celestin avoit bien voiilu fermer les yeux, que s'eleva le pape Innocent III son siiccesseur , et il convoqua , pour le 6 decembre 1 199 , un concile national a Dijon. La presidence en fut deleguee a Pierre de Capoue > cardinal, legat du Saint- Siege. Kenaud de Forets y archeveque de Lyon j Guillaume de Champagne , car- dinal de Ste .-Sabine, archeveque de Rheims ; Aymard, archeveque de Vienne ; Arnedee de Tramelay, arche- veque deBesancon, y assisterent, avecdix-huit eveques dont I'liistoire ne nous a fait connoitre ni les nonis ni les sieges : les abbes de Saint- Denis de Paris, de St.- Remy de Rheims, de Cluny , de Vezelay , un grand nombre d'autres abbes ou prieurs en faisoient partie. Les seances de cette assemblee s'ouvrirent le jour de St. Nicolas , au mois de decembre 1 199 j dans la basi- lique de St. Benigne. La haute influence de ce Concile sur la France ne dut point etre ressentie en Bourgogne , qui etoit alors gou- vernee par ses dues , souverains particuliers de cette province ; c'est sans doute par cette raison qu'aucun des historiens particuliers du duche de Bourgogne , St.- Julien de Baleurre, Paradin , Duchesne, Gaultherot , Fyot , Courtepee et autres , n'ont fait aucune mention de ce Concile. On auroit dii s'attendre a. en trouver les details dans la volumineuse histoire de Dom Plancher , qui n'est pas avare de tout ce qui concerne son con- vent; certes , I'assemblee d'un Concile devoit raarquer dans les annales de son monastere , et cependant il a garde le meme silence. Nous en sommes done reJuits a consulter sur ce (x36) Concile les liistorlens gen^raux de la France. Parrni ceux qui sout contemporains , en premier ordre , est RlGORD , historien du regne de Philippe-Auguste , le J)reiiiier qxii ait eu le titre d'historlographe de France; RiGORD dont Phistoire , au dire d'un savant acaderai- clen (i ) , fat en tres grande estime de son temps , la inieux ecrite de toutes celles qui nous restent de ce siecle , la plus AetnilUe , la plus exacte , c»lle qu'on doit preferer a toute autre pour les trente premieres an- ji^es du regne de Philippe-Auguste. Voici dans quels termes cat historien s'exprlme : iiQo. Eodem anno , mense decembri , in festo S. Jsicolai , convocatum est Concilium apud Divionem , a Petro praedicto cardinali , omnium episcoporum , ahhatum et priorum totius regni. Sed quia contra resrem Franciae et regnum ipsius sub interdicto ponere moliebatur , a nunciis regis ad romanam sedem est appellatum. Tamen ipse cardinalis appellationi non deferens , in eoderi loco astantibus Eprscopis dni- VERsis , sententiam protulit^ Sed usque jcjc dies post Nativitatem Domini non esse publicandam praeoepit. Transactis verb xx diehus d Nativitate , tota terra Regis Francorum interdicto subjacuit. ( Duchesne , Hist. JV. V. 43). D'aprfes ce texte , deux choses sont constantes : 1° Que ce Concile fut assemble a Dijon : apuo JDlVIONEM, 2.° Que ce fut a Dijon , in eodem x.oco , en pre- sence de tous los Peres du Concile , astantibus: (i) Lacurne ?le Sainfe Palaye, ^carf. inscr. mim. f. Xii, p. %i, i'i. ( i37 ) zpzscopis VNiVERSis , que fut decretee la raise en interdit du royaume. Aussi tous les historiens de France, Paul Eniile, Nic Gilles , Dutiilet, Mezerai , Daniel, Veliy, Henaut , Dreux du Radier , etc. , etc. , ne parlent-ils que du Concile de Dijon. Guillaume Le Breton , autre historien contemporain et continuateur de Rigord , parle de ce Contile en ces termes j Petrus Capuanus , apostolicae sedis legatus , con.' vocato Concilio apiid Divionem , oppidum AUobro- gum , totum regnum Franciae interdixit , pro eo quod rex uxorem suarn non exhibebat et superinductam tenebat ; et hoc factum fuit in festo S. Nicolai } sed executio sententicie dilata fuit usque post natalenif et non multo post Philippus rex misit solemnes nuncios ad Papam. ( Duchesne , loco cit, ) Suivant ce recit, il est done egalement constant que ce lut dans le Concile de Dijon que fut portee la sen- tence d'interdit sur le royaume de France 5 nous re- marquerons cependant que cet annaliste appelle Dijon Tille des Allobroges , qualification qui ne sauroit con- venir qu'a Vienne qui en etoit la metropole 5 et nous conviendrons qu'entre les mots z>i riQy£M et Vxen' NAM f il y a bien pu avoir quelque meprise de copiste. Mais Rigord, mais Vincent de Beauvais , ujais les au- tres chroniques n'ont pas fait cette meprise et se sont expliques clairement sur le lieu ou ce Concile fut assemble. Si I'on admettoit que les termes de Guil- laume Le Breton doivent s'applitpier a Vienne, il fau- dioit accorder aussi que jamais ce Concile n'a ete con- ( i38 ) Toqiie ni assemble a Dijon, ce qui seroit en opposition raanifeste avec ce qii'ont dit les autres contemporaius : or , comme I'on ne sauroit recuser leur temoignage , il faut done considerer I'epithete donnee a Dijon par Guillaume, comnie une faute de geographie ou de co- piste; faute evidente qui a cependant ete constamraent repetee par Sponde dans son Abrege des Annalcs de Baronius. Vincent de Beauvais , autre historien contemporain j puisqu'il mourut en 1 264 ; Duchesne en son Histoire des Papes } Paris, i6/\5 , in-fol. ; Datticbi en son Histoire des Cardinaux } Paris, i653, in-fol., ne nomment que Dijon pour lieu du Concile de ii99> N. Vignier, qui ecrivoit vers le milieu du xvi.^ sie- cle , dans sa Chronique des Affaires de Bourgogne ( Basileae, 1575 , in-4-° )» mentionne ce Concile en ces termes : CiimPhilippus Francorumrcx , repudiatd con- jitge, quae Daniae regis soror erat, etaliani superindu- scisset , DivioNE Concilium episcoporum, ed de causa, hoc anno iig<) habitum est , Petro Capuensi , Papae legato y praeside , cujus decreto , toti Franciae sacris interdictum fuit dferiis luminarium usque ad kalendas augusti. Adeo ut sit in quibusdam annalibus memoriae proditum , toto eo tempore in tabulis et actis publicis Franciae subscribi solitumfuisse : regnante Ciiristo, cum antea fVnw.wvo, scriberetur. Dans tous ces auteurs et autres que nous avons com- pulses (1) , il n'est toujours question que de la ville de (i) La chronique de Saint Medard de Soissons qui se tennine en 1239 ( Spicileg- d'Acheri ) ; Celle de I'abbaye de Senone qui finit en i25o ( Ibid. Spicileg.) (139) Dijon pour lieu des seances de ce Concile , qui attira tant da niaiix sur la malliemeiise rrance. Qui pourroit done balancer ou contredirc tant et de si graves autorites ? Una seiile piece qui a vu le jour pour la premiere fois en 1657, iniprimee dans la nouvelle bib'.iotlieque des manuscrits dont le P. Labbe fut editeur : et il est digne de reniarque que dans toutes les collections de conciles imprimees anterieurement a la publication du recueil du P. Labbe , on ne fait mention que du con- cile de Dijon , tandis que dans les recueils de conciles et actes publies posterieurenient, on trouve la legonin- sereevol. i/"" fol. 295 des Mss. que le P. Labbe amis au jour. Odoric Raynaldi en est une preuve evidente , il dit : Celle de Tabbaye de Cluni ( T/iesaur. anecdot. 111-1387. ) Cells de Saint Alhin d' Angers, ( nou. bill, manuscr. Labbei 375 ) , egalciiient contemporaine. Celle de Robert de Mont, a la suite de celle de Sigebert, fi- nissant en 1210 ( Script, germ. ) Le grand Bullaire remain ( Romaa 17^2 in-fol. xii vol. ) D'Auteuil , dans son hist, des Min. d'Etat , 1667 in 12 , ii I'arr. du cardinal de Champagne , I'un des pcrcs de ce concile, n'en disent pa.s un seul mot. Nous aurions desire pouvoir consultcr la chroniqne de Saint Marian d'Auxerre , qui se terminc a I'an 1200 , celle d'Aiberic qui se continue jusqu'k 124.1 ; mais ces ouvrages n'ont pas cite a notrc disposition; ilsncsontpas dans les bibliothuques publiques de Dijon , Besan^on , ni Lyon , oii MM. Weisse et Delandinc , 6avnns conservateins de ces depots , ont bien voulu , a iiotre CoUicitation , iairo des rcchercbes qui nous ont etc tres utiles. ( Mo ) Cotit. Annal. Baronii , Romae 1646 , in-fol. 36. Petrus sedis apostolicae Lega- tU5, cardinalis S. Mariae in via lata , qui non din post dimis- sus c custodid Ditjone oppi- vo BvRGVND- coegitEpiscopo- rum conuentum in quo Philippi Re^^is sacris interdixitpropterea quod Ingeburgae justae iixori, Mariam superduxerat filiam Ducis Meraniae» Annal. eccles. Roinse 1667 , in-fol. toin. 1. Addunt acta Legatum Vtno- NE concilium, coegisse , ut eccle- siasticd severitate insanis irre- titum amoribus Gallorum regent peicelleret. Eum verb cum tutb ill P/iilippi. ditione tanlam rem. agitari non possepertiinesceret, ViENNAM se contulisse, iNSic- TOQUE ALIO coNciLio inter- dicti sententia Gallias percu- lisse. Suivant ce que Raynaldi imprime en 1646, dix ans avfint la collection publiee par le P. Labbe , il ne fliit mention que de Dijon pour siege de ce concile 5 d'apres ce que ce meme auteur ecrit en 1667, dijc ans apres la publication du recueil du P. Labbe, il parle d'une translation de ce concile a Vienne r Cetle variation dans le meme auteur est frappante : suivant sa derniere version, cene seroit pas du concile de Dijon , mais d'un autre concile , convoque a Vienne ^ que seroient parties les foudres lancees sur Pliilippe- Auguste et son royaume ; alors les historiens du xiii. siecle nous en auroient impose ; I'historiographe avoue du regne de Philippe-Auguste se seroit mepris ; nous ue devons cependant pas le decider ainsi sans examen. Deux bourguignons se sont autrefois occupes de ce sujet : Paul DuMAY , conselUer au parlement , dans snn recueil intitule : Innocentii iii , Pontif, Max. Epistolae cum lucub ratio nib us. Paris 1625, in-8.° , a di^ parler de ce concile tenu dans sa patrie^ nous n'a- ( Ml ) Vonspu lious en procurer un exemplaire, ni le falre Cotl* suiter ; il n'existe pas dans les biblioth^ques publiqueft tie Dijon , Besancon , ni Lyon. Jean BouHiER , a'ieul du celebfe president de ce nom, avoit compose I'histoire du divorce de Philippe-Augustei avec la reine Ingelburge et I'avoit appuyee de pieces justificatives {Fontette , 28,439) = ce Mss. etoit con- serve dans la riche bibliotheque de son petit-fils ; mal" lieiireusement ce precieux dep6t, acliete en 1781 par I'abbaye de Clairvaux, reste dans des caisses jusqii'i la revolution , ayant passe de ce monast^re au chef-lieu du departement de l'Aube,est perdu pour une province sur I'histoire de laquelle il renfermoit tant de monumens interessans. II nous a done fallu recommencer le travail auquel s^etoient livres dans leurs heures de loisir ces deux res* pectables magistrats ; et nous nous soninies fait la ques- tion que le dernier n'a certainement pas manque de se faire : Pourquoi jnsqu'en 1657 , n'y a-t-il eu qu'une opinion sur le lieu des seances du concile de decembre 11995 et pourquoi depuiscette epoque I'opinion est-elle changee? quelle confiance merite done le passage snr lequel cette dernifere opinion est appuyee ? Ce texte est ainsi concu : Anno MCC. Conciliumapud DtrtONEiainecclesid istd convocatum estd D. Petro CapuensiS. Mariae in. 1)10. latd diacono cardinali apostolic ae sedis legato : et inter f uerunt ibi LugdunenseS) Rhemenses, Bisuntinen- seset Viennenses Archiepiscopi et cum eis jcviii epis- copi,etahbatescluniacenses,vezeliacenses, S. Remigii Rhemens.fS. Dyonis. Parisiens.etaliiqudmpluresqua" ( H^ ) rum. ntitnerutii nott e±pressiinus. Et duravii concilium d festo S, Nicolaif quod est mense decenihri usque ad ri dies, Jusques-la cet anteur est en Karmonie aVec tous les autres ; mais il en differe quand il ajoute } Post paucos verd dies, praedictus Cardinalis aPDH VtEflNASM FAKTICULARE REVOCAVIT CONCILIUM f ubi pTomulgavit sententiam , d I). Papa Innocente da* tarn , in omni terra quae suhjacet et obedit liegi Frari' corum : itd quod in ecclesiis nullum celebraretur offi' cium divinum , praeter baptisma pueroruni et paeniten- tiam mortuuruin , et duravit interdictum apud jyos f d tertid die post purijlc. B.M. usque in vigilid exaU tationis S. Crucis. Le P. Labbe dit avoir tire ce fragment d'une cliro* Jiique de Saint-Benigne , intitulee : Excerpta ex cliro- nico Mss. S. Benigni Divionensis , adscripto in margine f ad Cyclos Paschales j contenant trois pages in-foliO) mentionnees fol. 3o dii Conspectus historicornnt JBurgundiae , de Philib. de la Mare, et dans Fontette , n.° 12,352 : I'on s'est empresse d'y ajouter foi , parce qu'oii a annonce ce texte comnie emane d'un temoin oculaire , et produit par un aiitiquaire savant j d'apres lequel il n'etoit pas meme permis de doxiter. Tres certainement nous respectons les hautes Connois- sances , I'etendue du savolr , la grande reputation du P. Labbe, et nous reiidons toute justice a son erudi- tion immense et eclairee. Mais si I'on doit en croire ce que dit M. De Lacurne de Sainte-Palaye, au sujet meme des ecrivains de I'epo- que qui nous occupe \ cc I'Histoire n'est fondee que siir - ( 143 ) ct le terrloignage des auteurs qui nous Tont transmlse j « jl importe done extremement , pour ia savoir , de ft bien connoitre quels etoient ces auteurs: rien n'est ct a negliger sur ce point , le temps oii ils ont vecu y oc leur naissance , leur etat , leur patrie , la part qu'ils « ont eue aux afiaires, lesmoyens parlesquelsilsenonj; a ete instruits , I'interet qu'ils y pouvoient prendre , au- oc tant de circonstances qu'ii n'est pas permis d'ignorer : cc de la depend le plus ou le moins d'autorite qu'ils doi- « vent avoir , et sans cette connoissance on court risque cc tres souvent de prendre pour guide iin historien de cc mauvaise foi ou du moins mal informe. 33 Si, disons- nous, ces principes d'un connoisseur en cette partie y adoptes par la savante Academie des inscriptions (xii- 243 ifi'iz ) , sont vrais , nous oserons demander au P. Labbe. Quel est ce chroniqueur qu'il n'a pas craint de pro- duire ? Quelle est sa patrie , son ^tat , le temps ou il ecrivoit ? D'oii cette chronique lui est-elle parveniie ? Sur ces differens objets essentiels il ne nous dit absolu= ment rien : il ne nous apprend meme pas si c'est lui (leP, Labbe )qui a fait I'extraitde cette chronique ; (excerpta aliquot , ce sont ses termes dans le sommaire en tete du volume qu'il public) ; si cet extrait lui a dte fourni tout fait , ou s'il est I'abrege de la chronique de Jean de Salins , i.*^"^ chroniqueur de Saint-Benigne. Les reflexions que doit faire naitre un aussi profond silence , ne sont deji point avantageuses au redacteur de la chronique que j'appelerai Cyclaire pour la dis- tinguer des autres ; niais ce ne sont pas les seules ob- servations qu'un exam,eQ approfondi doive suggerer. La ctiiohique dePabbaye do Saint-Benigne de TDijoU^ dit Legendre {Hist, de Fr. 1-23 ), fait d'autant plu» de plaisira life qiie I'ony voiten abrege I'histoire saci'ee et profane melees sans confusion : elle prend depui» 485 a ii52 ; sa continuation par un moine qui ecrivoit en i5i3 n'est pas du meme merite. (j) La chronique Cyclaire commence en ^53 et se fer* mine a i223 5 le continiiateur de Jean de Salins prend depuis ii53 jusqu'en i5i3 ; le P. Chifflet Jesuite I'a continuee jusqu'en i65i , et Dom le Roi jusqu'en 1671. ton-nisTuana (0 L'abbe de Longuerue n'etoit pas du niKme sentiment siir ■ o"- cctte chroniijue : elle est, disoit-ii, d'lin homme inconnu qui vivoit en i loo , et sous ce rapport elle ne vaut pas la peine d'dtre vcfutee ( ce qui doit s'entendre toutefois quant aux fails pour Icsquels on I'opposoit a Longuerue ). ff- . ■ , L'abbd Fyot et D. Planclier , reputentpareillementcette chro-" fiouio;op;ne. uique auonyme , mais ayant ete ecrite dans le temps qu'Halynard • '• 477. jjtoit abbe de ce monastcre. , „ L'abbij Panillon a compose une dissertation expres pour proii- Mem.deUu- ^ ■ * . . raoletz. ver que I'auteur de cette chronique ^toit inconnu; il accorde iv-2a4. seulement qu'il etoit en 1026 moine de cette abbaye. Si ces historiens eussent pris la peine de fecourir a I'oTiginal tie cette chronique qui etoit jadis a la bibliotlieque de Saint Be- iiigne, et actuellement conserve a la bibliotlieque publique de Dijon, ils y auroient vu clairement que son auteur se nomme. Nos DU'ionensis sacri monasterii , ap^RvvLo hasjtatores et amaiorcs , salikens&s aliquanti oJferentesfiUos suos , similiter contulerunt de rebus suis , inter quos Pater mbvs Mtt ofPersns J cledit puteum et sedeni unius caldariae.... ~ „ . Aussi les auteurs franc-comtois I'ont-ils nomme au ran" D. (jrappin , » ahrtg. 299. des historiens de leur province , sous le nom de Jean le moikb nun. jum „ 160. ^^ SiLlNS. Si Ton considere en effet que dans le siecle oil cette chro* l>eii;not, niquc I'ut 6crite , les individus n'etoi-ent connus que par leurs ,,. nouis de bapteine , leurs proiessions et le nom de leur pays , its ( 145 ) Comment se fait-il qu'aucun des conllnuateurs de Jean de Salins n'ait parle de la translation a Vienne du con- cile de Dijon; ils devoient tous avoir connoissance de tee qu'avoit ecrit, k ce siijet, bien avant eux, le chroni- '•'"b ^toit inanuscrire et con- servee aiis archives dii monasteie , mais a sa suppression on ne I'y a pas retrouvee ; c'est ainsi qu'a la desti'uction des ordres re- ligieiix nous avons perdu des richesses en tous genres qui n'ont profite a personne. Independaiument de cetfe chronique et des trois continuations que nous venons de signaler, M. de Fontette cite encore sons le n.° 12 , ?)f7 un manuscrit intitule : Chronicon breve S. Be' nigni Dii^ionensis conserve clans la bibliotlieque de cette abbaye et dans celle du pri^sident Bouhicr. Nous n'avons pu en avoir aucune connoissance ni savoir ce qu'elle t^toit devenue. Guichenon , dans la liste des nianusciits oil il a puise pour aonhistoire de Bresse et Bugey, cite une chronique intitulee Chro- nicon Beni<^nianum Divionenae portaut le noin de Charles Fevret, Papillon avouc que personne n'a pu I'instruire de cette chro- nique et qu'il ne sait ce que c'est. Nous n'avons pas etc plus heureux , mais nous ajoutcrons que lorsque M. Fevret de Fon- lette, descendant de Charles FiVret , ne nomme mi*me pas cette chronique dans le savant catalogue qu'il a donn(S avec le plus grand dt^tail , des ouvrages qui pouvoient interesser la vilte do Dijon et la province de Bourgogne ; c'est la plus grande prtjsoaiption que cette chronique n'existoit pas , qu'elle n'cst pas de Charles Fevret , et que le noin de Ffivret n'y figure que comme celui du possosseur d'une copie dela chronique de Saint Benjgne , copie que Ch. Fevret aura pu communiqiicr a Gui- cheno», ( 148 ) redigeoit sa chronique en France, sur laquelle cet Jn- terdit pesa si long-temps. Cet ecrivain n'etoit done pas un des chroniqueurs de Saint-Benigne. Co chrotiiqueur Cyclaire fait encore preuve d'inexac- titude lorsqu'il dit que cet interdit dura jusqu'a la Tcille de I'exaltation de la Sainte-Croix, c'est-a-dire, jus- qu'au i3 septembre , tandisqu'il fut leve , comnie nous Favonsdit, auxkalendes d'aout qui correspondent au 16 dejuillet : il donne deux mois de plus ^ sa duree qui, d'apres Mezerai , ne fut que de 7 mois. Ce ne fut point non plus trois jours apres la Chandeleur que le service diviri fut siispendu en France , mais xx jours apres Noel , on des le i5 de Janvier, transactis jcx d nathitate. Si dans une ligne, nous relevons trois erreurs ma- teHelles de ce clironiqueur Cyclaire, quelle confiance pouvons-nous prendre en lui lorsque nous le voyons rester seul contre Rigord et tous les contemporains ? Car de ce que le P. Labbe et, d'apres lui, plusieurs autres , auront repete que le concile de Dijon fut trans- - fere a. Viennej ce n'en est pas moins une opinion iso- lee provenant du chroniqueur Cyclaire, puisee dana un auteur inconnu, ignore , demontre inexact , non avoue du monastdre dont il ecrit les annales, n'y de- meurant meme pas, et celte assertion fut-elle mille fois reimprimee, n'en acquerroit pas plus de valeur j ce ne seroit toujours qu'une seule et meme opinion. Cependant nous trouvons encore un autre annaliste , digne en tous points d'etre accole au clironiqueur Cyclaire, aussi inconnu que lui , sans garantie, ignore jusqu'en 1682 , et toujours produit posterieurement ^ 1657 : c'est I'auteur des gestes d'Innocent III imprimes ( i49 ) en tete des lettres de ce Pape clans 1' edition donnee par Baluze, Paris 1682. In-fol. II dit pag. 21 : Congregato igitur a pud JJiriojsrEJi arcltiepisco- porum necnon abbatum. et aliorum multorum conci- Uo y Rex praesentiens quod idem legatus vellet pro- cedere contra ipsiim , per nuncios suns fecit ad sederrt apostolicam appellari. Legatus autcm , non ut appel- lationi defcrret , sed ut differrct ad tenipus quatenus alibi mandatum apostolicum commodiiis adimpleret ^ tandem APvn Vix-nnaih , muztis archjepiscopis coNVOCATis y inter quos quidam de regno Francoruni fuere presentes , interdicti sentcntiam promulgavit. Le mot Convocatis fait ici toule la difference : si on le supprime , ou si on le remplace par celui Adstantibus y cet annaliste sera conforme a Rigord et aiitres contem- porains, car il est vrai que la sentence d'iuterdit portee au concile de Dijon , ne fut promulguee qu'a Vienne ; si I'on conserve ce mot Convocatis , alors I'auteiir des gestes Ventre dans la narration du clironiqiieur Cyclaire, parce qu'il pose en fait la convocation a Vienne d'uii nouveaii ou d'un 3.^ concile. Au surplus , I'auteur des gestes n'offre pas plus de garantie que le chroniqueur Cyclaire f on le dit contem- porain , mais on ne le prouve pas 5 on ne fait connoitre ni son nom , ni son age, ni son pays, ni sa profession \ et les mdmes reproches que nous avons faits au chroni- queur Cyclaire , nous sonimes en droit deles adresser a I'auteur des gestes. Suffira-t-il done de la decouverte d'un manuscrit , dont on ne connolt ni I'auteur, ni la date, ni le lieu oil il a ete redig^ , ni le degre de croyance qu'il me- ritej pour renverser ce qu'ont ecrit , I'on pourroit dire ( i5cx ) officiellement, les Iiislorlographes avoties Ae tirts Rois , les eciivaiiis dont on connoit le nom , lage , le pays , la profession , dont I'authenticite et la vcracite sont certaines ? Que penserions -nous aujourd'liui de celui qui pretendroit reformer Phistoire d'Henri IV , d'apres ce qu'auroient ecrit, en pays etranger , quelques ligiieurs obscurs , sur le compte de ce monarque ? Quel interet avoient doncRigord et ses continuateurs pour ne noramer que Dijon et ne pas parler de Vienne, au sujet de I'interdit porte contra Philippe-Auguste et sonroyaume? Pen devoit leur importer de quelle ville emanat ce decretj en quelque lieu qu'il ei'it ete rendu, ses efiets n'en etoient pas moins les memes ; Dijon et Vienne etoient des villas alors etrangeres a la France. Ces auteurs auront nomme Dijon , comme nous citons ui\ decret de Schoenbrunn , Berlin ou Madrid, quoiqu'il n'ait ete promulgue qu'a Paris ; et c'est precisement I'hypothese oil nous sommes au sujet de ce Concile y dont nous voyons ajourner la promulgation , pour donncr le temps au legat et aux eveques qui le composoient , de se niettre a I'abri de la colere de Philippe-Anguste. Mais si la translation du Concile de Dijon a Vienne est reelle , non-seulement les clironiqueurs de la Bour- gogne et ceux de Dijon , mais encore ceux duDauphine et de la ville de Vienne ont dA en parler : nous avons consulte ces derniers , sans y trouver un seul mot du Concile de 1 1 99 , quoiqu'ils s'expliquent tres au long sur les autres conciles tenus en cette metropole pri- matiale. Nous n'avons pu ni recourir a la chronologie des ar- cheveques de Vienne ( citee par Fontette , n.° 10679), se terminant a 1289 , conservee au tome vi des Mss. ( i5i ) du p. Ettennot , qui etoient deposes a I'abbaye de St.- Germain-des-Pres 5 ni nous procurer le catalogue im- prime, torn. 2 des opuscules de Pierre de Villars(/a?e/7?, n.° 10681 ) 5 pas meme I'histoire de Vienna , par Le Lievre, 1620, in-8.° : mais nous pouvons affirmer que dans la clironologie des arclievequesdeVienne, inseree, pag. lOi , torn, i.^' des Analccta du P. Mabillon \ que dans I'histoire de Vienna de J. Dubosc ( Joannes a- Bosco)y inseree pag. 109, part. 3.^ de la Bibliotheca Floriacensis I que dans les Antiquites de Vienne, par Chorier, Lyon, 1659 , in-12 , il n'est fait aucune men- tion du Concile de 1199- Nous ne nous etonnerons pas de tronver ce Concile mentionne par les historiens de Vienne , posterieurs a 1657 , de meme qu'il est cite dans toutes les editions des conciles posterieurs a cette date ; tout cela part de la meme source , le clironiqueur Cyclaire tire de la poussiere , et produit au grand jour sous la protection du P. Labbe ; aussi Cliarvet , dans son Histoire de Vienne, Lyon, i76i,in-4.°, docile a la legon du Je- suits , dit-il : a Innocent III envoya le cardinal de Capoue, qui « tint Concile a Dijon. La question du divorce y fut cc discutee, et prit un tour pen favorable aux sentiraens « de Philippe , qui , pour prevenir I'excomniunication « dont il etoit menace et la cassation de son mariace. « fit declarer au Concile qu'il en appeloit au Pape. Le K legat ne jugea point a propos de pousser les choses cc plus loin dans un pays oCi le roi de France pouvoit cc parler en maitre 5 mais s'etant transporte a Vienne, et quirelevoitalors del'empire, il asseubjla un autrk ( i52 ) ec CoNCiLE , et jeta un interdit suF tous les pays &« « I'obeissance de Philippe. y> Les motif's de Charvet reposent princlpalement sur ce que le legal craignit de pousser les choscie plus loin dans un pays ou le Roi de France pomoit parler en maitre : mais Cliarvet auroit-il done ignore qu'ai'e- poque dont il parle , le diiche de Bourgogne n'etoit pas pins que Viennesous ladependance des Roisde France? Eudes III etoit alors Due souverain de cette province ; Eudes III dont la haute vaillance contribua si puis- samment , en 1 2 1 4 , au succes de la bataille de Bouvines. II est a presunier que ce n'auroit point etc sans I'agre- ment de ce Prince qu'on auroit convoque un Concile dans la capitale de ses etats; que ce Due ayant con- senti a cette assemblee, n'auroit point donne les mains £t en laisser maltraiter les peres 5 que ce fut la qualite de pays independant qu'avoit alors le duche de Bour- gogne qui en fit choisir la ville capitale pour le lieu de la reunion dn Concile : mais nous consentons d'ad- mettre que I'independance de la Bourgogne ne rassuroit point assez le Legat centre le caractere altier et impe- tueux de Philippe-Auguste ; qu'on n'avoit point encore oublie que quinze ans auparavant, ce Monarque etoit entre en Bourgogne avec une puissante armee pour y soutenir les droits du sire de Vergy en revolte ouverte contre leduc HuguesIII, pere du ducregnant; que Pierre de Capoue aura cru prudent de se placer sous I'egide d'un plus puissant souverain que le Due de Bourgogne ; ces concessions ne conduiront pas a admettre la convo- cation , ni la tenue d'un autre Concile dans la ville de Vienne. Ces considerations auroient seulement milite en fa- ( i53 ) veur du delai dc vingt jours , nils parleLc'gat , entre la cloture du Concile de Dijon, et la promulgation do ses docrets : le Legal, pour s'en retourner de Dijoa pres du Saint-Pere , a du passer necessairement par Vienna; il aura du etre accorapagne dans sa route des archeveques deLyon et de Vienne, des eveques et abbes des provinces meridionales : arrive a Vienne, qui de- puis le dipl6nie de Barberousse de ii53 , etoit sous la juridiction immediate des Empereurs d'occident ( Cha- rier , p. 35 ) , le Lcgat aura trouve la protection et la sauve-garde qu'il desiroit , et la, encore assiste de plu- sieurs peres du Concile qui avoient tenu la meme route que lui , il aura promulgue les decrets qui mettoient eu interdit le roi Philippe et les terres de son qbeis- sance (i)* De cette maniere s'expliqueroit naturellement ce qu'ont ecrit Rigord et Guill. Lebretoo , avec ce qu'ont retenu le chroniqueur Cyclaire et I'auteur des gestes d'Innocent III : I'interdit aura ete porte par le Concile de Dijon ; ce Concile n'aura point ete transfere a Vienne ; mais plusieurs des Peres s'y seront trouves reunis , et la , a I'abri des vengeances de Philippe-Au- guste , ils auront promulgue les decisions du Concile de Dijon. C'est ainsi que I'explique tres judicieusement , d'a- (i) Rodolphe de Dicet, tbanoiiie de Londres, dans sa chro« niqiie inseiee toin. xyii , pag. 659 du recucil des hist, de France , en pailant de cc concile tcnu .i Bigum in Btirguitdid, sous la prdsidence du Caidinal Pierre de C/iapes jnous apprenA que cette excommunication Cut fnlminee par I'Archevpque de Rouen et rE\dquc dc PoJiiers, par I'oidre exprts du Souyerain Pcntiie. {i54) pres Oderic Rainald , Louis Doni d'Alticlii , en son histoire des Cardinaux. Paris , 1661 , in-fol. Petrus Capuensis , in eodem loco ( Dinon^E ) f ASTANTisus jEPiscopis uNivzRsis , sententiam in- terdicti protulit , qitani tanien usque ad xx dies , prudenti ductus Concilio , promulgari noluit , scilicet ut mandatum apostolicum alibi commodiiis adimpleret, hoc est ViENNAE AzLOBROGUM , remotius ab ipsiui regis potentia. et extra illius ditionem. — Quod si pToedicti autores solius Divionensis synodi meminere, id inde factum verisimiliter admodiim y quod Vien- nensis sy nodus cosptae potius Divioncnsis comple- mentum, quam novum Concilium videri potuit. En effet les actes d'un concile , comme ceux de toute autre autorite , ne sont rien tant qu'ils sont tenus secrets 5 mais ils acqiiierent toute leur force par la pro- mulgation qui en est faite , et c'est en ce sens que le Concile de Dijon aura tire toute sa force de la promul- gation faite a Vienne des decrets rendiis a Dijon-, et les decrets proposes , discutes , consentis , arretes et signes a Dijon, sont bien les actes du Concile de Dijon, quel que soit le lieu oil la promulgation en ait ete faite. Rioord et ses contimiateurs ont done eu raison de ne parler que du Concile de Dijon ; et nous pensons avoir demontre Terreur de ceux qui ont suppose la transla- tion de ce Concile a Vienne, ou la convocation dans cette metropole d'un nouveau concile, sur la foi de deux chroniqueurs obscurs , ignores , sans garantie , dont on n'a meme pas assez pese les termes, ni medite les expressions par eux employees. Ici se borne notre liche. Mais nous ne satisferions pas assez le lecteur qui a eu la patience de nous suivre (^54) dans cctte discussion, si nous ne lui parlions pas des suites de ce Concile. Nous avons dit , en commenrant , qu'un des effets de I'inlerdit lance sur le royaume fut la suspension du service divin dans toutes les eglises de France, a part le bapleme aux nouveaux nes , et la confession des agonisans ; toutes autres fonctions etoient interdites aux pretres et aux fideles 5 aucuns mariages ne furent celebres ; aucuns services, aucunes solennites n'eurent lieu dans les eglises j les morts meme etoient laisses sans st'pulture : cet etat de clioses dura sept mois. Philippe-Auguste furieux s'en prit d'abord aux eccle- siastiques qu'il reputa tous complices des actes de seve- rite du Concile ; il se saisit de leur temporel , pilla et conflsqua tous leurs biens. Les eveques furent renvoyes de leurs sieges , les chanoinesexpulses de leurs eglises , les cures chasses de leurs paroisses; tous furent exiles et bannis hors du royaume. Les laics ne furent pas plus epargnes ; Philippe se saisit du tiers du revenu des nobles , tourmenta les bourgeois par de nouveaux im- pots et des vexations jusqu'alors inouies ; ii rappela en France les juifs qui par leurs usures s'engraissoient de la misere des pauvres et des maledictions des gens de bien. ( Mezerai , IIL 1 70. ) ( Gr. c/tron. de St. Denis. ) La reine Ingelburge fut d'abord rek'guee dans I'eveche de Tournay , 011 Philippe la laissareduite a la derniere indigence, puis la fit renfermer au chateau d'Etampes, oil elle subit les rigueurs de la plus dure captivite. Un tel etat de chnses etoit trop violent pour pouvoir durer long- temps: Philippe sentit que s'ille prolongeoit davantage, il mecontenteroit tous les ordres de I'etat, et corapromettroit meme ses interets:!! agit de nouveau ( ^56 ) dupres du Pape ; et d'apres cette nouvelle d-marche , le cardinal d'Ostie fut charge de lever I'interdit, , k condition que dans six mois, sixsemaines, six jours et six heures ( Dr. du Rad. II , 444 ) , Philippe repren- droit Ingelburge et feroit vider la cause de son divorce par deux Legats du Saint-Siege, en presence des pre- lats du royaume et des parens de la reine , dans une asserablee qui seroit convoquee a cet effet. Cette assemblee s'ouvrit a Soissons vers la mi-careme de I'an 1201. Apres quinze jours de discussions, Phi- lippe voyant que sa cause ne prenoit pas une tournure plus favorable a Soissons qu'a Dijon , s'en fut un matin prendre la reine Ingelburge en son logis, et la montant en trousse derriere lui , I'emmena en son palais, faisant dire au Legat qu'il ne se donnat point tant de peine pour savoir si son divorce etoit bon ou mauvais , qu'il emmenoit Ingelburge et ne requeroit plus en etre se- pare : quo audita solutuni est concilium et absolverunt. ( Nic, Gill , 92. ) Toutefois Ingelburge ne fut guere mieux traitee que par le passe 5 seulement on n'eut pour elle qu'un pen plus d'egards et de civilite. Agnes de Meranie succomba, dans I'annee, a sa dou- leur de voir dissous le mariage qu'elle avoit solennel- lement contracte avec Philippe-Auguste. Ingelburge fut renvoyee au chateau d'Etampes , et Philippe offrit sa main a la flUe du Landgrave de Thuriiige , s'il pou- voit obtenir la cassation de son mariage avec Ingel- burge ; mais Innocent III persista a la refuser. Enfin Philippe , douze ans apres , en i2i3, se reunit a sa legitime epouse \ il passa avec elleles dix dernieres ajinees de son r^gne 5 apres la mort de ce nionarque , Ingelburge se retiraa Corbeil et y mourut le 29 juillet 1236. LISTE Des Membres de I' Acadeinie des Scieiices , Arts et Belles-Lettres de Dijon, PROTECTEUR. Son Altesse Serenissime Monseigneur le DUG DE BOURBON. BUREAU. President : M. Antoine , Docteur-Medecin- , Vice-pr6sident : M. Naxjlt , Avocat-general. Secretaire : M. Vallot , Docteur-Medecin. Secretaire adjoint : M. Mathieu , Ecuyer. Bibliothecaire : M. Girault , Avocat. Conserv. de la Col. d'Hist. nat. : M. Masson , Pharm. Tresorier : M. Guichard, Pharmacien. ACADEMICIENS HONORAIRES REGNICOLES. M. le Marquis de Courtivron , Chevalier de I'Ordre royal et militaire de Saint-Louis , colonel de ca- valerie, rue Docteur Maret. t4 mars 1782. M. le Comfe de LACEriDE, Membre dc I'Institut, Grand croix de I'ordre royal de la legion d'lionneur , a Paris, z decemhre ^J'JC)> M. Ranfer de Monceau , Premier President de la Cour royale , Chevalier de la Legion d'honneur, rue Vannerie. 74 Janvier 1816. M. Riambourg, Pre5sident a la Cour royale, place St. -Michel. 24 Janvier iZi(). ( i58 ) M. le Corate de Tocqueville , Prefet du dt'parte- ment de la Moselle. 6 mars 1816. ACADEMICIENS HONORAIRES ETRANGERS. S. A. R. LE DUG DE SUSSEX , a Londres. ^iwai i8j 8. Lord Holland ^ a Londres. ^2.3 Janvier 1818. Sir Joseph BanIcs , President de la Societe royale de Londres. 6 mai 1818. ACADEMICIENS RESIDENS. M. Renaud, Inspecteur de I'Acadcmie royale de I'Universite , rue des Singes. 16 juillet 1778. M. Tartelin, Pharmacien et Demonstrateur de Bo- tanique , rue du College. ig aout 1778. M. VoLFius , Eveque demissionnaire , rue du Tillot. 3o novemhre i784« M. DuRANDE, Docteur en medecine , Chevalier des Ordrcs de Saint-Michel et de la Legion d'honneur , place Saint-Jean. iG juin 1785. M. Jacotot , ancien Recteur de I'Academie royale , rue du Petit-Potet. i6 decembre ij%5. M. Antoine , Docteur en medecine , Professeur ii I'instruction medicale , rue Piron. 2/ dec 1786, M. GiRAULT, ancien Conseiller-Auditeur a la Chambre des Comptes, Avocat a la Cour royale, place Char- bonnerie. 23 juillet 1789. M. Vallot , Docteur en medecine, rue des Prisoos. ■iS Janvier 1792. M. Bonnet - Coqueau , Proprletaire , rue Conde. 14 prairial an 6 {7. juin 1798 ). M. Brenet, Docteur en medecine, Chevalier de laLeg. d'hon., rue au Comte. 14 prairial an 6'( 3 juin 1798). M. Dizi , ancien Avocat-general a, la Cour royale , ( ^% ) Chevalier de la Legion d'honneur , rue Bufibn. /5 messidor an G {"i jiiillet 1798 ). M. DEGouviiNAiN , Proprietaire , rue des Champs. i6 messidor an 6 i^Z juillet 1798 ). M. MoRLAUD , Docteur en medecine et Professeur d'ajiatomie , rue au Change, lofriinaire an j ( 3o novembre 1798). M. Chakbonnier , Avoue au Tribunal de premiere instance, rue Berbisey. 10 niv6se a« 7 ( 3o decem- bre 1798 ). M. Amanton , Conseiller de Prefecture , Avocat a la Cour royale , Chevalier de I'Ordre royal de la Legion d'honneur , rue Charbonnerie. 10 frimaire an S { 2. decenibre 1799 )■ M. Berthet, Mecanicien, employe dans les Ponts et ChausseeSj rue des Forges. 1 6 germinal an (?(5avril 1800). M. PoNCET , Professeur de la Faculte de Droit, rue porte au Fermerot. 3 therm, an 10 ( 22 juillet 1802). M. Naigeon, Professeur de Dessin k Tecole des beaux arts, place Saint-Vincent, i 1 frimaire an n ( 2 de- cembre 1802 ). M. le Comte Charbonnee , Lieutenant-general d'Ar- tillerie, Grand-Officier de I'Ordre royal de la Legion d'honneur et Chevalier de Saint-Louis ; rue Saint- Pierre. 1," Jloreal an it (21 avril i8o3). JM. Berthot, Recteur de I'Academie royale de I'Uni- versit^ , rue Sainte-Anne. iS messidor an ii. (7 juillet i8o3 ). M. Protat , Docteur en medecine , rue d'Enghien. i8 messidor an n (7 juillet i8o3 ). ( i^o ) M. Maret (Jos, -Ph. ) , Propiictaire , place Sl.-Jean, iC)Jloreal an /2 ( 9 mal 1804 )• M. Devosges , Directeur de I'Ecole des beaux arts ^ Profesaeur de Peinture , rue du Petit-Potet. // mars 1806. M. GuiCHARD , Pliarmaclen , rue de la Madeleine. 3/ Janvier 1807. JNI. Proudhon, Doyen de la Faculte de Droit, rue Vieux-Marche. iy juin 1807. M. Couturier, Professeur de Rhetorique au College royal, rue du Petit-Potet. S juin 1808. M. Masson-Four , Pharmacien de S. A. S. Mg"^. le Prince de Conde , rue Charrue. 12 avril 1809. M. Travisini, Maitre de Chapelle a la Catliedrale , rue de la Prev(ite. j4 ju-in 1809. M. Mathieu , Ecuyer , Ingenieur - Architecte , rue Pouffier. ^ avril 1812. M. Peignot, Proviseur da College royal. <5 dec, i8i3. M. BoRNiER , Professeur de Sculpture a I'ecole des beaux arts , rue das Forges. 6 septenibre i8i5. M. Gueneau-d'Aumont , Professeur de Physique a la faculte des Sciences , rue du Tillot. i4janv. 1816. M. GuENEAU DE MussY , luspecteur de I'Academie royals , Chevalier de la Legion d'honneur ; rue Ca- 7otte. 3i Janvier 1816. M. Nault, 1.^"^ Avocat-general a la Cour royale , rue Vannerie. 7.1 fevrier \?)vG. ACADEMICIENS NO^ P.ESIDENS. M. Bai.eis , Docteur en medecine , Professeur de Bo- tanique a la faculte de medecine de Turin, president de la Soci